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- Un anti Pretty Woman irrévérencieux et explosif
Découvrez notre critique détaillée du film ANORA . ANORA ❤️❤️❤️❤️ Un anti Pretty Woman irrévérencieux et explosif Anora, jeune strip-teaseuse de New York, rencontre le fils immature d’un oligarque russe. Ce qui s’ensuit est une improbable histoire d’amour : une sorte de PRETTY WOMAN version trash, enchaînant fêtes, scènes de sexe et débauche. La première partie, bien que nécessaire pour la suite, devient par moments un peu épuisante en raison de la complaisance avec laquelle Sean Baker filme les scènes érotiques et le corps des femmes. Puis le film prend un virage surprenant, se transformant en un buddy movie jouissif, et est probablement le film qui m’a le plus fait rire cette année. Que ce soit grâce au comique de situation, aux dialogues ciselés ou aux punchlines percutantes, ANORA est souvent très drôle, rappelant l’esprit caustique et décalé des films des frères Coen. Mention spéciale pour cette longue scène d’anthologie dans une maison : un véritable chef-d'œuvre de comédie visuelle et narrative. Le film oscille alors entre thriller, drame et comédie, flirtant même parfois avec le burlesque. Sean Baker a un vrai sens du rythme, et, grâce à un montage maîtrisé, les scènes s’enchaînent pour le plus grand plaisir des spectateurs. Il joue aussi admirablement avec les ruptures de ton, transformant un récit excessif et sensuel en un film plus profond, teinté de mélancolie et de réflexions sombres. Visuellement, l’ensemble est somptueux, avec une superbe photographie : d’abord flamboyante et colorée dans sa première moitié, elle devient plus glaciale et intense à mesure que l’histoire avance. L’humour fonctionne aussi grâce à un casting au diapason, notamment un trio d’hommes de main jubilatoires et charismatiques, qui suscitent l’empathie malgré leurs rôles de personnages secondaires. Mais surtout, ANORA, c’est la révélation de Mikey Madison. Elle déploie une énergie folle et une palette de jeu magistrale, que ce soit en comédie, en action ou en drame. Elle imprègne chaque scène, nous faisant rire et nous émouvoir avec une aisance remarquable. Ce rôle pourrait bien la propulser au sommet et lui valoir une nomination aux Oscars. Et même si ma palme d’or personnelle reste LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE (voire EMILIA PEREZ ), ANORA est une très belle surprise aussi surprenante que drôle et touchante, que je vous invite vivement à découvrir… Partager
- The Blues horror picture show
Découvrez notre critique détaillée du film SINNERS . SINNERS ❤️❤️❤️💛 The Blues horror picture show Mississippi, 1932 : deux frères jumeaux reviennent dans leur ville natale pour ouvrir un club de Blues avec l’argent gagné durant la Prohibition à Chicago. Tout laisse penser qu’on s’apprête à voir un film historique. Et même si c’est en partie le cas, la première scène indique au spectateur que le film basculera dans l’horreur. Si vous n’avez pas vu la bande-annonce, évitez-la. Elle en dit bien trop, et ce film mérite d’être découvert avec le moins d’informations possible, dans l’obscurité d’une salle. Parce que, malgré mes réserves, on a affaire ici à une vraie expérience cinématographique. Dans une longue première partie, Ryan Coogler prend son temps. Il installe ses personnages, mais surtout, il dresse le portrait d’une communauté afro-américaine confrontée au racisme systémique, au Ku Klux Klan, à la ségrégation. Mais ce qui fait basculer SINNERS dans une autre dimension, c’est le Blues. Plus qu’un simple genre musical ou qu’une bande-son (somptueuse, d’ailleurs), le Blues devient un personnage à part entière. Omniprésent, envoûtant, presque mystique, c’est lui qui anime l’histoire. Et si les « pêcheurs » du titre font évidement référence aux deux frangins gangsters, chaque personnage porte en lui un péché (colère, luxure, avarice…). Mais c’est bien cette « musique du diable », ce Blues viscéral qui sera le catalyseur des évènements. Et cette musique sera aussi à l’origine des scènes les plus marquantes du film, comme ce plan séquence hallucinant de maitrise. Techniquement le film en met plein les yeux. Photographie, cadrages, costumes, ambiance sonore… tout nous plonge dans la moiteur étouffante du Mississippi des années 30. Impossible de ne pas penser à Jordan Peele, mais là où Peele reste souvent dans le contrôle, Coogler semble parfois se laisser déborder par son ambition. À vouloir tout dire (sur l’Histoire, la musique, la religion, le racisme, le sexe…), le film finit par devenir un peu confus. Et c’est justement quand il bascule dans le grand spectacle, que le film perd en impact. Visuellement, étrangement, c’est là qu’il devient le moins maîtrisé. De même, la scène finale, clin d’œil assumé à un classique des années 80, même si elle est assez jouissive, tombe finalement à plat et n’apporte pas grand-chose au propos. Malgré tout, je ne vais pas bouder mon plaisir : un film original, ni adapté, ni rebooté, ni une franchise, c’est assez rare pour être célébré. Avec ses défauts, ses fulgurances, et son audace, SINNERS reste une œuvre marquante. Un film qui, malgré ses failles, laissera une trace indéniable. Partager
- Critique de L’INNOCENCE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film L’INNOCENCE . L’INNOCENCE ❤️❤️❤️💛 Kore-eda est un cinéaste japonais dont j’apprécie particulièrement le travail et sa façon de dépeindre l’humain, et c’est encore une fois le cas ici. Mais plus que tout, son dernier film brille par la qualité de son scénario, qui lui a valu une palme amplement mérité à Cannes. Suite à la mort de son père, Minato est élevé par sa mère qui se rend compte que son fils semble être harcelé à l’école… Le film va jouer avec différents points de vue, remettant à chaque fois en question l’avis du spectateur sur ce qui se passe à l’écran. Suivant le regard par lequel on vivra les scènes, elles prendront ainsi un tout autre sens qui aura tendance à déstabiliser le spectateur. D’autant plus qu’on est en pleine zone grise, cherchant continuellement à savoir qui est le « monstre » dans cette histoire. Le film basculera ainsi du thriller au drame social, tout en réussissant à proposer quelques moments oniriques, dont un final éblouissant. Mais il faut avouer que l’écriture, aussi intelligente soit-elle, fait aussi que l’on se sent un peu perdu, tant le film aborde des sujets différents : le harcèlement, le deuil, le mensonge, l’éducation, les non-dits, l’amitié, les faux-semblants, le regard des autres… Et même s’il le fait avec beaucoup de pertinence et de délicatesse, on a l’impression qu’il s’éparpille et on se demande parfois où veut vraiment aller le film. Mais c’est sans compter sur un dernier acte admirable où, sans prévenir, tout prendra un sens… Et c’est peut-être une limite que j’ai avec le film, car un deuxième visionnage s’impose presque afin tout remettre en ordre. Sans être son meilleur film, ce qui est sûr, c’est qu’il aura une nouvelle fois réussi à me marquer par certaines scènes et qu’il risque de murir en moi au fil du temps… Partager
- Formellement impressionnant, narrativement inégal
Découvrez notre critique détaillée du film 28 ANS PLUS TARD . 28 ANS PLUS TARD ❤️❤️❤️ Formellement impressionnant, narrativement inégal Plus de vingt ans après la sortie du premier opus, Danny Boyle et Alex Garland se retrouvent pour prolonger une saga devenue culte dans le paysage du film de zombies. Si l’annonce avait de quoi exciter, le résultat m’a laissé un sentiment mitigé. Je suis plutôt fan des deux premiers opus, qui avaient redistribué les cartes en créant les nouveaux codes des films de zombies. J’avais été séduit par leur manière de remettre l’humain au cœur du récit, en s’éloignant des clichés gore pour explorer des thématiques plus existentielles et sociales. Cette suite reste dans cette lignée… mais pas sans concessions. J’ai d’ailleurs été assez étonné de voir qu’ils font le choix de balayer d’un revers de main le final du deuxième film. Le récit recentre l’intrigue sur une communauté anglaise qui s’est réfugiée sur une petite île alors que le reste du pays vit dans le chaos. On suit en particulier à un gamin qui partira avec son père découvrir le continent et ses dangers : un cadre qui évoque immanquablement LAST OF US ou encore L’ATTAQUE DES TITANS, notamment dans l’évolution des infectés. Si cette quête initiatique contient de belles idées, elle souffre d’un air de déjà-vu et de quelques raccourcis scénaristiques gênants : une mère qui n’existe souvent que pour justifier des rebondissements artificiels, des militaires balayés par une poignée de zombies alors que les protagonistes s’en sortent sans encombre… Ces facilités affaiblissent le récit et m'ont parfois sorti du film. Mais heureusement le film est sauvé par son ambiance et sa mise en scène. Car de ce côté-là c’est même su très haut niveau. Danny Boyle installe une ambiance poisseuse et malaisante et multiplie les plans marquants. Le montage est nerveux et immersif apportant un côté guérilla et le réalisateur combine son savoir faire visuel et sonore pour plonger le spectateur dans un atmosphère oppressante. Ça multiplie les idées et même si certains gimicks, comme le mutli-angles, sont peut-être utilisés à outrance, énormément de scènes resteront en mémoire. Le travail sur le son renforce encore cette immersion dans un monde étouffant et déshumanisé. Le film est aussi aidé par son casting. Le jeune acteur principal est bluffant de justesse, et Ralph Fiennes, qui malgré son second rôle, livre certainement le personnage le plus intéressant et troublant de la saga. Ce 28 ANS PLUS TARD m’a impressionné sur la forme, sans réussir à pleinement m’emporter sur le fond. Un film inégal, sauvé par sa réalisation et son ambiance. Et si l’on ajoute à cela un final déjanté et la promesse d’une suite sans Danny Boyle pour sauver les meubles… je ne suis pas certain d’avoir envie de replonger. Partager
- Broadway s’invite au cinéma et la magie opère
Découvrez notre critique détaillée du film WICKED . WICKED ❤️❤️❤️❤️ Broadway s’invite au cinéma et la magie opère WICKED est le préquel du Magicien d’Oz, mais surtout l’adaptation d’un des plus gros succès de Broadway de ces vingt dernières années. Mon amour pour les comédies musicales avait d’abord attisé mon excitation, avant qu’elle ne soit refroidie par les premiers visuels ou bien la présence d’Ariana Grande dans le rôle-titre… Et les premières minutes du film ont confirmé mes doutes, tant cela puait la guimauve et dégueulait de niaiserie, avec une Ariana au sommet de la caricature des princesses Disney. Et pourtant, à ma grande surprise, j’ai adoré le film et, plus fort, Ariana Grande est de loin le plus gros atout de ce long-métrage. Quand elle chante, elle met la misère à tout le monde, livrant une prestation hallucinante avec une voix digne d’une grande soprano. Mais ma plus grande surprise aura été la qualité de son jeu. Elle a une vraie présence à l’écran et surtout un sens du comique démesuré. Que ce soit par un dialogue, une gestuelle ou une mimique, sa moindre apparition entraîne le rire des spectateurs. Elle réussit à nous offrir une Galinda délicieusement détestable, tout en insufflant une certaine profondeur à son personnage. Mais elle n’est pas la seule à sortir son épingle du jeu : Cynthia Erivo livre une Elphaba en parfaite opposition à Galinda. Le duo fonctionne à merveille, apportant une vraie alchimie et une évolution maîtrisée à leurs personnages (je pense notamment à une scène de danse d’où se dégage une émotion rare). Leurs voix s’accordent à l’unisson lors des chansons pour le plus grand bonheur de nos oreilles. Le jeu de Cynthia Erivo passe aussi énormément par ses regards, qui expriment ses sentiments de rejet et d’injustice face à la discrimination qui l’entoure. Le racisme et l’exclusion sont d’ailleurs les thèmes centraux du film. Et n’en déplaise aux décérébrés que je vois déjà crier au wokisme, le spectacle a plus de vingt ans, preuve que la seule chose qui a changé depuis, c’est qu’on leur a offert les réseaux sociaux pour déverser leur haine… Mais, même si je mets l’accent sur les deux comédiennes, le film est avant tout une comédie musicale, et là aussi, on n’est pas loin du sans faute. Bien sûr, on y retrouve beaucoup de chansons, dont certaines resteront en tête à la sortie de la séance. Ces chansons sont sublimées par une mise en scène qui met tout en œuvre pour offrir un grand spectacle. Il y a un énorme travail sur les costumes et les décors, comme lors de cette chanson dans une bibliothèque au design des plus inspirés. Il y a un côté artificiel et très coloré à l’ensemble qui colle parfaitement à la féérie du pays d’Oz. Mais surtout, les chorégraphies impressionnent par leur dynamisme et le nombre d’artistes qui se donnent à fond à l’écran. La caméra cherche toujours à mettre en avant leurs performances, rendant le spectacle d’autant plus impressionnant. Cependant, même si le spectacle est au rendez-vous et que le rythme est bien géré, je dois tout de même avouer qu’on sent passer les 2h40. D’autant plus que ce premier film ne couvre que le premier acte de la comédie musicale. Cela fait que les vrais enjeux n’arrivent que lors du climax. Et même si cela promet une deuxième partie avec une intensité dramatique qui va s’envoler, ce premier film peine un peu à démarrer et aurait certainement gagné à être raccourci. J’ai aussi quelques réserves visuelles. Comme je l’ai dit plus haut, tout ce qui touche aux décors, aux costumes ou aux chorégraphies frôle la perfection, mais malheureusement ce n’est pas toujours le cas des effets visuels (FX). Même si certains sont bluffants, comme ce bouc incarnant le professeur de biologie, c’est parfois beaucoup plus compliqué. Il y a parfois des écrans verts douteux qui gâchent un peu le tableau, ainsi qu’une gestion de la lumière qui cumule les surexpositions ou apporte parfois un côté terne à l’image. Mais ces quelques réserves n’enlèvent rien au plaisir ressenti devant l’écran, et le film devrait facilement s’installer dans la mémoire collective au fil des années. Partager
- Un anti-film de gangster sur fond de relation filiale
Découvrez notre critique détaillée du film LE ROYAUME . LE ROYAUME ❤️❤️❤️💛 Un anti-film de gangster sur fond de relation filiale Même si le sujet des gangs Corses est central dans le récit, LE ROYAUME est finalement un anti-film de gangsters qui éloigne des codes habituels du genre. Ici, les gangsters ne sont jamais glorifiés et et le film déconstruit le mythe du grand banditisme. Il y même très peu d’action et les guerres de territoires et de clans passent même au second plan. Le réalisateur fait le choix audacieux de raconter l’histoire du point de vue de la fille du chef de gang. Le film met ainsi le spectateur dans la peau de l’adolescente et, comme elle, il découvre peu à peu les enjeux d’un univers qui lui est inconnu. Certains spectateurs risquent d’être perdu par le rythme assez lent, les dialogues et le fait que certaines questions n’ont pas de réponses. Mais c’est précisément ce qui fait la force du film, installant une tension palpable et en créant une atmosphère d'incertitude continue. Mais surtout, le sujet principal n’est pas la guerre des gangs, mais plutôt la relation filiale de cette jeune fille, qui apprend à mieux connaître son père et le milieu dans lequel il évolue. Le film aborde également l’impact des choix de vie du père sur sa famille et l’héritage de la violence. Le casting, composé principalement d’acteurs non professionnels, est convaincant, malgré des phrasés parfois inhabituels. Les silences et les non-dits sont très présents et c’est là que le regard, aussi puissant qu’expressif, de Ghjuvanna Benedetti apporte une intensité particulière qui remplace bien souvent les mots. On notera aussi le charisme de Saveriu Santucci dont l’aura domine le film. Mais c’est surtout l’alchimie entre les deux acteurs dans la relation père-fille qui brille par son authenticité. Les moments de complicité semblent capturés sur le vif, et donnent l'impression de partager des instants de vie volés. Avec des échanges d’un naturel bluffant, ils parviennent à toucher le spectateur. Le film s’éloigne ainsi des standards des films de gangster pour finalement proposer un drame intimiste et universel. Partager
- Critique de THE NIGHTINGALE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film THE NIGHTINGALE . THE NIGHTINGALE ❤️❤️❤️❤️ Le film prend place au début du dix-neuvième siècle, et abordera le colonialisme australien et le racisme, en en faisant bien plus qu’un prétexte pour placer son histoire. Notre héroïne, esclave partie en chasse de ses bourreaux, fera appel à un aborigène pour lui servir de guide dans la forêt tasmanienne. La relation entre ces deux personnages qui vont apprendre à se connaitre fait merveille et est au centre du film. Elle y sera même pour beaucoup dans sa réussite. Mais bien sûr le thème principal du film sera le deuil, admirablement traité à travers toutes ses phases, la colère, la culpabilité, la tristesse, le désir de vengeance… Le film ne fait jamais l’erreur de faire de son personnage une femme badass qui dézingue à tout va. Au contraire, ses réactions restent souvent humaines, on y croit et ça aide énormément à l’empathie qu’on ressent pour elle. Tout cela aidé par une interprétation de haut vol de l’actrice qui nous fait ressentir ses émotions. Au final le film ressemble bien plus à un Impitoyable ou un Délivrance qu’à un I spit on your grave. Bref, même si il ne plaira pas à tout le monde, je vous invite à découvrir ce film intense, tout en sachant que l’expérience sera extrêmement éprouvante. Partager
- Critique de ELEMENTAIRE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film ELEMENTAIRE . ELEMENTAIRE ❤️❤️❤️ Depuis que Disney a racheté Pixar, ça devient compliqué pour le studio. Mis à part le fabuleux SOUL, on navigue souvent entre le moyen et l’oubliable… Et même s'il est loin d’être mauvais, ELEMENTAIRE ne va clairement pas arranger les choses. Le film a même des qualités indéniables. Comme souvent avec Pixar, l’univers repose sur un concept : ici, un monde où cohabitent les différents éléments. Et de ce côté-là, ça fonctionne très bien, avec pas mal d’imagination et d’humour. Que ce soit dans les interactions entre les éléments ou en mettant en parallèle cet univers avec notre société. De ce côté-là, c’est même une franche réussite… Sauf, que la découverte de ce monde passe vite en retrait pour se concentrer sur nos deux héros, et donc le feu et l’eau, en mettant les autres éléments au second plan. Après, visuellement, c’est assez somptueux avec des animations permanentes des personnages soulignant leur côté élémentaire, ou une représentation de l’eau bluffante de réalisme. La métaphore du film, même si elle n’est pas forcément subtile, est plutôt efficace, en mettant à hauteur d’enfant le racisme, l’immigration et le communautarisme. Le film réussit même à titiller nos larmes par moment. Par contre, pour ce qui est de l’histoire d’amour, qui est au centre du film, ça reste beaucoup classique et on voit où le film va nous mener. Elle propose tout de même quelques moments de poésie et on peut reconnaitre la réussite du personnage de Flack qui est immédiatement attachant. Le film souffre aussi d’un problème de rythme. Le fait qu’il n’y ait pas d’antagoniste y est peut-être pour quelque chose (mais ça n’a pas empêché VICE VERSA, SOUL ou WALL-E d'être des chefs d’œuvre…) Le soucis vient surtout du fait qu’une des intrigues principales du film se résume à trouver un moyen de réparer une fuite d’eau… pas très passionnant… Mais surtout, pour moi, le film souffre d’un gros défaut. A un moment, il va peut-être falloir arrêter de prendre des acteurs pour faire les doublages, alors que la France possède surement les artistes les plus doués dans ce domaine et dont c’est le métier. Alors, certains vont dire, « Oui, mais une tête d’affiche, ça attire le public »… Euh… On en parle de MARIO BROS et de ses 1.2 milliards de recette ? Parce que là, je n’ai rien contre Exarchopoulos et Lacoste en tant qu’acteurs (bien au contraire), mais pour ce qui est d’incarner un personnage d’un animé, c’est autre chose. Et clairement, ça ne joue pas en faveur du film et des émotions que dégagent ces deux personnages… Mais encore une fois, ce n’est pas un mauvais animé, mais Pixar nous a habitué à tellement mieux que j’en sors forcément un peu déçu. D’autant plus que le bide annoncé va surement conforter Disney+ à jeter en pâture les productions du studio sur sa plateforme de streaming… Partager
- Vous ne le connaissez pas encore. Mais vous lui direz merci !
Découvrez notre critique détaillée du film LIFE OF CHUCK . LIFE OF CHUCK ❤️❤️❤️❤️💛 Vous ne le connaissez pas encore. Mais vous lui direz merci ! Comme beaucoup, j’ai découvert Mike Flanagan avec sa mini-série THE HAUNTING OF HILL HOUSE : un chef-d’œuvre mêlant film de fantômes et drame familial bouleversant. Il semblait donc logique qu’il se tourne un jour vers Stephen King, maître incontesté du mélange entre fantastique et émotion brute. Après les inégaux JESSIE et DOCTOR SLEEP, Flanagan frôle cette fois la perfection avec LIFE OF CHUCK. Le film s’ouvre dans un futur proche : internet a disparu, un effondrement écologique est en cours, et partout fleurit une étrange campagne publicitaire affichant : « 39 grandes années ! Merci Chuck ! » Impossible d’en dire plus car LIFE OF CHUCK est une expérience rare qu’il faut découvrir par soi-même. Ce film est un véritable puzzle narratif inversé. Le récit est construit à rebours et se déploie en trois chapitres. Le premier, étourdissant, commence… par la fin. Flanagan réussit à y déployer une vague émotionnelle d’une intensité folle en un temps record. Tout comme le reste du film, ça vient chercher des choses au plus profond de nous, tant le sujet est universel. On se surprend à se questionner sur le sens de notre vie, nos regrets et nos priorités avec une mélancolie qui traverse l’écran. Ne serait-ce que cette réflexion sur le calendrier cosmique qui laisse sans voix. Chaque acte enrichit le précédent. Le puzzle prend forme, et lorsqu’arrive le générique final, on n’a qu’une envie : recommencer le voyage. Ce film ne se regarde pas, il se ressent, il s’installe en nous. Flanagan joue avec les genres avec une aisance déconcertante. D’un drame intime à une séquence de danse digne de LA LA LAND , en passant par des touches de fantastique à la Stephen King. Tout est fluide, cohérent, et on se laisse emporter. Le film prend aussi des airs de film choral, tant les visages et les ambiances évoluent d’un acte à l’autre. On retrouve les habitués du réalisateur (Kate Siegel, Annalise Basso, Samantha Sloyan…) auxquels s’ajoutent des nouveaux visages, Tom Hiddleston en tête, qui livre peut-être ici le plus beau rôle de sa carrière. Et comment ne pas citer un Mark Hamill méconnaissable et bouleversant dans le rôle du grand-père protecteur et alcoolique. Même si son thème central peut sembler sombre, LIFE OF CHUCK n’est jamais pesant. Il est imprégné d’une légèreté lumineuse (certains parleront surement de naïveté) qui lui permet de développer une force introspective sur le spectateur. Flanagan touche le merveilleux du doigt, livrant une œuvre profondément humaine, presque métaphysique, et pourtant accessible. C’est une véritable ode à la vie, un film qui reste en nous, va murir avec le temps et pourrait bien devenir culte au fil des années. Partager
- Vous ne verrez plus votre livreur Uber Eats de la même façon…
Découvrez notre critique détaillée du film L’HISTOIRE DE SOULEYMANE . L’HISTOIRE DE SOULEYMANE ❤️❤️❤️❤️ Vous ne verrez plus votre livreur Uber Eats de la même façon… Souleymane livre des repas en attendant son entretien de demande d’asile, qui a lieu dans deux jours. 48 heures pendant lesquelles nous le suivons courir dans la capitale, alors qu’il essaie de se préparer pour ce rendez-vous fatidique… On a affaire à un film immersif, avec une caméra à l’épaule collant constamment à notre personnage. Ici, il n’y a pas d’histoire secondaire : pendant 1h30, on est avec Souleymane, on vit avec lui ses angoisses, ses doutes, et la terrible pression qui pèse sur ses épaules. Le film oscille continuellement entre le documentaire social et le thriller. Le spectateur est en apnée, emporté dans cette course contre la montre qui n’est pas sans rappeler l’excellent À PLEIN TEMPS, sorti il y a trois ans. Et même si on devine où le film veut aller, il y a un réel sens du rythme et de la tension. La caméra se pose rarement, et on est tenu en haleine jusqu’à un dernier acte bouleversant qui vient nous prendre aux tripes. Le film évite les clichés du genre et tout misérabilisme, en se concentrant sur les faits, sans fioritures ni musique, ce qui rend le propos encore plus réaliste et percutant. Plus que de dénoncer un système, Boris Lojkine nous livre le portrait poignant d’un homme confronté à une réalité implacable, qui cherche à se créer une place dans la société. Le spectateur se prend d’empathie pour Souleymane, incarné par Abou Sangare, qui, comme le reste du casting, est toujours juste malgré son statut d’acteur non-professionnel. Le film nous rappelle que, même si nous avons tendance à souvent nous plaindre en France, nous jouissons de privilèges simplement parce que nous avons eu la chance inouïe de naître au bon endroit, au bon moment. C’est le genre de film qui, lorsque la lumière se rallume, reste gravé en nous et auquel on pense longtemps… Partager
- Critique de LES NUITS DE MASHHAD – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES NUITS DE MASHHAD . LES NUITS DE MASHHAD ❤️❤️❤️❤️ C’est un thriller, basé sur une histoire vraie, retraçant l’histoire d’un serial killer ayant décidé de «purifier» Mashhad des prostitués au nom de dieu. Il est réalisé par Ali Abbasi, un réalisateur Danois d’origine Iranienne. On comprend très vite pourquoi le film n’a pas été tourné en Iran, tant le film critiquera la misogynie extrême du peuple, la corruption de sa société et la façon dont elle a accouché d’un tel monstre. De même ce n’est pas anodin qu’un des premiers rôles soit campé par Zar Amir Ebrahimi, une Iranienne qui a été condamnée et a dû fuir son pays, suite à la divulgation d’une sextape. Elle y incarne même une journaliste dont le personnage fictif qui a été créé pour le film et qui en deviendra même la représentation de la misogynie subit par les femmes. Mais même si elle a un rôle central concernant la traque du tueur, le film surprendra en prenant le parti pris de faire du personnage du psychopathe son protagoniste, incarné par un Mehdi Bajestani glaçant. La première partie est un thriller très cru et naturaliste. Il mettra constamment le spectateur dans une situation de malaise, jusqu’à filmer les meurtres de façon très crue et frontale, mais sans jamais être dans la complaisance, en montrant justement ce que la société ne voulait pas voir à l’époque. Mais le film prendra réellement son envol dans sa deuxième partie après un virage assez surprenant (j’aurais d’ailleurs même aimé que le film s’attarde plus sur cette partie). Il deviendra même passionnant par le regard qu’il porte sur la société Iranienne et pouvoir de masse qu’une religion peut avoir sur le peuple. En ce sens, il rappelle la très bonne série SUR ORDRE DE DIEU, où il est aussi question de féminicide et de la place de la femme dans une communauté mormons. Bref un triller extrêmement efficace et perturbant. Un film qui fera se questionner le spectateur et clairement ne le laissera pas indemne, à l’image de sa scène finale aussi terrifiante que lourde de sens… Partager
- Un miracle porté par l’amour maternel.
Découvrez notre critique détaillée du film MA MÈRE, DIEU ET SYLVIE VARTAN . MA MÈRE, DIEU ET SYLVIE VARTAN ❤️❤️❤️💛 Un miracle porté par l’amour maternel. Certes, le titre n’est pas forcément des plus vendeurs, mais finalement il colle parfaitement au récit. En 1963, Roland naît avec un pied-bot. Sa mère refuse d’écouter les médecins et se promet que son fils ira à l’école à pied comme tous les autres enfants. Animée par une foi inébranlable en Dieu, un amour maternel sans limites et l’obsession de son fils pour Sylvie Vartan, elle va accomplir ce qui s’apparente à un véritable miracle. Si ce synopsis peut sembler rocambolesque, il s’agit pourtant d’une histoire vraie, tirée d’un roman autobiographique. Le film retrace ainsi cinquante ans de combats, de sacrifices et d’espoirs au sein de cette famille, portée par une mère déterminée à ce que son fils ne subisse jamais son handicap. La force du film réside dans sa manière de se concentrer avant tout sur ses personnages, plutôt que sur un simple enjeu dramatique. Leïla Bekhti est absolument formidable dans le rôle de cette mère courage. Elle porte littéralement le film durant sa première moitié, incarnant une femme à la fois dans le déni, obstinée, débordante d’énergie, drôle et terriblement attachante… mais aussi envahissante et parfois insupportable. Loin de tomber dans la caricature de la mère juive possessive, le film lui offre un portrait nuancé et profondément humain, grâce à l’écriture subtile de Roland Perez, qui livre ici une véritable déclaration d’amour à sa mère. L’émotion comme l’humour sont parfaitement dosés, sans jamais forcer le trait. Et puis, il y a Jonathan Cohen, surprenant dans un rôle à contre-emploi. Après MAKING OFF l’an dernier, il prouve une nouvelle fois qu’il sait briller ailleurs que dans des rôles comiques et déjantés. Au niveau de la mise en scène, Ken Scott, un réalisateur Québécois à qui l’on doit l’excellent STARBUCK, choisi un montage dynamique, qui nous fait traverser les époques avec fluidité, tout en exploitant intelligemment la répétition des situations. Le film reste fidèle à l’aspect autobiographique du roman en intégrant une voix off, qui renforce la narration tout en évitant les longueurs. La photographie, elle, évolue subtilement au fil des années, apportant une vraie texture au récit. Par contre, on pourra regretter l’utilisation du rajeunissement numérique qui est assez laborieux, notamment lors d’une scène que je vais éviter de développer ici… Au final, j’ai été agréablement surpris. Je craignais que le film joue trop avec les clichés, notamment sur la possessivité des mères juives, mais il parvient à les éviter en proposant un regard sincère, drôle et touchant. Une œuvre sensible qui, bien que classique dans sa forme, touche en plein cœur. Partager














