DIE MY LOVE
❤️💛
Un film qui confond intensité et excès.

J’étais assez attiré par le sujet de Die My Love : ce couple qui fuit New York pour fonder une famille à la campagne, avant que l’arrivée du bébé ne fasse sombrer la mère dans une dépression post-partum et la folie.
Sauf que le film a la subtilité d’un discours de Donald Trump. C’est d’une lourdeur vite épuisante. En cherchant à enfermer le spectateur dans l’état mental de son héroïne, Lynne Ramsay force tellement le trait que le résultat devient indigeste. Clichés, métaphores grossières, effets appuyés, visuels parfois criards : on a souvent l’impression d’un film qui veut démontrer plutôt que faire ressentir. À l’image de certaines scènes de nuit, trop stylisées pour être crédibles, le tout finit même par devenir parfois ridicule.
À cela s’ajoute le personnage joué par Robert Pattinson, réduit à une fonction assez basique : incarner la normalité face à la folie. Dépassé, absent ou impuissant, il reste surtout sous-écrit, sans réelle épaisseur ni contradictions. Le film ne lui laisse jamais l’espace d’exister, ce qui rend la relation de couple étonnamment plate. Ce déséquilibre renforce le côté manichéen de l’ensemble et affaiblit le propos.
Au final, devant toute cette surenchère, je me suis retrouvé un peu dans le même état que le personnage de Jennifer Lawrence et je me suis ennuyé fermement.
Pourtant, s'il y a bien une chose à sauver, c'est son jeu. Elle est impressionnante et se donne corps et âme pour son personnage. Mais là encore, comme le reste du film, elle en fait parfois trop, frôlant la caricature et installant une distance avec le spectateur.
Au final, il y a ce sentiment dérangeant que Lynne Ramsay cherche à parler de cette maladie mentale, mais finit par en faire un spectacle tape-à-l'œil grossier qui fait perdre toute la profondeur de son sujet.

