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  • LE PROCÈS GOLDMAN : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film LE PROCÈS GOLDMAN . LE PROCÈS GOLDMAN ❤️❤️❤️💛 Ce film raconte une histoire qui défraya la chronique dans les années 70 : le deuxième procès de Pierre Goldman, condamné en première instance à perpétuité pour plusieurs braquages à main armée ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes, meurtres dont il clamera son innocence. Même si c'est le frère du célèbre chanteur, je n'avais jamais entendu parler de cette affaire, aussi fascinante et troublante que son protagoniste. Cédric Kahn fait le choix radical de nous raconter cette histoire sans fioritures, en proposant un quasi huit clos dans la salle d'audience. Le procès n'ayant jamais été filmé, il choisit le format 1.33 qui était le standard de l'époque, ce qui à l'avantage de focaliser les images sur les témoignages des personnages. Ça et le fait de l'absence totale de musique, donne au film des airs de documentaires. Une des forces du film est de ne pas être manichéen, en ne prenant jamais parti et se limitant à exposer les faits, sans chercher à développer les personnages, mettant le spectateur dans la peau d'un juré, avec cet inconfort du doute, d'autant plus que la procédure judiciaire multiplie les erreurs qui mettront continuellement le doute sur la culpabilité de ce suspect pourtant exécrable. Il dresse ainsi un portait troublant de l'homme, mais aussi de la justice et de la société de l'époque. Même si il est totalement antipathique, le personnage de l'accusé est fascinant de charisme et faisant de sa figure médiatique une force, en transcendant les foules avec son côté provocateur, allant jusqu'à injurier le système, les témoins et les avocats... Il est d'ailleurs incarné par un impressionnant Arieh Worthalter, dont l'éloquence prête même souvent à rire, réussissant à le rendre bizarrement sympathique et expliquant pourquoi autant de monde s'est ligué derrière le personnage... Mais, son choix de mise en scène, en étant aussi radical, est aussi la limite que j'ai avec le film. Même si les faits sont passionnants, cinématographiquement, ça manque de créativité à mon goût, comparé par exemple à ANATOMIE D'UNE CHUTE ou LES CHOSES HUMAINES qui redoublent d'ingéniosité de mise en scène. Le fait de filmé ça de façon très documentaire est certes immersif, mais pose un problème de rythme à mon sens, et même si on ne s’ennuie pas, j'ai trouvé que ça manquait malheureusement de "cinéma"... Partager

  • Quand la débrouille donne naissance à un premier film plein de fraîcheur.

    Découvrez notre critique du film UN GRAND RACCOURCI . Quand la débrouille donne naissance à un premier film plein de fraîcheur. UN GRAND RACCOURCI ❤️❤️❤️ Quand la débrouille donne naissance à un premier film plein de fraîcheur. Avec Un grand raccourci , Armand Foëx et Clément Devilliers, tous deux âgés de seulement 22 ans, signent leur premier long métrage avec un budget dérisoire de 200 000€. Mais la véritable réussite de ce duo n'est finalement pas d'être parvenu à faire sortir au cinéma un projet aussi improbable : c'est d'en avoir tout simplement fait un bon film . On va ici suivre deux duos dont les destins vont évidemment finir par se télescoper. D'un côté, Grégoire et Corentin, deux cousins qui se lancent dans un projet de dératisation pour le moins original puisqu'ils vont jusqu'à déposer eux-mêmes les rongeurs chez leurs futurs clients. De l'autre, Maeva qui, pour revendre des bijoux, entraîne Louise dans un concours de Miss régionale, malgré cette règle pour le moins absurde imposant aux participantes de mesurer au moins 1,70m, alors que Louise ne fait que 1,68m. À travers ces deux histoires, le film pose un regard assez juste sur une certaine jeunesse rurale, ses envies d'ailleurs , ses rêves parfois un peu bricolés et surtout sa capacité à se débrouiller pour tenter de parvenir à ses fins. Car à l'image de ses deux duos, Un grand raccourci est avant tout un véritable hommage à la débrouillardise . Avec son budget modeste, le film aurait facilement pu laisser apparaître ses limites. C'est tout l'inverse qui se produit : Armand Foëx et Clément Devilliers compensent le manque de moyens par une énergie communicative, celle d'un véritable collectif qui semble transpirer à chaque instant à l'écran. Il se dégage ainsi du film une fraîcheur particulièrement agréable, loin des comédies françaises formatées et de leurs recettes trop bien huilées. Le film fonctionne d'ailleurs avant tout grâce à ses duos, que les réalisateurs parviennent à rendre rapidement attachants, sans jamais les juger. Il y a une réelle justesse dans les relations entre les personnages. Et à cette dimension humaine vient s'ajouter un humour qui fonctionne particulièrement bien , notamment grâce à des situations suffisamment décalées pour surprendre sans jamais donner l'impression de forcer le trait. C'est aussi l'occasion de retrouver Sara Montpetit, que j'avais découverte il y a quatre ans dans le magnifique Falcon Lake , mais aussi Anja Verderosa, qui avait été une révélation l'année dernière dans À l'épreuve du feu . Il y a évidemment quelques maladresses propres à un premier film, mais elles sont largement compensées par l'énergie et la sincérité du projet. Car ce que l'on retient surtout d'Un grand raccourci , c'est cette impression réjouissante de découvrir un cinéma qui se fabrique entre amis, avec les moyens du bord, mais qui ne manque ni d'idées, ni d'envie, ni de personnalité . Armand Foëx et Clément Devilliers proposent donc avec ce premier long métrage un film d'une véritable fraîcheur, aussi attachant que surprenant, qui donne surtout très envie de suivre la suite de leur travail. Partager

  • PUPILLE : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film PUPILLE . PUPILLE ❤️❤️❤️❤️💛 Peut-être parce que le sujet me parle Peut-être parce que j’ai fait le deuil de ma paternité Peut-être parce que j’ai longtemps pensé à adopter Peut-être parce que tous ces personnages autour du destin de cet enfant Peut-être parce que ce métier que je ne connaissait pas Peut-être parce qu’on a le droit à un casting 5 étoiles Peut-être parce que Sandrine Kimberlain est parfaite comme souvent Peut-être parce que Gilles Lelouche m’a surpris dans ce genre de rôle où je ne l’attendais pas Peut-être parce que Elodie Bouchez m’a transmis des émotions me faisant dresser les poils des bras Peut-être parce que le film sonne tellement vrai Peut-être parce que malgré son aspect parfois documentaire, le film va beaucoup plus loin Peut-être parce que c’est profondément humain et juste Peut-être parce que c’est émouvant sans jamais tomber dans le patho Peut-être parce que ce film est plein d’espoir en la vie Peut-être parce que c’est une vague d’émotion qu’on se prend en pleine face Ou tout simplement parce que ce film m’a touché comme c’est rarement le cas Décidément en cette fin d’année, après « Les chatouilles » il y a quelques semaines, le cinéma (de surcroît français) a décidé de nous offrir ce qu’il fait de mieux Bref, si vous ne savez pas quoi faire ce week-end 😉 Partager

  • DISTRICT 9 : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film DISTRICT 9 . DISTRICT 9 ❤️❤️❤️❤️💛 Voici un petit bijou de science-fiction qui ne ressemble à aucun autre. Pourtant, si je vous dis « dans un futur proche, un vaisseau extra-terrestre vient s’immobiliser au-dessus d’une grande ville », ça semble être du déjà vu mille fois. Sauf que déjà il y a un petit détail qui change tout, l’action ne se situe pas chez les habituels « sauveurs du monde », mais à Johanesburg. De plus, contrairement à ce qu’on est habitués à voir dans ce genre de film, les extra-terrestres ne sont pas hostiles et le gouvernement a décidé de les parquer dans un bidon ville : le DISTRICT 9. Le choix de choisir l’Afrique du Sud comme lieu est loin d’être anodin et tout au long du film il y aura un parallèle évident avec l’Apartheid, faisant des humains les véritables monstres du film. Le film revêt donc une dimension sociale. Mais une des grandes forces du film est certainement sa mise en scène, faisant cohabiter deux styles complètement différents. Ça commence comme un faux documentaire misant tout sur le réalisme, puis basculera petit à petit vers quelque chose de plus cinématographique, tout en gardant une vraie homogénéité. Même si le film est spectaculaire, tout est fait pour garder authenticité et réalisme. Ce n’est jamais tape à l’œil et il ne cherche jamais à rendre les créatures extraordinaires dans sa façon de les filmer. Il n’y a aucun artifice, ce qui est l’opposé des codes du genre, mais renforce le réalisme. Et elles sont intégrées à l’image de façon extrêmement convaincante. Le film a bientôt 14 ans et c’est bluffant à quel point il n’a pas pris une ride. Malgré le design monstrueux des créatures, elles se montrent surprenamment attachantes et expressives. Le fait de choisir un inconnu comme héros, Sharlto Copley, renforce aussi la crédibilité. Durant tout le film, ses talents d’improvisation sont mis à contribution et le naturel de son jeu en est décuplé, comme le côté documentaire du film. Son parcours émotionnel le poussera à revoir son point de vue et renforce le côté social. Bref, un chef d’œuvre original, puissant, intelligent et spectaculaire… Partager

  • Une plongée suffocante et bouleversante au cœur d’un hôpital en crise.

    Découvrez notre critique du film L’INTÉRÊT D’ADAM . Une plongée suffocante et bouleversante au cœur d’un hôpital en crise. L’INTÉRÊT D’ADAM ❤️❤️❤️ Une plongée suffocante et bouleversante au cœur d’un hôpital en crise. Avec son deuxième film, Laura Wandel confirme qu’elle est bien plus qu’une promesse du cinéma social belge. Après UN MONDE, qui observait le harcèlement scolaire littéralement à hauteur d’enfant, elle déplace ici son regard vers l’hôpital et raconte l’histoire d’Adam, 4 ans, hospitalisé pour malnutrition sur décision de justice. Dans les deux cas, elle montre comment des cadres censés protéger l’enfant peuvent paradoxalement l’écraser ou le mettre en danger. La mise en scène, d’un naturalisme quasi documentaire, se transforme vite en véritable thriller. Collée à l’épaule de l’infirmière Lucy, caméra portée et plans-séquences plongent le spectateur dans une nuit étouffante, rythmée par des dilemmes moraux permanents : obéir au règlement ou tendre la main à une mère en détresse ? Cette immersion en quasi temps réel rend le récit oppressant et palpitant. En toile de fond, le film dresse aussi un portrait glaçant d’un système hospitalier épuisé : manque de moyens, pression sur les soignants, défiance des patients, sexisme ordinaire. Wandel capte cette réalité sans didactisme, à travers le vécu intime de ses personnages. Le récit repose entièrement sur le trio central. Léa Drucker impressionne dans le rôle de Lucy : sobre, précise, elle incarne une femme partagée entre le professionnalisme et l’élan de la compassion. Anamaria Vartolomei apporte toute la complexité nécessaire à cette mère fragile et obstinée, dont l’amour maternel se mêle au désespoir et à l’entêtement. Et comme dans UN MONDE, Wandel révèle un incroyable talent de direction d’acteurs enfants : le jeune Jules Delsart est bouleversant de naturel, rendant palpable l’innocence et la vulnérabilité de son personnage. La cinéaste filme sans juger, refusant tout pathos, et c’est précisément cette retenue qui donne à l’émotion sa puissance. Certains spectateurs pourront reprocher au film son intensité suffocante et ses situations parfois attendues, mais son format court (1h13) en fait une œuvre tendue et profondément humaine. Partager

  • AFTERSUN : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film AFTERSUN . AFTERSUN ❤️❤️ Alors oui, la relation père-fille fonctionne, ça joue même très bien (la gamine est fabuleuse), c'est plutôt bien filmé, avec sensibilité et il y a une vraie mélancolie qui se dégage de l'ensemble... Mais, faut bien admettre qu'il ne se passe pas grand chose, et que Charlotte Wells, même si elle a un vrai sens du cadre, se regarde parfois le nombril, en filmant de loooooooooong plans plus prétentieux qu'utiles... Même si le film a réussi à me chopper à de rares moments, je n'ai jamais réussi à réellement rentrer dedans et c'est souvent l'ennui qui aura pris le dessus... Partager

  • THE CREATOR : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film THE CREATOR . THE CREATOR ❤️❤️❤️❤️ Quel bonheur de découvrir un blockbuster de cette trempe !!! Alors que depuis plusieurs années on nous abreuve jusqu’à l’overdose de films de super-héros, de suites, de remakes, et autres adaptations, c’est devenu tellement rare de pouvoir découvrir une création originale. Et surtout quand elle a de telle qualités, je suis prêt à lui pardonner tous ses défauts. Alors oui, le film s’inspire de grands classiques du genre. On y retrouve du BLADE RUNNER, du TERMINATOR, LES FILS DE L’HOMME, voir même APPOCALYPSE NOW, mais s’il y a bien une chose qui va mettre tout le monde d’accord, c’est la qualité visuelle du film. D’autant plus que Gareth Edwards fait le choix judicieux de tourner principalement son film en décors naturels en limitant les fonds verts. Et le rendu final est bluffant car les effets spéciaux sont incrustés avec un réalisme qui n’est pas sans rappeler DISTICT 9. Car la grande force du film est clairement le monde qu’il nous propose. Et même s’il multiplie à outrance les référence cinématographiques et littéraires, il réussit à nous proposer un univers qui lui est propre. Il y a une vraie cohérence visuelle et c’est un régal de découvrir ce mélange d’univers cyberpunk à la culture asiatique. Ça foisonne de détails et le design général est éblouissant, que ce soit les décors, les robots, les machines, on en prend plein les yeux et le film met à l’amende un bon nombre de grosses productions hollywoodiennes. D’autant plus que le film n’a coûté que 80 millions de dollars, là où des MI7, FAST X et autre INDY 5 dépassaient les 300 millions (Pire, THE CREATOR n’a coûté que 10 millions de plus que le dernier ASTÉRIX !!!). Bref, c’est du très grand spectacle, extrêmement généreux et on ne s’ennuie pas une seconde. Le film prend souvent des airs de film de guerre (le Vietnam n’est jamais loin) et propose des scènes de guerre épiques et impressionnantes. Alors, oui tout n’est pas parfait, notamment un scénario finalement assez classique et prévisible par moment. D’autant plus que le film est tellement généreux en termes d’action, ce qui fait qu’il manque de profondeur. J’aurai aimé qu’il questionne plus sur la place de l’IA (car là c’est un poil manichéen…) ou bien s’attarde sur la relation entre les deux personnages. De même, il use, voir abuse, de deus ex machina, ce qui pourra en frustrer certains. Mais peu importe, le principal pour moi, c’est clairement le spectacle proposé, et même si ses défauts l’empêcheront certainement de devenir culte, c’est un vrai bonheur de pouvoir voir un proposition comme celle-ci qui tranche radicalement avec ce qu’Hollywood a tendance à nous livrer jusqu’à l’overdose depuis un certain temps… Bref, non content de nous avoir offert, de TRÈS loin, le meilleur Star Wars avec ROGUE ONE, Gareth Edwards nous livre ici un des films de SF les plus impressionnants de ces dernières années… Partager

  • Ce film qui va vous glacer la sève.

    Découvrez notre critique du film ODDITY . Ce film qui va vous glacer la sève. ODDITY ❤️❤️❤️ Ce film qui va vous glacer la sève. Lauréat du prix du public au dernier festival de Gérardmer, ODDITY n’a malheureusement pas eu droit à une sortie en salles en France. Un choix regrettable, car ce film horrifique se distingue par de vraies qualités qui auraient pris une ampleur particulière sur grand écran. Si ODDITY appartient bien au genre horrifique, il ne mise pas sur le gore mais sur un huis clos soigneusement construit, jouant sur une atmosphère oppressante et anxiogène. Le film offre d’ailleurs quelques scènes particulièrement stressantes, notamment une ouverture terriblement efficace et un dernier acte sous haute tension. Tout au long du récit, la mise en scène sert habilement le malaise ambiant grâce à un travail précis sur les cadres, le hors-champ et la photographie. L’utilisation du fameux mannequin de bois, bien que pas révolutionnaire en soi, est particulièrement bien exploitée pour en faire un objet horrifique redoutable. On notera aussi quelques jump scares malins et percutants. Mais même si le film réussit haut la main à glacer le sang du spectateur, le film tout de même quelques facilités d’écriture. Les personnages manquent de subtilité : la voyante aveugle, la nouvelle compagne en quête de sa place, ou encore la révélation du meurtrier, tout cela donne une impression de déjà-vu. De plus, l’abus du fusil de Tchekhov rend le déroulement du scénario parfois trop prévisible, en laissant au spectateur une longueur d’avance sur les événements. Cela n’empêche pas ODDITY de proposer des séquences mémorables qui marqueront les esprits. Un film de genre efficace, qui mérite assurément le coup d’œil. Partager

  • OPPENHEIMER : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film OPPENHEIMER . OPPENHEIMER ❤️❤️❤️❤️ On va commencer par ce qui va mettre tout le monde d’accord : techniquement le film est grandiose. Bien sûr, visuellement, c’est à tomber par terre et même si on peut douter de l’utilité de l’IMAX pour un film finalement introspectif, cela rend justement les détails sur les visages ou les regards saisissants. Puis le film propose quand même des plans assez dingues. Sans compter que Nolan a vraiment un sens du cadre et même si c’est loin d’être son film le plus spectaculaire, ça reste un régal pour les yeux. Mais si le film demande ABSOLUMENT à être vu au cinéma pour l’apprécier à sa juste valeur, c’est surtout pour sa bande son qui est tout simplement exceptionnelle. En premier lieu la partition musicale de Ludwig Göransson, qui même si cette première visu ne m’a pas marquée par un thème précis, la musique est omniprésente et joue énormément sur le ressenti du spectateur et la tension qui s’installe. Mais surtout, c’est l’habillage sonore qui scotche au fauteuil. Le travail sur le son est formidable et fait que le film ressemble par moment à une expérience sensorielle. Au niveau de la narration, on retrouve l’obsession du réalisateur pour le temps. Nous avons donc des changements incessants de lieux et d’époques, sans aucun texte pour guider le spectateur. Mais la grande force de l’écriture est de ne jamais perdre le spectateur, qui réussira toujours à se repérer garce à un dialogue où un détail à l’image. Sans compter que le film balaye 40 ans d’histoire, et donc une foison de personnages. Mais là aussi le film est aidé par un casting monstre qui aide le spectateur à identifier les protagonistes grâce à des visages connus. Et il faut avouer que niveau acting, ça envoi du lourd et dans quelques mois il devrait y en avoir quelques-uns qui vont se battre pour une petite statuette dorée. Cillian Murphy, bien sûr, qui porte le film et se retrouve enfin dans un premier rôle au cinéma qui lui permet de montrer l’étendue de son talent. Je retiendrai aussi Emily Blunt qui, même si Nolan sous exploite toujours autant les rôles féminins, réussit à tirer son épingle du jeu, en trouvant le culot d’avoir la scène qui m’aura le plus marquée. Mais plus que tout, c’est Robert Downey Jr qui m’aura bluffé. Quel bonheur de le voir dans un rôle aussi travaillé, loin des blockbusters dans lesquels il s’était retrouvé piégé (même si je ne vais pas vous mentir, c’était le pied de le voir camper Iron Man). Par contre, j’ai un souci avec le film, ou plutôt son genre, c’est que je ne suis pas un grand fan des biopics. Aussi maitrisé soient-ils (et ici on est clairement dans le haut du panier), c’est que le fait de connaitre les grandes lignes de l’histoire nuit à la dramaturgie. Et même si Nolan arrive à installer une tension assez dingue faisant flirter son film avec le thriller, on connait le destin d’Oppenheimer, et donc je trouve que ça perd en émotion car on s’inquiète assez peu pour le héros. Et puis, il faut reconnaitre que le film est long et décide d’aborder l’histoire via tous les prismes (science, politique, militaire, pénal…), ce qui en fait un film TRÈS dense. Et même si j’ai trouvé ça passionnant, ça demande un véritable investissement de la part du spectateur. D’autant plus que le film est extrêmement bavard, mais heureusement, le montage apporte un rythme impressionnant, le rendant passionnant. Même si je préfère quand Nolan s’attaque à une fiction, ça ne sera pas pour moi son plus grand film, mais paradoxalement surement le plus maitrisé. Partager

  • 18h30: critique et avis | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique de la série 18h30 18h30 ❤️❤️❤️❤️ 18h30, c’est l’heure à laquelle deux collègues de travail quittent leur bureau. Chaque épisode est un plan séquence de cinq minutes accompagnant nos deux personnages jusqu’à leur arrêt de bus, sur une année. Quelques minutes quotidiennes où ils apprendront à se connaitre. Quelques minutes quotidiennes où ils vont parler de tout et de rien. Quelques minutes quotidiennes où ils vont nous faire rentrer progressivement dans leur intimité. Quelques minutes quotidiennes où l’on partagera avec eux rires, débats, colères et confidences. Quelques minutes quotidiennes où l’on verra naître une réelle complicité. Quelques minutes quotidiennes où ces travelings arrières nous emmèneront avec eux sans savoir où ils vont. Quelques minutes quotidiennes où le ballet millimétré des figurants est digne d’une comédie musicale. Quelques minutes quotidiennes où l’on devient vite accro au point qu’on se rend compte qu’on vient d’enchainer tous les épisodes d’une traite. L’écriture est remarquable, malgré la durée des épisodes, l’évolution de leur relation est criante de vérité, notamment grâce au talent des deux acteurs qui rendent leurs personnages extrêmement attachants et à une caméra qui reste figée sur eux, nous donnant l’impression de partager leurs échanges. C’est feelgood, souvent drôle (se permettant parfois des moments totalement décalés), et parfois d’une profondeur bluffante, arrivant à nous toucher et nous chambouler en quelques secondes. Merci Lilian pour la découverte de cette véritable pépite que j’aurai dévoré en une soirée. Disponible intégralement sur Arte.TV, vous savez ce qu’il vous reste à faire… Partager

  • Une mise en scène précise qui peine à créer l’empathie.

    Découvrez notre critique du film MAY DECEMBER . Une mise en scène précise qui peine à créer l’empathie. MAY DECEMBER ❤️❤️ Une mise en scène précise qui peine à créer l’empathie. Parfois, tu vas voir un film en te disant que tout semble être réuni pour que tu passes un bon moment et puis… c’est la déception… Et sur le papier, il y avait tout pour me plaire, avec Todd Haynes aux commandes, le duo Natalie Portman-Julianne Moore, ou cette histoire promettant de jouer avec les zones sombres de ses personnages. Mais pourtant, le film m’a glissé dessus sans jamais réussir à réellement m’attraper… La faute à une ambiance d’une froideur abyssale, qui est certainement voulu, mais qui met une telle distance entre les personnages et le spectateur que je n’ai jamais réussi à avoir la moindre empathie pour eux. Plus problématique, la seule émotion que j’ai ressenti devant le film, c’est un ennui profond qui n’a pas été aidé par le rythme particulièrement lent de l’ensemble. D’autant plus que j’ai passé pas mal de temps à me demander où le réalisateur voulait réellement nous emmener, tant les thèmes me semblaient abordés en surface. Le film m’a semblé même assez sage alors qu’il s’attaque à un fait divers qui a défrayé la chronique… Heureusement, tout n’est pas mauvais pour autant, notamment une photographie soignée ou son casting, et quelques rares moments qui ont réussi à me marquer. Je pense à un cours de théâtre, mais surtout à un monologue de Portman face caméra complètement fou… Et plus que les deux actrices, la belle surprise est certainement Charles Melton qui est certainement le personnage le mieux développé. Bref, j’aurai adoré aimer ce film et, vu les bons retours, le souci vient peut-être de moi, du fait que je n'ai pas trouvé les codes pour l’apprécier, mais je suis malheureusement passé totalement à travers. Partager

  • Un thriller scolaire d’une redoutable tension.

    Découvrez notre critique du film LA SALLE DES PROFS . Un thriller scolaire d’une redoutable tension. LA SALLE DES PROFS ❤️❤️❤️❤️ Un thriller scolaire d’une redoutable tension. Clara Nowak, une jeune prof décide de mener son enquête, à la suite d’un vol au sein de l’établissement et des soupçons qui semblent accuser un élève. Cet incident pouvant sembler anodin va l’entrainer dans une spirale infernale ou un effet boule de neige entrainera de terribles conséquences… Le film démarre comme un drame sociétal assez classique, mais va se muer en un thriller paranoïaque diablement efficace. Il utilise énormément les codes du genre pour offrir une expérience d’une efficacité redoutable. Le format 4/3 étouffe les personnages avec des plans serrés, intensifiant le côté oppressant de l’œuvre, comme la photographie froide ou une partition musicale des plus anxiogène. Et comme souvent, la réussite d’un film repose sur son casting et Leonie Benesch impressionne par son jeu à fleur de peau. Elle livre une prestation tout en nuances et le spectateur se décompose avec elle au fil de l’intrigue… L’idéalisme et les valeurs du personnage vont voler en éclats face à un système vérolé de l’intérieur, dont les élèvent deviendront les dommages collatéraux… Et même si le côté thriller est la grande force du film, ce qui ce passe dans ce collège offre un parallèle avec notre société, en abordant des thèmes comme les préjugés, les dérives autoritaires, le racisme, les dynamiques de groupes, ou même l’influence des médias… Comme le dis notre protagoniste « Ce qui se passe dans la salle des profs, reste dans la salle des profs », mais je vous conseille justement d’aller y jeter un œil… Partager

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