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- Quand le plus grand festival de théâtre devient un décor de cinéma
Découvrez notre critique détaillée du film AVIGNON . AVIGNON ❤️❤️❤️ Quand le plus grand festival de théâtre devient un décor de cinéma En tant que passionné du OFF, j’étais à la fois curieux et un peu inquiet à l’idée de découvrir cette comédie romantique se déroulant au célèbre Festival d’Avignon. Mais, bien que le film ne soit pas sans défauts, le résultat s’avère globalement concluant, et surtout, il retranscrit avec justesse ce qui fait l’âme de cet événement unique. Il faut dire que Johann Dionnet, dont c’est ici le premier long métrage, connaît bien le terrain. Il adapte son court métrage JE JOUE RODRIGUE, avec une affection communicative pour ce lieu qu’il fréquente depuis longtemps. On suit Stéphane, un comédien en mal de reconnaissance, qui rejoint Avignon avec sa troupe pour y jouer une pièce de boulevard. Sur place, il retrouve Fanny, tout juste auréolée d’un Molière, qui joue dans une grosse production du IN. Par un quiproquo, elle le prend pour Rodrigue, le héros du Cid . Pour la séduire, Stéphane laisse courir un mensonge qui pourrait bien le dépasser. Dionnet capte à merveille l’effervescence du OFF : les rues inondées d’affiches, les comédiens en parade, les distributions de flyers, la chasse au spectateur dans une économie parfois cruelle, les terrasses pleines à craquer, et les fameuses soirées, comme l’iconique tournoi de ping-pong du Théâtre des Béliers. C’est même un plaisir de croiser à l’écran des figures familières du festival, telles que Charlotte Matzneff ou Amaury de Crayencour. La mise en scène rend hommage à la ville, en particulier dans ses lumières nocturnes. On retiendra notamment cette scène du CID, joué de nuit sur le parvis du Palais des Papes, d’une beauté rare. Le film joue habilement sur les contrastes entre théâtre classique et boulevard, sans tomber dans le manichéisme. Malgré des clins d’œil aux clichés de chaque genre, le récit reste nuancé. Il arrive à questionner sur leur place respective et leur rapport au public, avec un point commun : l’investissement des artistes pour venir toucher le public. L’écriture offre même certaines répliques marquantes : "Si le bouche-à-bouche peut sauver une vie, à Avignon, le bouche à oreille peut sauver une pièce "… Il se dégage un véritable esprit de troupe. Les seconds rôles ont le temps d’exister, avec chacun leurs failles et leurs doutes, au point de faire un peu d’ombre à nos deux tourtereaux. Car même si l’alchimie fonctionne entre Stéphane et Fanny (Elisa Erka est même lumineuse), leur romance reste assez classique, et l’intrigue amoureuse manque de surprises. Ce schéma du « mensonge par amour » est prévisible, et l’on voit trop souvent venir les rebondissements. Mais malgré cette faiblesse, le côté feel-good prend le dessus, et le film devrait sans peine trouver son public. Quant à moi, il m’a surtout donné une furieuse envie de retourner à Avignon, là où le théâtre palpite à chaque coin de rue… Partager
- Cette romcom qui montre la lumière au bout du tunnel
Découvrez notre critique détaillée du film L’ÂME IDÉALE . L’ÂME IDÉALE ❤️❤️❤️❤️ Cette romcom qui montre la lumière au bout du tunnel Elsa, médecin d’une quarantaine d’années, possède un don : elle voit et parle aux morts. Sa vie bascule lorsqu’elle rencontre Oscar à la suite d’un accident. C’est le coup de foudre immédiat, mais elle se rend vite compte que celui-ci est en réalité mort… sans le savoir. Leur relation va alors profondément chambouler ses certitudes. Nous sommes ici face à un film de genre au high concept audacieux, à la fois fou et admirablement maîtrisé. Dès la scène d’ouverture, le film surprend et prend le spectateur aux tripes. Il trouve un équilibre remarquable entre fantastique, romance, comédie et drame, sans jamais perdre sa cohérence. Bien sûr, on pense à des classiques comme GHOST ou SIXIÈME SENS, dont le film s’inspire, mais il parvient à trouver sa propre identité. Pour son premier long métrage, Alice Vial signe une rom-com tendre et sensible, portée par une véritable réflexion sur l’amour. Le film alterne avec justesse les moments de tendresse et de comédie, sans jamais forcer les effets, ce qui lui permet de toucher sincèrement le spectateur. Même si l’histoire d’amour est au centre du récit, le film en profite pour aborder des thèmes universels. Bien sûr, l’acceptation de la mort, mais aussi la célébration de la vie et de l’amour. La réalisatrice questionne également l’importance de l’écoute, la peur de s’attacher et le deuil. On se laisse emporter dans cette romance au rythme de la musique électro et on s’attache profondément à ce couple improbable. La réussite du film repose en grande partie sur son casting et son duo central. Jonathan Cohen, utilisé à contre-emploi, conserve son timing comique redoutable, mais surprend surtout par la mélancolie et l’émotion qu’il insuffle à son personnage. Face à lui, la sublime Magalie Lépine Blondeau, que j’avais découverte dans les fabuleux SIMPLE COMME SYLVAIN et LA NUIT OÙ LAURIER GAUDREAULT S’EST RÉVEILLÉ . Elle confirme une nouvelle fois sa capacité à bouleverser par la justesse et la finesse de son jeu. Avec L’ÂME IDÉALE, Alice Vial livre un premier film lumineux, et peut-être bien la surprise de cette fin d’année. Elle nous offre une comédie romantique idéale pour les fêtes, à la fois originale, drôle et extrêmement touchante. Son seul véritable défaut reste peut-être de sortir le même jour qu’AVATAR , en espérant que ce dernier ne lui fasse pas trop d’ombre. Partager
- Critique de HUNGER GAMES : LA BALLADE DU SERPENT ET DE L'OISEAU CHANTEUR – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film HUNGER GAMES : LA BALLADE DU SERPENT ET DE L'OISEAU CHANTEUR . HUNGER GAMES : LA BALLADE DU SERPENT ET DE L'OISEAU CHANTEUR ❤️💛 La saga Hunger Games, c'est un peu mon plaisir coupable. Pour la petite histoire, j'ai lu les livres et vu les films au fur et à mesure de leurs sorties avec ma nièce, d'où mon attachement à la saga... Et pour ce qui est des premiers films, même si ce n'est pas du grand cinéma, ça reste dans le haut du panier des productions pour ados qui envahissaient les salles à l'époque. La saga proposait un univers assez mature, avec un vrai travail de direction artistique et elle s'appuyait sur un bon casting qui aura notamment révélé Jennifer Lawrence. Et même si ça s'épuisait au fil des films, j'avais globalement apprécié la proposition. Bref, quand on a apprit qu'un nouveau film sortait, même si nous étions passé à côté du dernier roman, il fallait continuer cette tradition et le voir... Pourtant, les premières minutes étaient plutôt intéressantes, avec ce changement de point de vue, en s'intéressant au Capitol et au passé de Snow. Et ce qui est sûr c'est que les producteurs ont bien vu le talent de chanteuse de Rachel Zegler dans le fabuleux WEST SIDE STORY de Spielberg. Elle impressionne toujours autant par sa voix. Et puis, c'est à peu près tout pour les points poditifs... Parce que pour le reste, l'expérience a été plutôt douloureuse et surtout, c'est à l'image du titre : beaucoup trop long... A un moment, il va falloir arrêter cette mode avec les films qui s'étire sur 2h30-3h sans forcément avoir quelque chose à raconter... Autant, la relation entre Snow et Lucy aurait pu être intéressante, encore il aurait fallu vraiment la travailler. Au lieu de ça on a le droit à un nouveau jeu qui vient plomber le film pendant plus d'une heure, et le pire c'est que, vue que l'histoire se passe 60 ans avant, c'est sûrement les Hungers Games les moins impressionnants, ressemblant à un cache cache cache indipide et sans aucune idée de mise en scène... Clairement la plus mauvaise partie du film... Et malheureusement, j'avais déjà décroché, et même si la dernière partie est meilleure elle ne fonctionne pas, car justement ils n'ont pas pris le temps de développer leurs personnages principaux, pourtant très bien interprétés... contrairement à cette galerie de personnages secondaires qui n'apportent rien à l'histoire... sans parler des personnages caricaturaux et surjoués par Viola Davis et Peter Dinklage. Bref, une belle grosse déception... Partager
- Critique de LES HUIT MONTAGNES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES HUIT MONTAGNES . LES HUIT MONTAGNES ❤️❤️❤️💛 Certains films vous marquent plus que d’autres, pas parce qu’ils sont meilleurs, mais simplement parce qu’ils vous parlent. Et ça a été le cas pour moi avec LES HUIT MONTAGNES, comme rarement un film réussit à le faire. C’est avant tout une grande histoire d’amitié entre deux hommes sur une trentaine d’années. Mais c’est aussi une ode à la montagne, la randonnée, ainsi qu’une réflexion sur la recherche du sens de la vie et les liens père-fils. Même si le film divisera par son rythme lent et contemplatif, il y a bien un aspect qui mettra tout le monde d’accord : la beauté des images. Rarement la montagne n’a été aussi bien filmée, au point d’en devenir un personnage à part entière. Les paysages sont à tomber et retranscrivent parfaitement la sensation ressentie lors des treks. J'ai tout de même un doute sur le fait d’avoir choisi le format 4/3 qui pour moi est un contre sens et limite le côté grandiose des panoramas. L’alchimie entre les deux héros que tout oppose est parfaite. Chacun se construisant par rapport à l’autre et créant ainsi ce lien indéfectible qui dirigera leurs vies. C’est d’une justesse et d’une authenticité impressionnante. Le fait d’enchainer les ellipses en concentrant le récit sur le lieu qui les réunit chaque été, renforce le côté introspectif de l’histoire et lui donne des airs de quête initiatique. Alors, oui, le film est peut-être un peu trop long, mais si comme moi vous êtes happé par l’histoire et les paysages, alors ce récit, à la fois intimiste et visuellement impressionnant, restera gravé en vous comme certains rêves… Partager
- Satire à balle réelle sur le cinéma français
Découvrez notre critique détaillée du film LE DEUXIÈME ACTE . LE DEUXIÈME ACTE ❤️❤️❤️❤️ Satire à balle réelle sur le cinéma français Quentin Dupieux est un réalisateur dont les œuvres divisent à chaque fois le public, et ce sera certainement une nouvelle fois ici. Il faut dire que son cinéma est extrêmement radical, et même s’il me laisse souvent sur le côté, son univers absurde me fascine. Et parfois il me choppe, comme ce fut récemment le cas avec INCROYABLE MAIS VRAI… ou ici, LE DEUXIÈME ACTE… Comme toujours, il est difficile de parler d’un de ses films sans trop en dévoiler, car il repose énormément sur leurs côtés high concept, donc je vais me limiter au synopsis officiel. Florence veut présenter David, l’homme dont elle est follement amoureuse, à son père Guillaume. Mais David n’est pas attiré par Florence et souhaite s’en débarrasser en la jetant dans les bras de son ami Willy. Les quatre personnages se retrouvent dans un restaurant au milieu de nulle part. Il nous propose ici son film le plus accessible, et peut être même le plus drôle, on rit même énormément… Avec un côté méta délirant et un cynisme assez jouissif, il va jouer avec le spectateur et critiquer le cinéma français, ainsi que ces acteurs. C’est son troisième film en un an et ce n’est peut-être pas anodin, car on a presque l’impression qu’avec celui-ci, il nous offre un triptyque sur l’art. Après le théâtre dans YANNICK et la peinture dans DAAAAAALI !, c’est donc au tour du cinéma de passer à la moulinette du réalisateur… Alors, ce n’est pas forcément toujours subtil, mais le film est souvent bien plus profond qu’il n’y parait… Tout y passera, de la cancel culture, au mouvement #metoo, en passant par l’IA ou l’ego et l’entre-soi des stars. Et c’est d’ailleurs quand les acteurs se moquent d’eux-mêmes avec une autodérision savoureuse que le film est le plus efficace. Garrel, Lindon, Quenard et Seydoux sont admirablement dirigés et prennent un véritable plaisir à jouer, dans tous les sens du terme... C’est un délice de les voir délivrer les tonnes de dialogues, car oui, le film est extrêmement bavard. Ça enchaine les joutes verbales et les dialogues ciselés… Mais, la cerise sur le gâteau, c’est la découverte de Manuel Guillot. Inconnu jusqu’alors, il n’a pas à rougir du quatuor de stars, et vient même voler la vedette en proposant sûrement les scènes les plus hilarantes du film. Et même si j’ai trouvé la fin moins aboutie, il n’en reste pas moins un grand moment de divertissement et à mon sens le meilleur film du réalisateur… Partager
- Broadway s’invite au cinéma et la magie opère
Découvrez notre critique détaillée du film WICKED . WICKED ❤️❤️❤️❤️ Broadway s’invite au cinéma et la magie opère WICKED est le préquel du Magicien d’Oz, mais surtout l’adaptation d’un des plus gros succès de Broadway de ces vingt dernières années. Mon amour pour les comédies musicales avait d’abord attisé mon excitation, avant qu’elle ne soit refroidie par les premiers visuels ou bien la présence d’Ariana Grande dans le rôle-titre… Et les premières minutes du film ont confirmé mes doutes, tant cela puait la guimauve et dégueulait de niaiserie, avec une Ariana au sommet de la caricature des princesses Disney. Et pourtant, à ma grande surprise, j’ai adoré le film et, plus fort, Ariana Grande est de loin le plus gros atout de ce long-métrage. Quand elle chante, elle met la misère à tout le monde, livrant une prestation hallucinante avec une voix digne d’une grande soprano. Mais ma plus grande surprise aura été la qualité de son jeu. Elle a une vraie présence à l’écran et surtout un sens du comique démesuré. Que ce soit par un dialogue, une gestuelle ou une mimique, sa moindre apparition entraîne le rire des spectateurs. Elle réussit à nous offrir une Galinda délicieusement détestable, tout en insufflant une certaine profondeur à son personnage. Mais elle n’est pas la seule à sortir son épingle du jeu : Cynthia Erivo livre une Elphaba en parfaite opposition à Galinda. Le duo fonctionne à merveille, apportant une vraie alchimie et une évolution maîtrisée à leurs personnages (je pense notamment à une scène de danse d’où se dégage une émotion rare). Leurs voix s’accordent à l’unisson lors des chansons pour le plus grand bonheur de nos oreilles. Le jeu de Cynthia Erivo passe aussi énormément par ses regards, qui expriment ses sentiments de rejet et d’injustice face à la discrimination qui l’entoure. Le racisme et l’exclusion sont d’ailleurs les thèmes centraux du film. Et n’en déplaise aux décérébrés que je vois déjà crier au wokisme, le spectacle a plus de vingt ans, preuve que la seule chose qui a changé depuis, c’est qu’on leur a offert les réseaux sociaux pour déverser leur haine… Mais, même si je mets l’accent sur les deux comédiennes, le film est avant tout une comédie musicale, et là aussi, on n’est pas loin du sans faute. Bien sûr, on y retrouve beaucoup de chansons, dont certaines resteront en tête à la sortie de la séance. Ces chansons sont sublimées par une mise en scène qui met tout en œuvre pour offrir un grand spectacle. Il y a un énorme travail sur les costumes et les décors, comme lors de cette chanson dans une bibliothèque au design des plus inspirés. Il y a un côté artificiel et très coloré à l’ensemble qui colle parfaitement à la féérie du pays d’Oz. Mais surtout, les chorégraphies impressionnent par leur dynamisme et le nombre d’artistes qui se donnent à fond à l’écran. La caméra cherche toujours à mettre en avant leurs performances, rendant le spectacle d’autant plus impressionnant. Cependant, même si le spectacle est au rendez-vous et que le rythme est bien géré, je dois tout de même avouer qu’on sent passer les 2h40. D’autant plus que ce premier film ne couvre que le premier acte de la comédie musicale. Cela fait que les vrais enjeux n’arrivent que lors du climax. Et même si cela promet une deuxième partie avec une intensité dramatique qui va s’envoler, ce premier film peine un peu à démarrer et aurait certainement gagné à être raccourci. J’ai aussi quelques réserves visuelles. Comme je l’ai dit plus haut, tout ce qui touche aux décors, aux costumes ou aux chorégraphies frôle la perfection, mais malheureusement ce n’est pas toujours le cas des effets visuels (FX). Même si certains sont bluffants, comme ce bouc incarnant le professeur de biologie, c’est parfois beaucoup plus compliqué. Il y a parfois des écrans verts douteux qui gâchent un peu le tableau, ainsi qu’une gestion de la lumière qui cumule les surexpositions ou apporte parfois un côté terne à l’image. Mais ces quelques réserves n’enlèvent rien au plaisir ressenti devant l’écran, et le film devrait facilement s’installer dans la mémoire collective au fil des années. Partager
- La transition d’un projet casse gueule vers une pépite d’une originalité folle.
Découvrez notre critique détaillée du film EMILIA PEREZ . EMILIA PEREZ ❤️❤️❤️❤️ La transition d’un projet casse gueule vers une pépite d’une originalité folle. Manitas, un chef de cartel mexicain, contacte Rita, une avocate travaillant pour un cabinet dont la philosophie est de blanchir des criminels. Il décide de l’engager pour l’aider à changer de vie : devenir la femme qu’il a toujours rêvé d’être et disparaître de la circulation (parce que oui, dans le milieu des cartels, ça passe encore moins bien que dans le reste de la société…). Ah oui, j’ai aussi oublié un détail : c’est une comédie musicale… Donc là, en quelques lignes, j’ai perdu la moitié des lecteurs, qui passeront donc certainement à côté d’un très grand film, car EMILIA PEREZ est un ovni, mais surtout une petite pépite. Alors oui, c’est une comédie musicale et ça chante vraiment beaucoup, mais on est plus proche d’un ANNETTE ou d’un DANCER IN THE DARK que d’un WEST SIDE STORY (qui est soit dit en passant ma comédie musicale préférée). Quand je dis ça, c’est pour expliquer qu’ici, les moments chantés sont loin des standards de Broadway et ne cherchent pas à en mettre plein les yeux avec des chorégraphies ultra-léchées et des morceaux qui restent en tête. Non, dans Emilia Perez, les chansons servent vraiment le scénario et sont plus souvent des introspections dans les pensées des protagonistes. Chaque chanson fait évoluer les personnages d’une manière ou d’une autre. Pour autant, le film est très esthétique et Jacques Audiard prouve une nouvelle fois qu’il a un sens du cadrage exemplaire. Même si on n’est pas dans le grand spectacle, c’est visuellement somptueux. On notera aussi que l’ensemble est soutenu par une superbe bande originale, mêlant les genres musicaux. Même si le film traite de la transidentité, c’est loin d’être le seul thème abordé. Il y est beaucoup plus largement question de recherche de soi en général : pour le personnage du chef de cartel par rapport à son genre, pour celui de l’avocate par rapport à son travail, et pour celui de la femme par rapport à son épanouissement sexuel. Le thème de la famille est aussi central, tout comme les victimes collatérales des crimes perpétrés par les cartels. Le film navigue ainsi entre le thriller, le film noir, le drame et la quête de rédemption. On pourrait penser que le film s’éparpille, et pourtant, grâce à son écriture exemplaire, l’ensemble forme un tout d’une grande profondeur. Mais surtout, le film est porté par trois actrices bluffantes et dirigées de manière remarquable. Karla Sofia Garcon en tête, qui impressionne par son charisme et l’émotion qu’elle arrive à dégager. Et même si le chant et la danse ne sont pas son fort, elle réussit à nous livrer de grands moments d’émotions dans ces scènes. Zoe Saldana se libère des grosses productions hollywoodiennes et livre une prestation éblouissante (aussi bien dans l’intensité de son jeu que dans le chant ou la danse). Selena Gomez, même si son rôle est moins important, n’est pas en reste et parvient à donner de l’épaisseur à son personnage. Toutes les trois font en sorte que la dramaturgie prenne, et que le film réussisse à toucher profondément le spectateur. Une nouvelle fois, Audiard prend des risques en sortant de sa zone de confort. Il nous livre ici un projet fou qui aurait pu être casse-gueule, mais au contraire, il est à la hauteur de ses ambitions et mélange les genres à merveille pour nous proposer un film aussi original qu’abouti. Partager
- Un drame lumineux, éclatant de couleurs et d’humanité.
Découvrez notre critique détaillée du film LEFT-HANDED GIRL . LEFT-HANDED GIRL ❤️❤️❤️❤️💛 Un drame lumineux, éclatant de couleurs et d’humanité. LEFT-HANDED GIRL surprend dès son ouverture : sa musique et ses couleurs éclatantes semblent annoncer une certaine légèreté, mais il s’agit pourtant bien d’un drame. Shih-Ching Tsou y raconte le destin de trois femmes, une mère, sa fille aînée et la cadette, venues s’installer à Taipei et travaillant dans l’effervescence d’un marché nocturne. Impossible de ne pas penser au cinéma de Sean Baker, et pour cause : il est ici co-scénariste, producteur et monteur. Son empreinte se ressent dans le montage vif, dans l’énergie des scènes de rue, mais aussi dans le contraste entre la dureté des existences précaires et la beauté éclatante de la nuit urbaine. Tourné à l’iPhone, le film gagne en fluidité, particulièrement dans les déplacements de la petite fille à travers le marché. Cette mobilité renforce l’énergie du récit et épouse l’entrain de la jeunesse. La photographie, somptueuse, exploite les lumières nocturnes et les néons pour créer des images vibrantes qui immergent totalement le spectateur dans la nuit urbaine de Taipei. Le récit ne juge jamais ses personnages : il les montre dans leur complexité et leurs failles, avec beaucoup d’humanité. La petite fille, filmée à hauteur d’enfant, dispose d’un véritable arc narratif. Son innocence et son énergie en font le cœur émotionnel du film, apportant une dimension feel-good, mais aussi une profondeur dramatique : la superstition autour de sa “main du diable” génère cette tension entre légèreté et douleur fait toute la richesse du film. Elle évoque par moments la petite Olive de LITTLE MISS SUNSHINE , tant elle illumine le film par son regard. Au-delà du portrait de ces femmes, LEFT-HANDED GIRL explore aussi le poids des traditions, la place donnée aux hommes dans la famille et les transmissions entre générations. C’est dans ces tensions, entre héritage culturel et volonté d’émancipation, que le film puise une grande partie de sa force. On peut certes regretter un final un peu trop explicatif, qui tranche avec la subtilité et la pudeur du reste, mais l’ensemble séduit par son authenticité, son énergie et son humanité. Sans révolutionner le drame familial, LEFT-HANDED GIRL s’impose ainsi comme un film lumineux, à la fois vibrant et pudique, qui réussit à transformer une histoire intime en expérience universelle. Partager
- Critique de SOUDAIN SEULS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film SOUDAIN SEULS . SOUDAIN SEULS ❤️❤️💛 Alors qu’ils explorent une île sauvage près de l’Antarctique, Ben et Laura sont surpris par une tempête qui fait disparaitre leur bateau. Ils se retrouvent SOUDAIN SEULS… Ce film est l’adaptation du roman éponyme d’Isabelle Autissier, que j’avais particulièrement aimé. Même s’il fait partie d’un sous genre assez calibré et il réussit pourtant à avoir une certaine originalité. Que ce soit par son cadre, en plaçant son action sur une île glaciaire, et non dans les traditionnels tropiques. Une nature sublimement mise en image par Thomas Bidegain, offrant certains plans à couper le souffle et aidé par un très beau travail sur la photographie. Une nature qui se montrera aussi magnifique que dangereuse et placera ses personnages dans un survival tendu. Mais le film s’écarte aussi du traditionnel naufragé solitaire ou bien de cet homme et cette femme qui vont apprendre à se connaitre sur une île déserte. Ici Ben et Laura sont déjà en ensemble, et vont donc être confronté à leur survie, mais aussi à celle de leur couple. Et forcément, pour ce que cela fonctionne, une grande partie du film repose sur ses acteurs. Gilles Lellouche prouve une fois de plus qu’il est bien plus qu’un acteur comique, mais surtout Mélanie Thierry… Quelle actrice !!! Comme d’habitude en fait… Mais à chaque fois que je la vois sur un écran, je suis ébloui par son charisme et la palette d’émotions qu’elle nous envoie. Bref, le film a de sérieuses qualités, mais… Il n’adapte que la première partie du livre, en faisant le choix de recentrer son récit uniquement sur ses deux protagonistes. Ce qui aurait pu s’avérer judicieux, d’autant plus avec un casting aussi talentueux. Sauf que le roman fait 200 pages… et donc forcément étirer ça sur près de deux heures, ça tire un peu en longueur. Sans parler du fait que certains détails titillent la crédibilité du film, comme le fait que nos héros semblent ne pas perdre une once de poids… Et même si l’idée de n’adapter que la moitié du roman pour se concentrer sur le drame peut se comprendre, il passe aussi à côté du propos du livre et perd énormément en émotions. Bref, comme souvent quand j’ai lu un livre, j’ai du mal à me détacher du support de base et je suis déçu… Partager
- Plongée dans l’enfer du direct.
Découvrez notre critique détaillée du film 5 SEPTEMBRE . 5 SEPTEMBRE ❤️❤️❤️💛 Plongée dans l’enfer du direct. Avec son film, Tim Fehlbaum nous replonge dans l’effroyable journée du 5 septembre 1972, où la délégation israélienne a été prise en otage lors des jeux olympiques de Munich. Passer après Spielberg et son MUNICH n’était pas une tâche aisée, mais ce film fait le pari audacieux d’adopter un point de vue radical : celui des journalistes sportifs qui, bien malgré eux, se sont retrouvés à filmer en direct le premier acte terroriste retransmis à la télévision, suivi par près d’un milliard de spectateurs. Ce choix narratif est la véritable force du film. Il plonge le spectateur au cœur de la salle de rédaction d’une chaîne de télévision, là où se décide en temps réel ce qui doit être montré ou non. Sans jamais mettre directement en scène la prise d’otages, le film nous place au même niveau que ces journalistes, confrontés à des dilemmes moraux : où s’arrête le devoir d’informer ? Jusqu’où peut-on aller sans basculer dans le voyeurisme ? Loin d’un simple récit historique, le film est un véritable thriller suffocant. Même si l’issue de l’histoire est connue, la tension est omniprésente, amplifiée par une mise en scène nerveuse qui donne l’impression d’un documentaire en temps réel. La caméra épouse l’urgence de la situation, les plans serrés accentuent la sensation d’étouffement et les dialogues, qui débordent souvent de termes techniques, restent toujours accessibles. L’immersion est totale. L’aspect artisanal de la production télévisuelle de l’époque est aussi l’un des éléments fascinants du film. On suit cette équipe de journalistes jonglant avec des défis techniques, improvisant sans cesse pour assurer la meilleure couverture possible, tout en commettant des erreurs qui finiront par les dépasser. Malgré leur volonté de rester en retrait, ils deviennent peu à peu des acteurs involontaires de la tragédie. Mais le film ne se contente pas de nous faire revivre cette terrible journée tragique. Il porte aussi un regard sur notre monde actuel et ces chaînes d’information en continu qui cherchent constamment le scoop pour faire de plus en plus d’audience. On est assez stupéfait de voir que, malgré toutes les défaillances de cette journée de direct, on ne semble pas avoir appris de nos erreurs, tant les choses semblent se répéter… Partager
- Un film d’animation qui a du cœur
Découvrez notre critique détaillée du film LA PLUS PRÉCIEUSE DES MARCHANDISES . LA PLUS PRÉCIEUSE DES MARCHANDISES ❤️❤️❤️❤️ Un film d’animation qui a du cœur J’étais assez curieux de voir ce que Michel Hazanavicius allait nous offrir avec son premier film d’animation, dont il a dessiné les personnages, et il s’avère que c’est une petite pépite. D’entrée, j’ai été touché par la voix si particulière et grave du narrateur : Jean-Louis Trintignant. Ça fait vraiment quelque chose de l’entendre à nouveau dans une salle de cinéma, deux ans après sa mort… Nous sommes en Pologne, pendant la Seconde Guerre mondiale. On y découvre un pauvre bûcheron et une pauvre bûcheronne, parce que dans ce conte, les personnages n’ont pas de nom, comme pour rendre l’horreur du récit plus universelle. Ils vont recueillir un bébé jeté d’un des trains qui traversent régulièrement leur bois. Un « sans cœur », comme le nomme notre pauvre bûcheron, qui va bouleverser la vie du couple. Alors, pour être honnête, dans un premier temps, j’ai eu un peu de mal avec le style graphique du film, mais rapidement, la direction artistique a fini par m’emporter grâce à l’ambiance qu’elle réussit à installer et, surtout, sa gestion extrêmement maîtrisée des couleurs, des ombres et des lumières. Comme je le dis plus haut, Hazanavicius nous livre un conte extrêmement sombre, montrant le pire et le meilleur de l’être humain. Tout au long du film, des scènes d’une grande noirceur s’enchaînent avec d’autres d’une tendresse infinie. On navigue constamment entre l’horreur et la poésie, le tout sublimé par la magnifique musique d’Alexandre Desplat. Son film m’a d’ailleurs pas mal fait penser au chef-d’œuvre Le Tombeau des Lucioles, pour la gravité du propos et l’onirisme qui s’en dégage. Et si l’histoire réussit à aussi bien toucher le spectateur, c’est surtout grâce à la mise en scène du réalisateur. Une chose que j’aime dans le cinéma, c’est quand on utilise l’image comme moteur narratif, et ça, Hazanavicius le fait ici admirablement. Son film est peu bavard, et c’est souvent par sa mise en scène qu’il nous raconte les choses. Aussi bien les faits, avec des scènes parfois glaçantes, que les émotions de ses personnages, comme lors d’une scène de rencontre qui vient t’arracher les poils sans le moindre mot. Le réalisateur nous offre une œuvre profondément bouleversante, puissante et poétique, qui mérite amplement d’être découverte. Partager
- Un anti-film de gangster sur fond de relation filiale
Découvrez notre critique détaillée du film LE ROYAUME . LE ROYAUME ❤️❤️❤️💛 Un anti-film de gangster sur fond de relation filiale Même si le sujet des gangs Corses est central dans le récit, LE ROYAUME est finalement un anti-film de gangsters qui éloigne des codes habituels du genre. Ici, les gangsters ne sont jamais glorifiés et et le film déconstruit le mythe du grand banditisme. Il y même très peu d’action et les guerres de territoires et de clans passent même au second plan. Le réalisateur fait le choix audacieux de raconter l’histoire du point de vue de la fille du chef de gang. Le film met ainsi le spectateur dans la peau de l’adolescente et, comme elle, il découvre peu à peu les enjeux d’un univers qui lui est inconnu. Certains spectateurs risquent d’être perdu par le rythme assez lent, les dialogues et le fait que certaines questions n’ont pas de réponses. Mais c’est précisément ce qui fait la force du film, installant une tension palpable et en créant une atmosphère d'incertitude continue. Mais surtout, le sujet principal n’est pas la guerre des gangs, mais plutôt la relation filiale de cette jeune fille, qui apprend à mieux connaître son père et le milieu dans lequel il évolue. Le film aborde également l’impact des choix de vie du père sur sa famille et l’héritage de la violence. Le casting, composé principalement d’acteurs non professionnels, est convaincant, malgré des phrasés parfois inhabituels. Les silences et les non-dits sont très présents et c’est là que le regard, aussi puissant qu’expressif, de Ghjuvanna Benedetti apporte une intensité particulière qui remplace bien souvent les mots. On notera aussi le charisme de Saveriu Santucci dont l’aura domine le film. Mais c’est surtout l’alchimie entre les deux acteurs dans la relation père-fille qui brille par son authenticité. Les moments de complicité semblent capturés sur le vif, et donnent l'impression de partager des instants de vie volés. Avec des échanges d’un naturel bluffant, ils parviennent à toucher le spectateur. Le film s’éloigne ainsi des standards des films de gangster pour finalement proposer un drame intimiste et universel. Partager













