FRANTZ

❤️❤️💛
Une pièce que l’on « voit » autant avec les oreilles que les yeux.
J’ai d’abord été impressionné par cet univers sonore entièrement fabriqué à vue, avec une précision d’orfèvre. À l’aide d’objets du quotidien, les comédiens font naître une multitude d’ambiances et de situations. Chaque son agit comme un déclencheur d’imaginaire, laissant au spectateur le soin de compléter mentalement les images.
Le spectacle est traversé par un esprit burlesque qui évoque autant l’univers du cartoon que celui de Jacques Tati. Ce ton comique apporte une légèreté bienvenue et révèle en creux la fragilité du personnage.
Progressivement, la pièce glisse vers un registre plus onirique et fragmenté. Le récit se déconstruit, multiplie les allers-retours dans le temps. Le travail sonore évolue : de concret et évocateur, il devient plus abstrait, parfois insaisissable. Ce glissement traduit avec justesse un état intérieur troublé … mais cette évolution m’a aussi tenu à distance.
C’est d’ailleurs là que le spectacle m’a un peu perdu. Malgré le fait qu’il regorge d’idées, j’ai ressenti un rythme inégal. Certains moments sont vraiment vivants, presque jubilatoires, puis d’autres s’étirent davantage. Et comme le fond — le deuil, la reconstruction — reste assez classique, j’ai parfois eu l’impression que la forme, pourtant brillante, ne suffisait plus à maintenir mon attention.
Au final, Frantz reste pour moi un spectacle singulier et inventif, à la croisée du théâtre d’objet, du mime et de la création sonore. J’y ai vu de très belles trouvailles, une vraie sensibilité… même si l’ensemble ne m’a pas complètement emporté.

