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- Critique ALLONS ENFANTS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle ALLONS ENFANTS ALLONS ENFANTS ❤️❤️❤️ La troupe des Epis noirs, composée de sept artistes se proposent de nous raconter la grande histoire de la France à travers une comédie musicale. Au cours du spectacle, ils seront à la fois acteurs, chanteurs, danseurs, mais joueront aussi la musique qui accompagnera l'ensemble. Ils y interpretrons une multitudes de personnages historiques. Plusieurs tableaux sont réellement inventifs, comme celui sur Jeanne d'Arc ou ce final intense. L'ensemble des chansons collectives (et créées pour le spectacle) sont vraiment entraînantes et font leur petit effet. Mais certains morceaux ont tout de même des chorégraphies qui m'ont semblé moins inspirées... De même, la pièce joue énormément sur l'humour, avec un côté déjanté qui parfois fait mouche, notamment certains jeux de mots qui fonctionnent très bien, mais là aussi, j'ai trouvé l'ensemble inégal avec parfois certaines lourdeurs. Mais ces artistes se donnent à fond, et ce, jusqu'après la tombée du rideau... Il prennent du plaisir et ça se voit, et malgré les quelques défauts du spectacle ils en font tellement qu'on passe un bon moment avec eux, ce qui est finalement le principal. Partager
- Critique INTRA MUROS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle INTRA MUROS INTRA MUROS ❤️❤️❤️❤️💛 Raconter une histoire est un art, et dans ce domaine Michalik prouve encore une fois qu'il est un maître . Cette pièce démarre comme un huit clos où l'on assiste à un cours de théâtre dans un milieu carcéral Sauf que Michalik, c'est plus fort que lui et comme il en a l'habitude il trouve le moyen de faire voyager ses spectateurs. Ce cours de théâtre devient un prétexte à nous faire voyager dans le passé des cinq personnages en se concentrant sur l'humain et leurs cicatrices. Le public devient même un punching-ball qui reçoit toutes leurs émotions. Et vu le niveau de jeu des acteurs, certains coup font mal, très mal. A l'image de cette scène ou un jeune de banlieue nous raconte son passé et la montée en puissance de sa colère... bluffant... Mais il y a un sixième artiste dans Intra Muros, et pas des moindres. Un musicien en bord de scène, qui accompagne les acteurs d'une musique (un mélange de guitare, piano, percussions et musique electo). Son travail intensifie clairement les scènes, sans devenir envahissant et offre au spectacle un côté très cinématographique. Et puis, il y a la mise en scène de Michalik. Certains vont sûrement s'empresser de dire qu'il s'appuie sur des bases devenues habituelles chez lui. Avec ses changements de lieu, de décors et de costumes face au public (avec ici, des transitions passé-présent particulièrement réussies). Alors oui, c'est le cas, mais pour moi ça fait parti de son univers. Un peu comme si on reprochait à Tarantino ou Nolan leurs style cinématographique reconnaissable sur chaque film. Mais moi, tant qu'il réussira à m'emporter à chaque spectacle, je signe. Partager
- Critique de WONDER WHEEL – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film WONDER WHEEL . WONDER WHEEL ❤️❤️❤️❤️ Premier GROS coup de cœur de l’année Alors, ce n’était pas gagné, parce que Woody Allen et moi, c’est un peu comme avec Lecouch, ou j’aime beaucoup, ou je me fais bien chier Et là jackpot Bon, je ne vais pas parler de l’histoire, car je ne savais rien du film avant de rentrer dans la salle, et ça m’a peut être permis d’être autant surpris J’ai été emporté par ce film à la dramaturgie et à la mise en scène très théâtrale Je suis tombé sous le charme des décors, des couleurs et surtout de ces lumières qui sont juste à tomber par terre (certains plan sont juste sublimes) C’est humain, touchant, léger, drôle, parfois pittoresque Et Kate Winslet est, comme souvent, parfaite dans son rôle lunatique Décidément cette actrice n’en finira jamais de me bluffer J'aime quand le cinéma continue à me faire aimer le cinéma Partager
- Critique LE MOBY DICK – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE MOBY DICK LE MOBY DICK ❤️❤️❤️💛 C'est toujours compliqué d'adapter un roman au théâtre, car il faut réussir raccourcir l'œuvre sans pour autant la dénaturer. Mais la bonne idée de cette pièce est de totalement revisiter ce classique en transposant son intrigue en 2002. On retrouvera bien le jeune héros Ishmael et le capitaine Achab, mais ici les marins seront remplacés par des dockers et la fameuse baleine blanche par un immense porte-conteneur, métaphore représentant le monstre qui risque d'anéantir leur travail. On a donc finalement affaire à une comédie sociale sur ces dockers qui vont lutter pour la survie de leurs emplois. La pièce est portée par dix comédiens, ce qui est assez rare pour un spectacle présenté au OFF. Ils déploient une vraie énergie, aidés par un astucieux travail de mise en scène avec un décor modulable. Il se dégage un esprit "bande de potes" qui vient renforcer le propos du spectacle et fait que malgré la lutte sociale qui est centrale, l'humour n'est jamais loin. Par contre le cumul de personnages, même s'il y est pour beaucoup dans l’efficacité du spectacle, fait que certains arcs narratifs manquent de développement. Alors, la représentation d’hier était une sortie de résidence, et évidement il y aura des réajustements avant le début du Festival, mais de ce que j’ai pu découvrir hier, il y a un véritable potentiel. Partager
- Un chef d’œuvre d’animation made in France
Découvrez notre critique détaillée de la série ARCANE ARCANE ❤️❤️❤️❤️❤️ Un chef d’œuvre d’animation made in France ARCANE vient de se terminer sur Netflix et il serait vraiment regrettable de passer à côté de ce petit bijou qui pourrait bien être la meilleure chose que la plateforme nous ait offerte. Le studio français Fortiche nous livre un chef-d’œuvre de l’animation, à la fois visuel et narratif, et prouve une nouvelle fois à quel point la France excelle dans ce domaine. Alors, je vous le concède, la série est l’adaptation d’un jeu vidéo, et ça peut faire très peur. Mais League of Legends, dont est tirée l’histoire, n’est pas un jeu scénarisé, ce qui a permis aux créateurs de la série d’avoir une immense liberté qu’ils ont admirablement exploitée. On va commencer par l’évidence même : visuellement, c’est grandiose et va même enterrer la plupart des productions cinématographiques actuelles. Le studio apporte à son animé une patte graphique unique, avec un rendu peinture 2D créant des tableaux animés où chaque plan est un chef-d'œuvre. L’animation, par moments, multiplie les styles graphiques et brille constamment par ses idées de mise en scène. Rien que les génériques des saisons 1 et 2 sont des petits bijoux au point d’être parmi les plus marquants de ces dernières années, avec ceux de GoT ou SERVERANCE. La direction artistique est époustouflante : les personnages, les décors rétrofuturistes et le déluge de couleurs plongent le spectateur dans un univers fascinant, et lui permettent d'en prendre constamment plein les yeux. D’autant plus que la fluidité de l’animation, son dynamisme et son sens du cadre sont exemplaires et viennent enfoncer le clou. Il y a énormément de scène d’action et à chaque fois c’est le même constat : on est bluffé par ces séquences, par leur mise en scène et leur dynamisme, gardant une lisibilité constante de l’action. C’est du grand art et ça ridiculise la plupart des blockbusters que l’on peut voir au cinéma. La musique est extrêmement présente et offre quelques séquences dignes de véritables clips musicaux. Le récit étant condensé en 18 épisodes, ces clips, en plus d’être inventifs et extrêmement bien réalisés, ont souvent l’avantage d’illustrer de la plus belle des façons les ellipses temporelles ou d’accentuer l’émotion. Je pense notamment à ce combat entremêlant passé et présent : une séquence où musique et animation s’unissent pour un résultat saisissant. Certes, ce n’est pas un procédé des plus subtils, mais à l’image de la série, il est d’une efficacité redoutable. Mais ARCANE est loin de se limiter à une claque visuelle et son plus grand atout est clairement son écriture. La série aborde de nombreux thèmes, comme les inégalités sociales, la dualité entre progrès et destruction, la famille, la vengeance, le pouvoir, et la quête d’identité… Et quand la magie vient mettre son grain de sel, la série part assez loin mais ne perd jamais son spectateur, retombant constamment sur ses pattes tout en apportant une profondeur insoupçonnée à son récit. Mais surtout son écriture n’est jamais manichéenne. La frontière entre le bien et le mal a même rarement été aussi faible. Et si elle fonctionne aussi bien, c’est qu’elle est constamment centrée sur ses personnages. Et là, on touche au détail qui fait qu’ARCANE approche de la perfection : ses personnages. La série excelle dans l’écriture de ces derniers, grâce à une approche subtile et empathique, qui évite les stéréotypes tout en explorant des thèmes profonds et intemporels. Leurs designs leur confèrent un charisme instantané, mais ce sont surtout leurs liens, leur profondeur psychologique et leur évolution qui marquent les spectateurs. Chaque protagoniste possède des motivations, des failles et des dilemmes qui les rendent denses, crédibles et attachants. L'engagement émotionnel des spectateurs est le résultat direct de cette qualité d'écriture. Les interactions entre les personnages deviennent le moteur narratif de l’histoire, enrichissant l'intrigue tout en explorant des relations intenses et parfois déchirantes. Et même si les deux sœurs sont au cœur du récit, l’écriture n’oublie pas de développer les personnages secondaires, leur offrant des arcs narratifs cruciaux pour l’intrigue. Chaque personnage aura son moment de gloire et contribuera activement à l’histoire, jusqu’à cet épisode final tout simplement dantesque. Il faut également souligner la qualité des doublages et celle de la dramaturgie. Malgré le nombre de personnages et la durée limitée de la série, Arcane parvient à enchaîner des scènes d’une puissance émotionnelle rare. Mais forcément, si on ne devait retenir qu’un seul personnage, ce serait évidement Jynx. Elle devient instantanément culte grâce à son charisme, sa complexité et son rôle central. Elle est bien souvent à l’origine des moments les plus mémorables de la série. Après, en chipotant un peu, j’aurais tout de même de petites réserves. La saison 2, bien que passionnante, complexifie parfois l'intrigue avec des arcs narratifs supplémentaires qui alourdissent légèrement le récit déjà dense. Même si cela semble préparer le terrain pour de probables spin-off, l’histoire aurait peut-être gagné en impact en condensant son intrigue. De plus, un virage prometteur pris pour le développement d'un personnage au début de la saison 2 n’est finalement pas exploité. C’est dommage, car cet arc aurait pu être fascinant, tant sur le plan politique que dramaturgique. Vous l’aurez compris, ARCANE est pour moi un chef-d’œuvre comme la télévision en propose rarement. Cette série témoigne du savoir-faire exceptionnel du studio Fortiche et place l’animation française au sommet. Que vous soyez fan de jeux vidéo ou non, Arcane est une expérience à ne pas manquer. Partager
- L’histoire folle du Cézanne de la fausse monnaie
Découvrez notre critique détaillée du film L’AFFAIRE BOJARSKI . L’AFFAIRE BOJARSKI ❤️❤️❤️ L’histoire folle du Cézanne de la fausse monnaie Le film raconte le destin hors norme d’un ingénieur polonais devenu faussaire, faute de pouvoir vivre de ses inventions, et constamment confronté au racisme de l’après-guerre. Une trajectoire au fort potentiel romanesque, dans laquelle Jean-Paul Salomé choisit de s’intéresser davantage à l’artiste qu’au hors-la-loi. Et même si le film n’est pas un biopic au sens strict, et s’autorise certaines libertés d’écriture, notamment autour des prétendues inventions du personnage, son histoire demeure fascinante à suivre. Le film brille avant tout par son impressionnant travail de reconstitution. Bien sûr, les décors participent à l’immersion dans cette France d’après-guerre, mais c’est surtout tout ce qui touche à la machinerie et à la fabrication des faux billets qui force l’admiration. Le récit insiste sur le génie de son personnage, pour qui chaque nouveau billet devient un défi technique toujours plus audacieux. À l’instar de Walter White dans BREAKING BAD, Bojarski est condamné au secret et s’engage dans une quête de reconnaissance permanente. Une obsession qui le mènera jusqu’à signer ses créations, afin de les rendre plus parfaites encore que les billets qu’il imite. Le spectateur va être entrainé dans l’enquête et le jeu du chat et de la souris qui s’installe entre Bojarski et l’inspecteur lancé à ses trousses pendant quinze ans. Reda Kateb et Bastien Bouillon incarnent avec justesse la dualité qui s’installe entre ces deux hommes, tous deux dévorés par leurs obsessions respectives, au détriment de leur vie familiale. Le film s’attarde également sur sa relation avec son épouse, qui l’aime d’un amour aveugle, interprétée par une Sara Giraudeau qui compose un personnage dans la retenue qui devient le contrepoint émotionnel d’un récit. L’AFFAIRE BOJARSKI navigue ainsi entre polar à l’ancienne, histoire d’amour et drame social, celui d’un immigré incapable de trouver sa place dans la société française. Mais le film est peut-être trop sage. Il peine à affirmer une réelle identité et manque parfois de tension dramatique. D’autant qu’il souffre inévitablement de la comparaison avec ARRÊTE-MOI SI TU PEUX, allant jusqu’à s’inspirer un peu trop ouvertement du classique de Spielberg. On pourra également regretter une mise en scène parfois trop académique, où rien ne déborde vraiment. Si l’ensemble est soigné et maîtrisé, il manque de véritables coups d’éclat, notamment lors des rares scènes de fusillade, qui peinent à trouver une véritable ampleur. Il n’en reste pas moins le portrait captivant et méconnu d’un artiste hors-la-loi, dont les faux billets sont aujourd’hui considérés et vendus comme de véritables œuvres d’art. Partager
- Critique BREAKING BAD – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée de la série BREAKING BAD BREAKING BAD ❤️❤️❤️❤️❤️ Comme souvent, la période post-oscars c'est un peu le vide intersidéral, que ce soit au niveau du ciné et des séries, bref je me fait chier... Bon OK, on va quand même avoir le droit aux épisodes finaux de Games of throne et Avengers (mais mon côté geek m'enlève surement un poil d'objectivité, même si ils risquent de me rappeler à quoi ressemble le moment ou tu jouis...) Tout ça pour dire que je me suis réattelé à Breaking Bad pour fêter les dix ans du show Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est simplement une des meilleures productions cinématographiques des années 2000 (et je dis cinématographique, car à ce niveau là c'est carrément une leçon de cinéma) Pourtant, je l'avais découvert sur le tard, au bout de la 3e saison, suite au tapage qu'elle faisait et aux récompenses qu'elle raflait un peu partout, et à la fin de la première saison, je m'étais dit "Bon OK, c'est pas mal, mais de là à un tel engouement?" Sauf, que Breaking Bad (à l'instar de GoT cité un peu plus haut), ça prend son temps pour poser les bases, afin de monter en puissance comme rarement, pour finir en apothéose Putain, ça fait plaisir quand un show finit au sommet plutôt que de sacrifier la série sur l'autel du pognon (Dexter, Damages, Lost..) Le niveau d'écriture, le développement des personnages et la mise en scène sont exemplaires. Ca mélange les genres avec brio : Thriller, drame, humour (certes souvent noir), polar, voir même western. Et parfois ça se permet des épisodes improbables (l'épisode de "la mouche" est un bijou à lui seul) Rien n'est laissé au hasard, et surtout c'est crédible et cohérent (pas comme toutes ces séries auxquelles je me suis essayé avant d'abandonner devant tout ces WTF plus débiles les uns que les autres (Casa del Papel, Murder et autres You...) Bref, si vous ne connaissez pas FONCEZ, si vous avez déjà vu FONCEZ (c'est encore meilleur la deuxième fois) Partager
- Quand le plus grand festival de théâtre devient un décor de cinéma
Découvrez notre critique détaillée du film AVIGNON . AVIGNON ❤️❤️❤️ Quand le plus grand festival de théâtre devient un décor de cinéma En tant que passionné du OFF, j’étais à la fois curieux et un peu inquiet à l’idée de découvrir cette comédie romantique se déroulant au célèbre Festival d’Avignon. Mais, bien que le film ne soit pas sans défauts, le résultat s’avère globalement concluant, et surtout, il retranscrit avec justesse ce qui fait l’âme de cet événement unique. Il faut dire que Johann Dionnet, dont c’est ici le premier long métrage, connaît bien le terrain. Il adapte son court métrage JE JOUE RODRIGUE, avec une affection communicative pour ce lieu qu’il fréquente depuis longtemps. On suit Stéphane, un comédien en mal de reconnaissance, qui rejoint Avignon avec sa troupe pour y jouer une pièce de boulevard. Sur place, il retrouve Fanny, tout juste auréolée d’un Molière, qui joue dans une grosse production du IN. Par un quiproquo, elle le prend pour Rodrigue, le héros du Cid . Pour la séduire, Stéphane laisse courir un mensonge qui pourrait bien le dépasser. Dionnet capte à merveille l’effervescence du OFF : les rues inondées d’affiches, les comédiens en parade, les distributions de flyers, la chasse au spectateur dans une économie parfois cruelle, les terrasses pleines à craquer, et les fameuses soirées, comme l’iconique tournoi de ping-pong du Théâtre des Béliers. C’est même un plaisir de croiser à l’écran des figures familières du festival, telles que Charlotte Matzneff ou Amaury de Crayencour. La mise en scène rend hommage à la ville, en particulier dans ses lumières nocturnes. On retiendra notamment cette scène du CID, joué de nuit sur le parvis du Palais des Papes, d’une beauté rare. Le film joue habilement sur les contrastes entre théâtre classique et boulevard, sans tomber dans le manichéisme. Malgré des clins d’œil aux clichés de chaque genre, le récit reste nuancé. Il arrive à questionner sur leur place respective et leur rapport au public, avec un point commun : l’investissement des artistes pour venir toucher le public. L’écriture offre même certaines répliques marquantes : "Si le bouche-à-bouche peut sauver une vie, à Avignon, le bouche à oreille peut sauver une pièce "… Il se dégage un véritable esprit de troupe. Les seconds rôles ont le temps d’exister, avec chacun leurs failles et leurs doutes, au point de faire un peu d’ombre à nos deux tourtereaux. Car même si l’alchimie fonctionne entre Stéphane et Fanny (Elisa Erka est même lumineuse), leur romance reste assez classique, et l’intrigue amoureuse manque de surprises. Ce schéma du « mensonge par amour » est prévisible, et l’on voit trop souvent venir les rebondissements. Mais malgré cette faiblesse, le côté feel-good prend le dessus, et le film devrait sans peine trouver son public. Quant à moi, il m’a surtout donné une furieuse envie de retourner à Avignon, là où le théâtre palpite à chaque coin de rue… Partager
- Un thriller abyssal à perte de souffle.
Découvrez notre critique détaillée du film LOS TIGRES . LOS TIGRES ❤️❤️❤️ Un thriller abyssal à perte de souffle. Dans ce thriller espagnol, Alberto Rodríguez nous plonge dans l’univers méconnu et périlleux des scaphandriers industriels. Le film suit Antonio et Estrella, frère et sœur, confrontés à des choix moraux après la découverte d’une cargaison de cocaïne dissimulée dans un cargo. Visuellement saisissant, LOS TIGRES parvient à capturer avec justesse la tension et le danger inhérents à ce métier extrême. Ayant moi-même pratiqué la plongée pendant plusieurs années, j’étais particulièrement curieux de découvrir un film abordant un sujet aussi rarement traité au cinéma. Les scènes sous-marines sont particulièrement maitrisées et d’un réalisme impressionnant. Elles installent une tension constante et offrent une véritable expérience sensorielle immersive, au point de nous faire retenir notre souffle. Antonio de la Torre et Bárbara Lennie incarnent leurs personnages avec une grande justesse, les rendant à la fois attachants et profondément crédibles. Ensemble, ils dressent le portrait de deux êtres marqués par l’ombre de leur père et les traumatismes de l’enfance. Le film aborde également la précarité et la solidarité familiale, lui conférant une dimension sociale qui dépasse le simple cadre du thriller. Si LOS TIGRES séduit par son atmosphère immersive et son souci du réalisme, son rythme peut toutefois sembler inégal. Le premier tiers du film prend son temps pour installer les enjeux, parfois au détriment de la dynamique narrative. De même, le climax, même s’il reste efficace et extrêmement tendu, paraît quelque peu expédié : j’aurai justement aimé voir la tension autour du trafic de drogue davantage développée. LOS TIGRES reste tout de même un thriller visuellement impressionnant, doublé d’un drame intimiste, qui privilégie l’ambiance et le réalisme aux coups de théâtre spectaculaires. Partager
- Un thriller politique anti-spectaculaire, mais fascinant
Découvrez notre critique détaillée du film L'AGENT SECRET . L'AGENT SECRET ❤️❤️❤️ Un thriller politique anti-spectaculaire, mais fascinant Ce thriller politique, situé dans le Brésil des années 70, nous fait suivre Marcelo, un homme traqué par le régime militaire, qui tente de se reconstruire tout en recréant un lien avec son fils. À travers son parcours, le film dénonce la dictature qui gangrenait alors le pays. Difficile de ne pas penser au très bon JE SUIS TOUJOURS LÀ, sorti en début d’année, tant les deux œuvres dialoguent dans leur manière d’aborder la mémoire et la répression politique. Dès la scène d’ouverture, le spectateur est saisi par la maîtrise de la mise en scène. En quelques minutes, le film installe une ambiance poisseuse et oppressante, plongeant immédiatement dans la peur et la paranoïa propres à cette époque. À elle seule, cette ouverture fonctionne comme un véritable court-métrage d’une efficacité redoutable. Kleber Mendonça Filho démontre à plusieurs reprises l’étendue de son savoir-faire, en proposant des plans soigneusement composés et une direction précise, où chaque cadre renforce la tension politique et émotionnelle du récit. Le film n’a clairement pas volé sa Palme de la mise en scène à Cannes. L’AGENT SECRET adopte un ton à la fois original et surprenant dans sa manière d’aborder des thèmes lourds comme la dictature et l’oppression. Il joue constamment avec les genres, alternant moments de gravité, touches d’humour noir et élans presque poétiques. Il se permet même quelques fulgurances mémorables, comme cette scène totalement folle autour d’une jambe coupée, à la fois dérangeante et très maligne pour ce qu’elle raconte. Le film reste toutefois exigeant. Pour l’apprécier pleinement, il faut accepter son rythme lent, contemplatif et résolument anti-spectaculaire. On est très loin d’un film d’espionnage classique, malgré ce que pourrait laisser entendre son titre. D’autant plus que sa durée conséquente (2h40) fait que le film souffre de quelques longueurs. Et la multiplication des intrigues et des personnages complexifie le récit, au risque de parfois perdre le spectateur. Le réalisateur multiplie également les références au cinéma des années 70, de Spielberg à Richard Donner, ancrant davantage le film dans son époque tout en rendant un bel hommage au septième art. Ces références ne sont jamais gratuites : elles permettent aussi d’évoquer la manière dont le cinéma de cette décennie façonnait l’imaginaire collectif. Enfin, l’une des grandes forces du film réside dans son casting remarquable. Wagner Moura, en tête, confirme tout le bien que l’on pense de lui depuis NARCOS, où il incarnait Pablo Escobar. Mais les seconds rôles sont tout aussi marquants, offrant de véritables gueules de cinéma. Mention spéciale à Tânia Maria, inoubliable dans le rôle de la tenancière du refuge. Même si j’ai trouvé que le film s’éparpillait par moment et m’a laissé parfois à distance, il n'en reste pas moins une œuvre à la fois originale et fascinante. Partager
- Un tango d’émotions
Découvrez notre critique détaillée du spectacle UN SOUPÇON D’AMITIÉ UN SOUPÇON D’AMITIÉ ❤️❤️❤️❤️💛 Un tango d’émotions Théâtre Actuel - 17h40 Il y a quelques années, Chloé et Philippe Froget m’avaient déjà conquis avec leur fabuleux AIME COMME MARQUISE , et autant vous le dire tout de suite : avec UN SOUPÇON D’AMITIÉ, ils n’ont rien perdu de leur superbe. Le rideau s'ouvre sur l'impressionnant décor qui nous plonge dans l’Argentine de 1961. Nous y découvrons un couple qui reçoit la visite d'un mystérieux visiteur venu leur faire des révélations troublantes sur leur meilleur ami. Un véritable tsunami émotionnel s’abat alors sur eux, mettant à mal cette grande amitié, à mesure que les soupçons s’installent. On notera au passage l’intelligence du titre, qui n’a d’égal que celle du texte, lequel s’amuse à malmener les certitudes du couple… comme celles des spectateurs. La pièce nous questionne sur la force et les limites de l’amitié, mais aussi la façon dont nous-mêmes réagirions à la place des personnages. Très vite, un thriller psychologique s’installe sous nos yeux, dont la tension ne cesse de croître. Le suspense, nourri de soupçons et de faux-semblants, maintient le spectateur dans un état de doute permanent. Des touches d’humour salvateur viennent régulièrement relâcher la pression, tout comme ces moments de danse oniriques, d’une grande poésie. Si le décor unique pouvait laisser croire à une mise en scène classique, celle-ci regorge en réalité de trouvailles scéniques ingénieuses, avec notamment une gestion du temps particulièrement brillante. Mais ce qui fait surtout la réussite d’ UN SOUPÇON D’AMITIÉ, c’est son quatuor de comédiens d’un très haut niveau, chacun caractérisant à la perfection son personnage. Et comment ne pas saluer en particulier Ariane Brousse, qui transpire d'émotions. Le moindre de ses regards nous traverse et nous bouleverse, tant elle parvient à rendre palpable chaque nuance de son personnage. Ses scènes de tango, chargées de sensualité, sont tout simplement envoûtantes. Rarement le silence n’aura autant parlé sur un plateau. Il en dit parfois bien plus long que les révélations qui s’enchaînent. UN SOUPÇON D’AMITIÉ est clairement une grosse claque de ce début de festival. Le genre de spectacle dont le bouche-à-oreille risque de se propager comme une traînée de poudre dans le OFF. Assurément un immanquable de ce festival. Partager
- Critique de DANS SES YEUX – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film DANS SES YEUX . DANS SES YEUX ❤️❤️❤️❤️ 1974, Buenos Aires. Benjamin est obsédé par une enquête dont il était en charge 25 ans plus tôt et décide d’écrire un roman sur cette histoire. DANS SES YEUX est un très grand polar Argentin, mais aussi une grande histoire d’amour. On naviguera continuellement entre les deux genres, sans que l’un ne prenne jamais le dessus. Dans sa première partie, le film prendra son temps pour poser les personnages et les liens qui les unissent, mais dans sa seconde moitié il prendra une tout autre dimension et proposera une intensité qui ne lâchera plus le spectateur. Le côté thriller est d’une grande efficacité, avec cette ambiance étouffante et des éclairs de génie au niveau de la mise en scène. Le film multiplie les scènes marquantes, comme ce plan séquence dans un stade qui est un modèle du genre. On notera aussi cette scène d’interrogatoire d’une tension extrême. La romance est subtilement déployée tout au long du film et est d’une sensibilité la rendant d’autant plus touchante. De nombreux plans silencieux s’attardent sur les regards des personnages qui en disent plus que le moindre dialogue : amour, colère, dégout, pitié… la moindre émotion en est décuplée. Et de l’émotion, le spectateur va en être submergé, tant le scénario se concentre sur les failles de ses protagonistes. D’autant plus qu’il y sera souvent question de thèmes universel, comme les regrets, la quête d’amour ou de vérité et comment le passé peut finir par nous empêcher de vivre… Seul petit bémol, les maquillages sur les vieillissements ne sont pas des plus aboutis, mais on pardonnera bien ce défaut, qui sera vite effacé par KO reçu par un final d’une puissance folle. Partager














