CEUX QUI COMPTENT
❤️❤️❤️
Le rire comme porte d’entrée, l’émotion comme destination.

Rose, mère d’une famille dysfonctionnelle, fait la rencontre de Jean, un marginal qui va lui tendre la main. Elle la saisit… et tout le reste avec.
Le film commence comme une comédie jouant avec des situations parfois improbables pour provoquer le sourire. Mais ce ton léger ne dure pas : peu à peu, le récit glisse vers une tonalité douce-amère, où le rire laisse place à une émotion plus nuancée. Le film va ainsi jouer avec des ruptures de ton pour transformer le récit initial en un drame sincère, loin des effets dramatiques appuyés.
Jean-Baptiste Leonetti fait passer la dramaturgie par les silences, les regards et les gestes. Notamment avec le personnage de Pierre Lotin, extrêmement mutique, qui fait souvent résonner ce que les autres n’expriment pas. Sa relation avec celui de Sandrine Kiberlain fonctionne comme un duo mal assorti, d’abord dissonant, mais qui finit par se compléter.
Le film détourne les codes de la comédie romantique (rencontre improbable, frictions, rapprochement progressif) sans jamais basculer pleinement dans la romance. Il privilégie l’évolution humaine plutôt que le romantisme attendu. Le contraste entre Rose, solaire et expansive, et Jean, taciturne et retenu, contribue également à cette dynamique, créant un équilibre subtil entre énergie et intériorité.
On peut toutefois regretter un rythme parfois trop lent, qui, bien qu’en accord avec cette approche intimiste, finit par freiner l’élan du récit. De même, certaines situations comiques, un peu trop artificielles, viennent par moments affaiblir l’émotion sincère que le film cherche à faire émerger.
Ceux qui comptent s’impose finalement comme un portrait intime et profondément humain. Celui d’une mère courage, véritable force de la nature, prête à tout pour les siens. Mais aussi un film sur la résilience et l’entraide. Et rien que pour cela, on lui pardonne volontiers ses quelques faiblesses.

