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  • LE JOUR OÙ J’AI COMPRIS QUE LE CIEL ÉTAIT BLEU critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE JOUR OÙ J’AI COMPRIS QUE LE CIEL ÉTAIT BLEU LE JOUR OÙ J’AI COMPRIS QUE LE CIEL ÉTAIT BLEU ❤️❤️❤️❤️ C’est l’histoire de Claire, une jeune autiste qui rêve de devenir chanteuse et de participer à l’émission TO BE A STAR. Mais un excès de violence l’enverra en hôpital psychiatrique où elle attendra son jugement… Commençons par sur une chose qui mettra tout le monde d’accord : Pauline Cassan est fabuleuse dans l’interprétation de la jeune femme. Notre regard a du mal à se détacher d’elle, tant elle nous bouleverse. Claire, avec son côté très premier degré et sans filtre, arrivera immanquablement à toucher le spectateur. Avec ses interventions et ses questions, elle nous désarçonne, nous fait rire, mais surtout nous interroge continuellement sur notre rapport à la normalité. La pièce traite du handicap avec énormément de pudeur, sans jamais tomber dans le patho ou le tire-larme. Et pourtant, on est touché en plein cœur, en tombant en empathie totale pour Claire, son discours, ses chants ou ses appels téléphoniques, faisant office de journal intime… La mise en scène joue intelligemment avec les lumières et la création sonore pour nous faire voyager entre la réalité et le monde que se créer Claire. On alterne ainsi entre des scènes concrètes avec les interrogatoires et d’autres imprégnées de poésie qui nous font rentrer dans la tête de Claire. Jusqu’à un final extrêmement maitrisé et d’une beauté sans nom… Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • EN CE TEMPS-LA, L’AMOUR critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle EN CE TEMPS-LA, L’AMOUR EN CE TEMPS-LA, L’AMOUR ❤️❤️❤️💛 Il y a des spectacles dont on ne sort pas indemne, et celui-ci en fait clairement parti. Un texte d’une puissance rare, un conte initiatique où l’amour père-fils sera central. Un homme, surnommé Z, vient d’être grand père et décide d’enregistrer pour son fils un souvenir resté gravé dans sa mémoire : sa rencontre avec un père et son jeune garçon dans un train de la mort pour Auschwitz. Mais si le texte prend toute son ampleur, c’est grâce à un un David Brécourt magistral. On est suspendu à ses lèvres lorsqu’il nous raconte la terrible histoire de ce père cherchant à tout prix à préserver son fils de l’horreur. Il arrivera à apporter une touche d’humour et surtout une étonnante poésie malgré la lourdeur du propos. Un spectacle intense, un devoir de mémoire qui fera l’effet d’un véritable uppercut, mais aussi une ode à l’amour paternel, et surtout une superbe prestation qui méritait largement l’ovation reçu au tombé du rideau. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Une comédie romantique qui défie la fin du monde.

    Découvrez notre critique du film AMOUR APOCALYPSE . Une comédie romantique qui défie la fin du monde. AMOUR APOCALYPSE ❤️❤️❤️💛 Une comédie romantique qui défie la fin du monde. Régulièrement, le cinéma québécois parvient à me surprendre, et cette année la surprise s’appelle AMOUR APOCALYPSE. On y suit Adam, un quadragénaire dépressif, rongé par une éco-anxiété obsessionnelle, convaincu que le monde court à sa perte. Lorsqu’il contacte une hotline à la suite de l’achat d’une lampe de luminothérapie, il fait la connaissance de Tina. De cet échange anodin va naître une relation improbable avec cette femme qui va bouleverser son équilibre déjà précaire. Évidemment, on pense beaucoup au fabuleux HER , les deux films abordant avec finesse la solitude et la dépression. Mais AMOUR APOCALYPSE trouve sa propre personnalité en bousculant les codes de la comédie romantique. Le film se réinvente sans cesse, refuse la trajectoire attendue et surprend constamment le spectateur. Anne Émond joue d’ailleurs parfaitement avec les ruptures de ton et les émotions. On passe du rire à la peine, de la colère à la douceur, sans jamais avoir le sentiment d’un déséquilibre artificiel. Le film s’autorise des respirations philosophiques, mais aussi des moments d’une sensualité et d’une tendresse infinie, où les corps et les silences parlent souvent plus que les mots. Patrick Hivon, que j’avais découvert dans le fabuleux LA NUIT OÙ LAURIER GAUDREAULT S’EST RÉVEILLÉ , fait preuve d’une sensibilité et d’une justesse remarquables. Il insuffle à son personnage une vulnérabilité et une maladresse qui le rendent terriblement attachant. Son duo avec Piper Perabo fonctionne à merveille, donnant vie à une histoire pleine de douceur, de poésie, mais aussi de zones d’ombre. Malgré son atmosphère anxiogène de fin du monde, AMOUR APOCALYPSE est porté par un humour subtil. Le film trouve un équilibre remarquable entre légèreté et gravité. En abordant des thèmes sombres et profond, il conserve pourtant un véritable pouvoir feel good : l’idée qu’il est encore possible de se relever, de recréer du lien, même lorsque l’on a le sentiment d’avoir touché le fond. Partager

  • Tout est dans le titre

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle FABULEUX Tout est dans le titre FABULEUX ❤️❤️❤️❤️ Tout est dans le titre Dès les premières minutes, Fabuleux annonce la couleur : à l’image de sa sublime affiche, le spectacle assume pleinement sa fantaisie en imaginant la rencontre entre Hans Christian Andersen et Charles Dickens, tout en précisant malicieusement qu’il s’agit d’une histoire vraie… sauf ce qui a été inventé. Une entrée en matière qui donne immédiatement le ton d’une proposition libre, ludique et résolument décalée. Très vite, quelque chose de véritablement magique s’installe et ne quittera plus le spectacle . La scénographie joue habilement sur les ambiances et les contrastes : le salon victorien ancre le récit dans le réél, mais, sans jamais changer d’espace, la mise en scène réussit à faire basculer le spectateur vers la magie. Lorsque, en avant-scène, cet immense tissu se déploie, le spectacle nous projette soudainement dans l’imaginaire de Hans et du petit Henry qui l’accompagne. Une frontière entre réel et merveilleux qui participe pleinement à la poésie de l’ensemble. Que ce soit à travers son décor, son travail sur les lumières ou bien sûr sa dimension musicale, Fabuleux déploie un univers enchanteur . Car oui, on est ici face à une véritable comédie musicale : les morceaux s’enchaînent avec une belle efficacité, certains déclenchant le rire — comme celui, irrésistible, de la reine — quand d’autres marquent durablement, à l’image celui du Vilain Petit Canard, qui reste en tête bien après la représentation. Mais Fabuleux , c’est aussi une plongée dans les contes d’Andersen , racontés avec une certaine fidélité à leur esprit d’origine. Le spectacle ne manque d’ailleurs pas de tacler au passage Disney et sa tendance à lisser, voire édulcorer ces récits, rappelant que ces histoires sont souvent bien plus sombres et nuancées qu’on ne le pense. Au-delà de la fantaisie, le spectacle raconte aussi une belle histoire de transmission . À travers les contes de son nouvel ami, la relation qui se noue entre Hans et le petit Henry va peu à peu lui permettre de s’affirmer, de prendre confiance et de trouver sa propre voix. Les histoires deviennent alors bien plus qu’un simple divertissement : elles deviennent un moyen de grandir et de se révéler. Le spectacle joue également avec le contraste entre ses deux figures centrales . Face à un Charles Dickens plus rigide, marqué par une vision de la société très traditionnelle et patriarcale, Hans Christian Andersen apparaît comme un véritable souffle de liberté, avec sa fantaisie débordante et son exubérance assumée. Un décalage qui nourrit autant les situations comiques que l’émotion du spectacle. Au cœur de cette fantaisie, Simon Froget-Legendre, qui incarne Hans Christian Andersen, est un véritable tourbillon. Costume coloré, énergie débordante, jeu irrésistible : il compose un personnage totalement habité, comme un enfant coincé dans un corps d’adulte , apportant au spectacle une fraîcheur et une poésie constantes. Oscillant sans cesse entre comédie, sensibilité et émotion, Fabuleux réussit à trouver un équilibre délicat. Derrière la légèreté apparente, il laisse affleurer une vraie tendresse et une mélancolie discrète, qui donnent à l’ensemble une profondeur inattendue. Un spectacle familial qui ravira les plus petits, mais si, comme moi, vous avez gardé votre âme d’enfant, vous vous laisserez emporter par la magie, avec un seul mot en tête : fabuleux. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Kore-eda signe un récit à points de vue multiples d’une grande finesse.

    Découvrez notre critique du film L’INNOCENCE . Kore-eda signe un récit à points de vue multiples d’une grande finesse. L’INNOCENCE ❤️❤️❤️💛 Kore-eda signe un récit à points de vue multiples d’une grande finesse. Kore-eda est un cinéaste japonais dont j’apprécie particulièrement le travail et sa façon de dépeindre l’humain, et c’est encore une fois le cas ici. Mais plus que tout, son dernier film brille par la qualité de son scénario, qui lui a valu une palme amplement mérité à Cannes. Suite à la mort de son père, Minato est élevé par sa mère qui se rend compte que son fils semble être harcelé à l’école… Le film va jouer avec différents points de vue, remettant à chaque fois en question l’avis du spectateur sur ce qui se passe à l’écran. Suivant le regard par lequel on vivra les scènes, elles prendront ainsi un tout autre sens qui aura tendance à déstabiliser le spectateur. D’autant plus qu’on est en pleine zone grise, cherchant continuellement à savoir qui est le « monstre » dans cette histoire. Le film basculera ainsi du thriller au drame social, tout en réussissant à proposer quelques moments oniriques, dont un final éblouissant. Mais il faut avouer que l’écriture, aussi intelligente soit-elle, fait aussi que l’on se sent un peu perdu, tant le film aborde des sujets différents : le harcèlement, le deuil, le mensonge, l’éducation, les non-dits, l’amitié, les faux-semblants, le regard des autres… Et même s’il le fait avec beaucoup de pertinence et de délicatesse, on a l’impression qu’il s’éparpille et on se demande parfois où veut vraiment aller le film. Mais c’est sans compter sur un dernier acte admirable où, sans prévenir, tout prendra un sens… Et c’est peut-être une limite que j’ai avec le film, car un deuxième visionnage s’impose presque afin tout remettre en ordre. Sans être son meilleur film, ce qui est sûr, c’est qu’il aura une nouvelle fois réussi à me marquer par certaines scènes et qu’il risque de murir en moi au fil du temps… Partager

  • UN SONGE D'UNE NUIT D’ÉTÉ critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle UN SONGE D'UNE NUIT D’ÉTÉ UN SONGE D'UNE NUIT D’ÉTÉ ❤️❤️❤️💛 C'est toujours un plaisir de pouvoir partager une passion avec un proche. Et cette année, c'est à Laure que j'ai eu la chance de faire découvrir la magie du OFF, avec comme cahier des charges d'aller voir quelque chose de positif et drôle. Ça tombe bien, Shakespeare avait ça en stock. Parce que ce soir la poésie était au rendez vous dans cette comédie intemporelle. Histoire qui vire même au burlesque jubilatoire sans jamais perdre de sa féerie. Sans parler de ces passages chantés d'opéra (dédicace à Déborah et Edwige 😘) sur fond de musique baroque qui viennent intensifier le côté onirique du spectacle. Bref un bien beau songe dans cette nuit d'été au festival... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • La rencontre du théâtre classique et des rythmes urbains

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE MALADE IMAGINAIRE La rencontre du théâtre classique et des rythmes urbains LE MALADE IMAGINAIRE ❤️❤️❤️💛 La rencontre du théâtre classique et des rythmes urbains Après LA MALADIE DE LA FAMILLE M , qui m’avait profondément bouleversé, puis DOM JUAN , déjà une relecture audacieuse de Molière, j’attendais cette nouvelle mise en scène de Tigran Mekhitarian avec une impatience mêlée de curiosité. Fidèle au texte original, il conserve la langue du XVIIe siècle, limpide et intacte, mais la propulse avec brio dans notre époque. Ce n’est pas un simple dépoussiérage, mais une véritable démonstration que le théâtre classique peut parler à notre temps sans jamais renier son essence. Les anachronismes, les éclats de langage urbain, les accents rap et slam ne sont jamais gratuits : ils servent la dramaturgie avec finesse. Les séquences musicales, notamment rappées, ne sont ni artificielles ni décoratives. Elles incarnent les émotions profondes des personnages, dévoilant leurs failles, leurs colères, leurs tendresses. La scène entre Angélique et Cléante devient une joute musicale tendre et complice. Argan, quant à lui, ne se contente plus de râler contre ses médecins : il rappe sa solitude, son besoin d’amour, son angoisse de vieillir. Cette version offre une lecture profondément humaine du personnage d’Argan, bien loin du simple hypocondriaque moqué : on y découvre un homme en détresse réelle, en quête d’attention et de réconfort. Le spectacle est résolument multigénérationnel, à l’image de son casting, et démontre avec éclat combien Molière reste d’actualité. Au fil des années, Tigran Mekhitarian s’impose comme l’une des voix majeures du théâtre contemporain, capable de faire dialoguer les siècles et de toucher toutes les générations. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Ce qu’il me restera : cette émotion aussi foudroyante que sincère…

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle CEUX QUI RESTENT Ce qu’il me restera : cette émotion aussi foudroyante que sincère… CEUX QUI RESTENT ❤️❤️❤️❤️ Ce qu’il me restera : cette émotion aussi foudroyante que sincère… Etienne, un trentenaire accompagne sa mère malade en Suisse, où celle-ci a décidé de mettre fin à ses jours par suicide assisté... Alors oui, le sujet est lourd, et aurait très facilement pu tomber dans le pathos, mais c'était sans compter sur la finesse d'écriture et surtout sur une incroyable Anne De Peufeilhoux. La comédienne est d'une justesse inouïe qui vient transpercer le cœur du public à chaque réplique. Elle m'a submergé d’émotions par sa façon de nous évoquer ses souvenirs et de nous dire à quel point elle a aimé la vie. Car si le spectacle traite bien du suicide assisté, il le fait avec une grande sensibilité, et au contraire, il célèbre la vie dans tout ce qu’elle a de plus beau… Pour ne pas tomber dans le sentimentalisme gratuit, le spectacle fait le choix judicieux de mettre en parallèle cette histoire avec la rencontre entre Etienne et sa Juliette. Il y sera donc beaucoup question d'amour, avec d'un côté les premiers "je t'aime" et de l'autre ceux qui sonnent comme un adieu. Plusieurs fois, la pièce frôle la ligne du mélodrame sans jamais la franchir et évite bien souvent les discours larmoyants. La pièce transpire de tendresse et de nostalgie, mais aussi d'humour et elle le fait avec un équilibre délicat et parfaitement maitrisé. Car bizarrement, on rit beaucoup, sans que cela aille à l'encontre du propos de la pièce. Ce spectacle a réussi à jouer à la perfection avec mes émotions , essuyant souvent d'un rire les larmes que je ne pouvais retenir. Et si on m'avait dit que j'allais fondre en écoutant du Sardou ! Mais surtout, cette pièce m'a donné une envie furieuse de courir dire à ma mère à quel point je l'aime... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • C-O-N-T-A-C-T critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle C-O-N-T-A-C-T C-O-N-T-A-C-T ❤️❤️❤️💛 On a pas réellement ici affaire à du théâtre, c'est un peu plus que ça et propose aux spectateurs de vivre une expérience d'une grande originalité. Un spectacle créé après le premier confinement afin de continuer à faire vivre le théâtre, alors que les salles restaient fermées. Le public, une quinzaine de personnes, est invité à suivre une comédienne qui déambule. A l'aide d'une application mobile, les spectateurs entendront les pensées de cette femme, ses doutes, ses angoisses, ses espoirs... Elle sera vite rejointe par un deuxième acteur avec lequel elle communiquera par la pensée. Les acteurs n'auront que le regard, leurs mimiques pour véhiculer les emotions, et force est de constater que ça fonctionne à merveille. On est en immersion totale avec ces personnages, tournant autour d'eux, vivant au plus près leurs échanges. On a l'impression d'être dans une bulle, en oubliant même notre casque audio et le monde environnant. L'effet est saisissant et d'une grande efficacité. Les promeneurs deviennent inconsciemment des figurants, sans imaginer ce qui se déroule sous nos yeux, juste surpris de voir notre petit troupeau se balader au milieu du magnifique jardins des Doms qui sert de scène à ce spectacle. Un moment magique, surréaliste et plein de tendresse qui fait un bien fou et donne l'envie de pouvoir prendre quelqu'un dans ses bras... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Un miracle porté par l’amour maternel.

    Découvrez notre critique du film MA MÈRE, DIEU ET SYLVIE VARTAN . Un miracle porté par l’amour maternel. MA MÈRE, DIEU ET SYLVIE VARTAN ❤️❤️❤️💛 Un miracle porté par l’amour maternel. Certes, le titre n’est pas forcément des plus vendeurs, mais finalement il colle parfaitement au récit. En 1963, Roland naît avec un pied-bot. Sa mère refuse d’écouter les médecins et se promet que son fils ira à l’école à pied comme tous les autres enfants. Animée par une foi inébranlable en Dieu, un amour maternel sans limites et l’obsession de son fils pour Sylvie Vartan, elle va accomplir ce qui s’apparente à un véritable miracle. Si ce synopsis peut sembler rocambolesque, il s’agit pourtant d’une histoire vraie, tirée d’un roman autobiographique. Le film retrace ainsi cinquante ans de combats, de sacrifices et d’espoirs au sein de cette famille, portée par une mère déterminée à ce que son fils ne subisse jamais son handicap. La force du film réside dans sa manière de se concentrer avant tout sur ses personnages, plutôt que sur un simple enjeu dramatique. Leïla Bekhti est absolument formidable dans le rôle de cette mère courage. Elle porte littéralement le film durant sa première moitié, incarnant une femme à la fois dans le déni, obstinée, débordante d’énergie, drôle et terriblement attachante… mais aussi envahissante et parfois insupportable. Loin de tomber dans la caricature de la mère juive possessive, le film lui offre un portrait nuancé et profondément humain, grâce à l’écriture subtile de Roland Perez, qui livre ici une véritable déclaration d’amour à sa mère. L’émotion comme l’humour sont parfaitement dosés, sans jamais forcer le trait. Et puis, il y a Jonathan Cohen, surprenant dans un rôle à contre-emploi. Après MAKING OFF l’an dernier, il prouve une nouvelle fois qu’il sait briller ailleurs que dans des rôles comiques et déjantés. Au niveau de la mise en scène, Ken Scott, un réalisateur Québécois à qui l’on doit l’excellent STARBUCK, choisi un montage dynamique, qui nous fait traverser les époques avec fluidité, tout en exploitant intelligemment la répétition des situations. Le film reste fidèle à l’aspect autobiographique du roman en intégrant une voix off, qui renforce la narration tout en évitant les longueurs. La photographie, elle, évolue subtilement au fil des années, apportant une vraie texture au récit. Par contre, on pourra regretter l’utilisation du rajeunissement numérique qui est assez laborieux, notamment lors d’une scène que je vais éviter de développer ici… Au final, j’ai été agréablement surpris. Je craignais que le film joue trop avec les clichés, notamment sur la possessivité des mères juives, mais il parvient à les éviter en proposant un regard sincère, drôle et touchant. Une œuvre sensible qui, bien que classique dans sa forme, touche en plein cœur. Partager

  • Vous ne verrez plus votre livreur Uber Eats de la même façon…

    Découvrez notre critique du film L’HISTOIRE DE SOULEYMANE . Vous ne verrez plus votre livreur Uber Eats de la même façon… L’HISTOIRE DE SOULEYMANE ❤️❤️❤️❤️ Vous ne verrez plus votre livreur Uber Eats de la même façon… Souleymane livre des repas en attendant son entretien de demande d’asile, qui a lieu dans deux jours. 48 heures pendant lesquelles nous le suivons courir dans la capitale, alors qu’il essaie de se préparer pour ce rendez-vous fatidique… On a affaire à un film immersif, avec une caméra à l’épaule collant constamment à notre personnage. Ici, il n’y a pas d’histoire secondaire : pendant 1h30, on est avec Souleymane, on vit avec lui ses angoisses, ses doutes, et la terrible pression qui pèse sur ses épaules. Le film oscille continuellement entre le documentaire social et le thriller. Le spectateur est en apnée, emporté dans cette course contre la montre qui n’est pas sans rappeler l’excellent À PLEIN TEMPS, sorti il y a trois ans. Et même si on devine où le film veut aller, il y a un réel sens du rythme et de la tension. La caméra se pose rarement, et on est tenu en haleine jusqu’à un dernier acte bouleversant qui vient nous prendre aux tripes. Le film évite les clichés du genre et tout misérabilisme, en se concentrant sur les faits, sans fioritures ni musique, ce qui rend le propos encore plus réaliste et percutant. Plus que de dénoncer un système, Boris Lojkine nous livre le portrait poignant d’un homme confronté à une réalité implacable, qui cherche à se créer une place dans la société. Le spectateur se prend d’empathie pour Souleymane, incarné par Abou Sangare, qui, comme le reste du casting, est toujours juste malgré son statut d’acteur non-professionnel. Le film nous rappelle que, même si nous avons tendance à souvent nous plaindre en France, nous jouissons de privilèges simplement parce que nous avons eu la chance inouïe de naître au bon endroit, au bon moment. C’est le genre de film qui, lorsque la lumière se rallume, reste gravé en nous et auquel on pense longtemps… Partager

  • Son super pouvoir : un dynamisme et un optimisme à toute épreuve

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle HÉPATIK GIRL Son super pouvoir : un dynamisme et un optimisme à toute épreuve HÉPATIK GIRL ❤️❤️❤️ Son super pouvoir : un dynamisme et un optimisme à toute épreuve Forcément, quand tu choisis d’aller voir un spectacle alors qu’en dehors de la salle ce sont les résultats des élections qui arrivent, tu n’es pas forcément concentré. Et je dois bien avouer que j’ai mis un certain temps à rentrer dedans. Mais c’était sans compter sur le talent de Marie-Claire Neveu qui a réussi à me prendre la main et m’emporter… Dans ce spectacle, elle nous raconte sa maladie et son parcours du combattant. Atteinte de trois maladies chroniques qui n’ont cessé de lui mettre des obstacles sur son chemin. Sauf que pour la comédienne, la vie est une fête dont il faut profiter chaque instant. Elle va donc nous raconter sa vie, sans aucun patho, préférant privilégier l’humour, l’autodérision et surtout, l’optimisme. Jamais elle ne cherchera à venir nous tirer une larme, préférant continuellement retirer le positif de son expérience. Et pour cela, elle va déployer pour ça une énergie communicative . En enchaînant les différents personnages avec un vrai sens du rythme, elle va nous entrainer dans son épopée auto-immune. Elle nous racontera ainsi son parcours médical, le regard des autres ou son combat avec les assurances, mais abordera aussi des sujets de société, comme les aberrations du système ou l’écologie, sans pour autant être moralisateur. Le dernier tier de ce seule en scène est même une franche réussite , que ce soit lors d’une chanson ou par sa tournure plus engagée. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

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