HAMNET
❤️❤️💛
Être ou ne pas être... touché par ce film…

En 1580, William Shakespeare, alors simple professeur de latin fauché, rencontre Agnès, une femme en communion avec la nature. Leur histoire d’amour fougueuse donnera naissance à trois enfants, jusqu’au jour où un drame viendra bouleverser leur vie. Une épreuve dont naîtra l’inspiration du chef-d’œuvre HAMLET.
Formellement, le film est une réussite. Chloé Zhao prouve une nouvelle fois son talent pour filmer la nature autant que les drames intimistes. Certains plans sont somptueux, comme la découverte du personnage d’Agnès dans la forêt ou la scène de l’accouchement. Une véritable poésie se dégage de l’ensemble, renforcée par un léger souffle fantastique qui survole le récit.
L’autre grand point fort de HAMNET réside dans son casting. Bien sûr, Paul Mescal est impeccable dans le rôle du dramaturge. Mais là où l’on pourrait s’attendre à suivre son ascension, le film choisit finalement de le reléguer au second plan. Le nom de William Shakespeare n’est d’ailleurs prononcé qu’une seule fois.
Le récit se concentre avant tout sur le personnage de sa femme, Agnès, incarnée par une Jessie Buckley sidérante, qui mérite amplement d’aller chercher son Oscar en mars. Elle livre une performance aussi puissante que dévastatrice et constitue, à mes yeux, la véritable révélation du film.
Cependant, malgré ses nombreuses qualités, j’ai eu énormément de mal à entrer dans l’histoire, principalement à cause de son écriture. Le drame central n’intervient qu’à mi-parcours, et la première partie, plombée par un rythme trop lent et des dialogues parfois trop écrits, n’a jamais réussi à capter mon attention.
Le véritable sujet du film n’émerge donc que dans sa seconde moitié, à travers les répercussions du drame sur le couple. Si cette partie est plus aboutie et aborde un thème qui me touche profondément, je n’ai malheureusement pas réussi à me défaire de l’ennui qui s’était progressivement installé.
Enfin, HAMNET assume pleinement son orientation mélodramatique. Mais même si je suis plutôt amateur du genre, je regrette une utilisation trop appuyée de la musique. Je pense notamment à la scène finale, d’une efficacité redoutable, où Max Richter tombe dans la facilité en recyclant son désormais mythique On the Nature of Daylight : un morceau capable, à lui seul, d’arracher une larme à n’importe quel spectateur… même devant une vidéo de chatons jouant à la balle…


