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- Critique de LES NUITS DE MASHHAD – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES NUITS DE MASHHAD . LES NUITS DE MASHHAD ❤️❤️❤️❤️ C’est un thriller, basé sur une histoire vraie, retraçant l’histoire d’un serial killer ayant décidé de «purifier» Mashhad des prostitués au nom de dieu. Il est réalisé par Ali Abbasi, un réalisateur Danois d’origine Iranienne. On comprend très vite pourquoi le film n’a pas été tourné en Iran, tant le film critiquera la misogynie extrême du peuple, la corruption de sa société et la façon dont elle a accouché d’un tel monstre. De même ce n’est pas anodin qu’un des premiers rôles soit campé par Zar Amir Ebrahimi, une Iranienne qui a été condamnée et a dû fuir son pays, suite à la divulgation d’une sextape. Elle y incarne même une journaliste dont le personnage fictif qui a été créé pour le film et qui en deviendra même la représentation de la misogynie subit par les femmes. Mais même si elle a un rôle central concernant la traque du tueur, le film surprendra en prenant le parti pris de faire du personnage du psychopathe son protagoniste, incarné par un Mehdi Bajestani glaçant. La première partie est un thriller très cru et naturaliste. Il mettra constamment le spectateur dans une situation de malaise, jusqu’à filmer les meurtres de façon très crue et frontale, mais sans jamais être dans la complaisance, en montrant justement ce que la société ne voulait pas voir à l’époque. Mais le film prendra réellement son envol dans sa deuxième partie après un virage assez surprenant (j’aurais d’ailleurs même aimé que le film s’attarde plus sur cette partie). Il deviendra même passionnant par le regard qu’il porte sur la société Iranienne et pouvoir de masse qu’une religion peut avoir sur le peuple. En ce sens, il rappelle la très bonne série SUR ORDRE DE DIEU, où il est aussi question de féminicide et de la place de la femme dans une communauté mormons. Bref un triller extrêmement efficace et perturbant. Un film qui fera se questionner le spectateur et clairement ne le laissera pas indemne, à l’image de sa scène finale aussi terrifiante que lourde de sens… Partager
- Le Game of Thrones du Vatican
Découvrez notre critique détaillée du film CONCLAVE . CONCLAVE ❤️❤️❤️ Le Game of Thrones du Vatican Le pape vient de mourir, et le cardinal Lawrence est chargé d’organiser le conclave réunissant les cardinaux du monde entier pour élire son successeur. CONCLAVE met donc en lumière l’une des réunions les plus secrètes de la religion catholique, mais s'avère finalement être aussi un thriller politique assez fascinant. On se retrouve dans un huis clos, où les cardinaux seront enfermés, sans aucun contact avec le monde extérieur et enchaîneront les votes jusqu'à réussir à se mettre d'accord sur le nom pour un nouveau pape. Mais les candidats se révèlent bien plus attachés à leur propre ambition qu’à l’idéal qu’ils sont censés représenter. Chacun traîne des casseroles, qui seront progressivement déterrées par notre protagoniste, semblant être un des rares à vouloir le meilleur pour l'église. Comme le dit un des personnages « Nous ne trouverons jamais quelqu'un de parfaitement irréprochable, nous sommes de simples mortels ». Et notre cardinal Lawrence va ainsi enquêter, pour trouver le candidat « le moins pire » à mettre à la tête d'une des institutions les plus puissantes au monde. Mais cette quête ébranlera ses propres certitudes et remettra en cause sa foi. Le film met le doigt sur beaucoup de sujets clivants du catholicisme (et même de la religion en général). Il sera question de la position de la femme, quasiment effacée dans ce monde patriarcal ou l'homme est roi. Mais l'intrigue abordera aussi bien d'autres thèmes, comme la corruption, les guerres des religions, l'homophobie, le terrorisme et les scandales sexuels. Cela fait beaucoup de sujets, peut-être même trop pour un seul film, d’autant plus que l’intrigue policière prend une place importante, multipliant les rebondissements jusqu’à un final aussi surprenant que maîtrisé, qui ne manquera pas de diviser les spectateurs. C’est cependant le côté thriller du film qui constitue sa plus grande force. L’intrigue et le suspense sont parfaitement dosés et réussissent à capter l'attention du spectateur. Mais surtout, ils sont magnifiés par la mise en scène soignée d’Edward Berger. Les cadres sont millimétrés et sublimés par la superbe photographie du français Stéphane Fontaine. Il y a un travail remarquable sur les couleurs, comme ce rouge omniprésent, ainsi que sur les lumières et les clairs obscurs. On a le droit à certains plans des plus marquants, je pense notamment à cette scène des parapluies qui est un délice pour les yeux. La musique extrêmement présente, renforce l’atmosphère et fait monter le suspense crescendo. Alors oui ce n'est pas toujours subtil, comme certains effets ou métaphores, et on peut aussi regretter le côté caricatural de certains personnages. Malgré cela, CONCLAVE n'en reste pas moins un thriller politique efficace, aux dialogues percutants, d'autant plus que le casting est dirigé de main de maître, avec notamment un Ralph Fiennes qui trouve peut-être ici son plus beau rôle. Partager
- Critique de SOUL – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film SOUL . SOUL ❤️❤️❤️❤️❤️ Quelle tristesse de devoir voir ce film sur petit écran, qui n’a d’égal que l’amour que je lui porte. Car OUI, pixar signe une nouvelle fois un film merveilleux qui aurait tellement mérité d’être vu sur grand écran et surtout d’offrir à tout le monde une chance de le voir… Pete Docter, non content d’avoir signé ce qui fait partie des plus beaux chefs d’œuvre de l’animation (Monstre et compagnie, Là-haut et Vice Versa), enfonce encore le clou en réussissant une nouvelle fois à représenter « l’invisible » avec cette aventure métaphysique. A ce titre, il va encore plus loin que Vise Versa. Il nous en présente en quelque sorte une version plus adulte, au risque de perdre une partie des plus jeunes. Parce que oui, même si le côté poétique et l’humour réussiront à capter un minimum leur attention, c’est clairement l’œuvre la plus mature du studio. Le scénario semble assez classique sur le papier, avec ce voyage initiatique, mais c’était sans compter sur le talent de Pixar qui nous propose un conte philosophique original bourré d’idées et avec une réelle profondeur. Et surtout, ils ont eu la bonne idée de garder secret un twist qui est certainement la meilleure idée du film. Le film arrivera à nous questionner sur qui nous sommes et nous faire réfléchir sur le sens de la vie. Comme toujours avec Pixar, c’est une claque visuelle. Il y a un réel contraste entre les deux univers, mais dans les deux cas on reste émerveillé par tant de beauté. Que ce soit New York avec ses images multicolores au réalisme bluffant et son agitation. Mais aussi ce « Grand avant » avec son côté abstrait et stylisé, son univers oniriques, ses couleurs pastelles et sa zen attitude ambiante. Le tout est sublimé par un travail sur les lumières qui laisse admiratif. Chaque scène est un émerveillement qui aurait offert une expérience folle au cinéma… L’opposition entre ses deux univers est aussi appuyée par une musique magnifique. Bien sûr le Jazz, la passion de notre héros, pour les parties New-Yorkaises mais surtout la partition électro magistrale de « l’autre monde » qui est un appel au rêve et à l’évasion. Bref, c’est compliqué de parler de Soul sans trop en dévoiler, mais ce film fait un bien fou. Pixar arrive une nouvelle fois à nous proposer un univers à la créativité débordante, mêlant humour, tendresse et enchantement. Un film, parfois drôle, souvent touchant. Un feelgood movie qui fait tellement de bien par les temps qui courent et qui nous fait ressortir de cette expérience avec une seule idée en tête « Profiter de l’instant présent » Magnifique jusque dans sa dernière réplique, à l’image du film : Parfaite. Partager
- Critique de BARBIE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film BARBIE . BARBIE ❤️❤️❤️💛 A l'annonce du projet, je n'attendais vraiment rien d'un film sur la poupée Mattel. Sauf, qu'entre les mains de Greta Gerwing, ça ne pouvait pas être aussi débile que les animés issus de la licence. Je me suis donc lancé, sans rien avoir vu ou lu sur le film, le trio Gerwing-Robbie-Gosling suffisant largement à attiser ma curiosité. Et le résultat est plutôt pas mal du tout. Alors, visuellement, il y a un vrai travail. L'univers rose bonbon, très naïf, où tout le monde est gentil est vraiment bien retranscrit. Et c'est bourré de références, au jouet, bien sûr, mais surtout cinématographique, comme avec cette scène d'ouverture assez géniale. Le film est gavé d'humour, et là j'ai une première limite, c'est que même si certains passages sont vraiment très drôle, c'est souvent un peu lourd et certaines blagues m'ont laissé de marbre. Mais bizarrement, le film ne s'adresse pas aux gamins. En effet, même s'ils seront sûrement ravis par l'univers coloré, les chansons et les blagues un peu débiles, ils risquent de passer à côté de pas mal de choses et de trouver le temps long. Parce que BARBIE va bien plus loin que la grosse blague, en abordant des thèmes comme le féminisme, le patriarcat, la place de l'homme et la femme dans la société ou encore le capitalisme. Et même si c'est un peu facile par moment, c'est assez bien écrit pour que le discours passe et ça arrive même parfois à être surprenant. Puis, il y a un côté meta assez bien foutu, sans compter que Margot Robbie et Ryan Gosling en font des caisses et sont irrésistibles. Au final, même si c'est loin d'être un chef d'œuvre, j'ai passé un bon moment. Même si passé la surprise, j'ai tout de même trouvé que le film s'essouffle dans la dernière partie, sauvé par un final assez touchant. Partager
- Critique de VICTORIA – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film VICTORIA . VICTORIA ❤️❤️❤️❤️ L’intérêt de VICTORIA n’est clairement pas son scénario qui doit tenir en une dizaine de pages, mais plutôt son côté formel. Ce film Allemand est même une prouesse technique, à savoir un plan séquence de 2h14. Et attention, je ne parle pas d’un faux plan séquence à la 1917, ni d’un plan séquence dans un huit clos comme THE CHEF. Ici, on a le droit un plan séquence, sans aucun trucage, au cœur de Berlin, multipliant les lieux… Il est 5h48, quand Victoria, une jeune Espagnole fraîchement débarquée à Berlin, sort d’une boite de nuit. Elle fera la connaissance de Sonne et ses potes. Une rencontre qui fera basculer sa vie en un rien de temps… Alors, oui, le choix du plan séquence apporte quelques longueurs au début du film. La première heure pose les personnages qui apprennent à se connaitre et ce n’est pas passionnant. Mais ça serait vraiment bête de ne pas pousser plus loin car le film s’emballe d’un coup avec une tension remarquable, qui deviendra suffocante et ne quittera plus le spectateur. La caméra ne lâchera quasiment jamais Victoria, immergeant totalement le spectateur dans la descente aux enfers de la jeune fille. La mise en scène fait preuve d’un véritable sens du cadre, avec une gestion impressionnante de l’espace et des lumières. Et malgré les contraintes techniques le film arrive même à proposer quelques moments de grâce. Un tel procédé, implique une grande liberté d’improvisation pour les acteurs, mais apporte aussi énormément de naturel à leurs jeux. Voir en direct comment les personnages basculent est impressionnant. Bref, ce film vaut le détour aussi bien pour la prouesse technique que pour la tension qu’il apporte dans sa deuxième partie. Partager
- Critique de JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES . JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES ❤️❤️❤️❤️ Après m’avoir mis une énorme baffe en 2018 avec son PUPILLE, Jeanne Herry revient avec son nouveau film, où elle va une nouvelle fois mettre en lumière un métier méconnu : la justice restaurative. Des victimes et des auteurs d’infraction vont ainsi être amenés à dialoguer, encadrés par des médiateurs, afin de permettre aux premiers de se reconstruire et aux seconds de prendre conscience de la portée de leurs actes et de prévenir une récidive. On a une nouvelle fois affaire à un film choral extrêmement documenté et didactique, sur la résilience, la rédemption, le pardon… Il met l’accent sur le pouvoir du groupe et apporte un soin particulier à ses dialogues et au jeu d’acteurs (aidé par un casting assez impressionnant de justesse). Même si le sujet est lourd, il y a un côté solaire qui survole l’œuvre, avec parfois quelques moments de bonne humeur qui viennent alléger le propos. Et même si j’aurais voulu que ça aille plus loin sur certains aspects, le film fait parfois réfléchir, avec un sujet qui semble tellement à contre-courant de notre société et propose même quelques scènes d’une grande puissance. Partager
- Une friandise de Noël qui manque de goût…
Découvrez notre critique détaillée du film JOLI JOLI . JOLI JOLI ❤️❤️💛 Une friandise de Noël qui manque de goût… Cette comédie musicale de Diastème témoigne d'un amour sincère pour les classiques du genre, avec des références marquées à des chefs-d'œuvre comme LES PARAPLUIES DE CHERBOURG ou bien CHANTONS SOUS LA PLUIE. Le film se pare d’un côté « bonbon de Noël » grâce à son travail sur les lumières colorées, qui lui confère une fantaisie joyeuse et festive. Il assume pleinement son côté artificiel et kitsch, un choix audacieux qui aurait pu en faire une œuvre idéale pour cette période de fêtes. Les chansons d’Alex Beaupain offrent de jolis moments, avec quelques morceaux mémorables qui résonnent longtemps après le générique. Évidemment, Clara Luciani excelle au chant, même si on aurait aimé la voir interpréter davantage de morceaux. En effet, il s’agit d’un film choral, multipliant les seconds rôles. William Lebghil est impeccable : déjà remarquable dans LA VIE DE MA MÈRE cette année, il est une nouvelle fois extrêmement juste dans son jeu. Mais c’est Laura Felpin qui est la vraie surprise du film. Elle s’impose comme le personnage le plus intéressant et se démarque par son jeu nuancé. Elle mêle habilement humour, émotion et une voix impressionnante. Malgré ces qualités indéniables, je suis malheureusement passé à côté du film. Même si la beauté des chansons et le côté feel-good qui imprègnent le film, l’histoire ne parvient pas à captiver émotionnellement. Son écriture reste assez simpliste, et je n’ai jamais réussi à m’impliquer dans ce tourbillon amoureux. La légèreté du film et le surjeu des personnages apportent un côté caricatural totalement voulu, mais cela dessert la dramaturgie et m’a laissé en dehors de l’histoire. La mise en scène, bien que servie par une magnifique photographie, manque d’imagination et de folie. Même si quelques chorégraphies fonctionnent, l’ensemble reste assez mou. De plus, le film est long : certaines chansons étirent inutilement l’histoire, laissant parfois l’ennui s’installer… En conclusion, même si je retiendrai certainement certaines chansons, le film lui risque de bien vite s’effacer de ma mémoire… Partager
- Un film qui ose énormément… sans jamais réussir à m’embarquer.
Découvrez notre critique détaillée du film 28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS . 28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS ❤️❤️💛 Un film qui ose énormément… sans jamais réussir à m’embarquer. En juin dernier sortait 28 ANS PLUS TARD et, même si je suis plutôt amateur de la franchise, ce nouvel opus m’avait laissé dubitatif. J’avais pourtant adhéré à bien des choses : l’ambiance poisseuse, la mise en scène inventive de Danny Boyle, ou encore la prestation hallucinée de Ralph Fiennes, qui incarne sans doute l’un des personnages les plus marquants du cinéma de genre de ces dernières années. À ce niveau-là, difficile de nier la singularité et l’ambition du projet. Mais le film se perdait aussi dans de nombreuses facilités et incohérences scénaristiques, jusqu’à cette dernière scène complètement « what the fuck » introduisant un clan tout droit sorti d’ORANGE MÉCANIQUE, qui me laissait redouter le pire pour la suite. Contre toute attente, cette communauté sectaire est pourtant l’une des bonnes surprises de ce TEMPLE DES MORTS. Cette bande de fanatiques, où tout le monde s’appelle Jimmy et se passionne pour les Teletubbies, apporte une étrangeté dérangeante et est certainement un des éléments les plus audacieux du film. Et s’il est facile de reprocher à Hollywood d’enchaîner les œuvres formatées en évitant toute prise de risque, on peut au moins reconnaître à ce film de ne jamais chercher à caresser le spectateur dans le sens du poil. Il ose, parfois jusqu’à l’excès, en poussant systématiquement les curseurs un peu plus loin. Dans cet opus, les morts-vivants sont d’ailleurs relégués au second plan. L’intrigue se recentre davantage sur l’affrontement idéologique entre le chef de la secte et le docteur Kelsen, toujours incarné de manière flamboyante par Ralph Fiennes. C’est dans cette opposition, presque philosophique, que le film trouve selon moi ses moments les plus intéressants, même si cela crée un éloignement radical de l’horreur pure qui faisait l’ADN de la saga. Si la mise en scène se révèle moins inspirée que celle de Danny Boyle, elle n’en demeure pas moins ponctuée de scènes marquantes, à l’image de cette séquence surréaliste dont est issue l’affiche. Malheureusement, mon plaisir est une nouvelle fois gâché par l’écriture et un manque persistant de crédibilité, notamment autour de tout ce qui concerne l’Alpha. Certes, invoquer la crédibilité dans un film de zombies peut sembler absurde, mais certaines facilités m’ont totalement sorti du film à plusieurs reprises, ce qui, pour moi, empêche le film de transformer son audace en véritable réussite. Au final, LE TEMPLE DES MORTS, comme son prédécesseur, est loin d’être un mauvais film, ne serait-ce que pour sa prise de risque de sortir des standards habituels. Mais là où LES ÉCHOS DU PASSÉ m’avait justement fasciné la semaine dernière par sa proposition radicale et pleinement assumée, celui-ci n’aura cessé de me tenir à distance, me laissant au bout du compte un goût amer. Partager
- Critique de COUPEZ ! – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film COUPEZ ! . COUPEZ ! ❤️❤️❤️💛 On a affaire ici au remake d’un film Japonais ONE CUT OF THE DEAD, qui avait été pour moi une énorme surprise de 2019. Un film au budget insignifiant de 25 000$ mais bourré d’idées. Et le premier constat, c’est que le film est extrêmement fidèle à l’original, mais même si on a souvent l’impression d’être devant un clone, Hazanavicius y apporte des codes plus accessibles au public français et prend même plaisir à référencer le film nipon. Clairement, ça commence comme un gros nanar, mais alors un ÉNORME nanar qui en est parfois drôle tellement c'est ridicule. Dans sa première demi-heure, que ce soit le scénario, le jeu d'acteur, en passant par la mise en scène... ça en fait des caisses, c'est souvent gênant, voir affligeant... Bref, il faut s’accrocher pendant la première partie mais la récompense sera bien là car le film est bien plus intelligent qu’il n’y parait. C’est même un véritable cadeau, aussi drôle que surprenant. Le film prendra un virage à 876536 degrés et deviendra même extrêmement malin. Tout prendra un sens et on sera même bluffé par le travail d’écriture et de mise en scène, jusqu’à une dernière partie hilarante. L’humour absurde, les situations et les dialogues en deviennent même jubilatoire. Le plaisir prit par le casting est communicatif, avec une mention spéciale à Bérénice Bajo et Romain Duris qui sont à 200%. Le film est un vrai cadeau à tout fan de cinéma, un ovni jouissif et vraiment bien foutu qui ne ressemble à RIEN de ce qu'on a déjà vu. Et ce n’est pas étonnant que ça soit Hazanavicius aux commandes de ce remake, tant sa filmographie transpire la passion du cinéma. Il parsèmera son film de clins d’œil, et sous ses airs de film Z, il s’avère être une vraie déclaration d’amour à l’artisanat du cinéma. Partager
- Critique de LES CHOSES HUMAINES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES CHOSES HUMAINES . LES CHOSES HUMAINES ❤️❤️❤️❤️ Alexandre est étudiant dans une grande université américaine. Lors d’un week-end à Paris, il rencontre Mila, la fille du nouveau compagnon de sa mère, qui l’accompagne à une soirée d’anciens étudiants. Le lendemain, la police débarque chez lui : Mila a déposé une plainte pour viol… Le film sera divisé en trois parties Lui, elle et le procès. Les deux premières vont prendre le temps de nous présenter les deux personnages avec un certain recul, mais en les traitants toujours sur un pied d’égalité. Même si dans un premier temps, on prend instinctivement parti pour Mila, au fur et à mesure des doutes nous assaillent et on est assez perturbé quand arrive le procès qui sera le plus grand segment de ce film et certainement la plus aboutie. Et c’est là que la mise en scène d’Yvan Attal prend toute son importance. Chaque intervenant sera filmé en plan séquence, se focalisant sur ce qu’il a à dire, sans nous monter les réactions des autres personnes. Ce qui donne au spectateur une immersion totale en le mettant à la place du juré pour se forger sa propre opinion sur ce terrible drame. Le procès est clairement un des plus passionnants que j’ai vu ces dernières années et on est suspendu à chaque mot. Au fur et à mesure, nos convictions s’envolent en éclats et on vient se demander qu’elle est la vérité, comment on aurait réagi à la place de la victime, bien sûr, mais aussi de l’accusé et de leur entourage. Il sera bien difficile pour le spectateur de se faire son propre jugement. La grande force du film, et certainement ce qui divisera une partie du public, est qu’il n’est jamais manichéen. Clairement dans l’air post #metoo, le film abordera les sujets du viol, du consentement et de cette fameuse zone grise, mais le fait avec intelligence. Alors certes, c’est perturbant, le spectateur ressent un malaise et il aurait préféré que les choses soit plus simple, mais au final c’est diablement efficace. Et à une époque où les gens ont tendance à tout de suite faire un lynchage public sur les réseaux sociaux l’impact du film est encore plus fort. Au niveau du casting, comme on pouvait s’y attendre avec les têtes d’affiches présentes, il y a du level. Mais c’est clairement les deux jeunes acteurs qui sortent du lot et surtout la jeune Suzanne Jouannet qui livre une prestation bouleversante. Et le fait d’avoir choisi une actrice jusqu’à maintenant inconnue et non identifiée pour ce rôle renforce l’impact qu’elle a sur nous en tant que « juré » de ce procès. Bref une très bonne surprise. Un film intelligent et nuancé dans ses propos, certes malaisant mais qui interrogera le spectateur et ne laissera pas indifférent. Partager
- Vous ne le connaissez pas encore. Mais vous lui direz merci !
Découvrez notre critique détaillée du film LIFE OF CHUCK . LIFE OF CHUCK ❤️❤️❤️❤️💛 Vous ne le connaissez pas encore. Mais vous lui direz merci ! Comme beaucoup, j’ai découvert Mike Flanagan avec sa mini-série THE HAUNTING OF HILL HOUSE : un chef-d’œuvre mêlant film de fantômes et drame familial bouleversant. Il semblait donc logique qu’il se tourne un jour vers Stephen King, maître incontesté du mélange entre fantastique et émotion brute. Après les inégaux JESSIE et DOCTOR SLEEP, Flanagan frôle cette fois la perfection avec LIFE OF CHUCK. Le film s’ouvre dans un futur proche : internet a disparu, un effondrement écologique est en cours, et partout fleurit une étrange campagne publicitaire affichant : « 39 grandes années ! Merci Chuck ! » Impossible d’en dire plus car LIFE OF CHUCK est une expérience rare qu’il faut découvrir par soi-même. Ce film est un véritable puzzle narratif inversé. Le récit est construit à rebours et se déploie en trois chapitres. Le premier, étourdissant, commence… par la fin. Flanagan réussit à y déployer une vague émotionnelle d’une intensité folle en un temps record. Tout comme le reste du film, ça vient chercher des choses au plus profond de nous, tant le sujet est universel. On se surprend à se questionner sur le sens de notre vie, nos regrets et nos priorités avec une mélancolie qui traverse l’écran. Ne serait-ce que cette réflexion sur le calendrier cosmique qui laisse sans voix. Chaque acte enrichit le précédent. Le puzzle prend forme, et lorsqu’arrive le générique final, on n’a qu’une envie : recommencer le voyage. Ce film ne se regarde pas, il se ressent, il s’installe en nous. Flanagan joue avec les genres avec une aisance déconcertante. D’un drame intime à une séquence de danse digne de LA LA LAND , en passant par des touches de fantastique à la Stephen King. Tout est fluide, cohérent, et on se laisse emporter. Le film prend aussi des airs de film choral, tant les visages et les ambiances évoluent d’un acte à l’autre. On retrouve les habitués du réalisateur (Kate Siegel, Annalise Basso, Samantha Sloyan…) auxquels s’ajoutent des nouveaux visages, Tom Hiddleston en tête, qui livre peut-être ici le plus beau rôle de sa carrière. Et comment ne pas citer un Mark Hamill méconnaissable et bouleversant dans le rôle du grand-père protecteur et alcoolique. Même si son thème central peut sembler sombre, LIFE OF CHUCK n’est jamais pesant. Il est imprégné d’une légèreté lumineuse (certains parleront surement de naïveté) qui lui permet de développer une force introspective sur le spectateur. Flanagan touche le merveilleux du doigt, livrant une œuvre profondément humaine, presque métaphysique, et pourtant accessible. C’est une véritable ode à la vie, un film qui reste en nous, va murir avec le temps et pourrait bien devenir culte au fil des années. Partager
- Critique de CHRONIQUE D’UNE LIAISON PASSAGÈRE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film CHRONIQUE D’UNE LIAISON PASSAGÈRE . CHRONIQUE D’UNE LIAISON PASSAGÈRE ❤️❤️❤️❤️ En ce qui concerne les histoires d’amours au cinéma, tout semble avoir été raconté mille fois, et pourtant… Quand on tombe amoureux, il n’y a que toi et l’autre, le reste du monde semble ne plus exister, et Emmanuel Mouret a eu l’idée extrêmement judicieuse de focaliser son film sur les deux amants, littéralement… Il n’y aura, à une exception près, aucun second rôle, donnant véritablement l’impression de rentrer dans l’intimité de ces deux personnages, et ça fonctionne admirablement. Alors oui, un film qui ne se consacrera quasiment qu’aux dialogues entre ses deux protagonistes, ça peut clairement faire peur, mais c’est sans compter l’immense qualité de son écriture et de ses interprètes. Waouh, quelle classe !!! Sandrine Kiberlain est solaire comme jamais, Vincent Macaigne maladroit et extrêmement attachant (plus je le vois, plus je me dis que c’est un immense acteur : vous n’avez pas vu MÉDECIN DE NUIT ? foncez voir ce film !!!). L’alchimie fonctionne instantanément entre eux deux et on croit en leur histoire dès la première minute. On rit avec eux, on angoisse avec eux, on a des papillons dans le ventre avec eux, on a des doutes avec eux, on pleure avec eux. Ils jouent avec une justesse inouïe, leur passion est communicative. La mise en scène de Mouret y est aussi pour beaucoup. Il laisse souvent ses plans durer pour laisser ses comédiens faire le reste, et ils nous touchent continuellement. Mais lorsque nos héros n’arriveront pas à exprimer ce qu’ils ressentent par la parole, c’est sa caméra qui prendra le relais, par un traveling ou un cadre bourré de sens. Ça fait souvent penser aux heures de gloire de Woody Allen. Le film est d’une tendresse absolu, jamais mièvre, avec ces petits riens plein de poésie qui font la magie des nouveaux couples. Les dialogues sont savoureux, le film est souvent drôle mais aussi parfois très profond et arrivera à questionner régulièrement le spectateur, jusqu’à son dernier tiers qui m’a totalement emballé, mais que je préfère vous laisser découvrir. J’ai été suspendu à leurs lèvres, avec cette sensation d’être dans un songe. Un très beau moment de cinéma. Une parenthèse enchantée, un petit bonbon sucré, un moment de cinéma plein de sensibilité qui fait un bien fou… Partager













