Search this site
607 résultats trouvés avec une recherche vide
- Une histoire d’amour où le temps devient le véritable protagoniste
Découvrez notre critique détaillée du spectacle NOS DIMANCHES Une histoire d’amour où le temps devient le véritable protagoniste NOS DIMANCHES ❤️❤️❤️💛 Une histoire d’amour où le temps devient le véritable protagoniste Nos dimanches , mis en scène par Tigran Mekhitarian, repose sur un principe de comédie romantique particulièrement ingénieux : faire voyager le spectateur à travers une succession de dimanches, chacun marquant une étape, un basculement ou une cicatrice dans l’histoire de ce couple . Ce découpage temporel donne au spectacle une structure à la fois simple et redoutablement efficace, où chaque scène devient une pièce du puzzle amoureux. La scénographie, volontairement minimaliste, se révèle pourtant d’une grande intelligence. Une table, quelques chaises pivotantes : il n’en faut pas davantage pour faire exister les appartements de leurs beaux-parents respectifs. Ce dispositif léger permet des transitions fluides, presque cinématographiques , où le lieu change sous nos yeux sans jamais casser le rythme. En fond de scène, des cintres suspendus accueillent les costumes des comédiens. Au fil du récit, ces vêtements disparaissent progressivement, comme une métaphore visuelle de leur histoire qui se dépouille, se transforme, et avance vers quelque chose de plus essentiel. Le choix dramaturgique de situer tous ces moments dans des repas familiaux du dimanche midi chez la belle-famille est particulièrement intéressant. Dans ce cadre codifié, presque rituel, les deux personnages ne peuvent jamais vraiment exprimer frontalement leurs émotions. Tout passe par les non-dits, les regards, les silences, les micro-frictions du quotidien. Et pourtant, c’est précisément là que la force du spectacle opère : le spectateur, lui, perçoit constamment ce qui se joue en dessous, les sentiments enfouis, les tensions affectives, les fragilités invisibles. La pièce fonctionne surtout grâce à son duo de comédiens, extrêmement justes et complices. Leur relation sonne souvent vrai, au point que le spectateur finit forcément par s’y reconnaître à un moment ou un autre , dans une dispute, une tendresse, une lassitude ou un élan. C’est là que réside une grande partie de l’efficacité du spectacle : dans cette capacité à faire écho à des fragments de vie universels. Les sauts dans le temps entre chaque scène viennent constamment bousculer les attentes du public. On passe d’un dimanche à l’autre, comme si l’on feuilletait les pages éparses d’une histoire d’amour. Le temps devient alors un véritable élément dramaturgique central : il structure, fragilise, accélère ou suspend les émotions. Comme souvent dans un couple, il devient aussi ce qu’il faut apprendre à maîtriser… ou à subir. Ces ruptures sont parfois renforcées par des interludes où les comédiens changent de costume à vue, moments suspendus qui apportent étonnamment une forme de douceur, voire de mélancolie , comme si l’on assistait à la construction silencieuse du couple autant qu’à ses éclats. Autre force notable : malgré la présence de seulement deux acteurs sur scène, les autres personnages — parents, amis, entourage — semblent constamment exister autour d’eux. Ils ne sont jamais réellement présents physiquement, et pourtant ils habitent l’espace. Enfin, Nos dimanches joue habilement avec les codes de la comédie romantique , qu’il détourne sans jamais les renier. Sous ses airs légers, la pièce développe une vraie profondeur en rappelant que chaque événement, même anodin, contribue à façonner un couple. Mais au-delà de l’histoire d’amour elle-même, c’est une mélancolie diffuse qui survole l’ensemble : celle du temps qui passe, des instants vécus ensemble qui s’accumulent et finissent par dessiner une trajectoire de vie. Car ce ne sont pas seulement les sentiments qui construisent une relation, mais bien les événements traversés ensemble qui forgent l’avenir. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Un petit peu de douceur dans ce monde de brutes
Découvrez notre critique détaillée du spectacle ÉVEIL Un petit peu de douceur dans ce monde de brutes ÉVEIL ❤️❤️❤️ Un petit peu de douceur dans ce monde de brutes Parce que le OFF, c'est aussi du cirque. Cette compagnie Hongroise pluridisciplinaire nous emmène dans un moment magique, qui donne un peu l’impression de vivre un rêve. C’est un spectacle muet, accessible à tous, et où la musique a une place primordiale. Ce show offre son lot de magie, avec de superbes moments de poésie jouant sur les lumières. Nous retrouvons aussi des numéros d’acrobaties aériennes saisissants où les artistes semblent aimantés à leurs cordes. Et que serait un spectacle de cirque sans clown ? Tout au long du show, les immanquables Clown blanc et Auguste en seront même le fil rouge. Au final, nous avons un spectacle bourré d'humour et de poésie qui devrait ravir toutes les générations. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Rire, pleurer, comprendre : un équilibre rare entre gravité, tendresse et émotion
Découvrez notre critique détaillée du spectacle J’AI BESOIN D’AIR, C’EST POUR ÇA QUE JE FUME Rire, pleurer, comprendre : un équilibre rare entre gravité, tendresse et émotion J’AI BESOIN D’AIR, C’EST POUR ÇA QUE JE FUME ❤️❤️❤️❤️ Rire, pleurer, comprendre : un équilibre rare entre gravité, tendresse et émotion Aborder l’inceste au théâtre est un acte courageux, le faire en racontant sa propre histoire l’est plus encore. Avec J’ai besoin d’air, c’est pour ça que je fume , Clémence de Vimal relève ce défi vertigineux en proposant un seule-en-scène d’une rare intensité, où la gravité du propos cohabite avec une étonnante légèreté. Un équilibre particulièrement précieux, qui permet d’aborder l’indicible sans jamais enfermer le récit dans la douleur. Clémence de Vimal choisit une approche profondément intime : elle ne raconte pas simplement une histoire, elle ouvre la sienne. La pièce prend la forme d’un journal intime dans lequel elle nous invite à entrer , nous dévoilant ses blessures, ses doutes et ses fragilités. Une parole sincère qui donne au spectacle une force émotionnelle immédiate. La pièce semble parfois emprunter au conte , notamment dans l’évocation de l’enfance, où le réel est comme sublimé, adouci, transformé pour rendre le monde plus supportable. Cette douceur passe aussi par une scénographie inventive et malicieusement décalée — je pense notamment à ces objets démesurés qui suscitent des sourires inattendus, presque salvateurs. La mise en scène regorge d'autres idées fortes , comme cette robe “en kit” que la comédienne dépouille progressivement, symbolisant cette parole se libère. Un geste simple, mais d’une puissance symbolique évidente, qui accompagne tout le parcours du spectacle. Sur scène, Clémence de Vimal impressionne. Seule, elle incarne une multitude de personnages sans jamais perdre le spectateur . Chacun existe pleinement, avec précision, parfois même avec un décalage presque jubilatoire qui vient enrichir encore la palette émotionnelle. Mais c’est surtout la puissance du texte qui marque : sa capacité à mettre des mots sur ses maux , à dire l’indicible sans jamais céder au sensationnalisme. Malgré l’humour qui traverse la pièce, jamais la détresse d’Élisabeth — son alter ego — ne disparaît. On reste constamment immergé dans son combat , dans ce parcours du combattant pour faire reconnaître les viols qu’elle a subis. Cette tension permanente entre gravité et légèreté ne dilue jamais le propos ; elle le rend au contraire plus accessible, plus humain, plus universel. Car c’est bien là que réside la grande réussite du spectacle : dans cet équilibre subtil entre douleur et douceur . Entre effondrement et reconstruction. Entre rire et larmes. Une oscillation permanente qui crée une empathie profonde et durable. Derrière le récit, il y a aussi un message. Un message d’espoir et de courage adressé à toutes celles et ceux qui subissent encore ce fléau, malheureusement bien plus répandu qu’on ne voudrait le croire. Et malgré le tabou, malgré la violence du sujet, c’est une immense pudeur qui se dégage du spectacle — ainsi que l’amour bouleversant que la comédienne porte à sa mère. À la fin, le silence n’est plus tout à fait le même. La pièce continue de résonner longtemps après , comme une invitation à parler, à briser ce qui doit l’être. Et c’est sans doute là sa plus grande force : transformer une histoire intime en un élan profondément universel . Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Une ode à l’amour, l’amitié et aux artistes de l’ombre
Découvrez notre critique détaillée du spectacle FELICITÀ Une ode à l’amour, l’amitié et aux artistes de l’ombre FELICITÀ ❤️❤️❤️💛 Une ode à l’amour, l’amitié et aux artistes de l’ombre Dès l’ouverture, avec cette scène en forme de cœur et ce début en chanson, Felicità impose immédiatement son univers : une comédie douce-amère et musicale, portée par une énergie communicative , entre légèreté et désillusion. On suit un trio d’artistes qui célèbrent l’amour sur scène, mais dont les relations se fissurent dès que le rideau tombe. Le dispositif scénique, avec un décor amovible, permet de passer habilement de la scène aux coulisses, tandis que le travail sur les lumières joue avec les temporalités et accompagne les basculements émotionnels. La pièce monte progressivement en intensité et trouve un équilibre maitrisé entre comédie et drame . La musique y occupe une place centrale : elle rythme le récit et vient souligner les émotions avec justesse. Le trio fonctionne particulièrement bien. Au cœur du spectacle, la relation du couple, traversée par des visions opposées sur la place de la musique dans leur vie, crée une tension dramatique efficace. Le troisième personnage apporte, lui, un souffle de légèreté bienvenu, avec des touches d’humour qui relancent constamment l’énergie de la pièce. Je retiendrai particulièrement Nelly Bêchétoille, véritable cœur émotionnel de la pièce . Elle impressionne par la justesse de son jeu et par la force émotionnelle qu’elle insuffle à son personnage, déchiré entre l’envie d’oser ses rêves et l’attachement profond au trio qu’ils forment. Au-delà de l’histoire intime, l’écriture propose une réflexion plus large sur la condition des artistes et la difficulté de percer dans le spectacle vivant . La pièce agit comme un hommage à tous ceux qui, loin de la lumière, continuent à se dépasser à chaque représentation pour offrir du bonheur au public. Et puis, il y a ces chansons italiennes, universelles, qui servent de catalyseur. Car « Tout le monde aime les chansons italiennes, même ceux qui ne les aiment pas. ». On ressort avec le baume au cœur et des mélodies plein la tête . Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Le OFF 2025 baisse le rideau
Voici venu le temps du bilan de cette saison de Festival OFF BILAN OFF 2025 Le OFF 2025 baisse le rideau Voilà, c’est déjà la fin de ce fabuleux Festival et donc le moment du bilan. Je voulais commencer par remercier tous ceux qui me suivent. Cette année a vraiment eu l’effet d’un tremplin, avec plus de 20 000 critiques lues sur le site. J’écris pour partager ma passion et aider les festivaliers à choisir des spectacles, et voir que de plus en plus de gens viennent consulter mes avis, avoir leurs retours, ainsi que ceux des artistes, ça motive énormément à continuer. Cette édition aura été assez folle : 52 spectacles vus sur plus de 1700 proposés, dont seulement 4 réelles déceptions (dont j’ai choisi de ne pas parler sur le site). J’ai vraiment eu la sensation que les spectateurs étaient présents en masse, avec de nombreuses salles combles. Il faudra attendre les chiffres officiels, mais j’ai le sentiment que c’était une très grosse année pour le OFF. Ça fait chaud au cœur de voir un public si nombreux, surtout quand on compare avec le monde du cinéma, où la situation est bien plus morose… comme en témoigne la fermeture, la semaine dernière, de trois salles dans ma ville… Mais ce que je retiendrai avant tout, ce sont mes deux immenses coups de cœur : MADE IN FRANCE , pour son écriture à la fois engagée et d’une drôlerie mordante, et sa mise en scène de haut vol. MARIUS , qui a réussi à me faire éclater de rire et verser des larmes, alors que je connais le film de Pagnol par cœur. Ça aura aussi été le plaisir de faire découvrir mon coup de cœur 2024 à des amis : ARIANNE, UN PAS AVANT LA CHUTE , un spectacle hybride qui aura fait salle comble pendant tout le festival : succès mille fois mérité. De l’émotion et des larmes, j’en ai eu en pagaille cette saison : TOUT CONTRE LA TERRE , pour son histoire d’amour et son hommage vibrant aux agriculteurs. EMMA PICARD , avec une Marie Moriette magistrale, qui m’a touché en plein cœur. LE DESTIN SE MOQUE DES CHOIX , et son dernier acte ravageur. UN SOUPÇON D’AMITIÉ , pour son histoire poignante et une Ariane Brousse bouleversante. LE CHANT DES LIONS , une fresque historique qui m’a littéralement donné la chair de poule. Et puis il y a eu ces spectacles hors normes, qui m’ont laissé des images gravées à jamais : FACE AUX MURS , sans doute le spectacle de cirque le plus impressionnant que j’aie vu, où les prouesses des acrobates n’ont d’égal que le travail magistral sur les lumières. HAPPY APOCALYPSE , une proposition qui divisera peut-être, mais dont la scénographie sidérante pulvérise les frontières entre le IN et le OFF. Comme on dit souvent : « Quand on n’a pas les moyens, on a les idées » , et le OFF l’a une nouvelle fois prouvé avec une ingéniosité débordante : MADE IN FRANCE , que je citais déjà plus haut, avec sa batterie au cœur d’une mise en scène dynamique et ce décor en constante évolution. CLÉOPÂTRE , mis en scène par Éric Bouvron , qui nous embarque sans décor dans une chorégraphie tourbillonnante et inventive. DEMAIN TOUT LE MONDE AURA OUBLIÉ , qui enchaîne les idées à un rythme effréné. LE CHANT DES LIONS , et son immense travail sur le son avec ces bruitages créés en live par Mehdi Bourayou. KÉVIN , et sa conférence théâtralisée participative. Ce OFF 2025, c’est aussi la découverte d’une troupe fabuleuse, le Collectif l’Émeute , qui a réussi la prouesse de me faire aimer follement deux classiques : LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD et L’ILLUSION COMIQUE . Avec un immense respect du texte, ils arrivent à moderniser ces œuvres grâce à leur mise en scène inventive et à l’énergie incroyable des comédiens. Et puis, bien sûr, il y a eu tous ces immenses comédiens, sans qui le OFF ne serait rien. Je ne pourrai pas tous les citer, mais comment oublier : Julie Cavana et sa palette de jeu folle dans TRÉSOR NATIONAL . Marie Moriette , qui m’a transpercé le cœur dans son seule-en-scène EMMA PICARD . Ariane Brousse et l’intensité impressionnante de son jeu et de son regard dans UN SOUPÇON D’AMITIÉ . Pamela Ravassard , aussi magnétique que la poésie de sa mise en scène de ZOOM . Juliette Béhar qui incarne une Fanny avec une fragilité lumineuse dans MARIUS . Maud Forget , bouleversante d’intériorité contenue dans la peau de la jeune accusée dans LE PROCÈS D’UNE VIE . Côté comédiens : Romain Lagarde , qui réussit presque à faire oublier Raimu dans MARIUS . Teddy Melis pour la subtilité et la nuance qu’il apporte à Panisse dans la même pièce. Michaël Hirsch et ce lien si fort qu’il tisse avec son public dans Y'A DE LA JOIE ! Grégory Nardella avec son jeu intense mêlant grotesque et tension dans une scène hilarante de NOTRE JEUNESSE . Mais celui que je retiendrai plus que tout, c’est Axel Granberger , pour son interprétation hallucinante de ROBERTO ZUCCO , dans une pièce aussi viscérale que dérangeante. Bref, clairement l’une de mes plus belles saisons de ce fabuleux Festival, qui aura été une nouvelle fois un tourbillon d’émotions.
- Critique GARDIENNES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle GARDIENNES GARDIENNES ❤️❤️❤️❤️❤️ Ce "seule en scène" nous dresse le portrait de 10 femmes issues d’une même famille sur quatre générations Ces gardiennes des secrets, sur la condition de la femme, se livrent à nous comme à un journal intime. Elles y abordent leurs souffrances et leurs espoirs, leurs sexualités pas forcément épanouies, leurs difficultés face à la contraception, les avortements clandestins, les fausses couches, la violence de leur mari… tous ces sujets qui devaient rester secrets et contre lesquels elles se battaient au quotidien… et qui résonnent bizarrement avec l’actualité… Mais la grande force de ce spectacle, plus que les thèmes abordés ou la beauté du texte, c’est incontestablement sa comédienne Fanny Cabon qui est d’une justesse rare dans l’interprétation de ces dix femmes. Pas une fausse note et pas d’artifice ou de stéréotype pour te faire croire en ces personnages. Elle vient te transpercer en plein cœur pour t’arracher des émotions. Tout au long du spectacle, tu ressens le public réagir, par des gestes ou des sons. Et là tu te dis, elle a tout gagné et que son spectacle est une pure réussite. J’en suis ressorti abasourdi, le ventre noué, le cerveau en ébullition et surtout avec le sentiment d’avoir assisté à quelque chose de rare. Parce que Les Gardiennes est un spectacle magnifique et INDISPENSABLE Merci à Lilian pour m’avoir proposé d’aller le voir Et surtout un GRAND merci à Fanny Cabon pour m’avoir offert ce qui restera certainement un de mes plus gros coup de cœur de cette édition 2019 Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Des mots pour soigner les maux, et de l’esprit pour raviver la joie
Découvrez notre critique détaillée du spectacle Y’A DE LA JOIE ! Des mots pour soigner les maux, et de l’esprit pour raviver la joie Y’A DE LA JOIE ! ❤️❤️❤️❤️ Des mots pour soigner les maux, et de l’esprit pour raviver la joie Avec Y’a de la joie ! , Michaël Hirsch nous livre un seul-en-scène d’une rare élégance, où l’humour côtoie la poésie, et où la légèreté du récit n’efface jamais la profondeur du propos. Dès les premières minutes, on est saisi par la finesse de l’écriture : les jeux de mots fusent, ciselés avec une précision digne des plus grands : Desproges, Devos, et autres orfèvres de la langue française. Mais derrière la drôlerie et l’esprit, Hirsch nous parle aussi d’un sujet grave : la dépression et la quête du bonheur. Et il en parle avec une sincérité désarmante, sans jamais tomber dans le pathos ni la leçon. C’est justement cette capacité à aborder l’intime avec délicatesse qui rend le spectacle si touchant. Il y met beaucoup de lui-même, et cela se ressent. Il crée une vraie complicité avec le public, une forme d’intimité rare sur scène, qui donne à ses mots un écho singulier. Sur le plan du jeu, Michaël Hirsch impressionne. Il passe avec aisance d’un personnage à l’autre , chaque voix, chaque posture étant finement caractérisée. Mention spéciale à son incarnation savoureuse, et totalement jubilatoire, de Patrice Luchini, aussi décalée qu’inspirée. Y’a de la joie ! est un spectacle complet : un moment d’humour intelligent, un exercice de style maîtrisé et un témoignage sensible . Il interroge, sans lourdeur, ce que signifie "être heureux" aujourd’hui, et comment trouver de la lumière dans l’obscurité. Bref, une heure quinze d’esprit, d’émotion, de justesse et… de joie. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Un spectacle qui va vous éclairer sur cette course à la technologie
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LUMIÈRE Un spectacle qui va vous éclairer sur cette course à la technologie LUMIÈRE ❤️❤️❤️💛 Un spectacle qui va vous éclairer sur cette course à la technologie Girasole - 15h30 Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- La pièce installe une tendresse qui, elle, ne s’oublie pas…
Découvrez notre critique détaillée du spectacle SUCRER LES FRAISES La pièce installe une tendresse qui, elle, ne s’oublie pas… SUCRER LES FRAISES ❤️❤️❤️💛 La pièce installe une tendresse qui, elle, ne s’oublie pas… Ce qui frappe d’abord dans Sucrer des fraises , c’est ce choix très juste : ne jamais regarder la maladie d’Alzheimer du point de vue médical ou adulte , mais se placer à hauteur d’enfant . Et ce déplacement change tout, rendant le spectacle immédiatement accessible, y compris aux plus jeunes. La pièce adopte le regard de Charlie et sa manière singulière d’observer le monde des adulte : un monde qu’il ne comprend pas toujours, qu’il interprète avec ses propres codes, en les apprivoisant par l’imaginaire. Alzheimer ne devient jamais un concept abstrait ou effrayant : c’est une grand-mère qui mélange les souvenirs, qui dit des choses “de travers”, qui glisse doucement ailleurs. Là où un traitement plus frontal aurait pu appuyer la douleur ou la perte, ici la pièce installe au contraire une tendresse infinie et un recul salutaire, évitant le pathos sans jamais nier la réalité. L’humour joue un rôle essentiel sans jamais écraser l’émotion. Il ne repose pas sur des effets appuyés, mais sur un humour de langage et de perception, profondément ancré dans l’enfance. Les enfants détournent les expressions, les déforment, inventent des logiques qui n’appartiennent qu’à eux. Et c’est précisément dans ces décalages que le spectacle touche juste : des glissements de sens qui font sourire tout en révélant une vérité sensible. Ce regard enfantin se retrouve jusque dans la mise en scène inspirée et volontairement naïve. Costumes et décors semblent sortis d’un carnet d’enfant, avec ces panneaux dessinés que l’on déplace pour faire exister les lieux , comme si l’espace lui-même devenait un terrain de jeux sous nos yeux. Et puis il y a cette idée centrale, aussi audacieuse que bouleversante : la grand-mère incarnée par une marionnette à taille humaine . Au départ, l’effet surprend et déstabilise. On se demande si le dispositif ne va pas créer une distance, voire casser l’émotion. Et pourtant, c’est tout l’inverse qui se produit. Très vite, cette marionnette devient le moteur émotionnel. Son corps articulé, légèrement décalé, ses mouvements parfois flottants traduisent physiquement ce que les mots ne peuvent pas dire : la perte de repères, les absences, les retours fugaces à la présence. Mais surtout, dans ses interactions avec Charlie, quelque chose de profondément touchant émerge. Peu à peu, on oublie la marionnette pour ne voir que la relation à la fois fragile, tendre et bouleversante. Avec Sucrer des fraises la Compagnie Hors du Temps, surprend là où on ne l’attendait pas. Habituée à des formes plus frontalement politiques, elle opère ici un virage vers l’intime, sans rien perdre de sa justesse. Car sous cette apparente douceur se cache une autre manière de décrire le monde : plus sensorielle, plus fragile, mais tout aussi essentielle. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Histoire de déontologie
Découvrez notre critique détaillée du spectacle GRÉGORY Histoire de déontologie GRÉGORY ❤️❤️💛 Histoire de déontologie Son nom ne sera jamais prononcé pendant la pièce, et pourtant c’est bien l’affaire Grégory qui en est le sujet principal. La trame de l’histoire se déroule dans le comité de rédaction du journal Libération. En 1985 Marguerite Duras écrivait un texte dans lequel elle incriminant la mère de l’enfant, sans aucune preuve, allant à l’encontre de la présomption d’innocence. Toute cette partie est d'ailleurs assez passionnante. Elle questionne sur le pouvoir de la presse, le choix déontologique de publier ou non cet article. Elle resonne parfois avec notre société actuelle, comme lorsque le journal semble à peine s'inquiéter de la montée de l'extrême droite au début des années 80, tout en concédant que la presse a sa part de responsabilité. La pièce a une double narration qui s'éloigne parfois de la réalité. Si certains de ces passages fonctionnent, comme cette rencontre avec une ouvrière, d'autres sont complètement décalées. Et même s'ils apportent des moments d'humour (en tout cas, une partie du public riait franchement), le décalage est souvent bien trop violent et a eu tendance à me sortir du spectacle. Je suis donc vraiment partagé avec ce spectacle qui a le cul entre deux chaises et qui, malgré certains moment qui m'ont captivité, a fini par me laisser sur le coté... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Je t’aime, moi non plus…
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE GRAND JOUR Je t’aime, moi non plus… LE GRAND JOUR ❤️❤️❤️❤️💛 Je t’aime, moi non plus… Un coup de tonnerre annonce l'orage qui va s'abattre sur cette famille… Dès sa formidable scène d'ouverture, d’une impressionnante puissance graphique et dramatique, on sent que la compagnie Aléthéia va nous proposer quelque chose de spécial. Réunis pour la première fois depuis longtemps à l'enterrement de leur mère toxique, la fratrie va déterrer tous les non-dits et les secrets de famille. Une mère à qui il manque d’ailleurs une jambe… Un membre… un détail qui sera loin d’être anodin… Ce grand déballage se fera sous le signe d'un humour noir ravageur. Avec un rythme soutenu, la pièce va jouer avec les ruptures de ton et les registres, alternant les disputes et autres règlements de compte, à d’autres moments empreints de tendresse et de nostalgie. On pense souvent à Festen en voyant cette famille dysfonctionnelle qui choisit ce jour précis pour délivrer ce qu’elle a sur le cœur. Une famille partagée entre la rancœur et l’incapacité de se dire l’amour qu’ils ont les uns pour les autres. Au niveau du décor, un unique élément central : cette table autour de laquelle vont graviter tous les personnages. Le superbe travail de mise en scène fera le reste. Les lumières sont admirablement utilisées, et offrent quelques moments de grâce, comme ces monologues où un personnage se confie en bord de scène, alors que le reste de la famille reste figée à table et devient une peinture en clair-obscur. A cela, il faut aussi ajouter la musique et quelques moments chantés du plus bel effet. Dans cette pièce chorale et tragi-comique au rythme soutenu, l'ensemble du casting fait merveille. Mais comment ne pas parler de Sylvain Jailloux, incarnant le curé, mais aussi le fantôme de la mère. Un choix qui aurait pu s'avérer ridicule, mais le décalage s'intègre parfaitement au spectacle et surtout il réussit à apporter énormément de tendresse et d'attachement au monstre décrit par les enfants. J’ai savouré cette farce caustique, bien plus profonde qu’elle n’en a l’air. La pièce m'a emporté de la première à la dernière minute, jusqu'à ce final exceptionnel qui m'a fait dresser les poils. Clairement une de mes plus belles surprises depuis le début de OFF. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique BILAN AVIGNON OFF 2018 – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle BILAN AVIGNON OFF 2018 BILAN AVIGNON OFF 2018 Avignon OFF 2018 – Clap de fin C’est le moment du bilan de cette saison assez folle. 20 spectacles vus cette année, on peut clairement dire que c’est devenu une drogue. Je commence d’ailleurs déjà à sentir les effets de la dépendance et le sevrage de 11 mois risque d’être long. Encore une fois, je sors de ces trois semaines avec plein de souvenirs. Certains « habitués » ont manqué, mais j’ai aussi pu offrir la chance à d’autres personnes de découvrir ce Festival Alors, avant même les spectacles, le OFF c’est cette ambiance bien particulière qu’offre la ville pendant un mois. Ces rues recouvertes d’affiches, ces artistes qui flyent inlassablement pour attirer les spectateurs, ces terrasses de bars et de restaurants où l’on cherche un peu de repos et de fraicheur, ces spectacles de rue… Et puis ce sont surtout 1538 spectacles dans 133 lieux. Bien sûr il faut choisir, en espérant tomber sur la perle de l’année. On cherche ce que l’on va voir en discutant avec ses amis, d’autres festivaliers, les artistes, on lit des journaux, des blogs… Et puis on se lance… Alors, évidemment, tout ce que l’on peut découvrir n’est pas de qualité, et parfois on tombe sur quelque chose qui ressemble à un supplice où le temps semble s’éterniser, comme ça a été le cas pour moi cette année avec Laura Laune (Humour lourd, répétitif et gratuit…). Idem, avec « Aux deux Colombes » et « Meurtres mystérieux à Manhattan » qui prouvent qu’un texte ne vaut rien si il n’y a pas le jeu d’acteur, la mise en scène, les décors, la lumière, la musique… Mais, quand une troupe arrive à associer tous ces éléments on touche le graal et le public à la chance de vivre un truc énorme où la proximité des acteurs intensifie chaque émotion Et pour ce qui est des perles théâtrales, on peut dire que le OFF 2018 a été particulièrement généreux cette année (amis Parisiens, sortez vos agendas, car vous aurez surement la chance de pouvoir en découvrir certains cette année) LA MACHINE DE TURING : La grosse baffe de cette édition dont tout le monde parlait dans les files d’attente. On en entendra surement parler aux prochains Molières. Surtout ce Benoit Solès qui offre une prestation fabuleuse dans son incarnation de Turing. ADIEU MR HAFFMANN : Il aura fallu que j’attende sa 3e participation au festival pour le voir et comprendre qu’il mérite amplement le bien qu’on en dit et ses nominations (mention spéciale à une Julie Cavanna qui a fait chavirer mon cœur). Original, intelligent, mise en scène judicieuse, casting 4* et à ma grande surprise très drôle ET SI ON NE SE MENTAIT PLUS : J’y suis allé à reculons en pensant que ça allait être élitiste. Cinq auteurs du début des années 1900 qui se réunissent une fois par semaine pour un repas… N’étant pas très calé sur le sujet, je pensais passer à côté… Sauf, que finalement le sujet n’est qu’un prétexte pour nous offrir un hymne à l’amitié. Au final, c’est LA pièce feel-good, on en ressort avec la banane et une envie de faire une soirée entre potes. EST-CE QUE J’AI UNE GUEULE D’ARLETY : Les 4 acteurs nous offrent une débauche d’énergie pour offrir un spectacle des plus vivants nous relatant la vie d’Arlety (dont l’interprétation est d’un mimétisme assez hallucinant). Ca chante, ça danse, on rit, on pleure, on vibre… Un très grand moment de théâtre. VENISE N’EST PAS EN ITALIE : Un seul en scène porté par le talent d’un acteur qui nous raconte la première histoire d’amour d’un adolescent, en incarnant à la perfection une douzaine de personnages au point de nous faire oublier qu’il est seul sur scène. L’OISEAU VERT : Mon premier spectacle de Comedia Dell’arte. Et ce qui est sûr c’est que le petit groupe que nous étions hier soir sommes sortis avec des étoiles pleins les yeux. Un grand moment de poésie haut en couleurs. L’utilisation du décor est une prouesse. Ajoutez à cela l’humour, souvent burlesque, les chants oniriques, les costumes, la réflexion philosophique sur l’amour propre… on ne peut qu’être transporté par cette fable qui réveille l’enfant qui sommeille en vous PIANO FURIOSO : Tout simplement la barre de rire de ces trois semaines. Un pianiste virtuose nous fait découvrir le piano dans un spectacle inclassable bourré d’humour. Et puis il y a ces spectacles dont on ne ressort pas indemnes, qui font réfléchir et que j’affectionne tant lorsqu’ils arrivent à me transpercer TU SERAS UN HOMME PAPA : J’en avais fait la critique il y a un an. Forcément, vu le sujet, ce spectacle à une saveur particulière pour moi. Ma nièce voulait absolument le découvrir. C’est chose faite, et malgré son déluge de larmes à la sortie, ce sont le côté humain et la pudeur des propos qui l’emportent sur cette chronique d’une mort annoncée… VIVRE NE SUFFIT PAS : Choix de ma nièce pour finir ce festival. Et pour le coup, ça tombe bien, car à l’instar de « Tu seras un homme papa », il faut un certain temps pour se remettre de cette décharge émotionnelle. Comment un couple peut il survivre après avoir traversé une terrible épreuve (ici un cancer du sein…). Le texte est superbe, c’est bouleversant, ça sonne vrai, ça fait réfléchir… Et puis il y a eu tous ces autres spectacles qui étaient « seulement » bons (Je pense à Lobby : dont les danseurs Hip-Hop nous en ont mis plein les yeux. Pigments : Une comédie romantique qui nous a fait voyager entre rires et larmes. Chatons violents : Seul en scène drôle et intelligent qui fait réfléchir avec son humour militant envoyant valser les préjugés, Le potentiel érotique de ma femme : Avec son côté décalé et sa narration ultra-rythmée…) Bref encore une fois le OFF n’a jamais aussi bien porté son slogan MILLE SPECTACLES, MILLE EMOTIONS Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF













