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  • Critique de UNE ANNÉE DIFFICILE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film UNE ANNÉE DIFFICILE . UNE ANNÉE DIFFICILE ❤️❤️❤️ En règle générale, je ne suis pas amateur des comédies françaises, trop souvent sont répétitives, cumulant les scènes d’humour potache, à l’écriture fainéante et sans aucune proposition de cinéma. Mais bien heureusement, de temps en temps certains films sortent du lot en proposant un vrai travail d’écriture, avec une profondeur dans les dialogues et les sujets abordés. Et s’il y en a bien deux qui ont réussi à se faire un nom dans ce domaine, ce sont bien Eric Toledano et Olivier Nakache. Ils sont devenus au fil des années de véritables auteurs qui font bouger les spectateurs en salles rien que par leurs noms sur une affiche. Leurs comédies feelgood réussissent à faire rire mais aussi à proposer une photographie de notre société, en s’attaquant à des sujets forts. Mais surtout ils s’avèrent être des directeurs d’acteurs admirables. Avec UNE ANNÉE DIFFICILE, ils décident donc d’aborder les thèmes de l’écologie et de la consommation de masse. On va donc suivre deux antihéros surendettés qui vont intégrer des militants écolos, en y voyant une opportunité de pouvoir y gagner quelque chose. Et pour ce qui est de la comédie, l’objectif est amplement rempli et ils nous proposent certainement leur film le plus drôle. La scène d’ouverture donne tout de suite le ton à l’aide d’un montage d’archive à mourir de rire. Certains dialogues et comiques de situation sont hilarants et le public rit énormément. D’autant plus que le duo Pio Marmai-Jonathan Cohen fonctionne à merveille. Ils ont un sens du timing comique admirable, dans un registre qu’ils maitrisent parfaitement. Le rythme est maitrisé et on ne s’ennuie jamais. Par contre en ce qui concerne le côté film de société, le film pêche un peu. Pourtant ça commence plutôt bien, en mettant un peu le spectateur face à un miroir, mais au fur à mesure que le film avance, il perd en profondeur. Il a l’avantage de nous faire réfléchir sur notre mode de vie, sans jamais être moralisateur, en abordant divers thèmes, mais ne prend jamais vraiment le temps de les approfondir, et l’ensemble manque d’émotion. Il faut dire qu’il n’est pas aidé par les enchainements de blagues, qui même si elles fonctionnent, finissent par l’éloigner de son sujet. De même la romance du film peine aussi à convaincre et prend trop de place, au détriment des thèmes principaux. Après, on ne peut pas lui enlever son magnifique final donnant des airs de fable et apportant une proposition métaphorique plutôt bien vu. Bref, même si, au vu du sujet, j’en attendais peut-être trop, pour ce qui est de la comédie, c’est largement au-dessus de ce que nous propose le cinéma français. Et par les temps qui courent, la promesse de rire devrait largement suffire au public pour aller découvrir ce film en salle. Partager

  • Un casting ouf pour un film qui est loin de l’être…

    Découvrez notre critique détaillée du film L'AMOUR OUF . L'AMOUR OUF ❤️️💛 Un casting ouf pour un film qui est loin de l’être… Voici sûrement le film que j’attendais le plus cette année. J’aime beaucoup Gilles Lellouche, et j’avais été très agréablement surpris par sa première réalisation, UN GRAND BAIN. J’étais donc très excité par ce nouveau projet, qui s’annonçait extrêmement ambitieux : un film de près de trois heures, promettant une épopée romanesque plongée dans la violence des gangs, le tout porté par un casting de rêve. Sauf que le costume était bien trop grand pour le réalisateur, qui n’est ni Paul Thomas Anderson, ni Martin Scorsese. Ma séance s’est vite transformée en long supplice face au naufrage auquel j’ai assisté… Pourtant, le film commençait très bien, avec une scène d’ouverture coup de poing à la mise en scène bluffante. J’ai même failli être emporté par les premières minutes qui jouent admirablement avec la nostalgie des années 80. Mais le château de cartes s’est malheureusement très vite effondré, car rien ne va… Il y a deux semaines, je me plaignais de Joker : Folie à deux, qui justement manquait de folie, et ici, malheureusement, c’est l’histoire d’amour qui ne m’a jamais accroché. Bon, il faut dire que la gentille jeune fille qui tombe sous le charme du bad boy du quartier, niveau originalité, on repassera. D’autant plus que c’est servi avec des gros sabots, à base de baisers langoureux sur fond de coucher de soleil, éclipses solaires, au milieu champs fleuris et autres plages… Sans parler des dialogues souvent assez niais, dignes d’un téléfilm du dimanche après-midi… Bref, mon empathie pour le couple était proche du néant, et sans implication, impossible de ressentir la moindre émotion… Et le tout n’est pas aidé par le côté "film de gangsters", qui plonge lui aussi tête la première dans tous les clichés du genre et tombe dans une simplicité consternante. Je vais éviter de trop m’étendre sur les facilités scénaristiques qui frôlent parfois le ridicule, comme le moment où le film boucle la boucle avec sa scène d’ouverture, qui s’avère être simplement un joli foutage de gueule… Après, on peut reconnaître à Gilles Lellouche une image soignée et quelques belles idées de mise en scène. Mais le tout est noyé dans une multitude d’effets pompeux et sans intérêt, qui donnent parfois l’impression de regarder un clip. Le film finit par ressembler à un joli fourre-tout qui se perd à trop vouloir en faire, trouvant même le moyen d’inclure une scène de comédie musicale sortie de nulle part, et loin d’apporter le lyrisme souhaité… Mais surtout, la plus grande prouesse du film, c’est de s’offrir un casting XXL et de leur donner des personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres. Ils ne sont pas aidés par la direction d’acteurs, qui les pousse à en faire des caisses, ce qui n’a réussi qu’à intensifier le malaise que je ressentais devant l’écran… Heureusement, Alain Chabat est mieux servi, voire attachant dans son rôle de père aimant et maladroit. Allez, je vais être sympa, je vais sauver un truc : la partie comique du film. On retrouve souvent le sens de la répartie que j’affectionne chez Lellouche, et je dois avouer que ça m’a souvent fait rire. Mais là encore, c’est parfois totalement hors de propos, et certaines scènes (comme celle du coffre) sont très drôles hors contexte, mais desservent totalement la dramaturgie du film… 2h40 pour raconter si peu de choses… C’est lourd, on voit tout venir à l’avance, c’est terriblement long, et ma déception n’en a été que plus grande… Partager

  • La série qui va dissocier votre cerveau.

    Découvrez notre critique détaillée de la série SEVERANCE SEVERANCE ❤️❤️❤️❤️💛 La série qui va dissocier votre cerveau. Quelle claque !!! Je vous aurai prévenu, vous n’êtes pas prêts… Le pitch ? Impossible d’en parler tellement c’est dingue !!! Sachez juste que c’est une série à qui propose un high concept fou, mais surtout l’exploite à merveille. Et surtout, n’allez pas lire de quoi ça parle et lancez-vous dedans vierge de toute information pour pouvoir savourer au maximum ce petit bijou audiovisuel. Car clairement, à l’image de son générique, ça pue le chef d’œuvre !!! (D’ailleurs, ce générique est tellement bien foutu que je ne l’ai simplement jamais zappé…). Donc, concernant l’histoire, je peux juste vous dire qu’on a affaire à un thriller d’anticipation dystopique à l’écriture admirable. Si vous avez aimé des films comme ETERNAL SUNSHINE OF SPOTLESS, BIENVENUE A GATACA, HER et autre EX-MACHINA, vous allez adorer. C’est inventif, intriguant et d’une profondeur qui laisse sans voix. Au fil des épisodes, ça va vous retourner le cerveau, tout en offrant une critique acerbe sur notre société qui fait froid dans le dos. On est un peu perdu lors des premiers épisodes, on se demande où ça va, mais on se laisse emporter par cette histoire qui va s’avérer de plus en plus fascinante, en nous offrant au fur et à mesure des indices sur son univers, jusqu’à un épisode final HA-LU-CI-NANT faisant l’effet d’un électrochoc !!! La mise en scène froide est extrêmement maitrisée, avec des plans millimétrés et cette obnubilation pour la symétrie qui rendrait jaloux Wes Anderson. Et cette histoire de dingue nous est délivrée par un casting de haut vol, avec entre autre John Turturro, Christopher Walken et autre Patricia Arquette. Ils nous offrent une panoplie de personnages tous aussi attachant que décalés et ayant un réel impact sur le scénario. Car pour enfoncer le clou de cet ovni sorti de nul part, on retrouve Ben Stiller à la production et à la réalisation de certains épisodes et clairement il y apporte son côté déjanté et satirique. Bref, un ENORME coup de cœur !!! Partager

  • Critique de BEAU IS AFRAID – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film BEAU IS AFRAID . BEAU IS AFRAID ❤️❤️❤️ Bon, j’ai vu le film hier, mais il m’aura fallu la nuit pour digérer ce que je venais de voir, car c’est certainement le film le plus fou que nous proposera le cinéma cette année. C’est un peu le cinéma de David Lynch qui percute ceux d’Aronofsky, Giliam, Cronenberg et autre Kaufman… BEAU IS AFRAID est donc le troisième film d’Ari Aster et il confirme ce que je pense de lui : même si je ne suis pas un grand fan du genre horrifique, son cinéma me fascine mais il a tendance à me perdre. Et si vous aviez détesté HEREDITE ou MIDSOMMAR, autant vous prévenir, il ne va pas vous réconcilier avec son cinéma et ça risque d’être très compliqué pour vous. Car ça va tellement plus loin… Et clairement, je n’étais peut-être pas prêt… C’est un peu compliqué de résumer le film sans trop en dévoiler, et je vous conseille d’ailleurs de tenter l’expérience en n'en connaissant un minimum (car oui, c’est ça BEAU IS AFRAID : une expérience cinématographique). Et rien que pour ça, on ne peut que saluer la prise de risque qui met le spectateur hors de sa position de confort, que ce soit par sa proposition ou sa narration. En gros, on y suit Beau, un anxieux et névrosé maladif, en prenant le choix de placer le spectateur dans la tête de son héros en nous montrant le monde tel qu’il le voit. Et on comprend dès l’ouverture du film que le film va être malaisant et viscéral. Le premier acte du film est même un petit bijou à lui tout seul où Aster montre toute la maestria de sa mise en scène. Car s'il y a bien une chose qu’on ne peut enlever à ce cinéaste, c’est que ses films sont techniquement extrêmement maitrisés et qu’il a un don pour installer une ambiance et nous marquer par des scènes iconiques. Ses plans fourmillent de détails, en jouant notamment avec les arrières plans, les transitions et les bruitages pour parfaire son ambiance. On va donc être entrainé dans un cauchemar de trois heures, en mélangeant l’horreur, le surréalisme, le drame et la comédie burlesque (parce que bizarrement c’est souvent très drôle). Trois heures… et pour moi c’est bien le souci, car c’est long… trèèèèèès long... Et même si le film m’a souvent passionné, ce trip a tendance à devenir épuisant, jusqu’à me perdre totalement dans un dernier acte. Le film finit par noyer le spectateur dans ses métaphores, et même s'il doit énormément gagner avec un second visionnage, sa longueur fait que je ne suis pas sûr de vouloir y retourner… Bref, en trois films Ari Aster continue à m’intriguer et je n’arrive toujours pas à savoir si j’aime ou je déteste son cinéma. Une chose est sûr, c’est qu’il me fascine… Partager

  • Critique COLORATURE, MRS JENKINS ET SON PIANISTE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle COLORATURE, MRS JENKINS ET SON PIANISTE COLORATURE, MRS JENKINS ET SON PIANISTE ❤️❤️❤️💛 Foster Jenkins est une milliardaire qui, dans les années 1930, remplissait les salles… en chantant faux… 20 ans après sa mort, le pianiste Cosme McMoon, va nous raconter ses douze années de collaboration avec cette castafiore. La pièce nous raconte donc leur relation qui se transformera progressivement en amitié. J’étais venu voir ce spectacle pour Gregori Baquet, acteur que j’apprécie particulièrement, mais l’alternance fait que j’ai eu le droit à Cyril Romoli. Ma déception n’a été que de courte durée, car il est parfait, que ce soit dans son jeu, au piano et même lorsqu’il chante. Il est pour beaucoup dans l’attachement que l’on a pour les deux personnages, avec sa façon de continuellement protéger cette cantatrice atypique. Mais la star de ce spectacle, c’est bien Mrs Jenkins, interprétée par une Agnès Bove qui impressionne par sa voix. Ancienne chanteuse lyrique, on est bluffé par sa façon de massacrer sa voix avec une telle justesse. Et même si le public rit énormément d’elle lors de ses nombreux passages chantés, ça ne tombe jamais dans la caricature. Au contraire, elle dépeint une femme exubérante, mais avec beaucoup de sincérité. Pathétique dans un premier temps, elle finit par nous toucher lorsque qu’on se rend compte qu’elle n’a aucune conscience du désastre musical. Le spectacle prend ainsi un air de mise en abîme, avec nous public, se moquant de cette « Diva ». Et rit donc énormément des chants de cette « Diva », jusqu’à un final ingénieux et surtout magnifique. Partager

  • Critique de PAUVRES CRÉATURES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film PAUVRES CRÉATURES . PAUVRES CRÉATURES ❤️❤️❤️❤️ J’ai vu ce film il y a deux jours et ce n’est pas plus mal d’avoir pu prendre le temps pour le digérer avant d’en parler. Car à la sortie de la salle, je n’étais pas sûr de savoir à quel point j’avais aimé ce film, mais ce qui est certain c’est que depuis son visionnage, je ne cesse d’y penser. A l’instar de film comme MOTHER !, ANNETTE ou autre BEAU IS AFFRAID, la proposition est tellement radicale qu’elle marquera indéniablement le spectateur… Je vais essayer d’en dévoiler un minimum, car la découverte de l’univers est un des grands atouts du film. Donc pour faire simple, on a affaire à une relecture du mythe de Frankenstein au féminin (enfin, ça va BEAUCOUP plus loin que ça…) C’est le genre de film qui ne ressemble à aucun autre et qui s’écarte de tous les standards au point de risquer de laisser sur le bas-côté une partie du public. Et je dois bien avouer que j’ai eu du mal à rentrer dedans. Le film commence par un huit clos en noir et blanc au rythme assez lent mais nécessaire pour la suite. On y découvrira Bella, cette femme ramenée à la vie avec une âme d’enfant et retenue enfermée par son créateur pour la préserver du monde extérieur. Et justement le film va prendre toute son ampleur, pour devenir une quête initiatique, quand elle partira dans une odyssée folle à la découverte de ce monde dont elle ignore tout. Sur la forme le film est assez exceptionnel et c’est une des raisons pour lesquelles il est aussi marquant. La direction artistique, extrêmement maitrisée, nous offre une aventure baroque et visuellement déconcertante, avec des décors hallucinants aux couleurs chatoyantes. Visuellement c’est éblouissant, et chaque titre découpant le chapitrage du film est à lui seul une œuvre d’art. D’autant plus que Lanthimos a un vrai don pour composer ses plans, et même si souvent l’image peut paraitre surchargée, on en prend plein les yeux. L’histoire a beau se passer dans notre monde, tout semble ici surréaliste, comme s’il nous montrait cet univers tel que le perçoit notre héroïne. Cela donne au film des airs de rêves ou de cauchemars, tant tout semble être là pour mettre le spectateur dans un certain inconfort. Que ce soit par ses visuels, ses personnages, ses situations, ou même par la musique souvent dissonante, il y a constamment un côté baroque et une sensation de malaise qui survole l’ensemble. D’autant plus que la mise en scène du réalisateur fait tout pour renforcer l’étrangeté de l’œuvre. Il pousse constamment les curseurs à fond, risquant même parfois l’overdose… Il utilise notamment une multitude de focales, allant du grand angle au fish-eye, donnant parfois la sensation d’espionner ce qui se passe à travers un judas. Mais, même si ça apporte un côté visuel intéressant, parfois ça m’a laissé dubitatif et m’a donné l’impression qu’il use et abuse de ce procédé un peu artificiellement… Le pitch du film ressemble donc bizarrement à celui d’un certain BARBIE, avec cette femme candide découvrant le monde extérieur, mais avec un message féministe beaucoup plus fort. On a ici un parcours initiatique, avec cette émancipation d’une femme sans filtre, exprimant la moindre de ses pensées, à l’image d’un enfant et ignorant les codes de notre société. Ce qui lui permettra de se libérer du patriarcat ou de la misogynie des hommes, alors que tous ceux qu’elle rencontre cherchent d’une manière ou une autre à avoir une emprise sur elle. Ainsi, les pauvres créatures du titre représentent bien plus ces hommes qui voudraient la contrôler que notre Bella… Mais surtout, le film va parler d’une femme qui, sans préjugé, va s’approprier et disposer de son corps, sans s’inquiéter du regard des autres. D’ailleurs, si vous avez un souci avec le sexe au cinéma, le film risque de vous poser un sérieux problème, car il a une place centrale ici. Le film va notamment multiplier les scènes de nudité, mais jamais de façon gratuite ou voyeuriste et apportant au contraire quelque chose au message du film. Après, je dois aussi avouer que même si le propos du film est pertinent et plutôt bien exploité, et bien ça traine parfois en longueur et qu’il a tendance à trop insister sur les situations, car oui les 2h20, même si le film a d’indéniables qualités, je les ai senti passer. Mais il y a Emma Stone… Mais il y a EMMA STONE !!! Mais quelle prestation !!! À elle seule, elle fait prendre au film une ampleur phénoménale. Même si le reste du casting est vraiment bon, avec notamment un Mark Ruffalo irrésistible et un Willem Dafoe touchant, elle met la barre tellement haut et efface tous les défauts du film. Elle se donne corps et âme pour ce rôle et montre une nouvelle fois l’étendue de son talent d’une façon déconcertante. Son jeu évolue subtilement au fil des scènes, aussi bien dans son expression corporelle que par sa façon de s’exprimer. Et puis il y a son regard, ses yeux dans lesquels tu plonges littéralement et qui a eux seuls arrivent à te faire ressentir les émotions qu’elle véhicule. Clairement, elle se voit offrir ici le rôle d’une vie et sa prestation marquera l’histoire du cinéma. Bref, même si j’ai trouvé que Lanthimos a tendance à en faire parfois un peu trop, aussi bien sur le fond que sur la forme, passant à deux doigts du chef d’œuvre, il nous livre un film éblouissant porté au sommet par une immense actrice. Partager

  • Critique de MISANTHROPE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film MISANTHROPE . MISANTHROPE ❤️❤️❤️❤️ Le film rentre directement dans le vif du sujet en s’ouvrant sur une tuerie de masse glaçante. On a affaire à un polar noir, un thriller psychologique sombre dans la droite lignée d’un SILENCE DES AGNEAUX. Après m’avoir ravi avec son excellent LES NOUVEAUX SAUVAGES, Damian Szifron confirme son talent de metteur en scène et au soin qu’il apporte à l’écriture de ses personnages pour nous offrir un miroir sur notre société. Il arrive à proposer des moments de tension d’une efficacité redoutable tout en installant une atmosphère pesante. Mais bien plus qu’une chasse à l’homme, c’est bien tout le sous texte du film, qui met le doigt sur les dérives du monde occidental, qui est au centre du film. Le film est aidé par un duo impérial interprété par Shailene Woodley et Ben Mendelsohn. Leur relation élève-mentor est remarquablement écrite en mettant en avant leurs failles plutôt que d’en faire des supers flics. Malheureusement, même si j’ai trouvé le film remarquablement écrit et subtil dans son propos, ce n’est pas le cas de son dernier acte qui, même si on peut y voir une métaphore, a eu tendance à sérieusement faire retomber le soufflé en ce qui me concerne... Il n’en reste pas moins un polar qui sort largement du lot et qui mérite d’être vu, ne serait-ce que pour l’intelligence de son écriture et son duo d’acteur. Partager

  • Le rire comme porte d’entrée, l’émotion comme destination.

    Découvrez notre critique détaillée du film CEUX QUI COMPTENT . CEUX QUI COMPTENT ❤️❤️❤️ Le rire comme porte d’entrée, l’émotion comme destination. Rose, mère d’une famille dysfonctionnelle, fait la rencontre de Jean, un marginal qui va lui tendre la main. Elle la saisit… et tout le reste avec. Le film commence comme une comédie jouant avec des situations parfois improbables pour provoquer le sourire. Mais ce ton léger ne dure pas : peu à peu, le récit glisse vers une tonalité douce-amère, où le rire laisse place à une émotion plus nuancée. Le film va ainsi jouer avec des ruptures de ton pour transformer le récit initial en un drame sincère, loin des effets dramatiques appuyés. Jean-Baptiste Leonetti fait passer la dramaturgie par les silences, les regards et les gestes. Notamment avec le personnage de Pierre Lotin, extrêmement mutique, qui fait souvent résonner ce que les autres n’expriment pas. Sa relation avec celui de Sandrine Kiberlain fonctionne comme un duo mal assorti, d’abord dissonant, mais qui finit par se compléter. Le film détourne les codes de la comédie romantique (rencontre improbable, frictions, rapprochement progressif) sans jamais basculer pleinement dans la romance. Il privilégie l’évolution humaine plutôt que le romantisme attendu. Le contraste entre Rose, solaire et expansive, et Jean, taciturne et retenu, contribue également à cette dynamique, créant un équilibre subtil entre énergie et intériorité. On peut toutefois regretter un rythme parfois trop lent, qui, bien qu’en accord avec cette approche intimiste, finit par freiner l’élan du récit. De même, certaines situations comiques, un peu trop artificielles, viennent par moments affaiblir l’émotion sincère que le film cherche à faire émerger. Ceux qui comptent s’impose finalement comme un portrait intime et profondément humain. Celui d’une mère courage, véritable force de la nature, prête à tout pour les siens. Mais aussi un film sur la résilience et l’entraide. Et rien que pour cela, on lui pardonne volontiers ses quelques faiblesses. Partager

  • L’histoire d’une femme qui aime jusqu’à la folie

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle MA FOUDRE MA FOUDRE ❤️❤️❤️💛 L’histoire d’une femme qui aime jusqu’à la folie Olive est une jeune femme atteinte de psychose érotomane : persuadée que son ostéopathe, Simon, est amoureux d’elle, elle bâtit un univers obsessionnel dans lequel chaque geste, mot ou silence devient une preuve de cet amour fantasmé. J’avais découvert le travail de Laura Mariani avec LE JOUR OÙ J’AI COMPRIS QUE LE CIEL ÉTAIT BLEU qui avait marqué mon OFF. Elle poursuit ici son travail les trouble psychiques et la différence. La pièce s’ouvre sur une scène de fête où le jeu des comédiens, d’un naturel saisissant, nous permet de nous identifier très vite aux personnages. Puis, lentement, le réel se fissure. L’histoire glisse dans un entre-deux troublant, le monde réel et celui qui habite Olive. La scénographie ingénieuse offre deux espace scéniques distincts. L’avant-scène représentant les scènes réalistes du quotidien, où l’entourage d’Olive sera confronté à sa folie. L’arrière-scène surélevée, représente son espace mental, ses fantasmes et hallucinations. Des panneaux translucides seront le symbole de cette réalité brouillée dans l’esprit du personnage. La mise en scène joue brillamment sur les glissements entre réel et imaginaire : scènes dialoguées hyperréalistes alternent avec des séquences hallucinées, parfois musicales, parfois poétiques, donnant corps à la psychose d’Olive. La musique jouée en direct, incarnation spectrale de la figure paternelle, intensifie la tension émotionnelle et devient peu à peu un personnage à part entière. Les sept comédiens portent le texte avec une justesse remarquable. Mais je retiendrai surtout Odile Lavie, dans le rôle d’Olive, dont l’interprétation fragile et intense donne au personnage une complexité bouleversante. MA FOUDRE fascine autant qu’elle dérange. Elle parle de la folie sans juger, mêle le malaise à la poésie, et nous emporte dans un vertige où l’amour devient orage. Partager

  • Critique de ANNETTE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film ANNETTE . ANNETTE ❤️❤️❤️💛 J'ai eu du mal à rentrer dans le délire de Carax (souvent le cas avec lui), mais le film a fini par m'emporter POUR - La scène d'ouverture - La musique des Sparks offre quelques scènes d'anthologie - C'est plus un opéra-rock qu'une comédie musicale - C'est une tragédie sombre et malaisante se rapprochant d'un Dancer in the dark - C'est bourré d'idées de mise en scène - Certains plans sont magnifiques et transpirent de poésie - C'est original, déroutant et souvent surprenant - Adam Driver en état de grâce. Certes, ce n'est pas le roi du charisme, mais QUEL acteur !!! - Le personnage d'Annette (je ne développe pas car je ne sais pas si c'est abordé dans la bande annonce) - La deuxième moitié du film et un final vraiment réussi - Au cinéma, c'est vrai que ça claque - J'étais seul dans une salle de 200 personnes !!! CONTRE - Ça ne caresse pas le spectateur dans le sens du poil et prend le risque de le perdre en cours de route - Je ne vais pas mentir, passé la scène d'ouverture, je me suis un peu fait chier pendant la première moitié du film (même si visuellement, rien à redire), puis le film a réussi à me chopper - Les scène de stand-up de Driver sont souvent lourdes (même si une d'elles est vraiment bien foutue) - Le fait qu'il y ait TRES peu de dialogues n'aide pas à la construction des personnages - Il y a certains passages un peu kitschs (même si totalement assumés) qui m'ont laissé dubitatifs - Driver est un acteur magistral, mais niveau chanteur... Bref, même si ça vaut vraiment le coup de le voir au cinéma, j'ai mis beaucoup de temps en rentrer dedans et même si la deuxième moitié est assez dingue, elle n'efface pas ce sentiment mitigé Partager

  • Lorsque le Hip-Hop et la boxe fusionnent

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle PRÉLUDE PRÉLUDE ❤️❤️❤️💛 Lorsque le Hip-Hop et la boxe fusionnent Le spectacle s’ouvre sur la 5e Symphonie de Beethoven, sur laquelle les deux femmes et sept hommes de la troupe de Kader Attou commencent à danser. Tous professionnels du hip-hop, ils évoluent sous le regard du chorégraphe, qui avoue ne pas être satisfait du résultat... Puis, la musique électroacoustique de Romain Dubois prend le relais. À partir de là, les danseurs entrent en vibration avec la musique, qui accélère crescendo jusqu’à un final d’une puissance redoutable. Tout au long du spectacle, Kader Attou nous parle de sa naissance, de sa découverte de la boxe — qui l’a initié aux corps en mouvement — puis de la danse. La boxe, véritable fil conducteur des chorégraphies, s’accorde parfaitement avec le hip-hop. Les mouvements des danseurs s’accélèrent et ralentissent au rythme de la mélodie, créant une tension constante. Souvent en groupe, parfois isolés pour mieux mettre en lumière un artiste, ils nous offrent aussi des duos inoubliables. Ces instants suspendus, où la danse classique des femmes se mêle au hip-hop des hommes, sont d’une poésie remarquable. Ces tableaux sont d’autant plus sublimes qu’ils sont accompagnés de jeux de lumière saisissants, mêlant clairs-obscurs et ombres chinoises. Comme c’est souvent le cas dans ce type de spectacle, certains tableaux marquent plus que d’autres, mais visuellement, plusieurs passages sont tout simplement somptueux. Et, comme je l’ai dit plus haut, le final est d’une intensité folle : les artistes semblent tout donner, portés par une musique qui ne cesse de monter en puissance, pour offrir un GRAND final à ce show. Partager

  • Quand les absurdités d’hier éclairent les combats d’aujourd’hui.

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE MANUEL DE LA JEUNE MARIÉE 1957 LE MANUEL DE LA JEUNE MARIÉE 1957 ❤️❤️❤️❤️ Quand les absurdités d’hier éclairent les combats d’aujourd’hui. Théâtre Actuel - 13h45 Dates supplémentaires les 6-13-20 à 10h00 Nous sommes en 1957. Cinq jeunes femmes, à la veille de leur mariage feuillettent un manuel censé leur enseigner comment devenir l’épouse parfaite… On y découvre des recommandations pour le moins… déroutantes : boire un litre de bière par jour, éviter de regarder des statues trop dénudées dans les musées, talquer son bébé… à l’amiante. Des citations qui prêtent d’abord à sourire, avant de susciter la stupeur lorsqu’on réalise qu’elles ont bel et bien existé. Chansons, chorégraphies rétro, sketches satiriques : la première partie du spectacle prend la forme d’une comédie musicale pétillante. Le pianiste, parfois lui-même « époux modèle », accompagne les comédiennes dans un tourbillon de légèreté et d’humour grinçant. Le principe aurait pu devenir redondant, mais c’était sans compter sur l’ingéniosité de Virginie Lemoine. Rapidement, les apparences craquent. Chacune des cinq comédiennes livre un monologue où son personnage se dévoile dans un monologue. Elles évoquent leurs rencontres avec leurs futurs maris, leurs familles, leurs rêves et leurs doutes. On passe alors du théâtre de citation à un théâtre de l’intime, et c’est dans ce basculement que le spectacle révèle toute sa profondeur. La pièce trouve ainsi un parfait équilibre entre humour et émotion. Les comédiennes, formidables de sincérité, d’humanité et d’engagement, nous touchent en plein cœur. Elles brillent autant dans le chant et la comédie que dans la justesse de ces instants de vérité. À travers leurs récits, ce sont toutes les femmes invisibilisées d’une époque pas si lointaine qui reprennent la parole. L’intelligence de Virginie Lemoine est de ne jamais forcer le trait et de ne pas asséner de message militant. C’est le texte lui-même, avec son absurdité cruelle, qui devient dénonciation. En jouant le manuel au premier degré, le spectacle évite la caricature et invite à la réflexion sur le chemin parcouru… et celui qui reste à faire… La mise en scène épurée laisse toute la place au jeu des actrices, à la musique et aux mots. On sort troublé, ému, reconnaissant envers ces voix du passé qui éclairent notre présent. Et avec une conviction profonde : la liberté dont jouissent aujourd’hui les femmes est le fruit de luttes acharnées. Mais aussi que ce combat, lui, est loin d’être terminé. Partager

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