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- Critique de OPPENHEIMER – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film OPPENHEIMER . OPPENHEIMER ❤️❤️❤️❤️ On va commencer par ce qui va mettre tout le monde d’accord : techniquement le film est grandiose. Bien sûr, visuellement, c’est à tomber par terre et même si on peut douter de l’utilité de l’IMAX pour un film finalement introspectif, cela rend justement les détails sur les visages ou les regards saisissants. Puis le film propose quand même des plans assez dingues. Sans compter que Nolan a vraiment un sens du cadre et même si c’est loin d’être son film le plus spectaculaire, ça reste un régal pour les yeux. Mais si le film demande ABSOLUMENT à être vu au cinéma pour l’apprécier à sa juste valeur, c’est surtout pour sa bande son qui est tout simplement exceptionnelle. En premier lieu la partition musicale de Ludwig Göransson, qui même si cette première visu ne m’a pas marquée par un thème précis, la musique est omniprésente et joue énormément sur le ressenti du spectateur et la tension qui s’installe. Mais surtout, c’est l’habillage sonore qui scotche au fauteuil. Le travail sur le son est formidable et fait que le film ressemble par moment à une expérience sensorielle. Au niveau de la narration, on retrouve l’obsession du réalisateur pour le temps. Nous avons donc des changements incessants de lieux et d’époques, sans aucun texte pour guider le spectateur. Mais la grande force de l’écriture est de ne jamais perdre le spectateur, qui réussira toujours à se repérer garce à un dialogue où un détail à l’image. Sans compter que le film balaye 40 ans d’histoire, et donc une foison de personnages. Mais là aussi le film est aidé par un casting monstre qui aide le spectateur à identifier les protagonistes grâce à des visages connus. Et il faut avouer que niveau acting, ça envoi du lourd et dans quelques mois il devrait y en avoir quelques-uns qui vont se battre pour une petite statuette dorée. Cillian Murphy, bien sûr, qui porte le film et se retrouve enfin dans un premier rôle au cinéma qui lui permet de montrer l’étendue de son talent. Je retiendrai aussi Emily Blunt qui, même si Nolan sous exploite toujours autant les rôles féminins, réussit à tirer son épingle du jeu, en trouvant le culot d’avoir la scène qui m’aura le plus marquée. Mais plus que tout, c’est Robert Downey Jr qui m’aura bluffé. Quel bonheur de le voir dans un rôle aussi travaillé, loin des blockbusters dans lesquels il s’était retrouvé piégé (même si je ne vais pas vous mentir, c’était le pied de le voir camper Iron Man). Par contre, j’ai un souci avec le film, ou plutôt son genre, c’est que je ne suis pas un grand fan des biopics. Aussi maitrisé soient-ils (et ici on est clairement dans le haut du panier), c’est que le fait de connaitre les grandes lignes de l’histoire nuit à la dramaturgie. Et même si Nolan arrive à installer une tension assez dingue faisant flirter son film avec le thriller, on connait le destin d’Oppenheimer, et donc je trouve que ça perd en émotion car on s’inquiète assez peu pour le héros. Et puis, il faut reconnaitre que le film est long et décide d’aborder l’histoire via tous les prismes (science, politique, militaire, pénal…), ce qui en fait un film TRÈS dense. Et même si j’ai trouvé ça passionnant, ça demande un véritable investissement de la part du spectateur. D’autant plus que le film est extrêmement bavard, mais heureusement, le montage apporte un rythme impressionnant, le rendant passionnant. Même si je préfère quand Nolan s’attaque à une fiction, ça ne sera pas pour moi son plus grand film, mais paradoxalement surement le plus maitrisé. Partager
- Critique de BARBIE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film BARBIE . BARBIE ❤️❤️❤️💛 A l'annonce du projet, je n'attendais vraiment rien d'un film sur la poupée Mattel. Sauf, qu'entre les mains de Greta Gerwing, ça ne pouvait pas être aussi débile que les animés issus de la licence. Je me suis donc lancé, sans rien avoir vu ou lu sur le film, le trio Gerwing-Robbie-Gosling suffisant largement à attiser ma curiosité. Et le résultat est plutôt pas mal du tout. Alors, visuellement, il y a un vrai travail. L'univers rose bonbon, très naïf, où tout le monde est gentil est vraiment bien retranscrit. Et c'est bourré de références, au jouet, bien sûr, mais surtout cinématographique, comme avec cette scène d'ouverture assez géniale. Le film est gavé d'humour, et là j'ai une première limite, c'est que même si certains passages sont vraiment très drôle, c'est souvent un peu lourd et certaines blagues m'ont laissé de marbre. Mais bizarrement, le film ne s'adresse pas aux gamins. En effet, même s'ils seront sûrement ravis par l'univers coloré, les chansons et les blagues un peu débiles, ils risquent de passer à côté de pas mal de choses et de trouver le temps long. Parce que BARBIE va bien plus loin que la grosse blague, en abordant des thèmes comme le féminisme, le patriarcat, la place de l'homme et la femme dans la société ou encore le capitalisme. Et même si c'est un peu facile par moment, c'est assez bien écrit pour que le discours passe et ça arrive même parfois à être surprenant. Puis, il y a un côté meta assez bien foutu, sans compter que Margot Robbie et Ryan Gosling en font des caisses et sont irrésistibles. Au final, même si c'est loin d'être un chef d'œuvre, j'ai passé un bon moment. Même si passé la surprise, j'ai tout de même trouvé que le film s'essouffle dans la dernière partie, sauvé par un final assez touchant. Partager
- Le film qui enterre L’AMOUR OUF
Découvrez notre critique détaillée du film LEURS ENFANTS APRÈS EUX . Le film qui enterre L’AMOUR OUF LEURS ENFANTS APRÈS EUX ❤️❤️❤️💛 Le film qui enterre L’AMOUR OUF Il est difficile de ne pas comparer LEURS ENFANTS APRÈS EUX à L’AMOUR OUF , sorti il y a quelques semaines. Tous deux adaptent des romans racontant l’histoire d’amour entre deux adolescents, sur fond de violence et de vengeance. L’AMOUR OUF déroulait son intrigue dans les années 80, ici, ce sont les années 90 qui servent de toile de fond, chacune illustrant une époque différente tout en explorant la fracture sociale qui sépare les classes. Dans les deux cas, la musique joue un rôle primordial. Et comble de l’ironie, alors que Gilles Lellouche réalisait le premier, il campe ici un rôle secondaire. Mais le constat est sans appel : tout ce que Lellouche a raté dans son film, les frères Boukherma le réussissent brillamment dans LEURS ENFANTS APRÈS EUX. Ils évitent la démonstration maladroite et les excès d’effets qui plombent L’AMOUR OUF (je ne me suis toujours pas remis de ces baisers sur fond de couchers de soleil ou bien ce chewing-gum transformé en cœur battant la chamade…). Leur mise en scène reste épurée, mais n’oublie jamais de faire du vrai cinéma. Le film flirte parfois avec les codes du western. Il offre aussi de très beaux moments, comme ce plan magnifique lors d’un bal qui raconte énormément de choses par l’image. La démesure et le côté hollywoodien vont ici laisser place à plus de pudeur et de retenue. Et ça fonctionne, car même si on a plutôt affaire ici à « l’amour flou », on s’attache aux personnages et on y croit. Et on en arrive à un deuxième point qui fait toute la différence : quand tu n’écris pas tes personnages à la truelle, réussissant la prouesse de ridiculiser un casting quatre étoiles, ça fait toute la différence. Le film repose principalement sur un trio de jeunes acteurs. Et même si j’ai toujours du mal avec le jeu « effacé » de Paul Kircher, sa relation avec Angelina Woreth s’avère d’une justesse désarmante, apportant une authenticité rare à leur histoire. Ce duo est complété par un brillant Sayyid El Alami qui forme avec Paul Kircher deux faces d’une même pièce, avec la violence et l’humiliation qui vont dicter leur vie. Il livre un personnage complexe qu’il aurait d’ailleurs été intéressant de voir plus développé. On notera aussi la toile de fond du contexte social de l’est de la France dont la désindustrialisation fait des ravages. On suit ces adolescents en quête de repères, d’avenir et cherchant à échapper à leur destin. Mais forcément, le spectateur retiendra surtout un Gilles Lellouche bluffant dans un rôle sombre et ambigu. Il réussit par moments à être terrifiant pour finalement s’avérer très touchant. Après, le film aurait peut-être mérité de passer sous la barre des deux heures pour réussir à maintenir sa tension tout du long. On pourra aussi lui reprocher son côté film jukebox et c’est vrai qu’il abuse un peu des standards musicaux des années 90. Mais il le fait plutôt bien et apporte un côté nostalgique à tous ceux qui ont traversé cette époque. Puis moi, tu me mets « Where Is My Mind » dans un film, forcément je perds un peu mon objectivité… Partager
- Le meilleur twist que Shyamalan pourrait nous offrir : réussir à refaire un bon film…
Découvrez notre critique détaillée du film TRAP . Le meilleur twist que Shyamalan pourrait nous offrir : réussir à refaire un bon film… TRAP ❤️ Le meilleur twist que Shyamalan pourrait nous offrir : réussir à refaire un bon film… Mais quel enfer, ce film ! Décidément, plus les années passent, plus il devient évident que Sixième Sens et Incassable étaient des coups de chance. Depuis, Shyamalan n’a cessé d’enchaîner, au mieux, des films moyens et, bien souvent, des purges comme PHÉNOMÈNES, LE DERNIER MAÎTRE DE L'AIR, AFTER EARTH, OLD, ou bien celui qui nous intéresse aujourd’hui : TRAP… Rien ne va dans ce film. Il est censé raconter la chute d’un psychopathe piégé par la police, mais c’est le spectateur qui se retrouve pris au piège pendant toute la durée du film… Bon, on passera vite fait sur un détail, mais dans le monde de Shyamalan, pendant un concert, il y a plus de monde qui se balade dans les couloirs à acheter des frites et des T-shirts que de gens qui regardent le show… Mais si seulement il n’y avait que ça… C’est un festival de scènes plus débiles les unes que les autres, d’incohérences, de facilités scénaristiques et de personnages secondaires au QI d’une huître. Tout n’est que prétextes stupides pour que notre protagoniste passe à travers les mailles du filet. On se demanderait presque si ce n’est pas un personnage caché de la trilogie du réalisateur sur les super-héros (son pouvoir : avoir une chance inouïe). On passe notre temps à être affligé par la débilité du scénario, ce qui a au moins eu le mérite de me faire rire tant ça va loin dans le n’importe quoi… Puis vient le moment où le film pourrait s’arrêter, mais NON !!! Il décide de lancer son fameux twist pour que le film parte dans une deuxième partie qui ferait passer la première pour du Godard… Et là, il n’y a même plus de mots pour décrire le naufrage. Et le film n’est même pas sauvé par l’acting, car entre Josh Hartnett qui réussit l’exploit d’avoir un jeu d’acteur à la hauteur de son charisme, et le réalisateur qui nous inflige sa fille… (Euh, on avait dit que depuis le flop AFTER EARTH, on arrêtait de faire jouer les gamins…). Alors, niveau mise en scène, ce n’est pas mauvais, mais par pitié, il faut qu’il arrête d’écrire ses films !!! Partager
- Voici mes films préférés de l'année 2025
Découvrez notre critique détaillée du film TOP FILMS 2025 . Voici mes films préférés de l'année 2025 TOP FILMS 2025 Voici mes films préférés de l'année 2025 Chaque année, le cinéma reste pour moi bien plus qu’un simple loisir. Et malgré la crise du box-office, ma fréquentation, elle, n’aura pas faibli. Si les grosses productions semblent lasser le public et décevoir, cette situation a aussi permis de laisser davantage de place à des films plus modestes et souvent plus audacieux. Cette année aura été particulièrement riche en propositions singulières, en récits intimes, politiques ou sensoriels, portés par des cinéastes qui continuent de croire que le grand écran est avant tout un vecteur d’émotion. Voici donc mon Top 10 , ces films qui m’ont le plus touché et qui me donnent envie, encore un peu plus, de partager mes coups de cœur pour que cet art ne disparaisse jamais. 10 - THE UGLY STEPSISTER Tout le monde connaît le conte de Cendrillon. Ce film fait le pari improbable de raconter l’histoire du point de vue de l’une des « vilaines » belles-sœurs. Une petite perle qui mêle satire sociale et body horror. Un choix radical, mais finalement bien plus proche du conte originel que de la version Disney. Le film reste malin, sans jamais trahir le message féministe qu’il véhicule. Il marque aussi par sa mise en scène audacieuse, riche en plans mémorables, et par la révélation Lea Myren, qui s’investit corps et âme dans une composition impressionnante. 9 - DOSSIER 137 Dominik Moll aborde le sujet sensible des violences policières sans manichéisme. Sans apporter de solution toute faite, il s’intéresse aux failles d’un système qui broie autant qu’il protège. Certes très didactique, le film met le pouvoir de l’image au cœur du film (aussi bien médias que réseaux sociaux.). Il fait ressentir les doutes et les incertitudes de son enquêtrice, portée par une Léa Drucker une nouvelle fois remarquable de justesse. 8 - L’ÉPREUVE DU FEU Une vraie surprise que je n’avais pas vu venir, tant son pitch ne m’attirait pas : Hugo, 19 ans, passe comme chaque été ses vacances dans une maison familiale sur une île. Mais cette fois, tout a changé : transformé physiquement, il voit débarquer Queen, sa première petite amie, une esthéticienne aux airs de cagole. Et pourtant, le film brille par son écriture et sa manière d’aborder le premier amour, le regard des autres et les préjugés. Il impressionne surtout par son casting qui est un vivier de jeunes talents. Je retiendrai particulièrement Ana Verderose, dont c’est le premier rôle, et qui est clairement ma révélation de l’année : elle crève l’écran par sa palette de jeu folle qui apporte énormément de profondeur à un personnage qui semble superficiel au premier abord. 7 - VALEUR SENTIMENTALE Dans ce nouveau film, Joachim Trier livre un récit familial sur les non-dits et les secrets de famille, à travers un père qui tente de renouer avec ses filles en tournant un film dans la maison familiale. La mise en scène millimétrée transforme la maison en personnage à part entière, tandis que le cinéma devient le miroir des traumatismes enfouis. Porté par un trio d’acteurs qui ne forcent jamais les émotions, le film bouleverse par sa justesse et sa sensibilité. Depuis sa découverte, il n’a cessé de résonner en moi et de grimper dans mon classement au fil des mois. 6 - JE SUIS TOUJOURS LA Une chronique familiale au cœur de la dictature brésilienne des années 70. Un film d’une puissance émotionnelle rare, dont la première partie, baignée d’amour et de scènes de vie, entre en contraste brutal avec un second acte sombre et tragique. La mise en scène joue constamment avec les émotions du spectateur, à travers le cadre, la lumière, la musique et le hors-champ. Mais c’est surtout le formidable portrait d’une femme forte et déterminée, incarnée par une immense Fernanda Torres. 5 - SIRAT S’il est si haut dans mon classement, c’est simplement parce qu’il aura été ma séance la plus marquante de l’année. Un film qui prend toute son ampleur en salle : une expérience sensorielle éprouvante, portée par une musique puissante, un travail sonore saisissant et des scènes chocs. Un film radical, mal aimable, qui m’a littéralement cloué à mon fauteuil et dont il m’a fallu de longues minutes pour me remettre après le générique de fin. 4 - LIFE OF CHUCK Adapté d’une nouvelle de Stephen King, cet ovni cinématographique en trois actes explore différents genres, reliés par une même chose : la poésie. Un film à découvrir en en sachant le moins possible, mais une chose est sûre, ce Chuck va vous bouleverser. Malgré un thème central sombre, c’est une œuvre profondément lumineuse, une ode à la vie qui interroge nos regrets, nos priorités et le sens de notre existence. Un film qui mûrit avec le temps et pourrait bien devenir culte. 3 - À BICYCLETTE ! Ce docu-fiction est un véritable bijou d’humanité. Un père demande à son meilleur ami de l’accompagner pour refaire le voyage à vélo qu’avait entrepris son fils avant de se suicider. La frontière entre scènes écrites et moments captés sur le vif est presque imperceptible : tout sonne juste et donne au film une puissance émotionnelle rare. Mais ne vous y trompez pas, même si le sujet est lourd et viendra inévitablement chercher vos larmes, il est souvent très drôle (et m’a même offert ma plus grande barre de rire de l’année). Car avant tout, c’est une formidable histoire d’amitié : de celles qui se construisent aussi bien sur les moments de rire, de philosophie ou de disputes. 2 - LEFT-HANDED GIRL Voici mon IMMENSE coup de cœur de 2025. Un drame lumineux, éclatant de couleurs et d’humanité. La mise en scène et la photographie somptueuses exploitent les lumières nocturnes pour nous plonger dans l’effervescence de la nuit urbaine de la Tapei. Shih-Ching Tsou explore les failles de ses personnages sans jamais les juger et crée un attachement profond, notamment grâce au regard porté sur la gamine, véritable cœur émotionnel du film. Le film nous interroge sur les traditions, l’émancipation des femmes et la place accordée aux hommes, culminant dans une scène de repas mémorable. Un film qui fait un bien fou, dans la lignée de LITTLE MISS SUNSHINE . 1 - UNE BATAILLE APRES L’AUTRE Paul Thomas Anderson signe ici sans doute son œuvre la plus accessible : une comédie noire et satirique sur l’Amérique contemporaine. Le film est d’une maitrise absolue. C’est formellement un sans-faute. Que ce soit par sa mise en scène, son montage, les cadres ou cette musique omniprésente, PTA installe une ambiance oppressante d’une efficacité redoutable. PTA mélange tension, chaos et beauté plastique, allant jusqu’à réinventer la poursuite automobile avec une scène déjà mythique. Et comment ne pas saluer Sean Penn, magistral, incarnant l’un des antagonistes les plus marquants de ces dernières années. Il est possédé par son personnage, à la fois magnétique, détestable et vulnérable… Partager
- Critique de ELEMENTAIRE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film ELEMENTAIRE . ELEMENTAIRE ❤️❤️❤️ Depuis que Disney a racheté Pixar, ça devient compliqué pour le studio. Mis à part le fabuleux SOUL, on navigue souvent entre le moyen et l’oubliable… Et même s'il est loin d’être mauvais, ELEMENTAIRE ne va clairement pas arranger les choses. Le film a même des qualités indéniables. Comme souvent avec Pixar, l’univers repose sur un concept : ici, un monde où cohabitent les différents éléments. Et de ce côté-là, ça fonctionne très bien, avec pas mal d’imagination et d’humour. Que ce soit dans les interactions entre les éléments ou en mettant en parallèle cet univers avec notre société. De ce côté-là, c’est même une franche réussite… Sauf, que la découverte de ce monde passe vite en retrait pour se concentrer sur nos deux héros, et donc le feu et l’eau, en mettant les autres éléments au second plan. Après, visuellement, c’est assez somptueux avec des animations permanentes des personnages soulignant leur côté élémentaire, ou une représentation de l’eau bluffante de réalisme. La métaphore du film, même si elle n’est pas forcément subtile, est plutôt efficace, en mettant à hauteur d’enfant le racisme, l’immigration et le communautarisme. Le film réussit même à titiller nos larmes par moment. Par contre, pour ce qui est de l’histoire d’amour, qui est au centre du film, ça reste beaucoup classique et on voit où le film va nous mener. Elle propose tout de même quelques moments de poésie et on peut reconnaitre la réussite du personnage de Flack qui est immédiatement attachant. Le film souffre aussi d’un problème de rythme. Le fait qu’il n’y ait pas d’antagoniste y est peut-être pour quelque chose (mais ça n’a pas empêché VICE VERSA, SOUL ou WALL-E d'être des chefs d’œuvre…) Le soucis vient surtout du fait qu’une des intrigues principales du film se résume à trouver un moyen de réparer une fuite d’eau… pas très passionnant… Mais surtout, pour moi, le film souffre d’un gros défaut. A un moment, il va peut-être falloir arrêter de prendre des acteurs pour faire les doublages, alors que la France possède surement les artistes les plus doués dans ce domaine et dont c’est le métier. Alors, certains vont dire, « Oui, mais une tête d’affiche, ça attire le public »… Euh… On en parle de MARIO BROS et de ses 1.2 milliards de recette ? Parce que là, je n’ai rien contre Exarchopoulos et Lacoste en tant qu’acteurs (bien au contraire), mais pour ce qui est d’incarner un personnage d’un animé, c’est autre chose. Et clairement, ça ne joue pas en faveur du film et des émotions que dégagent ces deux personnages… Mais encore une fois, ce n’est pas un mauvais animé, mais Pixar nous a habitué à tellement mieux que j’en sors forcément un peu déçu. D’autant plus que le bide annoncé va surement conforter Disney+ à jeter en pâture les productions du studio sur sa plateforme de streaming… Partager
- Critique de THE CHEF – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film THE CHEF . THE CHEF ❤️❤️❤️❤️ Premier coup de cœur de l’année avec ce film Britannique aussi surprenant que mémorable. Après les grosses déceptions qu’ont été les adaptations de EN ATTENDANT BOJENGLES et ADIEU MONSIEUR HAFFMANN et deux bons films de grands réalisateurs, mais un poil en dessous de ce à quoi ils m’avaient habitué : LICORICE PIZZA et NIGHTMARE ALLEY (que je vous invite tout de même vivement à découvrir), voici ma première baffe de l’année. THE CHEF brille bien sûr par sa forme : un plan séquence admirablement maitrisé. Mais attention, je ne parle pas d’un plan séquence où les cuts sont camouflés comme dans 1917 (ce qui ne retire en rien que ce dernier soit un chef d’œuvre, et vu l’ampleur du projet, il ne pouvait en être autrement). On a affaire ici à un VRAI plan séquence, comme dans le thriller allemand VICTORIA (Vous n’avez pas vu VICTORIA ? Foncez découvrir cette petite pépite !!!). Le film a été fait d’une traite : deux jours de tournages avec et seulement quatre captations pour nous offrir quelque chose d’aussi rare que délicieux. Une vraie prouesse technique, qui a du demandé une préparation dantesque et où tout doit être millimétré et rien ne dois être laissé au hasard. D’autant plus que le plan séquence, n’est là pas juste pour dire « Tu as vu comment je suis doué ? », mais apporte vraiment quelque chose au film. On y suit une soirée dans un restaurant huppé, et en faisant virevolter sa caméra entre les différents protagonistes de l’histoire met le spectateur en immersion totale dans les coulisses d’un restaurant. Et surtout, ça apporte une tension folle, lui donnant souvent des airs de thriller. Car oui, la soirée que notre chef et son équipe vont vivre est assez cauchemardesque. Alors oui, peut-être trop même pour être totalement crédible, mais comme le fait que les plats présentés n’ont pas forcément l’air sortis d’un établissement de ce standing, en tant que spectateur, on s’en fiche car le spectacle proposé est lui un vrai régal. Mais, le succès du film ne serait pas total sans la prestation globale du casting assez folle. Car oui, quand tu t’engages dans un plan séquence de cette dimension, la moindre erreur peu plomber l’œuvre. Mais les acteurs sont vraiment au diapason et d’une justesse remarquable, tout en livrant une débauche d’énergie et quelques moments d’une grande intensité dramatique. Et même si notre Chef est interprété par un Stephen Graham impressionnant, celle qui à mon sens crève l’écran est son adjointe, jouée par une Vinette Robinson qui nous livre surement les passages les plus marquants de cette expérience. Car oui, THE CHEF, c’est vraiment une expérience cinématographique rare, qui perdra énormément de sa saveur sur une TV, comme tout film immersif. On en ressort vidé, comme si nous même avions participé à cette soirée un peu folle. Et quand tu penses que le Britannique Philip Barantini nous livre ici son premier film, ça laisse assez admiratif et curieux de voir ses prochaines réalisations. Partager
- Critique de ANATOMIE D’UNE CHUTE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film ANATOMIE D’UNE CHUTE . ANATOMIE D’UNE CHUTE ❤️❤️❤️❤️ Voici donc la dernière Palme d’or, qui s’est vu entachée d’une polémique lors du discours de sa réalisatrice. Ce qui aura fait finalement de l’ombre à son film, en dissuadant certainement certains d’aller le découvrir. Et c’est regrettable, car c’est tout simplement un très bon film qui n’avait pas besoin de ça… Après, il faut dire aussi que je suis assez amateur des films de procès, mais ANATOMIE D’UNE CHUTE va bien plus loin que ce genre cinématographique. Alors oui, le procès y est central, avec cette écrivaine soupçonnée d’avoir tué son mari. Justine Triet prend d’ailleurs un malin plaisir à jouer avec la zone grise en faisant continuellement douter le spectateur sur la culpabilité de son héroïne. Mais même si le doute sur sa culpabilité est au cœur du film, là n’est pas vraiment la question. Plus que l’analyse de la chute mortelle de son mari, c’est bien celle de leur couple qui sera disséquée et prendra toute son ampleur lors du procès. Et pour ne rien gâcher, il y a de vrais partis pris de mise en scène de la part de Justine Triet, chose assez rare dans ce genre de film pour être noté. Et même si certains choix peuvent paraitre prétentieux, je dois avouer que bien souvent elle fait mouche, comme lors d’une scène de dispute magistrale. Clairement la qualité du jeu des acteurs est d’ailleurs une des grandes forces du film, aidée par une écriture des dialogues exemplaire qui rend les échanges au procès passionnants. L’accusée, à la fois mystérieuse et ambiguë, est interprétée par une Sandra Hüller glaçante, à l’image de l’atmosphère ambiante de l’œuvre. Je me demande comment elle n’a pas eu le prix d’interprétation au Festival… Swann Arlaud est comme à son habitude brillant, mais on notera aussi un Antoine Reinartz impressionnant qui vole parfois la vedette dans son rôle de procureur et réussit même à apporter certains rares moments de comédie. Mais surtout, je retiendrai Milo Marchado Graner, qui incarne le fils mal voyant du couple, et principal témoin de cette tragédie. Par la justesse de son jeu, il apporte les rares moments d’émotions du film. Bref un casting sans faute, jusqu’au chien qui marquera inévitablement les spectateurs. Mais comme je le précisais plus haut, le film est terriblement froid. C’est à la fois une de ses réussites, mais aussi une de ses limites. Car même si ça apporte une atmosphère pesante vraiment maitrisée, ça a pour effet de limiter les émotions qu’ils dégagent. D’autant plus que la plupart des personnages sont assez antipathiques, limitant l’identification des spectateurs et donc leur attachement aux protagonistes… Même si j’ai un doute sur le fait de lui avoir attribué la Palme d’or, il n’en reste pas moins un très bon film. Partager
- L’amour comme acte de résistance.
Découvrez notre critique détaillée du film UN MONDE FRAGILE & MERVEILLEUX . L’amour comme acte de résistance. UN MONDE FRAGILE & MERVEILLEUX ❤️❤️❤️❤️ L’amour comme acte de résistance. Nino et Yasmina naissent avec une minute d’écart, à quelques mètres l’un de l’autre, sous les bombes qui ravagent Beyrouth. Ils tombent amoureux quelques années plus tard dans une cour d’école, avant de se perdre puis de se retrouver vingt ans plus tard. Pour son premier long métrage, Cyril Aris mêle l’intime et l’histoire collective à travers une romance décrivant un Liban fracturé par la guerre et les crises sociales. Le film débute comme une comédie romantique pleine d’humour et d’énergie, en contraste avec les drames qui imprègnent le pays. Mais le récit rebondit et gagne progressivement en profondeur, atteignant une intensité émotionnelle insoupçonnée. Si les événements qui frappent le Liban restent en arrière-plan, ils façonnent néanmoins le destin du couple. La structure non linéaire pourra dérouter certains spectateurs, mais elle renforce l’impact émotionnel et éclaire les choix des personnages, faisant constamment résonner passé et présent. Le réalisateur aborde des thèmes forts, comme le dilemme de fuir le chaos d’un pays aimé pour une vie meilleure ou la question de faire naître un enfant dans un monde incertain. Pourtant, l’œuvre ne renonce jamais à l’espoir, offrant de véritables respirations comiques et oniriques. La réussite repose surtout sur son duo central, dont l’alchimie touche en plein cœur. Entre la justesse du jeu et la finesse des dialogues, leur histoire suscite une profonde empathie. Hassan Akil incarne un Nino éperdument amoureux, dont l’optimisme face au fatalisme résonne comme un acte de résistance. Face à lui, la révélation Mounia Akl compose une femme forte, indépendante et en quête de liberté, défiant les clichés. Avec UN MONDE FRAGILE & MERVEILLEUX, Cyril Aris signe une belle surprise de ce début d’année : un film marquant, chargé de symbolisme, qui confirme que la comédie romantique peut aussi être un geste politique. Partager
- La suprême ascension de Chalamet
Découvrez notre critique détaillée du film MARTY SUPREME . La suprême ascension de Chalamet MARTY SUPREME ❤️❤️❤️❤️💛 La suprême ascension de Chalamet N’étant ni amateur de biopics ni particulièrement friand de films sportifs, j’abordais Marty Supreme avec une certaine méfiance. Des doutes vites effacés, tant le film m’a roulé dessus. Nous n’avons clairement pas affaire à un biopic sportif classique. Certes, il s’inspire de la star du ping-pong Marty Reisman, mais en changeant son nom et en prenant de larges libertés, il s’affranchit rapidement du cadre traditionnel pour proposer un véritable portrait d’obsession. Josh Safdie ne raconte pas simplement l’ascension d’un champion : il dissèque la trajectoire d’un jeune Américain prêt à tout pour devenir une icône. Et tout le tapage autour de Timothée Chalamet est amplement justifié. Il porte le film de bout en bout, habité, électrique, déployant une palette de jeu impressionnante pour incarner ce personnage narcissique, ambitieux, souvent détestable. Certains spectateurs pourraient rester à distance face à un protagoniste aussi antipathique, mais cinématographiquement, c’est fascinant. Je ne vois clairement pas qui pourrait lui faire barrage pour son futur Oscar qui semble une évidence. Autour de lui gravite une galerie de seconds rôles solides, chacun bénéficiant d’un véritable arc narratif, à commencer par le surprenant Abel Ferrara. Difficile de ne pas penser au cinéma de Martin Scorsese. Cet anti-héros porté par une obsession maladive de la réussite évoque immédiatement Le loup de Wall Street ou Casino , dans leur manière de décrire les excès du rêve américain. Mais le film convoque aussi l’ombre flamboyante du Babylon de Damien Chazelle : même énergie démesurée, même volonté de transformer chaque séquence en expérience sensorielle totale. La mise en scène est à l’image de son héros : nerveuse, constamment en mouvement, presque fiévreuse. L’intrigue reste simple, mais l’enchaînement d’événements et le chaos progressif emportent tout sur leur passage. La bande originale, mêlant des standards des années 80 dans un anachronisme assumé, insuffle une énergie communicative qui participe à cette sensation d’ivresse permanente. Malgré ses 2h30, le film ne connaît aucun temps mort, quitte à devenir épuisant pour ceux qui ne rentreraient pas dans son délire. Marty Supreme accumule les scènes chocs, manie un sens du comique de situation souvent mordant et refuse obstinément toute demi-mesure. Il veut briller, éblouir, parfois étourdir. Josh Safdie signe ainsi un film à l’image de son personnage : ambitieux, excessif, vibrant. Une œuvre qui risque de diviser, mais dont l’énergie et la radicalité pourraient bien en faire l’un des grands chocs cinématographiques de 2026. Partager
- Critique de ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND . ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND ❤️❤️❤️❤️❤️ Voici donc le dernier jour de ce calendrier de l’avant, et pour marquer le coup, j’ai décidé de vous parler de ce que je considère comme étant le meilleur film que j’ai vu à ce jour. Ça va être un peu frustrant, car je pourrais en parler des heures en décortiquant chaque scène, chaque dialogue, mais je vais essayer de préserver au maximum la surprise que propose ce bijou cinématographique. D’ailleurs, si vous ne connaissez pas le film, je vous déconseille d’aller lire le synopsis ou de regarder la bande annonce. Pour faire au plus court, c’est la folle histoire d’amour entre Joel et Clementine. Lui est timide et introverti, elle est extravagante et fantaisiste. Je n’en dirais pas plus sur le scénario, mais sachez simplement que c’est un film qui ne ressemble à aucun autre. C’est à la fois une histoire d’amour, un film de science-fiction, une course contre la montre au suspense extrêmement maitrisé et un drame d’une profondeur inouïe. Mais c’est surtout un concentré de poésie comme seuls Michel Gondry et Charlie Kaufman savent le faire. Sa plus grande force est certainement son scénario à tiroir. La temporalité non linéaire fait que, comme le héros, on est parfois un peu perdu, en cherchant à recoller les morceaux, parfois dans des détails, comme la couleur de la chevelure de Clementine… Cela demande pas mal d’attention au spectateur et surtout le film gagne énormément à être revu pour en savourer le moindre détail. C’est une fable philosophique sur l’amour, le subconscient, le deuil, les rêves, la dépression… Des séquences plus folles les unes que les autres vont s’enchaîner, mélangeant onirisme, émotion et tension. L’écriture est d’une grande finesse jusque dans ses seconds rôles dont l’histoire renforcera le propos. Kate Winslet est comme toujours d’une justesse déconcertante, mais surtout Jim Carrey livre une prestation exceptionnelle, à l’opposé du rôle de comique excentrique auquel il nous a habitué. Il est ici tout en retenu et extrêmement attachant. Mais là où le film me bluffe le plus à chaque visionnage, c’est par sa mise en scène où aucun détail n’est laissé au hasard. A elle seule, elle mériterait une analyse, tellement ça regorge de détails qui font que le film fonctionne aussi bien. Ça joue avec les hors champs, les lumières, les flous, les plans séquences et propose des transitions dingues qui vont vous faire des nœuds dans le cerveau. Mais rien n’est gratuit, c’est bourré de symboles et tout a un impact sur l’histoire et les émotions des personnages. Même les effets spéciaux forcent le respect, avec une limitation des effets numériques, en privilégiant les effets physiques d’une grande ingéniosité. Bref, pour moi c’est un IMMENSE chef d’œuvre, jusqu’à son final fabuleux et tellement fort en émotion. Un ovni cinématographique mais d’une justesse qui n’a d’égal que sa profondeur. Un film parfait de bout en bout, et qui prend encore plus d’ampleur à chaque visionnage. Partager
- Un délire complotiste à la fois absurde et fascinant.
Découvrez notre critique détaillée du film BUGONIA . Un délire complotiste à la fois absurde et fascinant. BUGONIA ❤️❤️❤️ Un délire complotiste à la fois absurde et fascinant. Deux cousins conspirationnistes kidnappent une grande cheffe d’entreprise pharmaceutique. Ils vont la séquestrer et l'interroger , convaincus qu’elle est en réalité une extraterrestre envoyée sur Terre afin de détruire l’humanité. Voilà le point de départ délirant de BUGONIA. Pour leur quatrième collaboration, Yorgos Lanthimos et Emma Stone se réapproprient SAVE THE GREEN PLANET de Jang Joon-hwan (2003) et nous embarquent dans ce qui sera probablement l’un des films les plus fous de l’année. BUGONIA s’impose comme une farce satirique qui n’est pas sans rappeler EDDINGTON d’Ari Aster — ce qui n’a rien d’étonnant puisque ce dernier en est l’un des producteurs. Mais même si BUGONIA possède de nombreuses qualités, je pense que je n’étais clairement pas prêt pour une proposition aussi radicale. Le principal atout du film réside sans doute dans son duo d’acteurs. Le film repose énormément sur la qualité de leur jeu, sans laquelle le récit aurait pu sombrer dans le ridicule. Emma Stone incarne une femme d’affaires cynique et manipulatrice, qu’elle rend délicieusement détestable. Face à elle, Jesse Plemons campe un marginal pathétique, enfermé dans ses obsessions complotistes. Ensemble, ils forment un duo qui nous entraîne dans des scènes à la fois absurdes et provocantes, au risque de décontenancer le spectateur. Comme toujours chez Lanthimos, la mise en scène est d’une grande maîtrise. Même si le dispositif du huis clos la contraint, il parvient à en tirer une atmosphère anxiogène redoutable. L’utilisation du VistaVision offre des plans d’une ampleur somptueuse, magnifiés par un travail remarquable sur la lumière et la colorimétrie. Ce raffinement visuel contraste avec la violence et l’humour noir de cette satire sociale. Le tout est accompagné par une musique orchestrale qui colle parfaitement au côté théâtral de l’œuvre. Le film pose d’ailleurs un regard sombre sur l’état de notre société, soulignant les dérives idéologiques, la manipulation de masse et l’absurdité du monde contemporain. Il critique à travers un humour très sombre aussi bien le capitalisme que les théories du complot, tout en abordant l’écologie et l’avenir de l’humanité. Mais BUGONIA est empreint d’une noirceur, d’une violence et d’une froideur qui risquent de laisser certains spectateurs à distance. D’autant plus que nous assistons à un combat entre deux monstres, auprès desquels nous avons bien du mal à nous identifier. Le récit peine également à démarrer et souffre de quelques longueurs, même s’il s’emballe de manière spectaculaire dans son dernier acte. Mais là encore, même si son final est aussi malin que surprenant, il reste difficile de saisir clairement le message que Lanthimos veut réellement transmettre. Certains pourront aussi lui reprocher quelques facilités scénaristiques, pourtant totalement assumées par l’absurdité des situations. Avec BUGONIA, le réalisateur bouscule une nouvelle fois les codes, au risque de diviser le public, mais livre sans doute son film le plus abordable pour le grand public. Et même si je ne suis pas entré totalement dans le délire, sa proposition aura tout de même réussi à me fasciner. Partager













