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- Critique de SIMPLE COMME SYLVAIN – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film SIMPLE COMME SYLVAIN . SIMPLE COMME SYLVAIN ❤️❤️❤️❤️💛 Donc, pour mon anniversaire, le cinéma m’a offert un IMMENSE coup de cœur venu droit du Québec. Sophia et Xavier, deux professeurs universitaires à Montréal, sont en couple depuis dix ans. Au fil des années, l’amour passionnel des débuts a laissé place à « autre chose », comme on dit… Quand elle rencontre Sylvain, « simple » charpentier, alors que le monde dans lequel ils vivent semble les oppose, c’est le coup de foudre. Sophia est donc professeur de philosophie, et ses cours sur l’amour seront même le fil rouge du film, chapitrant le récit avec les points de vue de grands philosophes, allant de Planton à Spinoza. Des cours qui seront toujours en concordance avec l’état actuel de Sophia. On est ainsi face à une comédie romantique d’une profondeur assez déconcertante. Le film est souvent très drôle, avec notamment une critique jubilatoire des classes. Il dépeint les stéréotypes sociaux, sans jamais juger ses personnages, amenant dans moments malaisants lorsque nos amoureux rencontreront l’entourage de l’autre. Mais surtout il fera réfléchir le spectateur sur la définition même de l’amour. Monia Chokri maitrise particulièrement bien la rupture de ton. On rit énormément et sans prévenir, elle arrive à nous transpercer le cœur par une scène, une phrase. Car la plus grande force du film, est son écriture, la puissance de ses dialogues, mais aussi l’interprétation sans faille des comédiens qui sont d’une justesse inouïe. Magalie Lépine Blondeau et Pierre-Yves Cardinal sont en symbiose total et nous font croire en leur amour inconditionnel dès le premier regard. Le dialogue entre les personnages sera aussi au centre du film, mettant en avant le pouvoir des mots, mais aussi, lors des scène de groupe, la façon dont tout le monde semble parler sans réellement s’écouter Mais en plus de briller par son fond, le film le fait aussi par la forme. Une des grandes forces du cinéma est d’exprimer les choses par les images si les mots ne sont pas nécessaires, et ça, Monia Chokri l’a compris. Elle n’oublie jamais la caméra et a une réelle maitrise de ses plans. La composition de ses cadres est exemplaire, jouant avec le décor, comme lors de la scène du premier baiser. Mais aussi cette scène finale exemplaire, qui sans un mot exprime énormément de choses. Souvent elle isolera ses personnages dans le cadre, via une porte, un mur ou un autre élément, mais elle utilisera aussi parfois des plans séquences qui sont loin d’être accessoires… De la même manière, elle filmera admirablement les scènes d’amour charnel, en se focalisant sur le visage de la comédienne. Je n’ai qu’une envie, c’est de revoir le film, pour décortiquer ce coup de cœur monumental, car comme le dit Sophia à Sylvain après avoir fait l’amour « Une fois, ce n’est pas assez »… Partager
- Une déclaration d’amour à la famille et à la mémoire de l’enfance.
Découvrez notre critique détaillée du film JUSTE UNE ILLUSION . Une déclaration d’amour à la famille et à la mémoire de l’enfance. JUSTE UNE ILLUSION ❤️❤️❤️❤️💛 Une déclaration d’amour à la famille et à la mémoire de l’enfance. Avec Juste une illusion , Olivier Nakache et Éric Toledano signent leur film le plus intime. Puisant dans leurs souvenirs, ils mêlent leurs enfances pour offrir un récit universel et profondément humain. Derrière la reconstitution des années 80, se dessine avant tout une déclaration d’amour à la famille, et plus particulièrement à la figure maternelle, véritable cœur émotionnel du film. Cette dimension intime irrigue chaque scène, portée par un casting remarquable. Camille Cottin y est tout simplement fabuleuse, incarnant une mère à la fois aimante, imparfaite, avec une justesse de tous les instants. Face à elle, Louis Garrel surprend à contre-emploi, dévoilant un sens du timing comique particulièrement efficace. Mais les véritables révélations restent les trois jeunes comédiens, d’une spontanéité et d’une sincérité désarmantes. Cette réussite tient aussi au talent indéniable du duo pour la direction d’acteurs. Tous semblent évoluer avec une liberté totale, donnant au film une impression de naturel presque troublante. Une fluidité renforcée par une écriture d’une grande précision : les dialogues, simples et justes, captent avec finesse les maladresses du quotidien, laissant autant de place aux silences qu’aux mots. Au-delà de l’intime, le film fonctionne comme une photographie des années 80, entre objets, musique, pop culture et contexte politique discret, recréant l’époque sans jamais tomber dans la nostalgie facile. Les clins d’œil cinématographiques et musicaux participent à l’immersion et traduisent comment cette génération s’est construite à travers les images et les chansons. Nakache et Toledano réussissent un mélange particulièrement subtil entre humour et émotion. Et c’est dans cet équilibre constant que le film trouve toute sa force. Les scènes comiques, souvent hilarantes et jubilatoires, naissent de situations du quotidien et de la justesse des personnages, tandis que les moments plus émouvants s’imposent avec pudeur, sans jamais forcer le trait. Le rire et l’émotion cohabitent ainsi avec une fluidité remarquable, se renforçant mutuellement. Mais là où le film touche encore plus profondément, c’est dans sa capacité à dépasser son cadre temporel. Au-delà des années 80, Juste une illusion parle avant tout du passage à l’âge adulte : des rêves que l’on se construit, des modèles que l’on idéalise, et du moment où la réalité vient doucement les fissurer. En ce sens, le film devient profondément universel. Peu importe que l’on ait connu ou non cette époque : chacun peut se reconnaître dans ces instants de bascule, ces désillusions, ces premières prises de conscience. Au final, Juste une illusion touche par sa sincérité et sa justesse. À la fois chronique intime, fresque générationnelle et récit d’apprentissage, cette comédie populaire à tout pour devenir culte. Le duo signe peut-être même leur meilleur film. Une œuvre chaleureuse, extrêmement drôle et profondément humaine, confirmant leur talent pour raconter l’intime avec une portée universelle. Partager
- Hommage à l’âge d’or cinéma d’action Hongkongais des années 80
Découvrez notre critique détaillée du film CITY OF DARKNESS . Hommage à l’âge d’or cinéma d’action Hongkongais des années 80 CITY OF DARKNESS ❤️❤️❤️💛 Hommage à l’âge d’or cinéma d’action Hongkongais des années 80 Soi Cheang m'avait bluffé l'année dernière avec son film LIMBO, et j'étais donc curieux de découvrir ce CITY OF DARKNESS. Même si les deux films sont radicalement différents, ils ont un point commun : la virtuosité du réalisateur, qui propose une nouvelle fois un film visuellement grandiose. Le film démarre comme un thriller, avec ce migrant clandestin qui fuit un puissant chef de gang et trouve refuge dans « La Citadelle », une zone de non-droit où la loi britannique des années 80 ne s'appliquait pas. Puis, le film bascule dans le drame familial, mais c’est avant tout un éblouissant film d'arts martiaux, comme le cinéma en propose rarement aujourd'hui. Même si le scénario semble déjà vu, le film réussit à captiver notre attention grâce à sa pléiade de personnages charismatiques. Et même s'il est souvent prévisible, il réserve quelques surprises. Surtout, il est visuellement extrêmement généreux et les combats offrent une jouissance ultime. On remarquera le travail étourdissant sur les décors, qui rappelle celui de LIMBO . Les décors sont constamment surchargés de détails, apportant une atmosphère poisseuse et sombre, transformant ce ghetto en un véritable labyrinthe. Le réalisateur intègre ces décors à merveille dans sa mise en scène. Les combats, chorégraphiés à la perfection, sont tous plus impressionnants les uns que les autres, exploitant ingénieusement toute la verticalité du décor et proposant des scènes à couper le souffle. Le montage, aussi nerveux que les combats, reste toujours clair et lisible. Le tout est sublimé par une photographie splendide et colorée, qui parvient à extraire une certaine poésie de ce bidonville. Placer l'action du film dans les années 80 n'est pas anodin, tant cela semble être un hommage au cinéma qui a fait la gloire de Hong Kong à cette époque. Alors, même si l'écriture reste assez classique, sur la forme, CITY OF DARKNESS n'en demeure pas moins une claque des plus impressionnantes. Partager
- Un film d’animation qui a du cœur
Découvrez notre critique détaillée du film LA PLUS PRÉCIEUSE DES MARCHANDISES . Un film d’animation qui a du cœur LA PLUS PRÉCIEUSE DES MARCHANDISES ❤️❤️❤️❤️ Un film d’animation qui a du cœur J’étais assez curieux de voir ce que Michel Hazanavicius allait nous offrir avec son premier film d’animation, dont il a dessiné les personnages, et il s’avère que c’est une petite pépite. D’entrée, j’ai été touché par la voix si particulière et grave du narrateur : Jean-Louis Trintignant. Ça fait vraiment quelque chose de l’entendre à nouveau dans une salle de cinéma, deux ans après sa mort… Nous sommes en Pologne, pendant la Seconde Guerre mondiale. On y découvre un pauvre bûcheron et une pauvre bûcheronne, parce que dans ce conte, les personnages n’ont pas de nom, comme pour rendre l’horreur du récit plus universelle. Ils vont recueillir un bébé jeté d’un des trains qui traversent régulièrement leur bois. Un « sans cœur », comme le nomme notre pauvre bûcheron, qui va bouleverser la vie du couple. Alors, pour être honnête, dans un premier temps, j’ai eu un peu de mal avec le style graphique du film, mais rapidement, la direction artistique a fini par m’emporter grâce à l’ambiance qu’elle réussit à installer et, surtout, sa gestion extrêmement maîtrisée des couleurs, des ombres et des lumières. Comme je le dis plus haut, Hazanavicius nous livre un conte extrêmement sombre, montrant le pire et le meilleur de l’être humain. Tout au long du film, des scènes d’une grande noirceur s’enchaînent avec d’autres d’une tendresse infinie. On navigue constamment entre l’horreur et la poésie, le tout sublimé par la magnifique musique d’Alexandre Desplat. Son film m’a d’ailleurs pas mal fait penser au chef-d’œuvre Le Tombeau des Lucioles, pour la gravité du propos et l’onirisme qui s’en dégage. Et si l’histoire réussit à aussi bien toucher le spectateur, c’est surtout grâce à la mise en scène du réalisateur. Une chose que j’aime dans le cinéma, c’est quand on utilise l’image comme moteur narratif, et ça, Hazanavicius le fait ici admirablement. Son film est peu bavard, et c’est souvent par sa mise en scène qu’il nous raconte les choses. Aussi bien les faits, avec des scènes parfois glaçantes, que les émotions de ses personnages, comme lors d’une scène de rencontre qui vient t’arracher les poils sans le moindre mot. Le réalisateur nous offre une œuvre profondément bouleversante, puissante et poétique, qui mérite amplement d’être découverte. Partager
- Critique de (500) JOURS ENSEMBLE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film (500) JOURS ENSEMBLE . (500) JOURS ENSEMBLE ❤️❤️❤️❤️💛 Tom est bercé par les comédies musicales et les chansons d’amour et croit en l’amour fou qu’elles véhiculent. Il va rencontrer Summer qui, elle, ne croit pas du tout en l’amour. Le film va nous raconter 500 jours de cette rencontre. Voici donc ma comédie romantique préférée (même plus qu’un QUAND HARRY RENCONTRE SALLY). Je ne suis pas un grand fan du genre, même si c’est la deuxième fois que j’aborde le genre dans ce calendrier. En effet, c’est extrêmement codifié, avec les mêmes clichés et j’ai souvent l’impression qu’elles se ressemblent toutes. Un couple va se rencontrer, s’aimer, se détester, se retrouver et un grand discours final fera qu’ils tomberont dans les bras l’un de l’autre… parce que c’est beauuuuuuu l’amour… Mais ici, comme avec IL ETAIT TEMPS il y a quelques jours, c’est bien plus que ça. Déjà, comme nous l’explique la voix off au début dès la première scène « Ce n’est pas une histoire d’amour ». Et en ce sens, le film va énormément jouer avec les codes et renouveler le genre. C’est bourré d’idées, ça transpire le cinéma et utilise de nombreuses figures de styles, mais qui apportent toujours quelque chose au récit et au développement des personnages. Comme par exemple ce passage de comédie musicale qui peut sembler folle, mais en dit beaucoup sur le ressenti du héros. Le montage est décousu, on va nous raconter les 500 jours de cette rencontre avec des allers-retours incessants, qui ne perdront jamais le spectateur tout en approfondissant le propos. Je revois régulièrement ce film, et à chaque fois ma vision évolue, notamment sur ce que je pense des personnages. D’autant plus qu’on a le point de vue du héros, ce qui fait que notre jugement est biaisé. Mais pour développer, il faudrait que je rentre dans les détails mais je préfère vous laisser découvrir cette petite pépite. Partager
- Critique de INDIANA JONES ET LE CADRAN DE LA DESTINÉE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film INDIANA JONES ET LE CADRAN DE LA DESTINÉE . INDIANA JONES ET LE CADRAN DE LA DESTINÉE ❤️❤️❤️ Ce cinquième film était censé offrir une conclusion à l’un des héros les plus emblématiques du cinéma et surtout faire oublier cette horrible purge du crâne de cristal… Et si on doit bien reconnaitre une chose au film, c’est qu’il respecte la trilogie originale et ses codes. On retrouvera donc la quête d’une relique magique, des temples, des énigmes, des nazis, de l’humour et autres scènes d’actions… On retrouvera aussi les invraisemblances scénaristiques et autres scènes WTF, qui même si elles passent moins bien aujourd’hui, ont toujours fait partie de la licence (On en parle du temple maudit et d’Indy qui saute d’un avion dans un bateau pneumatique ?) Le film s’ouvre sur une scène assez impressionnante rappelant les heures de gloire des premiers films. D’ailleurs, même si le film use du fan service, il n’est jamais putassié et finalement amené à petites doses, comme par exemple dans une scène finale des plus touchantes. Le film a la bonne idée de placer son intrigue en 1969, au moment où l’homme vient de poser le pied sur la lune et la population a le regard vers le futur. A l’opposé de notre héros qui a consacré sa vie à comprendre le passé et prend sa retraite. Ça apporte pas mal de nostalgie et quelques moments d’émotions, avec cet Indy usé, plein de doutes et autres regrets sur sa vie et ses choix. On aurait pu avoir un doute sur la capacité d’Harrison à reprendre le rôle à 80 ans, mais il s’en sort très bien. Il est aidé par un montage judicieux dont les cuts permettent d’estomper le fait qu’il n’a plus la même forme. Dans le même esprit, le film cumulera les courses poursuites où notre héros enchainera à peu près tous les modes de transports imaginables (Ces scènes sont d’ailleurs les meilleurs moments du film). Il est accompagné d’une Phoebe Waller-Bridge qui est surement la meilleure chose du film et leur relation est une grande réussite. Par contre, pour ce qui est de Mikkelsen, sa classe et son jeu ne sont pas aidé par l’écriture caricaturale de son personnage, qui comme les autres méchants du film sont anecdotiques… Le film est un donc plutôt une bonne surprise et un bon divertissement, mais il n’arrive jamais à atteindre le niveau des trois premiers. Il manque d’ampleur dans ses scènes d’action ou bien de plans iconiques. Mais surtout le film est long et j’ai senti passer les 2h34. Et surtout il s’essouffle au fils des scènes. L’ouverture est magistrale, comme le passage au Maroc, puis bizarrement, petit à petit j’ai eu l’impression que le film nous a tout offert dans sa première heure. Sans parler de ce passage aquatique aussi illisible que visuellement déguelasse… Quant au climax, il faut réussir à l’accepter, mais je dois avouer que ça va un peu loin pour moi. Bref, un divertissement honorable qui réussit à faire oublier l’opus précédent, mais qui ne marquera pas l’histoire comme la trilogie initiale… Partager
- Quand la rave devient un cauchemar
Découvrez notre critique détaillée du film SIRÂT . Quand la rave devient un cauchemar SIRÂT ❤️❤️❤️❤️ Quand la rave devient un cauchemar SIRÂT est un choc de cinéma, un de ces films qui divisent, mais dont personne ne sort indemne. Rien que pour cela, son Prix du Jury à Cannes paraît mérité. Impossible d’entrer dans les détails : plus qu’un récit, c’est une expérience sensorielle qu’il vaut mieux aborder sans trop en savoir, afin d’en préserver l’impact. Pour l’apprécier, il faut accepter de lâcher prise et se laisser emporter, comme on plonge dans un rêve, ou un cauchemar, que seule une salle de cinéma peut offrir. Le postulat de départ est simple : un père et son fils débarquent au Maroc pour retrouver leur fille disparue au cœur d’une rave en plein désert. Leur quête les entraîne dans un road trip suffocant aux côtés d’une bande de teufeurs marginaux. Dans le Coran, SIRÂT est le nom du pont qui relie l’enfer au paradis. Et c’est bien dans une descente aux enfers qu’Oliver Laxe entraîne ses personnages… et ses spectateurs… Le film s’ouvre sur une immersion hypnotique dans l’univers des raves, entre délire visuel et explosion sonore. Puis il bifurque vers un road-movie haletant, traversé par la violence, jusqu’à un final qui laisse le spectateur K.O. C’est visuellement somptueux, avec des plans majestueux sur le désert marocain, dont les paysages transpirent le danger et écrasent les personnages. Mais la véritable force du film réside dans son ambiance sonore. Qu’il s’agisse de la musique techno ou de l’énorme travail sur le design sonore, ce n’est pas un simple habillage : c’est l’élément central qui structure le récit. Le lâcher-prise de la transe-techno est constamment mis en opposition avec les bruits anxiogènes du désert : le vent, les moteurs, le sable… Ce road trip convoque un imaginaire riche, évoquant autant MAD MAX pour l’univers punk et mécanique, que LE SALAIRE DE LA PEUR pour le danger omniprésent. La troupe de nomades semble d’ailleurs tout droit sortie de l’univers de Miller, avec cette bande de punks dont certains portent les stigmates de corps estropiés. Le casting, majoritairement non professionnel et choisi lors de vraies raves, renforce l’authenticité et suscite l’empathie pour cette troupe cabossée. Oliver Laxe orchestre des scènes d’une intensité et d’une tension rares, où la salle entière retient son souffle. Mais attention : SIRÂT n’est pas un film aimable. Sa noirceur et sa cruauté volontaire mettent souvent le spectateur mal à l’aise. Certains décrocheront, mais ceux qui accepteront le voyage vivront une expérience unique, visuelle et sonore, dont ils ressortiront sonnés. Un cinéma rare, qui secoue, dérange et s’imprime durablement dans la mémoire. Partager
- Critique de LIMBO – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LIMBO . LIMBO ❤️❤️❤️❤️💛 Ce polar Hongkongais, datant de 2021, a bien failli ne pas sortir chez nous, mais le bouche à oreille et surtout le doublé Grand prix et Prix de la critique au festival du Polar de Reims 2023, lui ont permis d'avoir une sortie en salle. Et heureusement, car quelle expérience de cinéma !!! Soi Cheang nous livre un film d'ambiance qui perdrait énormément sur une TV. On a affaire à un thriller extrêmement sombre et violent, filmé dans un splendide noir et blanc. On navigue ici à la frontière entre SEVEN, J'AI RENCONTRÉ LE DIABLE ou LE SILENCE DES AGNEAUX... Ici, tout transpire le glauque, le poisseux, le malaisant. On se retrouve plongé dans une enquête sordide dans Hongkong et ses bas fonds qui prennent des allures de décharge à ciel ouvert. L'ambiance suintante est renforcée par la présence constante de la pluie et un soucis du détail en ce qui concerne le son. On est aussi impressionné par les décors, qui sont constamment surchargés de détritus donnant l'impression d'être éveillé en plein cauchemar. On a presque l'impression de sentir l'odeur des ordures, les eaux sales nous imprégner... Et pourtant, cette course poursuite cauchemaresque sera visuellement somptueuse. Le réalisateur nous offre un des noirs et blancs les plus beaux que j'ai pu voir au cinéma. Il y a un soucis du détail impressionnant dans les cadres, les éclairages et les ombres. D'autant plus qu'il y a un travail assez dingue sur la profondeur de champs et on se rend souvent compte que tout semble curieusement net à l'écran. Il y a constamment un contraste saisissant entre la beauté des images et l'horreur qu'elles nous renvoient. Un polar radical, sans espoir, d'une noirceur édifiante. Une expérience sensorielle qui plonge le spectateur dans les limbes de l'âme humaine... Partager
- Est-ce que ça ne serait pas la véritable Palme d’Or 2024 ?
Découvrez notre critique détaillée du film LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE . Est-ce que ça ne serait pas la véritable Palme d’Or 2024 ? LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE ❤️❤️❤️❤️💛 Est-ce que ça ne serait pas la véritable Palme d’Or 2024 ? Voici le nouveau film iranien de Mohammad Rasoulof, dont j'avais adoré la précédente réalisation Le diable n’existe pas, un film composé de quatre épisodes indépendants, qui dénonçait la peine de mort appliquée aveuglément dans son pays. LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE s'inscrit dans la continuité de ce dernier. On y suit Iman, un père de famille, qui vient d’être promu au prestigieux poste de juge d’instruction au tribunal révolutionnaire, contraint de signer en série des condamnations à mort injustes. Mais si son poste assure une sécurité financière à sa famille, il la met aussi en péril. Le réalisateur a l’intelligence de situer son intrigue lors de l’émergence du mouvement révolutionnaire « Femme, Vie, Liberté », déclenché après la mort de Mahsa Amini, une jeune femme décédée à la suite de violences policières après avoir été arrêtée pour « port de vêtements inappropriés ». Mohammad Rasoulof plante ainsi la graine de son titre, avec une métaphore entre la révolution qui gronde à l’extérieur et celle qui prend racine dans le cercle familial. On assiste à un huis clos familial où les deux filles du juge, cloîtrées dans l’appartement, découvrent, grâce aux réseaux sociaux, l'horreur qui se déroule dans les rues. Ce monde extérieur est représenté par des vidéos d'archives glaçantes des manifestations et des violences policières. Tout au long du film, l’intrigue se renouvelle et glisse doucement du drame familial vers un thriller implacable. Même si Mohammad Rasoulof vise avant tout à dénoncer la dictature de son pays, il n’oublie jamais de faire du cinéma. Sa mise en scène est exemplaire, avec des cadres millimétrés instaurant une véritable tension, comme lors d’un plan-séquence magistral ou d’une séquence d’interrogatoire glaçante. On retiendra aussi cette scène à la fois insoutenable et poétique, symbole d’une jeunesse violentée, qui restera probablement l’un des plus beaux plans de l’année. La puissance qui se dégage du film est saisissante, avec une tension dramatique qui capte l’attention du spectateur pendant trois heures sans jamais faiblir. Mohammad Rasoulof nous livre un film magistral, d’une grande densité, et surtout un vibrant hommage à cette jeunesse qui s'est soulevée contre un régime théocratique et machiste. Il est d'ailleurs surprenant qu'il ne soit reparti du Festival de Cannes qu'avec un prix « spécial » du jury, mais Les graines du figuier sauvage restera pour moi l'un des plus grands films de 2024. Partager
- Soyez témoins ! À 79 ans, Georges Miller en a encore sous le capot.
Découvrez notre critique détaillée du film FURIOSA : UNE SAGA MAD MAX . Soyez témoins ! À 79 ans, Georges Miller en a encore sous le capot. FURIOSA : UNE SAGA MAD MAX ❤️❤️❤️❤️ Soyez témoins ! À 79 ans, Georges Miller en a encore sous le capot. Voici donc le préquel de MAD MAX : FURY ROAD, qui en plus d’être pour moi un chef d’œuvre, je le considère comme le plus grand film d’action des 20 dernières années… Ma séance à l’époque avait été une claque visuelle et viscérale qui m’avait scotché au fauteuil et laissé cette impression de jamais vu. Clairement, FURIOSA souffre de la comparaison, mais a aussi de sérieux atouts et est loin d’être le film de trop qu’on aurait pu redouter… Même si l’univers reste le même, la proposition est radicalement différente et risque de diviser les fans. Car si dans le précédent l’action était omniprésente, au point que certains spectateurs le résument à un simple aller-retour dans le désert (alors que ça va bien plus loin que ça…), ici on a une véritable épopée se déroulant sur une quinzaine d’années. Le film se focalise donc moins sur l’action et préfère se concentrer sur ses personnages et développer le lore de son univers fascinant, qui sent toujours autant la sueur, le sang et l’huile de moteur… Comme un roman, il sera découpé en chapitre, chacun représentant un moment phare de la vie de Furiosa qui aboutira à la naissance d’un mythe. Cet opus est beaucoup plus bavard et met la narration au premier plan. Il est même parfois anti spectaculaire, comme lors de son climax qui risque d’en laisser pas mal sur le bas-côté… Mais, Georges Miller n’en oublie pas le spectacle, et il rend une nouvelle fois ses lettres de noblesse au cinéma d’action. On retrouve les gimmicks du réalisateur (zoom, accélérés…), son sens maitrisé du rythme et du montage, mais surtout un sens du cadre qui propose des plans à couper le souffle. Certaines scènes en mettent même plein les yeux, comme cette course poursuite d’un quart d’heure hallucinante !!! C’est quand même dingue que ça soit un réalisateur de près de 80 ans qui mette à l’amende la quasi-totalité des grosses productions actuelles. Car en plus de décrocher la mâchoire, ses scènes d’actions sont d’une lisibilité rarement égalée. Et le plus impressionnant est que c’est souvent lors de ces feux d’artifices visuels qu’il réussit à développer ses personnages. Du grand art qui laisse admiratif… Alors oui, si le film précédent limitait les effets numériques, ils sont ici bien plus présents, voir parfois assez visibles, mais l’esthétique et l’ambiance sont toujours réussi et le plaisir reste là. Par contre, j’ai été étonné par le manque de présence de musiques, qui avaient pourtant une place centrale dans FURY ROAD et apportaient énormément d’intensité aux scènes. Ici elles n’ont clairement pas marqué mon expérience et se repose trop souvent sur celles du précédent film… Pour ce qui est des personnages, Anya Taylor-Joy est parfaite dans le rôle de Furiosa. Le personnage est toujours aussi mutique, mais il faut avouer que l’actrice à un don pour faire passer les émotions par un simple regard. Dans le rôle de l’antagoniste, Chris Hemsworth s’en sort très bien. Il flirte avec le surjeu et c’est un régal de le voir incarner ce personnage déjanté qui se montre à la fois drôle, terrifiant et parfois même touchant. En revanche, préquel oblige, on connait la plupart des personnages et leurs destins, ce qui fait qu’on est moins impliqué émotionnellement et il n’y a aucune tension liée à leurs survies. D’autant plus qu’il y en a peu qui sortent du lot. On retiendra tout de même celui du Praetorian Jack qui apporte surement les moments les plus intéressants du film. Sans reproduire l’effet de choc de FURY ROAD, la surprise n’est plus là, mais FURIOSA n’en est pas pour autant une redite et reste un film d’action épique, généreux et parfois impressionnant. Partager
- Un petit miracle d’écriture
Découvrez notre critique détaillée du film LES DIMANCHES . Un petit miracle d’écriture LES DIMANCHES ❤️❤️❤️💛 Un petit miracle d’écriture Ainara, 17 ans, provoque un véritable cataclysme au sein de sa famille lorsqu’elle décide soudainement d’entrer dans les ordres et d’intégrer un couvent. Les Dimanches est un drame sensible qui offre une réflexion profonde sur la religion et la quête d’identité. Il brille avant tout par son écriture et par la qualité impressionnante de ses dialogues. Le film aborde un sujet complexe sans jamais juger ses personnages, respectant chaque point de vue avec une rare intelligence. Si la religion est au centre du récit, le film s’intéresse surtout à ses répercussions sur la cellule familiale. C’est avant tout une chronique intime qui utilise la foi comme révélateur des fractures enfouies. D’un côté, un père inquiet, démuni face à un choix qu’il ne comprend pas mais qui souhaite malgré tout le bonheur de sa fille. De l’autre, une tante athée, prête à tout pour éviter à sa nièce de sacrifier sa jeunesse sur l’autel de la foi. Le film acquiert alors une dimension universelle : la peur de voir un proche emprunter un chemin qui nous échappe. Les Dimanches ne force jamais les émotions ni les conflits hystériques, et parvient pourtant à installer une tension presque silencieuse. La mise en scène reste d’une grande sobriété, préférant se concentrer sur les ressentis. Photographie aux tons doux, musique discrète : tout est pensé pour accompagner les émotions sans jamais les surligner lourdement. Si le film fonctionne avec autant de force, c’est avant tout grâce à la justesse remarquable de ses comédiennes. La jeune Blanca Soroa impressionne par sa retenue et par le mystère qu’elle entretient autour des motivations de son personnage. Mais je retiendrai surtout Patricia López Arnaiz, bouleversante dans le rôle de la tante, dont le jeu nuancé oscille entre inquiétude, incompréhension et amour inconditionnel. Leur relation, finement écrite, devient le véritable cœur émotionnel du film. Les Dimanches est un film fascinant, d’une justesse et d’une qualité d’écriture exemplaires. Sans jamais forcer le trait, il réussit à toucher profondément, jusqu’à un montage alterné final, bluffant de maîtrise. Partager
- La suprême ascension de Chalamet
Découvrez notre critique détaillée du film MARTY SUPREME . La suprême ascension de Chalamet MARTY SUPREME ❤️❤️❤️❤️💛 La suprême ascension de Chalamet N’étant ni amateur de biopics ni particulièrement friand de films sportifs, j’abordais Marty Supreme avec une certaine méfiance. Des doutes vites effacés, tant le film m’a roulé dessus. Nous n’avons clairement pas affaire à un biopic sportif classique. Certes, il s’inspire de la star du ping-pong Marty Reisman, mais en changeant son nom et en prenant de larges libertés, il s’affranchit rapidement du cadre traditionnel pour proposer un véritable portrait d’obsession. Josh Safdie ne raconte pas simplement l’ascension d’un champion : il dissèque la trajectoire d’un jeune Américain prêt à tout pour devenir une icône. Et tout le tapage autour de Timothée Chalamet est amplement justifié. Il porte le film de bout en bout, habité, électrique, déployant une palette de jeu impressionnante pour incarner ce personnage narcissique, ambitieux, souvent détestable. Certains spectateurs pourraient rester à distance face à un protagoniste aussi antipathique, mais cinématographiquement, c’est fascinant. Je ne vois clairement pas qui pourrait lui faire barrage pour son futur Oscar qui semble une évidence. Autour de lui gravite une galerie de seconds rôles solides, chacun bénéficiant d’un véritable arc narratif, à commencer par le surprenant Abel Ferrara. Difficile de ne pas penser au cinéma de Martin Scorsese. Cet anti-héros porté par une obsession maladive de la réussite évoque immédiatement Le loup de Wall Street ou Casino , dans leur manière de décrire les excès du rêve américain. Mais le film convoque aussi l’ombre flamboyante du Babylon de Damien Chazelle : même énergie démesurée, même volonté de transformer chaque séquence en expérience sensorielle totale. La mise en scène est à l’image de son héros : nerveuse, constamment en mouvement, presque fiévreuse. L’intrigue reste simple, mais l’enchaînement d’événements et le chaos progressif emportent tout sur leur passage. La bande originale, mêlant des standards des années 80 dans un anachronisme assumé, insuffle une énergie communicative qui participe à cette sensation d’ivresse permanente. Malgré ses 2h30, le film ne connaît aucun temps mort, quitte à devenir épuisant pour ceux qui ne rentreraient pas dans son délire. Marty Supreme accumule les scènes chocs, manie un sens du comique de situation souvent mordant et refuse obstinément toute demi-mesure. Il veut briller, éblouir, parfois étourdir. Josh Safdie signe ainsi un film à l’image de son personnage : ambitieux, excessif, vibrant. Une œuvre qui risque de diviser, mais dont l’énergie et la radicalité pourraient bien en faire l’un des grands chocs cinématographiques de 2026. Partager













