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- Le film qui enterre L’AMOUR OUF
Découvrez notre critique détaillée du film LEURS ENFANTS APRÈS EUX . Le film qui enterre L’AMOUR OUF LEURS ENFANTS APRÈS EUX ❤️❤️❤️💛 Le film qui enterre L’AMOUR OUF Il est difficile de ne pas comparer LEURS ENFANTS APRÈS EUX à L’AMOUR OUF , sorti il y a quelques semaines. Tous deux adaptent des romans racontant l’histoire d’amour entre deux adolescents, sur fond de violence et de vengeance. L’AMOUR OUF déroulait son intrigue dans les années 80, ici, ce sont les années 90 qui servent de toile de fond, chacune illustrant une époque différente tout en explorant la fracture sociale qui sépare les classes. Dans les deux cas, la musique joue un rôle primordial. Et comble de l’ironie, alors que Gilles Lellouche réalisait le premier, il campe ici un rôle secondaire. Mais le constat est sans appel : tout ce que Lellouche a raté dans son film, les frères Boukherma le réussissent brillamment dans LEURS ENFANTS APRÈS EUX. Ils évitent la démonstration maladroite et les excès d’effets qui plombent L’AMOUR OUF (je ne me suis toujours pas remis de ces baisers sur fond de couchers de soleil ou bien ce chewing-gum transformé en cœur battant la chamade…). Leur mise en scène reste épurée, mais n’oublie jamais de faire du vrai cinéma. Le film flirte parfois avec les codes du western. Il offre aussi de très beaux moments, comme ce plan magnifique lors d’un bal qui raconte énormément de choses par l’image. La démesure et le côté hollywoodien vont ici laisser place à plus de pudeur et de retenue. Et ça fonctionne, car même si on a plutôt affaire ici à « l’amour flou », on s’attache aux personnages et on y croit. Et on en arrive à un deuxième point qui fait toute la différence : quand tu n’écris pas tes personnages à la truelle, réussissant la prouesse de ridiculiser un casting quatre étoiles, ça fait toute la différence. Le film repose principalement sur un trio de jeunes acteurs. Et même si j’ai toujours du mal avec le jeu « effacé » de Paul Kircher, sa relation avec Angelina Woreth s’avère d’une justesse désarmante, apportant une authenticité rare à leur histoire. Ce duo est complété par un brillant Sayyid El Alami qui forme avec Paul Kircher deux faces d’une même pièce, avec la violence et l’humiliation qui vont dicter leur vie. Il livre un personnage complexe qu’il aurait d’ailleurs été intéressant de voir plus développé. On notera aussi la toile de fond du contexte social de l’est de la France dont la désindustrialisation fait des ravages. On suit ces adolescents en quête de repères, d’avenir et cherchant à échapper à leur destin. Mais forcément, le spectateur retiendra surtout un Gilles Lellouche bluffant dans un rôle sombre et ambigu. Il réussit par moments à être terrifiant pour finalement s’avérer très touchant. Après, le film aurait peut-être mérité de passer sous la barre des deux heures pour réussir à maintenir sa tension tout du long. On pourra aussi lui reprocher son côté film jukebox et c’est vrai qu’il abuse un peu des standards musicaux des années 90. Mais il le fait plutôt bien et apporte un côté nostalgique à tous ceux qui ont traversé cette époque. Puis moi, tu me mets « Where Is My Mind » dans un film, forcément je perds un peu mon objectivité… Partager
- Critique de JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES . JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES ❤️❤️❤️❤️ Après m’avoir mis une énorme baffe en 2018 avec son PUPILLE, Jeanne Herry revient avec son nouveau film, où elle va une nouvelle fois mettre en lumière un métier méconnu : la justice restaurative. Des victimes et des auteurs d’infraction vont ainsi être amenés à dialoguer, encadrés par des médiateurs, afin de permettre aux premiers de se reconstruire et aux seconds de prendre conscience de la portée de leurs actes et de prévenir une récidive. On a une nouvelle fois affaire à un film choral extrêmement documenté et didactique, sur la résilience, la rédemption, le pardon… Il met l’accent sur le pouvoir du groupe et apporte un soin particulier à ses dialogues et au jeu d’acteurs (aidé par un casting assez impressionnant de justesse). Même si le sujet est lourd, il y a un côté solaire qui survole l’œuvre, avec parfois quelques moments de bonne humeur qui viennent alléger le propos. Et même si j’aurais voulu que ça aille plus loin sur certains aspects, le film fait parfois réfléchir, avec un sujet qui semble tellement à contre-courant de notre société et propose même quelques scènes d’une grande puissance. Partager
- Critique de DONNIE DARKO – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film DONNIE DARKO . DONNIE DARKO ❤️❤️❤️❤️❤️ Si je devais faire un classement de mes 20 films préférés, ça serait un vrai casse-tête, mais Donnie Darko en ferait clairement parti. Mais force est de constater que le film est finalement peu connu, même si après une sortie ciné très discrète il s’est au fil des années forgé une réputation de film culte. Et comme souvent avec les films cultes, soit on va adorer soit on va détester (Blade runner, Mulholland drive, Fight Club…). Car ce qui est sûr, c’est que le réalisateur ne prend pas son public par la main ou n’offre pas un monologue explicatif débile au spectateur qui aurait oublié son cerveau. On a affaire ici à un film puzzle complexe. Plus l’histoire avance, plus le spectateur va se retrouver face à des faits étranges qui vont s’enchainer, sans savoir où le film va l’emmener, jusqu’à un final bluffant. Et une des grandes forces du film est que, même si plein de scènes aident à recoller les morceaux, au final le spectateur est laissé à son propre jugement pour créer SA propre théorie, ce qui a surement aidé Donnie Darko à gagner son rang de film culte. Car le film peut perdre un spectateur trop rationnel qui chercherait à tout comprendre. En fait, c’est un peu un test de Rorschach ce film, chacun peut y voir ce qu’il souhaite. D’ailleurs, je vous déconseille de regarder la version director’s cut, qui essaie d’apporter un peu plus d’explications, ce qui, à mon goût, gâche un peu le plaisir. C’est un peu comme quand on nous explique un tour de magie, il perd son intérêt. Parce que, c’est ça, Donnie Darko est un vrai tour de magie cinématographique. Tout cela aidé par un des thèmes majeur du film, La folie, apportant un côté décalé à cette oeuvre. Ce film m’a d’ailleurs permis découvrir Jake Gyllenhaal qui depuis est devenu un de mes acteurs préférés. Ce mec est un génie, il est capable de tout jouer avec à chaque fois la même justesse. Un dernier détail, je ne suis pas un grand défenseur de la VOST (je ne vais pas me lancer dans ce débat, car ça serait un peu long…), mais là, la VF est affligeante. On est pas loin de la pub Kinder et ça peut très vite vous faire passer à côté du film. Bref, si vous n’avez jamais vu, je vous conseille de tenter cette expérience et au pire découvrez la BO avec sa version de « Mad World » de Gary Jules, qui est à l’image du film : GRANDIOSE Partager
- Conseil de coach : trouver un scénariste à Yann Gozlan
Découvrez notre critique détaillée du film GOUROU . Conseil de coach : trouver un scénariste à Yann Gozlan GOUROU ❤️❤️💛 Conseil de coach : trouver un scénariste à Yann Gozlan Yann Gozlan retrouve Pierre Niney pour la troisième fois avec GOUROU. Et si j’avais adoré BOITE NOIRE, ces deux films suivants, VISIONS et DALLOWAY ont été de réelles déceptions. J’étais donc à la fois excité et inquiet à l’idée de découvrir ce nouveau projet. Le film suit le coach en développement personnel le plus populaire de France, dont la carrière vacille lorsque le gouvernement décide de créer un diplôme d’État afin d’encadrer une profession aux dérives de plus en plus inquiétantes. Le début est très prometteur. Les séminaires impressionnent par leur mise en scène et le charisme manipulateur du protagoniste, et surtout, le film semble s’orienter vers un thriller politique ambitieux, terrain a priori idéal pour Gozlan. Il faut d’ailleurs lui reconnaître une qualité indéniable : son sens de la tension. On ne s’ennuie jamais, la mise en scène est nerveuse, et les rebondissements s’enchaînent avec une efficacité qui maintient constamment l’attention du spectateur. Gozlan étend ainsi son Niney-verse en confiant à l’acteur un nouveau rôle de Mathieu Vasseur. Un même nom pour trois personnages différents, mais un ADN commun : l’obsession, la quête de contrôle et une descente progressive vers la perte de repères. Pierre Niney impressionne une nouvelle fois par son investissement total. Il compose un personnage à la fois charismatique et profondément toxique, évoquant par moments la performance de Tom Cruise dans MAGNOLIA. Mais malgré cette efficacité formelle, GOUROU se heurte à de sérieux problèmes d’écriture. La promesse du thriller politique s’efface rapidement au profit d’un thriller paranoïaque parfois maladroit. Les twists s’accumulent sans jamais avoir de véritables conséquences, rendant le récit artificiel, voire incohérent. Le film multiplie ainsi les intrigues secondaires sans jamais réellement en refermer les arcs. Enfin, si GOUROU interroge bien les dérives du coaching et de l’influence, il peine à clarifier son propos. Certaines séquences, comme le passage dans un show télévisé ou la scène finale frustrante, laissent planer un flou sur les intentions du réalisateur, donnant le sentiment d’un film qui n’ose jamais aller au bout de ses idées. GOUROU confirme le talent de Gozlan pour maintenir la tension, mais rappelle qu’un suspense maîtrisé ne suffit pas à compenser des failles d’écriture. Partager
- Une fresque historique qui résonne avec notre actualité
Découvrez notre critique détaillée du film LES RAYONS ET LES OMBRES . Une fresque historique qui résonne avec notre actualité LES RAYONS ET LES OMBRES ❤️❤️❤️❤️ Une fresque historique qui résonne avec notre actualité Les Rayons et les Ombres , réalisé par Xavier Giannoli, s’impose comme une œuvre dense et profondément troublante. Au-delà de la simple reconstitution historique, le film explore la zone grise des consciences durant la Collaboration. Il ne sombre jamais dans la caricature : il nous fait comprendre les choix des collaborateurs, leurs peurs et compromis, sans jamais chercher à les excuser. Au centre du récit, le journaliste Jean Luchaire, interprété par Jean Dujardin, se révèle dans toute sa complexité. Humaniste convaincu de pouvoir agir de l’intérieur, il s’engage progressivement dans un engrenage moral qu’il ne maîtrise plus. Cette chute lente et inexorable constitue l’une des grandes réussites du film, qui refuse le spectaculaire pour privilégier une dérive crédible et profondément dérangeante. En miroir, le personnage de sa fille, Corinne Luchaire, s’impose comme le véritable cœur émotionnel du film. Elle incarne une jeune actrice aveuglée par ses ambitions et l’amour pour son père. Il s’en dégage une forme de sincérité et de fragilité qui donne au spectateur un regard extérieur sur le monde qui l’entoure. Dans ce rôle, Nastya Golubeva Carax impressionne, notamment lors d’une scène de casting qui est d’autant plus forte qu’elle fonctionne aussi à un second niveau : pour nous, spectateurs, c’est une révélation. Le film donne une grande place aux modalités citadines de la Collaboration : les fêtes somptueuses, les grands repas et les soirées élégantes composent un univers clos, presque irréel, où le luxe et la convivialité dominent. Un focus loin d’être anodin et qui contraste violemment avec le sort du reste du pays : la famine, la guerre, les déportations restent invisibilisées à l’écran. Cette mise en scène crée un effet de malaise chez le spectateur, pleinement conscient de la grande histoire que les personnages semblent choisir d’ignorer, soulignant leur aveuglement volontaire et leur détachement moral. Le motif de la tuberculose renforce cette lecture. Bien plus qu’un simple élément narratif, la maladie devient métaphore de la contamination morale : invisible au départ, elle progresse lentement, gangrène corps et consciences, et rend toute guérison impossible. Dans la continuité de Illusions perdues , Giannoli poursuit sa réflexion sur l’influence des médias. Presse et cinéma deviennent des instruments capables non seulement de convaincre, mais surtout de modeler les esprits et de normaliser l’inacceptable. Le film montre comment une idéologie peut s’installer insidieusement, par la répétition, la manipulation et l’adhésion progressive. Cette mécanique confère au film une résonance contemporaine troublante. En exposant les rouages de la banalisation et de la montée des extrémismes, Les Rayons et les Ombres agit comme un miroir de notre époque. Mais là où ses personnages pouvaient se réfugier derrière l’excuse « nous ne savions pas », le spectateur moderne est confronté à sa propre responsabilité : l’information est là, les signaux sont visibles, et l’histoire nous a déjà montré ce qui peut arriver. Exigeant et parfois austère, Les Rayons et les Ombres n’est pas un film qui cherche à séduire facilement. Mais c’est précisément dans cette radicalité qu’il puise sa force. Plus qu’un récit historique, il propose une réflexion glaçante sur la fragilité morale, sur la manière dont certains choisissent d’ignorer la réalité du monde, et sur la facilité avec laquelle l’histoire peut se répéter... Partager
- Quand la famille devient miroir du cinéma
Découvrez notre critique détaillée du film VALEUR SENTIMENTALE . Quand la famille devient miroir du cinéma VALEUR SENTIMENTALE ❤️❤️❤️💛 Quand la famille devient miroir du cinéma À la mort de leur mère, Agnes et Nora voient réapparaître leur père, réalisateur de renom, longtemps absent. Ce dernier veut tourner son nouveau film dans la maison familiale et propose à Nora d’en tenir le rôle principal. Quatre ans après JULIE (EN 12 CHAPITRES), que j’avais particulièrement aimé, j’attendais beaucoup de ce nouveau film de Joachim Trier. Ici, nous sommes dans un récit familial où le réalisateur explore les blessures intimes d’une famille, les secrets enfouis et les non-dits, dans une mise en abyme où le cinéma devient miroir des vies et des traumatismes de ses personnages. Le réalisateur confirme son immense talent de direction d'acteurs. Renate Reinsve est une nouvelle fois magistrale, offrant une sensibilité bouleversante à cette actrice rongée par le doute. Stellan Skarsgård impressionne également, livrant peut-être son plus grand rôle, incarnant un personnage complexe, à la fois détestable et attachant. Mais la révélation du film est certainement Inga Ibsdotter Lilleaas, pour la puissance émotionnelle qu'elle dégage. Les rapports entre les personnages fonctionnent à merveille et souligne toute la complexité des liens familiaux. Trier ne cherche jamais à forcer l’émotion, privilégiant la pudeur et la subtilité des dialogues pour exprimer les sentiments humains. Et puis il y a la maison familiale. Plus qu’un décor, elle devient un personnage à part entière et la narratrice du récit, témoin des vies et des générations. Des moments qui offrent certaines des plus belles idées de mise en scène. Pour autant, si l’ensemble m’a profondément touché, je n’ai pas retrouvé l’intensité émotionnelle de JULIE (EN 12 CHAPITRES). Peut-être à cause de la thématique, qui a eu moins d’impact sur moi, ou d’une fin que j’ai anticipée malgré sa beauté formelle. Mais le film continue de résonner en moi, preuve qu’il a atteint quelque chose de fort. Au final, VALEUR SENTIMENTALE est sans doute le film qui m’aura le plus marqué cet été. Il confirme que Joachim Trier est l’un des cinéastes les plus sensibles et inspirés de sa génération, et me donne envie d’explorer encore davantage son œuvre. Partager
- Une pépite de science-fiction française aussi ambitieuse que brillante.
Découvrez notre critique détaillée du film MARS EXPRESS . Une pépite de science-fiction française aussi ambitieuse que brillante. MARS EXPRESS ❤️❤️❤️❤️💛 Une pépite de science-fiction française aussi ambitieuse que brillante. Voici ce qui sera incontestablement une de mes plus belles surprises de 2023. Le genre de film dont tu entends parler au dernier moment et qui pourtant laissera une marque indélébile dans ta cinéphilie. Car même s’il ne rencontrera clairement pas le succès qu’il mérite, je n’ai aucun doute sur le fait que l’avenir en fera immanquablement une œuvre culte… Donc, on a affaire à un animé de science-fiction français… Je vous le concède, sur le papier ça peut faire peur, et pourtant, dans les deux domaines, le film frôle la perfection. Alors, oui, il n’a pas le budget d’une grosse production, et même si le film a dû faire des compromis, que ce soit sur sa durée (1h20) ou une animation un poil saccadée, le moindre euro a été rentabilisé. Visuellement, l’univers proposé est extrêmement généreux, avec une direction artistique qui laisse admiratif. Il y a un énorme travail sur les décors ou sur la variété des robots qu’il propose. On est captivé par toutes les idées visuelles ou les différentes technologies, sans jamais tomber dans la sur-explication et pourtant tout semble limpide pour le spectateur qui est immergé dans un univers à la fois cohérent et passionnant à découvrir. De même, il y a peu de scène d’action, mais elles sont maitrisées de main de maître et offrent quelques moments de bravoure impressionnants. Et le tout est accompagné par une superbe partition musicale et sonore qui parfait l’ensemble. Mais, même si l’expérience visuelle est de grande envergure, le film brille surtout par son écriture… Pourtant, avec un univers cyberpunk où l’humanité cohabite avec des androïdes, on aurait facilement pu tomber dans le classique « Les robots sont-ils doués d’humanité », sauf qu’ici c’est un fait établi d’entrée de jeu et le propos du film va bien plus loin… mais je ne rentrerai pas dans les détails, vous invitant plutôt à découvrir ce petit bijou de S-F… Alors oui, c’est extrêmement référencé (on pense à Blade Runner, Ghost in the shell, Terminator, Robocop…), mais ça ne tombe jamais dans le fan-service ou le plagia, et surtout le film réussit à avoir sa propre identité. Mais surtout, il ne prend pas ses spectateurs pour des débiles, il malgré une intrigue dense, ça ne part pas dans de longues explications, et pourtant on n’est jamais perdu, que ce soit sur la compréhension de l’univers ou du développement des personnages. Le film a conscience de sa faible durée et va continuellement à l’essentiel, avec un rythme exemplaire. Il se paye même le luxe de réussir à être parfois touchant ou très drôle. Bref, voici une petite pépite, mature et intelligente qui aura pour rare défaut que j’en aurait voulu tellement plus, tellement l’univers proposé m’aura fasciné… Partager
- Une déclaration d’amour à la famille et à la mémoire de l’enfance.
Découvrez notre critique détaillée du film JUSTE UNE ILLUSION . Une déclaration d’amour à la famille et à la mémoire de l’enfance. JUSTE UNE ILLUSION ❤️❤️❤️❤️💛 Une déclaration d’amour à la famille et à la mémoire de l’enfance. Avec Juste une illusion , Olivier Nakache et Éric Toledano signent leur film le plus intime. Puisant dans leurs souvenirs, ils mêlent leurs enfances pour offrir un récit universel et profondément humain. Derrière la reconstitution des années 80, se dessine avant tout une déclaration d’amour à la famille, et plus particulièrement à la figure maternelle, véritable cœur émotionnel du film. Cette dimension intime irrigue chaque scène, portée par un casting remarquable. Camille Cottin y est tout simplement fabuleuse, incarnant une mère à la fois aimante, imparfaite, avec une justesse de tous les instants. Face à elle, Louis Garrel surprend à contre-emploi, dévoilant un sens du timing comique particulièrement efficace. Mais les véritables révélations restent les trois jeunes comédiens, d’une spontanéité et d’une sincérité désarmantes. Cette réussite tient aussi au talent indéniable du duo pour la direction d’acteurs. Tous semblent évoluer avec une liberté totale, donnant au film une impression de naturel presque troublante. Une fluidité renforcée par une écriture d’une grande précision : les dialogues, simples et justes, captent avec finesse les maladresses du quotidien, laissant autant de place aux silences qu’aux mots. Au-delà de l’intime, le film fonctionne comme une photographie des années 80, entre objets, musique, pop culture et contexte politique discret, recréant l’époque sans jamais tomber dans la nostalgie facile. Les clins d’œil cinématographiques et musicaux participent à l’immersion et traduisent comment cette génération s’est construite à travers les images et les chansons. Nakache et Toledano réussissent un mélange particulièrement subtil entre humour et émotion. Et c’est dans cet équilibre constant que le film trouve toute sa force. Les scènes comiques, souvent hilarantes et jubilatoires, naissent de situations du quotidien et de la justesse des personnages, tandis que les moments plus émouvants s’imposent avec pudeur, sans jamais forcer le trait. Le rire et l’émotion cohabitent ainsi avec une fluidité remarquable, se renforçant mutuellement. Mais là où le film touche encore plus profondément, c’est dans sa capacité à dépasser son cadre temporel. Au-delà des années 80, Juste une illusion parle avant tout du passage à l’âge adulte : des rêves que l’on se construit, des modèles que l’on idéalise, et du moment où la réalité vient doucement les fissurer. En ce sens, le film devient profondément universel. Peu importe que l’on ait connu ou non cette époque : chacun peut se reconnaître dans ces instants de bascule, ces désillusions, ces premières prises de conscience. Au final, Juste une illusion touche par sa sincérité et sa justesse. À la fois chronique intime, fresque générationnelle et récit d’apprentissage, cette comédie populaire à tout pour devenir culte. Le duo signe peut-être même leur meilleur film. Une œuvre chaleureuse, extrêmement drôle et profondément humaine, confirmant leur talent pour raconter l’intime avec une portée universelle. Partager
- Critique de ABOUT KIM SOHEE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film ABOUT KIM SOHEE . ABOUT KIM SOHEE ❤️❤️❤️❤️ Ce film Coréen est basé sur un fait divers qui a bouleversé le pays et qui pour le coup m’a mis une jolie petite baffe… On y suit donc Kim Sohee, une étudiante, passionnée de danse, au caractère bien trempé et qui, en intégrant un stage, se verra pourtant broyée par un système ultra-libéral. Le film dresse un portrait glaçant de la société Coréenne où les libertés individuelles sont écrasées par l’aliénation au travail à laquelle sont soumis les citoyens. Que ce soit, dans le monde du travail, dans le milieu scolaire, la famille, c’est assez sidérant de voir la façon dont ils sont continuellement confrontés à un culte de la performance, à la compétition, et à la comparaison aux autres… Mais si le film est aussi fort, c’est surtout grâce à son écriture, qui nous offre presque deux films en un, avec deux point de vues différents, mais complémentaires, et rendant le message du film encore plus puissant. On passera ainsi, d’un drame social et d’un portrait humain, à un polar tout aussi passionnant. Par contre, on peut se questionner sur le nom du film pour les salles françaises : son titre original NEXT SOHEE prend tellement plus de sens… Ici, il n’y a aucune fioriture, et pourtant on sombre en même temps que l’héroïne. C’est d’une justesse et d’une subtilité qui impressionne. La mise en scène est très sobre, avec notamment très peu de passages musicaux mais qui viennent savamment souligner les propos du film. Un film sociétal implacable et qui laisse sans voix lors d’un dernier plan extrêmement fort de sens. Partager
- Vous ne le connaissez pas encore. Mais vous lui direz merci !
Découvrez notre critique détaillée du film LIFE OF CHUCK . Vous ne le connaissez pas encore. Mais vous lui direz merci ! LIFE OF CHUCK ❤️❤️❤️❤️💛 Vous ne le connaissez pas encore. Mais vous lui direz merci ! Comme beaucoup, j’ai découvert Mike Flanagan avec sa mini-série THE HAUNTING OF HILL HOUSE : un chef-d’œuvre mêlant film de fantômes et drame familial bouleversant. Il semblait donc logique qu’il se tourne un jour vers Stephen King, maître incontesté du mélange entre fantastique et émotion brute. Après les inégaux JESSIE et DOCTOR SLEEP, Flanagan frôle cette fois la perfection avec LIFE OF CHUCK. Le film s’ouvre dans un futur proche : internet a disparu, un effondrement écologique est en cours, et partout fleurit une étrange campagne publicitaire affichant : « 39 grandes années ! Merci Chuck ! » Impossible d’en dire plus car LIFE OF CHUCK est une expérience rare qu’il faut découvrir par soi-même. Ce film est un véritable puzzle narratif inversé. Le récit est construit à rebours et se déploie en trois chapitres. Le premier, étourdissant, commence… par la fin. Flanagan réussit à y déployer une vague émotionnelle d’une intensité folle en un temps record. Tout comme le reste du film, ça vient chercher des choses au plus profond de nous, tant le sujet est universel. On se surprend à se questionner sur le sens de notre vie, nos regrets et nos priorités avec une mélancolie qui traverse l’écran. Ne serait-ce que cette réflexion sur le calendrier cosmique qui laisse sans voix. Chaque acte enrichit le précédent. Le puzzle prend forme, et lorsqu’arrive le générique final, on n’a qu’une envie : recommencer le voyage. Ce film ne se regarde pas, il se ressent, il s’installe en nous. Flanagan joue avec les genres avec une aisance déconcertante. D’un drame intime à une séquence de danse digne de LA LA LAND , en passant par des touches de fantastique à la Stephen King. Tout est fluide, cohérent, et on se laisse emporter. Le film prend aussi des airs de film choral, tant les visages et les ambiances évoluent d’un acte à l’autre. On retrouve les habitués du réalisateur (Kate Siegel, Annalise Basso, Samantha Sloyan…) auxquels s’ajoutent des nouveaux visages, Tom Hiddleston en tête, qui livre peut-être ici le plus beau rôle de sa carrière. Et comment ne pas citer un Mark Hamill méconnaissable et bouleversant dans le rôle du grand-père protecteur et alcoolique. Même si son thème central peut sembler sombre, LIFE OF CHUCK n’est jamais pesant. Il est imprégné d’une légèreté lumineuse (certains parleront surement de naïveté) qui lui permet de développer une force introspective sur le spectateur. Flanagan touche le merveilleux du doigt, livrant une œuvre profondément humaine, presque métaphysique, et pourtant accessible. C’est une véritable ode à la vie, un film qui reste en nous, va murir avec le temps et pourrait bien devenir culte au fil des années. Partager
- Critique de THE WHALE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film THE WHALE . THE WHALE ❤️❤️❤️ Après six ans d’absence, Darren Aronofsky signe son retour et surtout celui de celui de Brendan Fraser en lui offrant un immense rôle, où il incarne un homme souffrant d’une obésité morbide, qui cherche à renouer le contact avec sa fille. Le film est l’adaptation d’une pièce de théâtre, et ça se ressent un peu avec ces longs dialogues et dont les personnages rentrent et sortent du cadre. De même, le fait qu’il ne soit pas écrit par le réalisateur, on perd un peu la patte du cinéaste (mis à part peut-être dans le dernier tiers). Alors même si c’est loin d’être mauvais (c’est même un mélo plutôt efficace), j’aurais aimé retrouver un peu plus ce qui me fait vibrer dans son cinéma. La mise est scène de ce huit clos est assez classique, mais il arrive tout de même à y installer une sensation d’oppression et de malaise, en jouant avec les décors, les sons et les cadres. La quasi-totalité du film se déroulant dans le salon, le format 4/3 amplifie le sentiment d’enfermement ressenti par le héros. Mais si le film est moins impressionnant que ce à quoi nous a habitué Aronofsky, ça lui permet de se concentrer sur la grande qualité du film : son jeu d’acteur. La prestation de Brendan est bouleversante, mais il est aidé par le reste du casting d’une justesse impressionnante. La relation père-fille qui s’installe entre les deux est très forte et aborde des thèmes assez durs. Mais là encore, globalement ça fonctionne très bien, il faut tout de même avouer que certains moments d’émotions manquent de finesse, à l’image du « BOULEVERSANT » sur l’affiche qui est écrit plus gros que le nom du film… Partager
- Une comédie qui fait mouche, et touche en plein cœur.
Découvrez notre critique détaillée du film NOUS, LES LEROY . Une comédie qui fait mouche, et touche en plein cœur. NOUS, LES LEROY ❤️❤️❤️❤️ Une comédie qui fait mouche, et touche en plein cœur. La comédie douce-amère est un genre que j’apprécie particulièrement, aussi bien au théâtre qu’au cinéma, mais il est rare de réussir à trouver le parfait équilibre entre comédie et drame. Et pour son premier film, Florent Bernard n'est pas loin de transformer son coup d’essai en coup de maitre. Le film a pour principal atout une écriture millimétrée. On rit beaucoup, grâce des dialogues d’une efficacité redoutable, aidé par un casting aux petits oignons. Le moindre second rôle est un pur délice. Que ce soit le dessinateur arrogant, le serveur lourdingue, ou le gendarme compatissant, c’est un vrai bonheur de voir des acteurs aussi investis pour nous faire rire, et ça fonctionne. Alors, oui, le film a par moment des allures de film à sketches, mais on lui pardonne volontiers vue le plaisir qu’il nous procure. Mais plus que de réussir à nous faire rire, le film arrive particulièrement à nous toucher, en abordant des thèmes comme le couple, le temps qui passe ou la famille. Le spectateur se retrouve forcément, à un moment ou un autre, concerné par les aventures de cette famille, avec certaines situations qui résonneront forcément. D’autant plus qu’il fait ça sans jamais forcer le trait et surtout grâce à un duo d’acteur qui sont au sommet de leur art. Ça faisait longtemps qu’on ne les avait pas vu livrer une aussi belle prestation. Une Charlotte Gainsbourg sur le fil et d’une justesse incroyable et un José Garcia, à contre-emploi du rôle de pitre, qui lui va souvent très bien, et auquel il nous a souvent habitué. Même les ados, ne sont pas de simple faire valoir et ont vraiment quelque chose à apporter au récit. Alors, oui, la mise en scène est assez classique, même si le film propose une ouverture qui a elle seule vaut le détour, mais le film réussit à nous faire vivre une valse d’émotions qui en font une excellente surprise de ce début d’année. Partager













