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622 résultats trouvés avec une recherche vide

  • Version Hip-Hop du classique de Molière

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle DOM JUAN Version Hip-Hop du classique de Molière DOM JUAN ❤️❤️❤️❤️ Version Hip-Hop du classique de Molière Tigran Mekhitarian revisite avec originalité le classique de Molière, pour en offrir une version moderne. Il reprend les mots de Molière, mais y intègre un côté urbain, avec du rap et le langage familier des banlieues. Et force est de constater que cela fonctionne à merveille. Sans trahir l’œuvre originale, il en ressort même le côté intemporel de l’histoire. En remplaçant le patois de la pièce originale par le langage des banlieues, il rend l’œuvre accessible à un public qui serait hermétique aux classiques. Le casting y est pour beaucoup dans la réussite de la pièce. Tigran Mekhitarian est à mourir de rire en Dom Juan, avec un surjeu délectable constamment souligné par une gestuelle expressive. Le voir débiter les monologues avec cette fougue est un véritable délice. Soulaymane Rkiba est à la fois drôle et touchant, pris entre l’amour qu’il porte à son maître et le rôle de témoin de ses débordements. Marie Mahé et Etienne Paliniewicz se partagent les autres rôles, alternant à merveille les registres de la comédie et du drame. Le tout est aidé par une mise en scène efficace, jouant sur le rythme avec un timing comique maîtrisé. Alors, oui, les puristes risquent de ne pas adhérer à la proposition, mais au vu des réactions dans la salle, cela a été un régal pour la grande majorité des spectateurs. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • DENALI critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle DENALI DENALI ❤️❤️❤️❤️ Décidément, j'adore quand le théâtre arrive à me surprendre et de ce côté là, la proposition de DENALI est assez magistrale. Bon, je vais faire court pour vous préserver un maximum de surprise, mais niveau mise en scène, c'est du lourd... du très très lourd... On a affaire à un fait divers sordide survenu en Alaska qui va nous être raconté à la façon d'un thriller. Alors, j'avais déjà vu le théâtre qui s'invite au théâtre ou le cinéma qui s'invite au théâtre (et je suis vendu, donc plutôt fan du genre), mais là ils poussent le truc jusqu'à inviter Netflix au théâtre. Car le concept est ici de nous proposer une pièce à la manière d'une série télévisée. Et pour cela la pièce va redoubler d'ingéniosité et d'idées de mises en scène et ça en devient joussif. C'est jusqu'au boutisme au point de souvent nous faire rire tellement ils vont loin dans le concept. Et pourtant, la pièce n'a vraiment rien de comique et il y a même une ambiance très pesante qui s'installe, notamment grâce à une musique d'une efficacité redoutable. Mais, ce spectacle va bien au delà de son concept, et l'écriture est maitrisée, en arrivant même pousser le spectateur à se poser des questions sur les choix des personnages. L'histoire enchaîne les rebondissements et fait qu'on bingewatch cette série sans voir le temps passer. Clairement une pièce qui laissera une trace dans ma mémoire de spectateur pour sa proposition hors norme... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Une Noémie bien plus maligne que sa maladie.

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle MALIGNE Une Noémie bien plus maligne que sa maladie. MALIGNE ❤️❤️❤️💛 Une Noémie bien plus maligne que sa maladie. MALIGNE est une leçon de vie que Noémie Caillault partage avec son public, en racontant son combat contre le cancer du sein avec une arme inattendue : l'humour. À travers son spectacle, elle offre un élan d’optimisme, transformant une épreuve difficile en une expérience de résilience et de positivité. Sur scène, six chaises symbolisent les lieux et les personnages. En fond de plateau, un écran est utilisé subtilement pour une scène foudroyante. Pour le reste, ce sera la créativité de l’artiste qui fera vivre ses différents espaces. Elle y incarnera tour à tour sa mère, ses amis, ainsi que le corps médical, en y apportant énormément d’humour et d’auto-dérision. La comédienne, par son magnétisme et la sincérité du texte, capte l’attention du spectateur. La légèreté qu’elle apporte à son histoire permet de prendre du recul face à la maladie sans jamais minimiser la gravité de la situation. Elle met le doigt sur ses doutes, ses traumatismes, mais aussi sur sa vie sexuelle et sur les mots maladroits que peut avoir l’entourage dans ces moments-là. Noémie Caillault a choisi la vie et nous hurle à quel point il faut profiter de chaque instant. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Un tour de force théâtral… qui m’a laissé en dehors du cercle.

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE CERCLE DE CRAIE CAUCASIEN Un tour de force théâtral… qui m’a laissé en dehors du cercle. LE CERCLE DE CRAIE CAUCASIEN ❤️❤️❤️ Un tour de force théâtral… qui m’a laissé en dehors du cercle. Difficile de ne pas être impressionné par ce Cercle de craie caucasien . En fidèle du Grenier de Babouchka, j’y ai retrouvé tout ce qui fait la signature de la troupe : un esprit collectif extrêmement fort, une énergie débordante et cette musicalité omniprésente qui irrigue le spectacle de bout en bout. Ici, presque tous les comédiens chantent, jouent d’un instrument, participent à une partition vivante qui donne au plateau un rythme effréné, sans temps mort. Il y a quelque chose de profondément jubilatoire dans cette dynamique de groupe, dans cette générosité permanente et rarement le spectacle vivant ne prend autant de sens que dans une proposition comme celle-ci, où tout se fabrique sous nos yeux. La mise en scène n’est pas en reste et impressionne par sa maîtrise. Les décors, en mouvement constant, participent pleinement à la narration, les transitions s’enchaînent avec fluidité, et certaines idées visuelles frappent juste. La scène de la rivière, notamment, se révèle bluffante par son inventivité. On sent une mécanique parfaitement rodée, un sens du détail et du rythme qui témoignent d’un travail extrêmement abouti. Tout concourt ainsi à faire de cette proposition un objet théâtral ambitieux, exigeant, porté par une troupe au sommet de son engagement. Le plaisir de voir du “grand théâtre”, au sens le plus généreux du terme, est indéniable. Et pourtant, malgré cette admiration évidente pour la forme, quelque chose m’a échappé. Je suis resté à la porte de l’émotion. Là où la pièce cherche souvent le comique, je n’ai que rarement ri… et c’est précisément là que le bât blesse. Car en restant extérieur au rire, je suis aussi resté extérieur aux personnages. Cette absence de lâcher-prise a installé une distance, presque imperceptible au début, mais qui a fini par empêcher toute véritable implication émotionnelle. J’ai regardé plus que je n’ai ressenti. Je ressors donc avec une impression paradoxale, presque frustrante : celle d’avoir vu un spectacle remarquable… sans avoir été bouleversé. Comme si tout était là — la virtuosité, l’intelligence, la générosité — sauf l’essentiel. Mon cœur, lui, est resté un peu en dehors du cercle. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Clap de fin pour la saison 2024 !

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle BILAN FESTIVAL OFF 2024 Clap de fin pour la saison 2024 ! BILAN FESTIVAL OFF 2024 Clap de fin pour la saison 2024 ! Clap de fin pour une édition 2024 assez particulière, mais particulièrement intense. Il m’aura fallu trois jours pour remettre de l’ordre dans mes émotions et redescendre de mon petit nuage, mais le moment que j’attends le plus chaque année est bel et bien terminé et voici le temps du bilan. De cette édition, je me souviendrai d’abord de ce sentiment bizarre avec ses rues et ses salles quasiment désertes les premiers jours. Il faut dire que le OFF n’a pas été aidé cette année. Entre le décalage des dates dû aux JO, les législatives et l’Euro de foot, le démarrage a été compliqué et c’était triste de voir ces artistes jouer dans des salles presque vides… Mais petit à petit, les spectateurs sont arrivés, les salles se sont remplies, et les spectateurs ont enfin pu rendre hommage à tous ces artistes sur scène qui se démènent pendant trois semaines pour notre plus grand plaisir. Trois semaines où c’est toujours avec le même plaisir que j’emmène chaque année de plus en plus de personnes avec moi découvrir le festival, et c’est surtout un bonheur de les voir revenir les années suivantes. Trois semaines à flâner dans ces rues couvertes d’affiches et à croiser ces artistes qui redoublent d’imagination pour vendre leurs spectacles. Trois semaines d’échanges et de partage avec les autres festivaliers à débattre de nos coups de cœur dans les files d’attente. Trois semaines à retrouver des amis pour déguster une bière à l’Explo ou manger une tartine chez Ginette, qui sont un peu devenus mes QG du OFF au fil des années… Trois semaines et 52 spectacles vus… Le rythme a été assez effréné, où le moindre moment où je ne travaillais pas aura été consacré à cette passion : le théâtre. Clairement, j’ai eu de gros coups de fatigue sur la fin, mais le jeu en valait une nouvelle fois la chandelle, ne serait-ce que pour le déluge d’émotions ressenties. Il faut dire que cette année, j’ai eu très peu de déceptions et surtout une pléiade d’excellents spectacles. Je retiendrai bien sûr avant tout cet immense coup de cœur pour ARIANNE, UN PAS AVANT LA CHUTE , qui aura conclu de la plus belle des manières cette superbe édition. Tout comme la surprise venue de nulle part qu’aura été pour moi LE GRAND JOUR (sur le fond comme sur la forme, la pièce frôle la perfection). Mais aussi : • La vague d’émotions que m’a fait ressentir Katia Ghanty dans LES FROTTEMENTS DU CŒUR • Les mises en scène inventives de JE M’APPELLE GEORGES et 1984 • Le génie de la troupe du Grenier de Babouchka qui m’a ébloui avec leur CYRANO DE BERGERAC , alors que je ne suis clairement pas adepte des classiques • Les barres de rire de THE LOOP et UNE BONNE BIÈRE • Le fabuleux show son et lumières des DRUM BROTHERS • L’idée de génie de narration de CLASSEMENT SANS SUITE rendant son propos extrêmement fort • La nouvelle pépite, d’une formidable justesse, de Daguerre avec son DU CHARBON DANS LES VEINES , avec un très grand Jean-Jacques Vannier • Les chorégraphies étourdissantes de MICHELLE, DOIT-ON T’EN VOULOIR D’AVOIR FAIT UN SELFIE À AUSCHWITZ • Ce cœur transpercé par Anne De Peufeilhoux dans CEUX QUI RESTENT • L’intelligence du discours et la puissance du jeu des comédiennes dans LES MAUX BLEUS • Ces splendides portraits de couple que sont RING et VOYAGE À NAPOLI , à la fois drôles et touchants • La puissance du jeu hallucinante de Véronique Augereau dans APRÈS LE CHAOS • La leçon de tolérance et de liberté d’un 4211 KM • Le plaisir de faire découvrir LE PORTEUR D’HISTOIRE et sa leçon de mise en scène Dimanche, le ciel pleurait littéralement la fin du festival, l’orage et la pluie inondant les rues et arrachant les affiches, puis le soleil est revenu, comme une pointe d’espoir pour nous donner rendez-vous l’année prochaine. Et je ne vais pas vous le cacher, j’ai tellement hâte de remettre ça... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Une histoire d’amour où le temps devient le véritable protagoniste

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle NOS DIMANCHES Une histoire d’amour où le temps devient le véritable protagoniste NOS DIMANCHES ❤️❤️❤️💛 Une histoire d’amour où le temps devient le véritable protagoniste Nos dimanches , mis en scène par Tigran Mekhitarian, repose sur un principe de comédie romantique particulièrement ingénieux : faire voyager le spectateur à travers une succession de dimanches, chacun marquant une étape, un basculement ou une cicatrice dans l’histoire de ce couple . Ce découpage temporel donne au spectacle une structure à la fois simple et redoutablement efficace, où chaque scène devient une pièce du puzzle amoureux. La scénographie, volontairement minimaliste, se révèle pourtant d’une grande intelligence. Une table, quelques chaises pivotantes : il n’en faut pas davantage pour faire exister les appartements de leurs beaux-parents respectifs. Ce dispositif léger permet des transitions fluides, presque cinématographiques , où le lieu change sous nos yeux sans jamais casser le rythme. En fond de scène, des cintres suspendus accueillent les costumes des comédiens. Au fil du récit, ces vêtements disparaissent progressivement, comme une métaphore visuelle de leur histoire qui se dépouille, se transforme, et avance vers quelque chose de plus essentiel. Le choix dramaturgique de situer tous ces moments dans des repas familiaux du dimanche midi chez la belle-famille est particulièrement intéressant. Dans ce cadre codifié, presque rituel, les deux personnages ne peuvent jamais vraiment exprimer frontalement leurs émotions. Tout passe par les non-dits, les regards, les silences, les micro-frictions du quotidien. Et pourtant, c’est précisément là que la force du spectacle opère : le spectateur, lui, perçoit constamment ce qui se joue en dessous, les sentiments enfouis, les tensions affectives, les fragilités invisibles. La pièce fonctionne surtout grâce à son duo de comédiens, extrêmement justes et complices. Leur relation sonne souvent vrai, au point que le spectateur finit forcément par s’y reconnaître à un moment ou un autre , dans une dispute, une tendresse, une lassitude ou un élan. C’est là que réside une grande partie de l’efficacité du spectacle : dans cette capacité à faire écho à des fragments de vie universels. Les sauts dans le temps entre chaque scène viennent constamment bousculer les attentes du public. On passe d’un dimanche à l’autre, comme si l’on feuilletait les pages éparses d’une histoire d’amour. Le temps devient alors un véritable élément dramaturgique central : il structure, fragilise, accélère ou suspend les émotions. Comme souvent dans un couple, il devient aussi ce qu’il faut apprendre à maîtriser… ou à subir. Ces ruptures sont parfois renforcées par des interludes où les comédiens changent de costume à vue, moments suspendus qui apportent étonnamment une forme de douceur, voire de mélancolie , comme si l’on assistait à la construction silencieuse du couple autant qu’à ses éclats. Autre force notable : malgré la présence de seulement deux acteurs sur scène, les autres personnages — parents, amis, entourage — semblent constamment exister autour d’eux. Ils ne sont jamais réellement présents physiquement, et pourtant ils habitent l’espace. Enfin, Nos dimanches joue habilement avec les codes de la comédie romantique , qu’il détourne sans jamais les renier. Sous ses airs légers, la pièce développe une vraie profondeur en rappelant que chaque événement, même anodin, contribue à façonner un couple. Mais au-delà de l’histoire d’amour elle-même, c’est une mélancolie diffuse qui survole l’ensemble : celle du temps qui passe, des instants vécus ensemble qui s’accumulent et finissent par dessiner une trajectoire de vie. Car ce ne sont pas seulement les sentiments qui construisent une relation, mais bien les événements traversés ensemble qui forgent l’avenir. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Une simple idée de mise en scène, et Molière n’a jamais été aussi glaçant.

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle L’ÉCOLE DES FEMMES Une simple idée de mise en scène, et Molière n’a jamais été aussi glaçant. L’ÉCOLE DES FEMMES ❤️❤️❤️❤️ Une simple idée de mise en scène, et Molière n’a jamais été aussi glaçant. Frédérique Lazarini réussit l’exploit d’apporter une modernité saisissante au texte de Molière par une idée aussi simple que brillante. Dans cette version résolument contemporaine de L’École des femmes , le couvent dans lequel Arnolphe enferme Agnès disparaît au profit d’une cage de verre, symbole puissant de son enfermement. Une cage dans laquelle la jeune femme est filmée en permanence, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les images étant retransmises en continu dans le salon d’Arnolphe. L’effet est glaçant. Cette idée transforme profondément la pièce. La comédie de Molière révèle alors une dimension beaucoup plus sombre , faisant de cette chambre une véritable prison où Arnolphe devient un prédateur, façonnant une jeune fille coupée du monde extérieur pour mieux exercer son emprise sur elle. La mise en scène met à nu la violence de cet homme qui prétend protéger Agnès alors qu’il cherche avant tout à la posséder. En creux, le spectacle développe un propos terrifiant sur les mécanismes de prédation et d’emprise, flirtant avec une lecture presque insoutenable tant elle évoque, sans jamais la nommer frontalement, la question de la pédophilie. Cette cage de verre devient également un formidable espace de jeu, magnifié par une scénographie d’une grande beauté . Elle se transforme lors des rencontres avec Horace, où l’espace semble peu à peu s’ouvrir à la possibilité d’une liberté nouvelle. Elle se métamorphose aussi dans un magnifique moment onirique où Agnès se réfugie dans sa chambre, comme un fragile sanctuaire au cœur de cet univers oppressant. Une image bouleversante, qui révèle toute la naïveté, la douceur et la vulnérabilité du personnage. Sara Montpetit apporte à Agnès une fragilité désarmante , faisant évoluer son personnage de l’innocence à la prise de conscience avec une grande justesse. Face à elle, Cédric Colas impressionne en Arnolphe . Loin de la caricature tyrannique, il compose un personnage profondément inquiétant, presque monstrueux dans son désir de contrôle, tout en laissant affleurer une humanité troublante dans ses failles et ses moments de fragilité. La mise en scène assume pleinement sa noirceur et donne une profondeur nouvelle au texte de Molière, sans jamais sacrifier son humour , notamment dans les savoureux quiproquos entre Arnolphe et Horace. Cette relecture contemporaine transforme L’École des femmes en une réflexion puissante sur le patriarcat, l’appropriation du corps des femmes et les mécanismes d’emprise qui traversent encore notre société. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Un spectacle hors norme pour une reine hors du commun

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle CLÉOPÂTRE – LA REINE LOUVE Un spectacle hors norme pour une reine hors du commun CLÉOPÂTRE – LA REINE LOUVE ❤️❤️❤️❤️💛 Un spectacle hors norme pour une reine hors du commun Dès le lever de rideau, une évidence s’impose : le spectateur est invité à un grand spectacle. Sur scène, trois artistes livrent une ouverture musicale magistrale. Autour d’eux, huit comédiens entament une chorégraphie de près de deux heures, où chaque geste, chaque mouvement semble millimétré. À chaque scène, tout s’enchaîne dans une dynamique fluide : ça court, ça glisse, ça virevolte, avec une précision d’orfèvre, digne d’une comédie musicale. Eric Bouvron fait le pari audacieux de se passer de décor. Risqué pour une fresque historique ? Certainement. Mais le pari est brillamment relevé. Grâce à quelques accessoires, des jeux de lumière soignés, une musique omniprésente, et surtout, l’immense talent des comédiens, l’imaginaire du spectateur fait le reste. Théâtre, danse, chant… tout s’imbrique pour créer un spectacle d’envergure rare, d’une richesse étonnante, comme on en voit rarement OFF C’est un tourbillon d’idées. On voyage à travers les années, pris dans une histoire dense et passionnante mêlant complots, trahisons, amours et sacrifices. Oui, le spectacle est long, mais je n’ai pas vu le temps passer, tant l’histoire m’a absorbé. Évidemment, pour que le spectacle soit une réussite, il fallait une grande Cléopâtre. Et si Charline Freri ne l’est pas par la taille, elle nous offre une incarnation saisissante de la reine d’Égypte. Dans un premier temps, son côté ingénu correspond parfaitement à la Cléopâtre adolescente que l’on découvre. Puis, au fil des années, son jeu gagne en intensité et nous transmet toute la puissance de cette souveraine propulsée à la tête des Ptolémées. On découvre une femme forte, tiraillée entre l’amour pour son peuple et ses luttes personnelles — loin de la séductrice capricieuse que le cinéma a tendance à nous montrer. Autour d’elle, les sept autres comédiens campent une galerie de personnages marquants. Mention spéciale à Slimane Kaciouï, dont le charisme et la présence scénique captivent dès la première scène, dans son rôle de conteur. CLÉOPÂTRE – LA REINE LOUVE c’est du grand spectacle : un théâtre ambitieux et profondément généreux. Éric Bouvron confirme ici, une fois de plus, qu’il est l’un des metteurs en scène les plus inspirés de sa génération. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Pris dans l’engrenage de la machine sociale…

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle RESSOURCES HUMAINES Pris dans l’engrenage de la machine sociale… RESSOURCES HUMAINES ❤️❤️❤️ Pris dans l’engrenage de la machine sociale… Dans cette adaptation du film de Laurent Cantet, Elise Noiraud nous plonge dans l'univers d'une famille ouvrière travaillant dans une usine de province au moment du passage aux 35 heures. Au centre de cette histoire se trouve Franck Verdot, qui revient dans son village natal après de prestigieuses études de commerce à Paris. Il va effectuer un stage dans l’usine où travaillent son père et sa sœur, plein d’illusions et espérant pouvoir apporter des changements significatifs. Le choix de faire du personnage principal un jeune issu d'une classe populaire, propulsé dans le monde du patronat sans en avoir tous les codes, permet à la pièce d'éviter le piège du manichéisme. Ce transfuge de classe se retrouve dans une position inconfortable, voulant aider la classe ouvrière dont il se sent le plus proche, mais confronté à la dure réalité économique. Cette dualité en fait à la fois la fierté de ses proches et lui fait prendre conscience du gouffre social qui s'est creusé entre eux. Sur un plateau nu, avec juste quelques tables et chaises pour décor, que les comédiens déplacent à vue pour illustrer les différents lieux. La pièce enchaîne ainsi les tableaux de manière assez fluide grâce à une belle gestion des lumières et des sons qui installent parfaitement les ambiances. Cependant, malgré l'intérêt que suscite la pièce et les nombreux questionnements qu'elle soulève, j'ai relevé quelques longueurs, notamment lors des passages musicaux. Cela dit, ces moments n'enlèvent rien à la pertinence et à l'impact global de l'œuvre. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • FORMICA critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle FORMICA FORMICA ❤️❤️💛 Sur le papier, voici une comédie qui devrait parler à beaucoup de monde. Nous nous retrouvons au coeur d'un repas de famille où les convives vont avoir du mal à trouver un sujet de conversation et donc finir par aborder des thèmes comme la politique ou le racisme. Alors, il faut réussir à rentrer dans le délire, ce qui à priori a été le cas d'une bonne partie du public, mais pourtant je suis bien souvent resté en dehors. Car même si le côté burlesque et délirant est bien présent, dans l'ensemble, l'humour était un peu trop lourd pour moi. Pourtant, il y a bien quelques passages qui m'ont fait rire, notamment lors de certaines scènes à l'humour noir, même si j'aurais aimé qu'ils poussent le curseur un peu plus loin de ce côté. Idem, pour ce qui concerne le décor. Il est souvent exploité, mais là aussi, vu son ampleur, j'en attendais un peu plus aussi. Mais, l'ensemble reste rythmé et les comédiens semblent s'amuser, et au vu des rires, le public aussi. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • BELIEVERS critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle BELIEVERS BELIEVERS ❤️❤️❤️❤️ La vie est une comédie pour ceux qui pensent, une tragédie pour ceux qui ressentent... Et quand je pense à ce que j'ai ressenti pendant ce spectacle, j'aurais tellement de choses à dire, mais ça va être compliqué, sans en dévoiler l'histoire... Je vais donc devoir faire court, beaucoup trop étant donné à quel point la pièce m'a parlé, sans me prévenir, venant toucher des choses gravées au plus profond de moi. Ça commence comme une comédie romantique. Donna et Chris ont 20 ans, ils se rencontrent et c'est un vent de légèreté qui nous emporte avec eux tellement leur complicité fonctionnent, et on rit souvent avec eux... Puis, on va suivre leurs vie sur 20 ans, sur deux temporalités, une vie qui ne va pas les épargner... Quatres comédiens vont interpréter leurs rôles à deux époques différentes. Leur jeu est d'une justesse admirable qui nous fait oublier qu'ils partagent les mêmes personnages. La scénographie astucieuse aide aussi à faire en sorte que ces quatres personnages se confondent, jusqu'à faire résonner leurs voix sur des mots savamment choisis. Sur scène ils sont bien deux, Donna et Chris, ce qui rend leur histoire encore plus authentique. Une histoire sur l'espoir qui viendra immanquablement toucher le spectateur, le faire réfléchir et pour ce qui me concerne laissera un souvenir inoubliable... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Une mécanique bien huilée au service d’une sororité

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE GOÛT DE LA FRAMBOISE Une mécanique bien huilée au service d’une sororité LE GOÛT DE LA FRAMBOISE ❤️❤️❤️💛 Une mécanique bien huilée au service d’une sororité Avec Le Goût de la framboise , le théâtre s’empare d’un territoire encore trop peu exploré : celui du milieu carcéral féminin. Un choix fort qui donne immédiatement au spectacle une identité singulière. La pièce joue habilement sur deux temporalités — les années 70 et la fin des années 90 — et, même si l’on peut deviner progressivement où le récit souhaite nous emmener, sa construction reste suffisamment maîtrisée pour maintenir l’attention du spectateur jusqu’au bout. La mise en scène se distingue par son véritable dynamisme. Les transitions entre les époques sont souvent fluides et parfaitement maîtrisées , portées par un décor épuré mais évocateur : une arche grise rappelant le milieu carcéral et se transformant en tableaux universitaires. Le travail sur les lumières apporte également beaucoup au spectacle, créant des atmosphères différentes. On retiendra surtout cette scène en hors-champs particulièrement saisissante, qui démontre toute la force évocatrice du théâtre. Les personnages bénéficient d’un véritable arc narratif qui permet de suivre leur évolution et de les rendre attachants. Peu à peu, un esprit de sororité sincère s’installe entre ces femmes , constituant l’une des grandes forces du spectacle. Le comédien qui interprète les différents rôles masculins apporte quant à lui une belle diversité aux figures qu’il incarne et trouve naturellement sa place dans cette partition collective. Le récit prend une dimension féministe assumée, mais jamais appuyée , abordant des thèmes lourds — l’enfermement, les destins contrariés, la transmission — avec finesse. Malgré ces qualités, j’ai toutefois ressenti une légère frustration : la pièce semble parfois trop calibrée, comme si elle ne parvenait pas totalement à atteindre le pic d’émotion qu’elle semblait promettre. Le final, notamment, m’a paru un peu maladroit. Reste malgré tout un spectacle solide , porté par une narration rythmée, une mise en scène inventive et une belle sororité qui continue de résonner bien après le rideau. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

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