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FABULEUX

FABULEUX

❤️❤️❤️❤️

Tout est dans le titre

Dès les premières minutes, Fabuleux annonce la couleur : à l’image de sa sublime affiche, le spectacle assume pleinement sa fantaisie en imaginant la rencontre entre Hans Christian Andersen et Charles Dickens, tout en précisant malicieusement qu’il s’agit d’une histoire vraie… sauf ce qui a été inventé. Une entrée en matière qui donne immédiatement le ton d’une proposition libre, ludique et résolument décalée.


Très vite, quelque chose de véritablement magique s’installe et ne quittera plus le spectacle. La scénographie joue habilement sur les ambiances et les contrastes : le salon victorien ancre le récit dans le réél, mais, sans jamais changer d’espace, la mise en scène réussit à faire basculer le spectateur vers la magie. Lorsque, en avant-scène, cet immense tissu se déploie, le spectacle nous projette soudainement dans l’imaginaire de Hans et du petit Henry qui l’accompagne. Une frontière entre réel et merveilleux qui participe pleinement à la poésie de l’ensemble.


Que ce soit à travers son décor, son travail sur les lumières ou bien sûr sa dimension musicale, Fabuleux déploie un univers enchanteur. Car oui, on est ici face à une véritable comédie musicale : les morceaux s’enchaînent avec une belle efficacité, certains déclenchant le rire — comme celui, irrésistible, de la reine — quand d’autres marquent durablement, à l’image celui du Vilain Petit Canard, qui reste en tête bien après la représentation.


Mais Fabuleux, c’est aussi une plongée dans les contes d’Andersen, racontés avec une certaine fidélité à leur esprit d’origine. Le spectacle ne manque d’ailleurs pas de tacler au passage Disney et sa tendance à lisser, voire édulcorer ces récits, rappelant que ces histoires sont souvent bien plus sombres et nuancées qu’on ne le pense.


Au-delà de la fantaisie, le spectacle raconte aussi une belle histoire de transmission. À travers les contes de son nouvel ami, la relation qui se noue entre Hans et le petit Henry va peu à peu lui permettre de s’affirmer, de prendre confiance et de trouver sa propre voix. Les histoires deviennent alors bien plus qu’un simple divertissement : elles deviennent un moyen de grandir et de se révéler.


Le spectacle joue également avec le contraste entre ses deux figures centrales. Face à un Charles Dickens plus rigide, marqué par une vision de la société très traditionnelle et patriarcale, Hans Christian Andersen apparaît comme un véritable souffle de liberté, avec sa fantaisie débordante et son exubérance assumée. Un décalage qui nourrit autant les situations comiques que l’émotion du spectacle.


Au cœur de cette fantaisie, Simon Froget-Legendre, qui incarne Hans Christian Andersen, est un véritable tourbillon. Costume coloré, énergie débordante, jeu irrésistible : il compose un personnage totalement habité, comme un enfant coincé dans un corps d’adulte, apportant au spectacle une fraîcheur et une poésie constantes.


Oscillant sans cesse entre comédie, sensibilité et émotion, Fabuleux réussit à trouver un équilibre délicat. Derrière la légèreté apparente, il laisse affleurer une vraie tendresse et une mélancolie discrète, qui donnent à l’ensemble une profondeur inattendue.

Un spectacle familial qui ravira les plus petits, mais si, comme moi, vous avez gardé votre âme d’enfant, vous vous laisserez emporter par la magie, avec un seul mot en tête : fabuleux.

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