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- NOCES DE JOIE critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle NOCES DE JOIE NOCES DE JOIE ❤️❤️❤️❤️ Puissant, si je ne devais retenir qu'un mot, ça serait celui là. La puissance de cette scène d'ouverture qui restera longtemps gravée dans ma mémoire. La puissance de la voix de Florence Alayrac qui vous transperce par ses chants lyriques. La puissance de la musique qui décuplera chacunes des émotions ressenties. La puissance des danses tribales et des chorégraphies offrants des tableaux magnifiques. La puissance des textes qui sont une ode à la liberté. Mais surtout la puissance et la grâce de Géraldine Lonfat qui semble possédée par son personnage. La troupe a reçu une véritable ovation, plus que méritée, et je retiendrai cette image à la sortie du spectacle qui résume tout : une spectatrice qui remercie la chanteuse pour l'émotion ressentie... et finira sa phrase submergée par les larmes... littéralement... Car oui, quand tu vas voir un spectacle de la troupe INTERFACE, c'est ça : tu emmagasines toutes les émotions pendant une heure et à la fin tout ressort d'un seul coup. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES . JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES ❤️❤️❤️❤️ Après m’avoir mis une énorme baffe en 2018 avec son PUPILLE, Jeanne Herry revient avec son nouveau film, où elle va une nouvelle fois mettre en lumière un métier méconnu : la justice restaurative. Des victimes et des auteurs d’infraction vont ainsi être amenés à dialoguer, encadrés par des médiateurs, afin de permettre aux premiers de se reconstruire et aux seconds de prendre conscience de la portée de leurs actes et de prévenir une récidive. On a une nouvelle fois affaire à un film choral extrêmement documenté et didactique, sur la résilience, la rédemption, le pardon… Il met l’accent sur le pouvoir du groupe et apporte un soin particulier à ses dialogues et au jeu d’acteurs (aidé par un casting assez impressionnant de justesse). Même si le sujet est lourd, il y a un côté solaire qui survole l’œuvre, avec parfois quelques moments de bonne humeur qui viennent alléger le propos. Et même si j’aurais voulu que ça aille plus loin sur certains aspects, le film fait parfois réfléchir, avec un sujet qui semble tellement à contre-courant de notre société et propose même quelques scènes d’une grande puissance. Partager
- LA MAIN DE LEILA critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA MAIN DE LEILA LA MAIN DE LEILA ❤️❤️❤️❤️❤️ Décidément ce festival 2017 sent le très bon cru Aujourd'hui il m'a fait voyager... en Algérie... On y suis l'histoire d'amour impossible entre deux jeunes Algériens pendant l'émergence des émeutes de 1988 sur fond d'hommage au cinéma et plus précisément de "Casablanca" C'est extrêmement drôle, les 3 acteurs nous offrent une débauche d'énergie pour interpréter les differents personnages de cette histoire, on assiste à une LECON de mise en scène où se sont de petits détails (frisant souvent le génie) qui nous aide à nous plonger dans leurs univers Et que dire de cette scène finale d'une beauté sans nom Le tout rend me spectacle tellement vivant qu'on a l'impression d'être au cinéma... ... Au Haram Cinéma Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Lorsque le Hip-Hop et la boxe fusionnent
Découvrez notre critique détaillée du spectacle PRÉLUDE Lorsque le Hip-Hop et la boxe fusionnent PRÉLUDE ❤️❤️❤️💛 Lorsque le Hip-Hop et la boxe fusionnent Le spectacle s’ouvre sur la 5e Symphonie de Beethoven, sur laquelle les deux femmes et sept hommes de la troupe de Kader Attou commencent à danser. Tous professionnels du hip-hop, ils évoluent sous le regard du chorégraphe, qui avoue ne pas être satisfait du résultat... Puis, la musique électroacoustique de Romain Dubois prend le relais. À partir de là, les danseurs entrent en vibration avec la musique, qui accélère crescendo jusqu’à un final d’une puissance redoutable. Tout au long du spectacle, Kader Attou nous parle de sa naissance, de sa découverte de la boxe — qui l’a initié aux corps en mouvement — puis de la danse. La boxe, véritable fil conducteur des chorégraphies, s’accorde parfaitement avec le hip-hop. Les mouvements des danseurs s’accélèrent et ralentissent au rythme de la mélodie, créant une tension constante. Souvent en groupe, parfois isolés pour mieux mettre en lumière un artiste, ils nous offrent aussi des duos inoubliables. Ces instants suspendus, où la danse classique des femmes se mêle au hip-hop des hommes, sont d’une poésie remarquable. Ces tableaux sont d’autant plus sublimes qu’ils sont accompagnés de jeux de lumière saisissants, mêlant clairs-obscurs et ombres chinoises. Comme c’est souvent le cas dans ce type de spectacle, certains tableaux marquent plus que d’autres, mais visuellement, plusieurs passages sont tout simplement somptueux. Et, comme je l’ai dit plus haut, le final est d’une intensité folle : les artistes semblent tout donner, portés par une musique qui ne cesse de monter en puissance, pour offrir un GRAND final à ce show. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Je t’aime, moi non plus…
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE GRAND JOUR Je t’aime, moi non plus… LE GRAND JOUR ❤️❤️❤️❤️💛 Je t’aime, moi non plus… Un coup de tonnerre annonce l'orage qui va s'abattre sur cette famille… Dès sa formidable scène d'ouverture, d’une impressionnante puissance graphique et dramatique, on sent que la compagnie Aléthéia va nous proposer quelque chose de spécial. Réunis pour la première fois depuis longtemps à l'enterrement de leur mère toxique, la fratrie va déterrer tous les non-dits et les secrets de famille. Une mère à qui il manque d’ailleurs une jambe… Un membre… un détail qui sera loin d’être anodin… Ce grand déballage se fera sous le signe d'un humour noir ravageur. Avec un rythme soutenu, la pièce va jouer avec les ruptures de ton et les registres, alternant les disputes et autres règlements de compte, à d’autres moments empreints de tendresse et de nostalgie. On pense souvent à Festen en voyant cette famille dysfonctionnelle qui choisit ce jour précis pour délivrer ce qu’elle a sur le cœur. Une famille partagée entre la rancœur et l’incapacité de se dire l’amour qu’ils ont les uns pour les autres. Au niveau du décor, un unique élément central : cette table autour de laquelle vont graviter tous les personnages. Le superbe travail de mise en scène fera le reste. Les lumières sont admirablement utilisées, et offrent quelques moments de grâce, comme ces monologues où un personnage se confie en bord de scène, alors que le reste de la famille reste figée à table et devient une peinture en clair-obscur. A cela, il faut aussi ajouter la musique et quelques moments chantés du plus bel effet. Dans cette pièce chorale et tragi-comique au rythme soutenu, l'ensemble du casting fait merveille. Mais comment ne pas parler de Sylvain Jailloux, incarnant le curé, mais aussi le fantôme de la mère. Un choix qui aurait pu s'avérer ridicule, mais le décalage s'intègre parfaitement au spectacle et surtout il réussit à apporter énormément de tendresse et d'attachement au monstre décrit par les enfants. J’ai savouré cette farce caustique, bien plus profonde qu’elle n’en a l’air. La pièce m'a emporté de la première à la dernière minute, jusqu'à ce final exceptionnel qui m'a fait dresser les poils. Clairement une de mes plus belles surprises depuis le début de OFF. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- (500) JOURS ENSEMBLE : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film (500) JOURS ENSEMBLE . (500) JOURS ENSEMBLE ❤️❤️❤️❤️💛 Tom est bercé par les comédies musicales et les chansons d’amour et croit en l’amour fou qu’elles véhiculent. Il va rencontrer Summer qui, elle, ne croit pas du tout en l’amour. Le film va nous raconter 500 jours de cette rencontre. Voici donc ma comédie romantique préférée (même plus qu’un QUAND HARRY RENCONTRE SALLY). Je ne suis pas un grand fan du genre, même si c’est la deuxième fois que j’aborde le genre dans ce calendrier. En effet, c’est extrêmement codifié, avec les mêmes clichés et j’ai souvent l’impression qu’elles se ressemblent toutes. Un couple va se rencontrer, s’aimer, se détester, se retrouver et un grand discours final fera qu’ils tomberont dans les bras l’un de l’autre… parce que c’est beauuuuuuu l’amour… Mais ici, comme avec IL ETAIT TEMPS il y a quelques jours, c’est bien plus que ça. Déjà, comme nous l’explique la voix off au début dès la première scène « Ce n’est pas une histoire d’amour ». Et en ce sens, le film va énormément jouer avec les codes et renouveler le genre. C’est bourré d’idées, ça transpire le cinéma et utilise de nombreuses figures de styles, mais qui apportent toujours quelque chose au récit et au développement des personnages. Comme par exemple ce passage de comédie musicale qui peut sembler folle, mais en dit beaucoup sur le ressenti du héros. Le montage est décousu, on va nous raconter les 500 jours de cette rencontre avec des allers-retours incessants, qui ne perdront jamais le spectateur tout en approfondissant le propos. Je revois régulièrement ce film, et à chaque fois ma vision évolue, notamment sur ce que je pense des personnages. D’autant plus qu’on a le point de vue du héros, ce qui fait que notre jugement est biaisé. Mais pour développer, il faudrait que je rentre dans les détails mais je préfère vous laisser découvrir cette petite pépite. Partager
- Ce tour de magie où le lapin refuse de sortir du chapeau
Découvrez notre critique du film WICKED 2 . Ce tour de magie où le lapin refuse de sortir du chapeau WICKED 2 ❤️❤️❤️ Ce tour de magie où le lapin refuse de sortir du chapeau L’année dernière, WICKED avait été une énorme surprise, au point d’être à deux doigts d’intégrer mon TOP 10 2024 . J’attendais donc ce deuxième volet avec une vraie impatience, d’autant qu’il devait conclure l’adaptation du classique de Broadway en rassemblant les enjeux émotionnels, politiques et musicaux mis en place dans le premier film. Dès les premières minutes, on retrouve ce qui m’avait charmé : cette guimauve assumée, délicieusement kitsch, portée par une Ariana Grande toujours aussi irrésistible dans la peau de la « gentille sorcière » à la fois adorable, agaçante et hilarante. L’univers visuel reste extrêmement soigné : un monde coloré, des costumes somptueux, des décors travaillés… même si, une fois encore, quelques fonds verts trop visibles viennent briser l’illusion. Le duo de sorcières demeure le pilier du film. Leurs liens sont approfondis, avec certains moments de dramaturgie qui viennent chercher l’émotion. Nous sommes face à un deuxième épisode plus sombre, offrant des arcs narratifs intéressant pour certains personnages, comme la sœur d’Elphaba ou la façon d’introduire les personnages emblématiques du MAGICIEN D’OZ. Sur le plan des thèmes, cette suite approfondit naturellement ce que le premier opus abordait déjà. Là où le premier film se concentrait sur la discrimination, la stigmatisation et l’acceptation de soi, ce deuxième film glisse vers quelque chose de plus politique : montée de l’extrémisme, propagande institutionnelle, manipulation de masse… Le récit se veut plus mature, presque philosophique, et la dimension tragique s’intensifie au fil des révélations. On sent que Jon M. Chu a voulu livrer une conclusion émotionnelle forte, même si elle est moins spectaculaire que le premier acte. Mais malgré toutes ces qualités, la magie n’a pas opéré comme l’année précédente. Le premier problème, déjà perceptible dans la Partie 1, reste le rythme. C’est long. Trop long. On sent que le matériau narratif n’était pas suffisant pour justifier deux films entiers, et certaines scènes paraissent étirées pour atteindre une durée imposée. Le diptyque aurait probablement gagné en puissance et en fluidité s’il avait été condensé en un seul film plus dense. Le second souci, et non des moindres pour une comédie musicale, vient du volet musical. Certes, les performances vocales des deux actrices sont impeccables. Cynthia Erivo impressionne autant qu’elle émeut, Ariana Grande offre une présence vocale maîtrisée. Et pourtant, à la sortie de la salle, aucune chanson ne m’est resté en mémoire, et je me suis retrouvé à fredonner les POPULAR et DEFYING GRAVITY du premier opus. Les chorégraphies souffrent du même constat : moins inventives, moins mémorables, loin des éclats visuels de la scène de la bibliothèque ou du bal du premier film. Je sauverais néanmoins un numéro utilisant ingénieusement un jeu de miroirs, qui sort vraiment du lot. Malgré un univers toujours enchanteur, une direction artistique ambitieuse et quelques belles idées dramatiques, je ressors avec une vraie déception. Le spectacle est là, mais la magie, celle qui m’avait surpris et transporté l’année dernière, s’est affadie en chemin. Le film conclut bien l’histoire… mais sans l’étincelle qui aurait permis de la graver dans les mémoires. Partager
- ANATOMIE D’UNE CHUTE : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film ANATOMIE D’UNE CHUTE . ANATOMIE D’UNE CHUTE ❤️❤️❤️❤️ Voici donc la dernière Palme d’or, qui s’est vu entachée d’une polémique lors du discours de sa réalisatrice. Ce qui aura fait finalement de l’ombre à son film, en dissuadant certainement certains d’aller le découvrir. Et c’est regrettable, car c’est tout simplement un très bon film qui n’avait pas besoin de ça… Après, il faut dire aussi que je suis assez amateur des films de procès, mais ANATOMIE D’UNE CHUTE va bien plus loin que ce genre cinématographique. Alors oui, le procès y est central, avec cette écrivaine soupçonnée d’avoir tué son mari. Justine Triet prend d’ailleurs un malin plaisir à jouer avec la zone grise en faisant continuellement douter le spectateur sur la culpabilité de son héroïne. Mais même si le doute sur sa culpabilité est au cœur du film, là n’est pas vraiment la question. Plus que l’analyse de la chute mortelle de son mari, c’est bien celle de leur couple qui sera disséquée et prendra toute son ampleur lors du procès. Et pour ne rien gâcher, il y a de vrais partis pris de mise en scène de la part de Justine Triet, chose assez rare dans ce genre de film pour être noté. Et même si certains choix peuvent paraitre prétentieux, je dois avouer que bien souvent elle fait mouche, comme lors d’une scène de dispute magistrale. Clairement la qualité du jeu des acteurs est d’ailleurs une des grandes forces du film, aidée par une écriture des dialogues exemplaire qui rend les échanges au procès passionnants. L’accusée, à la fois mystérieuse et ambiguë, est interprétée par une Sandra Hüller glaçante, à l’image de l’atmosphère ambiante de l’œuvre. Je me demande comment elle n’a pas eu le prix d’interprétation au Festival… Swann Arlaud est comme à son habitude brillant, mais on notera aussi un Antoine Reinartz impressionnant qui vole parfois la vedette dans son rôle de procureur et réussit même à apporter certains rares moments de comédie. Mais surtout, je retiendrai Milo Marchado Graner, qui incarne le fils mal voyant du couple, et principal témoin de cette tragédie. Par la justesse de son jeu, il apporte les rares moments d’émotions du film. Bref un casting sans faute, jusqu’au chien qui marquera inévitablement les spectateurs. Mais comme je le précisais plus haut, le film est terriblement froid. C’est à la fois une de ses réussites, mais aussi une de ses limites. Car même si ça apporte une atmosphère pesante vraiment maitrisée, ça a pour effet de limiter les émotions qu’ils dégagent. D’autant plus que la plupart des personnages sont assez antipathiques, limitant l’identification des spectateurs et donc leur attachement aux protagonistes… Même si j’ai un doute sur le fait de lui avoir attribué la Palme d’or, il n’en reste pas moins un très bon film. Partager
- Le rire comme porte d’entrée, l’émotion comme destination.
Découvrez notre critique du film CEUX QUI COMPTENT . Le rire comme porte d’entrée, l’émotion comme destination. CEUX QUI COMPTENT ❤️❤️❤️ Le rire comme porte d’entrée, l’émotion comme destination. Rose, mère d’une famille dysfonctionnelle, fait la rencontre de Jean, un marginal qui va lui tendre la main. Elle la saisit… et tout le reste avec. Le film commence comme une comédie jouant avec des situations parfois improbables pour provoquer le sourire. Mais ce ton léger ne dure pas : peu à peu, le récit glisse vers une tonalité douce-amère, où le rire laisse place à une émotion plus nuancée. Le film va ainsi jouer avec des ruptures de ton pour transformer le récit initial en un drame sincère, loin des effets dramatiques appuyés. Jean-Baptiste Leonetti fait passer la dramaturgie par les silences, les regards et les gestes. Notamment avec le personnage de Pierre Lotin, extrêmement mutique, qui fait souvent résonner ce que les autres n’expriment pas. Sa relation avec celui de Sandrine Kiberlain fonctionne comme un duo mal assorti, d’abord dissonant, mais qui finit par se compléter. Le film détourne les codes de la comédie romantique (rencontre improbable, frictions, rapprochement progressif) sans jamais basculer pleinement dans la romance. Il privilégie l’évolution humaine plutôt que le romantisme attendu. Le contraste entre Rose, solaire et expansive, et Jean, taciturne et retenu, contribue également à cette dynamique, créant un équilibre subtil entre énergie et intériorité. On peut toutefois regretter un rythme parfois trop lent, qui, bien qu’en accord avec cette approche intimiste, finit par freiner l’élan du récit. De même, certaines situations comiques, un peu trop artificielles, viennent par moments affaiblir l’émotion sincère que le film cherche à faire émerger. Ceux qui comptent s’impose finalement comme un portrait intime et profondément humain. Celui d’une mère courage, véritable force de la nature, prête à tout pour les siens. Mais aussi un film sur la résilience et l’entraide. Et rien que pour cela, on lui pardonne volontiers ses quelques faiblesses. Partager
- Quand le plus grand festival de théâtre devient un décor de cinéma
Découvrez notre critique du film AVIGNON . Quand le plus grand festival de théâtre devient un décor de cinéma AVIGNON ❤️❤️❤️ Quand le plus grand festival de théâtre devient un décor de cinéma En tant que passionné du OFF, j’étais à la fois curieux et un peu inquiet à l’idée de découvrir cette comédie romantique se déroulant au célèbre Festival d’Avignon. Mais, bien que le film ne soit pas sans défauts, le résultat s’avère globalement concluant, et surtout, il retranscrit avec justesse ce qui fait l’âme de cet événement unique. Il faut dire que Johann Dionnet, dont c’est ici le premier long métrage, connaît bien le terrain. Il adapte son court métrage JE JOUE RODRIGUE, avec une affection communicative pour ce lieu qu’il fréquente depuis longtemps. On suit Stéphane, un comédien en mal de reconnaissance, qui rejoint Avignon avec sa troupe pour y jouer une pièce de boulevard. Sur place, il retrouve Fanny, tout juste auréolée d’un Molière, qui joue dans une grosse production du IN. Par un quiproquo, elle le prend pour Rodrigue, le héros du Cid . Pour la séduire, Stéphane laisse courir un mensonge qui pourrait bien le dépasser. Dionnet capte à merveille l’effervescence du OFF : les rues inondées d’affiches, les comédiens en parade, les distributions de flyers, la chasse au spectateur dans une économie parfois cruelle, les terrasses pleines à craquer, et les fameuses soirées, comme l’iconique tournoi de ping-pong du Théâtre des Béliers. C’est même un plaisir de croiser à l’écran des figures familières du festival, telles que Charlotte Matzneff ou Amaury de Crayencour. La mise en scène rend hommage à la ville, en particulier dans ses lumières nocturnes. On retiendra notamment cette scène du CID, joué de nuit sur le parvis du Palais des Papes, d’une beauté rare. Le film joue habilement sur les contrastes entre théâtre classique et boulevard, sans tomber dans le manichéisme. Malgré des clins d’œil aux clichés de chaque genre, le récit reste nuancé. Il arrive à questionner sur leur place respective et leur rapport au public, avec un point commun : l’investissement des artistes pour venir toucher le public. L’écriture offre même certaines répliques marquantes : "Si le bouche-à-bouche peut sauver une vie, à Avignon, le bouche à oreille peut sauver une pièce "… Il se dégage un véritable esprit de troupe. Les seconds rôles ont le temps d’exister, avec chacun leurs failles et leurs doutes, au point de faire un peu d’ombre à nos deux tourtereaux. Car même si l’alchimie fonctionne entre Stéphane et Fanny (Elisa Erka est même lumineuse), leur romance reste assez classique, et l’intrigue amoureuse manque de surprises. Ce schéma du « mensonge par amour » est prévisible, et l’on voit trop souvent venir les rebondissements. Mais malgré cette faiblesse, le côté feel-good prend le dessus, et le film devrait sans peine trouver son public. Quant à moi, il m’a surtout donné une furieuse envie de retourner à Avignon, là où le théâtre palpite à chaque coin de rue… Partager
- Un petit peu de douceur dans ce monde de brutes
Découvrez notre critique détaillée du spectacle ÉVEIL Un petit peu de douceur dans ce monde de brutes ÉVEIL ❤️❤️❤️ Un petit peu de douceur dans ce monde de brutes Parce que le OFF, c'est aussi du cirque. Cette compagnie Hongroise pluridisciplinaire nous emmène dans un moment magique, qui donne un peu l’impression de vivre un rêve. C’est un spectacle muet, accessible à tous, et où la musique a une place primordiale. Ce show offre son lot de magie, avec de superbes moments de poésie jouant sur les lumières. Nous retrouvons aussi des numéros d’acrobaties aériennes saisissants où les artistes semblent aimantés à leurs cordes. Et que serait un spectacle de cirque sans clown ? Tout au long du show, les immanquables Clown blanc et Auguste en seront même le fil rouge. Au final, nous avons un spectacle bourré d'humour et de poésie qui devrait ravir toutes les générations. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Si seulement j’avais réussi à y trouver le sommeil…
Découvrez notre critique du film LA CHAMBRE D’À CÔTÉ . Si seulement j’avais réussi à y trouver le sommeil… LA CHAMBRE D’À CÔTÉ ❤️❤️ Si seulement j’avais réussi à y trouver le sommeil… J’aime beaucoup le cinéma d’Almodóvar, j’étais donc impatient de découvrir son nouveau film, qui avait tout pour exciter ma curiosité : premier film du cinéaste en anglais, avec deux grandes actrices au casting et ce Lion d’or 2024 reçu à Venise. Sur la forme, on retrouve beaucoup de ce que j’apprécie chez le réalisateur. Le récit est ancré dans les thèmes qui lui sont chers, comme la mort ou la relation mère-fille. Il démontre toujours un sens aigu du cadre et propose des plans magnifiques, avec un travail remarquable sur les couleurs. Et surtout, il fait preuve d’une direction d’acteurs irréprochable, avec un amour pour les femmes qui transperce l’écran. Mais voilà, même si le film a de nombreux atouts, cela ne suffit pas et, à mon grand regret, je suis passé totalement à côté de la proposition du cinéaste. Je ne suis jamais entré dans l’histoire, et pire, je n’ai ressenti aucune émotion. Pourtant, le film aborde un sujet fort, celui d’une femme malade qui décide de mettre fin à ses jours pour mourir dans la dignité. Mais j’ai trouvé qu’il ne faisait qu’effleurer le sujet et qu’il se perdait parfois dans des thèmes comme l’écologie, la montée de l’extrême droite ou le stress post-traumatique dû à la guerre. Ces sujets, survolés, arrivent comme un cheveu sur la soupe et alourdissent le film. Mais surtout, le souffle romanesque ne prend pas, et le film ne m’a jamais atteint. Certains dialogues ont bien réussi à capter mon attention, mais cela retombait très vite, et j’ai rarement trouvé le temps aussi long devant un film d’Almodóvar. Il faut dire qu’il n’est pas aidé par son rythme lent. Il y a bien un côté hitchcockien, mais le suspense qu’il tente d’installer ne fonctionne pas, car l’on devine aisément où tout cela va mener. Ce n’est sûrement pas un mauvais film, et d’ailleurs beaucoup de gens l’encensent, mais je suis passé totalement à côté de la proposition, au point que c’est probablement le film d’Almodóvar qui m’a le moins touché… Partager













