MAYDAY
❤️❤️❤️
Un buddy movie de plus… jusqu’à ce que la mise en scène fasse la différence.

À première vue, Mayday a tout du buddy movie de plateforme formaté, comme il en sort à la chaîne, au point de faire craindre un nouveau film aussitôt vu qu’oublié.
Et le fait que Ryan Raynolds soit au casting ne me rassurait pas. Je dois aussi avouer que je ne suis loin d’être un grand fan de l’acteur, surtout quand il fait du “Ryan Reynolds”. Et ici, c’est malheureusement exactement le cas : son registre habituel, fait de petites vannes et de sarcasmes, revient en boucle, avec des blagues parfois un peu lourdes qui font sa réputation.
Le film ne brille pas davantage par son écriture. L’intrigue empile les clichés, les facilités et les incohérences, sans jamais chercher à surprendre ni à approfondir ses enjeux. Certes, Mayday revendique un héritage assumé des années 80-90, que ce soit dans son ton ou sa construction, mais l’ensemble paraît souvent balisé, voire paresseux.
Et pourtant, contre toute attente, le film parvient à fonctionner comme un divertissement honnête. Même en étant peu sensible à l’humour de Reynolds, difficile de nier l’efficacité du duo qu’il forme avec Kenneth Branagh. Ce dernier, à contre-emploi, apporte une énergie décalée qui dynamise l’ensemble et lui permet même, à plusieurs reprises, de voler la vedette.
Mais le véritable atout de Mayday, c’est clairement sa mise en scène. Jonathan Goldstein et John Francis Daley confirment le talent déjà aperçu avec le très sympathique Donjons & Dragons. Les scènes d’action sont extrêmement maîtrisées, lisibles et particulièrement bien chorégraphiées, ce qui devient presque rare dans ce type de production. Elles sont souvent inventives et franchement jouissives, avec en point d’orgue une scène de baston dans un bar particulièrement bluffante.
Le film doit aussi beaucoup au timing comique du duo de réalisateurs, souvent très efficace, qui parvient à donner du rythme et une vraie dynamique aux situations, y compris lorsque l’écriture faiblit. Malgré des répliques parfois lourdes, plusieurs passages font mouche, notamment une scène de placard particulièrement réussie.
Le film repose également sur un duo de personnages assez classique mais efficace, véritable colonne vertébrale du récit. En revanche, les personnages secondaires peinent à exister. Souvent cantonnés à des fonctions narratives, ils manquent d’épaisseur, à l’image du personnage de la fille, davantage utilisé comme ressort scénaristique que véritablement développé.
Au final, Mayday ne marquera sans doute pas durablement les esprits, mais il remplit son contrat : celui d’un divertissement efficace, rythmé et globalement plaisant, qui compense ses faiblesses par une mise en scène solide et un sens du spectacle indéniable.

