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  • Version Hip-Hop du classique de Molière

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle DOM JUAN DOM JUAN ❤️❤️❤️❤️ Version Hip-Hop du classique de Molière Tigran Mekhitarian revisite avec originalité le classique de Molière, pour en offrir une version moderne. Il reprend les mots de Molière, mais y intègre un côté urbain, avec du rap et le langage familier des banlieues. Et force est de constater que cela fonctionne à merveille. Sans trahir l’œuvre originale, il en ressort même le côté intemporel de l’histoire. En remplaçant le patois de la pièce originale par le langage des banlieues, il rend l’œuvre accessible à un public qui serait hermétique aux classiques. Le casting y est pour beaucoup dans la réussite de la pièce. Tigran Mekhitarian est à mourir de rire en Dom Juan, avec un surjeu délectable constamment souligné par une gestuelle expressive. Le voir débiter les monologues avec cette fougue est un véritable délice. Soulaymane Rkiba est à la fois drôle et touchant, pris entre l’amour qu’il porte à son maître et le rôle de témoin de ses débordements. Marie Mahé et Etienne Paliniewicz se partagent les autres rôles, alternant à merveille les registres de la comédie et du drame. Le tout est aidé par une mise en scène efficace, jouant sur le rythme avec un timing comique maîtrisé. Alors, oui, les puristes risquent de ne pas adhérer à la proposition, mais au vu des réactions dans la salle, cela a été un régal pour la grande majorité des spectateurs. Partager

  • Objet Théâtral Non Identifié

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle 1984 1984 ❤️❤️❤️ Objet Théâtral Non Identifié Adapter le roman de Georges Orwell semblait une tâche impossible. Et pourtant la compagnie collectif 8 a relevé le défi. Ce spectacle ne ressemble à aucun autre, et l'univers dystopique du roman est admirablement retranscrit. Techniquement et visuellement, c'est du grand art. On est impressionné par la mise en scène qui créer sous nos yeux ce monde futuriste et totalitaire. Les vidéos projetées envahissent la scène pour créer une apocalypse numérique dans lequel notre héros, littéralement suspendu dans cet enfer, semble piégé. Bien plus qu'un décor, cette création visuelle devient un personnage à part entière. Forcément l'histoire interroge le spectateur, tant l'imaginaire de l'auteur semble visionnaire. En effet, sur bien des points la pièce résonne avec notre monde actuel, qui semble parfois plus proche de la dystopie créée par l'écrivain, que de l'année où a été écrit le roman : 1949. Malheureusement, je n'ai jamais réussi à être totalement emporté par l'histoire, même si je ne peux que reconnaître le talent de Damien Rémy qui nous livre ici une prestation impressionnante. Malgré tout, le spectacle proposé vaut le détour, ne serait-ce que pour la claque visuelle, et incomparable à tout ce que j'avais pu voir avant. Partager

  • Une satire sociale aussi drôle que lucide

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle MADE IN FRANCE MADE IN FRANCE ❤️❤️❤️❤️❤️ Une satire sociale aussi drôle que lucide 11.Avignon - 10h00 Nous faisons la connaissance d’Émile, un taulard à qui l’on vient d’accorder une peine aménagée. Il devient technicien de surface dans une usine... sur le point d’être délocalisée. Pour éviter un retour en prison, une seule solution s’offre à lui : sauver cette entreprise. La compagnie La Poursuite du Bleu m’avait déjà conquis avec leur précédent spectacle, COUPURES , qui dénonçait le désastre écologique. Elle revient ici avec une nouvelle satire sociale d’une redoutable efficacité. Dès l’ouverture, le héros de l’histoire évoque irrésistiblement le Charlot des Temps modernes . Et comme dans le chef-d’œuvre de Chaplin, c’est par le rire que l’on dénonce la désindustrialisation. L’humour est extrêmement présent, grâce à une mécanique de quiproquos jubilatoire et un humour noir ravageur. On rit beaucoup, oui, mais d’événements qui, au fond, nous révoltent. Si l’humour est omniprésent, il ne dilue jamais le propos. Le spectacle ne propose pas de solutions illusoires et ne cherche pas à adoucir la réalité. Il est profondément politique, mais surtout populaire, dans le sens le plus noble du terme. Comédie, drame, critique sociale et réflexion s’entrelacent avec intelligence, sans jamais tomber dans le manichéisme. On ressent un vrai travail de documentation, au service d’une satire lucide sur les enjeux économiques, politiques, et la colère ouvrière. L’une des grandes forces de MADE IN FRANCE , c’est aussi sa mise en scène nerveuse et inventive. Les comédiens débordent d’énergie, toujours en mouvement, tout comme le décor qu’ils manipulent à vue. Quatre panneaux noirs, et surtout cette batterie, omniprésente : elle n’est pas là que pour la musique, elle EST l’usine — son bruit, ses machines, sa cadence. La scénographie est fluide, les dialogues percutants, et les changements de rôles incessants participent à cette énergie débridée. MADE IN FRANCE , c’est du théâtre populaire engagé, percutant, dont l’humour grinçant nous pousse à réfléchir sur l’état de notre société. Partager

  • Critique QUAND LA GUERRE SERA FINIE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle QUAND LA GUERRE SERA FINIE QUAND LA GUERRE SERA FINIE ❤️❤️❤️❤️ Dernier jour de cet Avignon 2017 15 spectacles en 3 semaines, dont quelques spectacles fabuleux (on ne voyait que le bonheur, tu seras un homme papa, la main de Leila...) Donc j'ai attaqué cette dernière journée en me disant que le festival m'avait déjà offert ce qu'il avait de plus beau... et puis... QUAND LA GUERRE SERA FINIE Une comédie musicale, sur fond de 2e guerre mondiale, frôlant la perfection 8 comédiens accompagnés d'un pianiste utilisent toutes l'intensité de leur jeu et de leur voix pour nous faire vibrer pendant 1h15 Que ce soit en venant chercher nos larmes avec quelques monceaux bouleversant, ou nos rires avec certaines scènes frisant le burlesque En tout cas, dans les deux cas, les comédiens vont chercher au plus profond d'eux pour nous transmettre des émotions rares comme on ne peut en vivre qu'au théâtre Ils nous offrent une superbe histoire d'amour... Entre un homme et une femme Entre une mère et son fils Entre un frère et sa soeur Entre un peuple et son pays Entre une compagnie et la musique Entre les spectateur et le théâtre La salle était debout 1000 fois mérité Partager

  • Critique INTRA MUROS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle INTRA MUROS INTRA MUROS ❤️❤️❤️❤️💛 Raconter une histoire est un art, et dans ce domaine Michalik prouve encore une fois qu'il est un maître . Cette pièce démarre comme un huit clos où l'on assiste à un cours de théâtre dans un milieu carcéral Sauf que Michalik, c'est plus fort que lui et comme il en a l'habitude il trouve le moyen de faire voyager ses spectateurs. Ce cours de théâtre devient un prétexte à nous faire voyager dans le passé des cinq personnages en se concentrant sur l'humain et leurs cicatrices. Le public devient même un punching-ball qui reçoit toutes leurs émotions. Et vu le niveau de jeu des acteurs, certains coup font mal, très mal. A l'image de cette scène ou un jeune de banlieue nous raconte son passé et la montée en puissance de sa colère... bluffant... Mais il y a un sixième artiste dans Intra Muros, et pas des moindres. Un musicien en bord de scène, qui accompagne les acteurs d'une musique (un mélange de guitare, piano, percussions et musique electo). Son travail intensifie clairement les scènes, sans devenir envahissant et offre au spectacle un côté très cinématographique. Et puis, il y a la mise en scène de Michalik. Certains vont sûrement s'empresser de dire qu'il s'appuie sur des bases devenues habituelles chez lui. Avec ses changements de lieu, de décors et de costumes face au public (avec ici, des transitions passé-présent particulièrement réussies). Alors oui, c'est le cas, mais pour moi ça fait parti de son univers. Un peu comme si on reprochait à Tarantino ou Nolan leurs style cinématographique reconnaissable sur chaque film. Mais moi, tant qu'il réussira à m'emporter à chaque spectacle, je signe. Partager

  • Critique LE BONHEUR DES UNS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE BONHEUR DES UNS LE BONHEUR DES UNS ❤️❤️❤️❤️ Un couple en pleine crise existentielle car ne se sentant pas heureux alors qu'ils ont tout pour, décide de se rendre chez leurs voisins, ce couple qui semble si parfait afin de découvrir leur secret. Le bonheur des uns est une comédie à l'humour noir irrésistible, sur un sujet universel : cette fameuse quête du bonheur. Le quatuor d'acteurs se régale, et nous régale, à interpreter leurs personnages excentriques et plus insupportables les uns que les autres. Il y a souvent un côté burlesque, avec des scènes loufoques qui font merveille. Le texte est un vrai régal. On se voit souvent rire jaune, car derrière cette farce corrosive, on a affaire à un spectacle réfléchi et qui malgré son côté déjanté, propose de vraies réflexions. On se retrouve souvent face à un miroir sur notre société qui fait souvent réfléchir, comme lors de ce monologue admirablement écrit et interpreté par Eléonore Joncquez. Certes après le spectacle vous n'aurez pas la fameuse recette du bonheur, mais clairement pendant ces 1h30, vous l'aurez trouvé, aussi certainement que vous ne regardez plus jamais un grain de raisins de la même façon. Partager

  • Un chant révolutionnaire pour la liberté

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle FILLES, MÈRES, REBELLES - SUFFRAGETTES FILLES, MÈRES, REBELLES - SUFFRAGETTES ❤️❤️❤️💛 Un chant révolutionnaire pour la liberté Condition des Soies - 19h10 C’est le combat de Sylvia, Emily et Norah. Nous sommes à Londres en 1913, et ce spectacle nous invite à suivre ces trois amies, déterminées à obtenir le droit de vote pour les femmes. La compagnie Le Road Movie Cabaret fait le pari audacieux de ne confier cette grande histoire qu’à deux comédiens. Un choix judicieux qui brise la distance entre scène et salle : les comédiens s’adressent souvent directement au public, renforçant la dimension militante et l’urgence de leur propos. Car si le droit de vote des femmes est au cœur de la pièce, c’est bien plus largement une ode à la liberté qu’on nous offre ici. À deux seulement, avec une énergie débordante, ils nous plongent dans l’effervescence des rues de Londres, au rythme du théâtre, de la musique et du chant. Ils incarnent tour à tour une galerie de personnages, changeant de rôle parfois au cœur même d’un dialogue, avec une aisance bluffante. C’est une évidence, Manon Chivet interprète les trois femmes révolutionnaires avec justesse, fougue et une rage brûlante. Sur scène, elle EST leur combat. Elle restitue avec puissance le courage de ces figures historiques, leur rendant un hommage vibrant et incarné. Face à elle, Jimmy Daumas endosse tous les autres rôles, dans un surjeu savoureux. Voir ces hommes, dont la considération pour les femmes frôlait le néant, tournés en dérision, a quelque chose de délicieusement jouissif. Les rôles s’inversent, et l’effet est jubilatoire. Mais même dans ses excès comiques, Jimmy Daumas ne trahit jamais le propos de la pièce. L’humour, bien dosé, sert de respiration sans jamais atténuer la force du message. La pièce n’en est que plus percutante, offrant aussi des moments d’émotion brute, qui prennent aux tripes. Avec SUFFRAGETTES, après SWING HEIL, la compagnie Le Road Movie Cabaret confirme son talent pour faire vibrer la grande Histoire sur scène. Elle signe un spectacle engagé, féministe, vibrant : un hommage puissant aux femmes qui ont lutté avant nous, et une déclaration d’amour à la liberté. Partager

  • Critique LA DERNIÈRE LETTRE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA DERNIÈRE LETTRE LA DERNIÈRE LETTRE ❤️❤️❤️💛 Au Texas, Anna apprend la condamnation de l'assassin de sa femme, quand une inconnue vient lui apporter une lettre écrite par ce dernier... Évidemment, ce courrier viendra chambouler la vie d'Anna, mais même si la pièce est un drame intime, on sera aussi face à un thriller juridique plein de rebondissements, rendant l'ensemble très addictif. La pièce abordera des thèmes comme la résilience, le pardon ou encore la peine de mort. Et elle aurait facilement pu glisser dans la caricature bien pensante sans la qualité de son texte. Au contraire, elle nous interroge. On sent que l'écriture est documentée et ça ne bascule jamais dans la facilité d'imposer ses propos. Même si la pièce prend partie sur ses différents sujets elle le fait avec intelligence en pesant chaque fois le pour et le contre, à l'aide de ses personnages aux avis opposés. D'autant plus que comme souvent avec les pièces de qualité, le casting est à la hauteur. Noemie De Lattre en femme déchirée et en plein doute, Marie Bunel touchante comme jamais ou bien Grégory Corre qu'on adore détester dans son rôle d'avocat aux dents longues... Mais celle qui m'a réellement scotché, c'est une nouvelle fois Mathilde Moulinat. Après m'avoir éblouie dans "Pigments" en 2019, elle prouve une nouvelle fois son talent dans un rôle d'avocate qui monte en puissance au fil du spectacle pour au final mettre tout le monde d'accord : on a affaire à une grande actrice. On notera aussi cette musique marquante, qui souligne parfaitement les émotions. Bref, le OFF 2021 m'a encore offert un très bon spectacle, nécessaire, qui vu son sujet fera sûrement débat, mais traité avec intelligence et justesse. Une pièce qui interpelle inévitablement le spectateur et que je ne peux que vous recommander. Partager

  • Critique LES MICHEL'S – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LES MICHEL'S LES MICHEL'S ❤️❤️❤️ "Attention mesdames et messieurs, dans un instant, ça va commencer..." C'était presque une évidence que ce spectacle musical commence sur ces mots. En effet, la compagnie croc-en-jambe nous invitent à retrouver une ribambelle de Michel. La chanson populaire française est forcément mise à l'honneur, mais le spectacle fait aussi quelques interludes sur le cinéma, la littérature ou même les humoristes, avec notamment un passage sur Coluche qui montre encore à quel point son humour satirique n'a pas pris une ride. Le show devient encore meilleur quand il décide de réinterpréter les titres, comme cette reprise bluffante de Starmania où un passage hilarant sur Jackson. L'humour est d'ailleurs constamment présent, et fait de show musical, un moment feelgood parfait pour finir une journée de OFF. Partager

  • Illusions sur Instagram

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle MAÏWENN, 16 ANS ET DEMI MAÏWENN, 16 ANS ET DEMI ❤️❤️❤️💛 Illusions sur Instagram Maïwenn, une jeune fille de 16 ans et demi, recherche une liberté illusoire sur Instagram. Elle y fait la rencontre d’Olga et tombe vite sous l’emprise de sa « nouvelle meilleure » amie, qui se révèle rapidement toxique. La pièce met en lumière cette double vie que les adolescents mènent sur les réseaux sociaux. Elle s’intéresse ainsi aux risques que peut représenter cette exposition sur internet. La relation complexe entre les deux jeunes filles est travaillée, et le spectateur est entraîné dans une spirale destructrice. Le texte est souvent très pertinent, sans jamais être moralisateur. Le rythme est effréné, ce qui peut perdre une partie des spectateurs, mais c’est pour moi un des atouts de la pièce. Au contraire, cela colle parfaitement avec l’énergie débordante de cette adolescente. Et il faut dire que Louise Savatier impressionne par l’énergie qu’elle déploie sur scène. Dorianne Koyalisse lui donne parfaitement la réplique en incarnant tous les autres rôles. Il y a énormément de mouvements dans la mise en scène, que ce soit dans les décors pour représenter les différents lieux ou bien les membres de la famille. Mais les comédiennes sont aussi constamment en mouvement, intégrant danse et acrobatie, ce qui ajoute une dimension visuelle captivante. Si on ajoute à cela le travail sur les lumières et une place importante pour la musique, il y a une certaine poésie qui se dégage de l’ensemble, et c’est souvent un régal pour les yeux. Il n’y a eu que cinq représentations au Festival, mais espérons que le spectacle reviendra la saison prochaine, car la proposition est vraiment intéressante. Partager

  • Critique BELIEVERS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle BELIEVERS BELIEVERS ❤️❤️❤️❤️ La vie est une comédie pour ceux qui pensent, une tragédie pour ceux qui ressentent... Et quand je pense à ce que j'ai ressenti pendant ce spectacle, j'aurais tellement de choses à dire, mais ça va être compliqué, sans en dévoiler l'histoire... Je vais donc devoir faire court, beaucoup trop étant donné à quel point la pièce m'a parlé, sans me prévenir, venant toucher des choses gravées au plus profond de moi. Ça commence comme une comédie romantique. Donna et Chris ont 20 ans, ils se rencontrent et c'est un vent de légèreté qui nous emporte avec eux tellement leur complicité fonctionnent, et on rit souvent avec eux... Puis, on va suivre leurs vie sur 20 ans, sur deux temporalités, une vie qui ne va pas les épargner... Quatres comédiens vont interpréter leurs rôles à deux époques différentes. Leur jeu est d'une justesse admirable qui nous fait oublier qu'ils partagent les mêmes personnages. La scénographie astucieuse aide aussi à faire en sorte que ces quatres personnages se confondent, jusqu'à faire résonner leurs voix sur des mots savamment choisis. Sur scène ils sont bien deux, Donna et Chris, ce qui rend leur histoire encore plus authentique. Une histoire sur l'espoir qui viendra immanquablement toucher le spectateur, le faire réfléchir et pour ce qui me concerne laissera un souvenir inoubliable... Partager

  • Un héritage sonore pour reconstruire le passé

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE DERNIER CÈDRE DU LIBAN LE DERNIER CÈDRE DU LIBAN ❤️❤️❤️💛 Un héritage sonore pour reconstruire le passé Théâtre des Beliers - 18h50 J’avais gardé un souvenir ému et puissant de LA MAIN DE LEÏLA et surtout des POUPÉES PERSANES : deux spectacles denses, intimes et profondément politiques, portés par la plume sensible et affûtée d’Aïda Asgharzadeh. C’est donc avec une véritable attente que je suis allé découvrir LE DERNIER CÈDRE DU LIBAN. L’histoire nous entraîne dans les pas d’Eva, une jeune pensionnaire d’un centre d’éducation fermé, en quête de ses origines après avoir reçu une série de cassettes audio enregistrées par sa mère, grande reporter disparue. À travers ce « testament sonore », Eva recompose peu à peu un puzzle familial éclaté à travers les conflits du XXe siècle : guerre civile au Liban, chute du Mur, Sarajevo, Beyrouth, les discours d’Arafat… autant de fragments d’Histoire qu’elle tente de réconcilier avec sa propre histoire. Le dispositif est habile : le spectacle se construit comme une enquête, avec une tension narrative proche du polar. On suit Eva dans sa quête, entre colère sourde, curiosité douloureuse et besoin de comprendre. À mesure qu’elle écoute les bandes, la pièce nous entraîne à travers les zones de guerre comme dans un carnet de terrain. Cette dimension documentaire, pleinement assumée par la mise en scène sobre et rythmée de Nikola Carton, donne à entendre ce que l’on ne voit jamais : les bruits de la guerre, les silences de l’abandon, les doutes des survivants. Le plateau, nu et épuré, se transforme à vue. Trois comédiens se partagent tous les rôles et toutes les époques, avec une belle fluidité. Quelques accessoires, des changements d’éclairage, des gestes précis suffisent à faire émerger les souvenirs d’Anna et les émotions d’Eva. Le travail sonore, central, fait ici office de quatrième personnage : seul lien entre la mère et la fille, seule trace d’un amour resté muet. Il y a une belle ambition dans cette pièce : raconter l’héritage, la transmission de l’invisible, ce que les absents nous laissent, volontairement ou non. Mais si le propos est fort, la construction maîtrisée et les interprètes convaincants, j’ai pourtant ressenti une certaine distance. L’émotion, chez moi, n’a pas jailli comme je l’espérais. Peut-être était-ce la fatigue du festival et l’enchaînement des spectacles… Car la salle, elle, ne s’y est pas trompée : elle s’est levée d’un seul élan, manifestement touchée. Partager

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