LE MALADE IMAGINAIRE

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La rencontre du théâtre classique et des rythmes urbains
Théâtre du Chêne Noir - 15h00
Après LA MALADIE DE LA FAMILLE M, qui m’avait profondément bouleversé, puis DOM JUAN, déjà une relecture audacieuse de Molière, j’attendais cette nouvelle mise en scène de Tigran Mekhitarian avec une impatience mêlée de curiosité.
Fidèle au texte original, il conserve la langue du XVIIe siècle, limpide et intacte, mais la propulse avec brio dans notre époque. Ce n’est pas un simple dépoussiérage, mais une véritable démonstration que le théâtre classique peut parler à notre temps sans jamais renier son essence. Les anachronismes, les éclats de langage urbain, les accents rap et slam ne sont jamais gratuits : ils servent la dramaturgie avec finesse.
Les séquences musicales, notamment rappées, ne sont ni artificielles ni décoratives. Elles incarnent les émotions profondes des personnages, dévoilant leurs failles, leurs colères, leurs tendresses. La scène entre Angélique et Cléante devient une joute musicale tendre et complice. Argan, quant à lui, ne se contente plus de râler contre ses médecins : il rappe sa solitude, son besoin d’amour, son angoisse de vieillir.
Cette version offre une lecture profondément humaine du personnage d’Argan, bien loin du simple hypocondriaque moqué : on y découvre un homme en détresse réelle, en quête d’attention et de réconfort.
Le spectacle est résolument multigénérationnel, à l’image de son casting, et démontre avec éclat combien Molière reste d’actualité.
Au fil des années, Tigran Mekhitarian s’impose comme l’une des voix majeures du théâtre contemporain, capable de faire dialoguer les siècles et de toucher toutes les générations.