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  • Un film coup de poing sur l’inhumanité aux frontières de l’Europe.

    Découvrez notre critique du film GREEN BORDER . Un film coup de poing sur l’inhumanité aux frontières de l’Europe. GREEN BORDER ❤️❤️❤️❤️ Un film coup de poing sur l’inhumanité aux frontières de l’Europe. Agnieszka Holland signe un film coup de poing, avec une fiction très documentée sur les Migrants cherchant à venir en Europe. L'intrigue se place en 2021, avant la construction du mur séparant la Pologne et la Biélorussie. On y suit une famille Syrienne qui cherche à se rendre en Suède et qui va être confrontée à la tyrannie des gardes-frontières des deux pays qui ne vont cesser de les renvoyer dans le pays voisin, en les jetant comme un simple ballon de part et d’autre des barbelés… La première partie du film est d'ailleurs assez immersive et surtout très éprouvante, en montrant l'être humain dans ce qu'il a de pire, privant les réfugiés de toute dignité et leurs faisant subir les pires sévices, aussi bien physique que moral. D'autant plus qu'il est filmé dans un noir et blanc donnant un côté funéraire et surtout intemporel à l'œuvre. Mais, le film ne tombe pas pour autant dans le misérabilisme et on a affaire à un film chorale qui va multiplier les points de vue, permettant au spectateur de garder une certaine distance. On suivra ainsi cette famille, mais aussi un garde-frontière, un groupe d'activiste, ainsi qu'une citoyenne polonaise qui se retrouvera embarquée dans cette tragédie. Avec son film Holland dénonce un système extrémiste qui a fait de ces migrants des "balles vivantes" et la propagande militaire qui fait qu'ils sont déshumanisés et pointés comme le mal absolu. Elle nous livre un film d'une profonde justesse, même si on peut regretter que le seul garde-frontière traité avec certaine nuance soit le protagoniste sur lequel elle s'attarde. On est continuellement révolté par ce qui se passe sous nos yeux et elle nous rappelle à quel point, la principale raison pour laquelle nous sommes libre, c’est que nous avons eu la chance d'être nés du bon côté de la mappemonde, mais que cette liberté ne doit pas nous faire pour autant oublier les valeurs humaines… Partager

  • Un thriller abyssal à perte de souffle.

    Découvrez notre critique du film LOS TIGRES . Un thriller abyssal à perte de souffle. LOS TIGRES ❤️❤️❤️ Un thriller abyssal à perte de souffle. Dans ce thriller espagnol, Alberto Rodríguez nous plonge dans l’univers méconnu et périlleux des scaphandriers industriels. Le film suit Antonio et Estrella, frère et sœur, confrontés à des choix moraux après la découverte d’une cargaison de cocaïne dissimulée dans un cargo. Visuellement saisissant, LOS TIGRES parvient à capturer avec justesse la tension et le danger inhérents à ce métier extrême. Ayant moi-même pratiqué la plongée pendant plusieurs années, j’étais particulièrement curieux de découvrir un film abordant un sujet aussi rarement traité au cinéma. Les scènes sous-marines sont particulièrement maitrisées et d’un réalisme impressionnant. Elles installent une tension constante et offrent une véritable expérience sensorielle immersive, au point de nous faire retenir notre souffle. Antonio de la Torre et Bárbara Lennie incarnent leurs personnages avec une grande justesse, les rendant à la fois attachants et profondément crédibles. Ensemble, ils dressent le portrait de deux êtres marqués par l’ombre de leur père et les traumatismes de l’enfance. Le film aborde également la précarité et la solidarité familiale, lui conférant une dimension sociale qui dépasse le simple cadre du thriller. Si LOS TIGRES séduit par son atmosphère immersive et son souci du réalisme, son rythme peut toutefois sembler inégal. Le premier tiers du film prend son temps pour installer les enjeux, parfois au détriment de la dynamique narrative. De même, le climax, même s’il reste efficace et extrêmement tendu, paraît quelque peu expédié : j’aurai justement aimé voir la tension autour du trafic de drogue davantage développée. LOS TIGRES reste tout de même un thriller visuellement impressionnant, doublé d’un drame intimiste, qui privilégie l’ambiance et le réalisme aux coups de théâtre spectaculaires. Partager

  • Un buddy movie de plus… jusqu’à ce que la mise en scène fasse la différence.

    Découvrez notre critique du film MAYDAY . Un buddy movie de plus… jusqu’à ce que la mise en scène fasse la différence. MAYDAY ❤️❤️❤️ Un buddy movie de plus… jusqu’à ce que la mise en scène fasse la différence. À première vue, Mayday a tout du buddy movie de plateforme formaté , comme il en sort à la chaîne, au point de faire craindre un nouveau film aussitôt vu qu’oublié. Et le fait que Ryan Raynolds soit au casting ne me rassurait pas. Je dois aussi avouer que je ne suis loin d’être un grand fan de l’acteur, surtout quand il fait du “Ryan Reynolds”. Et ici, c’est malheureusement exactement le cas : son registre habituel, fait de petites vannes et de sarcasmes, revient en boucle , avec des blagues parfois un peu lourdes qui font sa réputation. Le film ne brille pas davantage par son écriture. L’intrigue empile les clichés, les facilités et les incohérences, sans jamais chercher à surprendre ni à approfondir ses enjeux . Certes, Mayday revendique un héritage assumé des années 80-90, que ce soit dans son ton ou sa construction, mais l’ensemble paraît souvent balisé, voire paresseux. Et pourtant, contre toute attente, le film parvient à fonctionner comme un divertissement honnête. Même en étant peu sensible à l’humour de Reynolds, difficile de nier l’efficacité du duo qu’il forme avec Kenneth Branagh. Ce dernier, à contre-emploi, apporte une énergie décalée qui dynamise l’ensemble et lui permet même, à plusieurs reprises, de voler la vedette. Mais le véritable atout de Mayday , c’est clairement sa mise en scène. Jonathan Goldstein et John Francis Daley confirment le talent déjà aperçu avec le très sympathique Donjons & Dragons . Les scènes d’action sont extrêmement maîtrisées, lisibles et particulièrement bien chorégraphiées , ce qui devient presque rare dans ce type de production. Elles sont souvent inventives et franchement jouissives, avec en point d’orgue une scène de baston dans un bar particulièrement bluffante. Le film doit aussi beaucoup au timing comique du duo de réalisateurs, souvent très efficace, qui parvient à donner du rythme et une vraie dynamique aux situations , y compris lorsque l’écriture faiblit. Malgré des répliques parfois lourdes, plusieurs passages font mouche, notamment une scène de placard particulièrement réussie. Le film repose également sur un duo de personnages assez classique mais efficace , véritable colonne vertébrale du récit. En revanche, les personnages secondaires peinent à exister. Souvent cantonnés à des fonctions narratives, ils manquent d’épaisseur, à l’image du personnage de la fille, davantage utilisé comme ressort scénaristique que véritablement développé. Au final, Mayday ne marquera sans doute pas durablement les esprits, mais il remplit son contrat : celui d’un divertissement efficace, rythmé et globalement plaisant , qui compense ses faiblesses par une mise en scène solide et un sens du spectacle indéniable. Partager

  • LES CHATOUILLES : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film LES CHATOUILLES . LES CHATOUILLES ❤️❤️❤️❤️ Alors, forcément, vu le sujet lourd et tabou, je m’attendais à me prendre une bonne baffe. Et, oui, « uppercut dans ma face » il y a bien eu, et le premier quart d’heure du film, ta situation de spectateur impuissant te donne un peu l’envie de te lever et traverser l’écran pour tout casser. Mais, là où j’arrête tout de suite les plus sceptiques qui diraient des choses du genre « Non, mais t’as vu le sujet du film, il y a bien assez de misère dans le monde pour aller voir ça au cinéma »… Parce que là, Andréa et son compagnon réussissent un tour de force, c’est avec leurs mise en scène «déconstruite » pleine d’énergie, nous faisant voyager entre réalité, récit et rêve, en réussissant à y apporter à mon grand étonnement beaucoup de poésie par moment et encore plus fou à nous faire rire. Cet aspect comique, et parfois décalé, permet au spectateur de reprendre un peu son souffle et de prendre un peu de distance, sans jamais rendre la situation plus acceptable (un peu comme cette héroïne qui cherche à se réconcilier avec son passé). A l’image de ce que j’ai pu entendre du spectacle, la danse est extrêmement présente dans le film et offre des tableaux qui sont un concentré d’émotion brute Et au niveau des acteurs, évidement Andréa perce l’écran, mais que dire de la prestation sidérante de Karin Viard dans son rôle de mère exécrable. Ce film est une leçon de vie et de résilience, poignant sans jamais être dans le tire larmes et rien que pour ça il mérite d’être vu. Mon seul regret, être allé le voir seul, car forcément, tu en ressors chamboulé, mais aussi plein d’espoir avec une folle envie d’en discuter. Alors merci Andréa Bescond pour ce GRAND moment de cinéma. Partager

  • Rien ne peut vous préparer à ce que vous allez voir…

    Découvrez notre critique du film DIGGER . Rien ne peut vous préparer à ce que vous allez voir… DIGGER ❤️❤️❤️❤️❤️ Rien ne peut vous préparer à ce que vous allez voir… Je dois bien l’avouer : je ne savais absolument rien de Digger en entrant dans la salle . Le simple fait d’avoir affaire à un film d’Iñárritu me suffisait. Et puis il y avait aussi cette curiosité : voir Tom Cruise revenir vers un cinéma d’auteur, après des années à enchaîner les blockbusters, avait forcément quelque chose d’intriguant. Mais clairement, je m’attendais à tout… sauf à ça . Pendant une bonne demi-heure, je me suis même demandé ce que j’étais en train de regarder… et, soyons honnête, ce que je faisais là. Le film semble d’abord partir dans une direction assez grotesque, presque caricaturale, comme une satire poussée à l’extrême. Et puis, sans prévenir, il bifurque. Radicalement. Vers quelque chose que je n’aborderai évidemment pas ici . Parce que oui, c’est là toute la difficulté : parler de Digger sans évoquer ce fameux basculement relève presque de l’exercice d’équilibriste. Et pourtant, le dévoiler serait un véritable sacrilège tant le film repose en grande partie sur cet élément. Disons simplement que ce qui ressemblait à une farce déjantée finit par révéler une profondeur insoupçonnée , multipliant les niveaux de lecture. Iñárritu livre ici une œuvre profondément clivante . Le genre de film qui divisera inévitablement le public. On retrouve ce ton satirique qui évoque autant Docteur Folamour que Don’t Look Up , avec une critique évidente du pouvoir, du capitalisme et de l’ego, le tout traversé par un discours écologique appuyé. Mais le film ne s’arrête pas là. Il aborde aussi des thèmes plus inattendus, allant jusqu’à nous tendre un miroir dont le reflet devient parfois franchement inconfortable. Et difficile de ne pas voir, en filigrane, des parallèles avec l’actualité . Certains personnages évoquent assez clairement des personnalités comme Trump ou Musk, et ce n’est évidemment pas anodin. Le film joue avec ces références sans jamais les nommer frontalement, renforçant encore son ancrage dans notre époque. Et comme souvent avec Iñárritu, tout est dans la démesure. Si son style peut déjà rebuter certains, Digger ne fera qu’accentuer le phénomène. Il signe ici une œuvre hors norme, où absolument tout est poussé à l’extrême : mise en scène, jeu, rythme, intentions. Visuellement, c’est un tour de force permanent. Chaque plan semble pensé comme une idée à part entière. Les focales déformantes altèrent sans cesse la perception, le travail sur le son et la musique installe un vertige continu, les décors impressionnent… On est littéralement submergé. Mais cette hystérie visuelle et sonore, totalement assumée, pourra aussi épuiser . Iñárritu continue également d’exprimer son goût des plans-séquences, avec notamment une scène d’assemblée absolument hallucinante , qui restera sans doute comme l’un des grands moments de cinéma de l’année, autant pour sa mise en scène que pour la performance de Tom Cruise. Car oui, il faut en parler. À force de le voir courir sur des toits ou s’accrocher à des avions, on en aurait presque oublié que Tom Cruise est avant tout un immense acteur . Digger vient le rappeler avec une évidence presque insolente. Il trouve ici un rôle à contre-emploi total, et livre une performance qui pourrait bien rester comme l’une des plus marquantes de sa carrière, quelque part entre l’intensité de Magnolia et une folie totalement nouvelle. Et quand on sait qu’Iñárritu avait offert son premier Oscar à Leonardo DiCaprio, difficile de ne pas se dire qu’il pourrait bien récidiver. Mais Tom Cruise n’est pas seul. John Goodman impressionne tout autant et apporte une véritable respiration au film : il est tout simplement hilarant, souvent irrésistible, et désamorce certaines tensions par un sens du timing comique absolument parfait, sans jamais casser l’équilibre de l’ensemble. Riz Ahmed, lui, occupe une place essentielle dans le dispositif . Sa retenue et sa tension intérieure contrastent avec le chaos environnant. Là où beaucoup de personnages sont happés par la démesure du film, il devient l’un des rares personnages auxquels le spectateur peut réellement s’identifier. Au final, Digger n’est pas un film confortable. C’est une expérience . Une œuvre ambitieuse, excessive, parfois déroutante, souvent brillante, qui pourra autant fasciner qu’agacer. Il pourrait bien suivre le destin de ces films d’abord incompris, parfois rejetés à leur sortie, avant d’être réévalués avec le temps. Ceux qui divisent, qui dérangent, qui déstabilisent… mais qui finissent par s’imposer. Le genre d’œuvre que l’on redécouvre, que l’on défend, jusqu’à ce qu’elle devienne culte . Et peut-être, tout simplement, reconnue pour ce qu’elle est réellement : un véritable chef-d’œuvre. Partager

  • Where is my mind ?

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle ALTER EGO(S) Where is my mind ? ALTER EGO(S) ❤️❤️❤️❤️ Where is my mind ? Stanley est un ado souffrant de trouble dissociatif de la personnalité. Un soir de 1970, il ouvre la fenêtre et saute... Alors qu'il pensait être mort, il se réveille menoté, face au Dr Willbur, en charge de son expertise psychologique. Il découvrira alors qu'il est le principal suspect dans une sombre affaire d'agression sexuelle... Un seul corps pour 24 identités. Le projet était casse gueule et pourtant Cédric Chapuis transforme ça en véritable prouesse. On ne peut être qu'impressionné par la facilité déconcertante avec laquelle il incarne les différentes personnalités, son visage allant même jusqu'à se transformer sous nos yeux. Au fil des changements de personnalité, le spectateur a des sentiments contradictoires envers Stanley, qui passe régulièrement de victime à coupable. Les émotions ressenties par le spectateur passeront ainsi continuellement de l'empathie au doute, autant que du rire à la peur. L'intrigue est construite comme un thriller. Au fur et à mesure, une relation de confiance s'installe entre le Dr Willbur et son patient. Elle reussira à ouvrir une à une les serrures du cerveau de l'adolescent, dévoilant chaque fois une nouvelle personnalité, qui aura une place essensielle dans la façon dont le cerveau de l'adolescent s'est construit une armure face au monde qui l'entoure. Chaque découverte apportera une nouvelle pièce au puzzle pour comprendre ce qu'il se passe dans la tête de Stanley, rendant l'histoire passionnante. Un supens millimétré s'installe ainsi jusqu'à un dénouement d'une efficacité redoutable. Décidément, après le fabuleux UNE VIE SUR MESURE , Cédric Chapuis prouve une nouvelle fois son talent d'écriture. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • LA GRANDE MUSIQUE critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA GRANDE MUSIQUE LA GRANDE MUSIQUE ❤️❤️❤️ Cette pièce nous parle des secrets de famille qu'on voudrait voir enterrés à jamais et qui pourtant viennent hanter les générations futur. Elle nous parle de psychogénealogie, théorie selon laquelle les traumas d'une famille se répètent au fil des générations. C'est ainsi qu'Esther décide d'enquêter sur son lourd passé familial. La pièce va ainsi nous faire voyager au travers de différents lieux et époques, pour assembler les pièces de ce puzzle familial. Certes, ces aller-retours incessants peuvent parfois perdre le spectateur, mais au final le talent des acteurs l'emporte. On notera l'interprétation saisissante de Hélène Degy, habitée par ses personnages. Malgré un sujet lourd, on rit beaucoup. De plus une certaine poésie survole l'ensemble, aidé par un subtile travail sur les lumières. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Un film qui évite les clichés de l’alcoolisme… au risque d’en devenir trop sage.

    Découvrez notre critique du film GARANCE . Un film qui évite les clichés de l’alcoolisme… au risque d’en devenir trop sage. GARANCE ❤️❤️💛 Un film qui évite les clichés de l’alcoolisme… au risque d’en devenir trop sage. Après Pupille et Je verrai toujours vos visages , Jeanne Herry choisit de s’attaquer une nouvelle fois à un sujet de société fort : ici, l’alcoolisme. Le film suit donc Garance de manière presque immersive, en se focalisant constamment sur son point de vue . À aucun moment, le récit ne bascule du côté de son entourage. Jeanne Herry fait le choix radical de ne jamais s’éloigner de son personnage principal, présent dans quasiment chaque plan. Autre parti pris tout aussi fort : ne jamais montrer frontalement les moments de perte de contrôle . Le film évite soigneusement les scènes attendues de crises de dérapage spectaculaire ou de chute brutale. Pas de scènes de vomissements, d’effondrement ou autre humiliation publique : tout reste hors champ . Là encore, ce n’est pas anodin, puisque cela nous place dans la position de Garance, qui découvre les conséquences de ses dérapages sans sembler en garder le souvenir. Le film ne s’attarde pas non plus sur les raisons profondes de son alcoolisme, préférant rester à distance de toute explication psychologique trop appuyée. Pour autant, il n’en minimise pas les conséquences . Au fil des années, l’alcoolisme de Garance s’installe progressivement et vient lentement ravager son quotidien, que ce soit dans ses relations personnelles ou dans le monde du travail. Le film ne tombe jamais dans le pathos, gardant une retenue constante, même dans ses moments les plus difficiles. S’il faut reconnaître une qualité à Jeanne Herry, c’est sans doute la justesse de ses dialogues, mais surtout son incroyable direction d’acteurs . Adèle Exarchopoulos impose ici un magnétisme rare : omniprésente à l’écran, elle livre un jeu à la fois puissant et profondément crédible, sans jamais forcer. Elle confirme, une fois de plus, qu’elle est l’une des actrices françaises les plus marquantes de sa génération. Sa relation avec le personnage de Sara Giraudeau fonctionne également très bien, avec une justesse qui évite tout jugement ou caricature. Cependant, à force de ne jamais montrer frontalement les ravages de l’alcool, le film donne parfois le sentiment de survoler son sujet, voire de l’édulcorer. Cette limite devient plus flagrante dans un dernier acte expédié, qui affaiblit la crédibilité du final. Malgré un regard globalement réparateur et bienveillant, la conclusion laisse une impression de facilité, celle d’un film finalement trop sage , qui n'ose pas assez et m'aura laissé un sentiment de frustration... Partager

  • LA FIANCÉE DU POÈTE : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film LA FIANCÉE DU POÈTE . LA FIANCÉE DU POÈTE ❤️❤️❤️💛 Mireille, notre fiancée du poète, est de retour à Charleville-Mézières où elle s’établie dans la maison familiale. Afin d’entretenir la demeure, elle décide de prendre trois locataires dont la rencontre va chambouler leurs vies. Yolande Moreau est une actrice que j’affectionne particulièrement pour son côté tendre et loufoque, et elle propose ici un film qui lui ressemble. Elle nous offre ici une fable fantasque à son image, dont le décalage pourra peut-être en laisser sur le bas-côté, mais si comme moi vous acceptez son invitation à rentrer dans son univers, ça fait un bien fou… Il y a un côté film choral porté par de vraies gueules de cinéma. Bien sûr en premier lieu Yolande Moreau qui est à la fois délicate et touchante dans ce personnage d’illuminée poétique qui lui va comme un gant. Et que ce soit Gadebois, Esteban, ou Lopez, ils incarnent parfaitement cette bande de marginaux plus décalés les uns que les autres. Sans parler d’un William Sheller, qui pour une première face à la caméra offre de grands moments de comédie. Et ça tombe bien, car la force du film n’est pas son histoire, assez classique, mais bien ses personnages, leurs interactions et l’énergie positive qu’ils véhiculent. Elle arrive à tirer des imperfections de ces personnages une sensibilité et une fantaisie qui font naviguer le spectateur entre humour et mélancolie. Et même si c’est un peu maladroit par moment, il se dégage une vraie poésie de l’ensemble et je me suis laissé porter par leurs aventures à la fois drôles et touchantes. D’autant plus qu’elle se permet quelques fulgurances de mise en scènes qui fonctionnent à merveille. Avec cette parenthèse enchantée, elle ne cherche pas à révolutionner le cinéma, mais elle arrive à nous faire passer un bon moment et ressortir de la salle avec le sourire. Et rien que pour ça, son film mérite de s’y attarder… Partager

  • Bouger une pièce au risque de faire s’écrouler une vie

    Découvrez notre critique du film MIKADO . Bouger une pièce au risque de faire s’écrouler une vie MIKADO ❤️❤️❤️ Bouger une pièce au risque de faire s’écrouler une vie Mikado et Laetitia ont choisi de vivre en marge de la société, sur les routes, afin de préserver leurs deux enfants d’un monde qu’ils jugent trop brutal. Quand leur voiture tombe en panne, ils trouvent refuge chez Vincent, un professeur solitaire vivant avec sa fille. J’étais curieux de découvrir ce nouveau film de Baya Kasmi, dont YOUSSEF SALEM A DU SUCCÈS avait été une belle surprise. Elle retrouve ici Ramzy Bedia, qu’elle pousse hors de sa zone de confort avec un rôle plus introspectif, clairement inscrit dans le registre du mélodrame. Mais MIKADO reste imprégné de douceur, d’humour discret et d’une vraie tendresse. La lumière et la photographie participent d’ailleurs beaucoup à cette sensation de chaleur, offrant au film une certaine luminosité malgré la gravité des thèmes abordés. Ce qui frappe avant tout, c’est la direction d’acteurs, toujours dans la retenue, qui rend les personnages profondément humains et attachants. Tous portent les traces d’un passé douloureux, à commencer par Mikado, hanté par une enfance maltraitée dont il cherche à protéger ses enfants. Et pourtant, c’est sa fille, Nuage, qui devient peu à peu le cœur du récit. Son arc narratif est sans doute le plus abouti. À tel point qu’on se dit que le film aurait pu porter son nom. Le film bascule donc entre les points de vue du père qui cherche à protéger ses enfants du monde extérieur, et l’adolescente avide de découvrir cette société qu’elle qu’on lui a toujours cachée. Mais le film est bancal sur certains points. Parfois il appuie par des dialogues des choses, là où l’image aurait suffi. Et d’un autre côté il laisse certains éléments importants en suspens. C’est le cas du personnage de la mère, qui même si on devine son enfance brisée, j’aurai justement aimé que son personnage soit plus creusé. Il y a aussi ce dernier acte, qui cristallise pourtant tous les enjeux du film et que j’ai trouvé un poil expédié. Mais MIKADO, ça reste pas mal, un film un peu brouillon mais solaire et qui questionne en douceur notre rapport à la norme, à la famille, à l’extérieur. Partager

  • Voici mes films préférés de l'année 2023

    Découvrez notre critique du film TOP FILMS 2023 . Voici mes films préférés de l'année 2023 TOP FILMS 2023 Voici mes films préférés de l'année 2023 C’est l’heure du bilan, et forcément après une année 2022 complètement folle (aidée par tous les films reportés pendant le COVID), 2023 aura été un peu moins dingue, mais aura tout de même proposé pas mal de belles surprises. Donc, voici mon traditionnel top de l’année. Et comme d’habitude plus qu’un top des meilleurs films (qui serait très grandement subjectif), voici les dix films qui m’auront le plus marqué cette année, ceux qui auront indéniablement laissé une trace ou venu chercher une émotion en moi… et avec plus de 80 films vus cette année, ça aura été un casse-tête de n’en retenir que dix… Et avant d’annoncer mes dix coups de cœurs, je vais tout de même parler de trois outsiders qui auraient pu en faire partie et dont je n’avais pas donné mon avis cette année (par manque de temps ou bien pour les avoir vus longtemps après leurs sorties cinéma) SUZUME Avec son nouvel animé, Makato Shinkai, à qui l’on doit le chef d’œuvre YOUR NAME, tape une nouvel fois très fort. La beauté des images n’a d’égal que l’originalité du scénario. C’est un véritable régal, aussi bien pour les yeux que pour les oreilles, avec une musique grandiose. C’est spectaculaire, familial, hyper rythmé, drôle, touchant… Bref du grand art !!! L’AMOUR ET LES FORETS Efira, encore et toujours… Elle enchaine les prestations éblouissantes avec une facilité déconcertante. Un film coup de poing sur les relations toxiques, prenant des airs de thriller oppressant. Un film aussi glaçant que nécessaire, sur un fléau de notre société, car on connait tous de près ou de loin une femme qui vie sous l’emprise de son conjoint… LE RETOUR DES HIRONDELLES Un film âpre et sans fioritures qui dénonce la misère des campagnes en Chine. Très peu de dialogues, et pourtant les deux personnages sont vraiment attachants et il se dégage énormément d'émotions et une vraie poésie, juste par leurs gestes et leurs regards. C'est admirablement filmé et tu ressens à chaque plan la dureté de leur vie et la fatalité de leur destin. C'est jamais larmoyant et pourtant, ça vient te broyer le cœur... 10 – LE RÈGNE ANIMAL Très belle surprise du cinéma français qui prouve que quand il s’en donne les moyens, il est capable d’aller titiller Hollywood sur son terrain de chasse. Du cinéma de genre ambitieux et intelligent, qui impressionne, autant par sa gestion des effets spéciaux que par la profondeur de ses personnages et leurs interprétations. 9 – JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES Le film lève le voile sur un métier méconnu : la justice restaurative. Et ça le fait avec beaucoup d’humanité et surtout énormément de justesse, grâce à des dialogues millimétrés et surtout une direction d’acteur admirable. 8 – OPPENHEIMER Frôler le milliard avec un biopic de 3h, pour moitié un noir et blanc… ça semble être une bonne blague, sauf que Nolan montre une nouvelle fois à quel point il est devenu un des plus grands cinéastes au monde. Il nous livre même peut-être son film le plus maitrisé, avec un souci du détail hallucinant et toujours sa même obsession, qui survole sa filmographie : le temps. Et puis, il offre à Downey Jr. un laisser-passer pour les oscars en le délivrant enfin de son armure d’Iron-Man… Après même, si j’ai été bluffé, ce n’est pas mon Nolan préféré et je dois tout de même avouer que les 3h, je les ai tout de même senti passer, mais ça n’en reste pas moins un très grand film. 7 - SPIDER-MAN : ACROSS THE SPIDER-VERSE Là où les films de super héros enchainent dernièrement les purges (bon, ok, les GARDIENS 3 sortaient du lot et offrait une superbe porte de sortie à sa bande de bras cassés), cet animé réexplique les bases du blockbuster : en mettre plein les yeux sans se moquer des spectateurs. Et même si le premier tiers traine un peu la patte, c’est visuellement dingue et propose une débauche d’énergie et d’idées tout en expliquant aux grands studios comment on traite un multivers… 6 – ANATOMIE D’UNE CHUTE Plus les mois passent, plus je remarque à quel point ce film m’a marqué. Par son histoire qui joue continuellement avec la zone grise, par la qualité de ses acteurs (même le chien est bluffant), par sa façon de ne pas simplement filmer un procès, mais d’en faire du cinéma avec de très bonnes idées de mise en scène, par ces scènes chocs, comme celle de l’engueulade… 5 – MARS EXPRESS La surprise de l’année que je n’avais pas vu venir. De l’animation de science-fiction française, ça peut faire peur, et pourtant quel bonheur ce film !!! Les idées s’enchainent, avec un univers extrêmement généreux mais surtout une histoire passionnante. Ça référence pas mal de classiques du genre, mais sans fan service débile et au contraire une véritable profondeur dans ce que ça raconte. Le film a pour rare défaut d’être un peu court, tellement on en voudrait plus. 4 – SIMPLE COMME SYLVAIN Immense coup de cœur venu tout droit du Québec. Ça ressemble à une comédie romantique, mais c’est bien plus que ça. Le film joue avec les codes et les clichés du genre et les envoie valser pour disséquer l’amour et le désir de l’autre. Que ce soit par l’écriture de ses personnages, ses dialogues ou la maitrise de ses plans, le film a réussi à venir me toucher, jusqu’à m’offrir une des scènes finales les plus marquantes de l’année. 3 – THE FABELMANS Un véritable cadeau pour tout passionné de cinéma ou de cet immense metteur en scène. C’est une véritable déclaration d’amour à l’artisanat du cinéma, mais surtout à ses parents et la façon dont ils ont forgé son art qu’il maitrise à merveille. Et rien que par son plan final, il résume tout : Spielberg est un génie. 2 – LIMBO Une expérience sensorielle qui rappelle que certains films doivent absolument être vus en salle pour prendre toute leur ampleur. Et ce film fait clairement partie de cette catégorie. L’ambiance installée est saisissante. Ce polar Hongkongais pousse les curseurs à fond. C’est poisseux, ça dégouline et fait souvent penser à SEVEN. Et pourtant, malgré le côté glauque du film, c’est tellement beau, avec un travail sur le noir et blanc hallucinant. Le film m’a fait vivre une séance inoubliable qui me fait lui pardonner certains raccourcis scénaristiques. 1 – BABYLON Il y a des films que tu vois une fois et qui semblent s’être gravés au plus profond de toi, et BABYLON ça aura été le cas pour moi. J’ai l’impression que je pourrais vous citer chaque scène tellement elles m’ont marqué. C’est une orgie cinématographique. C’est déjanté, drôle (avec notamment une scène de tournage de film hilarante), provocateur, surprenant, profond et surtout quel hommage au cinéma !!! Ça va à 200 à l’heure, c’est d’une maitrise de mise en scène et surtout de montage complètement dingue. Et puis comme souvent avec Chazelle, la place de la musique est primordiale, avec ici une BO extrêmement marquante. BABYLON ça aura été un show complètement démesuré et une baffe monumentale devant le plaisir que j’ai ressenti pendant ces trois heures… Partager

  • LE BOIS DONT JE SUIS FAIS critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE BOIS DONT JE SUIS FAIS LE BOIS DONT JE SUIS FAIS ❤️❤️❤️ Alors là, ce n’était pas gagné Pendant le premier quart d’heure, j’ai même eu un sérieux doute (surement amplifié par le « confort » de ce putain de strapontin. Deux acteurs vont jouer plusieurs personnages d’une même famille et au début ça va assez vite et tu as tendance à te mélanger. Mais justement, à force il faut dire que la mayonnaise prend et qu’elle est même savoureuse C’est surement dû en grande partie à la performance des deux acteurs qui te font vite oublier qu’ils sont deux, et non sept sur scène. Leurs facilités de passer d’un personnage à un autre est d’une fluidité déconcertante. D’autant plus que le décor se limite à 2 tabourets. Bref juste eux face public pour nous raconter cette histoire et leur travail fait que le spectateur ne se pose pas de question, il est bien face à sept personnages dans une même pièce. Et le sujet résonnera surement chez une grande partie du public, à savoir ces repas de famille ou les nons-dits et autres secrets finissent par ressortir. Mais malgré ce sujet lourd et souvent poignant, on rit énormément, sans jamais aller dans le potache et en se permettant même quelques délires improbables et jubilatoires. Le gros hic, reste ce final qui donne un goût d’inachevé. C’est simple quand les lumières se rallument pour les saluts, il y a eu un blanc avant que le public ne comprenne que c’était fini. Blanc vite comblé par des applaudissements chaleureux à la hauteur du spectacle proposé. Bref, encore une belle surprise de ce OFF. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

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