YONGOYELY

❤️❤️❤️💛
Au-delà de la prouesse physique, un hymne à la force et à la résilience des femmes
Le Festival OFF ne se limite pas au théâtre. Le spectacle vivant, c’est aussi du cirque, et le festival accueille une nouvelle fois le cirque social guinéen Circus Baobab avec son nouveau spectacle Yongoyely. Après Yé ! (L’Eau), la troupe revient avec une proposition qui mêle une nouvelle fois acrobatie, danse et chant dans une prestation souvent spectaculaire.
Comme dans leur précédent spectacle, Circus Baobab ne se contente pas d’enchaîner les prouesses physiques. Derrière ce show d'accrobaties se trouve un véritable propos, porté notamment par les témoignages en voix off de ces femmes qui évoquent la condition féminine en Afrique et les combats qu’elles doivent mener au quotidien, notament contre l'excision. Un discours qui donne une dimension profondément humaine au spectacle.
Mais ce qui frappe immédiatement reste évidemment la virtuosité des acrobates. Les bouteilles d’eau qui étaient au centre de Yé ! (L’Eau) laissent ici place à des parpaings et de longues tiges de bois, nouveaux éléments de jeu qui viennent enrichir les tableaux proposés. La troupe met continuellement en avant les femmes : six artistes féminines sont sur scène, accompagnées de trois hommes, et toutes impressionnent par leur force, leur agilité et leur engagement physique.
De nombreux passages reposent sur des portées spectaculaires, où les femmes sont souvent les piliers de ces pyramides humaines, défiant les lois de l’équilibre. Le spectacle enchaîne ainsi des figures impressionnantes, provoquant régulièrement un silence profond dans la salle lorsque les artistes semblent tenir dans des positions aussi belles que précaires. Ces instants suspendus témoignent d’une maîtrise technique remarquable et d’une confiance totale entre les membres de la troupe.
Si l’on reste bluffé par les performances et l’énergie déployée, j’ai toutefois ressenti quelques baisses de rythme. Certains moments de transition ou de pause viennent casser l’élan du spectacle et empêchent parfois l’ensemble de conserver la même intensité du début à la fin.
Yongoyely reste néanmoins une belle démonstration de la force du cirque comme langage universel : un art où les corps racontent autant qu’ils impressionnent, et où l’acrobatie devient un moyen de porter une voix.

