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  • Une fresque sensorielle où le passé hante chaque plan.

    Découvrez notre critique détaillée du film LES ÉCHOS DU PASSÉ . LES ÉCHOS DU PASSÉ ❤️❤️❤️❤️ Une fresque sensorielle où le passé hante chaque plan. Avec une unité de lieu, une ferme du nord de l’Allemagne, LES ÉCHOS DU PASSÉ suit le destin de quatre jeunes filles sur près d’un siècle d’Histoire. Mascha Schilinski livre une fresque expérimentale d’une ambition folle, qui laissera sans doute une partie du public sur le bord du chemin. Dès les premières minutes, elle impose une expérience singulière : un cinéma qui refuse la narration classique pour lui préférer une plongée sensorielle, hantée par la mort et la mémoire. Avec le choix radical d’une narration éclatée, le film brouille volontairement les repères. Les époques se superposent, les personnages se répondent sans jamais se rencontrer, et le récit progresse moins par les faits que par leurs résonances. Ce choix exige un engagement total du spectateur, invité non pas à suivre une intrigue, mais à ressentir un héritage émotionnel diffus, parfois écrasant. Je dois d’ailleurs avouer que, durant la première demi-heure, j’ai sincèrement cru que les 2h30 allaient se transformer en un long supplice. Le film est d’abord déroutant, presque confus, peuplé de personnages dont on ne saisit ni les liens ni les temporalités. Puis, progressivement, quelque chose s’organise. Les événements se répondent, les motifs se répètent, et, comme un puzzle, l’ensemble finit par prendre sens. Certes, on ne comprend pas tout, mais on ressent énormément, et j’ai finalement été totalement emporté… Cette expérience sensorielle est amplifiée par un travail de mise en scène impressionnant. Le film fascine par son imagerie macabre et immersive. La caméra adopte souvent un regard extérieur, glissant d’une époque à une autre, parfois au sein d’un même plan-séquence. Schilinski multiplie aussi les plans subjectifs, à travers une fenêtre, une fente, un trou de serrure, plaçant le spectateur dans une position troublante. Nous devenons une présence fantomatique, errant dans une maison saturée de souvenirs. Nous percevons les répétitions, les signes avant-coureurs, mais restons impuissants, condamnés à regarder sans agir. Un sentiment renforcé par les nombreux regards caméra, comme si les personnages captaient notre présence et tentaient de nous confier, en silence, les secrets de leurs traumatismes. Au cœur de cette mémoire se trouve la mort, omniprésente mais rarement spectaculaire. Le suicide, notamment, n’est jamais traité comme un choc narratif ou un acte isolé. Il apparaît plutôt comme l’aboutissement silencieux de traumatismes transmis, d’une violence enfouie et tue. Mais plus encore que la mort, c’est la condition féminine qui constitue le véritable cœur du récit. À travers les époques, Mascha Schilinski montre des femmes prises dans un patriarcat qui, même s’il évolue, persiste. Les formes changent mais les mécanismes demeurent, laissant une impression glaçante de continuité de l’oppression. L’ambiance fantomatique est renforcée par un travail sonore remarquable, qui n’est pas sans rappeler LA ZONE D’INTERÊT . Le sound design, d’une précision redoutable, guide parfois davantage que l’image et sert de lien invisible entre les scènes et les époques. Les voix off jouent également un rôle central dans cette expérience. Elles ne commentent jamais l’action, mais donnent accès à l’intimité des personnages. Elles renforcent cette position spectrale du spectateur, qui entend ce que les femmes du film ne peuvent pas toujours dire à voix haute. Comme le reste, ces voix semblent flotter dans la maison, à la manière de traumatismes transmis à travers le temps, faisant dialoguer des femmes qui ne se rencontreront jamais. Mascha Schilinski signe ainsi un véritable ovni cinématographique, une œuvre radicale qui divisera sans aucun doute. Certains rejetteront sa froideur ou son refus des codes narratifs traditionnels. Pour ma part, le film m’a profondément fasciné, et j’ai la sensation qu’il continuera de résonner en moi longtemps après la projection. Partager

  • Un miracle porté par l’amour maternel.

    Découvrez notre critique détaillée du film MA MÈRE, DIEU ET SYLVIE VARTAN . MA MÈRE, DIEU ET SYLVIE VARTAN ❤️❤️❤️💛 Un miracle porté par l’amour maternel. Certes, le titre n’est pas forcément des plus vendeurs, mais finalement il colle parfaitement au récit. En 1963, Roland naît avec un pied-bot. Sa mère refuse d’écouter les médecins et se promet que son fils ira à l’école à pied comme tous les autres enfants. Animée par une foi inébranlable en Dieu, un amour maternel sans limites et l’obsession de son fils pour Sylvie Vartan, elle va accomplir ce qui s’apparente à un véritable miracle. Si ce synopsis peut sembler rocambolesque, il s’agit pourtant d’une histoire vraie, tirée d’un roman autobiographique. Le film retrace ainsi cinquante ans de combats, de sacrifices et d’espoirs au sein de cette famille, portée par une mère déterminée à ce que son fils ne subisse jamais son handicap. La force du film réside dans sa manière de se concentrer avant tout sur ses personnages, plutôt que sur un simple enjeu dramatique. Leïla Bekhti est absolument formidable dans le rôle de cette mère courage. Elle porte littéralement le film durant sa première moitié, incarnant une femme à la fois dans le déni, obstinée, débordante d’énergie, drôle et terriblement attachante… mais aussi envahissante et parfois insupportable. Loin de tomber dans la caricature de la mère juive possessive, le film lui offre un portrait nuancé et profondément humain, grâce à l’écriture subtile de Roland Perez, qui livre ici une véritable déclaration d’amour à sa mère. L’émotion comme l’humour sont parfaitement dosés, sans jamais forcer le trait. Et puis, il y a Jonathan Cohen, surprenant dans un rôle à contre-emploi. Après MAKING OFF l’an dernier, il prouve une nouvelle fois qu’il sait briller ailleurs que dans des rôles comiques et déjantés. Au niveau de la mise en scène, Ken Scott, un réalisateur Québécois à qui l’on doit l’excellent STARBUCK, choisi un montage dynamique, qui nous fait traverser les époques avec fluidité, tout en exploitant intelligemment la répétition des situations. Le film reste fidèle à l’aspect autobiographique du roman en intégrant une voix off, qui renforce la narration tout en évitant les longueurs. La photographie, elle, évolue subtilement au fil des années, apportant une vraie texture au récit. Par contre, on pourra regretter l’utilisation du rajeunissement numérique qui est assez laborieux, notamment lors d’une scène que je vais éviter de développer ici… Au final, j’ai été agréablement surpris. Je craignais que le film joue trop avec les clichés, notamment sur la possessivité des mères juives, mais il parvient à les éviter en proposant un regard sincère, drôle et touchant. Une œuvre sensible qui, bien que classique dans sa forme, touche en plein cœur. Partager

  • Un spectacle hors norme pour une reine hors du commun

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle CLÉOPÂTRE – LA REINE LOUVE CLÉOPÂTRE – LA REINE LOUVE ❤️❤️❤️❤️💛 Un spectacle hors norme pour une reine hors du commun Théâtre du Chêne Noir - 12h15 Dès le lever de rideau, une évidence s’impose : le spectateur est invité à un grand spectacle. Sur scène, trois artistes livrent une ouverture musicale magistrale. Autour d’eux, huit comédiens entament une chorégraphie de près de deux heures, où chaque geste, chaque mouvement semble millimétré. À chaque scène, tout s’enchaîne dans une dynamique fluide : ça court, ça glisse, ça virevolte, avec une précision d’orfèvre, digne d’une comédie musicale. Eric Bouvron fait le pari audacieux de se passer de décor. Risqué pour une fresque historique ? Certainement. Mais le pari est brillamment relevé. Grâce à quelques accessoires, des jeux de lumière soignés, une musique omniprésente, et surtout, l’immense talent des comédiens, l’imaginaire du spectateur fait le reste. Théâtre, danse, chant… tout s’imbrique pour créer un spectacle d’envergure rare, d’une richesse étonnante, comme on en voit rarement OFF C’est un tourbillon d’idées. On voyage à travers les années, pris dans une histoire dense et passionnante mêlant complots, trahisons, amours et sacrifices. Oui, le spectacle est long, mais je n’ai pas vu le temps passer, tant l’histoire m’a absorbé. Évidemment, pour que le spectacle soit une réussite, il fallait une grande Cléopâtre. Et si Charline Freri ne l’est pas par la taille, elle nous offre une incarnation saisissante de la reine d’Égypte. Dans un premier temps, son côté ingénu correspond parfaitement à la Cléopâtre adolescente que l’on découvre. Puis, au fil des années, son jeu gagne en intensité et nous transmet toute la puissance de cette souveraine propulsée à la tête des Ptolémées. On découvre une femme forte, tiraillée entre l’amour pour son peuple et ses luttes personnelles — loin de la séductrice capricieuse que le cinéma a tendance à nous montrer. Autour d’elle, les sept autres comédiens campent une galerie de personnages marquants. Mention spéciale à Slimane Kaciouï, dont le charisme et la présence scénique captivent dès la première scène, dans son rôle de conteur. CLÉOPÂTRE – LA REINE LOUVE c’est du grand spectacle : un théâtre ambitieux et profondément généreux. Éric Bouvron confirme ici, une fois de plus, qu’il est l’un des metteurs en scène les plus inspirés de sa génération. Partager

  • Critique de SECOND TOUR – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film SECOND TOUR . SECOND TOUR ❤️❤️ Albert Dupontel fait partie de ces cinéastes dont le simple nom suffit à me faire aller découvrir leurs films au cinéma. Et à l'annonce de son nouveau film, je m'attendais à une comédie extrêmement caustique sur le monde politique, mais on est loin de ça et on a plutôt une fable moderne dans la lignée de ses deux derniers films, mais je ne rentrerai pas dans les détails. Il nous offre une nouvelle fois un film empreint de son univers décalé. L'humour est très présent, avec même quelques passages à mourir de rire, souvent dû au toujours aussi génial Nicolas Marié. On retrouve la tendresse particulière qui est devenu sa signature et offre de vrai moments de poésie. Et au fil de ses œuvres, Dupontel confirme une nouvelle fois son don pour faire jouer sa caméra et proposer des plans très inspirés. D'autant plus que la photographie est splendide, même si elle rappelle celle de ADIEU LES CONS. Mais même si je retrouve pas mal de choses que j'aime dans son univers, plusieurs détails me gênent énormément... Le scénario, même s'il est surprenant dans un premier temps, est finalement très prévisible. Quand le cœur du sujet arrive, tu te doutes immédiatement où le film veut aller... et il y va... Et à multiplier les thèmes et les genres, le film à tendance à s'éparpiller et devenir assez bordélique. Le film cumule les scènes humoristiques mais il m'a semblé très sage dans l'ensemble, alors que le sujet laissait espérer que Dupontel pousse les curseurs à fond... Mais surtout, même si on ne peut que louer ses talents de metteur en scènes, il y a bizarrement énormément de CGI et de fonds verts dont la qualité douteuse ne m'a pas aidé à rentrer dans le film. Pire, je l'ai vu il y a trois semaines, et même si certains passages hilarants sont restés gravés, et ont sauvé le film, pour le reste, il s'est estompé dans mon esprit au fil des jours. Bref, pas un mauvais film en soit, il est même divertissant, mais clairement j'ai eu l'impression d'assister à un petit Dupontel et pour le coup, c'est une déception... Partager

  • Un missile cinématographique qui n’atteint pas totalement sa cible

    Découvrez notre critique détaillée du film A HOUSE OF DYNAMITE . A HOUSE OF DYNAMITE ❤️❤️❤️ Un missile cinématographique qui n’atteint pas totalement sa cible Avec son nouveau film, Kathryn Bigelow nous plonge au cœur du pouvoir américain, là où se décide l’impensable : comment réagir lorsqu’un missile nucléaire, d’origine inconnue, menace le territoire ? La réalisatrice retrouve ici ses thématiques de prédilection : l’armée, les institutions et la tension morale face à la catastrophe. Sa mise en scène, nerveuse et immersive, fait rapidement monter la tension à son paroxysme. Caméra à l’épaule, zooms brusques et gros plans sur des visages tendus installent une véritable sensation d’urgence et de chaos. Elle fait le choix judicieux de réaliser un film anti-spectaculaire, en focalisant sa caméra sur les personnages et leurs réactions. Portée par un casting impressionnant, la narration enchaîne les points de vue de nombreux protagonistes : de la cellule de crise à l’armée, en passant par la Maison-Blanche. Tous sont confrontés à des protocoles théoriquement infaillibles, mais dont les conséquences se révèlent trop lourdes à assumer, les plaçant face à des dilemmes moraux insolubles. La première demi-heure, d’une intensité remarquable, fait figure de modèle de tension. Malheureusement, le film souffre de sa construction en trois actes, rejouant les mêmes événements sous différents angles. Même si le procédé offre d’autres perspectives, chaque segment n’apporte pas assez de nouveautés, allant parfois jusqu’à répéter les mêmes dialogues ; la tension finit alors par retomber. Sans parler de cette fin, très maligne, mais qui divisera sans doute les spectateurs. Même handicapé par son choix de narration, A HOUSE OF DYNAMITE n’en demeure pas moins un thriller politique efficace, révélant la fragilité d’un système censé garantir la sécurité mondiale. Partager

  • Critique de SOUND OF METAL – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film SOUND OF METAL . SOUND OF METAL ❤️❤️❤️❤️ Darius Marder signe ici son premier film et on peut dire que c’est un coup de maître. On y suit un jeune musicien qui va apprendre qu’il sera bientôt sourd. Plus qu’un film sur le handicap et la musique, c’est un film sur la résilience, l’addiction, la renaissance mais aussi une histoire d’amour poignante. Même, si dans sa structure le film est assez classique, en reprenant les étapes du deuil (ici celui d’un sens) c’est surtout dans la façon de raconter son histoire que le réalisateur nous surprend. Mais avant tout, c’est une expérience sensorielle folle, car plus qu’un film, c'est clairement une œuvre qui s’écoute. Au même titre que The father, il y a quelques semaines, certaines scènes mettent le spectateur en immersion totale dans le ressenti de son personnage et la façon dont il perçoit les sons ambiants. Là où le premier utilisait le montage et les décors, ici c’est surtout grâce à un énorme travail sur le son. Le film basculera souvent entre le point de vue du héros et de son entourage. Le spectateur a souvent l’impression de perdre lui aussi l’ouïe. L’effet est saisissant et redoutablement efficace. Le son a une importance rare et en fait un vrai film de cinéma qui gagnera ENORMEMENT à être vu en salle obscure. A défaut, je vous conseille vivement de découvrir le film avec un casque audio afin de vivre au mieux cette expérience. Comme souvent dans ce genre de film, le succès repose sur les épaules de son acteur. Et Riz Ahmed nous offre une interprétation de haut vol et confère une grande humanité et une empathie profonde à son personnage. Même si le son est au centre du film, le ressenti du héros est aussi souvent appuyé par la façon dont le réalisateur filme au plus proche son héros. Le film étant assez avare en matière de dialogues, c'est souvent à l'aide d'un simple regard ou d’une mimique qu'il arrive à nous faire ressentir les émotions de son personnage. Rarement des silences ont exprimé autant de choses. Les émotions sont dosées et justes, ne faisant jamais tomber le film dans le patho. Malgré le peu de scènes qu’ils ont ensemble, la relation entre le couple est vraiment bien travaillée et on y croit. Le film est aussi une plongée et une sensibilisation sur la communauté des sourds et malentendants, et ce avec énormément de respect. Le film va jusqu’à offrir une VOST pour malentendants, incluant la description des sons ambiants (intensifiant l’immersion) mais aussi, chose assez rare pour être notée, les sous-titres des passages en français, offrant ainsi une accessibilité au plus grand nombre. Bref, encore un joli coup de cœur, une œuvre originale, intense, déstabilisante et qui je l’espère vous marquera autant qu’elle l’a fait avec moi. Partager

  • Critique TED LASSO – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée de la série TED LASSO TED LASSO ❤️❤️❤️💛 Bon, ok, sur le papier, une série sur le foot, ça peut faire peur. Et pourtant vous auriez tort, car le sport est assez en retrait, ne servant que de prétexte et on a affaire à une comédie de très grande qualité, du créateur de Scrubs, Bill Lawrence. Basée sur un de ses sketchs, Jason Sudeikis y joue un coach de foot US qui se retrouve recruté par un club de Premier League anglaise alors qu’il ne connait rien, ni à ce sport, ni à ce pays. Il incarne parfaitement son personnage improbable de Ted Lasso, naïf, un peu crétin et surtout extrêmement attachant. Il est clairement la force du show et la série, à l’image de son héros, dégueule de positivité, de gentillesse et ça fait un bien fou. La série jouera à merveille avec les clichés, le choc des cultures et les punchlines cinglantes s’enchainent et sont souvent hilarantes. On notera d’ailleurs que la série ne lésine pas sur les jeux de mots, je vous encourage donc vivement à la découvrir en VO. Alors oui, les personnages sont plus caricaturaux les uns que les autres mais c’est tellement assumé que ça rend l’ensemble jubilatoire, en enchainant les situations ridicules. Mais leur écriture est plus subtile qu’il n’y parait et leur apporte parfois une vraie profondeur. Car, si la série et les comédiens se donnent à fond pour nous faire rire, elle arrivera tout de même parfois à vous surprendre en sachant se montrer très humaine par moment. La série se voit très vite (10 épisodes de 30 minutes). C’est extrêmement drôle, tendre et feelgood à souhait, bref un excellent remède au stress actuel que je vous conseille vivement de découvrir. Partager

  • Critique de ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND . ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND ❤️❤️❤️❤️❤️ Voici donc le dernier jour de ce calendrier de l’avant, et pour marquer le coup, j’ai décidé de vous parler de ce que je considère comme étant le meilleur film que j’ai vu à ce jour. Ça va être un peu frustrant, car je pourrais en parler des heures en décortiquant chaque scène, chaque dialogue, mais je vais essayer de préserver au maximum la surprise que propose ce bijou cinématographique. D’ailleurs, si vous ne connaissez pas le film, je vous déconseille d’aller lire le synopsis ou de regarder la bande annonce. Pour faire au plus court, c’est la folle histoire d’amour entre Joel et Clementine. Lui est timide et introverti, elle est extravagante et fantaisiste. Je n’en dirais pas plus sur le scénario, mais sachez simplement que c’est un film qui ne ressemble à aucun autre. C’est à la fois une histoire d’amour, un film de science-fiction, une course contre la montre au suspense extrêmement maitrisé et un drame d’une profondeur inouïe. Mais c’est surtout un concentré de poésie comme seuls Michel Gondry et Charlie Kaufman savent le faire. Sa plus grande force est certainement son scénario à tiroir. La temporalité non linéaire fait que, comme le héros, on est parfois un peu perdu, en cherchant à recoller les morceaux, parfois dans des détails, comme la couleur de la chevelure de Clementine… Cela demande pas mal d’attention au spectateur et surtout le film gagne énormément à être revu pour en savourer le moindre détail. C’est une fable philosophique sur l’amour, le subconscient, le deuil, les rêves, la dépression… Des séquences plus folles les unes que les autres vont s’enchaîner, mélangeant onirisme, émotion et tension. L’écriture est d’une grande finesse jusque dans ses seconds rôles dont l’histoire renforcera le propos. Kate Winslet est comme toujours d’une justesse déconcertante, mais surtout Jim Carrey livre une prestation exceptionnelle, à l’opposé du rôle de comique excentrique auquel il nous a habitué. Il est ici tout en retenu et extrêmement attachant. Mais là où le film me bluffe le plus à chaque visionnage, c’est par sa mise en scène où aucun détail n’est laissé au hasard. A elle seule, elle mériterait une analyse, tellement ça regorge de détails qui font que le film fonctionne aussi bien. Ça joue avec les hors champs, les lumières, les flous, les plans séquences et propose des transitions dingues qui vont vous faire des nœuds dans le cerveau. Mais rien n’est gratuit, c’est bourré de symboles et tout a un impact sur l’histoire et les émotions des personnages. Même les effets spéciaux forcent le respect, avec une limitation des effets numériques, en privilégiant les effets physiques d’une grande ingéniosité. Bref, pour moi c’est un IMMENSE chef d’œuvre, jusqu’à son final fabuleux et tellement fort en émotion. Un ovni cinématographique mais d’une justesse qui n’a d’égal que sa profondeur. Un film parfait de bout en bout, et qui prend encore plus d’ampleur à chaque visionnage. Partager

  • Critique LA MALADIE DE LA FAMILLE M – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA MALADIE DE LA FAMILLE M LA MALADIE DE LA FAMILLE M ❤️❤️❤️❤️💛 Rideau fermé, un médecin de village va nous présenter la famille M, qu'il suit depuis plusieurs années. A chacunes de ses interventions, il portera un regard bienveillant et communicatif sur cette famille qui marquera inévitablement le public. Luigi, le père, qui a perdu son épouse et dont la mémoire défaille. Gianni, le dernier enfant perturbé et manquant de repère depuis la mort de sa mère. Maria la cadette instable et un peu volage. Et Marta, l'aînée, qui a décidé de sacrifier sa vie pour servir de pilier à cette famille bancale. Leur maladie : un manque de communication flagrant, leur empêchant d'exprimer l'amour qu'ils se portent. Chez eux, tout n'est que non dits et sous-entendus... L'histoire, il n'y en a pas vraiment et c'est bien la force de cette pièce qui est pourtant passionnante. Nous allons découvrir cette famille sur une tranche de vie, en découvrant leurs liens, leurs failles et cet amour qu'ils n'arrivent pas à exprimer. C'est d'une grande profondeur sur ce que ça met en lumière. Chacun pourra s'y retrouver dans un personnage et surtout c'est extrêmement bien écrit, avec des dialogues qui font mouche et un humour caustique délectable. On est absorbé par ces tranches de vie et on ne voit pas le temps passer. Mais surtout, la pièce brille par son casting, qui fait qu'on croit à tout ce qui se passe sous nos yeux et les rend ainsi extrêmement attachants. Ils impressionnent par le naturel de leurs jeux, et l'écriture est faite de telle sorte qu'aucun personnage n'écrase l'autre . Mention spéciale à Tigran Mekhitarian, vif, un peu trop bavard mais clairement le catalyseur de cette famille bancale. Ce spectacle m'a captivé et bouleversé tout en trouvant le moyen de me faire régulièrement rire. Et même s'il n'y a pas beaucoup d'espoir dans cette pièce, on en ressort pourtant le baume au coeur, avec l'envie de serrer nos proches dans nos bras en leurs disant qu'on les aime... Un grand moment de théâtre ! Partager

  • Critique de PAUVRES CRÉATURES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film PAUVRES CRÉATURES . PAUVRES CRÉATURES ❤️❤️❤️❤️ J’ai vu ce film il y a deux jours et ce n’est pas plus mal d’avoir pu prendre le temps pour le digérer avant d’en parler. Car à la sortie de la salle, je n’étais pas sûr de savoir à quel point j’avais aimé ce film, mais ce qui est certain c’est que depuis son visionnage, je ne cesse d’y penser. A l’instar de film comme MOTHER !, ANNETTE ou autre BEAU IS AFFRAID, la proposition est tellement radicale qu’elle marquera indéniablement le spectateur… Je vais essayer d’en dévoiler un minimum, car la découverte de l’univers est un des grands atouts du film. Donc pour faire simple, on a affaire à une relecture du mythe de Frankenstein au féminin (enfin, ça va BEAUCOUP plus loin que ça…) C’est le genre de film qui ne ressemble à aucun autre et qui s’écarte de tous les standards au point de risquer de laisser sur le bas-côté une partie du public. Et je dois bien avouer que j’ai eu du mal à rentrer dedans. Le film commence par un huit clos en noir et blanc au rythme assez lent mais nécessaire pour la suite. On y découvrira Bella, cette femme ramenée à la vie avec une âme d’enfant et retenue enfermée par son créateur pour la préserver du monde extérieur. Et justement le film va prendre toute son ampleur, pour devenir une quête initiatique, quand elle partira dans une odyssée folle à la découverte de ce monde dont elle ignore tout. Sur la forme le film est assez exceptionnel et c’est une des raisons pour lesquelles il est aussi marquant. La direction artistique, extrêmement maitrisée, nous offre une aventure baroque et visuellement déconcertante, avec des décors hallucinants aux couleurs chatoyantes. Visuellement c’est éblouissant, et chaque titre découpant le chapitrage du film est à lui seul une œuvre d’art. D’autant plus que Lanthimos a un vrai don pour composer ses plans, et même si souvent l’image peut paraitre surchargée, on en prend plein les yeux. L’histoire a beau se passer dans notre monde, tout semble ici surréaliste, comme s’il nous montrait cet univers tel que le perçoit notre héroïne. Cela donne au film des airs de rêves ou de cauchemars, tant tout semble être là pour mettre le spectateur dans un certain inconfort. Que ce soit par ses visuels, ses personnages, ses situations, ou même par la musique souvent dissonante, il y a constamment un côté baroque et une sensation de malaise qui survole l’ensemble. D’autant plus que la mise en scène du réalisateur fait tout pour renforcer l’étrangeté de l’œuvre. Il pousse constamment les curseurs à fond, risquant même parfois l’overdose… Il utilise notamment une multitude de focales, allant du grand angle au fish-eye, donnant parfois la sensation d’espionner ce qui se passe à travers un judas. Mais, même si ça apporte un côté visuel intéressant, parfois ça m’a laissé dubitatif et m’a donné l’impression qu’il use et abuse de ce procédé un peu artificiellement… Le pitch du film ressemble donc bizarrement à celui d’un certain BARBIE, avec cette femme candide découvrant le monde extérieur, mais avec un message féministe beaucoup plus fort. On a ici un parcours initiatique, avec cette émancipation d’une femme sans filtre, exprimant la moindre de ses pensées, à l’image d’un enfant et ignorant les codes de notre société. Ce qui lui permettra de se libérer du patriarcat ou de la misogynie des hommes, alors que tous ceux qu’elle rencontre cherchent d’une manière ou une autre à avoir une emprise sur elle. Ainsi, les pauvres créatures du titre représentent bien plus ces hommes qui voudraient la contrôler que notre Bella… Mais surtout, le film va parler d’une femme qui, sans préjugé, va s’approprier et disposer de son corps, sans s’inquiéter du regard des autres. D’ailleurs, si vous avez un souci avec le sexe au cinéma, le film risque de vous poser un sérieux problème, car il a une place centrale ici. Le film va notamment multiplier les scènes de nudité, mais jamais de façon gratuite ou voyeuriste et apportant au contraire quelque chose au message du film. Après, je dois aussi avouer que même si le propos du film est pertinent et plutôt bien exploité, et bien ça traine parfois en longueur et qu’il a tendance à trop insister sur les situations, car oui les 2h20, même si le film a d’indéniables qualités, je les ai senti passer. Mais il y a Emma Stone… Mais il y a EMMA STONE !!! Mais quelle prestation !!! À elle seule, elle fait prendre au film une ampleur phénoménale. Même si le reste du casting est vraiment bon, avec notamment un Mark Ruffalo irrésistible et un Willem Dafoe touchant, elle met la barre tellement haut et efface tous les défauts du film. Elle se donne corps et âme pour ce rôle et montre une nouvelle fois l’étendue de son talent d’une façon déconcertante. Son jeu évolue subtilement au fil des scènes, aussi bien dans son expression corporelle que par sa façon de s’exprimer. Et puis il y a son regard, ses yeux dans lesquels tu plonges littéralement et qui a eux seuls arrivent à te faire ressentir les émotions qu’elle véhicule. Clairement, elle se voit offrir ici le rôle d’une vie et sa prestation marquera l’histoire du cinéma. Bref, même si j’ai trouvé que Lanthimos a tendance à en faire parfois un peu trop, aussi bien sur le fond que sur la forme, passant à deux doigts du chef d’œuvre, il nous livre un film éblouissant porté au sommet par une immense actrice. Partager

  • Quand la mémoire qui s’efface rencontre celle que l’on voudrait oublier…

    Découvrez notre critique détaillée du film MEMORY . MEMORY ❤️❤️❤️❤️ Quand la mémoire qui s’efface rencontre celle que l’on voudrait oublier… Sylvia est une femme dont la vie est cadrée par les traumas de son passé et ses réunions aux alcooliques anonymes. Saul souffre d’une dégénérescence mentale le faisant constamment vivre dans l’instant présent. Leur rencontre va bouleverser leur vie… Je préfère ne pas en raconter plus mais, comme le titre du film l’indique, la mémoire sera un des thèmes centraux. Entre elle qui veut justement oublier son passé et lui qui est incapable de s’en souvenir. Et pourtant, le sujet du film va bien plus loin que ça, pour finir par mettre un véritable uppercut au spectateur. Mais même si Michel Franco nous propose une œuvre assez sombre, qui va remuer le spectateur, il y a un côté solaire qui prend le dessus par la relation entre ces deux personnages qui vont apprendre à s’accorder. Et même si j’ai beaucoup aimé et que je vous le conseille vivement, je comprends qu’on puisse passer côté. Certains vont reprocher au réalisateur sa mise en scène très froide, mais c’est pour moi sûrement son principal atout. Mis à part une scène d’ouverture lors d’une réunion d’AA où sa caméra colle littéralement aux visages des acteurs, il les filmera constamment de loin le reste du temps, avec de longs plans fixes, donnant la sensation au spectateur d’être présent dans la salle avec les protagonistes. De ce fait, il ne va jamais chercher l’émotion par des gros plans ou des regards. Et c’est une bonne chose car l’écriture et le jeu des acteurs suffisent, et par ce choix radical de mise en scène, le réalisateur évite de sombrer dans le mélodrame putassier. Et même s'il enchaine les plans fixes, ils sont souvent très travaillés, avec un réel sens du cadre, plaçant toujours judicieusement ces personnages dans le champs. C’est d’ailleurs souvent par l’image qu’il réussit à nous faire comprendre l’évolution de la relation entre nos héros. En effet, le film n’apporte finalement que rarement des explications par ses dialogues, mais bien plus souvent par des gestes qu’il le fera, et avec une pudeur qui aura réussit à me toucher en plein cœur, avec certains plans marquants. Evidement, le film étant porté par ses deux héros, on doit sa réussite à son duo exemplaire. Peter Sarsgaard mérite amplement son prix au festival de Venise, mais je retiendrai surtout une Jessica Chastain, à fleur de peau, qui livre pour moi sa meilleure prestation. Après je comprends qu’on puisse ne pas adhérer au côté sombre ou à sa mise en scène, mais Michel Franco m’a offert une expérience cinématographique bouleversante qui restera gravée dans ma mémoire... Partager

  • Critique de OLD BOY – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film OLD BOY . OLD BOY ❤️❤️❤️❤️❤️ Ceux qui me connaisse savent à quel point j’accorde de l’importance à la mise en scène, que j’aime particulièrement les films coup de poing, et que j’ai une grande affection pour le cinéma Coréen. Ça tombe bien, le film d’aujourd’hui regroupe ces trois aspects. Oh Dae-Soo, père de famille sans histoire, est enlevé un jour et séquestré pendant 15 ans. Durant ce temps, il n’a pour seul lien avec l’extérieur qu’une TV sur laquelle il apprend le meurtre de sa femme. Il finit par être relâché et est contacté par celui qui l’avait enlevé. C’est un film de Park Chan-Wook. J’avais hésité à vous parler de JSA, son premier succès qui est moins populaire, mais j’ai fini par choisir celui-là car c’est tout simplement un de mes films préférés. Ce film est une leçon de mise en scène. Comme à chaque fois, Park Chan-Wook ne laisse rien au hasard. Chaque plan est millimétré, que ce soit le cadre, la lumière, les couleurs ou les mouvements de caméra, tout est là pour flatter la rétine. Le tout est mis en valeur par une BO remarquable qui reste en tête. On retiendra surtout ce plan séquence devenu mythique lors d’une baston dans un couloir. On a affaire ici à un thriller sombre et violent, qui comme souvent dans le cinéma Coréen mélange les genres, avec un humour noir, un côté burlesque, mais aussi une certaine poésie. Certaines scènes sont assez dures, mais la violence n’est pas gratuite et apporte réellement quelque chose au propos du film. Il y a un côté philosophique sur le bien et le mal, mais aussi sur la vengeance et ses conséquences. Il y a de nombreuses ruptures de ton, comme les passages avec le personnage de Mido, qui offrent des moments oniriques au milieu de cette débauche de violence. Le scénario est vraiment malin dans sa construction et propose un suspense qui tient en haleine tout du long. Il y a une tension continue, un rythme frénétique et ça enchaine les rebondissements, en faisant continuellement douter le spectateur. Ça va au bout des choses avec même un côté malaisant dans son twist final incroyable. Ici, il n’y a aucun manichéisme, avec cet anti-héros auquel on a du mal à s’identifier ou cet antagoniste dont on peut comprendre les agissements. Un grand chef d’œuvre, qui impressionne par sa forme, autant qu’il dérange et questionne par son fond… Partager

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