top of page

Rechercher sur ce site

617 résultats trouvés avec une recherche vide

  • La transition d’un projet casse gueule vers une pépite d’une originalité folle.

    Découvrez notre critique détaillée du film EMILIA PEREZ . La transition d’un projet casse gueule vers une pépite d’une originalité folle. EMILIA PEREZ ❤️❤️❤️❤️ La transition d’un projet casse gueule vers une pépite d’une originalité folle. Manitas, un chef de cartel mexicain, contacte Rita, une avocate travaillant pour un cabinet dont la philosophie est de blanchir des criminels. Il décide de l’engager pour l’aider à changer de vie : devenir la femme qu’il a toujours rêvé d’être et disparaître de la circulation (parce que oui, dans le milieu des cartels, ça passe encore moins bien que dans le reste de la société…). Ah oui, j’ai aussi oublié un détail : c’est une comédie musicale… Donc là, en quelques lignes, j’ai perdu la moitié des lecteurs, qui passeront donc certainement à côté d’un très grand film, car EMILIA PEREZ est un ovni, mais surtout une petite pépite. Alors oui, c’est une comédie musicale et ça chante vraiment beaucoup, mais on est plus proche d’un ANNETTE ou d’un DANCER IN THE DARK que d’un WEST SIDE STORY (qui est soit dit en passant ma comédie musicale préférée). Quand je dis ça, c’est pour expliquer qu’ici, les moments chantés sont loin des standards de Broadway et ne cherchent pas à en mettre plein les yeux avec des chorégraphies ultra-léchées et des morceaux qui restent en tête. Non, dans Emilia Perez, les chansons servent vraiment le scénario et sont plus souvent des introspections dans les pensées des protagonistes. Chaque chanson fait évoluer les personnages d’une manière ou d’une autre. Pour autant, le film est très esthétique et Jacques Audiard prouve une nouvelle fois qu’il a un sens du cadrage exemplaire. Même si on n’est pas dans le grand spectacle, c’est visuellement somptueux. On notera aussi que l’ensemble est soutenu par une superbe bande originale, mêlant les genres musicaux. Même si le film traite de la transidentité, c’est loin d’être le seul thème abordé. Il y est beaucoup plus largement question de recherche de soi en général : pour le personnage du chef de cartel par rapport à son genre, pour celui de l’avocate par rapport à son travail, et pour celui de la femme par rapport à son épanouissement sexuel. Le thème de la famille est aussi central, tout comme les victimes collatérales des crimes perpétrés par les cartels. Le film navigue ainsi entre le thriller, le film noir, le drame et la quête de rédemption. On pourrait penser que le film s’éparpille, et pourtant, grâce à son écriture exemplaire, l’ensemble forme un tout d’une grande profondeur. Mais surtout, le film est porté par trois actrices bluffantes et dirigées de manière remarquable. Karla Sofia Garcon en tête, qui impressionne par son charisme et l’émotion qu’elle arrive à dégager. Et même si le chant et la danse ne sont pas son fort, elle réussit à nous livrer de grands moments d’émotions dans ces scènes. Zoe Saldana se libère des grosses productions hollywoodiennes et livre une prestation éblouissante (aussi bien dans l’intensité de son jeu que dans le chant ou la danse). Selena Gomez, même si son rôle est moins important, n’est pas en reste et parvient à donner de l’épaisseur à son personnage. Toutes les trois font en sorte que la dramaturgie prenne, et que le film réussisse à toucher profondément le spectateur. Une nouvelle fois, Audiard prend des risques en sortant de sa zone de confort. Il nous livre ici un projet fou qui aurait pu être casse-gueule, mais au contraire, il est à la hauteur de ses ambitions et mélange les genres à merveille pour nous proposer un film aussi original qu’abouti. Partager

  • Le film qui enterre L’AMOUR OUF

    Découvrez notre critique détaillée du film LEURS ENFANTS APRÈS EUX . Le film qui enterre L’AMOUR OUF LEURS ENFANTS APRÈS EUX ❤️❤️❤️💛 Le film qui enterre L’AMOUR OUF Il est difficile de ne pas comparer LEURS ENFANTS APRÈS EUX à L’AMOUR OUF , sorti il y a quelques semaines. Tous deux adaptent des romans racontant l’histoire d’amour entre deux adolescents, sur fond de violence et de vengeance. L’AMOUR OUF déroulait son intrigue dans les années 80, ici, ce sont les années 90 qui servent de toile de fond, chacune illustrant une époque différente tout en explorant la fracture sociale qui sépare les classes. Dans les deux cas, la musique joue un rôle primordial. Et comble de l’ironie, alors que Gilles Lellouche réalisait le premier, il campe ici un rôle secondaire. Mais le constat est sans appel : tout ce que Lellouche a raté dans son film, les frères Boukherma le réussissent brillamment dans LEURS ENFANTS APRÈS EUX. Ils évitent la démonstration maladroite et les excès d’effets qui plombent L’AMOUR OUF (je ne me suis toujours pas remis de ces baisers sur fond de couchers de soleil ou bien ce chewing-gum transformé en cœur battant la chamade…). Leur mise en scène reste épurée, mais n’oublie jamais de faire du vrai cinéma. Le film flirte parfois avec les codes du western. Il offre aussi de très beaux moments, comme ce plan magnifique lors d’un bal qui raconte énormément de choses par l’image. La démesure et le côté hollywoodien vont ici laisser place à plus de pudeur et de retenue. Et ça fonctionne, car même si on a plutôt affaire ici à « l’amour flou », on s’attache aux personnages et on y croit. Et on en arrive à un deuxième point qui fait toute la différence : quand tu n’écris pas tes personnages à la truelle, réussissant la prouesse de ridiculiser un casting quatre étoiles, ça fait toute la différence. Le film repose principalement sur un trio de jeunes acteurs. Et même si j’ai toujours du mal avec le jeu « effacé » de Paul Kircher, sa relation avec Angelina Woreth s’avère d’une justesse désarmante, apportant une authenticité rare à leur histoire. Ce duo est complété par un brillant Sayyid El Alami qui forme avec Paul Kircher deux faces d’une même pièce, avec la violence et l’humiliation qui vont dicter leur vie. Il livre un personnage complexe qu’il aurait d’ailleurs été intéressant de voir plus développé. On notera aussi la toile de fond du contexte social de l’est de la France dont la désindustrialisation fait des ravages. On suit ces adolescents en quête de repères, d’avenir et cherchant à échapper à leur destin. Mais forcément, le spectateur retiendra surtout un Gilles Lellouche bluffant dans un rôle sombre et ambigu. Il réussit par moments à être terrifiant pour finalement s’avérer très touchant. Après, le film aurait peut-être mérité de passer sous la barre des deux heures pour réussir à maintenir sa tension tout du long. On pourra aussi lui reprocher son côté film jukebox et c’est vrai qu’il abuse un peu des standards musicaux des années 90. Mais il le fait plutôt bien et apporte un côté nostalgique à tous ceux qui ont traversé cette époque. Puis moi, tu me mets « Where Is My Mind » dans un film, forcément je perds un peu mon objectivité… Partager

  • Critique de PINOCCHIO – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film PINOCCHIO . PINOCCHIO ❤️❤️❤️❤️ Voici une nouvelle adaptation du conte PINOCCHIO, la troisième en deux ans... Donc on peut clairement avoir peur d'y jeter un œil, surtout que le dernier remake de Disney était une purge... Sauf que c'est Guillemo Del Toro qui est au commande et une nouvelle fois il démontre son talent. Il s'affranchit totalement de l'imagerie de Disney et son PINOCCHIO est une TRÈS grande réussite. Déjà il revisite entièrement ce classique pour se le réapproprier. Il en change le contexte, et l'histoire se passe pendant la deuxième guerre mondiale, ce qui fait que le film résonne énormément avec L'ÉCHINE DU DIABLE et LE LABYRINTHE DE PAN qui traitaient déjà de la guerre vue par le regard d'un enfant. Ça s’adapte parfaitement au conte initial tout en amenant une toute autre interprétation. Même si le fil rouge est conservé, beaucoup de choses changent dans cette adaptation, lui apportant un côté plus mature, tout en gardant la magie du conte. Ça apporte beaucoup plus de profondeur à l'ensemble, avec des thèmes comme la mort, la dépression, le lien paternel, le deuil, la guerre, la propagande... Mais comme toujours chez Del Toro, malgré le côté sombre de ses œuvres, il y a toujours une poésie qui survole l'ensemble. Mais surtout, le film brille par sa forme, et de ce côté là, c'est un sans faute. C'est un film d'animation en motion capture et visuellement c'est à tomber par terre (et encore une fois ça aurait été un plaisir de découvrir ça sur grand écran...). Ça fourmille de détails, les animations et les décors sont impressionnants. On en oublie que c'est filmé en image par image. Il y a vraiment un travail sur l'ambiance qui colle parfaitement avec l'univers particulier du réalisateur. On y retrouve son obsession pour les monstres et la différence, et ça s'intègre idéalement au propos du film. Ça semble une évidence qu'il ait décidé de s'attaquer à ce remake. Le film est aussi porté par la musique avec plusieurs chansons et là aussi ça fonctionne, en apportant pas mal de légerté. Même si pour le coup, je vous conseille la VO car même si le film est bien doublé, au niveau des chansons ce n'est pas ça (pour moi, un des rares défauts du film). Bref, après son très bon NIGHTMARE ALLEY en début d'année, Del Toro nous offre une sublime fable initiatique qui, même si on semble tout connaître de ce classique, arrive à nous émerveiller autant qu'à nous émouvoir. Une très bonne surprise. Partager

  • Le blockbuster qui tombe à pic !!!

    Découvrez notre critique détaillée du film THE FALL GUY . Le blockbuster qui tombe à pic !!! THE FALL GUY ❤️❤️❤️💛 Le blockbuster qui tombe à pic !!! Un des rares souvenirs que j’ai de la série L’HOMME QUI TOMBE À PIC est la chanson de son générique. Et je ne suis pas un grand fan de la filmographie de David Leitch. Même si j’avais trouvé son BULLET TRAIN vraiment divertissant, le reste de ses films ont été aussi vite vus qu’oubliés… Bref, je n’étais pas vraiment "hypé" par le projet, mais le matraquage publicitaire a tout de même réussi à me faire aller y jeter un œil en salle. Et pour le coup, je ne m’attendais pas à prendre autant de plaisir devant son dernier film. Une des plus grandes qualités de FALL GUY est d’être un véritable hommage aux cascadeurs, ce métier de l’ombre injustement boudé aux Oscars par une industrie Hollywoodienne qui lui doit pourtant tant. Rien que le générique de fin est en ce sens une petite pépite. Car plus que d’en faire le héros de son histoire, les cascadeurs sont continuellement mis en avant, que ce soit par les dialogues, le tournage du film dans le film, ou le côté méta très présent. Un côté méta qui offre surement les moments les plus drôles de cette comédie d’action tout droit sortie des années 80-90 (appuyée par une BO qui emporte tout sur son passage). L’action et les cascades sont donc évidement au centre de ce grand divertissement, et il est même très généreux en la matière, mais l’humour et le second degré apporte aussi énormément de fun. Alors oui, le scénario cumule les facilités et les incohérences, certains personnages sont caricaturaux à l’extrême, mais le film l’assume totalement, en joue même énormément et quand il le fait, il devient même vraiment jouissif. Le film doit aussi beaucoup à Ryan Gosling, qui prouve une fois de plus à quel point il excelle dans la comédie (il était un des points forts de BARBIE, mais surtout du génialissime NICE GUY). Et son duo avec Emily Blunt fait merveille apportant une vraie touche de comédie romantique, qui fait même qu’on regrette finalement le peu de scènes qu’ils ont en commun. Bref, même si certains gags sont parfois un peu lourds ou que le film en fait parfois des caisses, cette comédie d’action pop-corn décalée et décomplexée a été pour moi un vrai plaisir coupable devant lequel j’ai pris énormément de plaisir. Partager

  • Une fresque historique qui résonne avec notre actualité

    Découvrez notre critique détaillée du film LES RAYONS ET LES OMBRES . Une fresque historique qui résonne avec notre actualité LES RAYONS ET LES OMBRES ❤️❤️❤️❤️ Une fresque historique qui résonne avec notre actualité Les Rayons et les Ombres , réalisé par Xavier Giannoli, s’impose comme une œuvre dense et profondément troublante. Au-delà de la simple reconstitution historique, le film explore la zone grise des consciences durant la Collaboration. Il ne sombre jamais dans la caricature : il nous fait comprendre les choix des collaborateurs, leurs peurs et compromis, sans jamais chercher à les excuser. Au centre du récit, le journaliste Jean Luchaire, interprété par Jean Dujardin, se révèle dans toute sa complexité. Humaniste convaincu de pouvoir agir de l’intérieur, il s’engage progressivement dans un engrenage moral qu’il ne maîtrise plus. Cette chute lente et inexorable constitue l’une des grandes réussites du film, qui refuse le spectaculaire pour privilégier une dérive crédible et profondément dérangeante. En miroir, le personnage de sa fille, Corinne Luchaire, s’impose comme le véritable cœur émotionnel du film. Elle incarne une jeune actrice aveuglée par ses ambitions et l’amour pour son père. Il s’en dégage une forme de sincérité et de fragilité qui donne au spectateur un regard extérieur sur le monde qui l’entoure. Dans ce rôle, Nastya Golubeva Carax impressionne, notamment lors d’une scène de casting qui est d’autant plus forte qu’elle fonctionne aussi à un second niveau : pour nous, spectateurs, c’est une révélation. Le film donne une grande place aux modalités citadines de la Collaboration : les fêtes somptueuses, les grands repas et les soirées élégantes composent un univers clos, presque irréel, où le luxe et la convivialité dominent. Un focus loin d’être anodin et qui contraste violemment avec le sort du reste du pays : la famine, la guerre, les déportations restent invisibilisées à l’écran. Cette mise en scène crée un effet de malaise chez le spectateur, pleinement conscient de la grande histoire que les personnages semblent choisir d’ignorer, soulignant leur aveuglement volontaire et leur détachement moral. Le motif de la tuberculose renforce cette lecture. Bien plus qu’un simple élément narratif, la maladie devient métaphore de la contamination morale : invisible au départ, elle progresse lentement, gangrène corps et consciences, et rend toute guérison impossible. Dans la continuité de Illusions perdues , Giannoli poursuit sa réflexion sur l’influence des médias. Presse et cinéma deviennent des instruments capables non seulement de convaincre, mais surtout de modeler les esprits et de normaliser l’inacceptable. Le film montre comment une idéologie peut s’installer insidieusement, par la répétition, la manipulation et l’adhésion progressive. Cette mécanique confère au film une résonance contemporaine troublante. En exposant les rouages de la banalisation et de la montée des extrémismes, Les Rayons et les Ombres agit comme un miroir de notre époque. Mais là où ses personnages pouvaient se réfugier derrière l’excuse « nous ne savions pas », le spectateur moderne est confronté à sa propre responsabilité : l’information est là, les signaux sont visibles, et l’histoire nous a déjà montré ce qui peut arriver. Exigeant et parfois austère, Les Rayons et les Ombres n’est pas un film qui cherche à séduire facilement. Mais c’est précisément dans cette radicalité qu’il puise sa force. Plus qu’un récit historique, il propose une réflexion glaçante sur la fragilité morale, sur la manière dont certains choisissent d’ignorer la réalité du monde, et sur la facilité avec laquelle l’histoire peut se répéter... Partager

  • Un monument cinématographique… que j’aurais préféré visiter plus vite.

    Découvrez notre critique détaillée du film THE BRUTALIST . Un monument cinématographique… que j’aurais préféré visiter plus vite. THE BRUTALIST ❤️❤️❤️ Un monument cinématographique… que j’aurais préféré visiter plus vite. Devant ce film, j’ai eu la sensation d’être au musée, face à une œuvre d’art que tout le monde admire. Tu la trouves magnifique, mais tandis que tu aimerais changer de salle, les autres restent figés à la contempler… Évidemment, le film a de nombreuses qualités. Le premier tour de force du film est de nous faire croire à la véracité de l’histoire qui se déroule sous nos yeux. Il est construit comme le biopic de cet architecte hongrois fuyant l’Europe d’après-guerre. Mais surtout, c’est assez hallucinant de voir une telle maîtrise visuelle avec un budget de seulement dix millions de dollars. Visuellement, c’est un sans-faute, avec des plans millimétrés et ce rendu si particulier du Vistavision, offrant des images sublimes et un grain ancrant le film dans son époque. De ce côté-là, c’est une déclaration d’amour aux films d’antan. Le film enchaîne aussi les plans marquants, comme celui repris sur l’affiche avec la statue de la Liberté inversée, symbolisant ce rêve américain illusoire… Il nous offre également quelques plans-séquences saisissants, avec notamment cette scène d’ouverture oppressante. La photographie et le soin apporté au rapport d’échelle enfoncent le clou : c’est un vrai régal pour les yeux. Autre énorme atout du film : son casting. Bien sûr, Adrien Brody en tête, qui livre ici probablement son interprétation la plus saisissante, incarnant un personnage torturé, résilient et combatif. Et même si la polémique sur l’usage de l’IA pour améliorer son accent fait débat, il mérite certainement l’Oscar cette année. (En suivant ce raisonnement, faudrait-il remettre en cause l’interprétation de John Hurt dans ELEPHAN MAN sous prétexte qu’il était maquillé ?). Guy Pearce et Felicity Jones ne sont pas en reste et impressionnent par la justesse de leur jeu. Le film aborde de nombreux thèmes. Bien sûr, l’architecture, mais ce n’est finalement qu’une façade. Il s’intéresse davantage au rêve américain et au mépris de classe, en passant par l’antisémitisme, l’ambition, le sacrifice ou encore les relations de pouvoir… Bref, le film est extrêmement dense. Et pourtant… Malgré toutes ses qualités formelles, THE BRUTALIST ne m’a jamais réellement embarqué, et je suis resté en retrait face à sa proposition. Le problème principal est qu’il ne m’a jamais touché émotionnellement. Malgré la richesse des sujets abordés, son ton froid et distant a rendu mon attachement aux personnages difficile. Et vu sa durée, c’est un vrai problème… Car le film est très long, et j’ai clairement ressenti les 3h35 passer, même avec un entracte de 15 minutes au milieu. Si sa première partie a su capter mon attention, la deuxième, malgré l’introduction d’un personnage féminin apportant un peu de sang neuf, m’a donné l’impression que le récit ne faisait que marteler les mêmes idées. Pire encore, comme un aveu d’échec, il a besoin d’un épilogue pour expliquer ce qu’il n’a pas réussi à mettre en images, malgré sa durée. Et même si ce coup de théâtre fait son effet, il aurait été bien plus intéressant de voir ce thème réellement exploité dans la deuxième partie, plutôt que de ressasser ceux du premier acte. Alors certes, sur la forme, c’est du grand cinéma, un film qui marquera probablement l’histoire du septième art. Il vaut vraiment le coup d’œil, mais je ne peux m’empêcher d’avoir un arrière-goût d’inachevé. J’attendais une fresque avec un impact émotionnel bien plus fort… Partager

  • Zach Cregger fait s’évanouir les frontières entre drame et horreur.

    Découvrez notre critique détaillée du film ÉVANOUIS . Zach Cregger fait s’évanouir les frontières entre drame et horreur. ÉVANOUIS ❤️❤️❤️💛 Zach Cregger fait s’évanouir les frontières entre drame et horreur. Il y a trois ans, Zach Cregger surprenait tout le monde avec BARBARE, sorti directement sur Disney+. Si j’étais resté dubitatif face à son dernier acte, sa première partie m’avait marqué par sa maîtrise et sa façon de jouer avec les genres et les attentes du public. J’étais donc curieux de découvrir son nouveau film, dont les studios se sont disputé les droits. Une fois encore, Cregger réussit à surprendre en livrant un film horrifique qui échappe aux standards. L’intrigue débute dans une banlieue américaine : tous les enfants d’une même classe, sauf un, disparaissent mystérieusement de chez eux, à la même heure… Si le fantastique s’invite dès l’ouverture, le film démarre comme un drame. Plutôt que de plonger immédiatement dans l’horreur classique, le réalisateur s’intéresse aux conséquences de ce traumatisme sur les habitants. On retrouve ainsi une structure chorale, avec des chapitres dédiés à différents personnages, chacun apportant un point de vue unique et dévoilant peu à peu les mystères. Le parallèle avec les fusillades scolaires est évident, ce qui rend le titre original WEAPONS particulièrement pertinent au vu des thèmes abordés. La traduction française, ÉVANOUIS, perd un peu de cette portée symbolique. La première partie, à dominante dramatique, laisse toutefois planer l’ombre de l’horreur, ponctuée de quelques jumpscares bien dosés. Cregger prouve encore son talent pour installer une atmosphère et happer le spectateur par le mystère. Dans la seconde moitié, le film bascule davantage dans l’horreur, tout en déjouant une fois de plus les attentes avec un humour noir qui frôle parfois le burlesque. Ce choix audacieux divisera sans doute. Comme dans SINNERS sorti il y a quelques mois, les deux parties, radicalement différentes, explorent des émotions contrastées. Les spectateurs venus uniquement chercher des sensations fortes pourraient se sentir frustrés. En revanche, tout le monde s’accordera sur la qualité du casting. Les acteurs apportent une profondeur qui participe grandement à la réussite du film, avec une mention spéciale pour Julia Garner. Après OZARK, elle continue de s’imposer sur grand écran. Pour ma part, j’ai apprécié cette proposition qui ose sortir des sentiers battus. Et surtout, elle confirme que Zach Cregger est en train de s’affirmer comme un nouveau maître du genre. Partager

  • Rendez-moi Pixar !!!

    Découvrez notre critique détaillée du film ELIO . Rendez-moi Pixar !!! ELIO ❤️❤️💛 Rendez-moi Pixar !!! Le studio Pixar revient avec ELIO, un film original, ce qui mérite d’être salué à l’heure où les annonces de INDESTRUCTIBLES 3, TOY STORY 5 et COCO 2 envahissent les écrans. Mais cette originalité suffit-elle à retrouver la magie d’antan ? ELIO raconte l’histoire d’un jeune garçon, orphelin, élevé par sa tante, qui rêve de se faire enlever par des extraterrestres pour fuir un monde dans lequel il ne trouve plus sa place. L’idée est belle, puissante même : deuil, solitude, quête de sens, peur d’être seul dans l’univers… Les fondations sont solides, et j’espérais la double lecture qui a toujours fait la richesse des grands Pixar. Mais très vite, la déception s’installe. Les thématiques restent en surface. Le récit, au lieu de creuser ces sujets, se contente d’un enchaînement d’aventures colorées, dynamiques mais simplistes. La narration sacrifie l’émotion au profit de la légèreté, comme si le film ne s’adressait qu’à un jeune public. Alors attention, ce n’est pas un mauvais film pour autant. C’est visuellement abouti, avec des créatures mignonnes, des couleurs éclatantes dans tous les sens, et un rythme soutenu (parfois même au détriment de la narration). Les plus jeunes vont clairement passer un très bon moment. Il y a aussi quelques clins d’œil à RENCONTRES DU TROISIEME TYPE ou E.T. qui font plaisir et ancrent le film dans un héritage science-fiction/famille. Mais voilà, c’est à peu près tout. L’histoire est convenue, parfois même un peu niaise. Sans parler du fait qu’elle rappelle souvent LILO ET STITCH (un choix peu judicieux, surtout avec le remake live action qui vient de sortir). Au final, je suis resté totalement en dehors. J’ai même trouvé le temps long, avec un gros manque d’inventivité ou d’émotion, et un humour qui ne m’a arraché que quelques sourires. Sans être totalement raté, Pixar ne nous avait pas habitués à viser si bas. Le studio avait cette capacité rare à émouvoir petits et grands, à traiter des sujets profonds avec délicatesse, à nous faire rire et pleurer dans un même plan. Ici, on a juste une aventure anodine : jolie, mais bien fade. La sortie du dernier chef d’œuvre de Pixar, SOUL , semble bien éloignée et on pourrait presque faire un lien avec le rachat du studio par Disney, qui finit par uniformiser tout ce qu'il touche. Et j’ai tendance à me dire que peut-être que ce n’est pas moi qui ai perdu mon âme d’enfant, mais Pixar qui a un peu perdu la sienne… Partager

  • Critique de L’ÉVÉNEMENT – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film L’ÉVÉNEMENT . L’ÉVÉNEMENT ❤️❤️❤️❤️ Vu hier, le film aura été un véritable choc que je ne suis pas sûr d’avoir eu le temps de digérer. En 1963, Anne est une étudiante promise à un bel avenir universitaire. Malheureusement, elle va tomber enceinte d’un enfant non-désiré et va devoir se battre contre les lois pour disposer de son corps et de son avenir, à une époque où l’avortement est tabou et surtout condamnable. Si je vous en parle, c’est que le film a été un coup de cœur (ÉNORME coup de cœur). Mais clairement, ce qui fait pour moi la grande force du film risque de diviser. A savoir sa radicalité, que ce soit dans son scénario et sa mise en scène. Audrey Diwan prend le parti de se focaliser sur sa protagoniste et sa course contre la montre. Combat qu’elle devra vivre seule, dans la honte, tant le sujet est tabou, au pire engendrant la haine de certains, au mieux la peur ou le déni des autres. Rarement la solitude n’aura été aussi bien retranscrite sur un écran. Le film prenant même parfois des allures de film de résistance avec ses rencontres discrètes pour trouver une aide ou juste parler de l’innommable, avec cette peur incessante d’être surpris par la mauvaise personne. D’ailleurs, le mot avortement ne sera jamais directement prononcé… Ce sentiment de solitude est intensifié par une mise en scène exemplaire, sans fioriture ni artifice, mais d’une grande efficacité. Le format 4/3 enferme le personnage d’Anne, souvent filmée de dos, caméra à l’épaule, avec un énorme jeu sur les focales et la profondeur de champs qui font qu’elle est souvent la seule chose net à l’écran. Ça et l’utilisation de nombreux plans séquences, font que le spectateur se retrouve en immersion avec elle, seul et oppressé avec cette peur du regard des autres. Alors, oui le film est dur, TRÈS DUR, et certaines scènes sont extrêmement éprouvantes, même si la réalisatrice a la dignité de ne jamais être dans le frontal et utilise énormément le hors champs (même si souvent ce qu'on ne voit pas est pire que ce que l'on voit). Et même si elle n’est pas graphique, l’horreur pour le spectateur est bien là. Même si la véritable horreur est de se dire que pour de nombreuses femmes c’était le quotidien. On pense à nos mères nos grands-mères qui forcément ont été un jour touchées de près ou de loin par ce fléau. Mais bien sûr, pour que le film fonctionne, il fallait une grande actrice, d’autant plus que le personnage d’Anne est de quasiment tous les plans. Et Anamaria Vartolomei est flamboyante, avec un jeu d’une justesse impressionnante, qui prend aux tripes, sans jamais être dans le patho. On a peur, on espère, on souffre avec elle. L’effet est au moins aussi saisissant que son interprétation. Elle est entourée de nombreux seconds rôles qui donneront une réelle épaisseur à l’histoire et sur le regard de la société de l’époque sur l’avortement. Le film à un côté intemporel dans ses décors ou bien ses costumes et on met un certain temps pour identifier réellement l’époque. Comme pour nous rappeler que cette histoire se passait, en France, il n’y a pas si longtemps que ça… Voir pire c’est toujours le vécu de nombreuses femmes dans le monde… Le film fait énormément écho avec une fabuleuse pièce de théâtre de Fanny Cabon, LES GARDIENNES, retraçant la vie de ses femmes de l’ombre et de leur combat. Un constat terrible de la situation des femmes de cette époque… Bref un TRÈS GRAND film qui perdrait énormément à être découvert sur une TV. Un film intense et bouleversant, dont je suis sorti groggy, les larmes aux yeux, des nœuds dans le ventre et qui va trotter longtemps dans ma tête. Un film essentiel, qui mériterai d’aller taquiner les Texans aux prochains Oscars… Partager

  • Une absence qui remplit chaque plan…

    Découvrez notre critique détaillée du film LES ENFANTS VONT BIEN . Une absence qui remplit chaque plan… LES ENFANTS VONT BIEN ❤️❤️❤️💛 Une absence qui remplit chaque plan… Il y a deux ans, je découvrais Nathan Ambrosioni avec TONY EN FAMILLE, qui avait été une très belle surprise. Dans LES ENFANTS VONT BIEN, il retrouve Camille Cottin pour un nouveau drame familial. Une mère dépose ses deux enfants chez sa sœur avant de disparaître dans la nature. Avec un sujet aussi lourd, le réalisateur aurait facilement pu tomber dans la facilité ou l’excès mélodramatique. Pour son troisième film, à seulement 26 ans, il fait preuve d’une maturité impressionnante. Il évite le piège du pathos larmoyant et livre au contraire une œuvre d’une grande justesse émotionnelle. Il poursuit son travail sur la cellule familiale et transforme ce drame en un film intime, d’une sensibilité et d’une délicatesse rares. Certains lui reprocheront peut-être son rythme contemplatif, mais c’est précisément ce tempo qui fait la force du récit. Plutôt que de s’intéresser à la disparition, Ambrosioni oriente son récit vers les répercussions qu’un tel acte provoque sur l’entourage. Sans jamais forcer les émotions ni les grands discours, il réussit à capter un geste, un regard, pour exprimer le ressenti de ses personnages. Avec une mise en scène sobre, il joue avec les silences, les non-dits et le hors-champ pour montrer l’impact d’un tel abandon sur les enfants et sur leur tante, contrainte de devenir une mère de substitution dans un univers dont elle ignore les codes. Le film doit énormément à son casting. Camille Cottin livre une prestation tout en retenue, rendant son personnage profondément crédible. Par moments, l’ensemble prend des accents quasi documentaires, notamment lorsqu’il confronte le spectateur à l’absurdité du système. Les deux jeunes acteurs impressionnent également par le naturel de leur jeu, essentiel à la justesse du film. Loin du drame larmoyant ou spectaculaire, Ambrosioni signe un drame familial puissant, d’une délicatesse remarquable, dont le plan final reste longtemps ancré en mémoire. Partager

  • Une suite aussi divertissante que fainéante…

    Découvrez notre critique détaillée du film ZOOTOPIE 2 . Une suite aussi divertissante que fainéante… ZOOTOPIE 2 ❤️❤️❤️ Une suite aussi divertissante que fainéante… Il y a neuf ans sortait ZOOTOPIE, véritable surprise du côté de Disney : une claque visuelle, un univers bourré d’inventivité et un propos politique digne du meilleur Pixar. Alors, quand une suite a été annoncée, j’ai eu un peu peur. Disney a longtemps réservé ses suites à des direct-to-DVD, avant d’accoucher d’un LA REINE DES NEIGES 2 assez moyen, ou de bricoler ce qui aurait dû être une série pour en faire un VAIANA 2 mal ficelé mais forcément rentable… (Et oui, je mets de côté Pixar, qui reste malgré son rachat un studio à part entière.) Mais ce qui est certain avec ZOOTOPIE 2, c’est qu’on ne s’ennuie pas. Enfin… ils ne nous laissent pas le temps de nous ennuyer. Visuellement, c’est une dinguerie. On en prend plein les yeux, le travail sur les fourrures est bluffant, et surtout le film possède un sens du rythme impressionnant. Ça n’arrête pas une seconde : tout s’enchaîne avec une énergie folle, les séquences débordent de détails et d’easter eggs – allant des animés à… Kubrick ! Sur cet aspect, c’est une réussite totale. On passe son temps à scruter l’écran pour attraper les références au vol. Le film est également toujours aussi drôle, jouant avec les clichés de ses animaux pour en tirer des gags bien sentis. Mais si je disais plus haut que Disney ne nous laissait pas respirer, c’est aussi pour masquer le fait que ça sent clairement le réchauffé. La première évidence est le scénario : une enquête sur fond de discrimination et de racisme, exactement comme dans le premier film, avec un twist qu’on voit venir à des kilomètres. Remplacer les prédateurs par les reptiles ? Pourquoi pas. Mais encore aurait-il fallu les exploiter un minimum. Mis à part une scène très sympa dans un bar, ils restent aussi anecdotiques que le personnage de Gary. Ce qui est d’ailleurs le cas de la plupart des personnages secondaires, car là aussi le film souffre de la comparaison au premier film. Et c’est d’autant plus flagrant quand les anciens personnages font une apparition (souvent pour recycler d’anciens gags…). Quant au duo principal, même si c’est un plaisir de les retrouver, ils en sont toujours au même point : apprendre à accepter leurs différences pour mieux travailler ensemble… et s’aimer. Même si cela nous offre au passage une scène mémorable chez le psy, sans doute l’un des meilleurs moments du film. Alors, oui, j’ai vraiment pris du plaisir devant cette nouvelle aventure : c’est rythmé, drôle, visuellement somptueux, et sa morale sur le « vivre ensemble » fait toujours du bien. Mais je ne peux m’empêcher de penser que Disney a choisi la carte de la facilité pour nous offrir un film agréable mais que ne restera pas dans les annales. Le troisième opus est clairement annoncé dans la scène post-générique, avec l’introduction d’une nouvelle catégorie d’animaux. Reste à espérer que Disney ne se reposera pas encore une fois sur ses lauriers… Partager

  • L’horreur hors champ, plus glaçante que jamais.

    Découvrez notre critique détaillée du film LA ZONE D’INTÉRÊT . L’horreur hors champ, plus glaçante que jamais. LA ZONE D’INTÉRÊT ❤️❤️❤️ L’horreur hors champ, plus glaçante que jamais. C’est toujours compliqué quand tu décides de filmer la Shoah, pour ce qui est de ce que l’on doit montrer ou non, et même Spielberg en avait fait les frais dans son chef d’œuvre LA LISTE DE SCHINDLER avec la fameuse scène de la douche… Pour son film, Jonathan Glazer fait le choix radical de ne rien montrer et d’utiliser l’hors-champ pour décrire l’holocauste et le résultat n’en sera que plus glaçant pour le spectateur, grâce à un énorme travail sur le son. On va suivre la vie de famille du commandant Rudolf Höss dans leur maison de rêve et son jardin d’Eden… collée au camp d’Auschwitz… Une famille qui semble vivre une vie des plus banales alors que l’horreur a lieu de l’autre côté du jardin. Une horreur qui sera constamment présente par une bande son sidérante, avec constamment en fond sonore, les cris des prisonniers, des coups de feu, les ronronnements des fours… Et le malaise s’installe chez le spectateur qui voit cette famille semblant en faire abstraction et vivre une vie idyllique… La mise en scène fait le choix judicieux de filmer ses personnages par des plans fixes souvent éloignés et des caméras placées toujours aux mêmes lieux donnant l’impression de les observer via des caméras de surveillances. Le résultat, même s’il est troublant, fonctionne très bien et permet de laisser un écart entre les protagonistes et le spectateur, et d’éviter de créer la moindre empathie. Mais plus que le commandant Höss, qui semble gérer la rentabilité d’une usine, c’est sa femme qui nous pétrifie le plus, incarnée par une Sandra Hüller qui prouve une nouvelle fois son immense talent en étant méconnaissable dans son jeu. Et pourtant… malgré toutes ces qualités que je lui reconnais, je dois bien avouer que j’ai fini par trouvé que le film finissait par être redondant. Il faut dire que la proposition est extrêmement radicale, et même si l’ambiance et le malaise installés sont implacables, le fait d’observer cette famille se fait au détriment d’un réel scénario. Mais ce qui est certain, c’est qu’il aura réussi à me marquer profondément et qu’il n’a pas fini de résonner en moi… Partager

Abonnez-vous à notre liste de diffusion

Merci de vous être abonné !

bottom of page