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- Pas sûr que ça laisse une trace durable dans le temps…
Découvrez notre critique du film LA VENUE DE L’AVENIR . Pas sûr que ça laisse une trace durable dans le temps… LA VENUE DE L’AVENIR ❤️❤️💛 Pas sûr que ça laisse une trace durable dans le temps… Dans son nouveau film, Cédric Klapisch mêle présent et passé à travers l’histoire de quatre cousins qui, en explorant la maison de famille, se lancent sur les traces d’une aïeule ayant vécu à la fin du XIXe siècle. Tandis qu’ils mettent à jour des souvenirs enfouis, le récit nous plonge en parallèle dans le destin de cette jeune femme découvrant un Paris en pleine révolution industrielle et culturelle. On retrouve les thèmes chers au réalisateur : la quête d’identité, la jeunesse, l’amitié, et surtout l’héritage. Ce dernier devient le véritable cœur du film, abordé sous l’angle du passage du temps, de la trace que l’on laisse, et de ce que nos choix transmettent aux générations suivantes. La reconstitution du Paris de 1895 est impressionnante, tant par ses décors que par ses costumes. Un soin particulier a été apporté aux transitions entre les époques, souvent très inspirées. C’est d’ailleurs toute la partie historique du film qui se révèle la plus captivante. Klapisch y rend un bel hommage aux arts visuels (peinture, photographie, et même aux prémices du cinéma) tout en esquissant un parallèle entre deux époques animées par la même obsession : celle de gagner du temps. Le casting, mélange des visages fidèles à Klapisch et d’autres, issus de la nouvelle génération. On pourrait s’étonner d’y voir autant « d’enfants de », mais ce choix est sans doute volontaire et entre en résonance avec le thème de l’héritage qui est au cœur du film. Mais, même si j’accorde pas mal de qualités au film, je reste malgré tout sur ma faim. Le film est un peu long par rapport à ce qu’il a à dire, et les deux lignes temporelles ont tendance à alourdir le récit. Ce récit choral, qui navigue entre deux temporalités, dilue parfois son propos et il en sort une difficulté à s’attacher aux personnages ou bien à s’immerger dans l’intrigue. Si le film possède un charme indéniable et quelques beaux moments d’émotion ou de légèreté, il souffre aussi de plusieurs clichés et d’une forme de naïveté qui empêchent une réelle implication du spectateur. Le jeu des acteurs, bien que solide, reste souvent dans une zone de confort, sans réelle surprise. Une mention spéciale néanmoins à Cécile de France, qui signe quelques-unes des scènes les plus drôles du film. Alors, oui, LA VENUE DE L’AVENIR a un certain charme et m’a parfois touché ou fait sourire. Mais l’ensemble est assez bancal et maladroit par moment. Je retiendrai tout de même quelques scènes fortes ou bien ce générique de fin… Partager
- HER : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film HER . HER ❤️❤️❤️❤️❤️ Aujourd’hui, on va rester dans la Science-fiction, mais d’un tout autre genre, même si les deux films ont un point en commun : deux IMMENSES chefs d’œuvre. HER est un ovni cinématographique, un film qui repose sur un concept, mais l’exploite à la perfection. Spike Jonze nous propose une histoire d’amour comme on en n’a jamais vu, mais surtout une fable philosophique d’une grande profondeur sur le deuil amoureux, les rapports humains, la solitude… C’est un film d’anticipation, mais contrairement à ce que l’on voit souvent avec des futurs sombres, ici tout semble parfait dans un univers édulcoré aux couleurs pastelles. La direction artistique est d’ailleurs exemplaire. Il y a pourtant une mélancolie qui plane avec cette population qui semble ne plus arriver à exprimer ses sentiments au point de faire appel à une entreprise pour imaginer les courriers à écrire à leurs proches. C’est donc le métier de notre héros, Théodore, obsédé par les regrets et l’amour qu’il porte à son ex-femme. Il fait l’acquisition d’un système d’exploitation doté d’une intelligence artificielle avec laquelle va naitre une mémorable relation. On notera la prouesse des deux acteurs. Joaquin Phoenix qui n’a pas attendu JOKER pour montrer son immense talent, mais aussi Scarlett Johansson qui juste par sa voix off est magnétique et donnera corps à son personnage. La grande majorité du film est consacré à leurs échanges, pourtant, pendant les deux heures que dure le film, on ne voit pas le temps passer et on est absorbé par leurs conversations, dont l’écriture est d’une finesse rare. Mais si le film est aussi marquant, c’est aussi grâce à la mise en scène de Spike Jonze qui arrive à capter chaque moment avec énormément de sensibilité. Certains plans transpirent de poésie, aidés par une photographie et une musique somptueuse. Même lorsqu’ils sont muets, comme les réminiscences amoureuses de Théodore, ça raconte tellement de choses. HER c'est le genre de film qui, quand le générique de fin arrive, te laisse submergé d'émotions et dont certains dialogues, certains plans, restent encrés en toi pendant longtemps... Partager
- ANNIE COLÈRE : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film ANNIE COLÈRE . ANNIE COLÈRE ❤️❤️❤️❤️ Et bien, si on m’avait dit qu’une des scènes qui me marquerait le plus cette année serait portée par une chanson de Dalida… Annie décide de pratiquer un avortement clandestin, et Monique, interprétée par une surprenante Rosemary Standley (la chanteuse du groupe Moriarty) lui tient la main en lui chantant cette chanson pour lui faire oublier ses angoisses, et par la même occasion celles du spectateur. A elle seule, cette scène résume tout le film : la solidarité et le combat de ces femmes qui se sont mobilisées pour faire avancer les choses et éviter que d’autres meurent en s’avortant elles-mêmes… Suite à cet avortement, elle va entrer dans la MLAC (Mouvement pour la Libération de l’Avortement et de la Contraception) et mener une bataille qui donnera un nouveau sens à sa vie. Dès sa scène d’ouverture, avec une réunion en arrière-boutique où plusieurs femmes expliquent pourquoi elles ont pris leur décision, le film m’a noué le bide, sans jamais relâcher son étreinte pendant le reste de la séance (jusqu’à la chanson du générique de fin…). Chaque scène de témoignage, chaque scène d’avortement est un véritable déchirement, sans aucune fioriture, aucun voyeurisme, mais d’une justesse inouïe et une pudeur bienvenue qui fait qu’on a souvent l’impression d’être face à un documentaire. Laure Calamy, après m’avoir déjà bluffé il y a quelques mois dans A PLEIN TEMPS (je n’ai pas pris le temps de vous en parler, mais foncez !!!), confirme tour le bien que je pense d’elle. Elle se métamorphose au fil des scènes tout en gardant le naturel qui lui est propre. Même si centré autour d’Annie, c’est finalement un film choral qui est un véritable hommage à toutes ces femmes qui se sont battues, souvent dans l’incompréhension de leurs entourages. C’est saupoudré d’humour, mais toujours pour servir le propos et le final vient nous rappeler que même si la loi Veil est passée, il aura quand même fallu attendre huit ans pour que l’IVG soit pris en charge par la sécu, et que le combat est loin d'être terminé... Un grand film, bouleversant, maitrisé et surtout essentiel, car quand je vois des groupuscules ou des états se battre pour faire machine arrière, je suis comme Annie : COLÈRE… Partager
- Un film horrifique à la beauté envoutante.
Découvrez notre critique du film NOSFERATU . Un film horrifique à la beauté envoutante. NOSFERATU ❤️❤️❤️❤️ Un film horrifique à la beauté envoutante. Robert Eggers propose une réinterprétation saisissante du mythe de Dracula avec sa version de Nosferatu. Fidèle à son style singulier et imprégné de l’essence du cinéma expressionniste allemand, Eggers rend hommage au chef-d’œuvre de Murnau de 1922 tout en imposant sa propre vision. Si vous n’êtes pas fan du côté froid et lancinant du cinéma de Robert Eggers, ce n’est clairement pas ce film qui va vous réconcilier avec le réalisateur. Mais si, comme moi, son univers vous fascine, son Nosferatu risque d’être pour vous une expérience cinématographique mémorable. Dès les premières scènes, la beauté visuelle du film frappe. La mise en scène de Robert Eggers regorge de plans dignes de tableaux, soutenus par un travail exceptionnel sur la photographie et les lumières. Le clair-obscur et les ombres sont utilisés avec maestria, rappelant l’esthétique du film original, mais amplifiant également son aspect onirique et fable gothique. Les scènes nocturnes offrent un quasi noir et blanc que le cinéaste maitrise parfaitement et qui décuple l’atmosphère qui semble surgir d’un rêve hanté. L’ambiance gothique et horrifique colle parfaitement à l’univers du réalisateur et il en tire le meilleur. Une photographie soignée, une musique marquante et un design sonore minutieux contribuent à une immersion totale. Le film privilégie les effets pratiques et les décors reconstitués, réduisant au minimum les artifices numériques, ce qui renforce son authenticité. Les longs plans-séquences, où la caméra flotte entre les personnages, plongent le spectateur dans une expérience immersive unique, où l'horreur et la beauté cohabitent constamment. Il en ressort un conte horrifique à l’atmosphère pesante et à l’esthétique envoutante. Et même si la claque visuelle du film est sa grande force, il a d’autres atout dans sa poche. Car même si l’histoire est connue du plus grand nombre, il réussit à captiver le spectateur en instaurant une ambiance glauque et oppressante. Le film propose également une lecture plus intime et allégorique, en explorant la dynamique de couple et les liens complexes entre les protagonistes et le vampire. Le scénario accorde une attention particulière au personnage féminin, dont les émotions, désirs et tourments deviennent le cœur du récit. Le vampire, à l’image du requin de Spielberg ou de l’Alien de Scott, n’apparaitra que progressivement aux yeux du spectateur, amplifiant son aura énigmatique et menaçante. Et le tout est servi par un casting dirigé de main de maître. Bien sûr notre fameux vampire, alliant le côté grotesque du film de Murnau et une terreur saisissante. Willem Dafoe, fidèle collaborateur du réalisateur, est comme à son habitude génial et apporte un décalage et un humour bienvenu à l’ensemble. Mais surtout, c’est Lili-Rose Depp qui ressort du film. Robert Eggers donne énormément de place à son personnage et lui offre un rôle complexe et profond. Avec ce rôle, elle va clouer le bec à ses détracteurs et prouve ici l’étendue de ses talents, avec un personnage à la fois possédé et tourmenté. Elle explose à l’écran avec un rôle fort et une palette d’émotions impressionnante. Elle réussit en quelques seconde à être attachante, mélancolique, mais aussi particulièrement dérangeante et effrayante, notamment lors de scènes de possession glaçantes. Nosferatu divisera sans doute par son approche radicale et son esthétique très travaillée, mais Robert Eggers livre ici une relecture maitrisée, où l'horreur et la poésie se mêlent dans une expérience visuelle et émotionnelle mémorable. Somptueux, troublant et fascinant, son film pourrait bien s’inscrire durablement dans la mémoire collective. Partager
- Un hommage aussi vibrant que nécessaire
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LES ROCHAMBELLES Un hommage aussi vibrant que nécessaire LES ROCHAMBELLES ❤️❤️❤️💛 Un hommage aussi vibrant que nécessaire LES ROCHAMBELLES, c’est l’histoire méconnue de ces trente femmes qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, formèrent la toute première unité ambulancière militaire féminine. Ce récit interroge sur la place des femmes en temps de guerre, mais surtout leur invisibilité dans les récits officiels. Ce spectacle leur rend un hommage puissant, en mettant en lumière leur courage et leur engagement. Accompagnées de deux hommes, les quatre comédiennes incarnent à elles seules tout un régiment, dans une énergie de groupe saisissante. Si le ton se teinte parfois d’humour et de tendresse, il reste résolument grave et engagé. On s’attache vite à ces femmes qui se dévoilent à nous, entre doutes, audace et désir d’appartenir à la grande Histoire. La mise en scène, soignée et immersive. Sur scène, une imposante structure métallique trône au centre. Mobile, évolutive, presque vivante, elle devient à la fois ambulance, baraquement ou champ de bataille. Dans un rythme fluide et dynamique, les comédiennes investissent chaque recoin de cet espace vertical. Elles exploitent toute sa hauteur, la manipulent et la transforme au gré des tableaux. Les jeux de lumière, le travail sonore et une bande-son électro confèrent à l’ensemble une dimension quasi cinématographique. Certaines scènes marquent durablement par leur esthétique et leur puissance visuelle. Sans jamais sombrer dans la leçon d’histoire ou le documentaire figé, LES ROCHAMBELLES touche par sa sincérité et rend un hommage vibrant à ces héroïnes oubliées, par la force de l’expérience théâtrale. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- L’amour fraternel porté par l’échiquier du temps
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA DANSE DES CAVALIERS L’amour fraternel porté par l’échiquier du temps LA DANSE DES CAVALIERS ❤️❤️❤️ L’amour fraternel porté par l’échiquier du temps Je dois l’avouer : au départ, j’ai eu peur. J’ai toujours un peu de mal lorsque des adultes jouent des enfants. Il y a souvent un côté surjoué, artificiel, qui me fait décrocher presque instantanément. Et pourtant… La danse des cavaliers a réussi à me choper... La pièce s’ouvre sur deux papis, assis autour d’un plateau d’échecs. Une image simple, presque anodine, mais qui intrigue. Puis, peu à peu, le spectacle se déploie comme un puzzle , multipliant les allers-retours dans le temps pour nous faire remonter le fil de la relation entre ces deux frères. Une relation fusionnelle, construite autour du jeu et de ces parties d’échecs qui deviennent le cœur battant de leur lien. Sous nos yeux, ils redeviennent enfants, adolescents, puis adultes. Et là où je craignais de sortir du spectacle, la magie opère bien souvent. Les transitions temporelles sont remarquablement fluides, portées par un travail de lumière particulièrement soigné , qui accompagne ces bascules avec finesse et clarté. Une douce mélancolie s’installe progressivement. Derrière la légèreté apparente, derrière les jeux et l’insouciance, affleure quelque chose de plus profond : le temps qui passe, les blessures qui s’impriment, les chemins qui divergent . L’arrivée de cette jeune fille, qui vient bouleverser leur équilibre, apporte de jolis instants d’émotion, notamment dans la découverte des premiers élans amoureux, ici encore sublimés par un travail de lumière délicat qui leur confère une véritable poésie. Reste que le jeu des enfants, parfois un peu caricatural, demeure pour moi une limite en termes d’investissement émotionnel. Il crée par moments une légère distance, m’empêchant d’être totalement immergé dans ce qui se joue. Et pourtant la pièce réussit à trouver son équilibre : malgré cette réserve, elle parvient à toucher juste. Sous ses airs presque enfantins, elle raconte une histoire de liens indéfectibles, d’usure du temps, de ce que l’on devient malgré soi . Elle parle de ces moments où l’on se laisse dépasser, où la vie nous échappe un peu. Alors oui, tout ce qui, sur le papier, aurait pu me faire sortir du spectacle est bien là. Et pourtant, La danse des cavaliers possède suffisamment d’atouts — dans son écriture, sa construction et sa sincérité — pour réussir à me toucher. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- COURGETTE critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle COURGETTE COURGETTE ❤️❤️❤️❤️💛 La compagnie Paradoxe nous emmène à la découverte d’Icare, surnommé Courgette, un enfant de 9 ans qui, suite à un terrible drame, se retrouve pour dans un foyer pour enfants écorchés. Si le postulat de base est très sombre, on va vivre cette histoire via le regard de notre héros, qui amènera un constant décalage à l’ensemble. Tout est fait pour nous immerger dans l’univers naïf de notre jeune héros et de son parcours initiatique. Il apprendra dans ce foyer à se reconstruire, tout en découvrant ce qui lui avait fait défaut avant : la bienveillance des adultes, s’intégrer aux autres, se faire des amis et surtout, l’amour… On notera la mise en scène au rythme très maitrisé et fourmillant d’idées. Les scènes idylliques s’enchaineront dans un décor semblant issu d’un rêve où l’interprétation des comédiens éveillera à coup sûr votre âme d’enfant. Comédiens qui deviendront par moment chanteurs et musiciens, car comme le montre tous ces instruments trônant au centre de la scène, la musique sera centrale à notre histoire, comme ce superbe morceau « Jimmy » de Moriaty qui accompagnera le spectateur lors de ce voyage plein de poésie. Un spectacle familial d’une infinie tendresse qui touche au cœur et dont on sortira le sourire aux lèvres. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Une petite graine… et les rires fleurissent dans la salle
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA PETITE GRAINE Une petite graine… et les rires fleurissent dans la salle LA PETITE GRAINE ❤️❤️❤️💛 Une petite graine… et les rires fleurissent dans la salle Après avoir exploré le thème des funérailles dans Une bonne bière , Xavier Mortel s’attaque ici à un sujet tout aussi universel : la parentalité et l’attente d’un enfant. Un choix de matière qui parlera une nouvelle fois à tout le monde. De ce point de départ, il tire une comédie de boulevard efficace , construite sur des situations immédiatement identifiables. On se reconnaît forcément dans certaines scènes, dans les tensions de couple, les maladresses, ou les décalages de perception face à l’arrivée d’un bébé. Le rire naît souvent de ce miroir tendu au public , avec un enchaînement de situations qui fonctionnent bien et provoquent régulièrement de vrais moments de rire franc. La pièce assume pleinement ce registre comique, parfois un peu appuyé, mais globalement très efficace . Elle n’échappe cependant pas à quelques baisses de rythme, avec des passages qui s’étirent légèrement ou des situations qui tendent à se répéter, mais le principal est là : les rires du public s’enchainent. Ce qui ressort, c’est avant tout le plaisir évident des comédiens, qui traverse la scène du début à la fin. Leur énergie, leur complicité et leur goût du jeu sont palpables, et participent largement à embarquer le public. On retrouve également une construction intéressante dans les personnages, presque pensée comme un duo de clowns. D’un côté, le couple de la jeune mère adopte une posture de clown blanc : plus ancré, plus “réaliste”, il crée une forme d’attachement et d’identification. De l’autre, le couple du frère et de sa compagne tire vers le clown Auguste , plus extravagant, plus burlesque, et souvent à l’origine des moments les plus explosifs de comédie. C’est précisément cet équilibre entre les deux dynamiques qui donne de la force à la pièce. Il permet de varier les registres, de maintenir un rythme global malgré ses creux, et surtout d’introduire par moments une véritable émotion. Car derrière la légèreté assumée du propos, la pièce glisse malgré tout une réflexion plus sensible sur le désir — ou le non-désir — d’avoir un enfant , ainsi que sur les inquiétudes et les doutes qui traversent les jeunes couples face à la parentalité. C’est là que la comédie dépasse parfois sa simple efficacité pour toucher quelque chose de plus intime. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Une descente aux enfers aussi froide que captivante.
Découvrez notre critique du film BORGO . Une descente aux enfers aussi froide que captivante. BORGO ❤️❤️❤️💛 Une descente aux enfers aussi froide que captivante. Mélissa, 32 ans, surveillante pénitentiaire, décide d’aller s’installer en Corse avec sa famille, où elle sera affectée à l’unité 2 de Borgo, où les détenus, composés exclusivement de Corses blancs vivent en communauté. Elle sera confrontée à la misogynie et au racisme ambiant, jusqu’à ce qu’un jeune détenu la prenne sous sa protection, l’entraînant dans une terrible spirale... Parallèlement, le commissariat de Bastia en quête sur un double meurtre ayant eu lieu à l’aéroport. Le film est librement inspiré d’un fait réel, et contrairement à la bande annonce, je n’irai pas plus loin, car si comme moi, vous ne connaissiez pas l’affaire en question, son écriture ingénieuse sera un atout supplémentaire. Stéphane Demoustier récidive, après son très bon injustement méconnu LA FILLE AU BRACELET, et nous livre une nouvelle fois une oeuvre qui vaut vraiment le détour.A la fois polar, film carcéral et drame social, qui pointera les failles d’un système et d’une société. Et même les scènes qui se passent en prison sont surement les plus intéressante, il réussit à trouvé un très bon équilibre entre les genres, et rend l’évolution de l’intrigue, de l’enquête et des rapports entre les personnages assez passionnante à suivre. Il y a un côté Hichcockien dans la façon dont le suspense tisse sa toile et la tension s’installe dans cette implacable descente aux enfers... L’ambiance est particulièrement froide, même si il livre une improbable interprétation du tube MELISSA de Julien Leclerc, qui forcément marquera le spectateur. Mais surtout, si on ne devait retenir qu’une seule chose du film, ça serait Hafsia Herzi. Déjà bluffante l’année dernière dans LE RAVISSEMENT, qui lui avait valu une nomination aux Césars, elle met la barre encore plus haut, ce qui devrait immanquablement la propulser à l’édition 2025. Elle incarne admirablement cette femme mystérieuse, dont on a du mal a cerner les motivations, partagée entre son devoir, son humanité et la nécessité de se faire une place dans ce milieu corrompu et protéger sa famille. Partager
- CRUELLA : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film CRUELLA . CRUELLA ❤️❤️❤️💛 POUR - Bon quand il y a Emma Stone, je perds tout objectivité et je me noie dans ses yeux - Les plans sont léchés, c'est globalement très beau, et les costumes... whaou!!! - A l'image de sa BO de grande qualité, c'est rythmé, punk, efficace et on ne s'ennuie pas - On retrouve le côté décalé (et même ici très cartoon par moments) de "Moi, Tonya" - Les deux Emma s'en donnent à cœur joie et ça se voit - Globalement, c'est mieux que les habituels copier-coller des animés à l'utilité douteuse (même si Le roi lion est une putain de baffe technique) - Clairement, les mômes et ados vont se régaler CONTRE - Sauf que, comme dirait Lilian "Je n'ai plus dix ans" - Alors, certes le premier Maléfique était bien foutu avec le regard de l'histoire du point de vu de l'antagoniste. Mais sérieusement, Cruella, une des méchantes les plus horripilante de Disney, qui est méchante... juste PARCE CE QUE!!! comme notre Orangina rouge Le fait, d'ENCORE en faire quelqu'un de pas si méchant que ça... bah ça bloque un peu, voir parfois beaucoup (la scène post générique est même un modèle de non-sens). Après je sais que c'est un film pour enfants, mais je reste vraiment dubitatif sur le choix - Même si les seconds rôles sont plutôt sympas, j'ai eu BEAUCOUP de mal avec le personnage de Paul Walter Hauser - L'humour est assez inégale et parfois très "enfantin" Partager
- Quand une simple visite vire au cauchemar intérieur
Découvrez notre critique détaillée du spectacle FAUSSE NOTE Quand une simple visite vire au cauchemar intérieur FAUSSE NOTE ❤️❤️❤️💛 Quand une simple visite vire au cauchemar intérieur FAUSSE NOTE nous entraîne dans une joute verbale d'une rare intensité entre un chef d'orchestre et un mystérieux visiteur. Très vite, ce qui semblait être une simple rencontre fortuite bascule en un interrogatoire redoutable. Dès les premières minutes, la tension s’installe et ne cessera de monter, portée par un duo d’acteurs magistral. Didier Caron et Pierre Azéma impressionnent par la justesse de leur jeu : regards acérés, silences lourds de sens, ruptures de rythme millimétrées. On perçoit non seulement une maîtrise technique indéniable, mais aussi, et surtout, une intensité émotionnelle saisissante. Ce huis clos, véritable thriller psychologique, explore les zones grises de la mémoire, du pardon et de la culpabilité, sans jamais céder au manichéisme. Le sujet, fort et délicat (que je ne dévoilerai pas ici) est abordé avec une remarquable justesse. Didier Caron, qui signe également la mise en scène, évite tout effet démonstratif : son écriture fluide mise sur la progression du doute, l’éveil de l’émotion, la lente déflagration intérieure. La force de la pièce réside aussi dans sa mise en scène épurée. Quelques meubles, une lumière discrète, un espace restreint : rien ne vient distraire. Tout est au service du jeu, du texte, de l’émotion brute. Ce dépouillement scénique accentue le sentiment d’enfermement, de huis clos suffocant, presque carcéral. Certes, quelques longueurs peuvent se faire sentir dans la seconde partie, mais loin de nuire à l’ensemble, elles participent à l’asphyxie voulue du dispositif, et accompagnent la lente révélation de vérités enfouies. Le final laisse le public bouleversé. Et lorsque Didier Caron lui-même peine à sortir de son personnage au moment des saluts, on comprend que ce spectacle va bien au-delà d’un simple exercice de style : c’est un choc scénique, à la fois sobre, tendu, et viscéralement humain. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Une claque froide et viscérale en pleine cordillère des Andes.
Découvrez notre critique du film LE CERCLE DES NEIGES . Une claque froide et viscérale en pleine cordillère des Andes. LE CERCLE DES NEIGES ❤️❤️❤️❤️ Une claque froide et viscérale en pleine cordillère des Andes. Le film raconte l’histoire hallucinante d’un avion uruguayen s’écrasant au cœur de la cordière des Andes, laissant miraculeusement une partie de l’équipe de rugby qu’elle transporte rescapée. Laissés pour morts, ils vont devoir survivre face à une nature impitoyable… Il y avait déjà eu une adaptation dans les années 90 qui m’avait pas mal marqué. Et si on ajoute le fait que c’est une production Netflix, je dois bien avouer que je doutais sérieusement de l’utilité d’un tel remake. Et pourtant… Quelle claque !!! Le film brille en premier lieu par la mise en scène de Bayona, à qui l’on doit l’intéressant ORPHELINA, mais surtout la pépite QUELQUES MINUTES APRÈS MINUIT (et même son JURASSIC WORLD 2, si l’écriture du film est assez catastrophique, on peut au moins lui reconnaitre de proposer des choses intéressantes en termes de mise en scène). Les scènes catastrophes sont terrifiantes de réalisme (le crash de l’avion laisse sans voix), mais surtout il colle sa caméra au plus proche des protagonistes, intensifiant leurs émotions. On souffre littéralement avec eux, d’autant plus que rien ne leur sera épargné. D’ailleurs, même si le film est loin d’être gore, il n’en est pas moins une véritable épreuve psychologique pour le spectateur qui est régulièrement pris aux tripes. Mais si l’ambiance fonctionne aussi bien, c’est aussi dû au fait qu’il soit tourné en grande partie en décors naturel. Ça se ressent à l’écran, en donnant plus de véracité aux évènements, au point qu’on ressent presque le froid devant notre écran… Sans compter que ça offre quelques panoramas somptueux et on a une nouvelle fois un film qui aurait gagné à être vu en salle, ne serait-ce pour l’ambiance pesante qu’il installe. Le film des années 90, qui avait un côté hollywoodien, en faisant de certains de ses personnages des héros et sa musique épique. Ici c’est l’unité de groupe qui prime, et plus que les actions de certaines personnes, c’est continuellement le groupe qui est mis en avant, leur façon de se serrer les coudes pour survivre à cet enfer. En est en immersion totale avec le groupe de survivants, partageant leurs souffrances, les choix draconiens auxquels ils sont confrontés et quelques rares moments de bonnes humeurs, vite rattrapés par les terribles épreuves qu’ils traversent… On notera aussi les quelques flashbacks, souvent aussi discrets qu’efficaces. Sans parler du choix du narrateur qui est un coup de génie. Au final, l’hommage qu’offre Bayona aux victimes de cette tragédie est d’autant plus puissant. Très bonne surprise de ce début d’année… Partager













