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- Le OFF 2025 baisse le rideau
Découvrez notre critique détaillée du spectacle BILAN FESTIVAL OFF 2025 Le OFF 2025 baisse le rideau BILAN FESTIVAL OFF 2025 Le OFF 2025 baisse le rideau Voilà, c’est déjà la fin de ce fabuleux Festival et donc le moment du bilan. Je voulais commencer par remercier tous ceux qui me suivent. Cette année a vraiment eu l’effet d’un tremplin, avec plus de 20 000 critiques lues sur le site. J’écris pour partager ma passion et aider les festivaliers à choisir des spectacles, et voir que de plus en plus de gens viennent consulter mes avis, avoir leurs retours, ainsi que ceux des artistes, ça motive énormément à continuer. Cette édition aura été assez folle : 52 spectacles vus sur plus de 1700 proposés, dont seulement 4 réelles déceptions (dont j’ai choisi de ne pas parler sur le site). J’ai vraiment eu la sensation que les spectateurs étaient présents en masse, avec de nombreuses salles combles. Il faudra attendre les chiffres officiels, mais j’ai le sentiment que c’était une très grosse année pour le OFF. Ça fait chaud au cœur de voir un public si nombreux, surtout quand on compare avec le monde du cinéma, où la situation est bien plus morose… comme en témoigne la fermeture, la semaine dernière, de trois salles dans ma ville… Mais ce que je retiendrai avant tout, ce sont mes deux immenses coups de cœur : MADE IN FRANCE , pour son écriture à la fois engagée et d’une drôlerie mordante, et sa mise en scène de haut vol. MARIUS , qui a réussi à me faire éclater de rire et verser des larmes, alors que je connais le film de Pagnol par cœur. Ça aura aussi été le plaisir de faire découvrir mon coup de cœur 2024 à des amis : ARIANNE, UN PAS AVANT LA CHUTE , un spectacle hybride qui aura fait salle comble tou le festival : succès mille fois mérité. De l’émotion et des larmes, j’en ai eu en pagaille cette saison : TOUT CONTRE LA TERRE , pour son histoire d’amour et son hommage vibrant aux agriculteurs. EMMA PICARD , avec une Marie Moriette magistrale, qui m’a touché en plein cœur. LE DESTIN SE MOQUE DES CHOIX , et son dernier acte ravageur . UN SOUPÇON D’AMITIÉ , pour son histoire poignante et une Ariane Brousse bouleversante. LE CHANT DES LIONS , une fresque historique qui m’a littéralement donné la chair de poule. Et puis il y a eu ces spectacles hors normes, qui m’ont laissé des images gravées à jamais : FACE AUX MURS , sans doute le spectacle de cirque le plus impressionnant que j’aie vu, où les prouesses des acrobates n’ont d’égal que le travail magistral sur les lumières. HAPPY APOCALYPSE , une proposition qui divisera peut-être, mais dont la scénographie sidérante pulvérise les frontières entre le IN et le OFF. Comme on dit souvent : « Quand on n’a pas les moyens, on a les idées » , et le OFF l’a une nouvelle fois prouvé avec une ingéniosité débordante : MADE IN FRANCE , que je citais déjà plus haut, avec sa batterie au cœur d’une mise en scène dynamique et ce décor en constante évolution. CLÉOPÂTRE , mis en scène par Éric Bouvron , qui nous embarque sans décor dans une chorégraphie tourbillonnante et inventive. DEMAIN TOUT LE MONDE AURA OUBLIÉ , qui enchaîne les idées à un rythme effréné. LE CHANT DES LIONS , et son immense travail sur le son avec ces bruitages créés en live par Mehdi Bourayou. KÉVIN , et sa conférence théâtralisée participative. Ce OFF 2025, c’est aussi la découverte d’une troupe fabuleuse, le Collectif l’Émeute , qui a réussi la prouesse de me faire redécouvrir deux classiques : LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD et L’ILLUSION COMIQUE . Avec un immense respect du texte, ils arrivent à moderniser ces œuvres grâce à leur mise en scène inventive et à l’énergie incroyable des comédiens. Et puis, bien sûr, tous ces immenses comédiens. Je ne pourrai pas tous les citer, mais comment oublier : Julie Cavana , et sa palette de jeu folle dans TRÉSOR NATIONAL . Marie Moriette , qui m’a transpercé le cœur dans son seule-en-scène EMMA PICARD . Ariane Brousse , et l’intensité bouleversante de son jeu dans UN SOUPÇON D’AMITIÉ . Pamela Ravassard , aussi magnétique que la poésie de sa mise en scène de ZOOM . Maud Forget , bouleversante d’intériorité contenue dans la peau de la jeune accusée dans LE PROCÈS D’UNE VIE Côté comédiens : Romain Lagarde , qui réussit presque à faire oublier Raimu dans MARIUS . Teddy Melis , et la subtilité qu’il apporte à Panisse dans la même pièce. Michaël Hirsch , et ce lien si fort qu’il tisse avec son public. Grégory Nardella avec son jeu intense mêlant grotesque et tension dans une scène hilarante de NOTRE JEUNESSE Mais celui que je retiendrai plus que tout, c’est Axel Granberger , pour son interprétation hallucinante de ROBERTO ZUCCO , dans une pièce aussi viscérale que dérangeante. Bref, clairement l’une de mes plus belles saisons de ce fabuleux Festival, qui aura été une nouvelle fois un tourbillon d’émotions. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique COMME IL VOUS PLAIRA – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle COMME IL VOUS PLAIRA COMME IL VOUS PLAIRA ❤️❤️❤️❤️ Voici l’adaptation d’une pièce de Shakespeare qui n’est pas sa plus connue, et chose rare dans son répertoire, une comédie. On y retrouve pourtant les thèmes qui survolent ses œuvres comme les familles qui se déchirent ou bien une histoire d’amour impossible. La pièce commence de façon très classique, face au public, devant un rideau fermé, histoire de mettre en place les personnages et les enjeux. J’avoue même avoir eu peur que cela soit pour le coup un peu trop classique, sauf qu’au fameux levé de rideau, la pièce prend son envol pour tout emporter avec elle. Déjà par son très beau décor qui illustre la forêt d’Ardenne, mais surtout par ce qui se dégage de la pièce, avec son parti pris de moderniser l’œuvre sans jamais dénaturer son propos. On ressent vraiment l’esprit de troupe des comédiens, menés par une Barbara Shulz impressionnante. Leur plaisir sur scène est communicatif, ils envahissent chaque espace de la scène et c’est un vrai régal de les voir délivrer une telle énergie. D’autant plus que c’est souvent très drôle, flirtant continuellement avec le burlesque et leurs moindres mimiques, gestuelles, voir surjeux totalement assumés, sont un véritable délice. Et la pièce cumule les bonnes idées de mise en scène et surtout s’appuie sur des passages musicaux véritablement maitrisés, pour le plus grand bonheur du public. Une comédie loufoque et musicale qui fait un bien fou. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique L'INVENTION DE NOS VIES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle L'INVENTION DE NOS VIES L'INVENTION DE NOS VIES ❤️❤️❤️❤️ La pièce commence par une scène de fête. Ça chante, ça danse, ça rit, mais très vite elle changera de ton. Johanna Boyé nous livre un thriller passionnant. Et s'il y a un point commun entre toutes ses mises en scène, c'est bien le dynamisme qu'elle y apporte. Ça va à une vitesse folle, comme l'entrée et les sorties des personnages qui s'enchaînent à un rythme frénétique. La pièce enchaîne les rebondissements, et même si le mensonge est le thème central, elle nous entraînera sur des chemins aussi multiples que surprenant et intelligement travaillés. On sera même parfois surpris à rire, comme lors de cette émission de littérature désopilante. Au final, j'ai bien souvent eu l'impression d'être au cinéma. Sentiment intensifié par la scénographie sobre, mais avec cette arche métallique qui semble souvent découper un écran sur scène. Niveau casting, aucune fausse note, et même si la plupart des personnages sont antipathiques, ils n'en sont pas moins intéressants, et on ne peut qu'être admiratif devant leurs interprétations, et le fait que les comédiens arrive tout de même à nous faire ressentir de la compassion pour eux. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Un cri de colère pour ces femmes qu’on voudrait invisibiliser.
Découvrez notre critique détaillée du spectacle BADJENS Un cri de colère pour ces femmes qu’on voudrait invisibiliser. BADJENS ❤️❤️❤️❤️ Un cri de colère pour ces femmes qu’on voudrait invisibiliser. Badjens te prend dès la première image et ne te lâche plus : une adolescente iranienne sur une barricade, en plein mouvement « Femme, Vie, Liberté », prête à brûler son voile. Un geste de révolte brut, mais surtout l’aboutissement d’une vie entière d’oppression. Et très vite, la pièce fait ce que le théâtre fait rarement aussi frontalement : elle remonte le fil du temps pour expliquer la colère . Pour Zahra, naître signifiait presque déjà mourir. Dans ce monde profondément patriarcal, sa “faute” originelle est simple : être née fille. Point. Non désirée, déjà assignée à une place inférieure, elle grandit sous le poids des injonctions et des humiliations ordinaires. Et puis il y a ce surnom : “Badjens”, donné par sa mère — “effrontée”, “mauvais genre” — qui agit comme la prophétie de son destin. La pièce déroule alors les étapes de cette existence marquée par les injonctions, les humiliations diffuses et les micro-violences quotidiennes, autant de fragments qui construisent progressivement une colère irréversible. Au cœur du récit, Alice Rahimi impressionne par une incarnation habitée, presque à vif . En moins d’une minute, elle installe une montée émotionnelle fulgurante qui se traduit déjà par les premières larmes sur son visage. Sans effet, sans surjeu, elle laisse simplement affleurer une colère qui brûle de l’intérieur et saisit immédiatement le spectateur. La mise en scène accompagne cette tension avec une grande précision. Le clair-obscur sculpte les visages et donne une épaisseur aux silences. Dans cette pénombre travaillée, la chevelure de la comédienne devient un symbole puissant : libre, mouvante, indomptable. Par moments, la pièce offre de véritables tableaux d’une puissance visuelle saisissante. La musique joue un rôle essentiel dans cette montée en intensité. Portée par un duo présent sur scène, elle mêle chants arabes et musique électro. Dans un pays où il est interdit aux femmes de chanter en public, ces chants prennent une dimension politique évidente, et deviennent le relais lorsque les mots ne suffisent plus. En fond de scène, des vidéos ponctuent le récit sans l’alourdir, ouvrant des brèches vers le réel et la mémoire collective. Cette sobriété permet l’émergence d’images fortes, où corps, parole et projection se répondent avec intensité. Peu à peu, le récit individuel bascule en cri collectif. Badjens devient un hommage à toutes ces femmes à qui l’on refuse le droit d’exister pleinement, de disposer de leur corps, de vivre libres. Un spectacle tendu, frontal, sans échappatoire. Un cri puissant qui laisse une trace indélébile. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique BILAN FESTIVAL OFF 2021 – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle BILAN FESTIVAL OFF 2021 BILAN FESTIVAL OFF 2021 Quel bonheur, après deux ans, d'avoir ENFIN retrouvé ce festival OFF qui est si cher à mes yeux. Et quelle saison!!! C'est bien simple, de mémoire, je n'ai jamais connu un festival aussi qualitatif. Alors, oui, mon ressenti est peut être décuplé par ce manque, ou bien par celui de ces artistes qui ont clairement tout donné sur scène avec une joie de retrouver les planches communicative. Sur 22 spectacles vus, le plus mauvais était simplement bon. Le reste a oscillé entre le très bon et des coups de cœur comme s'il en pleuvait. Je pense bien sûre à "Adieu monsieur Haffman" et "Gardiennes", que j'avais déjà vu, mais que j'ai eu la joie de pouvoir faire découvrir à mon entourage, "Les filles aux mains jaunes" avec ses personnages féminins inoubliables, "Je ne cours pas, je vole", pour sa leçon de vie et l'énergie positive qu'elle dégage, "Une vie sur mesure" spectacle dingue où les émotions se mêlent à la musique. Mais surtout LE spectacle qui m'aura mit une baffe monumentale, dont je suis sorti les poils dressés et tremblant d'émotions : "Les poupées persanes" qui est parfait sur toute la ligne (écriture, mise en scène, jeux d'acteurs, décors, message véhiculé...)... simplement une des plus belles pièces que j'ai eu la chance de découvrir en 11 ans de OFF. Une sélection de 22 spectacles avec une grande diversité, théâtre classique, moderne, seuls en scène, comédie, tragédie, pièces dont tu ne ressors pas indemne, mais aussi spectacle de danse, d'acrobates, comédie musicale et même cette expérience de théâtre immersif "connecté"... 22 spectacles qui m'auront fait vivre toutes les émotions possibles. J'ai ri, pleuré, rêvé, été choqué, ému, angoissé, émerveillé... Mais ce festival aura aussi eu une facette beaucoup moins reluisante, à cause de cette crise sanitaire... 1000 spectacles (et beaucoup moins sur la fin) au lieu des 1600 habituels. Et surtout BEAUCOUP moins de monde dans les rues... et donc dans les salles... Et même si les grosses affiches faisaient salles combles, les autres ont clairement peiné à attirer le public. Les rues semblaient désertiques, comme cette place des Corps Saints, devenu mon QG au fil des années, où les terrasses semblaient bien vides comparé à la vie débordante à laquelle elles m'avaient habitué. Les animations de rue habituelles se sont aussi faites très rares, souvent remplacées par des manifs... Là où mon acte militant était plutôt de brandir mes billets d'entrées, bien plus nécessaire à mon sens pour redonner vie à une profession qui a tellement été oubliée par la crise... Je finirai par cette phrase que nous a lancé une actrice, hier soir à la clôture du festival, et qui résume tout "N'oubliez pas que notre vie ne s'arrête pas au Festival, on aura encore besoin de vous demain pour pouvoir vivre..." Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Une montagne russe impressionnante mais qui peut donner la nausée
Découvrez notre critique détaillée du spectacle ROUILLE ET PAILLETTES Une montagne russe impressionnante mais qui peut donner la nausée ROUILLE ET PAILLETTES ❤️❤️❤️ Une montagne russe impressionnante mais qui peut donner la nausée 24 heures après avoir vu le spectacle, je ne sais toujours pas quoi en penser, mais ce qui est sûr, c’est que c’est un ovni qui divisera le public. Donc, voici une famille pas comme les autres : les Clapier. Une famille déjantée, au bord de la crise de nerfs, qui passe son temps à se hurler dessus pour exprimer ses sentiments. Ça jongle constamment avec les styles, les modes de narration et les ruptures de rythme. Régulièrement, ça part loin dans le grotesque, dans la distorsion de la réalité, et j’avoue qu’ils m’ont régulièrement perdu dans le délire. Mais régulièrement, ils m’ont récupéré, par leur humour grinçant, ou certains moments étonnamment plus profonds et poétiques. Car oui, le spectacle est un énorme bordel, totalement assumé, mélangeant le réel et les fantasmes de ses personnages. Et d’ailleurs, il faut bien lui reconnaître son sens du rythme effréné. D’autant plus que la scénographie apporte quelques moments sublimes. Souvent très dynamique avec un décor et des corps constamment en mouvement, elle offre aussi des moments suspendus qui amènent un côté fantaisiste. Les comédiens en font des caisses, en hurlant parfois jusqu’à l’overdose. Mais là aussi, ça colle avec cette famille et son univers, et les comédiens incarnent parfaitement leurs personnages. Martin Durrmann se montre même assez bluffant par moments, comme lorsqu’il se lance dans un numéro de danse assez saisissant. Alors, oui, clairement, je ne suis pas rentré totalement dans le délire, mais ce qui est sûr, c’est qu’avec les années il me restera inévitablement des moments de cet ovni théâtral. Et rien que pour ça, est-ce qu’ils n’auraient pas réussi leur pari ? Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Moderne, malin, hilarant : Fêlures bouscule les codes et régale
Découvrez notre critique détaillée du spectacle FÊLURES Moderne, malin, hilarant : Fêlures bouscule les codes et régale FÊLURES ❤️❤️❤️❤️ Moderne, malin, hilarant : Fêlures bouscule les codes et régale Chaque année, le Festival OFF est aussi l’occasion de découvrir de nouvelles troupes qui viennent marquer durablement mon parcours de spectateur. Et cette année, Anthony Dubos et sa bande s’imposent sans hésitation dans cette catégorie. Dès les premières minutes, Fêlures frappe fort avec une proposition hybride mêlant théâtre et cinéma, pour offrir une expérience résolument moderne . Et le ton est donné immédiatement : la pièce démarre sur les chapeaux de roue avec une ouverture terriblement efficace, qui capte l’attention et annonce d’emblée la couleur. Ici, la vidéo est loin d’être un simple gadget : elle fait partie intégrante du spectacle . Fêlures crée un véritable dialogue entre les codes du cinéma et ceux du théâtre… dont les comédiens sortiraient littéralement de l’écran pour prendre vie sous nos yeux. Le procédé devient particulièrement bluffant lorsque les actions à l’image et sur scène se synchronisent avec précision, créant des effets d’une fluidité saisissante. Ce parti pris est renforcé par une scénographie épurée, dominée par cet écran central , véritable pivot du spectacle. Autour de lui, quelques éléments modulables suffisent à installer les espaces et à soutenir un rythme soutenu. Ce minimalisme sert pleinement la narration et accentue encore cet équilibre entre cinéma et théâtre. La construction du récit, elle aussi, emprunte au langage cinématographique. Non linéaire, découpée en chapitres, elle n’est pas sans rappeler certains films à la narration éclatée, où plusieurs trajectoires finissent par se percuter au cours d’une même nuit. Trois histoires, trois destins, qui s’entrecroisent progressivement dans une mécanique aussi ludique qu’efficace . Et pourtant, à trop vouloir souligner l’inventivité formelle du spectacle, on en oublierait presque l’essentiel : Fêlures est avant tout une comédie hilarante . L’écriture fait mouche, le sens du timing est redoutable, et les répliques s’enchaînent à un rythme effréné… tout comme les éclats de rire dans la salle. Cette efficacité est portée par une troupe visiblement heureuse d’être sur scène, dont l’énergie et le plaisir de jeu deviennent rapidement communicatifs, créant un véritable lien avec le public. Mais derrière les rires, la pièce laisse aussi apparaître ses aspérités. Car ces fameuses “fêlures” donnent au spectacle une profondeur inattendue . Les trois récits ont en commun ces personnages jeunes, un peu paumés, qui font des choix discutables pour tenter de s’en sortir. Des décisions jamais glorifiées, et dont les conséquences viennent constamment les rattraper, apportant au récit une gravité inatendue. On pourra toutefois noter un léger déséquilibre dans la tonalité de l’humour entre les différents arcs narratifs. Là où le duo masculin assume pleinement un registre burlesque — deux véritables pieds nickelés, accumulant les bourdes avec une efficacité comique redoutable — le duo féminin adopte une approche plus grave . Sans être dénué d’humour, leur parcours apporte une densité émotionnelle qui contraste avec l’énergie plus débridée de leurs homologues masculins. Enfin, malgré une première mise en scène impressionnante de maîtrise et d’ambition, tout n’est pas encore parfaitement abouti. On pourra notamment regretter un mixage sonore parfois inégal sur les parties vidéo, ainsi qu’un antagoniste au traitement un peu caricatural, dont l’arc apparaît moins abouti que le reste. Mais cela reste finalement secondaire au regard de la générosité de l’ensemble. Car Fêlures séduit par son audace, son inventivité et le plaisir évident qu’il procure . Une proposition hors normes, portée par une jeune troupe à suivre de très près, et que je vous invite vivement à découvrir. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique LA VOIX D'OR – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA VOIX D'OR LA VOIX D'OR ❤️❤️❤️❤️ Un dramaturge en panne d'inspiration va découvrir dans l'histoire de Charles Gentes, le grand-père de son producteur, une formidable histoire à nous raconter. Alors, oui, le metteur en scène qui créer son spectacle sous nos yeux, on a déjà vu, mais ici il y a vraiment un truc qui se passe. Déjà l'histoire est passionnante. On assiste à une épopée familiale sur trois générations où les secrets de famille vont ressortir. La tragédie entre Charles Gentes et Christine Versel, nous fera voyager au fils des années, entre rires et larmes, à travers l'imagination de l'auteur. Il y une maîtrise du rythme exemplaire, avec des aller-retours dans le temps où la fiction et la réalité vont se mélanger. Les scènes vont s’enchainer, grâce à une scénographie très inspirée et tout ceci en chansons. Car avant tout, UNE VOIX D'OR est une magnifique comédie musicale, au choix judicieux de chansons du répertoire français qui feront continuellement avancer l'évolution des personnages. Et forcément quand on a rendez-vous avec Brel, Piaf, Aznavour et autres Brassens, c'est du bonheur. Sans compter qu'il y a un esprit music-hall qui survole l'ensemble pour le plus grand plaisir du public. Et si le spectacle choral est aussi réussi, c'est certainement grâce aux comédiens aux multiples talents : que ce soit par leur jeu, leur chants ou leurs danses, ils nous offrent la définition même du spectacle vivant. Mais surtout, je retiendrai Sandrine Seubille, fabuleuse dans le complexe rôle de la grand mère, au point de voler la vedette à une troupe pourtant au diapason. Je suis totalement tombé sous le charme de cette pièce musicale mélangeant humour et drame, en y apportant fraicheur et dynamisme. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique MAIS T’AS QUEL AGE ?! – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle MAIS T’AS QUEL AGE ?! MAIS T’AS QUEL AGE ?! ❤️❤️❤️💛 Marion Pouvreau va cataloguer le public en cinq catégories d’âge, de la génération « silencieuse » à la génération Z, afin de dresser un portrait de notre société. Ça sera le fil rouge de son spectacle, où elle s’amusera à se moquer de nos habitudes et des codes de chaque génération. Elle incarnera une famille fictive, avec cinq personnages d’âge divers qui auront souvent du mal à se comprendre. Chaque spectateur se retrouvera à un moment ou un autre dans l’un d’eux, d’autant plus qu’elle interagira régulièrement avec le public, le remettant constamment au centre du sujet. Ce choc des générations sera l’occasion de multiples situations souvent très drôles, avec un humour parfois grinçant, et elle surprendra à nous émouvoir par moment avec ce fameux « temps qui passe ». Marion Pouvreau est pétillante, sa bonne humeur communicative et son énergie sont un vrai bonheur à voir. Elle nous propose un seul en scène familial qui plaira au plus grand nombre. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Ou le pouvoir incontrôlable des réseaux sociaux…
Découvrez notre critique détaillée du spectacle MICHELLE, DOIT-ON T’EN VOULOIR D’AVOIR FAIT UN SELFIE À AUSCHWITZ ? Ou le pouvoir incontrôlable des réseaux sociaux… MICHELLE, DOIT-ON T’EN VOULOIR D’AVOIR FAIT UN SELFIE À AUSCHWITZ ? ❤️❤️❤️❤️ Ou le pouvoir incontrôlable des réseaux sociaux… Alors que le public s'installe, Michelle est déjà sur scène, dans sa chambre à écouter de la musique. Une ado qui partira bientôt en voyage scolaire à Auschwitz, où elle prendra ce fameux selfie qui déclenchera une vague de haine sur les réseaux sociaux… Alors coupable ? La pièce montrera les faits du point de vue des jeunes , mais ne prendra pas pour autant parti et fait le choix de ne pas juger son personnage, laissant le public se forger son avis. La jeune compagnie Nandi va redoubler d'énergie pour incarner l'insouciance de ses ados et de leurs avatars qui les représentent sur la toile. Car bien plus que le selfie en question, c’est l’addiction aux réseaux sociaux qui est le centre du débat , ainsi que la puissance qu’ils ont acquis dans le monde actuel… En effet, quand il montre ces élèves et les professeurs qui les accompagnent, l’auteur nous pointe aussi du doigt (moi le premier, qui tape cet avis qui sera bientôt diffusé sur internet…). Les messages sur les réseaux seront incarnés par les acteurs, plutôt que de tomber dans la facilité de la simple projection sur écran. Ce qui apporte parfois un côté comique aux échanges des ados, mais qui devient aussi des plus oppressants lorsque l'engrenage se met en marche avec un effet boule de neige incontrôlable. La pièce alterne ainsi les ruptures de ton, alternant la comédie, la réflexion, voir l’effroi… La scénographie propose un décor sobre et épuré, axé sur des balançoires, comme pour nous rappeler que ces ados sont encore des enfants… Là encore, les smartphones auront une place centrale, devenant parfois la seule source d’éclairage de la scène. La mise en scène offre des moments assez inspirés , au point de réussir à rendre la découverte du camp de la mort saisissante, sans jamais le montrer. La musique aura aussi une véritable importance, avec notamment des scènes chorégraphiées à l’efficacité redoutable et apportant chacune une ambiance particulière à des moments phares de ce fait divers. La compagnie Nandi nous offre un spectacle aussi original que marquant. On voudrait même que ça aille plus loin, mais la pièce n'est pas là pour apporter des réponses, mais plutôt pour interroger le public sur ce fait divers. En règle générale, la troupe fait justement un bord de scène pour débattre du sujet, mais ici on est au OFF, lieu où nous n'avons déjà pas le temps d'applaudir les artistes qui nous offrent de telles propositions… Alors, doit-on en vouloir à Michelle ? Je vous incite vivement à aller vous faire votre opinion en découvrant la pièce. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Un jeu d’adaptation où rien n’est laissé au hasard
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD Un jeu d’adaptation où rien n’est laissé au hasard LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD ❤️❤️❤️❤️ 💛 Un jeu d’adaptation où rien n’est laissé au hasard Pour mettre en scène ce classique de Marivaux, la compagnie Le collectif l’Émeute fait le pari audacieux de moderniser la pièce, tout en respectant profondément le texte original . Sur le plateau, le décor évoque une guinguette de bal populaire. Un choix loin d’être anodin tant la musique, les chansons et le spectacle sont au cœur de cette relecture. Si les dialogues restent fidèles à Marivaux, la mise en scène, elle, introduit un savoureux anachronisme, ponctué de moments chantés et de délires réjouissants, déclenchant régulièrement les rires du public. Le classique se transforme ainsi sous nos yeux en une véritable fête populaire. Cette ambiance festive se reflète aussi dans les costumes volontairement décalés : le père en chef d’orchestre, Arlequin en rockeur, Lisette en mariée… Tout est fait pour créer un univers détonant et résolument contemporain. La pièce garde toute sa puissance intemporelle , portée par des thèmes universels tels que l’amour et les barrières sociales. Et si l’on rit beaucoup, la réflexion, elle, n’est jamais bien loin. Le texte original possède déjà un fort potentiel comique, entre quiproquos savoureux et mise en miroir des classes sociales. Mais ici, cet effet est décuplé par le jeu des comédiens, qui débordent d’énergie et vont littéralement retourner le plateau avec une énergie festive. Un véritable esprit de troupe anime cette mise en scène, et contamine joyeusement le public. Leurs surjeux assumés et leurs mimiques jubilatoires font mouche. Je retiendrai notamment Jérémie Guilain : chacune de ses apparitions en Arlequin déclenche l’hilarité générale. Avec cette version contemporaine, vive et rafraîchissante , Le collectif l’Émeute se réapproprie Le jeu de l'amour et du hasard pour nous offrir une version moderne et rafraichissante. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique LA CHAMBRE DES MERVEILLES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA CHAMBRE DES MERVEILLES LA CHAMBRE DES MERVEILLES ❤️❤️ C’est la nouvelle mise en scène de Jean-Philippe Daguerre, et de ce côté-là, il ne déçoit pas. Entre les jeux de lumière, les projections, les murs transparents… il enchaine les scènes et offre un spectacle dynamique. Je noterai aussi la performance de certains comédiens, comme le jeune Théophile Baquet qui te fait dire que dans la famille, ils ont ça dans le sang. Mais aussi Jean Aloïs Belbachir qui aura été un des rares personnages à me toucher… Parce que malheureusement, l’histoire ne m’a jamais attrapé et je suis resté un peu en dehors (et vu les applaudissements du public, c’est surement un ressenti très personnel). Ca transpire de bons sentiments, mais je n’ai pourtant jamais ressenti d’émotions. Le sur-jeu de l’ensemble y est peut-être pour quelque chose, comme ce titre qui justement m’en vendait trop. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF













