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- Critique de DANS SES YEUX – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film DANS SES YEUX . DANS SES YEUX ❤️❤️❤️❤️ 1974, Buenos Aires. Benjamin est obsédé par une enquête dont il était en charge 25 ans plus tôt et décide d’écrire un roman sur cette histoire. DANS SES YEUX est un très grand polar Argentin, mais aussi une grande histoire d’amour. On naviguera continuellement entre les deux genres, sans que l’un ne prenne jamais le dessus. Dans sa première partie, le film prendra son temps pour poser les personnages et les liens qui les unissent, mais dans sa seconde moitié il prendra une tout autre dimension et proposera une intensité qui ne lâchera plus le spectateur. Le côté thriller est d’une grande efficacité, avec cette ambiance étouffante et des éclairs de génie au niveau de la mise en scène. Le film multiplie les scènes marquantes, comme ce plan séquence dans un stade qui est un modèle du genre. On notera aussi cette scène d’interrogatoire d’une tension extrême. La romance est subtilement déployée tout au long du film et est d’une sensibilité la rendant d’autant plus touchante. De nombreux plans silencieux s’attardent sur les regards des personnages qui en disent plus que le moindre dialogue : amour, colère, dégout, pitié… la moindre émotion en est décuplée. Et de l’émotion, le spectateur va en être submergé, tant le scénario se concentre sur les failles de ses protagonistes. D’autant plus qu’il y sera souvent question de thèmes universel, comme les regrets, la quête d’amour ou de vérité et comment le passé peut finir par nous empêcher de vivre… Seul petit bémol, les maquillages sur les vieillissements ne sont pas des plus aboutis, mais on pardonnera bien ce défaut, qui sera vite effacé par KO reçu par un final d’une puissance folle. Partager
- Critique de SOUND OF METAL – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film SOUND OF METAL . SOUND OF METAL ❤️❤️❤️❤️ Darius Marder signe ici son premier film et on peut dire que c’est un coup de maître. On y suit un jeune musicien qui va apprendre qu’il sera bientôt sourd. Plus qu’un film sur le handicap et la musique, c’est un film sur la résilience, l’addiction, la renaissance mais aussi une histoire d’amour poignante. Même, si dans sa structure le film est assez classique, en reprenant les étapes du deuil (ici celui d’un sens) c’est surtout dans la façon de raconter son histoire que le réalisateur nous surprend. Mais avant tout, c’est une expérience sensorielle folle, car plus qu’un film, c'est clairement une œuvre qui s’écoute. Au même titre que The father, il y a quelques semaines, certaines scènes mettent le spectateur en immersion totale dans le ressenti de son personnage et la façon dont il perçoit les sons ambiants. Là où le premier utilisait le montage et les décors, ici c’est surtout grâce à un énorme travail sur le son. Le film basculera souvent entre le point de vue du héros et de son entourage. Le spectateur a souvent l’impression de perdre lui aussi l’ouïe. L’effet est saisissant et redoutablement efficace. Le son a une importance rare et en fait un vrai film de cinéma qui gagnera ENORMEMENT à être vu en salle obscure. A défaut, je vous conseille vivement de découvrir le film avec un casque audio afin de vivre au mieux cette expérience. Comme souvent dans ce genre de film, le succès repose sur les épaules de son acteur. Et Riz Ahmed nous offre une interprétation de haut vol et confère une grande humanité et une empathie profonde à son personnage. Même si le son est au centre du film, le ressenti du héros est aussi souvent appuyé par la façon dont le réalisateur filme au plus proche son héros. Le film étant assez avare en matière de dialogues, c'est souvent à l'aide d'un simple regard ou d’une mimique qu'il arrive à nous faire ressentir les émotions de son personnage. Rarement des silences ont exprimé autant de choses. Les émotions sont dosées et justes, ne faisant jamais tomber le film dans le patho. Malgré le peu de scènes qu’ils ont ensemble, la relation entre le couple est vraiment bien travaillée et on y croit. Le film est aussi une plongée et une sensibilisation sur la communauté des sourds et malentendants, et ce avec énormément de respect. Le film va jusqu’à offrir une VOST pour malentendants, incluant la description des sons ambiants (intensifiant l’immersion) mais aussi, chose assez rare pour être notée, les sous-titres des passages en français, offrant ainsi une accessibilité au plus grand nombre. Bref, encore un joli coup de cœur, une œuvre originale, intense, déstabilisante et qui je l’espère vous marquera autant qu’elle l’a fait avec moi. Partager
- Critique de UNE SÉPARATION – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film UNE SÉPARATION . UNE SÉPARATION ❤️❤️❤️❤️💛 Voici le film qui m’a fait découvrir le cinéma Iranien, qui me surprend de plus en plus, mais surtout un immense réalisateur Asghar Farhadi. Il fait partie de ces artistes, dont le simple nom sur une affiche suffit à me faire déplacer dans une salle obscure. Comme souvent dans ses films on retrouve des thèmes qui lui sont chers, la famille, les non-dits, le respect des anciens, les classes sociales, le mensonge, le poids de la religion, mais aussi un état des lieux de la société Iranienne. Ce que j’apprécie chez lui, c’est qu’il apporte toujours un soin particulier à l’écriture de ses personnages et l’écriture des dialogues. Lorsque son couple est sur le point de se séparer, Nager engage une aide-soignante pour s’occuper de son père malade. Un incident se produit et va entrainer les deux couples dans une spirale infernale. Le spectateur va voir ces deux couples s’affronter, se déchirer, et essayera de démêler le vrai du faux. L’écriture est magistrale et rebattra régulièrement les cartes. Car une des forces du film est de réussir constamment à nous faire douter et notre avis changera continuellement sur les protagonistes… Farhadi a clairement un don pour ce qui est de traiter de la psychologie de ses personnages. Il n’est jamais manichéen et ne les juge jamais, en essayant au contraire de nous faire comprendre leurs actes. Ce qui fait que même si on est parfois choqués par leurs décisions, on a finalement énormément d’attachement et de compassion pour ces quatre protagonistes. D’autant plus que c’est un directeur d’acteur hors normes. Chacun est au diapason, jusqu’au moindre second rôle : que ce soit les deux gamines ou même le grand père qui sans un mot de tout le film réussit à nous arracher des émotions. Sans aucun pathos, ni surjeu, les acteurs arrivent à nous nouer le bide tellement ils se retrouvent dans des situations qui semblent inextricables. Le film est très bavard, mais chaque dialogue, chaque scène a sa place et approfondit un peu plus le propos, jusqu’au moindre silence ou regard qui en disent tellement long. Difficile de rester de marbre devant ce drame intense, où on se sent aussi impuissant que les gamines, jusqu’à un plan final grandiose, aussi puissant qu’ingénieux, qui laisse le spectateur abasourdi. Partager
- Critique de LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES . LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES ❤️❤️❤️❤️💛 Les Mitchell contre les machines est une nouvelle victime de la crise sanitaire. A l’origine promis à une sortie cinéma, il a fini par être racheté par Netflix. On ne peut que regretter ce choix, car le film avait un énorme potentiel et que surtout une de ses grandes qualités est qu’il est visuellement somptueux. On a affaire à un nouveau dessin animé du studio à l’origine des déjà très bons «Spider-man : New generation» et «La grande aventure Lego». Le père d’une famille dysfonctionnelle décide de faire un road trip à travers les Etats-Unis afin de renouer les liens avec sa fille. Ils vont se retrouver à devoir sauver l’humanité contre des robots, créés par la méchante multinationale, qui ont décidé d’éradiquer la race humaine. Oui, au niveau de l’intrigue, comme de son titre, ça ne vend pas du rêve. C’est du grand classique et on voit dès le début les grandes lignes de l’histoire. Sauf que ce qui est important, ce n’est pas la destination, mais le chemin que l’on emprunte, et pour le coup le film nous propose de nombreuses surprises. Le film déborde d’inventivité pour nous en mettre plein les yeux. Visuellement c’est complètement fou. L’animation 3D est magnifique avec ses couleurs éclatantes, son rendu cel-shading maitrisé et ses textures ayant un petit côté peinture. Ajoutez à cela l’utilisation d’une multitude d’effets, d’éléments de culture pop, de l’incrustation de dessins 2D et autres audaces graphiques que je vous laisserai découvrir, cela offre au film une réelle identité visuelle très inspirée. Le plus fort est que tous ces effets ne sont pas là que pour impressionner mais collent très bien au récit, car le personnage principal est une ado cinéaste en herbe. Ce qui apporte d’ailleurs plusieurs mises en abîme judicieuses. Bref, visuellement c’est un sans-faute bluffant. La qualité visuelle du film est loin d’être son seul atout. Il propose un rythme effréné, tout en étant original, innovant, fun et déjanté… VRAIMENT déjanté… à l’image de ses personnages plus loufoques les uns que les autres. Ca fourmille tellement d’idées, que certains plans méritent des arrêts sur image pour en apprécier tous les détails. Le film va à une allure folle, que ce soit dans ses scènes d’action (on notera un climax impressionnant) ou ses dialogues. Et puis c’est vraiment drôle. Même si inégal dans son humour, ça fait très souvent mouche et certaines scènes sont hilarantes. Et vu le déferlement de blagues, on lui pardonnera que quelques-unes ne feront rires que les plus jeunes. Et rien que pour sa mascotte, le chien de la famille, offrant un des meilleurs running gag, ça vaut le détour. Niveau émotion, le film n’est pas en reste. Sans atteindre la profondeur et la subtilité d’un Pixar, il va aborder divers sujet, comme notre dépendance à la technologie, la famille, le regard des autres ou l’accomplissement des rêves. Même si les messages sont parfois un peu forcés, d’autres fonctionnent très bien, notamment quand le film utilise la dérision. Et il faut avouer que quand il vient chercher le spectateur, il le touche en plein cœur. On se surprendra au milieu de cette débauche d’action et d’humour à réaliser que nos yeux sont devenus humides. Bref, sur le fond, rien de bien original, mais sur la forme c’est la régalade, original, jouissif et ça réussit amplement son objectif principal : être un GRAND divertissement familial. Partager
- Hommage à l’âge d’or cinéma d’action Hongkongais des années 80
Découvrez notre critique détaillée du film CITY OF DARKNESS . Hommage à l’âge d’or cinéma d’action Hongkongais des années 80 CITY OF DARKNESS ❤️❤️❤️💛 Hommage à l’âge d’or cinéma d’action Hongkongais des années 80 Soi Cheang m'avait bluffé l'année dernière avec son film LIMBO, et j'étais donc curieux de découvrir ce CITY OF DARKNESS. Même si les deux films sont radicalement différents, ils ont un point commun : la virtuosité du réalisateur, qui propose une nouvelle fois un film visuellement grandiose. Le film démarre comme un thriller, avec ce migrant clandestin qui fuit un puissant chef de gang et trouve refuge dans « La Citadelle », une zone de non-droit où la loi britannique des années 80 ne s'appliquait pas. Puis, le film bascule dans le drame familial, mais c’est avant tout un éblouissant film d'arts martiaux, comme le cinéma en propose rarement aujourd'hui. Même si le scénario semble déjà vu, le film réussit à captiver notre attention grâce à sa pléiade de personnages charismatiques. Et même s'il est souvent prévisible, il réserve quelques surprises. Surtout, il est visuellement extrêmement généreux et les combats offrent une jouissance ultime. On remarquera le travail étourdissant sur les décors, qui rappelle celui de LIMBO . Les décors sont constamment surchargés de détails, apportant une atmosphère poisseuse et sombre, transformant ce ghetto en un véritable labyrinthe. Le réalisateur intègre ces décors à merveille dans sa mise en scène. Les combats, chorégraphiés à la perfection, sont tous plus impressionnants les uns que les autres, exploitant ingénieusement toute la verticalité du décor et proposant des scènes à couper le souffle. Le montage, aussi nerveux que les combats, reste toujours clair et lisible. Le tout est sublimé par une photographie splendide et colorée, qui parvient à extraire une certaine poésie de ce bidonville. Placer l'action du film dans les années 80 n'est pas anodin, tant cela semble être un hommage au cinéma qui a fait la gloire de Hong Kong à cette époque. Alors, même si l'écriture reste assez classique, sur la forme, CITY OF DARKNESS n'en demeure pas moins une claque des plus impressionnantes. Partager
- Critique de ROOM – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film ROOM . ROOM ❤️❤️❤️❤️ Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu… Cette critique va être courte, car je n’en dirais pas plus sur l’histoire (et je vous déconseille FORTEMENT la moindre bande annonce). J’aurais pourtant tellement de choses à raconter sur ce film, mais je vous souhaite, comme moi à l’époque, de le découvrir vierge de toute information. Sachez juste, que ça sera certainement le film le plus oppressant de ce calendrier de l’avent, mais aussi doté d’une puissance émotionnelle à l’image de l’amour que se portent cette mère et son fils. Le rôle de la mère aura permis au grand public de découvrir Brie Larson qui a décroché un Oscar amplement mérité pour ce rôle. Mais le gamin n’a rien à lui envier, car si leur relation fusionnelle perce l’écran c’est aussi grâce à son impressionnante prestation. Je vous avais prévenu, ça allait être court, mais si vous ne connaissiez pas ce film, préparez-vous à une énorme baffe… Partager
- Le rire comme porte d’entrée, l’émotion comme destination.
Découvrez notre critique détaillée du film CEUX QUI COMPTENT . Le rire comme porte d’entrée, l’émotion comme destination. CEUX QUI COMPTENT ❤️❤️❤️ Le rire comme porte d’entrée, l’émotion comme destination. Rose, mère d’une famille dysfonctionnelle, fait la rencontre de Jean, un marginal qui va lui tendre la main. Elle la saisit… et tout le reste avec. Le film commence comme une comédie jouant avec des situations parfois improbables pour provoquer le sourire. Mais ce ton léger ne dure pas : peu à peu, le récit glisse vers une tonalité douce-amère, où le rire laisse place à une émotion plus nuancée. Le film va ainsi jouer avec des ruptures de ton pour transformer le récit initial en un drame sincère, loin des effets dramatiques appuyés. Jean-Baptiste Leonetti fait passer la dramaturgie par les silences, les regards et les gestes. Notamment avec le personnage de Pierre Lotin, extrêmement mutique, qui fait souvent résonner ce que les autres n’expriment pas. Sa relation avec celui de Sandrine Kiberlain fonctionne comme un duo mal assorti, d’abord dissonant, mais qui finit par se compléter. Le film détourne les codes de la comédie romantique (rencontre improbable, frictions, rapprochement progressif) sans jamais basculer pleinement dans la romance. Il privilégie l’évolution humaine plutôt que le romantisme attendu. Le contraste entre Rose, solaire et expansive, et Jean, taciturne et retenu, contribue également à cette dynamique, créant un équilibre subtil entre énergie et intériorité. On peut toutefois regretter un rythme parfois trop lent, qui, bien qu’en accord avec cette approche intimiste, finit par freiner l’élan du récit. De même, certaines situations comiques, un peu trop artificielles, viennent par moments affaiblir l’émotion sincère que le film cherche à faire émerger. Ceux qui comptent s’impose finalement comme un portrait intime et profondément humain. Celui d’une mère courage, véritable force de la nature, prête à tout pour les siens. Mais aussi un film sur la résilience et l’entraide. Et rien que pour cela, on lui pardonne volontiers ses quelques faiblesses. Partager
- La musique adoucit les cœurs
Découvrez notre critique détaillée du film EN FANFARE . La musique adoucit les cœurs EN FANFARE ❤️❤️❤️💛 La musique adoucit les cœurs Thibault, un chef d'orchestre mondialement connu, apprend qu’il est atteint d'une leucémie. Il découvre que la seule personne qui pourrait le sauver est un frère dont il ignorait l'existence, joueur de trombone dans une ville ouvrière du Nord de la France. Sur le papier, ça fait un peu peur et ça sent fortement la comédie dramatique classique sur la fracture sociale et la rencontre de deux mondes que tout oppose. On pouvait donc craindre tous les clichés qui vont avec. Mais c'était sans compter la finesse d'écriture du film. Car même si, en termes de cinéma et de mise en scène, ça ne réinvente pas la roue, on ne peut que louer la qualité du scénario. Emmanuel Courcol joue justement avec les clichés pour les détourner et constamment faire rebondir le récit. Le film change ainsi souvent de direction pour agréablement surprendre le spectateur. L'ouverture du film a un sens du rite admirable, posant son intrigue en quelques minutes à l'aide de scènes courtes et de dialogues millimétrés. Le film réussit un vrai numéro d'équilibriste. Constamment sur le fil, il évite admirablement les faux pas et reste constamment juste dans son propos. En termes de comédie, le film est souvent drôle sans tomber dans l’humour lourd. La dramaturgie ne sombre jamais dans le pathos, mais parvient tout de même à toucher le spectateur grâce à l’attachement qu’il ressent pour les personnages. Il évite aussi le piège de la caricature, comme celui du « méchant » bourgeois découvrant le monde des « gentils » ouvriers. Et même quand il prend la direction du drame social, il réussit à ne pas en faire trop et à rebondir sans nuire au message qu'il véhicule. Évidemment, la musique devient un moteur narratif et un langage universel liant les personnages, sans jamais écraser le reste de l’intrigue. Mais c'est surtout la relation entre ces deux frères qui se découvrent qui retiendra l'attention du public. Et là, la qualité de l'écriture se met au service d'un casting admirablement dirigé. Évidemment, lorsque l'on a Benjamin Lavernhe en tête d'affiche, cela aide. L'acteur prouve une nouvelle fois qu'il est l'un des plus talentueux du moment, dont la palette de jeu n'a d'égal que le naturel déconcertant qu'il dégage à l'écran. Mais la surprise vient surtout de Pierre Lottin. L'acteur, souvent cantonné aux mêmes types de rôles, trouve ici une occasion de briller grâce à Emmanuel Courcol qui en tire le meilleur. Il a une véritable présence à l'écran, se montrant à la fois sombre, tendre et touchant, mais aussi doté d’un timing comique des plus efficaces. Ils sont accompagnés par une vraie fanfare locale, apportant une authentique fraîcheur au film. Au final, le réalisateur nous livre une comédie dramatique qui parvient à se démarquer des standards et devrait réussir à toucher un large public. On a affaire à un feel-good movie efficace, sur la fraternité, l’ambition, l’entraide et l’estime de soi. Un film à la fois drôle et touchant, jusqu'à son final intense qui met le sourire aux lèvres, juste avant que le spectateur se dise : « Ce petit truc humide sur ma joue, ça ne serait pas une larme ? » Partager
- Deux Laurent Lafitte pour une seule crise d’ego.
Découvrez notre critique détaillée du film ALTER EGO . Deux Laurent Lafitte pour une seule crise d’ego. ALTER EGO ❤️❤️❤️ Deux Laurent Lafitte pour une seule crise d’ego. Alex vit tranquillement sa vie de Français moyen jusqu’au jour où un nouveau voisin s’installe… Le problème : c’est son sosie parfait, mais en mieux sur tous les points. Cette étrange coïncidence va bouleverser son quotidien, d’autant plus qu’il semble être le seul à remarquer cette troublante ressemblance… Avec ce point de départ improbable, le duo Nicolas Charlet et Bruno Lavaine livre une comédie à la fois originale et savoureuse. Les réalisateurs enchaînent les situations absurdes aux airs de vaudeville, tout en flirtant avec le fantastique et le thriller paranoïaque. On pense forcément au cinéma de Dupieux, tant le film assume sa radicalité et son goût pour le décalage. Mais derrière l’humour, cette comédie se révèle aussi être une satire sociale qui questionne notre obsession de nous-mêmes et de l’image que nous renvoyons aux autres. Alex, qui pensait mener une vie parfaitement ordinaire mais stable, voit ainsi toutes ses certitudes voler en éclats lorsqu’il se retrouve face à une version idéalisée de lui-même. Le duo de réalisateurs ne se contente pas d’enchaîner les situations comiques : ils apportent aussi de véritables idées de mise en scène. Je pense notamment à la manière d’isoler Alex dans le cadre, ou au soin apporté à la photographie pour sublimer son double parfait. Sans oublier cette scène brillante où Laurent Lafitte incarne les deux personnages dans un même plan, offrant un moment aussi technique que jubilatoire. Car si le film fonctionne aussi bien, c’est avant tout grâce à son duo d’acteurs : Laurent Lafitte et… Laurent Lafitte. Tout récemment auréolé de son César pour La femme la plus riche du monde , il prouve une nouvelle fois que la comédie est un registre qu’il maîtrise à merveille. Il parvient à rendre Alex pathétique dans son obsession, souvent au bord du ridicule, tout en incarnant un alter ego tellement parfait qu’il en devient presque insupportable. On rit souvent jaune devant cette satire de l’ego à l’humour noir délicieusement grinçant, qui joue avec l’absurde et le malaise. Un humour « cringe » qui pourra laisser certains spectateurs à distance, d’autant que la première partie souffre d’un léger problème de rythme. Mais lorsque, dans son dernier acte, les réalisateurs poussent tous les curseurs à fond, le film enchaîne les moments hilarants. Au point qu’on en viendrait presque à regretter une fin un peu trop brutale, qui coupe court à cette comédie alors qu’elle venait d’atteindre son point d’orgue. Partager
- Critique de JOKER – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film JOKER . JOKER ❤️❤️❤️❤️❤️ Donc voici le film qui fera certainement beaucoup de bruit aux prochains oscars. Car Joker est clairement un film qui marquera l’histoire du cinéma et dont on parlera encore dans de nombreuses années. Pourtant, à la base j’étais vraiment septique et je ne voyais pas l’intérêt du projet. Car passer après Nicholson et surtout Ledger me semblait TRES compliqué et surtout le personnage devait se remettre de la purge récente qu’a été « Suicide Squad » avec la prestation « douteuse » de Leto. D’autant plus qu’en général, faire une origine story d’un personnage aussi emblématique a souvent tendance à le démystifier. Mais Joker réussi à éviter tous ces pièges et à en faire une œuvre majeur en surprenant son public et en ne le brossant pas dans le sens du poil. Déjà, NON ce n’est pas un énième film de superhéros. Ici, il n’est jamais question de superpouvoir et de combats dantesques et même si il se base sur un comic book populaire, le film se veut ultra réaliste. Même si l’ombre de Batman flotte sur le film, il n’est pas utile d’être un familier de cet univers pour l’apprécier. On a finalement affaire à un grand drame psychologique nous montrant comment un personnage affublé d’un handicap mental va basculer dans la folie à force de discrimination, du rejet des autres et de la société. Et même si le film se passe dans les années 80, il fait souvent écho à notre actualité. Le film emprunte d’ailleurs beaucoup plus à des films comme « Taxi Driver » et « La valse des pantins » qu’aux films de super héros. La présence de Robert De Niro, héros des deux films cités, n’est d’ailleurs pas anodine tant le film s’en inspire. Pour en revenir à la prestation de Joaquin Phoenix, elle est complètement folle (oui, je sais, c’est facile…) et lui tracera surement un chemin vers les oscars (où il devra certainement batailler avec Bard Pitt pour son « Ad Astra »). Rien que sa transformation physique pour le rôle force le respect. Jamais il ne cherche à singer les anciennes apparitions cinématographiques du personnage. Il apporte une humanité troublante au Joker le rendant à la fois particulièrement glaçant et attachant. Un attachement qui sera souvent dérangeant car il n’excuse en rien les agissements du Joker et ses pétages de plombs, même si il aide à comprendre son basculement. Car le film aurait facilement pu tomber dans le piège d’en faire un anti-héros, mais on a bien affaire ici à un psychopathe en devenir. Pour parfaire le tout, le film nous offre des plans somptueux qui s’impriment dans la rétine, grâce à une photographie magnifique alternant des colorimétries froides qui deviennent de plus en plus criardes au fur et à mesure que le Joker prend le dessus. Et puis cette BO magnifique aussi anxiogène que poétique qui enfonce le clou. Bref ma grande baffe de la rentrée, à l’image de la réaction d’un spectateur derrière moi à l’arrivée du générique « WHAOU !!! » Partager
- Blumhouse frappe là où on ne l’attendait plus.
Découvrez notre critique détaillée du film Obsession . Blumhouse frappe là où on ne l’attendait plus. Obsession ❤️❤️❤️❤️ Blumhouse frappe là où on ne l’attendait plus. Je dois bien l’avouer : je ne savais absolument rien de Obsession avant d’entrer en salle. Et, pour être honnête, la découverte du logo de Blumhouse au générique m’a d’abord inspiré une certaine méfiance. Je reste souvent à distance des productions du studio, trop formatées ou trop sages à mon goût. Ajoutez à cela un pitch vu et revu, celui du vœu qui se retourne inévitablement contre celui qui l’exprime, et tout semblait réuni pour un énième film d’horreur interchangeable. Et pourtant… Obsession est une véritable surprise, de celles que l’on n’attend plus vraiment, et pourrait bien s’imposer comme un classique instantané du genre. Là où le film se distingue immédiatement, c’est dans sa capacité à jongler avec les tonalités. Il navigue avec une aisance remarquable entre une comédie cynique, parfois grinçante, et des séquences d’horreur franchement dérangeantes. Ce mélange, loin d’être artificiel, nourrit une lecture plus profonde du récit : celle d’une métaphore des relations toxiques et du consentement. Derrière son vernis fantastique, le film parle de domination, de désir et de perte de contrôle, autant de thèmes qui résonnent bien au-delà du simple cadre horrifique. Mais le film se montre aussi particulièrement malin dans sa construction des personnages. Sous ses airs de “bon garçon”, le protagoniste principal se révèle progressivement bien plus trouble, presque pervers dans sa manière de concevoir le désir et la relation à l’autre. À l’inverse, le personnage féminin, présenté comme la menace, voire comme le véritable monstre du récit, est en réalité aussi surtout une victime. Ce renversement constant brouille les repères moraux du spectateur : on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser, ni à qui accorder sa compassion. Le film installe ainsi un malaise persistant, en nous forçant à reconsidérer sans cesse notre regard sur ces personnages. Cette ambiguïté morale trouve un écho direct dans la mise en scène, particulièrement maîtrisée. Au-delà de son refus de l’horreur graphique facile, le film développe un véritable travail sur la photographie, les ombres et les cadres. Les plans s’étirent et laissent le temps à l’angoisse de s’infiltrer, tandis que certains longs plans accentuent une tension presque insoutenable. Le design sonore participe pleinement à cette sensation d’insécurité permanente, notamment par ses ruptures brutales qui viennent casser le rythme et surprendre le spectateur, même si le réalisateur abuse parfois de ce procédé. Le film regorge d’idées visuelles marquantes et propose des jump scares étonnamment inspirés, jouant moins sur la surprise immédiate que sur l’anticipation et l’imagination du public. Car c’est surtout dans l’attente que le film se révèle le plus efficace, avec une gestion du hors-champ exemplaire : dès que le personnage féminin disparaît de l’écran, une tension immédiate s’installe. Sa simple absence devient inquiétante, tant elle est associée à une menace imprévisible. Cette angoisse est renforcée par l’appréhension constante de ses changements d’humeur, soudains et brutaux, qui rendent chacune de ses apparitions profondément déstabilisantes. Au cœur de ce dispositif, la performance d’Inde Navarrette est tout simplement saisissante. L’actrice déploie une palette de jeu impressionnante, naviguant entre douceur, fragilité, ironie et menace pure. Ses changements d’humeur constants participent pleinement au malaise du film. La mise en scène accentue encore cette étrangeté, notamment à travers des mouvements corporels volontairement saccadés, presque inhumains, qui la rendent par moments profondément terrifiante. Elle incarne à elle seule toute l’ambiguïté du film. Ce qui rend le résultat encore plus impressionnant, c’est son budget dérisoire, inférieur à un million d’euros. Une contrainte qui devient ici une force : tout est pensé, maîtrisé, optimisé. Il en ressort un film d’une grande cohérence visuelle et narrative, qui pourrait bien s’imposer comme l’un des plus rentables de l’année. Alors non, Obsession ne réinvente rien sur le fond. Son point de départ est même l’un des plus exploités du cinéma fantastique, et l’on devine parfois les directions que prendra le récit. Mais là où tant d’autres échouent, le film réussit à transcender son sujet grâce à une ambiance travaillée, une mise en scène inspirée et une véritable vision. Et c’est précisément ce qui en fait une si belle surprise. Partager
- Critique de LES NUITS DE MASHHAD – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES NUITS DE MASHHAD . LES NUITS DE MASHHAD ❤️❤️❤️❤️ C’est un thriller, basé sur une histoire vraie, retraçant l’histoire d’un serial killer ayant décidé de «purifier» Mashhad des prostitués au nom de dieu. Il est réalisé par Ali Abbasi, un réalisateur Danois d’origine Iranienne. On comprend très vite pourquoi le film n’a pas été tourné en Iran, tant le film critiquera la misogynie extrême du peuple, la corruption de sa société et la façon dont elle a accouché d’un tel monstre. De même ce n’est pas anodin qu’un des premiers rôles soit campé par Zar Amir Ebrahimi, une Iranienne qui a été condamnée et a dû fuir son pays, suite à la divulgation d’une sextape. Elle y incarne même une journaliste dont le personnage fictif qui a été créé pour le film et qui en deviendra même la représentation de la misogynie subit par les femmes. Mais même si elle a un rôle central concernant la traque du tueur, le film surprendra en prenant le parti pris de faire du personnage du psychopathe son protagoniste, incarné par un Mehdi Bajestani glaçant. La première partie est un thriller très cru et naturaliste. Il mettra constamment le spectateur dans une situation de malaise, jusqu’à filmer les meurtres de façon très crue et frontale, mais sans jamais être dans la complaisance, en montrant justement ce que la société ne voulait pas voir à l’époque. Mais le film prendra réellement son envol dans sa deuxième partie après un virage assez surprenant (j’aurais d’ailleurs même aimé que le film s’attarde plus sur cette partie). Il deviendra même passionnant par le regard qu’il porte sur la société Iranienne et pouvoir de masse qu’une religion peut avoir sur le peuple. En ce sens, il rappelle la très bonne série SUR ORDRE DE DIEU, où il est aussi question de féminicide et de la place de la femme dans une communauté mormons. Bref un triller extrêmement efficace et perturbant. Un film qui fera se questionner le spectateur et clairement ne le laissera pas indemne, à l’image de sa scène finale aussi terrifiante que lourde de sens… Partager













