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GARANCE

❤️❤️💛

Un film qui évite les clichés de l’alcoolisme… au risque d’en devenir trop sage.

GARANCE

Après Pupille et Je verrai toujours vos visages, Jeanne Herry choisit de s’attaquer une nouvelle fois à un sujet de société fort : ici, l’alcoolisme.

Le film suit donc Garance de manière presque immersive, en se focalisant constamment sur son point de vue. À aucun moment, le récit ne bascule du côté de son entourage. Jeanne Herry fait le choix radical de ne jamais s’éloigner de son personnage principal, présent dans quasiment chaque plan.

Autre parti pris tout aussi fort : ne jamais montrer frontalement les moments de perte de contrôle. Le film évite soigneusement les scènes attendues de crises de dérapage spectaculaire ou de chute brutale. Pas de scènes de vomissements, d’effondrement ou autre humiliation publique : tout reste hors champ. Là encore, ce n’est pas anodin, puisque cela nous place dans la position de Garance, qui découvre les conséquences de ses dérapages sans sembler en garder le souvenir.

Le film ne s’attarde pas non plus sur les raisons profondes de son alcoolisme, préférant rester à distance de toute explication psychologique trop appuyée. Pour autant, il n’en minimise pas les conséquences. Au fil des années, l’alcoolisme de Garance s’installe progressivement et vient lentement ravager son quotidien, que ce soit dans ses relations personnelles ou dans le monde du travail.

Le film ne tombe jamais dans le pathos, gardant une retenue constante, même dans ses moments les plus difficiles.

S’il faut reconnaître une qualité à Jeanne Herry, c’est sans doute la justesse de ses dialogues, mais surtout son incroyable direction d’acteurs. Adèle Exarchopoulos impose ici un magnétisme rare : omniprésente à l’écran, elle livre un jeu à la fois puissant et profondément crédible, sans jamais forcer. Elle confirme, une fois de plus, qu’elle est l’une des actrices françaises les plus marquantes de sa génération. Sa relation avec le personnage de Sara Giraudeau fonctionne également très bien, avec une justesse qui évite tout jugement ou caricature.

Cependant, à force de ne jamais montrer frontalement les ravages de l’alcool, le film donne parfois le sentiment de survoler son sujet, voire de l’édulcorer. Cette limite devient plus flagrante dans un dernier acte expédié, qui affaiblit la crédibilité du final. Malgré un regard globalement réparateur et bienveillant, la conclusion laisse une impression de facilité, celle d’un film finalement trop sage, qui n'ose pas assez et m'aura laissé un sentiment de frustration...

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