28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS
❤️❤️💛
Un film qui ose énormément… sans jamais réussir à m’embarquer.

En juin dernier sortait 28 ANS PLUS TARD et, même si je suis plutôt amateur de la franchise, ce nouvel opus m’avait laissé dubitatif. J’avais pourtant adhéré à bien des choses : l’ambiance poisseuse, la mise en scène inventive de Danny Boyle, ou encore la prestation hallucinée de Ralph Fiennes, qui incarne sans doute l’un des personnages les plus marquants du cinéma de genre de ces dernières années. À ce niveau-là, difficile de nier la singularité et l’ambition du projet.
Mais le film se perdait aussi dans de nombreuses facilités et incohérences scénaristiques, jusqu’à cette dernière scène complètement « what the fuck » introduisant un clan tout droit sorti d’ORANGE MÉCANIQUE, qui me laissait redouter le pire pour la suite.
Contre toute attente, cette communauté sectaire est pourtant l’une des bonnes surprises de ce TEMPLE DES MORTS. Cette bande de fanatiques, où tout le monde s’appelle Jimmy et se passionne pour les Teletubbies, apporte une étrangeté dérangeante et est certainement un des éléments les plus audacieux du film. Et s’il est facile de reprocher à Hollywood d’enchaîner les œuvres formatées en évitant toute prise de risque, on peut au moins reconnaître à ce film de ne jamais chercher à caresser le spectateur dans le sens du poil. Il ose, parfois jusqu’à l’excès, en poussant systématiquement les curseurs un peu plus loin.
Dans cet opus, les morts-vivants sont d’ailleurs relégués au second plan. L’intrigue se recentre davantage sur l’affrontement idéologique entre le chef de la secte et le docteur Kelsen, toujours incarné de manière flamboyante par Ralph Fiennes. C’est dans cette opposition, presque philosophique, que le film trouve selon moi ses moments les plus intéressants, même si cela crée un éloignement radical de l’horreur pure qui faisait l’ADN de la saga.
Si la mise en scène se révèle moins inspirée que celle de Danny Boyle, elle n’en demeure pas moins ponctuée de scènes marquantes, à l’image de cette séquence surréaliste dont est issue l’affiche.
Malheureusement, mon plaisir est une nouvelle fois gâché par l’écriture et un manque persistant de crédibilité, notamment autour de tout ce qui concerne l’Alpha. Certes, invoquer la crédibilité dans un film de zombies peut sembler absurde, mais certaines facilités m’ont totalement sorti du film à plusieurs reprises, ce qui, pour moi, empêche le film de transformer son audace en véritable réussite.
Au final, LE TEMPLE DES MORTS, comme son prédécesseur, est loin d’être un mauvais film, ne serait-ce que pour sa prise de risque de sortir des standards habituels. Mais là où LES ÉCHOS DU PASSÉ m’avait justement fasciné la semaine dernière par sa proposition radicale et pleinement assumée, celui-ci n’aura cessé de me tenir à distance, me laissant au bout du compte un goût amer.


