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  • Elles braquent le Vaucluse… Mais aussi nos certitudes…

    Découvrez notre critique détaillée du film LE GANG DES AMAZONES . LE GANG DES AMAZONES ❤️❤️❤️ Elles braquent le Vaucluse… Mais aussi nos certitudes… LE GANG DES AMAZONES retrace le parcours réel de cinq femmes ayant multiplié les cambriolages dans le Vaucluse à la fin des années 1980. Le film adopte leur point de vue sans tomber dans le manichéisme. Il ne glorifie jamais leurs actes, mais prend soin de les replacer dans un contexte social difficile, notamment pour celles qui peinaient à subvenir aux besoins de leurs enfants. Le récit oscille ainsi entre polar social et drame humain. Le plus grand atout du film réside sans doute dans la force de son casting. Lyna Khoudri s’impose comme le pilier du groupe et confirme une nouvelle fois l’ampleur de son talent. Mais c’est surtout Izïa Higelin qui impressionne : elle incarne la véritable charge émotionnelle du récit. Laura Felpin, employée à contre-emploi, surprend par la sensibilité qu’elle apporte à son personnage, le rendant particulièrement attachant. Les cinq actrices offrent au film une profondeur et une complicité sincère qui transparaît à l’écran. Une véritable empathie s’installe, permettant de comprendre ce qui a pu les pousser à franchir la ligne jaune, sans pour autant excuser leurs actes. Le dernier acte donne également la parole aux victimes, révélant les traumatismes laissés par ces braquages. Cette démarche évite toute complaisance et maintient un équilibre moral bienvenu. La mise en scène naturaliste, dominée par la caméra à l’épaule et les gros plans, confère parfois un aspect semi-documentaire. Si cela renforce l’authenticité du film, cela lui donne aussi un léger côté scolaire ou didactique, au détriment de la tension dramatique (d’autant plus que l’issue de l’histoire est connue). Il en résulte un polar social maîtrisé, plus touchant qu’attendu, parfois un peu sage, mais porté avec intensité par ses comédiennes. Partager

  • Une course sans fin… mais qui tourne en rond…

    Découvrez notre critique détaillée du film MARCHE OU CRÈVE . MARCHE OU CRÈVE ❤️❤️💛 Une course sans fin… mais qui tourne en rond… Pour moi, Stephen King a toujours été bien plus qu’un auteur d’horreur : c’est un observateur impitoyable de l’âme humaine. Dans les années 90, j’ai littéralement dévoré ses romans, dont j’avais particulièrement apprécié MARCHE OU CRÈVE. Le pitch est aussi simple qu’efficace : cinquante jeunes s’engagent dans une longue marche. S’ils passent sous les 5 km/h, ils reçoivent un avertissement ; au troisième, une balle dans la tête. J’attendais donc cette adaptation avec une curiosité mêlée d’appréhension. Dès les premières images, j’ai retrouvé l’atmosphère suffocante du livre. Cette Amérique dévastée, rongée par la violence et la fascination du spectacle, trouve aujourd’hui un écho encore plus glaçant. Quarante-cinq ans après la publication du roman, le film en devient presque une critique de l’Amérique contemporaine. Mais cette fidélité a aussi ses revers. Enchaîner les travellings et les dialogues introspectifs finit par créer une certaine monotonie. À force d’écouter ces personnages se raconter en marchant, le film perd parfois sa tension dramatique. Quelques ruptures de rythme (flashbacks, ellipses ou silences) auraient pu donner davantage de relief à ces destins. D’autant que la structure rend le récit prévisible : on sent presque l’ordre dans lequel les marcheurs vont tomber, comme si leur sort était écrit dès le départ. Cette fatalité, puissante sur le papier, devient à l’écran un peu mécanique, et le film finit un peu par tourner en rond. Heureusement, le casting permet de maintenir l’attention. Les comédiens réussissent à faire exister leurs personnages malgré leur peu de présence à l’écran, et à rendre palpable l’esprit de camaraderie qui s’installe entre eux. Aucun ne surjoue et ils trouvent la justesse nécessaire pour donner un visage à cette jeunesse sacrifiée. Francis Lawrence choisit également une brutalité frontale lors des exécutions, ce qui frappe et ne laisse personne indifférent. MARCHE OU CRÈVE est une adaptation fidèle et réussie sur le plan de l’atmosphère et du casting, mais elle souffre d’une certaine rigidité narrative dont mise en scène répétitive a fini par me lasser… Partager

  • Un road trip lumineux et bouleversant.

    Découvrez notre critique détaillée du film ON IRA . ON IRA ❤️❤️❤️❤️ Un road trip lumineux et bouleversant. Marie, 80 ans, embarque son fils, sa petite-fille et son aide-soignant dans un road trip vers la Suisse, sous prétexte d’un mystérieux héritage. En réalité, elle prévoit d’y mettre fin à ses jours, sans jamais avoir parlé de son choix à sa famille. Pour son premier film, Enya Baroux ose aborder le délicat sujet du suicide assisté sous le prisme de l’humour. Un pari risqué, mais brillamment relevé : le film trouve un équilibre parfait entre drame et comédie. Évidemment, on pense à LITTLE MISS SUNSHINE . On se retrouve dans road trip solaire de cette famille dysfonctionnelle qui part vers la Suisse, où le van est troqué pour un camping-car. Si ON IRA fonctionne aussi bien, c’est avant tout grâce à ses personnages : un quatuor de pieds nickelés terriblement attachants. Hélène Vincent est lumineuse et irradie les comédiens qui l’accompagnent. David Ayala campe un père à la fois immature et touchant, tandis que Juliette Gasquet crève l’écran en ado rebelle. Le trio est complété par Pierre Lottin, qui confirme, après EN FANFARE qu’il est l’un des acteurs du moment : il donne une vraie sensibilité à cet aide-soignant qui devient malgré lui le médiateur de cette famille incapable de communiquer. L’autre point fort du film réside dans ses dialogues d’une justesse remarquable, alternant rires et émotion sans jamais forcer. ON IRA est une comédie douce-amère parfaitement dosée : on rit énormément des situations et des quiproquos, avant de se rendre compte qu’une larme coule le long de notre joue. Et pourtant, malgré la gravité du sujet, le film bouleverse sans jamais tomber dans la facilité du pathos gratuit. Empreint d’une tendresse infinie, le film se concentre sur ses personnages et la sincérité des émotions qu’ils véhiculent. Certes, on pourrait reprocher à ON IRA une mise en scène assez classique, mais on en ressort conquis. Enya Baroux réussit le miracle de nous faire rire de la mort avec un film qui parle avant tout de la vie. Partager

  • Dans la salle obscure, tout le monde vous entendra crier

    Découvrez notre critique détaillée du film ALIEN : ROMULUS . ALIEN : ROMULUS ❤️❤️❤️💛 Dans la salle obscure, tout le monde vous entendra crier J'ai une réelle affection pour la saga Alien qui a clairement marqué mon adolescence, et j'ai particulièrement aimé les quatre premiers opus, chacun se différenciant par la patte de son réalisateur. Malheureusement, dans les années 2000, ça a été beaucoup plus compliqué. On a eu droit, dans un premier temps, aux ALIEN vs PREDATOR, au mieux fun, mais surtout profondément débiles, puis Ridley Scott a voulu reprendre les choses en main avec son pseudo-prequel qui a heureusement été avorté. Bref, je n’en attendais plus grand-chose, mais retrouver Fede Alvarez aux commandes me donnait un peu d’espoir (son EVIL DEAD et son DON’T BREATHE étaient plutôt efficaces). Et même si ROMULUS n'atteint pas la maestria des deux premiers opus, il reste parmi les meilleures propositions. Déjà, le film respecte ce qui a été fait dans le passé, que ce soit la quadrilogie originelle ou bien les préquels. Mais surtout, sa grande force réside dans son côté visuel. En effet, le film est particulièrement beau, avec un superbe travail sur les éclairages et les décors, sublimé par la mise en scène d'Alvarez et un travail sur le son des plus efficaces. Rarement l’horreur n’aura été aussi belle, et le film est un régal pour les yeux. C'est un film qui revient aux sources, en limitant l'usage des FX, préférant utiliser au maximum les effets pratiques pour montrer les créatures. On notera aussi le choix judicieux de faire baigner le film dans un univers rétro-futuriste collant au premier opus, là où Prometheus semblait avoir des générations d'avance technologiquement alors que le film est censé être un prequel. Et même si le film n'est peut-être pas le plus horrifique de la saga, il faut tout de même noter une réelle maîtrise de la tension avec certaines scènes qui sortent clairement du lot. Les Facehuggers sont particulièrement bien exploités, au point de proposer certainement les scènes les plus stressantes du film et de faire de l’ombre au xénomorphe… Les métaphores du sexe et du viol sont une nouvelle fois présentes, poussant même les curseurs un peu plus loin et proposant certaines scènes vraiment dérangeantes. Au niveau du casting, même si ce genre de film ne laisse pas vraiment le temps de développer ses personnages qu'il dézingue à tour de bras, on notera tout de même la relation entre les deux interprètes principaux qui fonctionne à merveille. Après CIVIL WAR, Cailee Spaeny prouve une nouvelle fois qu’il va falloir compter sur elle dans l’avenir, mais c’est surtout David Jonsson qui tire son épingle du jeu avec sûrement le personnage le mieux exploité du film. Mais même si j’ai vraiment beaucoup aimé la proposition, il y a quand même quelques détails qui m’ont gêné. Déjà, alors que le film utilise au maximum les animatroniques et autres effets pratiques, pour un résultat bluffant, il y a un moment clé (que je ne spoilerai pas) qui utilise des FX pour un résultat assez dégueulasse visuellement. Et le souci, c’est que c’est loin d’être un détail, et ça dénote totalement avec le reste, au point de me faire sortir du film par moments… Et même si le cahier des charges est parfaitement respecté, certaines références aux anciens films sont parfois un peu trop appuyées. Mais surtout, il manque un petit truc en plus qui apporterait une réelle identité au film, comme savaient le faire ceux de la quadrilogie. Il n’en reste pas moins un bon film de SF horrifique devant lequel j’ai passé un très bon moment et qui me réconcilie avec la saga… Partager

  • Critique de LA FIANCÉE DU POÈTE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film LA FIANCÉE DU POÈTE . LA FIANCÉE DU POÈTE ❤️❤️❤️💛 Mireille, notre fiancée du poète, est de retour à Charleville-Mézières où elle s’établie dans la maison familiale. Afin d’entretenir la demeure, elle décide de prendre trois locataires dont la rencontre va chambouler leurs vies. Yolande Moreau est une actrice que j’affectionne particulièrement pour son côté tendre et loufoque, et elle propose ici un film qui lui ressemble. Elle nous offre ici une fable fantasque à son image, dont le décalage pourra peut-être en laisser sur le bas-côté, mais si comme moi vous acceptez son invitation à rentrer dans son univers, ça fait un bien fou… Il y a un côté film choral porté par de vraies gueules de cinéma. Bien sûr en premier lieu Yolande Moreau qui est à la fois délicate et touchante dans ce personnage d’illuminée poétique qui lui va comme un gant. Et que ce soit Gadebois, Esteban, ou Lopez, ils incarnent parfaitement cette bande de marginaux plus décalés les uns que les autres. Sans parler d’un William Sheller, qui pour une première face à la caméra offre de grands moments de comédie. Et ça tombe bien, car la force du film n’est pas son histoire, assez classique, mais bien ses personnages, leurs interactions et l’énergie positive qu’ils véhiculent. Elle arrive à tirer des imperfections de ces personnages une sensibilité et une fantaisie qui font naviguer le spectateur entre humour et mélancolie. Et même si c’est un peu maladroit par moment, il se dégage une vraie poésie de l’ensemble et je me suis laissé porter par leurs aventures à la fois drôles et touchantes. D’autant plus qu’elle se permet quelques fulgurances de mise en scènes qui fonctionnent à merveille. Avec cette parenthèse enchantée, elle ne cherche pas à révolutionner le cinéma, mais elle arrive à nous faire passer un bon moment et ressortir de la salle avec le sourire. Et rien que pour ça, son film mérite de s’y attarder… Partager

  • Critique de MISANTHROPE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film MISANTHROPE . MISANTHROPE ❤️❤️❤️❤️ Le film rentre directement dans le vif du sujet en s’ouvrant sur une tuerie de masse glaçante. On a affaire à un polar noir, un thriller psychologique sombre dans la droite lignée d’un SILENCE DES AGNEAUX. Après m’avoir ravi avec son excellent LES NOUVEAUX SAUVAGES, Damian Szifron confirme son talent de metteur en scène et au soin qu’il apporte à l’écriture de ses personnages pour nous offrir un miroir sur notre société. Il arrive à proposer des moments de tension d’une efficacité redoutable tout en installant une atmosphère pesante. Mais bien plus qu’une chasse à l’homme, c’est bien tout le sous texte du film, qui met le doigt sur les dérives du monde occidental, qui est au centre du film. Le film est aidé par un duo impérial interprété par Shailene Woodley et Ben Mendelsohn. Leur relation élève-mentor est remarquablement écrite en mettant en avant leurs failles plutôt que d’en faire des supers flics. Malheureusement, même si j’ai trouvé le film remarquablement écrit et subtil dans son propos, ce n’est pas le cas de son dernier acte qui, même si on peut y voir une métaphore, a eu tendance à sérieusement faire retomber le soufflé en ce qui me concerne... Il n’en reste pas moins un polar qui sort largement du lot et qui mérite d’être vu, ne serait-ce que pour l’intelligence de son écriture et son duo d’acteur. Partager

  • Ce tour de magie où le lapin refuse de sortir du chapeau

    Découvrez notre critique détaillée du film WICKED 2 . WICKED 2 ❤️❤️❤️ Ce tour de magie où le lapin refuse de sortir du chapeau L’année dernière, WICKED avait été une énorme surprise, au point d’être à deux doigts d’intégrer mon TOP 10 2024 . J’attendais donc ce deuxième volet avec une vraie impatience, d’autant qu’il devait conclure l’adaptation du classique de Broadway en rassemblant les enjeux émotionnels, politiques et musicaux mis en place dans le premier film. Dès les premières minutes, on retrouve ce qui m’avait charmé : cette guimauve assumée, délicieusement kitsch, portée par une Ariana Grande toujours aussi irrésistible dans la peau de la « gentille sorcière » à la fois adorable, agaçante et hilarante. L’univers visuel reste extrêmement soigné : un monde coloré, des costumes somptueux, des décors travaillés… même si, une fois encore, quelques fonds verts trop visibles viennent briser l’illusion. Le duo de sorcières demeure le pilier du film. Leurs liens sont approfondis, avec certains moments de dramaturgie qui viennent chercher l’émotion. Nous sommes face à un deuxième épisode plus sombre, offrant des arcs narratifs intéressant pour certains personnages, comme la sœur d’Elphaba ou la façon d’introduire les personnages emblématiques du MAGICIEN D’OZ. Sur le plan des thèmes, cette suite approfondit naturellement ce que le premier opus abordait déjà. Là où le premier film se concentrait sur la discrimination, la stigmatisation et l’acceptation de soi, ce deuxième film glisse vers quelque chose de plus politique : montée de l’extrémisme, propagande institutionnelle, manipulation de masse… Le récit se veut plus mature, presque philosophique, et la dimension tragique s’intensifie au fil des révélations. On sent que Jon M. Chu a voulu livrer une conclusion émotionnelle forte, même si elle est moins spectaculaire que le premier acte. Mais malgré toutes ces qualités, la magie n’a pas opéré comme l’année précédente. Le premier problème, déjà perceptible dans la Partie 1, reste le rythme. C’est long. Trop long. On sent que le matériau narratif n’était pas suffisant pour justifier deux films entiers, et certaines scènes paraissent étirées pour atteindre une durée imposée. Le diptyque aurait probablement gagné en puissance et en fluidité s’il avait été condensé en un seul film plus dense. Le second souci, et non des moindres pour une comédie musicale, vient du volet musical. Certes, les performances vocales des deux actrices sont impeccables. Cynthia Erivo impressionne autant qu’elle émeut, Ariana Grande offre une présence vocale maîtrisée. Et pourtant, à la sortie de la salle, aucune chanson ne m’est resté en mémoire, et je me suis retrouvé à fredonner les POPULAR et DEFYING GRAVITY du premier opus. Les chorégraphies souffrent du même constat : moins inventives, moins mémorables, loin des éclats visuels de la scène de la bibliothèque ou du bal du premier film. Je sauverais néanmoins un numéro utilisant ingénieusement un jeu de miroirs, qui sort vraiment du lot. Malgré un univers toujours enchanteur, une direction artistique ambitieuse et quelques belles idées dramatiques, je ressors avec une vraie déception. Le spectacle est là, mais la magie, celle qui m’avait surpris et transporté l’année dernière, s’est affadie en chemin. Le film conclut bien l’histoire… mais sans l’étincelle qui aurait permis de la graver dans les mémoires. Partager

  • Un thriller politique anti-spectaculaire, mais fascinant

    Découvrez notre critique détaillée du film L'AGENT SECRET . L'AGENT SECRET ❤️❤️❤️ Un thriller politique anti-spectaculaire, mais fascinant Ce thriller politique, situé dans le Brésil des années 70, nous fait suivre Marcelo, un homme traqué par le régime militaire, qui tente de se reconstruire tout en recréant un lien avec son fils. À travers son parcours, le film dénonce la dictature qui gangrenait alors le pays. Difficile de ne pas penser au très bon JE SUIS TOUJOURS LÀ, sorti en début d’année, tant les deux œuvres dialoguent dans leur manière d’aborder la mémoire et la répression politique. Dès la scène d’ouverture, le spectateur est saisi par la maîtrise de la mise en scène. En quelques minutes, le film installe une ambiance poisseuse et oppressante, plongeant immédiatement dans la peur et la paranoïa propres à cette époque. À elle seule, cette ouverture fonctionne comme un véritable court-métrage d’une efficacité redoutable. Kleber Mendonça Filho démontre à plusieurs reprises l’étendue de son savoir-faire, en proposant des plans soigneusement composés et une direction précise, où chaque cadre renforce la tension politique et émotionnelle du récit. Le film n’a clairement pas volé sa Palme de la mise en scène à Cannes. L’AGENT SECRET adopte un ton à la fois original et surprenant dans sa manière d’aborder des thèmes lourds comme la dictature et l’oppression. Il joue constamment avec les genres, alternant moments de gravité, touches d’humour noir et élans presque poétiques. Il se permet même quelques fulgurances mémorables, comme cette scène totalement folle autour d’une jambe coupée, à la fois dérangeante et très maligne pour ce qu’elle raconte. Le film reste toutefois exigeant. Pour l’apprécier pleinement, il faut accepter son rythme lent, contemplatif et résolument anti-spectaculaire. On est très loin d’un film d’espionnage classique, malgré ce que pourrait laisser entendre son titre. D’autant plus que sa durée conséquente (2h40) fait que le film souffre de quelques longueurs. Et la multiplication des intrigues et des personnages complexifie le récit, au risque de parfois perdre le spectateur. Le réalisateur multiplie également les références au cinéma des années 70, de Spielberg à Richard Donner, ancrant davantage le film dans son époque tout en rendant un bel hommage au septième art. Ces références ne sont jamais gratuites : elles permettent aussi d’évoquer la manière dont le cinéma de cette décennie façonnait l’imaginaire collectif. Enfin, l’une des grandes forces du film réside dans son casting remarquable. Wagner Moura, en tête, confirme tout le bien que l’on pense de lui depuis NARCOS, où il incarnait Pablo Escobar. Mais les seconds rôles sont tout aussi marquants, offrant de véritables gueules de cinéma. Mention spéciale à Tânia Maria, inoubliable dans le rôle de la tenancière du refuge. Même si j’ai trouvé que le film s’éparpillait par moment et m’a laissé parfois à distance, il n'en reste pas moins une œuvre à la fois originale et fascinante. Partager

  • Critique de BROTHERS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film BROTHERS . BROTHERS ❤️❤️❤️❤️ Alors que son frère sort de prison, Sam doit laisser sa femme et ses deux filles pour partir combattre en Afghanistan. Laissé pour mort au combat, son frère va prendre soin de sa famille. Lorsque Sam revient du front, tout aura changé, terriblement… BROTHERS est une tragédie, mais même si l’affiche laisse penser à un nouveau mélo, c’est bien plus un terrible constat sur les conséquences de la guerre au sein d’une famille. Mais le film préférera se concentrer sur l’intime plutôt que le spectaculaire, ne montrant par exemple aucune scène de guerre. L’intérêt du film n’est pas vraiment le scénario, on devine où ça va aller et ça y va… Mais même si le spectateur comprend d’emblée que Sam finira par revenir du front, l’essentiel n’est pas là, mais plutôt dans l’évolution des personnages. Avec une question qui sera centrale pour chacun des trois protagonistes : « Un retour en arrière est-il possible passé une certaine limite ? ». Et le film prend toute son ampleur grâce à un trio d’acteurs exemplaire. Concernant Natalie Portman et Jake Gyllenhall, c’est presque devenu une habitude, mais celui qui impressionne le plus, c’est Tobbey Maguire qui se montre même parfois terrifiant. Le film offre plusieurs moments d’une extrême tension, comme les scènes de repas. Grâce à la sobriété de sa mise en scène et à la justesse des acteurs (jusqu’au gamines qui sont bluffantes), le film évite les écueils qu’on retrouve généralement dans les mélodrames Hollywoodiens et la baffe est d’autant plus forte. Partager

  • De la guimauve, mais fondante et réconfortante.

    Découvrez notre critique détaillée du film RENTAL FAMILY . RENTAL FAMILY ❤️❤️❤️ De la guimauve, mais fondante et réconfortante. Philip, acteur raté et solitaire, décroche un emploi pour le moins insolite à Tokyo : jouer des rôles de proches pour de parfaits inconnus. Un concept qui paraît improbable et pourtant bien réel au Japon. RENTAL FAMILY est un drame doux et profondément humaniste, qui explore la solitude et l’attachement à des relations factices. Chaque nouvelle rencontre agit comme un miroir pour Philip, qui se retrouve souvent confronté aux blessures et aux manques de ses « clients ». En s’immisçant dans la vie des autres pour les aider, les moments partagés et l’attachement qu’il développe finissent par déteindre sur lui, l’aidant peu à peu à aller mieux. Le film avance par petites vignettes, enchaînant les situations avec légèreté et tendresse, sans jamais sombrer dans le misérabilisme. On est naturellement touché par la relation qu’il noue avec une petite fille dont il devient le père de substitution. Mais l’arc le plus marquant reste sans doute sa rencontre avec un acteur vieillissant, hanté par l’oubli et la disparition. Le récit évoque aussi le poids du regard des autres dans la société japonaise, et cette nécessité de plaire à ses proches, quitte à leur mentir pour préserver les apparences. Porté par Brendan Fraser, lui-même marqué par une carrière cabossée et un retour inattendu, le film trouve une résonance particulière. L’acteur joue avec une grande pudeur et, aidé par sa carrure de gros nounours, dégage une empathie immédiate pour son personnage. Alors oui, ça n’invente rien, c’est plein de bons sentiments et la trajectoire reste assez prévisible. Mais ça fonctionne. Le bien-être que redécouvre Philip est contagieux. RENTAL FAMILY est un petit film feel-good, sans prétention, qui cherche simplement à faire du bien et « mission accomplie » : on en ressort le cœur gonflé et le sourire aux lèvres. Partager

  • Critique de SPIDER-MAN : ACROSS THE SPIDER-VERSE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film SPIDER-MAN : ACROSS THE SPIDER-VERSE . SPIDER-MAN : ACROSS THE SPIDER-VERSE ❤️❤️❤️❤️ En 2018 SPIDER-MAN : INTO THE SPIDER-VERSE créait la surprise avec son style graphique innovant et bluffant qui influencera les autres productions, avec notamment les très bons LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES et CHAT POTTE 2. Visuellement ça mettait la barre tellement haute qu’on pouvait avoir des doutes sur la possibilité de surprendre encore le spectateur. Pourtant de ce côté-là, ce deuxième opus explose littéralement le plafond de verre. C’est un feu d’artifice à couper le souffle qui se permet de varier les styles graphiques de façon déconcertante. C’est beau à te décoller la rétine, continuellement inventif et ça fourmille de détails au point d’être un peu déconcertant par moment. C’est simple, il y a une telle orgie graphique que tu te retrouves souvent avec l’impression de ne pas savoir où regarder. Je comprendrais que ça puisse gêner certains spectateurs, mais de mon côté ça a été un pur plaisir visuel. Après, ça demandera certainement à être revu afin de pouvoir profiter de tous les détails. D’autant plus que quand ça rentre dans le vif du sujet, il y a un rythme effréné soutenu par une bande originale magistrale, aussi variée et efficace que l’animation. C’est extrêmement généreux au niveau des scènes d’actions et propose des séquences assez épiques. Même si pour le coup, je trouve qu’on y perd un peu au niveau de l’émotion. Le film se veut beaucoup plus sombre et mature, tout en étant bourré d’un humour, qui fonctionne souvent, mais ne vient jamais désamorcer le propos du film. Et justement le scénario est vraiment malin. Il exploite le multivers d’une façon qui doit faire pâlir le MCU et ridiculise cette purge de NO WAY HOME. Ca propose des rebondissements saisissants qui apportent énormément de profondeur à l’histoire, avec notamment un méchant dont on comprend les motivations (et comme on dit, on reconnait souvent un bon film à la qualité de son antagoniste…). Les autres protagonistes ne sont pas en reste, avec une pléiade de personnages attachants et au visuel très réussit. A mon sens, Gwen se paye même le luxe de voler la vedette à Morales en étant clairement mise plus en avant. Après, même si je me suis régalé, j’ai tout de même quelques réserves. Le film dure 2h20 et pour le coup, après une scène d’ouverture bluffante, il y a pour moi un gros ventre mou. Alors oui, surement nécessaire pour poser les enjeux dramatiques, mais j’ai clairement vu le temps passer. Heureusement, quand ça démarre, c’est un véritable rouleau compresseur qui emporte tout sur son passage. Idem, le fait qu’il soit conçu comme un diptyque, pose un petit souci, car le film est extrêmement généreux en termes de twists, mais on est frustré du fait que le générique arrive en plein climax. Reste que ça aura été un vrai plaisir cinématographique, visuellement le film d’animation le plus impressionnant que j’ai pu voir, mais il faudra certainement attendre la suite pour le juger dans son ensemble. Partager

  • Critique de LE CERCLE DES NEIGES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film LE CERCLE DES NEIGES . LE CERCLE DES NEIGES ❤️❤️❤️❤️ Le film raconte l’histoire hallucinante d’un avion uruguayen s’écrasant au cœur de la cordière des Andes, laissant miraculeusement une partie de l’équipe de rugby qu’elle transporte rescapée. Laissés pour morts, ils vont devoir survivre face à une nature impitoyable… Il y avait déjà eu une adaptation dans les années 90 qui m’avait pas mal marqué. Et si on ajoute le fait que c’est une production Netflix, je dois bien avouer que je doutais sérieusement de l’utilité d’un tel remake. Et pourtant… Quelle claque !!! Le film brille en premier lieu par la mise en scène de Bayona, à qui l’on doit l’intéressant ORPHELINA, mais surtout la pépite QUELQUES MINUTES APRÈS MINUIT (et même son JURASSIC WORLD 2, si l’écriture du film est assez catastrophique, on peut au moins lui reconnaitre de proposer des choses intéressantes en termes de mise en scène). Les scènes catastrophes sont terrifiantes de réalisme (le crash de l’avion laisse sans voix), mais surtout il colle sa caméra au plus proche des protagonistes, intensifiant leurs émotions. On souffre littéralement avec eux, d’autant plus que rien ne leur sera épargné. D’ailleurs, même si le film est loin d’être gore, il n’en est pas moins une véritable épreuve psychologique pour le spectateur qui est régulièrement pris aux tripes. Mais si l’ambiance fonctionne aussi bien, c’est aussi dû au fait qu’il soit tourné en grande partie en décors naturel. Ça se ressent à l’écran, en donnant plus de véracité aux évènements, au point qu’on ressent presque le froid devant notre écran… Sans compter que ça offre quelques panoramas somptueux et on a une nouvelle fois un film qui aurait gagné à être vu en salle, ne serait-ce pour l’ambiance pesante qu’il installe. Le film des années 90, qui avait un côté hollywoodien, en faisant de certains de ses personnages des héros et sa musique épique. Ici c’est l’unité de groupe qui prime, et plus que les actions de certaines personnes, c’est continuellement le groupe qui est mis en avant, leur façon de se serrer les coudes pour survivre à cet enfer. En est en immersion totale avec le groupe de survivants, partageant leurs souffrances, les choix draconiens auxquels ils sont confrontés et quelques rares moments de bonnes humeurs, vite rattrapés par les terribles épreuves qu’ils traversent… On notera aussi les quelques flashbacks, souvent aussi discrets qu’efficaces. Sans parler du choix du narrateur qui est un coup de génie. Au final, l’hommage qu’offre Bayona aux victimes de cette tragédie est d’autant plus puissant. Très bonne surprise de ce début d’année… Partager

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