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  • Mais que fait la police ?

    Découvrez notre critique du film SANTOSH . Mais que fait la police ? SANTOSH ❤️❤️❤️💛 Mais que fait la police ? Santosh suit l'histoire de Santosh, une jeune veuve de 27 ans, dont le mari policier est mort en service. En vertu d'une loi indienne surprenante appelée « le recrutement compassionnel », elle hérite de son poste au sein de la police. Le spectateur est donc propulsé avec elle dans le monde de la police indienne qu’elle va découvrir. Le jour où elle décide de mener l’enquête sur le viol et le meurtre d’une adolescente, elle est plongée dans les failles d’un système et d’une enquête bâclée… Le film démarre comme un drame social pour nous présenter un portrait de femme bouleversant. Puis, il glisse progressivement vers un polar sordide, où le spectateur découvre en même temps que Santosh cet univers dont elle ne connaissait rien. Elle est confrontée à la haine du peuple pour la fonction, mais aussi au machisme, à la puissance des castes, au racisme, à la corruption et à la violence qui gangrène le système… Elle n’a d’autre choix que de s’endurcir et de faire avec ces règles imposées pour pouvoir se faire une place et avancer. La réalisatrice, Sandhya Suri, vient du monde du documentaire, et son film s’en ressent, que ce soit par le côté naturaliste du film ou son absence de musique. Elle fait le choix judicieux de ne pas faire de Santosh une héroïne qui changera les choses, mais au contraire de révéler sa part d’ombre, apportant une ambiguïté fascinante à son personnage. Elle livre un polar glaçant et extrêmement sombre, où l’espoir n’a pas sa place, et surtout un constat sans appel sur l’incompétence de la police indienne et les dysfonctionnements d’un système... Le film souligne l'existence de deux catégories d'intouchables en Inde : ceux qu'on ne peut pas toucher et ceux qu'on ne veut pas toucher, mettant en lumière les divisions profondes et les injustices qui persistent. Partager

  • THE NIGHTINGALE : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film THE NIGHTINGALE . THE NIGHTINGALE ❤️❤️❤️❤️ Le film prend place au début du dix-neuvième siècle, et abordera le colonialisme australien et le racisme, en en faisant bien plus qu’un prétexte pour placer son histoire. Notre héroïne, esclave partie en chasse de ses bourreaux, fera appel à un aborigène pour lui servir de guide dans la forêt tasmanienne. La relation entre ces deux personnages qui vont apprendre à se connaitre fait merveille et est au centre du film. Elle y sera même pour beaucoup dans sa réussite. Mais bien sûr le thème principal du film sera le deuil, admirablement traité à travers toutes ses phases, la colère, la culpabilité, la tristesse, le désir de vengeance… Le film ne fait jamais l’erreur de faire de son personnage une femme badass qui dézingue à tout va. Au contraire, ses réactions restent souvent humaines, on y croit et ça aide énormément à l’empathie qu’on ressent pour elle. Tout cela aidé par une interprétation de haut vol de l’actrice qui nous fait ressentir ses émotions. Au final le film ressemble bien plus à un Impitoyable ou un Délivrance qu’à un I spit on your grave. Bref, même si il ne plaira pas à tout le monde, je vous invite à découvrir ce film intense, tout en sachant que l’expérience sera extrêmement éprouvante. Partager

  • Soyez témoins ! À 79 ans, Georges Miller en a encore sous le capot.

    Découvrez notre critique du film FURIOSA : UNE SAGA MAD MAX . Soyez témoins ! À 79 ans, Georges Miller en a encore sous le capot. FURIOSA : UNE SAGA MAD MAX ❤️❤️❤️❤️ Soyez témoins ! À 79 ans, Georges Miller en a encore sous le capot. Voici donc le préquel de MAD MAX : FURY ROAD, qui en plus d’être pour moi un chef d’œuvre, je le considère comme le plus grand film d’action des 20 dernières années… Ma séance à l’époque avait été une claque visuelle et viscérale qui m’avait scotché au fauteuil et laissé cette impression de jamais vu. Clairement, FURIOSA souffre de la comparaison, mais a aussi de sérieux atouts et est loin d’être le film de trop qu’on aurait pu redouter… Même si l’univers reste le même, la proposition est radicalement différente et risque de diviser les fans. Car si dans le précédent l’action était omniprésente, au point que certains spectateurs le résument à un simple aller-retour dans le désert (alors que ça va bien plus loin que ça…), ici on a une véritable épopée se déroulant sur une quinzaine d’années. Le film se focalise donc moins sur l’action et préfère se concentrer sur ses personnages et développer le lore de son univers fascinant, qui sent toujours autant la sueur, le sang et l’huile de moteur… Comme un roman, il sera découpé en chapitre, chacun représentant un moment phare de la vie de Furiosa qui aboutira à la naissance d’un mythe. Cet opus est beaucoup plus bavard et met la narration au premier plan. Il est même parfois anti spectaculaire, comme lors de son climax qui risque d’en laisser pas mal sur le bas-côté… Mais, Georges Miller n’en oublie pas le spectacle, et il rend une nouvelle fois ses lettres de noblesse au cinéma d’action. On retrouve les gimmicks du réalisateur (zoom, accélérés…), son sens maitrisé du rythme et du montage, mais surtout un sens du cadre qui propose des plans à couper le souffle. Certaines scènes en mettent même plein les yeux, comme cette course poursuite d’un quart d’heure hallucinante !!! C’est quand même dingue que ça soit un réalisateur de près de 80 ans qui mette à l’amende la quasi-totalité des grosses productions actuelles. Car en plus de décrocher la mâchoire, ses scènes d’actions sont d’une lisibilité rarement égalée. Et le plus impressionnant est que c’est souvent lors de ces feux d’artifices visuels qu’il réussit à développer ses personnages. Du grand art qui laisse admiratif… Alors oui, si le film précédent limitait les effets numériques, ils sont ici bien plus présents, voir parfois assez visibles, mais l’esthétique et l’ambiance sont toujours réussi et le plaisir reste là. Par contre, j’ai été étonné par le manque de présence de musiques, qui avaient pourtant une place centrale dans FURY ROAD et apportaient énormément d’intensité aux scènes. Ici elles n’ont clairement pas marqué mon expérience et se repose trop souvent sur celles du précédent film… Pour ce qui est des personnages, Anya Taylor-Joy est parfaite dans le rôle de Furiosa. Le personnage est toujours aussi mutique, mais il faut avouer que l’actrice à un don pour faire passer les émotions par un simple regard. Dans le rôle de l’antagoniste, Chris Hemsworth s’en sort très bien. Il flirte avec le surjeu et c’est un régal de le voir incarner ce personnage déjanté qui se montre à la fois drôle, terrifiant et parfois même touchant. En revanche, préquel oblige, on connait la plupart des personnages et leurs destins, ce qui fait qu’on est moins impliqué émotionnellement et il n’y a aucune tension liée à leurs survies. D’autant plus qu’il y en a peu qui sortent du lot. On retiendra tout de même celui du Praetorian Jack qui apporte surement les moments les plus intéressants du film. Sans reproduire l’effet de choc de FURY ROAD, la surprise n’est plus là, mais FURIOSA n’en est pas pour autant une redite et reste un film d’action épique, généreux et parfois impressionnant. Partager

  • Quand le vernis du luxe craque sous la satire

    Découvrez notre critique de la série THE WHITE LOTUS Quand le vernis du luxe craque sous la satire THE WHITE LOTUS ❤️❤️❤️❤️ Quand le vernis du luxe craque sous la satire Avec cette série, HBO signe une nouvelle pépite télévisuelle. Le concept de la série : Six épisodes, pour six journées où l’on suit des touristes ultra-riches en vacances dans un hôtel de luxe. Chaque saison, indépendante, commençant par la découverte d’un cadavre, dont elle taira le nom pour donner un côté Agatha Christie à l’ensemble. HBO nous propose une comédie satirique, doublée d’une critique acerbe de notre société, avec ses personnages exécrables et leurs rapports toxiques. Forcément, ça rappelle la palme d’or SANS FILTRE, même si ici, c’est moins frontal et plus subtil dans ses propos. Une des grandes forces de la série est justement l’écriture et l’interprétation de ses protagonistes. Elle y apporte une profondeur surprenante en découvrant leurs failles, et même s'ils sont tous détestables, on finit par avoir de l’empathie pour eux. Les dialogues corrosifs sont savoureux et la série surfe sur un humour noir aussi caustique que jubilatoire. C’est techniquement très abouti, avec une mise en scène soignée, et notamment une narration visuelle inspirée qui en dit long sur l’évolution des personnages. Mais le show brille aussi grâce à une partition musicale exemplaire, à la fois entêtante et imposant le rythme à l’ensemble. La première saison frise le sans faute. Mais je dois bien reconnaitre que la deuxième, même si elle est loin d’être mauvaise, m’a moins marqué. Que ce soit par son manque de surprise, avec un côté parfois redondant, mais aussi par les thèmes abordés que j’ai trouvé moins intéressants. Là où, dans la première saison, il était question de famille, de politique ou de racisme et offre plus de place aux employés de l'hôtel, donnant plus d'impact au choc des classes, la deuxième s’attardera plus sur les histoires de couples de nos héros. De même, le seul personnage récurrent, interprété par une Jennifer Coolidge irrésistible dans la première saison, deviendra un peu une caricature de lui-même dans la deuxième. D’autant plus que son côté artificiel et le fait qu’il soit plus mis en avant, font qu’il semble en décalage avec le reste du casting. Par contre, il faut reconnaitre que le côté polar de la série, qui est presque anecdotique dans la première saison, est beaucoup mieux exploité dans la deuxième. Bref, une série que je vous invite à découvrir, ne serait-ce que sa première saison qui est un véritable bijou et se suffit à elle-même. Partager

  • LA LIGNE ROSE critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA LIGNE ROSE LA LIGNE ROSE ❤️❤️❤️ Il y a Marthe, qui rêve d'amour. Denise, oiseau de nuit indépendante. Elle vont voir leurs vies chamboulées par l'arrivée de Jeanne, une jeune provinciale au caractère bien trempé. Durant les années folles, ces trois opératrices des PTT vont décider de détourner les lignes téléphoniques pour leur propre compte... A l'ouverture du rideau, on est impressionné par le décor très réaliste qui se plis et se déplis sous nos yeux, et nous immèrge dans l'après-guerre. Cette comédie loufoque nous dresse le portait de ces trois femmes en quête de liberté et d'indépendance. Le trio féminin dégage une énergie communicative dans un spectacle plein d'humour et de fraîcheur. Et même si ça met un certain temps à se mettre en place, une fois la fameuse ligne rose installée, la pièce propose des moments de comédie savoureux, ne tombant jamais dans le graveleux, et flirtant avec la comédie de boulevard. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Un spectacle qui interroge notre regard sur l’école

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle KEVIN Un spectacle qui interroge notre regard sur l’école KEVIN ❤️❤️❤️💛 Un spectacle qui interroge notre regard sur l’école KEVIN est une conférence-spectacle d’Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, dans laquelle le duo s’appuie sur des travaux de sociologie pour analyser l’échec scolaire. Le spectacle suit le parcours d’un certain Kevin, figure emblématique représentant l’ensemble des élèves en difficulté. On ressent le sérieux du travail de documentation effectué en amont, qui a permis d’aboutir à une analyse percutante de l’état du système scolaire, où les chances de réussite sont loin d’être égales pour tous. Un grand écran occupe une place centrale dans la mise en scène, devenant un véritable outil pédagogique. Il affiche graphiques, schémas, courbes et statistiques venant étayer les propos des deux intervenants, auxquels ils ajoutent leurs anecdotes personnelles d’anciens enseignants. Cet écran renforce également l’aspect didactique et interactif du spectacle. À plusieurs reprises, des questions sont posées au public, apportant une dimension ludique bienvenue. Ces séquences, parfois construites comme de véritables jeux, révèlent des résultats sans appel qui frappent les esprits. Les comédiens adoptent un ton humoristique, souvent décalé voire cynique, tout en maintenant une grande cohérence dans leur propos. Jamais moralisateurs, ils ne cherchent pas à imposer des réponses, mais à exposer des faits qui incitent à la réflexion sur l’égalité des chances et les incohérences du système éducatif. KEVIN est un spectacle engagé, solidement documenté et brillamment construit. Il instruit, interroge, dérange. S’il soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses, il provoque la discussion et c’est sans doute là l’essentiel. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Une déclaration d’amour à la famille et à la mémoire de l’enfance.

    Découvrez notre critique du film JUSTE UNE ILLUSION . Une déclaration d’amour à la famille et à la mémoire de l’enfance. JUSTE UNE ILLUSION ❤️❤️❤️❤️💛 Une déclaration d’amour à la famille et à la mémoire de l’enfance. Avec Juste une illusion , Olivier Nakache et Éric Toledano signent leur film le plus intime. Puisant dans leurs souvenirs, ils mêlent leurs enfances pour offrir un récit universel et profondément humain. Derrière la reconstitution des années 80, se dessine avant tout une déclaration d’amour à la famille, et plus particulièrement à la figure maternelle, véritable cœur émotionnel du film. Cette dimension intime irrigue chaque scène, portée par un casting remarquable. Camille Cottin y est tout simplement fabuleuse, incarnant une mère à la fois aimante, imparfaite, avec une justesse de tous les instants. Face à elle, Louis Garrel surprend à contre-emploi, dévoilant un sens du timing comique particulièrement efficace. Mais les véritables révélations restent les trois jeunes comédiens, d’une spontanéité et d’une sincérité désarmantes. Cette réussite tient aussi au talent indéniable du duo pour la direction d’acteurs. Tous semblent évoluer avec une liberté totale, donnant au film une impression de naturel presque troublante. Une fluidité renforcée par une écriture d’une grande précision : les dialogues, simples et justes, captent avec finesse les maladresses du quotidien, laissant autant de place aux silences qu’aux mots. Au-delà de l’intime, le film fonctionne comme une photographie des années 80, entre objets, musique, pop culture et contexte politique discret, recréant l’époque sans jamais tomber dans la nostalgie facile. Les clins d’œil cinématographiques et musicaux participent à l’immersion et traduisent comment cette génération s’est construite à travers les images et les chansons. Nakache et Toledano réussissent un mélange particulièrement subtil entre humour et émotion. Et c’est dans cet équilibre constant que le film trouve toute sa force. Les scènes comiques, souvent hilarantes et jubilatoires, naissent de situations du quotidien et de la justesse des personnages, tandis que les moments plus émouvants s’imposent avec pudeur, sans jamais forcer le trait. Le rire et l’émotion cohabitent ainsi avec une fluidité remarquable, se renforçant mutuellement. Mais là où le film touche encore plus profondément, c’est dans sa capacité à dépasser son cadre temporel. Au-delà des années 80, Juste une illusion parle avant tout du passage à l’âge adulte : des rêves que l’on se construit, des modèles que l’on idéalise, et du moment où la réalité vient doucement les fissurer. En ce sens, le film devient profondément universel. Peu importe que l’on ait connu ou non cette époque : chacun peut se reconnaître dans ces instants de bascule, ces désillusions, ces premières prises de conscience. Au final, Juste une illusion touche par sa sincérité et sa justesse. À la fois chronique intime, fresque générationnelle et récit d’apprentissage, cette comédie populaire à tout pour devenir culte. Le duo signe peut-être même leur meilleur film. Une œuvre chaleureuse, extrêmement drôle et profondément humaine, confirmant leur talent pour raconter l’intime avec une portée universelle. Partager

  • LES MICHEL'S critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LES MICHEL'S LES MICHEL'S ❤️❤️❤️ "Attention mesdames et messieurs, dans un instant, ça va commencer..." C'était presque une évidence que ce spectacle musical commence sur ces mots. En effet, la compagnie croc-en-jambe nous invitent à retrouver une ribambelle de Michel. La chanson populaire française est forcément mise à l'honneur, mais le spectacle fait aussi quelques interludes sur le cinéma, la littérature ou même les humoristes, avec notamment un passage sur Coluche qui montre encore à quel point son humour satirique n'a pas pris une ride. Le show devient encore meilleur quand il décide de réinterpréter les titres, comme cette reprise bluffante de Starmania où un passage hilarant sur Jackson. L'humour est d'ailleurs constamment présent, et fait de show musical, un moment feelgood parfait pour finir une journée de OFF. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • LE GARÇON ET LE HÉRON : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film LE GARÇON ET LE HÉRON . LE GARÇON ET LE HÉRON ❤️❤️❤️❤️💛 Forcément là, je risque de perdre un peu de mon objectivité, vu à quel point je suis fan du travail de Miyazaki. Après dix ans d’absence, il a donc décidé de sortir de sa retraite pour nous proposer un nouveau bijou d’animation. Suite à la mort de sa mère, Mahito part vivre avec son père à la campagne, où il rencontra un Héron qui l’emmènera dans un fabuleux voyage initiatique. Je ne rentrerai pas plus dans les détails, car un des points forts du film est certainement la découverte de son univers. Dès sa scène d’ouverture, on est ébloui. Quelle claque visuelle !!! Le travail d’animation traditionnelle est encore une fois hallucinant. Un véritable travail d’orfèvre, où chaque arrière-plan ressemble à une peinture et est un régal pour les yeux, ça fourmille de détails, l’animation est d’une fluidité bluffante et le film propose un enchaînement d’idées visuelles déconcertant. L’univers est un véritable enchantement pour les yeux, mais aussi les oreilles, avec une musique époustouflante. On y retrouve tous les thèmes de prédilection du réalisateur, la guerre, la famille, la nature, l’enfance, le deuil, les divinités… Et son œuvre prend même ici des airs de film testamentaire, tant le thème de l’héritage est central. Il nous emmène dans un voyage onirique dans un univers extrêmement généreux et fourmillant d’idées, à la limite entre rêve et cauchemar, avec un bestiaire foisonnant. Une magnifique épopée qui surfera entre les genres dans une orgie visuelle et créative. Comme souvent chez Miyazaki, les personnages sont complexes et extrêmement attachants, jusqu’aux antagonistes. Car avec lui il y a énormément de nuances dans l’écriture de ses personnages, avec des héros qui ne sont pas parfaits, ou bien des méchants qui ne le sont pas vraiment. Il nous livre une nouvelle fois une œuvre poétique et mature, qui si comme moi, vous vous laissez emporter, vous fera ressortir de la salle des étoiles plein les yeux… Et même si dans mon cœur, il n’égalera pas LA PRINCESSE MONONOKE, LE CHÂTEAU AMBULANT ou MON VOISIN TOTORO, il n’en reste pas moins un des films les plus aboutis de cet immense réalisateur. Partager

  • Une plongée glaçante dans l’emprise conjugale.

    Découvrez notre critique du film SI TU PENSES BIEN . Une plongée glaçante dans l’emprise conjugale. SI TU PENSES BIEN ❤️❤️❤️💛 Une plongée glaçante dans l’emprise conjugale. Dans Si tu penses bien , Géraldine Nakache aborde frontalement la question de l’emprise conjugale , en choisissant de s’éloigner de toute violence physique pour mieux se concentrer sur une violence autrement plus insidieuse : la violence psychologique. Une domination invisible, mais tout aussi dévastatrice , qui s’installe progressivement jusqu’à étouffer totalement la victime. Le film montre avec précision la manière dont le bourreau se positionne constamment en victime. Il inverse les rôles, déplace la culpabilité, rend l’autre responsable de ses propres excès, jusqu’à faire douter la victime elle-même de ce qu’elle vit. Un mécanisme glaçant, rendu avec une justesse qui fait froid dans le dos. Géraldine Nakache aborde également la question de la religion, non pas comme un sujet en soi, mais comme un outil supplémentaire au service de l’emprise. Le mari s’en sert pour justifier ses comportements, imposer des règles et asseoir son autorité. Derrière un discours de foi, il construit un cadre de domination qui enferme encore davantage sa compagne, sans jamais forcer le trait. Pour traduire cette mécanique, le film enchaîne les allers-retours temporels afin de reconstituer progressivement le puzzle de la relation . Chaque scène éclaire la précédente, et l’on comprend peu à peu comment cette violence, diffuse au départ, resserre lentement son étau. Une tension continue s’installe alors, presque oppressante, mettant volontairement le spectateur mal à l’aise. Le tout est porté par un ton sobre et réaliste, sans jamais chercher la surdramatisation . C’est précisément ce refus d’en faire trop qui rend le film aussi crédible et percutant, avec cette mécanique froide d’une relation toxique qui se met en place. Ce malaise est renforcé par un choix de mise en scène très fort : des plans rapprochés au plus près du visage de Monia Chokri . On lit tout sur son visage, ses doutes, ses fissures, son enfermement progressif. Une proximité qui rend l’expérience encore plus étouffante. Et évidemment, le film tient en grande partie sur son duo d’acteurs. Monia Chokri, qui m’avait déjà marqué l’année dernière dans Des preuves d’amour et Les enfants vont bien , est ici bouleversante. D’une grande justesse, tout en retenue, elle impressionne aussi par l’expressivité de son regard , capable de traduire à lui seul toute la complexité de son personnage. Face à elle, Niels Schneider impose une présence à la fois charismatique et profondément inquiétante . Il évite soigneusement la caricature, ce qui rend son personnage d’autant plus dérangeant. Mais le film peut aussi laisser une sensation d’oppression un peu trop appuyée. À force d’enchaîner les scènes d’emprise, il laisse peu de respiration au spectateur . Une intensité constante qui, si elle est cohérente avec le sujet, donne parfois le sentiment d’insister un peu trop sur son message. À l’image de la formidable série Querer , Si tu penses bien s’impose comme un véritable thriller psychologique qui prend aux tripes. Un film aussi immersif que glaçant, dont le dernier plan risque de rester longtemps gravé en mémoire. Partager

  • Satire à balle réelle sur le cinéma français

    Découvrez notre critique du film LE DEUXIÈME ACTE . Satire à balle réelle sur le cinéma français LE DEUXIÈME ACTE ❤️❤️❤️❤️ Satire à balle réelle sur le cinéma français Quentin Dupieux est un réalisateur dont les œuvres divisent à chaque fois le public, et ce sera certainement une nouvelle fois ici. Il faut dire que son cinéma est extrêmement radical, et même s’il me laisse souvent sur le côté, son univers absurde me fascine. Et parfois il me choppe, comme ce fut récemment le cas avec INCROYABLE MAIS VRAI… ou ici, LE DEUXIÈME ACTE… Comme toujours, il est difficile de parler d’un de ses films sans trop en dévoiler, car il repose énormément sur leurs côtés high concept, donc je vais me limiter au synopsis officiel. Florence veut présenter David, l’homme dont elle est follement amoureuse, à son père Guillaume. Mais David n’est pas attiré par Florence et souhaite s’en débarrasser en la jetant dans les bras de son ami Willy. Les quatre personnages se retrouvent dans un restaurant au milieu de nulle part. Il nous propose ici son film le plus accessible, et peut être même le plus drôle, on rit même énormément… Avec un côté méta délirant et un cynisme assez jouissif, il va jouer avec le spectateur et critiquer le cinéma français, ainsi que ces acteurs. C’est son troisième film en un an et ce n’est peut-être pas anodin, car on a presque l’impression qu’avec celui-ci, il nous offre un triptyque sur l’art. Après le théâtre dans YANNICK et la peinture dans DAAAAAALI !, c’est donc au tour du cinéma de passer à la moulinette du réalisateur… Alors, ce n’est pas forcément toujours subtil, mais le film est souvent bien plus profond qu’il n’y parait… Tout y passera, de la cancel culture, au mouvement #metoo, en passant par l’IA ou l’ego et l’entre-soi des stars. Et c’est d’ailleurs quand les acteurs se moquent d’eux-mêmes avec une autodérision savoureuse que le film est le plus efficace. Garrel, Lindon, Quenard et Seydoux sont admirablement dirigés et prennent un véritable plaisir à jouer, dans tous les sens du terme... C’est un délice de les voir délivrer les tonnes de dialogues, car oui, le film est extrêmement bavard. Ça enchaine les joutes verbales et les dialogues ciselés… Mais, la cerise sur le gâteau, c’est la découverte de Manuel Guillot. Inconnu jusqu’alors, il n’a pas à rougir du quatuor de stars, et vient même voler la vedette en proposant sûrement les scènes les plus hilarantes du film. Et même si j’ai trouvé la fin moins aboutie, il n’en reste pas moins un grand moment de divertissement et à mon sens le meilleur film du réalisateur… Partager

  • Un thriller politique anti-spectaculaire, mais fascinant

    Découvrez notre critique du film L'AGENT SECRET . Un thriller politique anti-spectaculaire, mais fascinant L'AGENT SECRET ❤️❤️❤️ Un thriller politique anti-spectaculaire, mais fascinant Ce thriller politique, situé dans le Brésil des années 70, nous fait suivre Marcelo, un homme traqué par le régime militaire, qui tente de se reconstruire tout en recréant un lien avec son fils. À travers son parcours, le film dénonce la dictature qui gangrenait alors le pays. Difficile de ne pas penser au très bon JE SUIS TOUJOURS LÀ, sorti en début d’année, tant les deux œuvres dialoguent dans leur manière d’aborder la mémoire et la répression politique. Dès la scène d’ouverture, le spectateur est saisi par la maîtrise de la mise en scène. En quelques minutes, le film installe une ambiance poisseuse et oppressante, plongeant immédiatement dans la peur et la paranoïa propres à cette époque. À elle seule, cette ouverture fonctionne comme un véritable court-métrage d’une efficacité redoutable. Kleber Mendonça Filho démontre à plusieurs reprises l’étendue de son savoir-faire, en proposant des plans soigneusement composés et une direction précise, où chaque cadre renforce la tension politique et émotionnelle du récit. Le film n’a clairement pas volé sa Palme de la mise en scène à Cannes. L’AGENT SECRET adopte un ton à la fois original et surprenant dans sa manière d’aborder des thèmes lourds comme la dictature et l’oppression. Il joue constamment avec les genres, alternant moments de gravité, touches d’humour noir et élans presque poétiques. Il se permet même quelques fulgurances mémorables, comme cette scène totalement folle autour d’une jambe coupée, à la fois dérangeante et très maligne pour ce qu’elle raconte. Le film reste toutefois exigeant. Pour l’apprécier pleinement, il faut accepter son rythme lent, contemplatif et résolument anti-spectaculaire. On est très loin d’un film d’espionnage classique, malgré ce que pourrait laisser entendre son titre. D’autant plus que sa durée conséquente (2h40) fait que le film souffre de quelques longueurs. Et la multiplication des intrigues et des personnages complexifie le récit, au risque de parfois perdre le spectateur. Le réalisateur multiplie également les références au cinéma des années 70, de Spielberg à Richard Donner, ancrant davantage le film dans son époque tout en rendant un bel hommage au septième art. Ces références ne sont jamais gratuites : elles permettent aussi d’évoquer la manière dont le cinéma de cette décennie façonnait l’imaginaire collectif. Enfin, l’une des grandes forces du film réside dans son casting remarquable. Wagner Moura, en tête, confirme tout le bien que l’on pense de lui depuis NARCOS, où il incarnait Pablo Escobar. Mais les seconds rôles sont tout aussi marquants, offrant de véritables gueules de cinéma. Mention spéciale à Tânia Maria, inoubliable dans le rôle de la tenancière du refuge. Même si j’ai trouvé que le film s’éparpillait par moment et m’a laissé parfois à distance, il n'en reste pas moins une œuvre à la fois originale et fascinante. Partager

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