top of page

DIABOLO MENTHE

DIABOLO MENTHE

❤️❤️❤️❤️💛

Une promesse vieille de vingt ans qui, le temps d’une nuit, laissera une empreinte éternelle

Théâtre du Roi René - 11h20 relâche les 8, 15, 22 juillet

C’est d’abord son pitch qui a attiré mon attention. En 2003, Céleste et Benjamin tombent amoureux au lycée et se lancent ce pari fou : se retrouver vingt ans plus tard, le temps d’une nuit, pour cocher une liste de promesses. En 2023, Benjamin est au rendez-vous. Mais au lieu de Céleste, c’est Esmée qui apparaît.


Un point de départ intrigant… mais je ne m’attendais clairement pas à recevoir une décharge émotionnelle aussi intense.


Si le récit ne tarde pas à révéler la raison de la présence d’Esmée, je n’aborderai pas cet aspect ici. La pièce se découvre justement comme un puzzle, construit à travers de constants allers-retours entre 2003 et 2023. Peu à peu, elle nous raconte la naissance de l’histoire entre ces deux adolescents, mais aussi cette rencontre inattendue entre Benjamin et Esmée, qui vont apprendre à se découvrir le temps d’une nuit.


Le travail sur les transitions est particulièrement remarquable. Portées à la fois par la lumière et par le texte, elles offrent une fluidité déconcertante : certaines phrases commencent dans une époque pour se terminer dans l’autre, créant un lien organique entre passé et présent.


Il y sera évidemment question d’amour, de ceux qui laissent des traces indélébiles. Mais aussi des actes manqués… et de ces moments que l’on aimerait, un jour, pouvoir réparer. Un véritable élan de tendresse et de poésie imprègne la pièce, notamment à travers cette liste de promesses imaginée par Céleste et Benjamin, véritable capsule temporelle de leurs espoirs, de leurs rêves et de leurs illusions d’adolescents. Cette double temporalité crée une véritable richesse dramaturgique, un jeu d’échos constant entre les époques, qui vient toucher quelque chose de profondément intime.


Même si l’on peut parfois sentir venir certains éléments, le spectacle brille par sa construction narrative et surtout par l’émotion saisissante qui le traverse. L’écriture, particulièrement juste et sensible, vient faire vibrer les souvenirs des spectateurs avec une précision désarmante. Car oui, Diabolo menthe assume pleinement son côté mélo, mais il le fait avec une telle sincérité et une telle justesse que les sentiments ne paraîssent jamais forcés. Au contraire, cette dimension presque romanesque devient une force, tant elle permet à chacun de se retrouver dans ces regrets, ces espoirs et ces souvenirs enfouis.


La pièce doit aussi beaucoup à son trio de comédiens, dont le lien transpire de justesse. Je retiendrai particulièrement Albane You, bouleversante dans un jeu tout en retenue, à fleur de peau, laissant affleurer une colère intérieure prête à surgir à tout instant.


Le décor, minimaliste — une table et deux chaises d’un côté, un banc et son lampadaire de l’autre — participe pleinement à cette réussite. Il fluidifie les transitions, insuffle du rythme et accompagne avec efficacité ce voyage dans les souvenirs de Benjamin.


Et puis il y a ce qu’il reste, une fois la lumière retombée. Il y a ce contraste troublant — les yeux humides et pourtant le sourire aux lèvres — Diabolo menthe réussit ce rare équilibre entre mélancolie et douceur. Il y a des spectacles qui nous accompagnent le temps d’une soirée, et d’autres qui continuent de résonner bien après. Diabolo menthe fera indéniablement partie de ces pièces qui marqueront mon OFF et dont l’émotion continuera longtemps à m’habiter.

Abonnez-vous à notre liste de diffusion

Merci de vous être abonné !

bottom of page