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- Frankenstein : la folie à deux
Découvrez notre critique détaillée du film THE BRIDE ! . THE BRIDE ! ❤️❤️❤️ Frankenstein : la folie à deux Avec The Bride! , Maggie Gyllenhaal dynamite le mythe de La Fiancée de Frankenstein pour en faire une fable gothique, punk et résolument excessive. La Fiancée n’est plus une créature façonnée pour aimer : elle hurle, se rebelle et refuse d’être un fantasme. Le film dialogue ouvertement avec Joker: Folie à Deux : même figure de héros solitaire, marginal, tombant amoureux d’une femme déjantée avec laquelle il part en cavale. Cette parenté est renforcée par le fait que les deux films partagent le même directeur de la photographie et la même compositrice. On retrouve aussi l’esprit de Bonnie and Clyde , entre romance criminelle et fuite en avant. La dimension polar noir se mêle par instants au film de mafia ou à la comédie musicale, avec une Créature fascinée par ce genre cinématographique. Le choix de situer l’histoire en 1930 n’est pas anodin. Il fait un clin d’œil historique au premier Frankenstein de 1931, et à l’âge d’or de la comédie musicale. Mais surtout, le récit s’ancre dans une société patriarcale et rigide, où chaque geste de la Fiancée devient un acte de révolte, donnant au film une dimension ouvertement féministe. Les personnages féminins apparaissent d’abord éclipsés par leurs compagnons : la Fiancée comme l’enquêtrice semblent définies par les hommes et reléguées à des rôles secondaires. Mais le film suit leur émancipation progressive : elles reprennent le contrôle, affirment leur volonté et imposent leur voix dans le récit. Jessie Buckley incarne cette énergie avec un jeu physique, explosif et volcanique, et prouve que l’Oscar qu’elle pourrait décrocher pour Hamnet ne serait pas un hasard. Face à elle, Christian Bale apporte un contrepoint plus mélancolique et intérieur. Leur duo fonctionne particulièrement grâce à un contraste très marqué, nourrissant une tension constante entre attraction et rejet. Visuellement, le film frappe par l’univers baroque et mythologique qu’il déploie. La reconstitution stylisée de l’Amérique des années 1930 impressionne, notamment avec un Times Square éclatant. Les costumes mêlent authenticité d’époque et exagération, accentuant la révolte et l’identité des personnages, tandis que le maquillage et les transformations participent au caractère opéra-gothique de l’ensemble. Pour autant, le scénario montre ses limites. L’enquête manque de tension et de progression crédible, tandis que l’intrigue liée à la mafia reste anecdotique. L’accumulation d’intrigues et de thèmes finit par alourdir un récit qui aurait gagné à être resserré. Le discours féministe et social qui manque parfois de subtilité. Le côté décousu et surchargé du film s’explique sans doute par les reshoots qu’il a connu. L’ensemble déborde d’idées et d’inventions visuelles, mais le film est à l'image de sa créature : un immense patchwork où tout semble parfois rentrer au chausse-pied. Malgré ces réserves, The Bride! reste du vrai cinéma généreux. Ses ruptures de ton peuvent déstabiliser, mais elles participent aussi à son énergie débordante. C’est un film clivant, foutraque mais vivant, qui rappelle combien le cinéma peut être flamboyant lorsqu’il ose tout. Partager
- Critique de TOP FILMS 2024 – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film TOP FILMS 2024 . TOP FILMS 2024 Comme chaque année, voici venu l’heure du bilan de cette année cinématographique. Une année en demi-teinte : après un démarrage assez poussif, elle aura vu un automne exceptionnel. Même si ces derniers mois m’ont offert mes plus grosses déceptions de l’année (JOKER 2 , L’AMOUR OUF et cette purge qu’a été GLADIATOR 2), ils ont surtout été l’occasion de découvrir parmi les plus belles surprises de 2024. Voici donc mon top 10 de l’année. Comme d’habitude, cette liste n’a pas vocation à présenter les dix meilleurs films, mais ceux qui m’ont le plus marqué. Avec près de 100 films vus cette année, cela n’a pas été simple d’en retenir seulement dix, mais il a fallu faire des choix. 10 – ANORA Cannes 2024 aura été un excellent cru, et même si cette Palme d’or n’est pas mon film préféré de l’édition, elle reste un très bon film. Une fable moderne sur une travailleuse du sexe, à la fois maline, touchante, profonde et surtout TRÈS drôle. Sans oublier la révélation de l’année : Mikey Madison, qui explose littéralement à l’écran. 9 – LE ROBOT SAUVAGE En quelques années DreamWorks met la misère à Disney et Pixar. Ce film est d’une beauté sans nom, aussi bien pour ses images à couper le souffle que pour la vague d’émotions qui submerge le spectateur. Un film d’animation original qui touche autant les petits que les grands, laissant le public ressortir avec un sourire ému et des larmes au bord des yeux. 8 – IL RESTE ENCORE DEMAIN Une comédie populaire italienne dans le plus beau sens du terme. Le film choisi de s’attaquer aux violences conjugales sous le signe de la comédie, sans jamais dénaturer son propos. La mise en scène est inventive, avec un noir et blanc des plus maitrisé. Et surtout l’écriture est admirable. Elle accumule les scènes marquantes et surprend constamment le spectateur, jusqu’à ne dévoiler son réel sujet que dans les cinq dernières minutes… 7 – NOSFERATU Un conte gothique et horrifique qui colle parfaitement à l’univers de Robert Eggers. Il en tire parmi les plans les plus éblouissants de l’année, mêlant beauté, poésie et horreur. Une relecture du film de 1923, faisant de Nosferatu un prédateur sexuel. L’horreur imprègne chaque scène du film, avec notamment la prestation magistrale de Lili-Rose Depp, qui livre des scènes de possession ahurissantes… 6 – LE COMPTE DE MONTE-CRISTO Le cinéma français prouve qu’il peut rivaliser avec les grosses productions américaines pour offrir du très grand spectacle. Un blockbuster français qui se donne les moyens de ses ambitions pour le plus grand plaisir des spectateurs. Il film apporte au roman de Dumas une relecture super-héroïque qui n’est pas sans rappeler BATMAN… et ça fonctionne à merveille. C’est épique, romanesque et porté par un casting investi et parfaitement dirigé. 5 - THE SUBSTANCE De loin ma plus grosse expérience cinématographique de l’année. Le genre de film qu’il faut absolument voir en salle où il prend une dimension folle. Alors oui, il a la subtilité d’un bulldozer dans un champs de pâquerettes, mais tout y est totalement maitrisé. Chaque plan est d’une beauté rare, et le film repousse constamment les limites. Que ce soit dans l’imagerie et le propos malaisant, ou bien dans la comédie satirique jusqu’à un final burlesque complètement dingue. Et ne serait-ce que pour Demi Moore, qui livre de loin sa plus belle prestation qui pourrait même lui valoir un Oscar (qui serait tout un symbole, vu le propos du film…) 4 – FLOW En tant qu’expérience cinématographique, FLOW se pose là. Un ovni d’animation unique qui fait le choix audacieux d’être muet. Il va en tiré toute sa force, sublimant son côté onirique. D’autant plus que le film est sublimé par une direction artistique avec un côté aquarelle apporté aux dessins, intensifiant la poésie de chaque scène. Une absence de dialogue qui va être compensé par une inventivité de chaque instant, entraînant le spectateur dans une expérience visuelle et auditive semblant tout droit sortie d’un rêve… 3 – EMILA PEREZ Un chef de cartel mexicain embauche une avocate afin de l’aider à faire sa transition de genre. Et le tout, sous forme de… comédie musicale... Sans doute le projet le plus casse gueule de l’année, mais c’était sans compter sur l’immense talent de Jacques Audiard, qui ne cesse de se renouveler à chaque film. Chacun de ses plan transpire de cinéma, avec une mise en scène sublimant constamment l’image. Il en tire une œuvre profondément humaine où la somptueuse musique viendra souligner chaque émotion de son trio de femme, qui chacune à sa façon cherchera un sens à sa vie. Le film navigue entre les genres, sans jamais se perdre, porté par un casting en or qui parvient à toucher le spectateur en plein cœur… 2 – LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE Clairement ma palme d’or de l’année. Le film dénonce la situation déplorable des femmes en Iran. Un thriller impressionnant construit sous forme d’un huit clos qui installera une métaphore saisissante entre la révolution qui gronde à l’extérieur et celle qui germe dans le cercle familial. La mise en scène impressionne par grands moments, comme une scène d’interrogatoire glaçante, mais surtout ce qui aura été pour moi la scène la plus marquante de l’année : un plan à la fois insoutenable et d’une tendresse infinie, symbolisant de la plus belle des manière cette jeunesse violentée. Un film coup de poing qui restera longtemps gravé dans ma mémoire. 1 – DUNE 2 Denis Villeneuve prouve une fois de plus à quel point il est l’un des réalisateurs les plus talentueux de notre époque. Il livre un film grandiose à l’esthétique hallucinante. Chaque plan est un véritable régal pour les yeux, avec des FX parfaitement intégrés à l’image. Il a un sens du détail à chaque instant, que ce soit les décors, les costumes, la photographie ou ce rapport d’échelle saisissant. Tout est mis en œuvre pour propulser le spectateur dans cet univers fantastique. Mais son film ne se limite pas au grand spectacle et se pare d’une vraie profondeur, porté par des personnages complexes et un casting dirigé de main de maître. Un des rare défaut du film est pour moi d’être une adaptation, là où je rêverai de voir Villeneuve mettre en scène une œuvre originale. Clairement un chef d’œuvre de la science-fiction qui deviendra culte pour toute une génération. Partager
- Critique de ANNETTE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film ANNETTE . ANNETTE ❤️❤️❤️💛 J'ai eu du mal à rentrer dans le délire de Carax (souvent le cas avec lui), mais le film a fini par m'emporter POUR - La scène d'ouverture - La musique des Sparks offre quelques scènes d'anthologie - C'est plus un opéra-rock qu'une comédie musicale - C'est une tragédie sombre et malaisante se rapprochant d'un Dancer in the dark - C'est bourré d'idées de mise en scène - Certains plans sont magnifiques et transpirent de poésie - C'est original, déroutant et souvent surprenant - Adam Driver en état de grâce. Certes, ce n'est pas le roi du charisme, mais QUEL acteur !!! - Le personnage d'Annette (je ne développe pas car je ne sais pas si c'est abordé dans la bande annonce) - La deuxième moitié du film et un final vraiment réussi - Au cinéma, c'est vrai que ça claque - J'étais seul dans une salle de 200 personnes !!! CONTRE - Ça ne caresse pas le spectateur dans le sens du poil et prend le risque de le perdre en cours de route - Je ne vais pas mentir, passé la scène d'ouverture, je me suis un peu fait chier pendant la première moitié du film (même si visuellement, rien à redire), puis le film a réussi à me chopper - Les scène de stand-up de Driver sont souvent lourdes (même si une d'elles est vraiment bien foutue) - Le fait qu'il y ait TRES peu de dialogues n'aide pas à la construction des personnages - Il y a certains passages un peu kitschs (même si totalement assumés) qui m'ont laissé dubitatifs - Driver est un acteur magistral, mais niveau chanteur... Bref, même si ça vaut vraiment le coup de le voir au cinéma, j'ai mis beaucoup de temps en rentrer dedans et même si la deuxième moitié est assez dingue, elle n'efface pas ce sentiment mitigé Partager
- Critique de TENET – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film TENET . TENET ❤️❤️❤️ Ça va être TRÈS compliqué de dire vraiment ce que j'en pense sans spoiler mais je vais essayer... Ce qui est sûr, c'est que mon avis est mitigé Et puis, clairement, il va aussi falloir que je retourne le voir pour valider mon opinion, car j'y suis allé sans voir une seule image, et sans connaître le pitch, et quand j'en entendais dire, après avoir vu la bande annonce "ça à l'air très bon, mais j'ai rien compris", bah après ma sortie du cinéma c'était un peu le sentiment que j'avais... Parce que Nolan, va loin... TRÈS loin... voir TROP loin dans son délire, quitte à perdre le spectateur en chemin Là où des Inception, Interstellar et autres Memento étaient "complexes" mais où tu arrivais à raccrocher les wagons et comprendre le sens du film et le message véhiculé, là c'est une tout autre histoire, et on a l'impression que le film est juste compliqué sans vraiment avoir de raison. D'ailleurs le message du film... va falloir m'expliquer... et au final tout semble inutilement compliquer... Après, une deuxième visu (presque indispensable) permettra très certainement de clarifier les choses, même si le pitch semble finalement vraiment lambda Pour, rester dans les choses qui m'ont gêné, sans m'étendre sur le charisme d'huître de Pattinson (qui malgré tout s'en sort plutôt bien), c'est l'écriture des personnages qui m'a globalement déçu, leurs manque de background, le manque d'émotions dans leurs relation et surtout le côté caricatural du méchant qui le rapproche beaucoup plus des mauvais antagoniste de James Bond, que du génie d'un Dark Knight. Parce qu'en parlant de ça on a souvent l'impression de se retrouver devant un 007... Après, heureusement il y a aussi des choses positives Déjà, ce putain de plaisir de revoir un grand film d'action au cinéma. Parce que de ce côté là Tenet, c'est une énorme baffe, et il fait vraiment parti de ces films qu'il faut ABSOLUMENT voir sur grand écran. Tu en prends plein la rétine, avec des scènes bluffantes mais qui arrivent à rester lisibles. On sent qu'il a voulu limiter les CGI ce qui rend souvent les scènes plus impressionnantes (notamment celle de l'avion) La mise en scène de certains passage à vraiment dû être un casse-tête, totalement surréalistes, tout en semblant tellement réelles (un peu à l'image de la scène en apesanteur d'Inception, mais en plaçant la barre encore plus haut) Et puis Nolan maîtrise la tension comme personne, et réussit encore à nous clouer au fauteuil, avec comme souvent chez lui un énorme travail sur le son. Bref, un avis vraiment mitigé. Un très grand film d'action offrant des scènes hallucinantes, mais au scénario inutilement "trop" complexe et à la galerie de personnages plus fades les uns que les autres... Partager
- Critique de YANNICK – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film YANNICK . YANNICK ❤️❤️💛 Déjà en manque du festival OFF, je ne pouvais forcément pas passer à côté de ce nouveau film de Quentin Dupieux. Bon, je dois aussi avouer que je ne suis pas un grand fan de son cinéma, mis à part son INCROYABLE MAIS VRAI que j’avais trouvé très maitrisé, mais je me suis laissé tenter par le pitch improbable. Lors d’une très mauvaise représentation d’une pièce de boulevard, Yannick se lève pour exprimer son mécontentement aux comédiens… Comme souvent chez ce réalisateur, le film part sur un très bon concept. On a tous assisté à un spectacle affligeant qu’on aurait voulu interrompre, et bien heureusement, par respect pour les artistes, on ronge notre frein. Le film nous offre donc un départ assez jubilatoire, avec certains dialogues qui font mouche, d’autant plus qu’il aborde un discours plutôt intéressant sur le rapport entre le spectateur et la création artistique. Et surtout le film brille par l’interprétation admirable de Raphaël Quenard, qui ne cesse de me surprendre par les nuances de son jeu. Mais comme souvent avec le réalisateur, le problème vient du fait que malgré la durée très courte du film, à peine 1 heure, ça s’essouffle assez vite… Même dans son discours, ça fini par tourner un peu en rond. Et pire c’est peut-être son film le plus sérieux, alors que pour le coup j’aurais vraiment voulu qu’il se lâche vraiment. Partager
- Une absence qui remplit chaque plan…
Découvrez notre critique détaillée du film LES ENFANTS VONT BIEN . LES ENFANTS VONT BIEN ❤️❤️❤️💛 Une absence qui remplit chaque plan… Il y a deux ans, je découvrais Nathan Ambrosioni avec TONY EN FAMILLE, qui avait été une très belle surprise. Dans LES ENFANTS VONT BIEN, il retrouve Camille Cottin pour un nouveau drame familial. Une mère dépose ses deux enfants chez sa sœur avant de disparaître dans la nature. Avec un sujet aussi lourd, le réalisateur aurait facilement pu tomber dans la facilité ou l’excès mélodramatique. Pour son troisième film, à seulement 26 ans, il fait preuve d’une maturité impressionnante. Il évite le piège du pathos larmoyant et livre au contraire une œuvre d’une grande justesse émotionnelle. Il poursuit son travail sur la cellule familiale et transforme ce drame en un film intime, d’une sensibilité et d’une délicatesse rares. Certains lui reprocheront peut-être son rythme contemplatif, mais c’est précisément ce tempo qui fait la force du récit. Plutôt que de s’intéresser à la disparition, Ambrosioni oriente son récit vers les répercussions qu’un tel acte provoque sur l’entourage. Sans jamais forcer les émotions ni les grands discours, il réussit à capter un geste, un regard, pour exprimer le ressenti de ses personnages. Avec une mise en scène sobre, il joue avec les silences, les non-dits et le hors-champ pour montrer l’impact d’un tel abandon sur les enfants et sur leur tante, contrainte de devenir une mère de substitution dans un univers dont elle ignore les codes. Le film doit énormément à son casting. Camille Cottin livre une prestation tout en retenue, rendant son personnage profondément crédible. Par moments, l’ensemble prend des accents quasi documentaires, notamment lorsqu’il confronte le spectateur à l’absurdité du système. Les deux jeunes acteurs impressionnent également par le naturel de leur jeu, essentiel à la justesse du film. Loin du drame larmoyant ou spectaculaire, Ambrosioni signe un drame familial puissant, d’une délicatesse remarquable, dont le plan final reste longtemps ancré en mémoire. Partager
- Critique de LA ZONE D’INTÉRÊT – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LA ZONE D’INTÉRÊT . LA ZONE D’INTÉRÊT ❤️❤️❤️ C’est toujours compliqué quand tu décides de filmer la Shoah, pour ce qui est de ce que l’on doit montrer ou non, et même Spielberg en avait fait les frais dans son chef d’œuvre LA LISTE DE SCHINDLER avec la fameuse scène de la douche… Pour son film, Jonathan Glazer fait le choix radical de ne rien montrer et d’utiliser l’hors-champ pour décrire l’holocauste et le résultat n’en sera que plus glaçant pour le spectateur, grâce à un énorme travail sur le son. On va suivre la vie de famille du commandant Rudolf Höss dans leur maison de rêve et son jardin d’Eden… collée au camp d’Auschwitz… Une famille qui semble vivre une vie des plus banales alors que l’horreur a lieu de l’autre côté du jardin. Une horreur qui sera constamment présente par une bande son sidérante, avec constamment en fond sonore, les cris des prisonniers, des coups de feu, les ronronnements des fours… Et le malaise s’installe chez le spectateur qui voit cette famille semblant en faire abstraction et vivre une vie idyllique… La mise en scène fait le choix judicieux de filmer ses personnages par des plans fixes souvent éloignés et des caméras placées toujours aux mêmes lieux donnant l’impression de les observer via des caméras de surveillances. Le résultat, même s’il est troublant, fonctionne très bien et permet de laisser un écart entre les protagonistes et le spectateur, et d’éviter de créer la moindre empathie. Mais plus que le commandant Höss, qui semble gérer la rentabilité d’une usine, c’est sa femme qui nous pétrifie le plus, incarnée par une Sandra Hüller qui prouve une nouvelle fois son immense talent en étant méconnaissable dans son jeu. Et pourtant… malgré toutes ces qualités que je lui reconnais, je dois bien avouer que j’ai fini par trouvé que le film finissait par être redondant. Il faut dire que la proposition est extrêmement radicale, et même si l’ambiance et le malaise installés sont implacables, le fait d’observer cette famille se fait au détriment d’un réel scénario. Mais ce qui est certain, c’est qu’il aura réussi à me marquer profondément et qu’il n’a pas fini de résonner en moi… Partager
- Un délire complotiste à la fois absurde et fascinant.
Découvrez notre critique détaillée du film BUGONIA . BUGONIA ❤️❤️❤️ Un délire complotiste à la fois absurde et fascinant. Deux cousins conspirationnistes kidnappent une grande cheffe d’entreprise pharmaceutique. Ils vont la séquestrer et l'interroger , convaincus qu’elle est en réalité une extraterrestre envoyée sur Terre afin de détruire l’humanité. Voilà le point de départ délirant de BUGONIA. Pour leur quatrième collaboration, Yorgos Lanthimos et Emma Stone se réapproprient SAVE THE GREEN PLANET de Jang Joon-hwan (2003) et nous embarquent dans ce qui sera probablement l’un des films les plus fous de l’année. BUGONIA s’impose comme une farce satirique qui n’est pas sans rappeler EDDINGTON d’Ari Aster — ce qui n’a rien d’étonnant puisque ce dernier en est l’un des producteurs. Mais même si BUGONIA possède de nombreuses qualités, je pense que je n’étais clairement pas prêt pour une proposition aussi radicale. Le principal atout du film réside sans doute dans son duo d’acteurs. Le film repose énormément sur la qualité de leur jeu, sans laquelle le récit aurait pu sombrer dans le ridicule. Emma Stone incarne une femme d’affaires cynique et manipulatrice, qu’elle rend délicieusement détestable. Face à elle, Jesse Plemons campe un marginal pathétique, enfermé dans ses obsessions complotistes. Ensemble, ils forment un duo qui nous entraîne dans des scènes à la fois absurdes et provocantes, au risque de décontenancer le spectateur. Comme toujours chez Lanthimos, la mise en scène est d’une grande maîtrise. Même si le dispositif du huis clos la contraint, il parvient à en tirer une atmosphère anxiogène redoutable. L’utilisation du VistaVision offre des plans d’une ampleur somptueuse, magnifiés par un travail remarquable sur la lumière et la colorimétrie. Ce raffinement visuel contraste avec la violence et l’humour noir de cette satire sociale. Le tout est accompagné par une musique orchestrale qui colle parfaitement au côté théâtral de l’œuvre. Le film pose d’ailleurs un regard sombre sur l’état de notre société, soulignant les dérives idéologiques, la manipulation de masse et l’absurdité du monde contemporain. Il critique à travers un humour très sombre aussi bien le capitalisme que les théories du complot, tout en abordant l’écologie et l’avenir de l’humanité. Mais BUGONIA est empreint d’une noirceur, d’une violence et d’une froideur qui risquent de laisser certains spectateurs à distance. D’autant plus que nous assistons à un combat entre deux monstres, auprès desquels nous avons bien du mal à nous identifier. Le récit peine également à démarrer et souffre de quelques longueurs, même s’il s’emballe de manière spectaculaire dans son dernier acte. Mais là encore, même si son final est aussi malin que surprenant, il reste difficile de saisir clairement le message que Lanthimos veut réellement transmettre. Certains pourront aussi lui reprocher quelques facilités scénaristiques, pourtant totalement assumées par l’absurdité des situations. Avec BUGONIA, le réalisateur bouscule une nouvelle fois les codes, au risque de diviser le public, mais livre sans doute son film le plus abordable pour le grand public. Et même si je ne suis pas entré totalement dans le délire, sa proposition aura tout de même réussi à me fasciner. Partager
- Critique de LA LA LAND – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LA LA LAND . LA LA LAND ❤️❤️❤️❤️❤️ LA LA LAND 1ère Ce moment où tu te dis qu'on a beau être en janvier, tu viens sûrement de voir le plus beau film de 2017 Pourtant, tu connaissais le potentiel de Damien Chazelle depuis que son "Whiplash" t'avait mis sur le cul il y a un an Mais là... D'entrée, la scène d'ouverture, avec un des plus beaux plans séquences du cinéma, t'annonce la couleur : tu vas vivres une expérience hors norme Le mec réussi à nous offrir un hommage vibrant aux comédies musicales d'antan tout en nous offrant quelque chose de moderne et bourré d'inventivité Mieux, moi qui déteste le jazz, il réussi pour la deuxième fois consécutive à me faire tomber sous le charme d'un film où cette musique est au coeur de l'histoire Alors, certes, tout n'est pas parfait, avec notamment quelques longueurs Mais le film rempli de scènes d'une poésie rare, et d'une mise en scène maîtrisée de main de maitre. Sans parler de ce final dont les poils de mes bras ne vont jamais s'en remettre Et les acteurs ne sont pas en reste Ryan Gosling et Emma Stone réussissent à nous emporter dans leur histoire d'amour sans jamais tomber dans le mièvre (je vous rassure pas au point de me refaire croire en la chose : ça reste du cinéma ) Cette dernière m'a d'ailleurs bluffé et devrait bientôt pouvoir poser une petite statuette avec son nom gravé dessus Voilà GROS coup de coeur de ce début d'année Compliqué d'en parler sans trop en dévoiler Une chose est sûre, ce soir je risque de danser dans mes rêves... LA LA LAND 2e Tu avais raison Edwige, c'est encore mieux la deuxième fois Ca a même été une expérience assez bizarre Plusieurs fois dans le film, mes poils se sont hérissés au début des ces scènes qui m'avaient déjà subjugué à la première visu Un putain de feu d'artifice ce film!!! De la scène d'ouverture qui te met un uppercut en t'annonçant que tu vas voir un truc hors normes En passant par toutes ces explosions visuelles, musicales et d'émotions Et pour finir par un bouquet final HALLUCINANT de poésie : surement la plus belle scène finale qui le cinéma m'ait offert à ce jour Et cette musique qui rentre en toi pour s'y imprimer. Ce soir j'avais l'impression de connaitre chaque passage musical depuis une éternité. Pas étonnant que La La Land, fier de ses 14 nominations aux oscars, soit nommé à deux reprises dans la catégorie "Meilleure chanson originale" (je ne savais même pas que c'était possible...) Alors oui, à ma première critique, j'avais quand même émis quelques réserves sur certaines longueurs, qui étaient vite effacées par la magie qui s'offre à nous Mais, ce soir non, car Damien Chazelle maitrise son sujet de A à Z et ne laisse rien au hasard Chaque scène, chaque détail a au final son importance qui permet que la sauce prenne Comme dit Emma Stone dans une scène "Le public viendra, parce que tu es passionné. Et les gens aime ceux qui sont passionnés par ce qu'ils font". Et c'est exactement ça : Damien Chazelle est passionné par le cinéma, par la musique et ça se ressent dans chaque scène du film Emma Stone... Mais EMMA STONE putain!!! Alors je suis désolé pour les quatre autres actrices qui sont nommées aux oscars (Et pourtant tu sais à quel point je t'admire Nathalie Portman), mais ça ne sert à rien de vous déplacer à la cérémonie le 26 février. Elle transperce l'écran d'une force!!! Rien que ses yeux, j'ai envie de plonger dedans tellement ils sont grands, mais surtout ce sourire et cette palette d'émotions qu'elle t'envoie à la gueule. Bon OK, merci à Ryan Gosling, qui très classe (comme dans son rôle d'ailleurs), à l'image de son partenaire de danse dans le film, la soulève pour l'envoyer tutoyer les sommets du 7e art Bon, OK, je ne suis peut être pas objectif, car je suis peut être un poil tomber amoureux moi (dans la mesure où je suis encore équipé pour...) Pour résumé le film, ce soir, il y a une phrase qui m'est revenue. Cette magnifique phrase qui ouvre la pièce de théâtre qui me tient le plus à coeur : Des accordés " LE REVE COMME MOTEUR" Parce que déjà, c'est le thème principal du film Et puis, c'est ça La La Land, Ca te vend du rêve avant que tu n'ailles le voir Ca t'offre du rêve pendant ces deux heures de magie Ca vient envahir tes rêves quand tu vas te coucher après la séance Alors, j'ai une mission pour vous Je sais que je ne suis pas forcément doué avec les mots, mais je pense que j'ai à peu près réussi à vous faire comprendre à quel point ce film m'a fait vibrer Et j'aimerai que vous puissiez ressentir ne serait-ce que le dixième de ce que j'ai ressenti Donc, vous allez tous me faire le plaisir d'aller voir ce film au cinéma Parce que non, ce genre de spectacle ça se vit dans une salle obscure, au moins pour profiter de cette bande son magistrale Et vu que je suis euphorique, je m'engage à vous rembourser votre place si vous n'êtes pas transporter ( Lilian, envoie moi direct ton RIB que je te fasse l'avance, même si je suis impatient que tu me fasses partager tes arguments 😉 ) La La Land, c'est en voyant des films comme ça que je me souviens ce qui fait que le cinéma me passionne Il pourra tranquillement aller rejoindre sur mon chevet, les "Eternal Sunshine", "Alabama Monroe" et autre "Fight Club" (petite dédicace à Fabien qui m'a appris hier que je n'étais pas le seul à mettre ce chef d'oeuvre de Fincher sur un pied d'estale) Partager
- Critique de BROTHERS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film BROTHERS . BROTHERS ❤️❤️❤️❤️ Alors que son frère sort de prison, Sam doit laisser sa femme et ses deux filles pour partir combattre en Afghanistan. Laissé pour mort au combat, son frère va prendre soin de sa famille. Lorsque Sam revient du front, tout aura changé, terriblement… BROTHERS est une tragédie, mais même si l’affiche laisse penser à un nouveau mélo, c’est bien plus un terrible constat sur les conséquences de la guerre au sein d’une famille. Mais le film préférera se concentrer sur l’intime plutôt que le spectaculaire, ne montrant par exemple aucune scène de guerre. L’intérêt du film n’est pas vraiment le scénario, on devine où ça va aller et ça y va… Mais même si le spectateur comprend d’emblée que Sam finira par revenir du front, l’essentiel n’est pas là, mais plutôt dans l’évolution des personnages. Avec une question qui sera centrale pour chacun des trois protagonistes : « Un retour en arrière est-il possible passé une certaine limite ? ». Et le film prend toute son ampleur grâce à un trio d’acteurs exemplaire. Concernant Natalie Portman et Jake Gyllenhall, c’est presque devenu une habitude, mais celui qui impressionne le plus, c’est Tobbey Maguire qui se montre même parfois terrifiant. Le film offre plusieurs moments d’une extrême tension, comme les scènes de repas. Grâce à la sobriété de sa mise en scène et à la justesse des acteurs (jusqu’au gamines qui sont bluffantes), le film évite les écueils qu’on retrouve généralement dans les mélodrames Hollywoodiens et la baffe est d’autant plus forte. Partager
- Une saison qui va alterner le chaud et le froid…
Découvrez notre critique détaillée du film QUAND VIENT L’AUTOMNE . QUAND VIENT L’AUTOMNE ❤️❤️💛 Une saison qui va alterner le chaud et le froid… Michelle, une grand-mère sans histoire, vit paisiblement sa retraite dans un village bourguignon avec son amie Marie-Claude, dont le fils est en prison. Elle attend avec impatience son petit-fils qui doit venir pour les vacances de la Toussaint, mais rien ne va se passer comme prévu… Je ne peux pas en dire plus sur l’histoire, car le film est long à démarrer… voire très long... Alors oui, la lenteur de cette première partie est justifiée par le sentiment de solitude de notre héroïne, dont le réalisateur filme admirablement la routine, mais cela ne m’a pas empêché de m’ennuyer un peu. Le film alterne les genres, passant d’un drame empreint d’humour noir au thriller. La partie dramatique du film est d’ailleurs la plus intéressante, avec un flou moral et une zone grise qu’on aurait aimé voir davantage approfondie. Le réalisateur nous propose le portrait d’une femme mélancolique, à la fois touchant et ambigu, offrant ainsi un rôle en or à Hélène Vincent. Elle est accompagnée d’une très bonne Josiane Balasko, mais il manque tout de même quelque chose pour que leur duo emporte totalement le spectateur. Malheureusement, le personnage de Vincent, voyou au grand cœur, est assez caricatural. Ozon joue avec le spectateur en usant habilement des non-dits, des sous-entendus et des ellipses temporelles judicieuses. Le spectateur cherche donc à combler ces vides et à se faire sa propre opinion. Mais là aussi, même si un réel suspense s’installe quant aux motivations des personnages, plusieurs facilités et incohérences viennent quelque peu gâcher le tableau. Au final, à trop vouloir s’éparpiller dans les genres, comme dans les thèmes abordés, rien ne prend réellement. Et même s’il n’est pas dénué de qualités, on a finalement affaire à un film mineur dans la filmographie du réalisateur… Partager
- Critique de KILLERS OF THE FLOWER MOON – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film KILLERS OF THE FLOWER MOON . KILLERS OF THE FLOWER MOON ❤️❤️❤️💛 Le film raconte une page sombre de l'histoire des États-Unis. Celle des Osages, des amérindiens qu'on a parqué sur des terres qui se sont avérées regorger de pétrole, en faisant d’eux un des peuples les plus riches du monde, ce qui attirera la convoitise des blancs et une série de meurtres afin de leur voler leurs richesses... Bon, même si le film regorge de qualités, je vais commencer par ce qui est son gros souci, le film est long... TRÈS long... TROP long... Et même si l'histoire est passionnante, j'ai clairement senti les 3h30 passer... Une durée qui peut s'expliquer par le fait que ce soit un film de plate-forme qui aurait dû sortir directement sur AppleTV, il aurait d'ailleurs certainement gagné à être découper en mini-série. Parce que, pour ce qui est de l'expérience cinéma, tout semble s'étirer en longueur et le film aurait surement gagné à condenser ses propos. D'autant plus que le rythme est lent, même s’il sert le film, tout du moins dans sa première partie en installant une ambiance particulière immergeant le spectateur dans la culture de ce peuple indien. Le film va ainsi basculer entre plusieurs genres, et le film de gangsters, cher au réalisateur, n’est d’ailleurs jamais loin. Mais là encore, vu la longueur du film, il aurait fallu quelques fulgurances pour réussir à capter l’attention du spectateur. Mais même si j'ai souvent trouvé le temps long, il regorge de qualités dignes, d'un des plus grands cinéastes de l'histoire : Scorsese. Déjà il fait le choix judicieux de nous présenter ce drame du point de vue des antagonistes et non du flic, ce qui rend le propos bien plus intéressant. D’ailleurs, malgré les meurtres en séries, on est loin d’un thriller classique et l’enquête est même relégué en arrière-plan. Le film propose plutôt une photographie sidérante d’une époque, mais surtout un brillant hommage pour ce peuple maltraité dans un indifférence totale… Puis évidement, il y a son casting magistral. Scorsese réunit ses deux acteurs fétiches, De Niro et Di Caprio, qui prouvent une fois de plus qu’ils sont les deux acteurs les plus doués de leurs générations. De Niro est impressionnant en proposant un personnage à deux facettes des plus glaçants et Di Caprio, même si certains vont dire qu’il en fait des caisses, je l’ai trouvé vraiment bon, à l’opposé de ce qu’il propose habituellement, et c’est surtout le personnage dont l’évolution est la plus intéressante. Mais c’est surtout Lily Gladstone qui impressionne par son charisme, et un jeu saisissant où ses regards en disent bien plus que le moindre dialogue. Techniquement, c’est du grand art. Que ce soit par ses décors, ses costumes ou sa photographie, la direction artistique est exemplaire et nous plonge dans cette époque et au cœur de la communauté Osage. Scorcese propose certains plans dignes d’une peinture et d’une beauté époustouflante, mais aussi certains plans séquences bluffants, ou bien cet épilogue qui est à lui seul un chef d’œuvre. Alors, oui, clairement je suis déçu, car le film n’était pas loin d’être un immense chef d’œuvre, mais il se retrouve plombé par cette durée démesurée, qui apporte des longueurs et fait que le film manque d’intensité… Partager













