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FAKE

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❤️❤️❤️❤️💛

Un vertige émotionnel que je n’ai pas vu venir

Quand tu programmes plus de cinquante spectacles dans un off, il y en a forcément que tu choisis pour le sujet, sans en attendre grand-chose. Des spectacles “de remplissage”, en quelque sorte. Je dois bien l’avouer, c’était mon cas pour celui-ci. Et pourtant… c’est une claque que je n’ai absolument pas vu venir…

La pièce plonge au cœur des troubles de l’adolescence avec une justesse désarmante
. Elle parle de quête d’identité, du regard des autres, de solitude, de la place envahissante des réseaux sociaux… Mais surtout, elle raconte cette amitié fusionnelle entre deux adolescentes, un lien presque vital, qui vacille le jour où l’une d’elles tombe amoureuse.

Dans un premier temps, une forme d’euphorie et de légèreté s’installe, portée par de nombreux moments d’humour qui nous plongent pleinement dans l’univers de ces deux adolescentes.

Et puis, il y a ce moment. Ce point de bascule que je n’aborderai pas ici. La pièce tremble, se fissure, et tout s’accélère dans un élan dramaturgique vertigineux qui fait basculer le spectacle dans une autre dimension. À partir de là, le récit gagne une profondeur inattendue dont il devient impossible de décrocher.

Le travail sur le son et la lumière est d’une grande précision. Les ambiances se sculptent, évoluent, épousent les émotions des personnages pour mieux nous y plonger. Le décor, lui, est minimaliste : quelques néons suffisent. Un choix malin qui permet au spectacle de se jouer partout, notamment dans les lycées, et de déployer une force de frappe d’autant plus directe.

Le personnage d’Érik, dont l’une des adolescentes tombe amoureuse, n’existe que par la voix off. Une présence fantomatique, presque irréelle, qui renforce encore le trouble.

Et puis il y a ces moments musicaux, loin d’être accessoires. Ils participent à cette montée en énergie, prolongent les émotions et font ressortir ce qui ne peut pas toujours se dire, avec une sincérité brute.

Quant aux comédiennes, Clémence Coullon et Agathe Mazouin, leur jeu est d’une intensité remarquable. Dans la première partie, l’amour qu’elles partagent transpire, elles débordent d’énergie et d’une joie presque contagieuse, comme pour mieux installer le vertige à venir. Puis, peu à peu, les voiles se déchirent et laissent apparaître une fragilité à fleur de peau.

La compagnie Le Feu au Lac porte ce spectacle avec une sincérité brûlante. Et sans prévenir, elle a réussi à mettre le feu à mon cœur.

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