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LA PROCHAINE FOIS QUE TU MORDRAS LA POUSSIÈRE

LA PROCHAINE FOIS QUE TU MORDRAS LA POUSSIÈRE

❤️❤️❤️❤️

Quand le théâtre fait naître un dialogue impossible...

Théâtre des Halles - 19h00 relâche les 8, 11, 15, 22 juillet

Dans une salle d’attente d’hôpital, un fils se remémore ce qu’il a toujours cherché à fuir : sa relation avec son père. Alors que celui-ci est sur le point de mourir, il replonge dans ses souvenirs, tente de comprendre leur histoire, de revisiter les blessures accumulées et, peut-être enfin, de dire ce qui n’a jamais pu être exprimé.

La salle d’attente devient un lieu de mémoire où le passé va ressurgir. Le spectacle fait alors un choix dramaturgique particulièrement puissant : faire réapparaître le père sur scène pour permettre un véritable échange. Même s’il n’est pas réellement présent dans cette réalité, il devient un interlocuteur à part entière. Le monologue intérieur du fils se transforme en un face-à-face bouleversant, donnant vie à une conversation qui semblait pourtant impossible.

Toute la richesse de la pièce repose sur cette relation complexe. Le fils est constamment partagé entre la colère née des blessures de l’enfance et l’attachement profond qu’il porte à son père. La pièce explore cette relation toxique, mais jamais simplifiée : elle montre aussi bien les moments de douleur, d’humiliation et de cruauté que les instants de partage, de complicité et de tendresse.

Le spectacle trouve d’ailleurs une grande justesse dans sa manière de travailler les non-dits. Ce sont souvent les silences, les hésitations et les phrases qui ne parviennent pas à sortir qui racontent le plus. Il y a quelque chose d’universel qui en ressort : ces paroles que l’on garde trop longtemps en nous et ces sentiments que l’on n’ose pas exprimer…

Mais la réussite de La Prochaine Fois que tu mordras la poussière tient aussi à la puissance de son interprétation. Romeo Mariani livre une prestation d’une grande intensité, incarnant un fils constamment au bord de la rupture. Son personnage oscille entre colère contenue, besoin d’amour et fragilité à fleur de peau.

Face à lui, Yann Pradal impose une présence remarquable dans le rôle du père. Malgré un texte plus limité, il apporte une véritable profondeur à son personnage. Il évite avec finesse d’en faire une simple figure du père absent ou cruel. Il laisse apparaître ses failles, ses maladresses et une forme d’incapacité à exprimer ses sentiments, donnant au personnage une complexité qui empêche tout jugement définitif.

Portée par un texte d’une grande puissance et par un face-à-face d’une rare intensité, La Prochaine Fois que tu mordras la poussière touche surtout par sa sincérité. La pièce ne cherche jamais à donner de réponses définitives sur cette relation père-fils, mais à montrer toute sa complexité, faite de blessures, de regrets et d’attachement. Elle parle de ces liens familiaux qui nous construisent autant qu’ils peuvent nous détruire, et de ce besoin, parfois trop tardif, de pouvoir enfin se dire les choses.

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