606 résultats trouvés avec une recherche vide
- Un thriller tendu au cœur du chaos.
Découvrez notre critique détaillée du film 13 JOURS 13 NUITS . Un thriller tendu au cœur du chaos. 13 JOURS 13 NUITS ❤️❤️❤️💛 Un thriller tendu au cœur du chaos. Alors que les troupes américaines s’apprêtent à quitter Kaboul en août 2021, les Talibans prennent d’assaut la capitale. L’ambassade de France devient alors l’un des derniers refuges pour les Afghans souhaitant fuir le pays. Le film est basé sur le roman autobiographique de Mohamed Bida, le commandant à l’origine de cette opération d’exfiltration. Le film aurait pu pâtir du fait que l’on en connaisse l’issue, et pourtant, sa grande force réside dans la tension qui s’installe dès les premières minutes. L’angoisse est constante et atteint son paroxysme lors de certaines séquences, notamment une scène nocturne étouffante dans un tunnel de Kaboul, filmée avec une précision presque documentaire. On aurait pu craindre, de la part de Bourboudon, un penchant pour le spectaculaire, à l’image de ses TROIS MOUSQUETAIRES , avec une mise en scène épileptique. Mais c’est ici tout l’inverse. Ici, il choisit la sobriété : cadrages resserrés, lumières naturelles, silences éloquents… Le film repose sur les regards, la sueur, les corps tendus par l’urgence. La photographie, sobre mais travaillée, renforce cette impression de réalisme constant. Même si l’on aurait pu espérer un peu plus d’audace formelle, on ne peut qu’admirer l’efficacité du film, qui parvient à restituer toute la complexité de la mission tout en maintenant une tension palpable de bout en bout. On remarquera également le travail sur les décors et les scènes de foule saisissantes, notamment lorsque la caméra prend de la hauteur pour révéler l’ampleur du désespoir des réfugiés cherchant à fuir le régime taliban. En revanche, à trop se focaliser sur la retranscription des événements, le film néglige parfois ses personnages. Certains manquent d’un véritable arc narratif et sont réduits à de simples fonctions dramatiques, destinées à entretenir le suspense. Heureusement, ils sont tous incarnés avec justesse : Roschdy Zem irradie de charisme à chaque apparition, tandis que Lyna Khoudri nous bouleverse d’un seul regard, empreint de terreur et de détermination. Donc, même si le film assume peut-être un peu trop son côté didactique, il n’en demeure pas moins un thriller haletant, d’une grande efficacité, porté par une tension constante. Partager
- Une mise en scène brillante… pour un récit qui se perd en route.
Découvrez notre critique détaillée du film LE MONDE APRÈS NOUS . Une mise en scène brillante… pour un récit qui se perd en route. LE MONDE APRÈS NOUS ❤️❤️💛 Une mise en scène brillante… pour un récit qui se perd en route. Voici le nouveau film NETFLIX de Sam Esmail, créateur de la fabuleuse série Mr ROBOT. Et vu comment j’ai adoré le show TV, j’étais curieux de voir s’il allait transformer l’essai. D’autant plus qu’il nous offre un casting quatre étoiles et il faut avouer que de ce côté-là le film tient toutes ses promesses, car ça joue vraiment très bien, jusqu’à la gamine. Mais là où le film m’a le plus bluffé, c’est par sa mise en scène. C’est ultra léché et le film offre quelques plans magnifiques. Alors oui, il en fait peut être un peu des caisses et c’est parfois gratuit, dans le genre « Tu as vu comment je maitrise bien mes plans ? », mais vu le plaisir visuel que m’a procuré le film, je lui pardonne largement. Par contre, pour ce qui est du contenu, j’ai un peu déchanté… Pourtant dans un premier temps, j’ai été fasciné par l’ambiance installée et j’ai adoré me faire mener un bateau, d’autant plus que l’ambiance installée fonctionne plutôt bien avec pas mal de références au cinéma de Hitchcock et surtout Shyamalan. Et même si j’ai adoré SIXIÈME SENS et INCASSABLE, je suis loiiiiiiiin d’être un adepte de ce dernier, mais je dois reconnaitre qu’il va toujours au bout de ses concepts, même s’il me perd souvent en cours de route. Et c’est bien le souci que j’ai avec LE MONDE APRÈS NOUS, on ne voit pas vraiment où ça veut aller. Le film multiplie les genres et les sujets abordés sans jamais vraiment les approfondir. Sans parler que même si le final est plutôt bien senti, des choses semble sorties de nulle part, comme les séquences avec les animaux… Et même si ça joue vraiment bien, il y a un réel problème avec l’écriture des personnages, qui en plus de tenter de tout expliquer aux spectateurs, on a du mal à comprendre leurs agissements, d’autant plus qu’en multipliant les points de vues, le film à tendance à casser le mystère qui règne autour de ses personnages. Bref, ça partait sur de bonne bases, mais le film a finit par me perdre… Sans compter qu’il dure 2h20, et il aurait clairement gagné à être raccourci d’une demi-heure… Partager
- Un missile cinématographique qui n’atteint pas totalement sa cible
Découvrez notre critique détaillée du film A HOUSE OF DYNAMITE . Un missile cinématographique qui n’atteint pas totalement sa cible A HOUSE OF DYNAMITE ❤️❤️❤️ Un missile cinématographique qui n’atteint pas totalement sa cible Avec son nouveau film, Kathryn Bigelow nous plonge au cœur du pouvoir américain, là où se décide l’impensable : comment réagir lorsqu’un missile nucléaire, d’origine inconnue, menace le territoire ? La réalisatrice retrouve ici ses thématiques de prédilection : l’armée, les institutions et la tension morale face à la catastrophe. Sa mise en scène, nerveuse et immersive, fait rapidement monter la tension à son paroxysme. Caméra à l’épaule, zooms brusques et gros plans sur des visages tendus installent une véritable sensation d’urgence et de chaos. Elle fait le choix judicieux de réaliser un film anti-spectaculaire, en focalisant sa caméra sur les personnages et leurs réactions. Portée par un casting impressionnant, la narration enchaîne les points de vue de nombreux protagonistes : de la cellule de crise à l’armée, en passant par la Maison-Blanche. Tous sont confrontés à des protocoles théoriquement infaillibles, mais dont les conséquences se révèlent trop lourdes à assumer, les plaçant face à des dilemmes moraux insolubles. La première demi-heure, d’une intensité remarquable, fait figure de modèle de tension. Malheureusement, le film souffre de sa construction en trois actes, rejouant les mêmes événements sous différents angles. Même si le procédé offre d’autres perspectives, chaque segment n’apporte pas assez de nouveautés, allant parfois jusqu’à répéter les mêmes dialogues ; la tension finit alors par retomber. Sans parler de cette fin, très maligne, mais qui divisera sans doute les spectateurs. Même handicapé par son choix de narration, A HOUSE OF DYNAMITE n’en demeure pas moins un thriller politique efficace, révélant la fragilité d’un système censé garantir la sécurité mondiale. Partager
- Critique de LES GARDIENS DE LA GALAXIE - VOLUME 3 – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES GARDIENS DE LA GALAXIE - VOLUME 3 . LES GARDIENS DE LA GALAXIE - VOLUME 3 ❤️❤️❤️❤️💛 Depuis AVENGERS : ENDGAME, plus ça va, plus je me dis qu’un film n’a jamais aussi bien porté son nom, car pour moi, il s’en est suivit une succession de désillusions avec, au mieux des films sympathiques (SRANGE 2, SHANG SHI), mais bien plus souvent des purges affligeantes (SPIDER-MAN, THOR…). Niveau série, j’y ai presque cru avec WANDA VISION et LOKI… puis la débandade… Bref, c’est arrivé au point, que je ne me déplaçais plus au cinéma pour un film du MCU (il y a tellement de film à voir que je préfère autant mettre le plus de chance de mon côté pour ne pas être déçu…) et que j’ai carrément arrêté de m’infliger les séries Disney+ (je pense même que le souci du MCU vient certainement de notre ami au grandes oreilles…) Sauf que LES GARDIENS, c’est un peu une licence à part dans l’univers Marvel. Déjà, le premier volet a été une énorme surprise venue de nulle part, au point d’être toujours une des meilleures choses que la firme ait produite. Puis, la franchise a toujours été un peu déconnectée du reste, flirtant plus avec le space-opéra que le film de super héros. Bref, je lui ai laissé sa chance, et clairement, c’est le meilleur film du MCU depuis l’ère post-Thanos… même s'il y a quelques défauts qui m’ont posés problèmes. C’est toujours avec autant de plaisir que j’ai retrouvé cette équipe de bras cassés aussi drôle qu’attachante. C’est toujours aussi drôle, avec un humour assez bien dosé. Puis le rythme maitrisé fait qu’on ne s’ennuie pas une seconde, sans parler de l’univers visuel aussi beau que dépaysant. Et chose plus étonnante, et surement le plus gros atout du film, même si c’est toujours aussi jouissivement débile, c’est peut-être le film le plus touchant et le plus sérieux proposé par Marvel. James Gunn aime ses personnages et nous transmet ça en prenant un soin particulier à développer les liens qui les unissent. On a affaire à un vrai film de potes. L’attachement aux personnages est fort et permet de proposer pas mal de belles scènes d’émotion (si on m’avait dit que je verserai une larme dans un GARDIEN…) Mais surtout, c’est le traitement de Rocket et de son passé qui impressionne dans cet opus. L’écriture est assez admirable, finissant même par prendre le dessus sur le reste du récit. Là où, dans pas mal de film, un raton laveur en CGI aurait été traité comme un simple faire valoir comique, il est ici devenu le personnage le plus emblématique de la licence. Autre sérieux atout du film, il ne semble pas formaté comme la plupart des films de super-héros. Il y a vraiment une patte graphique, un travail sur la photographie et des choix de mise en scène (comme une scène de combat en plan séquence dont je ne me suis toujours pas remis). Et puis le film est parfois d’une maturité assez étonnante, lorgnant même parfois vers l’horreur. Par contre, même si ça reste un très bon moment, certains points m’ont tout de même posé problème… Je vais éclipser vite fait le souci du méchant, assez anecdotique (mais, bon à part Thanos, c’est presque devenu la norme…), par contre le traitement d’Adam Warlock… là, ça ne passe pas vraiment… Je ne vois pas l’intérêt d’introduire un personnage aussi puissant pour le ridiculiser à ce point (un peu comme Hulk ou Thor dans ENDGAME…). On peut aussi regretter pas mal de facilités scénaristiques, avec notamment quelques Deus ex machina un peu trop gros qui viennent entacher le récit… Mais reste qu’au final, on a affaire à un très bon divertissement qui joue avec les émotions du spectateur et offre une très belle porte de sortie à nos héros… Partager
- Ce monstre de cinéma qui aurait mérité de prendre vie dans une salle obscure.
Découvrez notre critique détaillée du film FRANKENSTEIN . Ce monstre de cinéma qui aurait mérité de prendre vie dans une salle obscure. FRANKENSTEIN ❤️❤️❤️❤️ Ce monstre de cinéma qui aurait mérité de prendre vie dans une salle obscure. Deux ans après avoir adapté avec brio PINOCCHIO , Guillermo Del Toro s’attaque à un monument de la littérature avec FRANKENSTEIN. Un choix qui apparait comme une évidence, tant cette œuvre fantastique colle parfaitement à l’univers du réalisateur. Elle devient un formidable terrain de jeu, avec ce mélange de conte, d’horreur, de romantisme et de poésie qu’affectionne Del Toro. Rarement l’horreur n’aura été aussi belle à l’écran. Visuellement, le film est un régal. Les décors gothiques et les costumes somptueux plongent immédiatement dans l’ambiance du XIXᵉ siècle, tandis que le travail sur les couleurs, associant chaque personnage à une teinte particulière, transforme chaque plan en tableau. Les clair-obscurs rappellent l’œuvre de Caravage, et la musique d’Alexandre Desplat sublime la dualité entre horreur et beauté. Seul bémol : certains effets numériques, notamment sur les animaux, manquent de réalisme. Encore une fois, il y a une énorme frustration de ne pas pouvoir découvrir une telle œuvre dans une salle de cinéma. Mais FRANKENSTEIN ne se limite pas à sa beauté visuelle. Del Toro explore en profondeur les thèmes du roman : solitude, rejet, quête de savoir et responsabilité morale. Il multiplie les détails et les symboles, notamment sur la religion. Mais surtout, il nous livre une fable philosophique profonde où Dr Frankenstein et sa créature deviennent les deux faces d’une même pièce, chacun enfermé dans son isolement et confronté à sa monstruosité. Le réalisateur a toujours montré son amour pour les monstres et en fait le point d’orgue de son film rendant Victor Frankenstein bien plus monstrueux que sa créature. Et même s’il prend quelques libertés avec le roman, il réussit à offrir une véritable humanité à la créature. Le film doit aussi beaucoup à son casting. Oscar Isaac est habité par ce scientifique obsédé par ses ambitions, rongé par l’orgueil et les remords. Mais c’est Jacob Elordi, découvert dans EUPHORIA , qui impressionne le plus. L’acteur trouve ici son plus beau rôle, avec un jeu reposant énormément sur le corps et le regard rendant la créature à la fois fragile et terrifiante. Bien plus qu’un film d’horreur, le FRANKENSTEIN de Del Toro est une tragédie romantique sur la condition humaine et un des très grands films de l’année. Il signe non seulement une réinvention du mythe, mais une déclaration d’amour aux monstres et à l’humanité. Partager
- Si seulement j’avais réussi à y trouver le sommeil…
Découvrez notre critique détaillée du film LA CHAMBRE D’À CÔTÉ . Si seulement j’avais réussi à y trouver le sommeil… LA CHAMBRE D’À CÔTÉ ❤️❤️ Si seulement j’avais réussi à y trouver le sommeil… J’aime beaucoup le cinéma d’Almodóvar, j’étais donc impatient de découvrir son nouveau film, qui avait tout pour exciter ma curiosité : premier film du cinéaste en anglais, avec deux grandes actrices au casting et ce Lion d’or 2024 reçu à Venise. Sur la forme, on retrouve beaucoup de ce que j’apprécie chez le réalisateur. Le récit est ancré dans les thèmes qui lui sont chers, comme la mort ou la relation mère-fille. Il démontre toujours un sens aigu du cadre et propose des plans magnifiques, avec un travail remarquable sur les couleurs. Et surtout, il fait preuve d’une direction d’acteurs irréprochable, avec un amour pour les femmes qui transperce l’écran. Mais voilà, même si le film a de nombreux atouts, cela ne suffit pas et, à mon grand regret, je suis passé totalement à côté de la proposition du cinéaste. Je ne suis jamais entré dans l’histoire, et pire, je n’ai ressenti aucune émotion. Pourtant, le film aborde un sujet fort, celui d’une femme malade qui décide de mettre fin à ses jours pour mourir dans la dignité. Mais j’ai trouvé qu’il ne faisait qu’effleurer le sujet et qu’il se perdait parfois dans des thèmes comme l’écologie, la montée de l’extrême droite ou le stress post-traumatique dû à la guerre. Ces sujets, survolés, arrivent comme un cheveu sur la soupe et alourdissent le film. Mais surtout, le souffle romanesque ne prend pas, et le film ne m’a jamais atteint. Certains dialogues ont bien réussi à capter mon attention, mais cela retombait très vite, et j’ai rarement trouvé le temps aussi long devant un film d’Almodóvar. Il faut dire qu’il n’est pas aidé par son rythme lent. Il y a bien un côté hitchcockien, mais le suspense qu’il tente d’installer ne fonctionne pas, car l’on devine aisément où tout cela va mener. Ce n’est sûrement pas un mauvais film, et d’ailleurs beaucoup de gens l’encensent, mais je suis passé totalement à côté de la proposition, au point que c’est probablement le film d’Almodóvar qui m’a le moins touché… Partager
- Critique de YOUR NAME – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film YOUR NAME . YOUR NAME ❤️❤️❤️❤️💛 Parce que le cinéma, c’est aussi l’animation. Et alors que les standards d’aujourd’hui sont devenus les œuvres en image de synthèse, je vais plutôt m’attarder sur un film d’animation traditionnel. Et dans ce domaine, les japonais ont toujours été les rois. J’aurais pu choisir la facilité et vous parler de n’importe quel film de Miyazaki, qui reste le maître incontesté, mais même si il a pris sa retraite, je vais vous montrer que la relève est bien là. Je ne vais pas m’étendre sur l’histoire, qui est une des grandes forces de YOUR NAME, pour vous laisser la surprise. Sachez juste que c’est une histoire d’amour dont le romantisme n’a d’égal que l’originalité. Le scénario va prendre son temps pour poser ses bases et va même sembler assez classique dans sa première partie, mais quand il prendra son envol ça sera pour aller loin… très loin… Il s’avèrera même assez profond et complexe à suivre, mais quelle originalité, quelle fraicheur !!! Ça joue continuellement avec les ruptures de ton : le rire, la tension, les larmes… Très loin des standards occidentaux, ce qui rendra l’histoire encore plus magique. Et formellement, rien à dire. L’animation, comme les décors, sont un enchantement pour les yeux, le tout souligné par une BO somptueuse. Le souci du détail et une mise en scène très cinématographique enfonce le clou et font parfois oublier qu’on est devant un simple manga. La découverte de cet animé avait été un véritable enchantement pour moi, d’autant plus que je ne l’avais pas vu venir. Partager
- Un spectacle immense, mais une émotion qui reste prisonnière du voyage…
Découvrez notre critique détaillée du film L'ODYSSÉE . Un spectacle immense, mais une émotion qui reste prisonnière du voyage… L'ODYSSÉE ❤️❤️❤️💛 Un spectacle immense, mais une émotion qui reste prisonnière du voyage… La volonté de Christopher Nolan de s’attaquer à L’Odyssée relève d’une ambition démesurée, presque vertigineuse . Le cinéaste livre ici une fresque monumentale, une œuvre d’une ampleur rare , dont la puissance visuelle mettra sans doute tout le monde d’accord. Fidèle à son approche, Nolan limite l’usage des effets numériques et privilégie les décors naturels, renforçant considérablement le souffle épique du film. Mais son ambition n’est pas simplement de multiplier les effets spectaculaires : il cherche avant tout à créer des moments visuellement marquants , qu’il s’agisse d’une rencontre inquiétante, d’une créature imposante, d’une atmosphère étrange ou d’une tension qui monte progressivement. Chaque scène semble pensée pour laisser une empreinte, portée par une imagerie spectaculaire, une musique épique et un travail sonore saisissant qui participent à une expérience immersive indéniable. Le film enchaîne ainsi les séquences mémorables, frappant autant par leur ampleur que par leur maîtrise technique. On retrouve également ce qui fait la signature de Nolan : cette obsession pour le temps et la structure narrative . Le récit joue avec les temporalités et les points de vue, adoptant une construction complexe qui peut parfois désarçonner dans un premier temps, avant de progressivement trouver du sens. À cela s’ajoute un casting impressionnant, globalement très juste , au service de cette vision ambitieuse. Nolan fait également le choix intéressant de ne pas présenter Ulysse uniquement comme un héros invincible , figure mythologique presque inaccessible. Il s’intéresse davantage à ses fêlures, à ses doutes et aux traces laissées par les épreuves qu’il traverse. Matt Damon apporte une vraie fragilité au personnage et parvient à faire ressentir l’usure provoquée par les événements, la fatigue physique et morale d’un homme marqué par son long périple. Une interprétation qui éloigne Ulysse de l’image traditionnelle du héros triomphant pour en faire un personnage plus humain et plus vulnérable. On reproche souvent au cinéma de Nolan d’être très masculin, laissant peu de place à des figures féminines pleinement développées. Ici, j’ai trouvé que le film déjouait en partie cette critique : Pénélope, incarnée par Anne Hathaway, s’impose comme l’un des personnages les plus forts et les plus importants du récit . C’est d’ailleurs à travers elle que j’ai ressenti certains des rares moments d’émotion qui m’ont réellement touché. Car très vite, j’ai eu le sentiment que le projet était peut-être trop vaste pour être pleinement maîtrisé. En cherchant à embrasser tous les grands épisodes de L’Odyssée , le film m’a souvent donné une impression de précipitation . Les scènes s’enchaînent à un rythme soutenu, parfois expédiées en quelques minutes, multipliant les ellipses sans me laisser le temps de digérer ce qui venait d’être montré. Peu à peu, une distance s’est installée : je suis resté en dehors du récit, sans parvenir à m’attacher réellement aux personnages, ce qui a considérablement limité mon implication émotionnelle. Certaines séquences m’ont pourtant marqué durablement, notamment celles de Circé ou du cyclope , où Nolan prend enfin le temps de poser son récit. Teintés d’un aspect horrifique saisissant, ces passages font partie, à mes yeux, des moments les plus impressionnants du film , tant ils frappent par leur intensité et leur mise en scène. Mais à l’inverse, beaucoup d’autres scènes m’ont semblé survolées, renforçant cette impression d’un récit trop souvent rushé, limitant l’impact émotionnel. C’est là que le film m’a laissé le plus partagé. Il y a d’un côté un véritable plaisir visuel, presque constant, face à la beauté et à la puissance des images. Et de l’autre, cette sensation de vitesse, de scènes qui s’enchaînent sans respiration… jusqu’à faire naître en moi une forme de lassitude, voire d’ennui. Ce contraste a fini par me sortir progressivement du film, alors même que j’admirais ce qui se déroulait à l’écran. Le manque d’attachement aux personnages n’a fait qu’accentuer ce ressenti . Certains, comme Calypso ou l’antagoniste incarné par Robert Pattinson, m’ont semblé trop peu développés pour exister pleinement. À l’inverse, d’autres, pourtant très peu présents à l’écran, m’ont davantage marqué. C’est notamment le cas de Sinon, d’Athéna, ou encore d’Hélène de Troie, dont les apparitions apportent une vraie densité au récit. À ce sujet, la polémique autour du choix d’une actrice noire pour incarner Hélène de Troie me laisse assez perplexe. On parle ici d’un univers peuplé de cyclopes, de géants, de sirènes et de créatures mythologiques en tout genre. Dès lors, s’étonner d’un tel choix de casting me semble assez vain, surtout quand on accepte sans difficulté la présence d’un acteur comme Tom Holland, qui correspond tout aussi peu à l’image traditionnelle que l’on se fait d’un héros grec. Au final, L’Odyssée m’a autant impressionné qu’il m’a tenu à distance. Une œuvre visuellement monumentale, portée par une ambition rare, mais qui, malgré ses fulgurances, ne m’a pas permis de m’y investir émotionnellement comme je l’aurais espéré. Partager
- Critique de LES BANSHEES D'INISHERIN – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES BANSHEES D'INISHERIN . LES BANSHEES D'INISHERIN ❤️❤️❤️❤️ Padraic et Claim, deux amis de toujours, se retrouvent quotidiennement dans un pub. Mais du jour en lendemain, Claim décide ne plus adresser la parole à Padraic, sans aucune raison apparente. Ne comprenant pas la situation, ce dernier cherchera par tous les moyens de recoller les morceaux… Le scénario semble tout droit sorti d’une cours d’école, mais livrera un film surprenant. Une fable absurde mais d’une grande profondeur où une comédie cruelle à l’humour noir viendra percuter une tragédie poignante et bourrée de métaphores. Inisherin : l’histoire prend place sur cette île fictive isolée au large de l’Irlande, pendant la guerre civile qui frappe le pays en 1922. Cette guerre, dont on ne verra que quelques explosions au lointain, mais qui fera inévitablement écho au conflit absurde qui s’installe entre les deux protagonistes. Les Banshees, ces créatures de la mythologie celtique qui viennent annoncer la mort. Une mort qui planera tout au long du film… C’est écrit avec une minutie digne d’une pièce de théâtre, les dialogues sont savoureux et millimétrés. Mais même si c’est parfois assez drôle, avec un humour noir grinçant, ne vous y trompez pas, on assiste à une histoire tragique et d’une grande profondeur. Le film bougera constamment les curseurs entre comédie et drame, sans jamais en atténuer les propos. Il questionnera sur la condition humaine, avec des sujets comme l’amitié, l’orgueil masculin, la rancune, le temps qui passe, la mort, mais surtout la solitude… Un isolement qui sera d’ailleurs accentué par les grands espaces des sublimes paysages que propose le film. Niveau casting, c’est un sans-faute, où le moindre second rôle est travaillé. Le duo fonctionne à merveille, avec une complicité qui perce l’écran. Mais c’est clairement Colin Farell qui sort du lot. Décidément, c’est son année. Après son impressionnant Pingouin dans THE BATMAN, ou son rôle de père dans l’envoutant AFTER YANG, il livre ici ce qui est certainement le plus beau rôle de sa carrière qui l’enverra certainement aux Oscars. Sa prestation est sidérante de justesse et à l’opposé du reste de sa filmographie. Il campe ici un homme profondément gentil, un peu simple et est bouleversant. Décidément, 2022 a enchainé les pépites comme on enfile les perles et aura réussi à me surprendre jusqu’au dernier moment… Partager
- Critique de GREEN BOOK – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film GREEN BOOK . GREEN BOOK ❤️❤️❤️❤️ Après une année 2018 en demi-teinte, 2019 n'aura pas attendu longtemps pour nous proposer un premier TRES grand film Green Book : un road movie aussi drôle que touchant sur fond de racisme dans une de ses formes la plus gerbante : la ségrégation... Ce film est une ode à la tolérance superbement interprété par le duo d'acteur (mention spéciale à Viggo Mortensen qui est juste fabuleux) C'est superbement écrit, les dialogues sont savoureux, profondément humain Mais là où le film m'a prit par surprise, c'est par son humour fin qui fait souvent mouche Putain, mais qu'est ce que j'ai rit!!! Partager
- The Blues horror picture show
Découvrez notre critique détaillée du film SINNERS . The Blues horror picture show SINNERS ❤️❤️❤️💛 The Blues horror picture show Mississippi, 1932 : deux frères jumeaux reviennent dans leur ville natale pour ouvrir un club de Blues avec l’argent gagné durant la Prohibition à Chicago. Tout laisse penser qu’on s’apprête à voir un film historique. Et même si c’est en partie le cas, la première scène indique au spectateur que le film basculera dans l’horreur. Si vous n’avez pas vu la bande-annonce, évitez-la. Elle en dit bien trop, et ce film mérite d’être découvert avec le moins d’informations possible, dans l’obscurité d’une salle. Parce que, malgré mes réserves, on a affaire ici à une vraie expérience cinématographique. Dans une longue première partie, Ryan Coogler prend son temps. Il installe ses personnages, mais surtout, il dresse le portrait d’une communauté afro-américaine confrontée au racisme systémique, au Ku Klux Klan, à la ségrégation. Mais ce qui fait basculer SINNERS dans une autre dimension, c’est le Blues. Plus qu’un simple genre musical ou qu’une bande-son (somptueuse, d’ailleurs), le Blues devient un personnage à part entière. Omniprésent, envoûtant, presque mystique, c’est lui qui anime l’histoire. Et si les « pêcheurs » du titre font évidement référence aux deux frangins gangsters, chaque personnage porte en lui un péché (colère, luxure, avarice…). Mais c’est bien cette « musique du diable », ce Blues viscéral qui sera le catalyseur des évènements. Et cette musique sera aussi à l’origine des scènes les plus marquantes du film, comme ce plan séquence hallucinant de maitrise. Techniquement le film en met plein les yeux. Photographie, cadrages, costumes, ambiance sonore… tout nous plonge dans la moiteur étouffante du Mississippi des années 30. Impossible de ne pas penser à Jordan Peele, mais là où Peele reste souvent dans le contrôle, Coogler semble parfois se laisser déborder par son ambition. À vouloir tout dire (sur l’Histoire, la musique, la religion, le racisme, le sexe…), le film finit par devenir un peu confus. Et c’est justement quand il bascule dans le grand spectacle, que le film perd en impact. Visuellement, étrangement, c’est là qu’il devient le moins maîtrisé. De même, la scène finale, clin d’œil assumé à un classique des années 80, même si elle est assez jouissive, tombe finalement à plat et n’apporte pas grand-chose au propos. Malgré tout, je ne vais pas bouder mon plaisir : un film original, ni adapté, ni rebooté, ni une franchise, c’est assez rare pour être célébré. Avec ses défauts, ses fulgurances, et son audace, SINNERS reste une œuvre marquante. Un film qui, malgré ses failles, laissera une trace indéniable. Partager
- Critique de SOUL – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film SOUL . SOUL ❤️❤️❤️❤️❤️ Quelle tristesse de devoir voir ce film sur petit écran, qui n’a d’égal que l’amour que je lui porte. Car OUI, pixar signe une nouvelle fois un film merveilleux qui aurait tellement mérité d’être vu sur grand écran et surtout d’offrir à tout le monde une chance de le voir… Pete Docter, non content d’avoir signé ce qui fait partie des plus beaux chefs d’œuvre de l’animation (Monstre et compagnie, Là-haut et Vice Versa), enfonce encore le clou en réussissant une nouvelle fois à représenter « l’invisible » avec cette aventure métaphysique. A ce titre, il va encore plus loin que Vise Versa. Il nous en présente en quelque sorte une version plus adulte, au risque de perdre une partie des plus jeunes. Parce que oui, même si le côté poétique et l’humour réussiront à capter un minimum leur attention, c’est clairement l’œuvre la plus mature du studio. Le scénario semble assez classique sur le papier, avec ce voyage initiatique, mais c’était sans compter sur le talent de Pixar qui nous propose un conte philosophique original bourré d’idées et avec une réelle profondeur. Et surtout, ils ont eu la bonne idée de garder secret un twist qui est certainement la meilleure idée du film. Le film arrivera à nous questionner sur qui nous sommes et nous faire réfléchir sur le sens de la vie. Comme toujours avec Pixar, c’est une claque visuelle. Il y a un réel contraste entre les deux univers, mais dans les deux cas on reste émerveillé par tant de beauté. Que ce soit New York avec ses images multicolores au réalisme bluffant et son agitation. Mais aussi ce « Grand avant » avec son côté abstrait et stylisé, son univers oniriques, ses couleurs pastelles et sa zen attitude ambiante. Le tout est sublimé par un travail sur les lumières qui laisse admiratif. Chaque scène est un émerveillement qui aurait offert une expérience folle au cinéma… L’opposition entre ses deux univers est aussi appuyée par une musique magnifique. Bien sûr le Jazz, la passion de notre héros, pour les parties New-Yorkaises mais surtout la partition électro magistrale de « l’autre monde » qui est un appel au rêve et à l’évasion. Bref, c’est compliqué de parler de Soul sans trop en dévoiler, mais ce film fait un bien fou. Pixar arrive une nouvelle fois à nous proposer un univers à la créativité débordante, mêlant humour, tendresse et enchantement. Un film, parfois drôle, souvent touchant. Un feelgood movie qui fait tellement de bien par les temps qui courent et qui nous fait ressortir de cette expérience avec une seule idée en tête « Profiter de l’instant présent » Magnifique jusque dans sa dernière réplique, à l’image du film : Parfaite. Partager













