GOOD LUCK, HAVE FUN, DON’T DIE
❤️❤️❤️
Gore Verbinski livre un épisode de Black Mirror délirant.

Good Luck, Have Fun, Don’t Die marque le grand retour de Gore Verbinski avec ce qui sera probablement le film le plus barré de 2026. À la croisée de l’aventure et de la science-fiction, c’est avant tout une comédie déjantée. Le film impressionne d’abord par son énergie et son goût du chaos, multipliant les idées jusqu’à l’excès dans un tourbillon qui n’est pas sans rappeler Everything Everywhere All at Once ou Shaun of the Dead. Cette surenchère permanente donne lieu à des scènes totalement jouissives, où l’absurde et l’humour noir explosent sans retenue.
L’humour noir est ici le véritable moteur du film. Verbinski pousse ses situations jusqu’à l’irrationnel, assumant un manque de crédibilité qui devient une force. Les décisions improbables et les situations décalées ne cherchent jamais à convaincre, mais au contraire à révéler l’absurdité du monde. À travers cette exagération constante, le film transforme son chaos en une satire féroce de notre époque.
Le film déploie ainsi une critique acerbe de l’intelligence artificielle et de notre dépendance aux écrans. À travers des flashbacks dignes de Black Mirror, il montre la dérive progressive vers un monde ultra-connecté. Ces séquences apportent une vraie profondeur, même si, en contrepartie, elles cassent parfois le rythme du film.
Au cœur de ce chaos, Sam Rockwell s’impose avec un personnage au look improbable, à la fois décalé, drôle et touchant, qui à lui seul vaut le détour.
Mais le film n’est pas parfait. À force de cumuler les idées et les thèmes, il donne parfois le sentiment de survoler ses propres enjeux et manque de subtilité dans leur développement. Pourtant, cette générosité excessive fait aussi sa force.
Au final, Good Luck, Have Fun, Don’t Die est un film aussi chaotique que jouissif : une œuvre inégale, parfois brouillonne, mais portée par une inventivité rare et un sens du spectacle jubilatoire. Un grand divertissement, fun et original, qui, sous ses airs de délire incontrôlé, capte avec une férocité jubilatoire les dérives de notre époque.

