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- Critique BELLES DE SCÈNE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle BELLES DE SCÈNE BELLES DE SCÈNE ❤️❤️❤️❤️ Londres 1661, les théâtres viennent de rouvrir après 18 ans de fermeture. Alors que les femmes ont interdiction de jouer sur scène, Edward Kyneston est au sommet de sa carrière en interprétant les rôles féminins. Le jour où le roi décide de changer cette loi, sa vie va être bouleversée… Avec cette pièce, Jeffrey Hatcher décide d’inviter le théâtre au théâtre. Rien de bien nouveau en soit, mais quand c’est bien fait, c’est toujours un plaisir. On retrouve donc sur scène un plateau de théâtre, au centre d’une scénographie à l’image des costumes : splendide et qui nous immerge dans ce 17e siècle. La pièce à un côté burlesque, mais réussit tout de même à garder une certaine profondeur, grâce à l’évolution de son protagoniste. Car au centre du spectacle, il y a donc ce personnage détestable, misogyne et orgueilleux, interprété brillamment par Vincent Heden. L’écriture et son jeu réussissent l’exploit de rendre son personnage attachant. D’autant plus que le développement de sa relation avec le personnage de Maria est des plus touchant, et offre même certaines scènes empreintes de poésie. La mise en scène est extrêmement dynamique et enchaine les scénettes, souvent très drôle. Même si la présence d’un humour « gras », qui prête à sourire au début, est un peu trop présent à mon goût. Mais, c’est un des rares défauts de cette pièce qui, en plus d’être didactique, nous offre un très agréable moment de théâtre qui rend hommage à son art. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique VIVE LA VIE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle VIVE LA VIE VIVE LA VIE ❤️❤️❤️❤️❤️ Spectacle mélangeant musiques, chants et danses, ponctués de monologues et quelques morceaux visuels envoutants. C'est un show qui traverse un siècle d'histoire sur le progrès, les rêves, les utopies et leurs désillusions Chaque tableau monte en puissance de façon assez folle, les chanteuses et danseurs semblent rentrer en transe, tu sens tes poils se dresser et les larmes te monter aux yeux sous les vagues d'émotions que tu reçois (sans même comprendre un mot des chants) Jusqu'à un final libératoire où tu peux ENFIN évacuer tout ce que tu as emmagasiné avec tonnerre d'applaudissements, dans une salle debout... et pour cause!!! Et expérience folle que je ne peux que vous recommander. MA-GNI-FIQUE PS : pour info, ils jouent en janvier au Gaîté Monparnasse, si quelqu'un est intéressé je peux lui donner mon billet du OFF qui permettra d'avoir une place gratuite Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique VIRIL(E.S) – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle VIRIL(E.S) VIRIL(E.S) ❤️❤️❤️❤️ C’est le portrait de cinq femmes qui ne cochent pas les cases des standards de la féminité que nous imposent la société. Du début à la fin, elles vont envoyer valser ces codes, sans le moindre jugement, ce qui rend le propos encore plus fort. Elles vont nous raconter leurs vécus, leurs intimités, leurs doutes, leurs colères ou bien le regard que porte sur elle notre société… Continuellement, elles brisent le quatrième mur, nous interrogeant d’autant plus en nous impliquant dans leurs conversations. Elles aborderont sans tabous des thèmes comme leur rapport à la drague, la pilosité ou leur soif de liberté. Elles livreront leur discours avec un débordement d’énergie, entrecoupé de quelques chansons renforçant leurs propos. Le choix de choisir un homme pour interpréter Garance, le personnage le plus « féminin », n’est pas anodin, car même s'il est à l’origine de pas mal de rire, ça renforce le propos de la pièce, en envoyant un peu plus valser les codes. Car même s'il est souvent provocateur, ce spectacle hors norme n’est jamais manichéen. A la limite du documentaire, la véracité du jeu des comédiennes réussi parfaitement à transmettre son message de tolérance et de liberté. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- L’expérience théâtrale la plus folle du OFF
Découvrez notre critique détaillée du spectacle HAPPY APOCALYPSE L’expérience théâtrale la plus folle du OFF HAPPY APOCALYPSE ❤️❤️❤️❤️ L’expérience théâtrale la plus folle du OFF Avec HAPPY APOCALYPSE, on pénètre de plain-pied dans un univers déroutant et hybride, à la croisée de la fable musicale, du théâtre visuel et de la performance électro-pop. La scénographie impressionne dès les premières minutes : un décor amovible, aux multiples fenêtres, se transforme sans cesse sous nos yeux. Ça s’ouvre, ça se ferme, ça pivote, ça roule… Cette machinerie théâtrale inventive donne souvent l’impression de lire une bande dessinée dont les cases se dévoilent sous nos yeux. La mise en scène ne cesse de surprendre. On est happé par cette fresque sensorielle foisonnante, saturée de trouvailles visuelles et sonores. Les costumes, notamment ces têtes d’animaux, contribuent à une atmosphère à la fois onirique et inquiétante, renforçant le sentiment d’étrangeté qui traverse tout le spectacle. La musique jouée en live occupe une place centrale et transforme la représentation en un véritable show. Elle participe pleinement à cette ambiance unique et renforce l’atmosphère à la fois onirique et troublante. HAPPY APOCALYPSE est dense, c’est même peut-être sa limite. Il demande au spectateur une disponibilité totale, un abandon presque hypnotique. On a cette étrange sensation d’être plongé dans un rêve. L’histoire, peu linéaire, échappe aux codes narratifs traditionnels. Par moments, on se sent un peu perdu, voire dépassé, comme si le flot d’images et d’idées nous emportait au-delà de la compréhension immédiate. Une véritable poésie se dégage de l’ensemble, avec un texte parfois sublime et un discours profond sur notre avenir, la nature, la science et la tolérance. Alors oui, c’est radical et la proposition risque de diviser. Mais même si j’ai parfois décroché, je ne suis pas prêt d’oublier cette expérience sensorielle unique. C’est clairement une œuvre envoûtante, visuellement impressionnante. Le genre de spectacle qui laisse des traces, des images gravées dans la tête, des sensations fortes et durables. Ce n’est pas une expérience théâtrale anodine : c’est un choc esthétique. Sans doute l’un des spectacles les plus fous à voir cette année à Avignon. Décidément, la troupe F.O.U.I.C. ne cesse de m’impressionner au fil des années. Ils prouvent une nouvelle fois leur talent pour la mise en scène, leur capacité à se renouveler et leur maîtrise de la poésie visuelle. Même si j’ai été plus touché par leur travail narratif par le passé, c’est certainement leur proposition la plus impressionnante à ce jour. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- The Algerian nightmare
Découvrez notre critique détaillée du spectacle EMMA PICARD The Algerian nightmare EMMA PICARD ❤️❤️❤️❤️ The Algerian nightmare Quand je suis entré dans la salle, j’avais un peu peur. Entre la fatigue accumulée de cette première semaine de rush au OFF, la chaleur étouffante et le fait que ce soit un seul en scène, je craignais de sombrer dans la somnolence et de passer complètement à côté. Bref, je m’attendais à tout… sauf à me prendre une claque. Dès son entrée d’Emma Picard, elle a capté mon attention. J’ai été tout de suite scotché par le vide de son regard et tout le poids de l’épuisement et de la culpabilité qui semblait reposer sur ses épaules. Puis, elle a parlé… et ma fascination s’est mise en marche… La pièce dévoile une face sombre de l’histoire de France, de celles qu’on préfère laisser sous le tapis. On découvre cette paysanne alsacienne, veuve, mère de quatre fils, en 1860. Le gouvernement français lui promet l’eldorado en Algérie, des terres et une vie meilleure. Mais ce rêve de soleil va vite tourner au cauchemar… EMMA PICARD, c’est avant tout le portrait bouleversant d’une femme prête à tout pour ses enfants. Elle raconte son destin brisé, sa désillusion profonde, elle qui pensait trouver le bonheur au bout de l’exil. Marie Moriette est magistrale. D’une sobriété désarmante, elle incarne cette femme avec une force rare. Sans aucun pathos, elle vient vous attraper les tripes et ressert son étreinte au fur et à mesure de son récit. Elle nous raconte son récit avec une intensité folle, possédée par son personnage. À tel point qu’au moment des applaudissements, elle semble encore prisonnière de l’émotion. Comme nous… La mise en scène est minimaliste. Aucun artifice, juste une chaise auprès de laquelle se trouve le lit où se repose son fils, une fenêtre en fond de scène et un subtil jeu de lumières. C’est tout. Et c’est amplement suffisant. Le reste, c’est le talent brut de la comédienne, sa colère contenue, son désespoir, son rejet d’un Dieu qui semble l’avoir abandonnée. Elle parvient à nous faire ressentir la chaleur accablante, la dureté du climat, les fléaux qui s’abattent sur elle et les siens. Je ne m’attendais pas à vivre ça. À être bouleversé de cette façon. À recevoir ce récit comme un rouleau compresseur. Et pourtant… Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Un moment suspendu, entre ciel et terre…
Découvrez notre critique détaillée du spectacle FACE AUX MURS Un moment suspendu, entre ciel et terre… FACE AUX MURS ❤️❤️❤️❤️💛 Un moment suspendu, entre ciel et terre… Avec FACE AUX MURS, la compagnie Hors Surface et le metteur en scène Damien Droin nous entraînent dans une expérience sensorielle et émotionnelle rare, où le corps devient langage, et le mur, un point d’élan. Dès les premiers instants, le spectateur est saisi par un décor imposant : une structure métallique monumentale, encadrée de trampolines, qui devient à la fois obstacle, support et espace d’expression. Ce dispositif évolue subtilement au fil des tableaux. Il incarne symboliquement les limites, qu’elles soient physiques, sociales ou intimes, contre lesquelles les interprètes se heurtent... et qu’ils transcendent. Chaque saut, chaque mouvement est millimétré, d’une précision et d’une fluidité remarquable. Les corps virevoltent, rebondissent, s'élèvent, chutent puis se relèvent avec une énergie maîtrisée. On est ici bien au-delà de la simple performance acrobatique : c’est un véritable langage corporel qui s’exprime, porteur de sens et d’émotion. Mais FACE AUX MURS, c’est aussi une mise en scène d’une rare finesse. Les jeux d’ombres chinoises, les nappes de fumée, et surtout, une gestion des lumières exceptionnelle, confèrent au spectacle une dimension onirique. Certaines images suspendues dans le vide, comme arrachées à un rêve éveillé, resteront gravées en mémoire longtemps après les applaudissements. Je retiendrai particulièrement cette scène où danse et trampoline se mêlent, offrant une parenthèse poétique inoubliable, comme une suspension du temps. La musique envoûtante accompagne ce voyage intérieur avec justesse, sans jamais voler la vedette à la beauté du geste. Elle ne se contente pas d’accompagner les mouvements : elle les habite, les guide, les amplifie, créant une véritable bande-son émotionnelle du spectacle. FACE AUX MURS c’est spectacle à la puissance visuelle comme on en voit rarement. Un de ceux dont la beauté et les images vous accompagne longtemps après la sortie de la salle. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique THE GOES WRONG SHOW – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée de la série THE GOES WRONG SHOW THE GOES WRONG SHOW ❤️❤️❤️💛 Besoin de rire en ces temps de confinement ? THE GOES WRONG SHOW est LA série qu’il vous faut !!! Et si, comme moi, vous êtes un amoureux de théâtre, c’est un vrai cadeau de noël avant l’heure. C’est tout simplement ma barre de rire de l’année (voir même plus…) La série est composée de six épisodes indépendants de trente minutes qui ne laisseront aucun répit à vos zygomatiques. A chaque épisode, le metteur en scène va vous présenter la pièce qui va être jouée par sa troupe de bras cassés (à noter qu’on a bien affaire à du théâtre car le show est tourné en temps réel face à un vrai public). A chaque fois la troupe s’attaquera à un genre différent (Romance d’époque, thriller de guerre, horreur…), et à notre grand bonheur, rien ne va… Que ce soit le jeu des acteurs, les décors qui s’effondrent, les ratés de la régie, les accessoires manquants, c’est un vrai désastre. Ce n’est qu’une succession de catastrophes et les artistes feront leur possible pour amener la pièce à son terme. Ce qui impressionne le plus dans ce joli bordel, c’est sa précision. Le travail sur la mise en scène et les décors forcent le respect, tout est millimétré et chorégraphié afin chaque gaffes s’enchainent et en amènent une nouvelle. Impressionnant cette débauche de professionnalisme pour nous faire croire à un si grand amateurisme… Bien sûr, toutes ces péripéties amèneront des scènes burlesques (on notera la performance des acteurs au niveau des cascades), voire carrément ridicules, ou le comique de situation et l’humour british font des merveilles et enchaineront les fous rires du public. Bref à machine à faire rire… JUBILATOIRE… Partager
- Une immersion frontale qui ne laisse aucune échappatoire
Découvrez notre critique détaillée du spectacle COLD CUTS Une immersion frontale qui ne laisse aucune échappatoire COLD CUTS ❤️❤️❤️❤️ Une immersion frontale qui ne laisse aucune échappatoire Cold Cuts , texte de Linda McLean, nous fait entrer dans l’intimité la plus banale qui soit : la cuisine d’un couple. Un espace du quotidien, presque rassurant, qui devient ici le théâtre d’une mécanique de destruction. C’est précisément dans cette banalité que la pièce trouve sa force, en abordant de front le sujet des violences conjugales. Le choix d’une mise en scène trifrontale se révèle radical et d’une efficacité redoutable. Les spectateurs, disposés tout autour des comédiens, se retrouvent au plus près de l’action, comme enfermés avec eux dans cet espace clos. Cette proximité crée une immersion foudroyante, presque inconfortable, qui empêche toute distance avec ce qui se joue . Un dispositif d’autant plus pertinent que la simplicité de l’espace scénique permet à la pièce d’être jouée dans de nombreux lieux, renforçant ainsi sa force de frappe et sa capacité à toucher un large public. Le jeu d’Amandine Du Rivau incarne cette femme victime de violences avec une grande justesse, tandis que Régis Lux est glaçant dans le rôle de son mari, mais interprète également les autres personnages, créant un trouble permanent, lorsque les paroles du mari viennent résonner différemment, lors du deuxième acte. À travers eux, on ressent physiquement le climat de terreur qui s’installe peu à peu . Tout passe dans les silences, les gestes, les regards. Et surtout dans celui de cette femme, où la peur devient palpable, où l’on devine l’emprise qui se referme progressivement. Le texte dissèque avec précision les mécanismes de la violence conjugale . Il montre comment le bourreau se pose souvent en victime, renverse les rôles et culpabilise la personne qu’il maintient sous son emprise, jusqu’à lui faire douter de sa propre perception. La pièce met également en lumière l’une des stratégies les plus perverses de cette domination : cette alternance entre violence et tendresse, où un acte brutal est suivi d’un geste d’affection, d’une excuse ou d’une demande de pardon, enfermant encore davantage la victime dans un cycle destructeur. Enfin, la pièce fait le choix d’aller au-delà du texte original de Linda McLean en proposant une seconde partie. Une extension du texte original qui apporte une dimension nouvelle au spectacle : sans minimiser la violence du propos, elle ouvre une possibilité de reconstruction et rappelle qu’une femme peut parvenir à s’extraire de cette emprise. Une lueur d’espoir essentielle au cœur d’un spectacle aussi éprouvant. La pièce est également prolongée par un temps d’échange , un moment essentiel où les spectateurs peuvent partager leur ressenti, leurs questionnements ou parfois leur propre vécu. Un espace de parole qui permet de prolonger la réflexion, de libérer la parole et de rappeler que derrière le sujet abordé se trouvent des réalités humaines encore trop souvent silencieuses. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Une pièce lumineuse qui éclaire un sujet pourtant sombre.
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LAISSE-MOI PARTIR Une pièce lumineuse qui éclaire un sujet pourtant sombre. LAISSE-MOI PARTIR ❤️❤️❤️💛 Une pièce lumineuse qui éclaire un sujet pourtant sombre. Même si la raison du départ de Mathieu est rapidement abordée, je ne m’attarderai pas dessus ici. Ce qui m’intéresse surtout dans Laisse-moi partir , c’est la manière dont la pièce parvient à transformer un sujet difficile en un véritable moment de vie, avec une grande sincérité . Car l’une des grandes réussites du spectacle est de trouver un équilibre particulièrement juste entre l’émotion, l’humour et la tendresse . Et surtout, Laisse-moi partir est souvent très drôle. La pièce ne cherche jamais à provoquer le rire artificiellement : l’humour naît des situations, des caractères, des maladresses et de cette manière très humaine qu’ont les membres d’une famille de se parler, parfois de se chamailler, parfois de se blesser sans réellement le vouloir. Ces moments de légèreté apportent un souffle bienvenu et rendent les passages plus intimes et plus émouvants encore. Le propos aurait pourtant pu facilement basculer dans le pathos ou le mélodrame, mais la pièce évite constamment cet écueil. Elle aborde un sujet lourd avec pudeur et justesse, sans jamais enfermer ses personnages dans la tristesse. Au contraire, elle célèbre la vie, les liens familiaux et ces petits instants de bonheur qui prennent parfois une importance immense. Si Laisse-moi partir fonctionne aussi bien, c’est avant tout grâce à l’écriture de ses personnages. La pièce alterne avec beaucoup de finesse les dialogues familiaux, les moments de partage, les souvenirs, mais aussi les disputes et les incompréhensions. Ces ruptures de ton sont parfaitement maîtrisées : on peut passer du rire à l’émotion en quelques secondes... Ici, personne n’est caricatural. Chacun porte ses propres fêlures, ses maladresses, ses regrets ou ses difficultés à exprimer ce qu’il ressent. Ce sont justement ces imperfections qui rendent les personnages profondément attachants . On se reconnaît dans leurs réactions parfois excessives, dans leurs silences, leurs petites piques, mais aussi dans cette façon parfois maladroite d’aimer ceux qui nous entourent. La relation entre Mathieu et sa sœur est d’ailleurs particulièrement réussie. Leur rapport complexe, fait de tendresse et de tensions, de « je t’aime, moi non plus », sonne avec beaucoup de vérité. Derrière les disputes et les reproches apparaît une complicité évidente, celle de deux personnes qui se connaissent parfaitement et qui, malgré leurs différences, restent profondément liées. Cette complicité se retrouve également sur scène grâce au trio formé par Romain Poli, Cécile Covès et Christine Gagnepain. Leur entente est évidente et communicative. On croit immédiatement à cette famille , à ses habitudes, à ses blessures et à son amour, tant les trois comédiens donnent une grande authenticité à leurs personnages. Leur plaisir de jouer ensemble se ressent et participe largement au charme du spectacle. Même si le fond de Laisse-moi partir est lourd, la pièce choisit de l’aborder avec une véritable lumière. Elle nous rappelle l’importance des liens qui nous unissent, des moments partagés et de ces mots que l’on repousse parfois à dire. Au-delà de son sujet, le spectacle est une invitation à profiter de la vie et à dire à ceux qui comptent qu’on les aime . Un spectacle profondément humain, souvent drôle, parfois bouleversant, qui laisse derrière lui une belle envie : celle de croquer la vie à pleines dents. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Comme suspendu dans un rêve
Découvrez notre critique détaillée du spectacle SUR UN FIL Comme suspendu dans un rêve SUR UN FIL ❤️❤️❤️💛 Comme suspendu dans un rêve Antho, un homme seul sur un banc, nous interpelle pour savoir à quel point nos souvenirs deviennent nos bagages et ont un impacte sur notre vie. Il va nous raconter l'histoire de sa rencontre avec Claire, de leur histoire d'amour, mais aussi de leurs rêves et de la façon dont notre passé a un impact sur nos choix pour les atteindre... Les deux artistes ont mis énormément d'eux dans cette histoire et ça se ressent, tant la proposition semble sincère et juste. Claire et Antho nous invite, avec ce spectacle, dans un moment aussi original que poétique. Poétique : c'est clairement le mot qui résume le plus ce spectacle. Tout ici transpire la poésie. Aussi bien le texte que les chorégraphies semblant sorties tout droit d'un songe. Ils créent leurs univers sous nos yeux, ils jouent avec presque rien, et pourtant ça fait tout. La scène est épurée mais avec une utilisation astucieuse des ombres et de la vidéo. Tout prendra vie sous les yeux émerveillés des spectateurs. Les ombres seront d'ailleurs cruciales. Qu'elles se transforment en décors ou devenant un élément autour duquel évolues les chorégraphies. Et c'est évidemment ces scènes de danse qu'on retiendra en premier lieu. Elles impressionnent par leur inventivité et l'onirisme qu'elle dégage. Chaplin n'est jamais bien loin, dont on retrouve parfois la tendresse et l'humour. Dans certains moments, les deux artistes sont en symbiose au point que souvent l'un semble danser sous l'impulsion de l'autre, un peu comme leurs personnages dans le réel. Mais, la pièce aurait pu se permettre de n'être qu'un simple spectacle de danse, sauf qu'ils ont décidé de l'insérer dans une vraie histoire : la leur... Et c'est un choix gagnant, car ces moments théâtraux, dont les textes inspirent aussi souvent la poésie, apporte jutement un lien. Chaque partie aurait pu vivre seule, mais ensemble elles fonds un tout, un peu comme ces deux artistes... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Ce qu’il me restera : cette émotion aussi foudroyante que sincère…
Découvrez notre critique détaillée du spectacle CEUX QUI RESTENT Ce qu’il me restera : cette émotion aussi foudroyante que sincère… CEUX QUI RESTENT ❤️❤️❤️❤️ Ce qu’il me restera : cette émotion aussi foudroyante que sincère… Etienne, un trentenaire accompagne sa mère malade en Suisse, où celle-ci a décidé de mettre fin à ses jours par suicide assisté... Alors oui, le sujet est lourd, et aurait très facilement pu tomber dans le pathos, mais c'était sans compter sur la finesse d'écriture et surtout sur une incroyable Anne De Peufeilhoux. La comédienne est d'une justesse inouïe qui vient transpercer le cœur du public à chaque réplique. Elle m'a submergé d’émotions par sa façon de nous évoquer ses souvenirs et de nous dire à quel point elle a aimé la vie. Car si le spectacle traite bien du suicide assisté, il le fait avec une grande sensibilité, et au contraire, il célèbre la vie dans tout ce qu’elle a de plus beau… Pour ne pas tomber dans le sentimentalisme gratuit, le spectacle fait le choix judicieux de mettre en parallèle cette histoire avec la rencontre entre Etienne et sa Juliette. Il y sera donc beaucoup question d'amour, avec d'un côté les premiers "je t'aime" et de l'autre ceux qui sonnent comme un adieu. Plusieurs fois, la pièce frôle la ligne du mélodrame sans jamais la franchir et évite bien souvent les discours larmoyants. La pièce transpire de tendresse et de nostalgie, mais aussi d'humour et elle le fait avec un équilibre délicat et parfaitement maitrisé. Car bizarrement, on rit beaucoup, sans que cela aille à l'encontre du propos de la pièce. Ce spectacle a réussi à jouer à la perfection avec mes émotions , essuyant souvent d'un rire les larmes que je ne pouvais retenir. Et si on m'avait dit que j'allais fondre en écoutant du Sardou ! Mais surtout, cette pièce m'a donné une envie furieuse de courir dire à ma mère à quel point je l'aime... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Le cinéma s’invite chez Corneille
Découvrez notre critique détaillée du spectacle L’ILLUSION COMIQUE Le cinéma s’invite chez Corneille L’ILLUSION COMIQUE ❤️❤️❤️❤️ Le cinéma s’invite chez Corneille Il y a quelques jours, je découvrais le Collectif l’Émeute et leur Je u de l'amour et du Hasard , et ils m’avaient bluffé par l’énergie et la modernité qu’ils insufflaient à Marivaux. J’étais donc très curieux de voir ce qu’ils feraient d’un autre monument du théâtre classique : L’illusion comique de Corneille. Et il n’a pas fallu attendre longtemps pour que je sois conquis . Dès l’entrée en salle, l’univers du cinéma s’impose . Deux ouvreuses déambulent parmi les spectateurs, vendant leurs confiseries comme au bon vieux temps des salles obscures. Car si Corneille proposait déjà une mise en abyme en plaçant le théâtre dans le théâtre, Frédéric Cherboeuf choisit ici d’y substituer le cinéma, et ce détournement fonctionne à merveille. En tant qu’amateur du 7e art, j’ai été instantanément séduit. Le cinéma est partout, dans une mise en scène qui redouble d’inventivité . Sans trop en dévoiler, le spectacle joue brillamment avec les codes du grand écran, jusqu’à transformer le plateau en véritable studio de tournage. La pièce prend parfois des airs de comédie musicale , grâce à l’intégration d’interludes musicaux et de chants en alexandrins interprétés en live. Cela donne une nouvelle dimension au texte, en intensifiant le rythme et en soulignant la musicalité propre au texte de Corneille. Et pourtant… je l’avoue : les pièces en vers ne sont pas mon terrain de jeu favori. Elles me demandent souvent un effort de concentration pour en « traduire » le sens. Mais ici, ma fascination pour ce qui se passait sur scène a tout surpassé. Il faut dire que les comédiens débordent d’énergie et jouent avec finesse sur tous les registres (tragédie, comédie, farce). Ils parviennent à apporter une modernité, parfois même une sensualité inattendue, au texte original, sans jamais le trahir. Cette lecture moderne de L’illusion comique enrichit la métaphore du spectacle dans le spectacle, tout en rendant un vibrant hommage au cinéma. Décidément, en une semaine, le Collectif l’Émeute n’a cessé de m’impressionner et est devenu une troupe dont je vais suivre attentivement le travail… Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF













