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- Quand le plus grand festival de théâtre devient un décor de cinéma
Découvrez notre critique détaillée du film AVIGNON . AVIGNON ❤️❤️❤️ Quand le plus grand festival de théâtre devient un décor de cinéma En tant que passionné du OFF, j’étais à la fois curieux et un peu inquiet à l’idée de découvrir cette comédie romantique se déroulant au célèbre Festival d’Avignon. Mais, bien que le film ne soit pas sans défauts, le résultat s’avère globalement concluant, et surtout, il retranscrit avec justesse ce qui fait l’âme de cet événement unique. Il faut dire que Johann Dionnet, dont c’est ici le premier long métrage, connaît bien le terrain. Il adapte son court métrage JE JOUE RODRIGUE, avec une affection communicative pour ce lieu qu’il fréquente depuis longtemps. On suit Stéphane, un comédien en mal de reconnaissance, qui rejoint Avignon avec sa troupe pour y jouer une pièce de boulevard. Sur place, il retrouve Fanny, tout juste auréolée d’un Molière, qui joue dans une grosse production du IN. Par un quiproquo, elle le prend pour Rodrigue, le héros du Cid . Pour la séduire, Stéphane laisse courir un mensonge qui pourrait bien le dépasser. Dionnet capte à merveille l’effervescence du OFF : les rues inondées d’affiches, les comédiens en parade, les distributions de flyers, la chasse au spectateur dans une économie parfois cruelle, les terrasses pleines à craquer, et les fameuses soirées, comme l’iconique tournoi de ping-pong du Théâtre des Béliers. C’est même un plaisir de croiser à l’écran des figures familières du festival, telles que Charlotte Matzneff ou Amaury de Crayencour. La mise en scène rend hommage à la ville, en particulier dans ses lumières nocturnes. On retiendra notamment cette scène du CID, joué de nuit sur le parvis du Palais des Papes, d’une beauté rare. Le film joue habilement sur les contrastes entre théâtre classique et boulevard, sans tomber dans le manichéisme. Malgré des clins d’œil aux clichés de chaque genre, le récit reste nuancé. Il arrive à questionner sur leur place respective et leur rapport au public, avec un point commun : l’investissement des artistes pour venir toucher le public. L’écriture offre même certaines répliques marquantes : "Si le bouche-à-bouche peut sauver une vie, à Avignon, le bouche à oreille peut sauver une pièce "… Il se dégage un véritable esprit de troupe. Les seconds rôles ont le temps d’exister, avec chacun leurs failles et leurs doutes, au point de faire un peu d’ombre à nos deux tourtereaux. Car même si l’alchimie fonctionne entre Stéphane et Fanny (Elisa Erka est même lumineuse), leur romance reste assez classique, et l’intrigue amoureuse manque de surprises. Ce schéma du « mensonge par amour » est prévisible, et l’on voit trop souvent venir les rebondissements. Mais malgré cette faiblesse, le côté feel-good prend le dessus, et le film devrait sans peine trouver son public. Quant à moi, il m’a surtout donné une furieuse envie de retourner à Avignon, là où le théâtre palpite à chaque coin de rue… Partager
- Cette romcom qui montre la lumière au bout du tunnel
Découvrez notre critique détaillée du film L’ÂME IDÉALE . L’ÂME IDÉALE ❤️❤️❤️❤️ Cette romcom qui montre la lumière au bout du tunnel Elsa, médecin d’une quarantaine d’années, possède un don : elle voit et parle aux morts. Sa vie bascule lorsqu’elle rencontre Oscar à la suite d’un accident. C’est le coup de foudre immédiat, mais elle se rend vite compte que celui-ci est en réalité mort… sans le savoir. Leur relation va alors profondément chambouler ses certitudes. Nous sommes ici face à un film de genre au high concept audacieux, à la fois fou et admirablement maîtrisé. Dès la scène d’ouverture, le film surprend et prend le spectateur aux tripes. Il trouve un équilibre remarquable entre fantastique, romance, comédie et drame, sans jamais perdre sa cohérence. Bien sûr, on pense à des classiques comme GHOST ou SIXIÈME SENS, dont le film s’inspire, mais il parvient à trouver sa propre identité. Pour son premier long métrage, Alice Vial signe une rom-com tendre et sensible, portée par une véritable réflexion sur l’amour. Le film alterne avec justesse les moments de tendresse et de comédie, sans jamais forcer les effets, ce qui lui permet de toucher sincèrement le spectateur. Même si l’histoire d’amour est au centre du récit, le film en profite pour aborder des thèmes universels. Bien sûr, l’acceptation de la mort, mais aussi la célébration de la vie et de l’amour. La réalisatrice questionne également l’importance de l’écoute, la peur de s’attacher et le deuil. On se laisse emporter dans cette romance au rythme de la musique électro et on s’attache profondément à ce couple improbable. La réussite du film repose en grande partie sur son casting et son duo central. Jonathan Cohen, utilisé à contre-emploi, conserve son timing comique redoutable, mais surprend surtout par la mélancolie et l’émotion qu’il insuffle à son personnage. Face à lui, la sublime Magalie Lépine Blondeau, que j’avais découverte dans les fabuleux SIMPLE COMME SYLVAIN et LA NUIT OÙ LAURIER GAUDREAULT S’EST RÉVEILLÉ . Elle confirme une nouvelle fois sa capacité à bouleverser par la justesse et la finesse de son jeu. Avec L’ÂME IDÉALE, Alice Vial livre un premier film lumineux, et peut-être bien la surprise de cette fin d’année. Elle nous offre une comédie romantique idéale pour les fêtes, à la fois originale, drôle et extrêmement touchante. Son seul véritable défaut reste peut-être de sortir le même jour qu’AVATAR , en espérant que ce dernier ne lui fasse pas trop d’ombre. Partager
- Critique de HUNGER GAMES : LA BALLADE DU SERPENT ET DE L'OISEAU CHANTEUR – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film HUNGER GAMES : LA BALLADE DU SERPENT ET DE L'OISEAU CHANTEUR . HUNGER GAMES : LA BALLADE DU SERPENT ET DE L'OISEAU CHANTEUR ❤️💛 La saga Hunger Games, c'est un peu mon plaisir coupable. Pour la petite histoire, j'ai lu les livres et vu les films au fur et à mesure de leurs sorties avec ma nièce, d'où mon attachement à la saga... Et pour ce qui est des premiers films, même si ce n'est pas du grand cinéma, ça reste dans le haut du panier des productions pour ados qui envahissaient les salles à l'époque. La saga proposait un univers assez mature, avec un vrai travail de direction artistique et elle s'appuyait sur un bon casting qui aura notamment révélé Jennifer Lawrence. Et même si ça s'épuisait au fil des films, j'avais globalement apprécié la proposition. Bref, quand on a apprit qu'un nouveau film sortait, même si nous étions passé à côté du dernier roman, il fallait continuer cette tradition et le voir... Pourtant, les premières minutes étaient plutôt intéressantes, avec ce changement de point de vue, en s'intéressant au Capitol et au passé de Snow. Et ce qui est sûr c'est que les producteurs ont bien vu le talent de chanteuse de Rachel Zegler dans le fabuleux WEST SIDE STORY de Spielberg. Elle impressionne toujours autant par sa voix. Et puis, c'est à peu près tout pour les points poditifs... Parce que pour le reste, l'expérience a été plutôt douloureuse et surtout, c'est à l'image du titre : beaucoup trop long... A un moment, il va falloir arrêter cette mode avec les films qui s'étire sur 2h30-3h sans forcément avoir quelque chose à raconter... Autant, la relation entre Snow et Lucy aurait pu être intéressante, encore il aurait fallu vraiment la travailler. Au lieu de ça on a le droit à un nouveau jeu qui vient plomber le film pendant plus d'une heure, et le pire c'est que, vue que l'histoire se passe 60 ans avant, c'est sûrement les Hungers Games les moins impressionnants, ressemblant à un cache cache cache indipide et sans aucune idée de mise en scène... Clairement la plus mauvaise partie du film... Et malheureusement, j'avais déjà décroché, et même si la dernière partie est meilleure elle ne fonctionne pas, car justement ils n'ont pas pris le temps de développer leurs personnages principaux, pourtant très bien interprétés... contrairement à cette galerie de personnages secondaires qui n'apportent rien à l'histoire... sans parler des personnages caricaturaux et surjoués par Viola Davis et Peter Dinklage. Bref, une belle grosse déception... Partager
- Critique de PINOCCHIO – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film PINOCCHIO . PINOCCHIO ❤️❤️❤️❤️ Voici une nouvelle adaptation du conte PINOCCHIO, la troisième en deux ans... Donc on peut clairement avoir peur d'y jeter un œil, surtout que le dernier remake de Disney était une purge... Sauf que c'est Guillemo Del Toro qui est au commande et une nouvelle fois il démontre son talent. Il s'affranchit totalement de l'imagerie de Disney et son PINOCCHIO est une TRÈS grande réussite. Déjà il revisite entièrement ce classique pour se le réapproprier. Il en change le contexte, et l'histoire se passe pendant la deuxième guerre mondiale, ce qui fait que le film résonne énormément avec L'ÉCHINE DU DIABLE et LE LABYRINTHE DE PAN qui traitaient déjà de la guerre vue par le regard d'un enfant. Ça s’adapte parfaitement au conte initial tout en amenant une toute autre interprétation. Même si le fil rouge est conservé, beaucoup de choses changent dans cette adaptation, lui apportant un côté plus mature, tout en gardant la magie du conte. Ça apporte beaucoup plus de profondeur à l'ensemble, avec des thèmes comme la mort, la dépression, le lien paternel, le deuil, la guerre, la propagande... Mais comme toujours chez Del Toro, malgré le côté sombre de ses œuvres, il y a toujours une poésie qui survole l'ensemble. Mais surtout, le film brille par sa forme, et de ce côté là, c'est un sans faute. C'est un film d'animation en motion capture et visuellement c'est à tomber par terre (et encore une fois ça aurait été un plaisir de découvrir ça sur grand écran...). Ça fourmille de détails, les animations et les décors sont impressionnants. On en oublie que c'est filmé en image par image. Il y a vraiment un travail sur l'ambiance qui colle parfaitement avec l'univers particulier du réalisateur. On y retrouve son obsession pour les monstres et la différence, et ça s'intègre idéalement au propos du film. Ça semble une évidence qu'il ait décidé de s'attaquer à ce remake. Le film est aussi porté par la musique avec plusieurs chansons et là aussi ça fonctionne, en apportant pas mal de légerté. Même si pour le coup, je vous conseille la VO car même si le film est bien doublé, au niveau des chansons ce n'est pas ça (pour moi, un des rares défauts du film). Bref, après son très bon NIGHTMARE ALLEY en début d'année, Del Toro nous offre une sublime fable initiatique qui, même si on semble tout connaître de ce classique, arrive à nous émerveiller autant qu'à nous émouvoir. Une très bonne surprise. Partager
- Elles braquent le Vaucluse… Mais aussi nos certitudes…
Découvrez notre critique détaillée du film LE GANG DES AMAZONES . LE GANG DES AMAZONES ❤️❤️❤️ Elles braquent le Vaucluse… Mais aussi nos certitudes… LE GANG DES AMAZONES retrace le parcours réel de cinq femmes ayant multiplié les cambriolages dans le Vaucluse à la fin des années 1980. Le film adopte leur point de vue sans tomber dans le manichéisme. Il ne glorifie jamais leurs actes, mais prend soin de les replacer dans un contexte social difficile, notamment pour celles qui peinaient à subvenir aux besoins de leurs enfants. Le récit oscille ainsi entre polar social et drame humain. Le plus grand atout du film réside sans doute dans la force de son casting. Lyna Khoudri s’impose comme le pilier du groupe et confirme une nouvelle fois l’ampleur de son talent. Mais c’est surtout Izïa Higelin qui impressionne : elle incarne la véritable charge émotionnelle du récit. Laura Felpin, employée à contre-emploi, surprend par la sensibilité qu’elle apporte à son personnage, le rendant particulièrement attachant. Les cinq actrices offrent au film une profondeur et une complicité sincère qui transparaît à l’écran. Une véritable empathie s’installe, permettant de comprendre ce qui a pu les pousser à franchir la ligne jaune, sans pour autant excuser leurs actes. Le dernier acte donne également la parole aux victimes, révélant les traumatismes laissés par ces braquages. Cette démarche évite toute complaisance et maintient un équilibre moral bienvenu. La mise en scène naturaliste, dominée par la caméra à l’épaule et les gros plans, confère parfois un aspect semi-documentaire. Si cela renforce l’authenticité du film, cela lui donne aussi un léger côté scolaire ou didactique, au détriment de la tension dramatique (d’autant plus que l’issue de l’histoire est connue). Il en résulte un polar social maîtrisé, plus touchant qu’attendu, parfois un peu sage, mais porté avec intensité par ses comédiennes. Partager
- Le cinéma comme acte de résistance
Découvrez notre critique détaillée du film UN SIMPLE ACCIDENT . UN SIMPLE ACCIDENT ❤️❤️❤️💛 Le cinéma comme acte de résistance Tourné clandestinement après son incarcération, UN SIMPLE ACCIDENT s’impose comme un film à la fois brûlot politique et réflexion morale. Jafar Panahi y dénonce la violence du régime iranien et la corruption systémique qui broie son pays. Mais il ne filme pas frontalement la répression : ce sont les voix brisées de ses personnages, leurs récits fragmentés et leurs silences qui en deviennent les témoins. Le récit, entre thriller et road movie teinté d’humour satirique, se déploie dans un quasi huis clos. L’action se concentre autour d’un van où se croisent des victimes en quête de vérité. C’est là que s’installe la tension dramatique, nourrie par un dilemme moral central : les protagonistes ont-ils réellement retrouvé leur bourreau, ou projettent-ils leurs traumas sur un innocent ? Panahi questionne ainsi la justice, la légitimité de la vengeance et la fragilité de la mémoire quand le doute demeure. Le réalisateur insuffle par moments un humour noir, presque burlesque, qui sert autant de respiration que de contrepoint à la gravité du propos. La mise en scène, d’une sobriété maîtrisée, fait un usage admirable du plan-séquence et du hors-champ, et conférent à l’ensemble une intensité dramatique constante. Le film monte en puissance jusqu’à un plan final glaçant, qui restera un des plus marquants de l’année. Et si son efficacité ne fait aucun doute, je reste dubitatif sur sa palme d'or. Là où l'année dernière le bijou LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE aurait d'autant plus mérité le sacre ultime. Mais, par son existence même, UN SIMPLE ACCIDENT est un acte de résistance qui mérite amplement d'être découvert. Partager
- Critique de LES CHOSES HUMAINES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES CHOSES HUMAINES . LES CHOSES HUMAINES ❤️❤️❤️❤️ Alexandre est étudiant dans une grande université américaine. Lors d’un week-end à Paris, il rencontre Mila, la fille du nouveau compagnon de sa mère, qui l’accompagne à une soirée d’anciens étudiants. Le lendemain, la police débarque chez lui : Mila a déposé une plainte pour viol… Le film sera divisé en trois parties Lui, elle et le procès. Les deux premières vont prendre le temps de nous présenter les deux personnages avec un certain recul, mais en les traitants toujours sur un pied d’égalité. Même si dans un premier temps, on prend instinctivement parti pour Mila, au fur et à mesure des doutes nous assaillent et on est assez perturbé quand arrive le procès qui sera le plus grand segment de ce film et certainement la plus aboutie. Et c’est là que la mise en scène d’Yvan Attal prend toute son importance. Chaque intervenant sera filmé en plan séquence, se focalisant sur ce qu’il a à dire, sans nous monter les réactions des autres personnes. Ce qui donne au spectateur une immersion totale en le mettant à la place du juré pour se forger sa propre opinion sur ce terrible drame. Le procès est clairement un des plus passionnants que j’ai vu ces dernières années et on est suspendu à chaque mot. Au fur et à mesure, nos convictions s’envolent en éclats et on vient se demander qu’elle est la vérité, comment on aurait réagi à la place de la victime, bien sûr, mais aussi de l’accusé et de leur entourage. Il sera bien difficile pour le spectateur de se faire son propre jugement. La grande force du film, et certainement ce qui divisera une partie du public, est qu’il n’est jamais manichéen. Clairement dans l’air post #metoo, le film abordera les sujets du viol, du consentement et de cette fameuse zone grise, mais le fait avec intelligence. Alors certes, c’est perturbant, le spectateur ressent un malaise et il aurait préféré que les choses soit plus simple, mais au final c’est diablement efficace. Et à une époque où les gens ont tendance à tout de suite faire un lynchage public sur les réseaux sociaux l’impact du film est encore plus fort. Au niveau du casting, comme on pouvait s’y attendre avec les têtes d’affiches présentes, il y a du level. Mais c’est clairement les deux jeunes acteurs qui sortent du lot et surtout la jeune Suzanne Jouannet qui livre une prestation bouleversante. Et le fait d’avoir choisi une actrice jusqu’à maintenant inconnue et non identifiée pour ce rôle renforce l’impact qu’elle a sur nous en tant que « juré » de ce procès. Bref une très bonne surprise. Un film intelligent et nuancé dans ses propos, certes malaisant mais qui interrogera le spectateur et ne laissera pas indifférent. Partager
- Critique de THE FATHER – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film THE FATHER . THE FATHER ❤️❤️❤️❤️💛 Décidément, le cinéma n’aura pas mis longtemps pour me faire de nouveau vibrer. Car, THE FATHER a clairement été une ÉNORME baffe aussi bien émotionnelle que cinématographique. La prouesse est d’autant plus forte que Florian Zeller réalise ici son premier film, adapté d’une de ses pièces de théâtre. Émotionnelle, car il aborde un sujet tabou mais qui parlera au plus grand nombre : La fin de vie et la place que notre société laisse à ses aînés. Le film traite ça de façon très juste, sans jugement et forcément ça fait réfléchir. On y suit un homme de 80 ans, interprété par un Anthony Hopkins bluffant, dont la réalité se brise littéralement sous nos yeux et que sa fille essaie d’accompagner de son mieux. Mais avant tout, le film parlera d’une terrible maladie, Alzheimer, sans que le nom ne soit jamais prononcé. Et il le fait avec justesse et dignité, sans jamais être lourd dans ses propos et pourtant avec une redoutable efficacité. Car, la plus grande idée du film, est de faire vivre son histoire via le regard de son protagoniste et non de son entourage. Le film offre un scénario vraiment ingénieux qui est fait de telle sorte, qu’en tant que spectateur, on se sente perdu dans un labyrinthe psychologique. Grace à son écriture, Zeller nous fait vivre la situation plutôt que de nous la montrer. On est plongé dans la tête du héros et on finit par perdre pied avec lui, arrivant même parfois, nous aussi, à douter de ce qui se passe devant nos yeux. Au début, c’est assez troublant, mais finalement terriblement efficace. La mise en scène ingénieuse vient enfoncer le clou, avec un énorme travail sur les décors et les cadres, dont je ne peux parler sans trop en dévoiler. Zeller, malgré le huit clos, évite le cliché du théâtre filmé en utilisant le montage qui est au cœur de la construction de son œuvre. Le film empruntera souvent les codes du thriller paranoïaque intensifiant le sentiment de malaise ressenti par le spectateur. Clairement, pour un premier film, ça laisse admiratif. L’interprétation d’Anthony Hopkins est fabuleuse et prouve une nouvelle fois qu’il est un des plus grands acteurs que le 7e art ait connu. Le fait qu’on ait grandit avec lui, au fil de sa carrière, et que son personnage porte le même prénom qui lui, donne même un côté film testamentaire, le rendant encore plus touchant. Mais quelle palette d’émotion ! Souvent tendre et drôle, parfois exécrable, fragile et vulnérable la plupart du temps, il livre une prestation exemplaire jusqu’à un final qui laisse sans voix… Olivia Colman n’est pas en reste. Avec un jeu tout en retenue, elle est bouleversante dans son rôle de fille aimante, mais impuissante, qui voit sombrer son père dans une démence sénile. Plus qu’un film, c’est une expérience cinématographique que nous livre Zeller, qui grâce à un casting de haut vol vient toucher le spectateur de plein fouet. Partager
- Ce film qui va vous glacer la sève.
Découvrez notre critique détaillée du film ODDITY . ODDITY ❤️❤️❤️ Ce film qui va vous glacer la sève. Lauréat du prix du public au dernier festival de Gérardmer, ODDITY n’a malheureusement pas eu droit à une sortie en salles en France. Un choix regrettable, car ce film horrifique se distingue par de vraies qualités qui auraient pris une ampleur particulière sur grand écran. Si ODDITY appartient bien au genre horrifique, il ne mise pas sur le gore mais sur un huis clos soigneusement construit, jouant sur une atmosphère oppressante et anxiogène. Le film offre d’ailleurs quelques scènes particulièrement stressantes, notamment une ouverture terriblement efficace et un dernier acte sous haute tension. Tout au long du récit, la mise en scène sert habilement le malaise ambiant grâce à un travail précis sur les cadres, le hors-champ et la photographie. L’utilisation du fameux mannequin de bois, bien que pas révolutionnaire en soi, est particulièrement bien exploitée pour en faire un objet horrifique redoutable. On notera aussi quelques jump scares malins et percutants. Mais même si le film réussit haut la main à glacer le sang du spectateur, le film tout de même quelques facilités d’écriture. Les personnages manquent de subtilité : la voyante aveugle, la nouvelle compagne en quête de sa place, ou encore la révélation du meurtrier, tout cela donne une impression de déjà-vu. De plus, l’abus du fusil de Tchekhov rend le déroulement du scénario parfois trop prévisible, en laissant au spectateur une longueur d’avance sur les événements. Cela n’empêche pas ODDITY de proposer des séquences mémorables qui marqueront les esprits. Un film de genre efficace, qui mérite assurément le coup d’œil. Partager
- Critique de BURNING DAYS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film BURNING DAYS . BURNING DAYS ❤️❤️❤️💛 Une belle petite surprise venant de Turquie. Un polar paranoïaque qui dresse un portrait sidérant du pays. On pourrait d'ailleurs lui reprocher d'aborder trop de sujets : la corruption qui est le point central du film, mais aussi l'écologie, le clivage des classes, le viol ou bien l'homophobie, qui fait qu'on a parfois l'impression que le film s'éparpille... Mais on lui pardonnera facilement ce petit défaut, car sur la forme, c'est extrêmement maitrisé. Ça fait penser au cinéma de Sorogoyen, par son ambiance sufocanque, l'écriture de ses personnages, sa mise en scène ou l'utilisation de la musique. Un polar anxiogène qui flirte avec le western et qui, malgré son rythme lent, réussit à faire monter crescendo la tension, jusqu'à un final, qui divisera peut-être, mais dont la métaphore est pleine de sens. Partager
- Critique de LE PROCÈS GOLDMAN – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LE PROCÈS GOLDMAN . LE PROCÈS GOLDMAN ❤️❤️❤️💛 Ce film raconte une histoire qui défraya la chronique dans les années 70 : le deuxième procès de Pierre Goldman, condamné en première instance à perpétuité pour plusieurs braquages à main armée ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes, meurtres dont il clamera son innocence. Même si c'est le frère du célèbre chanteur, je n'avais jamais entendu parler de cette affaire, aussi fascinante et troublante que son protagoniste. Cédric Kahn fait le choix radical de nous raconter cette histoire sans fioritures, en proposant un quasi huit clos dans la salle d'audience. Le procès n'ayant jamais été filmé, il choisit le format 1.33 qui était le standard de l'époque, ce qui à l'avantage de focaliser les images sur les témoignages des personnages. Ça et le fait de l'absence totale de musique, donne au film des airs de documentaires. Une des forces du film est de ne pas être manichéen, en ne prenant jamais parti et se limitant à exposer les faits, sans chercher à développer les personnages, mettant le spectateur dans la peau d'un juré, avec cet inconfort du doute, d'autant plus que la procédure judiciaire multiplie les erreurs qui mettront continuellement le doute sur la culpabilité de ce suspect pourtant exécrable. Il dresse ainsi un portait troublant de l'homme, mais aussi de la justice et de la société de l'époque. Même si il est totalement antipathique, le personnage de l'accusé est fascinant de charisme et faisant de sa figure médiatique une force, en transcendant les foules avec son côté provocateur, allant jusqu'à injurier le système, les témoins et les avocats... Il est d'ailleurs incarné par un impressionnant Arieh Worthalter, dont l'éloquence prête même souvent à rire, réussissant à le rendre bizarrement sympathique et expliquant pourquoi autant de monde s'est ligué derrière le personnage... Mais, son choix de mise en scène, en étant aussi radical, est aussi la limite que j'ai avec le film. Même si les faits sont passionnants, cinématographiquement, ça manque de créativité à mon goût, comparé par exemple à ANATOMIE D'UNE CHUTE ou LES CHOSES HUMAINES qui redoublent d'ingéniosité de mise en scène. Le fait de filmé ça de façon très documentaire est certes immersif, mais pose un problème de rythme à mon sens, et même si on ne s’ennuie pas, j'ai trouvé que ça manquait malheureusement de "cinéma"... Partager
- Critique de OPPENHEIMER – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film OPPENHEIMER . OPPENHEIMER ❤️❤️❤️❤️ On va commencer par ce qui va mettre tout le monde d’accord : techniquement le film est grandiose. Bien sûr, visuellement, c’est à tomber par terre et même si on peut douter de l’utilité de l’IMAX pour un film finalement introspectif, cela rend justement les détails sur les visages ou les regards saisissants. Puis le film propose quand même des plans assez dingues. Sans compter que Nolan a vraiment un sens du cadre et même si c’est loin d’être son film le plus spectaculaire, ça reste un régal pour les yeux. Mais si le film demande ABSOLUMENT à être vu au cinéma pour l’apprécier à sa juste valeur, c’est surtout pour sa bande son qui est tout simplement exceptionnelle. En premier lieu la partition musicale de Ludwig Göransson, qui même si cette première visu ne m’a pas marquée par un thème précis, la musique est omniprésente et joue énormément sur le ressenti du spectateur et la tension qui s’installe. Mais surtout, c’est l’habillage sonore qui scotche au fauteuil. Le travail sur le son est formidable et fait que le film ressemble par moment à une expérience sensorielle. Au niveau de la narration, on retrouve l’obsession du réalisateur pour le temps. Nous avons donc des changements incessants de lieux et d’époques, sans aucun texte pour guider le spectateur. Mais la grande force de l’écriture est de ne jamais perdre le spectateur, qui réussira toujours à se repérer garce à un dialogue où un détail à l’image. Sans compter que le film balaye 40 ans d’histoire, et donc une foison de personnages. Mais là aussi le film est aidé par un casting monstre qui aide le spectateur à identifier les protagonistes grâce à des visages connus. Et il faut avouer que niveau acting, ça envoi du lourd et dans quelques mois il devrait y en avoir quelques-uns qui vont se battre pour une petite statuette dorée. Cillian Murphy, bien sûr, qui porte le film et se retrouve enfin dans un premier rôle au cinéma qui lui permet de montrer l’étendue de son talent. Je retiendrai aussi Emily Blunt qui, même si Nolan sous exploite toujours autant les rôles féminins, réussit à tirer son épingle du jeu, en trouvant le culot d’avoir la scène qui m’aura le plus marquée. Mais plus que tout, c’est Robert Downey Jr qui m’aura bluffé. Quel bonheur de le voir dans un rôle aussi travaillé, loin des blockbusters dans lesquels il s’était retrouvé piégé (même si je ne vais pas vous mentir, c’était le pied de le voir camper Iron Man). Par contre, j’ai un souci avec le film, ou plutôt son genre, c’est que je ne suis pas un grand fan des biopics. Aussi maitrisé soient-ils (et ici on est clairement dans le haut du panier), c’est que le fait de connaitre les grandes lignes de l’histoire nuit à la dramaturgie. Et même si Nolan arrive à installer une tension assez dingue faisant flirter son film avec le thriller, on connait le destin d’Oppenheimer, et donc je trouve que ça perd en émotion car on s’inquiète assez peu pour le héros. Et puis, il faut reconnaitre que le film est long et décide d’aborder l’histoire via tous les prismes (science, politique, militaire, pénal…), ce qui en fait un film TRÈS dense. Et même si j’ai trouvé ça passionnant, ça demande un véritable investissement de la part du spectateur. D’autant plus que le film est extrêmement bavard, mais heureusement, le montage apporte un rythme impressionnant, le rendant passionnant. Même si je préfère quand Nolan s’attaque à une fiction, ça ne sera pas pour moi son plus grand film, mais paradoxalement surement le plus maitrisé. Partager













