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DIX POUR CENT

❤️❤️💛

Un film qui coche les cases… mais oublie pourquoi on les avait mises.

DIX POUR CENT

Il y a, dès les premières minutes, un vrai plaisir à replonger dans l’univers de Dix pour cent. Retrouver les agents de l’ASK, ces personnages qui ont largement contribué au succès de la série sur France Télévisions, fonctionne immédiatement. Le film joue d’ailleurs cette carte à fond, allant jusqu’à s’ouvrir sur un « résumé des épisodes précédents » inattendu. Pas forcément indispensable, mais suffisamment original pour arracher un sourire et installer d’emblée une forme de complicité avec le spectateur.

Et il faut bien reconnaître que l’alchimie opère toujours. Les interactions restent vives, les dialogues conservent ce sens du rythme et ces punchlines percutantes qui faisaient le sel de la série. On retrouve aussi cette galerie de personnages attachants, portée par un casting toujours solide. De ce point de vue-là, la promesse est tenue.

Mais très vite, le vernis se fissure.


Car derrière ce plaisir des retrouvailles, le film peine à proposer autre chose qu’un exercice de nostalgie. Tout semble pensé pour flatter les fans, sans jamais réellement chercher à renouveler la formule. Résultat, on se retrouve face à une intrigue étonnamment classique, souvent prévisible, et ponctuée de situations déjà vues, parfois recyclées sans grande inspiration.

Le passage au format cinéma n’aide pas. Là où la série prenait le temps de développer ses personnages et ses intrigues, le film condense tout, au point de donner une impression de précipitation permanente. Les événements s’enchaînent sans véritable respiration, sans avoir le temps d’être creusés, et les arcs narratifs restent en surface. Cette réduction du format limite clairement l’évolution des personnages, qui semblent figés dans ce que l’on connaît déjà d’eux.

Plus regrettable encore, le film abandonne en grande partie ce qui faisait la singularité de la série : son regard satirique sur le monde du cinéma. Cette dimension, à la fois mordante et lucide, s’efface ici au profit d’un récit beaucoup plus lisse, presque consensuel. Quelques touches subsistent, mais elles n’ont plus la même portée.

Le rythme lui-même se montre inégal. Entre des scènes qui s’enchaînent trop vite et d’autres qui s’étirent inutilement, le film souffre de véritables temps morts qui cassent sa dynamique. Et c’est dans son dernier acte qu’il trébuche définitivement. Là où la série brillait par sa capacité à naviguer entre humour et douceur amère, le film opte pour un happy end appuyé, presque absurde, qui trahit en partie l’esprit d’origine.

Autre déséquilibre notable : malgré la richesse de son casting, le film mise très largement sur Camille Cottin et Laure Calamy, dont la carrière a explosé grâce à la série. Si leur présence reste évidemment un atout, ce choix se fait au détriment des autres personnages, relégués au second plan, ce qui crée un manque d’équilibre assez frustrant.

Comme attendu, les caméos sont au rendez-vous. Certains s’intègrent plutôt bien à l’intrigue, notamment ceux de Vincent Macaigne et Laetitia Casta, qui occupent une place centrale. D’autres, en revanche, paraissent plus anecdotiques, à l’image de celui d’Eva Longoria, qui peine à marquer durablement. À l’inverse, la présence de George Clooney donne lieu à une scène de comédie irrésistible, l’un des rares moments où le film retrouve pleinement la vivacité et l’efficacité comique qui faisaient la force de la série.

Au final, Dix pour cent : le film donne l’impression de cocher toutes les cases du retour attendu sans jamais réussir à dépasser ce statut. Il y a du plaisir, de l’attachement, quelques éclats, mais aussi une vraie frustration face à un potentiel largement sous-exploité. Une réunion sympathique, certes, mais qui rappelle surtout à quel point la série, elle, savait trouver le juste équilibre.

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