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FRANKENSTEIN

❤️❤️❤️❤️

Ce monstre de cinéma qui aurait mérité de prendre vie dans une salle obscure.

FRANKENSTEIN

Deux ans après avoir adapté avec brio PINOCCHIO, Guillermo Del Toro s’attaque à un monument de la littérature avec FRANKENSTEIN. Un choix qui apparait comme une évidence, tant cette œuvre fantastique colle parfaitement à l’univers du réalisateur.

Elle devient un formidable terrain de jeu, avec ce mélange de conte, d’horreur, de romantisme et de poésie qu’affectionne Del Toro. Rarement l’horreur n’aura été aussi belle à l’écran.

Visuellement, le film est un régal. Les décors gothiques et les costumes somptueux plongent immédiatement dans l’ambiance du XIXᵉ siècle, tandis que le travail sur les couleurs, associant chaque personnage à une teinte particulière, transforme chaque plan en tableau. Les clair-obscurs rappellent l’œuvre de Caravage, et la musique d’Alexandre Desplat sublime la dualité entre horreur et beauté. Seul bémol : certains effets numériques, notamment sur les animaux, manquent de réalisme.

Encore une fois, il y a une énorme frustration de ne pas pouvoir découvrir une telle œuvre dans une salle de cinéma.

Mais FRANKENSTEIN ne se limite pas à sa beauté visuelle. Del Toro explore en profondeur les thèmes du roman : solitude, rejet, quête de savoir et responsabilité morale.  Il multiplie les détails et les symboles, notamment sur la religion. Mais surtout, il nous livre une fable philosophique profonde où Dr Frankenstein et sa créature deviennent les deux faces d’une même pièce, chacun enfermé dans son isolement et confronté à sa monstruosité.

Le réalisateur a toujours montré son amour pour les monstres et en fait le point d’orgue de son film rendant Victor Frankenstein bien plus monstrueux que sa créature. Et même s’il prend quelques libertés avec le roman, il réussit à offrir une véritable humanité à la créature.

Le film doit aussi beaucoup à son casting. Oscar Isaac est habité par ce scientifique obsédé par ses ambitions, rongé par l’orgueil et les remords. Mais c’est Jacob Elordi, découvert dans EUPHORIA, qui impressionne le plus. L’acteur trouve ici son plus beau rôle, avec un jeu reposant énormément sur le corps et le regard rendant la créature à la fois fragile et terrifiante.

Bien plus qu’un film d’horreur, le FRANKENSTEIN de Del Toro est une tragédie romantique sur la condition humaine et un des très grands films de l’année.
Il signe non seulement une réinvention du mythe, mais une déclaration d’amour aux monstres et à l’humanité.

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