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LE CERCLE DE CRAIE CAUCASIEN

LE CERCLE DE CRAIE CAUCASIEN

❤️❤️❤️

Un tour de force théâtral… qui m’a laissé en dehors du cercle.

Théâtre du Chien qui fume - 12h05 relâche les 8, 15, 22 juillet

Difficile de ne pas être impressionné par ce Cercle de craie caucasien. En fidèle du Grenier de Babouchka, j’y ai retrouvé tout ce qui fait la signature de la troupe : un esprit collectif extrêmement fort, une énergie débordante et cette musicalité omniprésente qui irrigue le spectacle de bout en bout. Ici, presque tous les comédiens chantent, jouent d’un instrument, participent à une partition vivante qui donne au plateau un rythme effréné, sans temps mort.

Il y a quelque chose de profondément jubilatoire dans cette dynamique de groupe, dans cette générosité permanente et rarement le spectacle vivant ne prend autant de sens que dans une proposition comme celle-ci, où tout se fabrique sous nos yeux.

La mise en scène n’est pas en reste et impressionne par sa maîtrise. Les décors, en mouvement constant, participent pleinement à la narration, les transitions s’enchaînent avec fluidité, et certaines idées visuelles frappent juste. La scène de la rivière, notamment, se révèle bluffante par son inventivité. On sent une mécanique parfaitement rodée, un sens du détail et du rythme qui témoignent d’un travail extrêmement abouti.

Tout concourt ainsi à faire de cette proposition un objet théâtral ambitieux, exigeant, porté par une troupe au sommet de son engagement. Le plaisir de voir du “grand théâtre”, au sens le plus généreux du terme, est indéniable.

Et pourtant, malgré cette admiration évidente pour la forme, quelque chose m’a échappé. Je suis resté à la porte de l’émotion. Là où la pièce cherche souvent le comique, je n’ai que rarement ri… et c’est précisément là que le bât blesse. Car en restant extérieur au rire, je suis aussi resté extérieur aux personnages. Cette absence de lâcher-prise a installé une distance, presque imperceptible au début, mais qui a fini par empêcher toute véritable implication émotionnelle. J’ai regardé plus que je n’ai ressenti.

Je ressors donc avec une impression paradoxale, presque frustrante : celle d’avoir vu un spectacle remarquable… sans avoir été bouleversé. Comme si tout était là — la virtuosité, l’intelligence, la générosité — sauf l’essentiel. Mon cœur, lui, est resté un peu en dehors du cercle.

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