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- L’amour fraternel porté par l’échiquier du temps
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA DANSE DES CAVALIERS L’amour fraternel porté par l’échiquier du temps LA DANSE DES CAVALIERS ❤️❤️❤️ L’amour fraternel porté par l’échiquier du temps Je dois l’avouer : au départ, j’ai eu peur. J’ai toujours un peu de mal lorsque des adultes jouent des enfants. Il y a souvent un côté surjoué, artificiel, qui me fait décrocher presque instantanément. Et pourtant… La danse des cavaliers a réussi à me choper... La pièce s’ouvre sur deux papis, assis autour d’un plateau d’échecs. Une image simple, presque anodine, mais qui intrigue. Puis, peu à peu, le spectacle se déploie comme un puzzle , multipliant les allers-retours dans le temps pour nous faire remonter le fil de la relation entre ces deux frères. Une relation fusionnelle, construite autour du jeu et de ces parties d’échecs qui deviennent le cœur battant de leur lien. Sous nos yeux, ils redeviennent enfants, adolescents, puis adultes. Et là où je craignais de sortir du spectacle, la magie opère bien souvent. Les transitions temporelles sont remarquablement fluides, portées par un travail de lumière particulièrement soigné , qui accompagne ces bascules avec finesse et clarté. Une douce mélancolie s’installe progressivement. Derrière la légèreté apparente, derrière les jeux et l’insouciance, affleure quelque chose de plus profond : le temps qui passe, les blessures qui s’impriment, les chemins qui divergent . L’arrivée de cette jeune fille, qui vient bouleverser leur équilibre, apporte de jolis instants d’émotion, notamment dans la découverte des premiers élans amoureux, ici encore sublimés par un travail de lumière délicat qui leur confère une véritable poésie. Reste que le jeu des enfants, parfois un peu caricatural, demeure pour moi une limite en termes d’investissement émotionnel. Il crée par moments une légère distance, m’empêchant d’être totalement immergé dans ce qui se joue. Et pourtant la pièce réussit à trouver son équilibre : malgré cette réserve, elle parvient à toucher juste. Sous ses airs presque enfantins, elle raconte une histoire de liens indéfectibles, d’usure du temps, de ce que l’on devient malgré soi . Elle parle de ces moments où l’on se laisse dépasser, où la vie nous échappe un peu. Alors oui, tout ce qui, sur le papier, aurait pu me faire sortir du spectacle est bien là. Et pourtant, La danse des cavaliers possède suffisamment d’atouts — dans son écriture, sa construction et sa sincérité — pour réussir à me toucher. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique EN THÉRAPIE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée de la série EN THÉRAPIE EN THÉRAPIE ❤️❤️❤️❤️💛 Remake Français d’une série Israélienne à succès qui a connu une vingtaine d’adaptations, on y suit, jour après jour, les séances de cinq patients chez un psy. Le duo Toledano/Nakache, non content de nous proposer certains des films français les plus intéressants de ces dernières années, décide donc de confirmer leur talent sur petit écran avec ce qu’ils savent le mieux faire : raconter l’humain. Le tour de force de la série est de nous faire croire dans un premier temps que l’on suit les thérapies des patients, puis au bout de quelques épisodes, celle du thérapeute, pour au final se rendre compte qu’on est peut être bien en train de faire la nôtre, tant la série va réveiller des choses en nous. Car la série a la bonne idée de placer son intrigue au lendemain de l’évènement qui a certainement marqué le plus la mémoire collective : les attentats du 13 novembre. La série parlera donc au plus grand nombre, d’autant plus qu’elle abordera d’autres sujets universels, comme la communication dans le couple, les rapports parents-enfants, l’estime de soi… ce qui aidera le spectateur à se retrouver dans les thèmes abordés et donc s’investir dans cette expérience. Cette identification est facilitée grâce à un casting de haut vol, dirigé de main de maître. Même si les personnages ont souvent un côté « agaçant » de prime abord, le talent des acteurs finit par les rendre plus attachant les uns que les autres. Mélanie Thierry, dégageant un charme fou, avec un panel d’émotions hallucinant, arrivant à passer du rire aux larmes en une seconde. Reda Kateb qui prouve une fois de plus qu’il est l’un des plus grands acteurs français de sa génération. Céleste Brunnquell, LA révélation de cette série, qui m’avait déjà bluffé avec sa sublime prestation dans « Les éblouis » (que je vous invite à découvrir). Ce couple en crise incarné par un Pio Marmai dont le naturel n’a d’égal que la froideur, servant d’armure à sa compagne, Clemence Poésy. Et bien sûr, Frédéric Pierrot, avec sa voix chaleureuse et rassurante, mais aussi ses subtils changements de jeu en fonction de ses patients. Sans oublier une Carole Bouquet impassible et glaçante, parfaite de son rôle de contrôleuse. Etant un huit clos, la mise en scène se concentrera sur les bases du cinéma : le champs, contre champs, l’exploitant à merveille pour retranscrire les réactions des personnages. Chaque silence, chaque regard en dira souvent plus que le moindre mot. Une musique discrète, mais redoutablement efficace, viendra ponctuer les émotions ressenties. Alors oui, il y a 35 épisodes… Et pourtant on se surprend à les enchainer, à devenir accro... Les dialogues sont savoureux, millimétrés, il n’y a pas un mot de trop. Alors oui, la série peut sembler élitiste… Et pourtant elle est profondément humaine et les traumas abordés par les patients finiront souvent par nous parler, de près ou de loin. Bref, une série originale, enrichissante, touchant l’intime avec justesse, jetant un regard sur l’état de notre société, sur la vie, sur les autres, mais avant tout sur soi-même… Et la bonne nouvelle, c’est que la série est intégralement disponible sur le site arte.tv, donc aucune excuse pour ne pas découvrir ce petit bijou télévisuel. Partager
- Critique KIDS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle KIDS KIDS ❤️❤️❤️💛 Décidément, cette journée aura eu un dénominateur commun : La guerre… Après, la première et deuxième guerre mondiale, celle au Liban, nous voici à Sarajevo, où nous rejoignons huit adolescents orphelins qui apprennent à survivre ensemble. Malgré leurs différences ethniques et religieuses, ils forment un groupe soudé, bien loin de la bêtise des adultes. La guerre se termine, et pourtant leur combat restera le même… Dans un coin de la scène, un micro où le narrateur va nous conter l’histoire de ces jeunes qui laisseront indéniablement une trace dans notre mémoire… On fera des allers-retours dans le temps pour découvrir cette bande d’enfants qui n’est pas sans rappeler celle de Peter Pan. On découvre leurs rêves, leurs doutes et leurs espoirs. Il y a énormément de rythme et le spectacle est emporté par l’énergie de la jeunesse et leur insouciance apportant un vent de poésie à la pièce. La mise en scène virevoltante fera une belle place à la musique et sera entrecoupée de chansons. Les huit jeunes comédiens, dont la complicité est flagrante, nous livrent un spectacle qui nous fera basculer entre rire et émotion. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Pris dans l’engrenage de la machine sociale…
Découvrez notre critique détaillée du spectacle RESSOURCES HUMAINES Pris dans l’engrenage de la machine sociale… RESSOURCES HUMAINES ❤️❤️❤️ Pris dans l’engrenage de la machine sociale… Dans cette adaptation du film de Laurent Cantet, Elise Noiraud nous plonge dans l'univers d'une famille ouvrière travaillant dans une usine de province au moment du passage aux 35 heures. Au centre de cette histoire se trouve Franck Verdot, qui revient dans son village natal après de prestigieuses études de commerce à Paris. Il va effectuer un stage dans l’usine où travaillent son père et sa sœur, plein d’illusions et espérant pouvoir apporter des changements significatifs. Le choix de faire du personnage principal un jeune issu d'une classe populaire, propulsé dans le monde du patronat sans en avoir tous les codes, permet à la pièce d'éviter le piège du manichéisme. Ce transfuge de classe se retrouve dans une position inconfortable, voulant aider la classe ouvrière dont il se sent le plus proche, mais confronté à la dure réalité économique. Cette dualité en fait à la fois la fierté de ses proches et lui fait prendre conscience du gouffre social qui s'est creusé entre eux. Sur un plateau nu, avec juste quelques tables et chaises pour décor, que les comédiens déplacent à vue pour illustrer les différents lieux. La pièce enchaîne ainsi les tableaux de manière assez fluide grâce à une belle gestion des lumières et des sons qui installent parfaitement les ambiances. Cependant, malgré l'intérêt que suscite la pièce et les nombreux questionnements qu'elle soulève, j'ai relevé quelques longueurs, notamment lors des passages musicaux. Cela dit, ces moments n'enlèvent rien à la pertinence et à l'impact global de l'œuvre. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique FORMICA – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle FORMICA FORMICA ❤️❤️💛 Sur le papier, voici une comédie qui devrait parler à beaucoup de monde. Nous nous retrouvons au coeur d'un repas de famille où les convives vont avoir du mal à trouver un sujet de conversation et donc finir par aborder des thèmes comme la politique ou le racisme. Alors, il faut réussir à rentrer dans le délire, ce qui à priori a été le cas d'une bonne partie du public, mais pourtant je suis bien souvent resté en dehors. Car même si le côté burlesque et délirant est bien présent, dans l'ensemble, l'humour était un peu trop lourd pour moi. Pourtant, il y a bien quelques passages qui m'ont fait rire, notamment lors de certaines scènes à l'humour noir, même si j'aurais aimé qu'ils poussent le curseur un peu plus loin de ce côté. Idem, pour ce qui concerne le décor. Il est souvent exploité, mais là aussi, vu son ampleur, j'en attendais un peu plus aussi. Mais, l'ensemble reste rythmé et les comédiens semblent s'amuser, et au vu des rires, le public aussi. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique TU SERAS UN HOMME PAPA – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle TU SERAS UN HOMME PAPA TU SERAS UN HOMME PAPA ❤️❤️❤️❤️❤️ Il y a des fois tu as beau savoir que tu vas te prendre un uppercut, que ça va risque de faire mal, ça ne change rien tu ressors KO C'est pour ça que j'y suis allé avec mon presque-grand-frère, Lilian, car je me doutais que ça allait être une épreuve et que j'aurai besoin d'une épaule pour me soutenir (et comme souvent, avec Lilian, elle était là) TU SERAS UN HOMME PAPA Le pitch : C'est le récit des 13 jours de la trop courte vie de Roman, né prématurément, au travers de regard de son père Et c'est fait avec une telle pudeur. Il serait facile de faire dans le larmoyant, mais non, Gaël Leiblang choisit de ne rien rajouter. C'est d'une telle justesse dans les émotions que tu traverses avec ce genre d'épreuve (les doutes, l'angoisse, l'espoir, l'impuissance... jusqu'à la résilience) Souvent l'auteur utilise le sport pour nous illustrer le combat contre cette épreuve, et c'est d'une efficacité exemplaire, nous offrant des tableaux intenses... Alors oui, il est clair qu'on en ressort pas indemne, mais c'est tellement rare de voir un spectacle sur ce sujet, malheureusement tellement tabou Vous savez comment on appelle un homme qui perd sa femme? Un veuf Vous savez comment on appelle un enfant qui perd ses parents? Un orphelin Vous savez comment on appelle un parent qui perd son enfant? Aucun mot n'existe pour ça... Et ça résume tout C'est quand même dingue, dans la langue française (une des plus riche au monde) il n'y a pas un putain de mot qui a été inventé pour ça. Comme si ça ne devait pas exister. Et pourtant, quand tu le vis, je peux vous assurer qu'un simple mot fait la différence. Alors merci, Gaël Leiblang, 1000 merci, pour avoir su trouver les mots justes pour raconter ça Merci pour tous les Roman, tous les Martin T'es mon PUTAIN DE HEROS de ce festival OFF Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Un pas avant un Molière ?
Découvrez notre critique détaillée du spectacle ARIANNE, UN PAS AVANT LA CHUTE Un pas avant un Molière ? ARIANNE, UN PAS AVANT LA CHUTE ❤️❤️❤️❤️❤️ Un pas avant un Molière ? J’aime quand le théâtre arrive encore à me surprendre, et ARIANNE, UN PAS AVANT LA CHUTE est sûrement le spectacle le plus mémorable que le festival m’aura offert cette année. La pièce mêle théâtre, concert, émission de télé et cinéma, créant un spectacle hybride unique. Cette fusion des genres intrigue et surprend le public, offrant une expérience théâtrale hors du commun. Le public est d’abord transporté dans le dernier concert de la tournée de cette immense star du rock au succès fulgurant. Puis on bascule régulièrement de ces scènes de concert à un talk-show où l’artiste se livre sur les événements de cette soirée qu’elle semble avoir oubliés. Au fil de l’interview, la fameuse soirée du dernier concert se rejoue sous nos yeux, plongeant le spectateur dans une enquête musicale. Les souvenirs de la chanteuse sont flous, on est un peu perdu dans un premier temps, mais le puzzle s’assemble assez vite et l’ensemble est surtout fascinant. La mise en scène impressionne, alternant les genres sans aucune coupure et avec une utilisation de la vidéo exemplaire. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais je ne serais pas étonné que la pièce ait le même destin que DENALI , qui avait aussi créé la surprise l’année dernière… Mais surtout, le spectacle brille par la qualité des morceaux musicaux. La bande originale est magistrale, les mélodies restent en tête et le public est en feu lors de ces scènes de concert, ce qui donne encore plus d’impact à l’ensemble. Tout s’enchaîne avec une osmose déconcertante au fur et à mesure que la tension s’installe et l’attention du spectateur ne retombe jamais. Mathilde-Edith Mennetrier livre une prestation magistrale. On est bluffé par l’intensité de son jeu, mais surtout par sa voix et la fougue qu’elle déploie sur scène. Elle brûle les planches avec un tourbillon d’énergie qui n’est pas sans rappeler Izia. Je connaissais Thomas Gendronneau pour son talent de comédien, qui lui a d’ailleurs valu un Molière en 2023, mais je découvre qu’il est aussi un compositeur et un metteur en scène de génie. Et même si j’ai deviné la fin assez rapidement, sur la forme ARIANNE est un chef-d’œuvre. Une pièce hors norme et surtout un IMMENSE coup de cœur qui marquera à jamais mon expérience de spectateur. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Elles choisissent les mots pour combattre les maux…
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LES MAUX BLEUS Elles choisissent les mots pour combattre les maux… LES MAUX BLEUS ❤️❤️❤️❤️ Elles choisissent les mots pour combattre les maux… Sur scène, deux cordes à linge sont tendues, supportant divers vêtements. Les deux comédiennes, Chrystelle Canals et Milouchka, revêtiront ces habits un à un pour incarner leurs personnages tout au long de quinze sketches. Chacun de ces tableaux leur permet de dénoncer les violences faites aux femmes. Bien que le thème soit lourd, elles l’abordent avec une intelligence rare. En solo ou en duo, elles exposent les violences subies par les femmes sous toutes leurs formes, qu’elles soient physiques, verbales ou psychologiques. Par des textes profonds, dont elles sont à l’origine, les deux comédiennes viennent régulièrement toucher le spectateur en plein cœur. Le spectacle est parfois bouleversant, comme ce moment où Milouchka se met à nue pour aborder la grossophobie.. Cependant, elles n’hésitent pas à utiliser l’humour comme arme avec une efficacité redoutable, notamment dans cette scène où elles inversent simplement le rôle des hommes et des femmes. Les maux bleus est un spectacle aussi intense que profond, une œuvre féministe dans sa plus belle forme et surtout un hommage poignant à toutes les femmes battues… Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Il rêvait de cinéma… et nous offre un beau moment de théâtre.
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE SCHPOUNTZ Il rêvait de cinéma… et nous offre un beau moment de théâtre. LE SCHPOUNTZ ❤️❤️❤️💛 Il rêvait de cinéma… et nous offre un beau moment de théâtre. Après le succès de Naïs , Arthur Cachia poursuit son hommage à Marcel Pagnol en s’attaquant à une œuvre rarement portée sur les planches : Le Schpountz . Plutôt que de la moderniser à tout prix, Arthur Cachia choisit de s’inscrire dans la tradition. Son adaptation conserve la langue, les élans, la tendresse et l’humour de Pagnol. La mise en scène, évite tout artifice. Un décor minimaliste, des costumes sobres mais évocateurs, et surtout, une mise en valeur du texte et du jeu des comédiens. Il faut dire que le décor naturel de la salle ronde de La Conditions des Soies est un cadre parfait pour nous plonger dans l’univers de Pagnol. Six comédiens, treize personnages : la troupe impressionne par sa fluidité, sa précision et son énergie. Arthur Cachia incarne un Irénée bouleversant de naïveté et d’obstination, sans jamais sombrer dans la caricature. Il parvient à faire exister ce "Schpountz" comme un véritable héros comique, touchant dans son rêve démesuré de devenir une vedette de cinéma. Je retiendrai aussi Axel Blind, hilarant et tendre en oncle Fabre. Ce qui frappe dans ce Schpountz , c’est la justesse du ton. Le rire est omniprésent, mais il n’est jamais moqueur. Mais surtout, le spectacle devient une déclaration d’amour au métier d’acteur , à ce besoin presque fou de croire à ses rêves, même face au cynisme du monde. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Critique IPHIGENIE A SPLOTT – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle IPHIGENIE A SPLOTT IPHIGENIE A SPLOTT ❤️❤️❤️❤️❤️ Ce spectacle a été un véritable uppercut... dans tous les sens du terme... Un seule en scène (ou presque) d'une puissance phénoménale. Là scène est envahie par les instruments des trois musiciens qui accompagneront la comédienne. Une musique electro-rock omniprésente venant souligner parfaitement le parcours de notre heroine. Sur le plateau, un ring, délimité par une corde lumineuse. Un ring, sur lequel entrera Effie, une zonarde de Slott, un quartier délaissé de Cardiff, prête à en découdre avec nous... Un ring sur lequel elle déversera sa rage sur la société, nous prenant à partie sur notre façon de détourner le regard losqu'on la croise dans la rue. Un ring où elle encaissera les coups en nous racontant son histoire. Un ring sur lequel elle m'aura mit KO... La prestation de Gwendoline Gauthier est hallucinante. Elle est habitée par son personnage. 1h30 pendant laquelle elle déversera un flow incessant avec une énergie sidérante. Un texte à la fois drôle et brutal qui ne laisse pas indifférent. Elle envahie la scène, captive notre regard, on est suspendus à ses lèvres. Elle nous livre une revisite des temps modernes du mythe d'Iphigénie, ce personage Greque sacrifié, qui vient foudroyer le spectateur. Il y a un côté Ken Loach dans ce que ça raconte. Sans aucun misérabilisme, ni fioriture, avec son histoire, elle montre à quel point une partie de la population galère et est mise de côté. Au fur et à mesure que le spectacle avance, elle a régulièrement réussi à me faire rire, mais surtout, elle s'est emparée de mes tripes au point de me faire sortir de la salle tremblant par le choc émotionnel reçu. Le OFF a démarré aujourd'hui et me livre ce qui sera certainement un IMMENSE coup de coeur. Le genre de spectacle qui te touche si profondément qu'il laissera une cicatrice indélébile. MERCI EFFIE Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Quand le cinéma s'invite au théâtre
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE SECRET DES OMBRES Quand le cinéma s'invite au théâtre LE SECRET DES OMBRES ❤️❤️❤️❤️ Quand le cinéma s'invite au théâtre À la mort de son père, Christian découvre une photo de ce dernier pendant la seconde guerre mondiale, une période dont celui-ci ne lui avait jamais parlé. Il va s'en suivre une quête lors de laquelle il déterrera les secrets du passé... Ce qui marque dans ce spectacle, c'est avant tout son côté cinématographique. Les scènes très courtes vont s'enchaîner avec des aller-retours dans le passé, mais aussi une multitude de lieux et de personnages. Mais malgré le rythme fou, le spectateur n'est jamais perdu. Au contraire, il savoure ce puzzle qui s'assemble petit à petit sous ses yeux. La petite histoire se mêlera à la grande sur fond d'espionnage et de résistance. Il y a un vrai côté polar où passé et présent se répondent souvent de manière très fluide, tout en dévoilant progressivement l'intrigue et ses secrets. Et quoi de mieux pour garder un secret qu'une boîte ? C'est là que le génie de la scénographie rentre en jeu. Des boîtes justement inondent la scène et, avec un judicieux jeu d'assemblage, les différents lieux prendront vie sous les yeux des spectateurs. Mais surtout, chacune renferme un trésor qui apportera un indice sur l'intrigue ou se transformera pour faire évoluer le décor. Et si on ajoute les musiques, les jeux de lumières et le dynamisme de la troupe, le cerveau du spectateur fait le reste et il est transporté dans l'histoire... Avec ce genre de pièce, l'expression "spectacle vivant" prend tout son sens et donne l'étrange sensation d'avoir assisté à une séance de cinéma... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Et pourtant, elle a tant de choses à nous dire…
Découvrez notre critique détaillée du spectacle MUETTE Et pourtant, elle a tant de choses à nous dire… MUETTE ❤️❤️❤️ Et pourtant, elle a tant de choses à nous dire… Muette, c'est cette voix qui a fini par disparaître et qu'elle rêve de pouvoir entendre à nouveau. Muette, c'est toute cette douleur que cette ado garde enfoui au fond d'elle. Muette, c'est l'histoire de cette ado qui s'est renfermée sur elle-même et dont l’entourage va chercher à l'aider à retrouver un sens à sa vie. Son père ayant disparu de ses rêves, Louise va se créer une amie imaginaire qui prendra les traits de l'actrice Jean Seberg. Un choix loin d'être anodin, cette dernière s'étant suicidée, elles vont réapprendre ensemble que la vie peut avoir un sens. Elle sera aussi aidée dans sa quête par une mère aimante et inquiète, un beau père tendre et attachant, et une irrésistible psy. La compagnie Les Ailes de Clarence propose un spectacle sur le thème du deuil, mais y apporte assez de recul pour le rendre accessible aux plus jeunes. Il y aura ainsi beaucoup d’humour, de musique et de chansons, mais surtout une tendresse et une poésie constamment présente. Il y a un décalage constant qui propose des scènes assez surréalistes, mais qui a parfaitement sa place. En effet, le public a constamment l'impression d'être dans la tête et les rêves de la jeune fille, jusque dans les scènes du “réel”. On est impressionné par le travail de scénographie et des lumières qui plongent un peu plus le spectateur dans les songes de l'adolescente. Et même s’il y a un léger manque de rythme, on est emporté par l’histoire de cette ado et on en ressort le cœur gonflé… Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF













