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  • La rencontre du théâtre classique et des rythmes urbains

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE MALADE IMAGINAIRE LE MALADE IMAGINAIRE ❤️❤️❤️💛 La rencontre du théâtre classique et des rythmes urbains Théâtre du Chêne Noir - 15h00 Après LA MALADIE DE LA FAMILLE M , qui m’avait profondément bouleversé, puis DOM JUAN , déjà une relecture audacieuse de Molière, j’attendais cette nouvelle mise en scène de Tigran Mekhitarian avec une impatience mêlée de curiosité. Fidèle au texte original, il conserve la langue du XVIIe siècle, limpide et intacte, mais la propulse avec brio dans notre époque. Ce n’est pas un simple dépoussiérage, mais une véritable démonstration que le théâtre classique peut parler à notre temps sans jamais renier son essence. Les anachronismes, les éclats de langage urbain, les accents rap et slam ne sont jamais gratuits : ils servent la dramaturgie avec finesse. Les séquences musicales, notamment rappées, ne sont ni artificielles ni décoratives. Elles incarnent les émotions profondes des personnages, dévoilant leurs failles, leurs colères, leurs tendresses. La scène entre Angélique et Cléante devient une joute musicale tendre et complice. Argan, quant à lui, ne se contente plus de râler contre ses médecins : il rappe sa solitude, son besoin d’amour, son angoisse de vieillir. Cette version offre une lecture profondément humaine du personnage d’Argan, bien loin du simple hypocondriaque moqué : on y découvre un homme en détresse réelle, en quête d’attention et de réconfort. Le spectacle est résolument multigénérationnel, à l’image de son casting, et démontre avec éclat combien Molière reste d’actualité. Au fil des années, Tigran Mekhitarian s’impose comme l’une des voix majeures du théâtre contemporain, capable de faire dialoguer les siècles et de toucher toutes les générations. Partager

  • Critique de TITANIC – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film TITANIC . TITANIC ❤️❤️❤️❤️❤️ Ce week-end, j’ai eu la chance de pouvoir faire découvrir ce grand classique du cinéma à ma nièce, qui, malgré ses 24 ans, avait trouvé le moyen de passer à côté. Et à en voir les étoiles dans ses yeux à la sortie de la salle, elle a bien fait d’attendre les meilleures conditions pour découvrir ce chef d’œuvre. Il y a certains films qui prennent toute leur ampleur dans une salle obscure, et c’est bien le cas de TITANIC. D’autant plus que le travail de restauration de James Cameron est assez impressionnant. L’image en 4K sublime l’œuvre et certains passages en 3D sont saisissants, alors qu’à l’époque le film n’avait pas été prévu pour ce format. Cameron, prouve une fois de plus qu’il est TELLEMENT en avance sur son époque car son film reste, 25 ans plus tard, visuellement époustouflant (mis à part les rares plans larges avec un bateau « numérique » naviguant sur les flots.). Il avait privilégié les effets « pratiques » aux effets « numériques » et c’est un pari gagnant car tout semble palpable et surtout ça permet au film de très bien vieillir et de ne rien avoir à envier en terme de spectacle aux blockbusters du moment. Il y a un énorme souci du détail, que ce soit au niveau des décors ou des costumes et on en prend plein les yeux, d’autant plus que Cameron a un sens du spectacle inouï et comme à son habitude, enchaine les scènes qui sont devenues cultes avec le temps. Que ce soit, la scène du naufrage en elle-même, les scènes de panique ou bien les scènes aquatiques, c’est d’une efficacité rare qui encore aujourd’hui cloue le spectateur au fauteuil… On notera aussi un soin particulier aux transitions entre les époques. Clairement, son film est, comme à son habitude, techniquement irréprochable. Alors, oui, l’écriture a rarement été son fort, et même si c’est encore le cas ici, ça reste beaucoup plus abouti dans ce domaine que le reste de sa filmographie… Et puis, son but reste de nous offrir des films familiaux à grand spectacle qui nous envoie des émotions en pleine face, et de ce côté-là, c’est une véritable réussite. Certains, lui reproche son côté réécriture de Roméo et Juliette, mais pourtant c’est pour moi la plus grande idée du film. Le fait d’intégrer la « petite » histoire à la « grande », lui permet de nous faire voyager sur ce navire de la première à la troisième classe en nous faisant passer par les salles des machines. Et puis, il faut dire qu’il a aussi été aidé par son casting impressionnant. Avec bien sur Leonaro Dicaprio et Kate Winslet, qui prouvaient déjà à l’époque leur immense talent qui en aura fait deux des comédiens les plus talentueux de leur époque. Car clairement, l’alchimie entre les deux fonctionne à merveille, et ce n’est pas étonnant que Sam Mendes ait aussi fait appel à eux pour son bijou LES NOCES REBELLES. Ils enchainent les scènes, souvent touchantes, mais aussi parfois extrêmement poétiques et plus surprenant, très drôles. Je ne vais pas m’étendre plus longtemps sur un film que la plupart a surement déjà vu, sauf que si vous n’avez pas vu ce film en salle, alors vous n’avez jamais réellement vu ce chef d’œuvre du cinéma… Et dans ce cas : FONCEZ !!! Partager

  • L’amour dans tous ses éclats

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle RING RING ❤️❤️❤️❤️ L’amour dans tous ses éclats Sur scène, le ring est délimité par un carré de plantes au milieu duquel trône un canapé. Un décor sobre dans lequel les saynètes disséquant le couple vont s'affronter au court de seize rounds. Humour, drame, tendresse, poésie, toute une pléiade d'émotions qui seront encaissés par le spectateur. Ici on ne va pas parler de l’histoire d’un couple en particulier mais de l’amour avec un grand A. Il sera question donc de l’amour sous toutes ses facettes. De la flamme des débuts à l’angoisse de devenir parents, de cette routine qui s'installe aux moments de doute, des non-dits, de l'angoisse d'être parents, de la jalousie, de séparation, des regrets... Forcément à un moment ou un autre le public ne peut que s’identifier à ce qui se passe sous ses yeux. Ainsi la pièce apportera des moments de rire, elle est souvent très drôle, mais aussi des moments beaucoup plus touchant, comme cette chorégraphie sur les "cris silencieux" qui m’a littéralement arraché les poils... Les comédiens sont au diapason. Jina Djemba illumine la scène et nous fait tomber instantanément sous son charme, et Amaury de Crayencour lui donne admirablement la réplique et ne cesse de m'impressionner à chaque fois que je le retrouve dans une nouvelle pièce. On croit à chaque version du couple qu'ils nous proposent et l'émotion en est décuplée. On notera aussi la beauté de la mise en scène avec notamment des transitions travaillées qui apportent une grande fluidité. On assiste aussi à quelques moments suspendus d'un onirisme rare. Léonore Cofino nous offre une ode à l'amour, avec ce qu'il a de plus beau, mais aussi ses travers, rappellant que l'amour n'est pas un conte de fée et la nécessité d'entretenir cette petite flamme si fragile, mais cruciale. Partager

  • Critique LA FAMILLE ORTIZ – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA FAMILLE ORTIZ LA FAMILLE ORTIZ ❤️❤️❤️ On suit l’histoire d’une famille à travers les souvenirs d’un des enfants qui avait coupé le cordon pour s’exiler au Japon. On sent d’entrer le secret de famille lourd prêt à exploser à chaque instant et pourtant on a affaire en grosse partie à une comédie à l’humour décalé et parfois potache, jusqu’à ce que le spectacle vienne piquer le public en plein cœur dans une fin qui divisera certainement le public (et qui est pour ma part le plus grand moment de la pièce). Les personnages sont attachants, le jeu des acteurs de qualité (mention spéciale à la mère) et il faut noter le gros travail sur le décor. Mais même si on passe un très bon moment et que la pièce m’a offert une des plus grosses baffes émotionnelle de cette saison, on a quand même le sentiment qu’après l’énorme succès (plus que mérité) de « Adieu Monsieur Haffmann », Daguerre n’a pas pris de risque et s’est contenté de nous proposer un spectacle efficace mais manquant de surprises à mon goût. PS : Un jour il faudra quand même apprendre le respect à tous ces gros conn**** qui quittent la salle au début des applaudissements. Certains, ne se privant même pas de passer devant la scène !!! Partager

  • Charlotte Le Bon en route vers son César ?

    Découvrez notre critique détaillée du film NIKI . NIKI ❤️❤️❤️💛 Charlotte Le Bon en route vers son César ? Le biopic n’est pas un genre cinématographique que j’affectionne particulièrement. Au-delà de l’aspect didactique, ce sont souvent des films « Wikipedia » qui se contentent de dérouler un cours magistral, avec une tendance fréquente à glorifier le personnage... Mais NIKI ne fait pas partie de cette catégorie. Il est vrai que je connaissais assez peu Niki de Saint Phalle, et j’ai donc découvert sa vie sur grand écran. Le film se concentre exclusivement sur sa jeunesse, avant qu’elle n’explose aux yeux du grand public. Le choix radical de ne jamais montrer les œuvres de l’artiste, imposé par des problèmes de droits, s’avère finalement extrêmement judicieux. Il permet au film de se consacrer à l’acte de création et, surtout, à son personnage. Et c’est là que le plus grand atout du film entre en jeu : Charlotte Le Bon. Elle est solaire, omniprésente à l’écran, et elle imprègne la pellicule. Elle livre une prestation aussi complexe que la personnalité de son personnage, qui lutte constamment contre ses pulsions et ses traumatismes, pour mieux s’émanciper et libérer son art. Charlotte Le Bon déploie une palette d’émotions impressionnante, alliant vulnérabilité et force, avec des ruptures de rythme saisissantes. J’ai été littéralement hypnotisé par son interprétation. Mais le film ne s’appuie pas uniquement sur son actrice principale et n’oublie jamais de faire du cinéma. Il y a un vrai travail sur le cadrage, avec notamment des split-screens judicieux qui racontent toujours quelque chose à travers l’image. Le film exploite également beaucoup le hors-champ, que ce soit pour les œuvres de l’artiste ou pour son traumatisme. Au final, plus qu’une simple découverte de la vie d’une artiste, j’ai vécu un vrai bon moment de cinéma. Un film qui pourrait bien propulser Charlotte Le Bon aux Césars… Partager

  • Rendez-moi Pixar !!!

    Découvrez notre critique détaillée du film ELIO . ELIO ❤️❤️💛 Rendez-moi Pixar !!! Le studio Pixar revient avec ELIO, un film original, ce qui mérite d’être salué à l’heure où les annonces de INDESTRUCTIBLES 3, TOY STORY 5 et COCO 2 envahissent les écrans. Mais cette originalité suffit-elle à retrouver la magie d’antan ? ELIO raconte l’histoire d’un jeune garçon, orphelin, élevé par sa tante, qui rêve de se faire enlever par des extraterrestres pour fuir un monde dans lequel il ne trouve plus sa place. L’idée est belle, puissante même : deuil, solitude, quête de sens, peur d’être seul dans l’univers… Les fondations sont solides, et j’espérais la double lecture qui a toujours fait la richesse des grands Pixar. Mais très vite, la déception s’installe. Les thématiques restent en surface. Le récit, au lieu de creuser ces sujets, se contente d’un enchaînement d’aventures colorées, dynamiques mais simplistes. La narration sacrifie l’émotion au profit de la légèreté, comme si le film ne s’adressait qu’à un jeune public. Alors attention, ce n’est pas un mauvais film pour autant. C’est visuellement abouti, avec des créatures mignonnes, des couleurs éclatantes dans tous les sens, et un rythme soutenu (parfois même au détriment de la narration). Les plus jeunes vont clairement passer un très bon moment. Il y a aussi quelques clins d’œil à RENCONTRES DU TROISIEME TYPE ou E.T. qui font plaisir et ancrent le film dans un héritage science-fiction/famille. Mais voilà, c’est à peu près tout. L’histoire est convenue, parfois même un peu niaise. Sans parler du fait qu’elle rappelle souvent LILO ET STITCH (un choix peu judicieux, surtout avec le remake live action qui vient de sortir). Au final, je suis resté totalement en dehors. J’ai même trouvé le temps long, avec un gros manque d’inventivité ou d’émotion, et un humour qui ne m’a arraché que quelques sourires. Sans être totalement raté, Pixar ne nous avait pas habitués à viser si bas. Le studio avait cette capacité rare à émouvoir petits et grands, à traiter des sujets profonds avec délicatesse, à nous faire rire et pleurer dans un même plan. Ici, on a juste une aventure anodine : jolie, mais bien fade. La sortie du dernier chef d’œuvre de Pixar, SOUL , semble bien éloignée et on pourrait presque faire un lien avec le rachat du studio par Disney, qui finit par uniformiser tout ce qu'il touche. Et j’ai tendance à me dire que peut-être que ce n’est pas moi qui ai perdu mon âme d’enfant, mais Pixar qui a un peu perdu la sienne… Partager

  • Critique LA VIE EST UNE FÊTE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA VIE EST UNE FÊTE LA VIE EST UNE FÊTE ❤️❤️❤️❤️💛 Romain, 45 ans, va nous raconter sa vie, de sa naissance à aujourd'hui. Même si la pièce touche souvent en plein cœur, on rit beaucoup, comme si notre conteur avait voulu amener de l'humour dans son histoire, pour apporter de la légèreté à ces quatre décennies qui ne lui feront pas de cadeaux, du fait de son homosexualité. Il sera entouré de quatre autres comédiens interprétant tous les autres personnages qui croiseront sa route. Un casting qui se donne à fond, avec des rôles aussi déjantés qu'attachants, et ça se ressent sur les émotions qu'ils nous offrent. Je retiendrai surtout Alexis Victor, qui est extrêmement juste et touchant lorsqu'il incarne le père. On a affaire à un spectacle engagé, sans jamais tomber dans le militantisme pur, mais surtout une œuvre profondément humaine. Romain nous parlera de ses doutes, de la famille, du regard des autres, de tolérance, de paternité, de l'évolution de notre société... Autant de sujets qui résonneront souvent chez le spectateur. La pièce est d'un dynamisme fou, et ce notamment grâce à la mise en scène de Virginie Lemoine. Les années s'enchainent aussi vite que les lieux se succèdent, sans aucun noir qui viendrait couper l’action. De même, le décor est sobre mais ingénieux, avec ses multiples portes qui permettent aux comédiens d'enchainer leurs allées et venues, en sortant par une porte, pour rentrer quelques secondes plus tard par une autre, sous une nouvelle identité. Bref, comme c'est souvent le cas avec eux, Virginie Lemoine nous offre un beau moment de théâtre qui viendra jouer avec vos émotions et Lilian Lloyd un texte doux-amer aussi drôle que profond. Partager

  • Critique de SIMPLE COMME SYLVAIN – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film SIMPLE COMME SYLVAIN . SIMPLE COMME SYLVAIN ❤️❤️❤️❤️💛 Donc, pour mon anniversaire, le cinéma m’a offert un IMMENSE coup de cœur venu droit du Québec. Sophia et Xavier, deux professeurs universitaires à Montréal, sont en couple depuis dix ans. Au fil des années, l’amour passionnel des débuts a laissé place à « autre chose », comme on dit… Quand elle rencontre Sylvain, « simple » charpentier, alors que le monde dans lequel ils vivent semble les oppose, c’est le coup de foudre. Sophia est donc professeur de philosophie, et ses cours sur l’amour seront même le fil rouge du film, chapitrant le récit avec les points de vue de grands philosophes, allant de Planton à Spinoza. Des cours qui seront toujours en concordance avec l’état actuel de Sophia. On est ainsi face à une comédie romantique d’une profondeur assez déconcertante. Le film est souvent très drôle, avec notamment une critique jubilatoire des classes. Il dépeint les stéréotypes sociaux, sans jamais juger ses personnages, amenant dans moments malaisants lorsque nos amoureux rencontreront l’entourage de l’autre. Mais surtout il fera réfléchir le spectateur sur la définition même de l’amour. Monia Chokri maitrise particulièrement bien la rupture de ton. On rit énormément et sans prévenir, elle arrive à nous transpercer le cœur par une scène, une phrase. Car la plus grande force du film, est son écriture, la puissance de ses dialogues, mais aussi l’interprétation sans faille des comédiens qui sont d’une justesse inouïe. Magalie Lépine Blondeau et Pierre-Yves Cardinal sont en symbiose total et nous font croire en leur amour inconditionnel dès le premier regard. Le dialogue entre les personnages sera aussi au centre du film, mettant en avant le pouvoir des mots, mais aussi, lors des scène de groupe, la façon dont tout le monde semble parler sans réellement s’écouter Mais en plus de briller par son fond, le film le fait aussi par la forme. Une des grandes forces du cinéma est d’exprimer les choses par les images si les mots ne sont pas nécessaires, et ça, Monia Chokri l’a compris. Elle n’oublie jamais la caméra et a une réelle maitrise de ses plans. La composition de ses cadres est exemplaire, jouant avec le décor, comme lors de la scène du premier baiser. Mais aussi cette scène finale exemplaire, qui sans un mot exprime énormément de choses. Souvent elle isolera ses personnages dans le cadre, via une porte, un mur ou un autre élément, mais elle utilisera aussi parfois des plans séquences qui sont loin d’être accessoires… De la même manière, elle filmera admirablement les scènes d’amour charnel, en se focalisant sur le visage de la comédienne. Je n’ai qu’une envie, c’est de revoir le film, pour décortiquer ce coup de cœur monumental, car comme le dit Sophia à Sylvain après avoir fait l’amour « Une fois, ce n’est pas assez »… Partager

  • Nicolas Devort, ce comédien aux milles visages…

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LISA LISA ❤️❤️❤️💛 Nicolas Devort, ce comédien aux milles visages… Théâtre des Corps Saints - 15h40 Une seule chose a suffi pour me convaincre de découvrir ce spectacle : Nicolas Devort.Je l'avais découvert dans LE BOIS DONT JE SUIS FAIT , mais comme beaucoup, c'est avec son fabuleux DANS LA PEAU DE CYRANO que son immense talent m'a explosé aux yeux. Ce comédien a un véritable don. Seul sur scène, il incarne avec une fluidité exemplaire une pléiade de personnages, sans aucun décor ni accessoires, et surtout avec la prouesse de ne jamais perdre le spectateur. Par une mimique, une gestuelle ou un timbre de voix, il jongle entre les différents protagonistes et le public finit par oublier qu'il est seul, son imagination faisant le reste pour le transporter dans le récit. Je ne m'étais donc absolument pas renseigné sur l'histoire, et je ne m'étendrai pas sur le sujet ici. On découvre une mère et sa fille qui vivent une relation fusionnelle suite à la mort du père. Et le jour où chacune fait entrer un homme dans sa vie, cela va bousculer les liens qui unissent ces deux femmes. Pour tout dire, dans un premier temps, en découvrant cette ado qui se cherche, j'ai même eu peur d'une redite avec le fameux DANS LA PEAU DE CYRANO , et j'ai mis un peu de temps à rentrer dedans. Sauf que c'est assez malin et bien plus profond qu'il n'y paraît. L'histoire a même fini par me saisir sans jamais me relâcher... L'absence de décor fait qu'on est focalisé sur le jeu du comédien, nous mettant au cœur des relations entre les personnages. Seules les lumières et la musique viennent parfois inviter le spectateur dans les introspections de l'adolescente. C'est parfaitement dosé, jamais forcé, et cela renforce le propos. Oui, Nicolas Devort a un véritable don : avec rien, il réussit à captiver notre attention et à nous faire plonger dans ses histoires. Je suis déjà curieux de découvrir sa prochaine création... Partager

  • Critique de ANATOMIE D’UNE CHUTE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film ANATOMIE D’UNE CHUTE . ANATOMIE D’UNE CHUTE ❤️❤️❤️❤️ Voici donc la dernière Palme d’or, qui s’est vu entachée d’une polémique lors du discours de sa réalisatrice. Ce qui aura fait finalement de l’ombre à son film, en dissuadant certainement certains d’aller le découvrir. Et c’est regrettable, car c’est tout simplement un très bon film qui n’avait pas besoin de ça… Après, il faut dire aussi que je suis assez amateur des films de procès, mais ANATOMIE D’UNE CHUTE va bien plus loin que ce genre cinématographique. Alors oui, le procès y est central, avec cette écrivaine soupçonnée d’avoir tué son mari. Justine Triet prend d’ailleurs un malin plaisir à jouer avec la zone grise en faisant continuellement douter le spectateur sur la culpabilité de son héroïne. Mais même si le doute sur sa culpabilité est au cœur du film, là n’est pas vraiment la question. Plus que l’analyse de la chute mortelle de son mari, c’est bien celle de leur couple qui sera disséquée et prendra toute son ampleur lors du procès. Et pour ne rien gâcher, il y a de vrais partis pris de mise en scène de la part de Justine Triet, chose assez rare dans ce genre de film pour être noté. Et même si certains choix peuvent paraitre prétentieux, je dois avouer que bien souvent elle fait mouche, comme lors d’une scène de dispute magistrale. Clairement la qualité du jeu des acteurs est d’ailleurs une des grandes forces du film, aidée par une écriture des dialogues exemplaire qui rend les échanges au procès passionnants. L’accusée, à la fois mystérieuse et ambiguë, est interprétée par une Sandra Hüller glaçante, à l’image de l’atmosphère ambiante de l’œuvre. Je me demande comment elle n’a pas eu le prix d’interprétation au Festival… Swann Arlaud est comme à son habitude brillant, mais on notera aussi un Antoine Reinartz impressionnant qui vole parfois la vedette dans son rôle de procureur et réussit même à apporter certains rares moments de comédie. Mais surtout, je retiendrai Milo Marchado Graner, qui incarne le fils mal voyant du couple, et principal témoin de cette tragédie. Par la justesse de son jeu, il apporte les rares moments d’émotions du film. Bref un casting sans faute, jusqu’au chien qui marquera inévitablement les spectateurs. Mais comme je le précisais plus haut, le film est terriblement froid. C’est à la fois une de ses réussites, mais aussi une de ses limites. Car même si ça apporte une atmosphère pesante vraiment maitrisée, ça a pour effet de limiter les émotions qu’ils dégagent. D’autant plus que la plupart des personnages sont assez antipathiques, limitant l’identification des spectateurs et donc leur attachement aux protagonistes… Même si j’ai un doute sur le fait de lui avoir attribué la Palme d’or, il n’en reste pas moins un très bon film. Partager

  • Une quête de liberté et d'identité entre deux mondes.

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle 4211 km 4211 km ❤️❤️❤️❤️ Une quête de liberté et d'identité entre deux mondes. 4211 km, c'est la distance parcourue par Mina et Fereydoun, un couple iranien ayant fui la dictature de leur pays pour se réfugier en France. Leur fille, Yalda, née à Paris, va nous raconter leur combat pour la liberté, leur amour pour l'Iran qu'ils ont dû quitter et leur espoir persistant de retourner un jour dans leur pays natal. Yalda partage également ses propres défis en tant que fille d'immigrés, cherchant à s'intégrer en France tout en restant fidèle à ses racines iraniennes. La pièce explore la quête d'identité de Yalda, déchirée entre deux mondes : l'Iran, pays de ses parents et de ses racines culturelles, et la France, son pays de naissance où elle tente de trouver sa place. Elle évoque le combat de ses parents contre la dictature du shah d'Iran, leur rêve de liberté et de démocratie et leur fuite vers la France qui devait être temporaire mais qui s'est prolongée pendant des décennies. La mise en scène est fluide et rythmée, alternant entre différents lieux et époques, ce qui donne au spectacle une dimension cinématographique. Les décors, les éclairages et la musique transportent le spectateur en Iran. La pièce résonne particulièrement avec l'actualité, soulignant l'importance de la liberté et rendant hommage à ceux qui luttent contre l'extrémisme. En cela, elle fait écho à LES POUPÉES PERSANES , une pièce que j’avais particulièrement aimé et traitant de thèmes similaires. Les deux spectacles se répondent sur de nombreux points. 4211 km est, avant tout, une ode à la liberté et un hommage aux personnes courageuses qui se battent pour un monde meilleur, malgré les sacrifices et les défis auxquels ils sont confrontés. Partager

  • Quand la rave devient un cauchemar

    Découvrez notre critique détaillée du film SIRÂT . SIRÂT ❤️❤️❤️❤️ Quand la rave devient un cauchemar SIRÂT est un choc de cinéma, un de ces films qui divisent, mais dont personne ne sort indemne. Rien que pour cela, son Prix du Jury à Cannes paraît mérité. Impossible d’entrer dans les détails : plus qu’un récit, c’est une expérience sensorielle qu’il vaut mieux aborder sans trop en savoir, afin d’en préserver l’impact. Pour l’apprécier, il faut accepter de lâcher prise et se laisser emporter, comme on plonge dans un rêve, ou un cauchemar, que seule une salle de cinéma peut offrir. Le postulat de départ est simple : un père et son fils débarquent au Maroc pour retrouver leur fille disparue au cœur d’une rave en plein désert. Leur quête les entraîne dans un road trip suffocant aux côtés d’une bande de teufeurs marginaux. Dans le Coran, SIRÂT est le nom du pont qui relie l’enfer au paradis. Et c’est bien dans une descente aux enfers qu’Oliver Laxe entraîne ses personnages… et ses spectateurs… Le film s’ouvre sur une immersion hypnotique dans l’univers des raves, entre délire visuel et explosion sonore. Puis il bifurque vers un road-movie haletant, traversé par la violence, jusqu’à un final qui laisse le spectateur K.O. C’est visuellement somptueux, avec des plans majestueux sur le désert marocain, dont les paysages transpirent le danger et écrasent les personnages. Mais la véritable force du film réside dans son ambiance sonore. Qu’il s’agisse de la musique techno ou de l’énorme travail sur le design sonore, ce n’est pas un simple habillage : c’est l’élément central qui structure le récit. Le lâcher-prise de la transe-techno est constamment mis en opposition avec les bruits anxiogènes du désert : le vent, les moteurs, le sable… Ce road trip convoque un imaginaire riche, évoquant autant MAD MAX pour l’univers punk et mécanique, que LE SALAIRE DE LA PEUR pour le danger omniprésent. La troupe de nomades semble d’ailleurs tout droit sortie de l’univers de Miller, avec cette bande de punks dont certains portent les stigmates de corps estropiés. Le casting, majoritairement non professionnel et choisi lors de vraies raves, renforce l’authenticité et suscite l’empathie pour cette troupe cabossée. Oliver Laxe orchestre des scènes d’une intensité et d’une tension rares, où la salle entière retient son souffle. Mais attention : SIRÂT n’est pas un film aimable. Sa noirceur et sa cruauté volontaire mettent souvent le spectateur mal à l’aise. Certains décrocheront, mais ceux qui accepteront le voyage vivront une expérience unique, visuelle et sonore, dont ils ressortiront sonnés. Un cinéma rare, qui secoue, dérange et s’imprime durablement dans la mémoire. Partager

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