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  • La promesse d’un grand voyage spatial… mais je suis resté au sol…

    Découvrez notre critique détaillée du film PROJET DERNIÈRE CHANCE . La promesse d’un grand voyage spatial… mais je suis resté au sol… PROJET DERNIÈRE CHANCE ❤️❤️ La promesse d’un grand voyage spatial… mais je suis resté au sol… J’étais vraiment enthousiaste à l’idée de découvrir Projet Dernière Chance , ce film de science-fiction signé Phil Lord et Christopher Miller, dont je ne savais absolument rien. Et il faut reconnaître que la première partie du film a largement conforté cette attente. Le duo de réalisateurs démontre une nouvelle fois son savoir-faire en matière de mise en scène, en proposant des visuels marquants, sublimés par la photographie de Greig Fraser, déjà à l’œuvre sur The Batman ou Dune. L’ensemble évoque immédiatement de grandes références du genre comme Interstellar , Premier Contact ou encore E.T. l'extra-terrestre , tout en rappelant aussi Seul sur Mars , adapté du même auteur. Mais même si je ne peux que saluer la beauté des images, une impression persiste : celle d’avoir déjà vu, ailleurs et souvent en mieux, ce que le film propose à l’écran. Une sensation qui a finit par atténuer l’impact de ces séquences pourtant spectaculaires. Puis surtout, la promesse initiale a rapidement laissé place à une expérience beaucoup plus déroutante et, en ce qui me concerne, franchement laborieuse. Là où je m’attendais à une œuvre de science-fiction ambitieuse et immersive, le film opte en réalité pour un ton largement tourné vers la comédie. Un choix qui s’est avéré créer un décalage auquel je n’étais pas prêt. J’ai même eu par moments la sensation de me retrouver face à un film calibré par Disney, dans une veine très “grand public”, qui m’a sorti du récit. Le problème, c’est que cet humour ne m’a jamais atteint, au point de ne pas me décrocher le moindre sourire… Et comme le film repose en grande partie sur ce registre, tout le reste s’en est retrouvé fragilisé pour moi. Même constat pour ce récit d’amitié et d’apprentissage, censé constituer son cœur émotionnel. Sur le papier, tout est réuni pour que la relation fonctionne, dans la lignée de grandes œuvres du genre. Mais dans les faits, je n’ai jamais réussi à y croire. La connexion entre les personnages m’a semblé trop rapide, presque artificielle, comme si le film cherchait davantage à démontrer cette amitié qu’à réellement la faire naître. Faute d’attachement, je suis resté un peu plus à distance du projet. À cela s’ajoutent des facilités scénaristiques, qui même si elles sont excusables par le côté léger du film, restent difficiles à ignorer. Comme ce postulat d’un simple professeur propulsé sans aucune formation dans une mission spatiale de cette ampleur, et capable d’en maîtriser tous les enjeux. Là où d’autres films du genre parviennent à ancrer leur récit dans une certaine rigueur, celui-ci demande une suspension d’incrédulité que je n’ai jamais réussi à accorder. Enfin, plus le film avance, plus l’ennui s’est installé en moi, par manque d’investissement émotionnel, au point de transformer ma séance en véritable calvaire. D’autant plus que le film multiplie les rebondissements dans sa dernière partie, semblant ne jamais vouloir se terminer. Pour autant, difficile pour moi de qualifier le film de « raté ». On sent bien que ce mélange d’humour et d’émotion se veut fédérateur, et aux vues des retours, il semble toucher une large partie du public. Simplement, il n’a jamais fonctionné sur moi. Le décalage était trop grand, et je suis resté en permanence à distance de ce que le film cherchait à provoquer. Au fond, il s’agit peut-être tout simplement d’un film qui n’était pas fait pour moi… Partager

  • Mais que fait la police ?

    Découvrez notre critique détaillée du film SANTOSH . Mais que fait la police ? SANTOSH ❤️❤️❤️💛 Mais que fait la police ? Santosh suit l'histoire de Santosh, une jeune veuve de 27 ans, dont le mari policier est mort en service. En vertu d'une loi indienne surprenante appelée « le recrutement compassionnel », elle hérite de son poste au sein de la police. Le spectateur est donc propulsé avec elle dans le monde de la police indienne qu’elle va découvrir. Le jour où elle décide de mener l’enquête sur le viol et le meurtre d’une adolescente, elle est plongée dans les failles d’un système et d’une enquête bâclée… Le film démarre comme un drame social pour nous présenter un portrait de femme bouleversant. Puis, il glisse progressivement vers un polar sordide, où le spectateur découvre en même temps que Santosh cet univers dont elle ne connaissait rien. Elle est confrontée à la haine du peuple pour la fonction, mais aussi au machisme, à la puissance des castes, au racisme, à la corruption et à la violence qui gangrène le système… Elle n’a d’autre choix que de s’endurcir et de faire avec ces règles imposées pour pouvoir se faire une place et avancer. La réalisatrice, Sandhya Suri, vient du monde du documentaire, et son film s’en ressent, que ce soit par le côté naturaliste du film ou son absence de musique. Elle fait le choix judicieux de ne pas faire de Santosh une héroïne qui changera les choses, mais au contraire de révéler sa part d’ombre, apportant une ambiguïté fascinante à son personnage. Elle livre un polar glaçant et extrêmement sombre, où l’espoir n’a pas sa place, et surtout un constat sans appel sur l’incompétence de la police indienne et les dysfonctionnements d’un système... Le film souligne l'existence de deux catégories d'intouchables en Inde : ceux qu'on ne peut pas toucher et ceux qu'on ne veut pas toucher, mettant en lumière les divisions profondes et les injustices qui persistent. Partager

  • Critique de MATRIX RESURRECTIONS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film MATRIX RESURRECTIONS . MATRIX RESURRECTIONS ❤️💛 Clairement le film va diviser, et ce n'est pas la dizaine de personnes qui a quitté la salle hier qui dira le contraire... Moi même je suis très mitigé. Je n'ai toujours pas vu la BA, donc je ne vais rien dire sur l'histoire pour être sûr de ne pas spoiler. A l'inverse d'un Ghostbuster ou d'un Spider man, le film ne brosse pas son public dans le sens du poil. Même si il y a quand même énormément de fan service. Une bonne partie des spectateurs va déjà rejeter la première heure. C'est bête, car à mon sens est la grande réussite du film. J'ai vraiment beaucoup aimé, c'est surprenant, intelligent et complètement méta. C'est fun, plutôt bien foutu et même assez drôle. Malheureusement, ça retourne dans les travers des épisodes 2 et 3, en essayant inutilement de tout expliquer et rendant le tout complexe et chiant pour pas grand chose. Passé la 1ère heure, je me suis doucement ennuyé. Et pire, là où tu attends d'un Matrix des scènes d'action qui en mettre plein la gueule, c'est vraiment pauvre. Au mieux, c'est du déjà vu (et dans la matrice, c'est pas bon signe ^^), mais surtout c'est sans inventivité et "sur-cuté" (comme cette scène dans un train illisible). C'est encore plus flagrant, quand le film utilise de flashbacks des premiers (qui cumulent des plans devenus cultes, alors que là... pas sûr de garder une image en tête d'ici quelques mois...) Tu as même parfois l'impression que c'est voulu tant le film semble être un pied de nez à toutes les grosses productions actuelles. Après, je suis un peu méchant, car le climax est pas trop mal foutu, mais ne sauve pas l'ensemble. Alors si il y a un truc qui n'a pas changé : dans la trilogie, l'histoire Néo-Trinity je m'en battait le steack... c'est toujours le cas... Bref, même si ça démarrait bien, comme pour Spidey, sans être fondamentalement mauvais, je suis ressorti clairement déçu. Pour moi c'était vraiment dispensable et pas sûr de le revoir un jour. Partager

  • Un huis clos à hauteur d’enfant

    Découvrez notre critique détaillée du film LA CHAMBRE DE MARIANA . Un huis clos à hauteur d’enfant LA CHAMBRE DE MARIANA ❤️❤️❤️ Un huis clos à hauteur d’enfant En 1942, en Ukraine, une mère juive confie son fils de 11 ans, Hugo, à son amie d’enfance Mariana, une prostituée vivant dans une maison close, afin de le sauver de la déportation. Hugo est caché dans le placard de la chambre de Mariana, où il vit reclus pour ne pas être découvert. C’est d’ailleurs là que le film prend toute sa force. La mise en scène appuie parfaitement le sentiment d’enfermement de l’enfant, notamment grâce à un format 4/3 qui renforce l’oppression. Le réalisateur joue habilement avec le hors-champ : le spectateur est suspendu aux bruits et aux voix qui traversent les murs, devinant ce qu’il se passe à l’extérieur du placard. Le film brille aussi par sa manière d’illustrer le monde intérieur d’Hugo. La façon dont le réalisateur nous plonge dans l’esprit de l’enfant est brillante. Il convoque régulièrement le passé, mêlant réalité et souvenirs dans ce qui constitue sans doute les meilleurs moments du film. Ces moments suspendus donnent au film une grande densité émotionnelle. L’imaginaire de l’enfant devient alors une forme de résistance à la barbarie. Et plus le danger se rapproche, plus le rêve s’intensifie, comme un dernier rempart contre l’horreur. Le récit se focalise aussi sur la relation complexe et bouleversante entre l’enfant et sa protectrice. Elle évolue au fil du temps, tissée de silences, de gestes maladroits, de tendresse inattendue. Comme à son habitude, Mélanie Thierry est remarquable, d’autant plus qu’elle joue ici en ukrainien. Mais si cette relation fonctionne aussi bien, c’est grâce à Artem Kyryk, dans son tout premier rôle, qui impressionne par une justesse rare à cet âge. Malheureusement, dès que la caméra sort de la chambre, le film perd de sa force et de son inspiration. C’est une faiblesse sans doute liée à l’adaptation du roman. C’est aussi le cas du dernier acte, choquant, qui divisera probablement le public. Partager

  • Formellement impressionnant, narrativement inégal

    Découvrez notre critique détaillée du film 28 ANS PLUS TARD . Formellement impressionnant, narrativement inégal 28 ANS PLUS TARD ❤️❤️❤️ Formellement impressionnant, narrativement inégal Plus de vingt ans après la sortie du premier opus, Danny Boyle et Alex Garland se retrouvent pour prolonger une saga devenue culte dans le paysage du film de zombies. Si l’annonce avait de quoi exciter, le résultat m’a laissé un sentiment mitigé. Je suis plutôt fan des deux premiers opus, qui avaient redistribué les cartes en créant les nouveaux codes des films de zombies. J’avais été séduit par leur manière de remettre l’humain au cœur du récit, en s’éloignant des clichés gore pour explorer des thématiques plus existentielles et sociales. Cette suite reste dans cette lignée… mais pas sans concessions. J’ai d’ailleurs été assez étonné de voir qu’ils font le choix de balayer d’un revers de main le final du deuxième film. Le récit recentre l’intrigue sur une communauté anglaise qui s’est réfugiée sur une petite île alors que le reste du pays vit dans le chaos. On suit en particulier à un gamin qui partira avec son père découvrir le continent et ses dangers : un cadre qui évoque immanquablement LAST OF US ou encore L’ATTAQUE DES TITANS, notamment dans l’évolution des infectés. Si cette quête initiatique contient de belles idées, elle souffre d’un air de déjà-vu et de quelques raccourcis scénaristiques gênants : une mère qui n’existe souvent que pour justifier des rebondissements artificiels, des militaires balayés par une poignée de zombies alors que les protagonistes s’en sortent sans encombre… Ces facilités affaiblissent le récit et m'ont parfois sorti du film. Mais heureusement le film est sauvé par son ambiance et sa mise en scène. Car de ce côté-là c’est même su très haut niveau. Danny Boyle installe une ambiance poisseuse et malaisante et multiplie les plans marquants. Le montage est nerveux et immersif apportant un côté guérilla et le réalisateur combine son savoir faire visuel et sonore pour plonger le spectateur dans un atmosphère oppressante. Ça multiplie les idées et même si certains gimicks, comme le mutli-angles, sont peut-être utilisés à outrance, énormément de scènes resteront en mémoire. Le travail sur le son renforce encore cette immersion dans un monde étouffant et déshumanisé. Le film est aussi aidé par son casting. Le jeune acteur principal est bluffant de justesse, et Ralph Fiennes, qui malgré son second rôle, livre certainement le personnage le plus intéressant et troublant de la saga. Ce 28 ANS PLUS TARD m’a impressionné sur la forme, sans réussir à pleinement m’emporter sur le fond. Un film inégal, sauvé par sa réalisation et son ambiance. Et si l’on ajoute à cela un final déjanté et la promesse d’une suite sans Danny Boyle pour sauver les meubles… je ne suis pas certain d’avoir envie de replonger. Partager

  • Critique de LES FILS DE L’HOMME – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film LES FILS DE L’HOMME . LES FILS DE L’HOMME ❤️❤️❤️❤️❤️ Passé quasiment inaperçu au moment de sa sortie LES FILS DE L’HOMME est pourtant devenu pour moi un des plus grands chefs d’œuvre de la science-fiction. C’est un film d’anticipation dystopique se déroulant dans un futur proche qui est terriblement d’actualité tant les problèmes évoqués font écho à notre époque (Expulsion raciale, gaspillage des ressources, épidémie de grippe, montée de l’extrémisme, dépression…). Oui, clairement le film est sombre, même s'il n’est pas totalement dénué d’humour… Mais même si les thèmes abordés marquent immanquablement le spectateur, c’est surtout au niveau de la mise en scène que le film impressionne le plus. Déjà l’atmosphère poisseuse apportée par la sublime photographie et par le travail sur les décors y est pour beaucoup. Mais surtout, Cuarón donne à son film un côté reportage de guerre, caméra à l’épaule. Et le fait de choisir comme protagoniste un personnage lambda renforce l’implication du spectateur, le rendant témoin de l’horreur des situations. D’autant plus que le réalisateur nous met en totale immersion, notamment à l’aide de plans séquences magistraux, qui sont devenus aujourd’hui sa marque de fabrique (Gravity, Birdman…). On retiendra surtout celui « de la voiture » d’une maitrise rare et celui du climax hallucinant qui à lui seul est un bijou cinématographique. Plutôt que de s’attarder sur les explications, Cuarón se concentre sur l’émotion et les questionnements de son héros, offrant quelques scènes intimistes puissantes. Et malgré la noirceur de l’ensemble, il en fait une fable intense et bouleversante. Partager

  • Conseil de coach : trouver un scénariste à Yann Gozlan

    Découvrez notre critique détaillée du film GOUROU . Conseil de coach : trouver un scénariste à Yann Gozlan GOUROU ❤️❤️💛 Conseil de coach : trouver un scénariste à Yann Gozlan Yann Gozlan retrouve Pierre Niney pour la troisième fois avec GOUROU. Et si j’avais adoré BOITE NOIRE, ces deux films suivants, VISIONS et DALLOWAY ont été de réelles déceptions. J’étais donc à la fois excité et inquiet à l’idée de découvrir ce nouveau projet. Le film suit le coach en développement personnel le plus populaire de France, dont la carrière vacille lorsque le gouvernement décide de créer un diplôme d’État afin d’encadrer une profession aux dérives de plus en plus inquiétantes. Le début est très prometteur. Les séminaires impressionnent par leur mise en scène et le charisme manipulateur du protagoniste, et surtout, le film semble s’orienter vers un thriller politique ambitieux, terrain a priori idéal pour Gozlan. Il faut d’ailleurs lui reconnaître une qualité indéniable : son sens de la tension. On ne s’ennuie jamais, la mise en scène est nerveuse, et les rebondissements s’enchaînent avec une efficacité qui maintient constamment l’attention du spectateur. Gozlan étend ainsi son Niney-verse en confiant à l’acteur un nouveau rôle de Mathieu Vasseur. Un même nom pour trois personnages différents, mais un ADN commun : l’obsession, la quête de contrôle et une descente progressive vers la perte de repères. Pierre Niney impressionne une nouvelle fois par son investissement total. Il compose un personnage à la fois charismatique et profondément toxique, évoquant par moments la performance de Tom Cruise dans MAGNOLIA. Mais malgré cette efficacité formelle, GOUROU se heurte à de sérieux problèmes d’écriture. La promesse du thriller politique s’efface rapidement au profit d’un thriller paranoïaque parfois maladroit. Les twists s’accumulent sans jamais avoir de véritables conséquences, rendant le récit artificiel, voire incohérent. Le film multiplie ainsi les intrigues secondaires sans jamais réellement en refermer les arcs. Enfin, si GOUROU interroge bien les dérives du coaching et de l’influence, il peine à clarifier son propos. Certaines séquences, comme le passage dans un show télévisé ou la scène finale frustrante, laissent planer un flou sur les intentions du réalisateur, donnant le sentiment d’un film qui n’ose jamais aller au bout de ses idées. GOUROU confirme le talent de Gozlan pour maintenir la tension, mais rappelle qu’un suspense maîtrisé ne suffit pas à compenser des failles d’écriture. Partager

  • Satire à balle réelle sur le cinéma français

    Découvrez notre critique détaillée du film LE DEUXIÈME ACTE . Satire à balle réelle sur le cinéma français LE DEUXIÈME ACTE ❤️❤️❤️❤️ Satire à balle réelle sur le cinéma français Quentin Dupieux est un réalisateur dont les œuvres divisent à chaque fois le public, et ce sera certainement une nouvelle fois ici. Il faut dire que son cinéma est extrêmement radical, et même s’il me laisse souvent sur le côté, son univers absurde me fascine. Et parfois il me choppe, comme ce fut récemment le cas avec INCROYABLE MAIS VRAI… ou ici, LE DEUXIÈME ACTE… Comme toujours, il est difficile de parler d’un de ses films sans trop en dévoiler, car il repose énormément sur leurs côtés high concept, donc je vais me limiter au synopsis officiel. Florence veut présenter David, l’homme dont elle est follement amoureuse, à son père Guillaume. Mais David n’est pas attiré par Florence et souhaite s’en débarrasser en la jetant dans les bras de son ami Willy. Les quatre personnages se retrouvent dans un restaurant au milieu de nulle part. Il nous propose ici son film le plus accessible, et peut être même le plus drôle, on rit même énormément… Avec un côté méta délirant et un cynisme assez jouissif, il va jouer avec le spectateur et critiquer le cinéma français, ainsi que ces acteurs. C’est son troisième film en un an et ce n’est peut-être pas anodin, car on a presque l’impression qu’avec celui-ci, il nous offre un triptyque sur l’art. Après le théâtre dans YANNICK et la peinture dans DAAAAAALI !, c’est donc au tour du cinéma de passer à la moulinette du réalisateur… Alors, ce n’est pas forcément toujours subtil, mais le film est souvent bien plus profond qu’il n’y parait… Tout y passera, de la cancel culture, au mouvement #metoo, en passant par l’IA ou l’ego et l’entre-soi des stars. Et c’est d’ailleurs quand les acteurs se moquent d’eux-mêmes avec une autodérision savoureuse que le film est le plus efficace. Garrel, Lindon, Quenard et Seydoux sont admirablement dirigés et prennent un véritable plaisir à jouer, dans tous les sens du terme... C’est un délice de les voir délivrer les tonnes de dialogues, car oui, le film est extrêmement bavard. Ça enchaine les joutes verbales et les dialogues ciselés… Mais, la cerise sur le gâteau, c’est la découverte de Manuel Guillot. Inconnu jusqu’alors, il n’a pas à rougir du quatuor de stars, et vient même voler la vedette en proposant sûrement les scènes les plus hilarantes du film. Et même si j’ai trouvé la fin moins aboutie, il n’en reste pas moins un grand moment de divertissement et à mon sens le meilleur film du réalisateur… Partager

  • Quand un petit budget humilie les blockbusters.

    Découvrez notre critique détaillée du film GODZILLA MINUS ONE . Quand un petit budget humilie les blockbusters. GODZILLA MINUS ONE ❤️❤️❤️💛 Quand un petit budget humilie les blockbusters. Le film n’avait eu le droit qu’à une sortie de deux jours en décembre dernier (stratégie curieuse), mais devant le succès critique et public, il revient donc pour deux semaines dans nos salles, et clairement l’expérience vaut le détour. On y suit soldat kamikaze qui n’a pas voulu se sacrifier pour son pays et portera sur lui la honte et le regard des autres. De retour dans sa ville ravagée par la guerre, il recueillera une SDF et un bébé orphelin… Et j’allais oublier, un gros lézard vert qui tire des lasers vient foutre le bordel… Car même si le mythique monstre est bien au cœur du récit, le grand atout du film est de constamment ramener le récit à échelle humaine. Il fait le choix judicieux de placer son histoire à la fin de la guerre, avec les traumas d’un peuple suite à la destruction nucléaire. Le film prend ainsi un vrai aspect dramatique, avec ses personnages en quête de rédemption ou de reconstruction, qui vont devoir se serrer les coudes face à un gouvernement qui semble les avoir oubliés… Après, on pourra regretter malgré tout que les arcs narratifs sont tracés dès le début, et que le film manque peut-être de surprise de ce côté-là. Mais, si on accepte le surjeu inhérent au cinéma japonais, le film offre même quelques jolis moments d’émotion. Mais surtout, ce qui saute aux yeux, c’est qu’avec son budget dérisoire de 15 millions d’euros, le film ridiculise pas mal de grosses productions hollywoodiennes. Je ne vais pas vous mentir, les effets spéciaux ne sont pas tous parfaits, mais avec un si faible budget, le rendu proposé est impressionnant. Et ce en grande partie grâce à une mise en scène qui n’oublie jamais que dans un film de monstre, ce qui prime avant tout, c’est le rapport d’échelle. Chaque apparition de Godzilla est terrifiante, et le fait de les filmer en grande partie à hauteur d’homme décuple la puissance des scènes. Il utilisera aussi quelques plans séquences alternant les contre-plongées et les plan larges démontrant tout le pouvoir de destruction du monstre. Le film joue continuellement avec les codes du film de guerre, de catastrophe ou bien horrifique, et plus étonnant, on retrouve des références aux DENTS DE LA MER, avec partie de pêche d’une tension extrême… Le tout aidé par une bande son des plus efficaces qui offre au spectateur le grand spectacle qu’il est venu chercher. Partager

  • Un second volet visuellement solide mais narrativement précipité.

    Découvrez notre critique détaillée du film LES TROIS MOUSQUETAIRES : MILADY . Un second volet visuellement solide mais narrativement précipité. LES TROIS MOUSQUETAIRES : MILADY ❤️❤️💛 Un second volet visuellement solide mais narrativement précipité. Voici donc la suite du premier volet que j’avais particulièrement apprécié au printemps dernier, et vu que j’ai toujours préféré la deuxième partie de l’œuvre de Dumas, qui joue avec la zone grise de ses personnages et ses enjeux dramatiques, j’étais assez impatient de découvrir ce deuxième film. Alors, sur plusieurs aspects, il garde certaines qualités du premier film. On retrouve l’ambition visuelle, avec ses décors et ses costumes impressionnants, cette recherche de grand spectacle, ce thème musical épique, ou certains acteurs qui semblent investis au projet. Bien sûr, on retrouve une Eva Green dont le magnétisme colle parfaitement à cette Milady énigmatique, et c’est avec le même bonheur qu’on savoure chaque apparition de Louis Garrel qui m’a fait sourire à chaque réplique. Ça se donne les moyens de ses ambitions et propose un spectacle populaire et plutôt efficace où je ne me suis pas vraiment ennuyé. Sauf, que le film me pose aussi de sérieux soucis… Au niveau du spectacle, autant dans le premier film les combats en plans séquences avaient vraiment de la gueule, mais ici c’est beaucoup moins maitrisé, moins chorégraphié et surtout ça rend l’action brouillonne… mais pas autant que l’histoire… Parce que tout ici semble rushé, ça va trop vite et tous les évènements s’enchainent sans que le scénario ne puisse les digérer, et malheureusement, c’est détriment de la dramaturgie. Bon, vu le cumul des rebondissements, ça pourrait se comprendre, mais pourquoi inclure des sous-intrigues sorties de nulle part et sans intérêts ? (Oui, je parle de toi Michalik…). Idem pour le développement des personnages qui est expédié, voire inexistant. En premier lieu, celui de Milady, dont l’ambiguïté passe totalement à la trappe. Son personnage aurait mérité tellement mieux, d’autant plus que ce volet porte son nom… Sans parler de Portos et Aramis qui sont relégués au second plan et ressemblent plus à des faire-valoir comiques qu’à autre chose… Ça donne un côté très sériel à l’ensemble. D’ailleurs on en parle des cinq premières minutes consacrées à un résumé du premier film (Sérieusement, au cinéma ???), on en parle de la scène post-générique du même premier film qui apparait au bout de plus d’une heure dans le deuxième ? Mais surtout, c’est quoi cette fin débile qui ouvre la porte à une potentielle suite ??? Alors, je veux bien qu’on prenne des libertés avec un roman, et la partie en Angleterre est même intéressante de ce point de vue-là, mais c’est quoi cette dernière scène qui frôle le ridicule ??? Après, ça reste un divertissement familial honorable et plutôt efficace, mais après un premier film très prometteur, j’en ressors très frustré et surtout avec un sentiment de gâchis… Partager

  • Broadway s’invite au cinéma et la magie opère

    Découvrez notre critique détaillée du film WICKED . Broadway s’invite au cinéma et la magie opère WICKED ❤️❤️❤️❤️ Broadway s’invite au cinéma et la magie opère WICKED est le préquel du Magicien d’Oz, mais surtout l’adaptation d’un des plus gros succès de Broadway de ces vingt dernières années. Mon amour pour les comédies musicales avait d’abord attisé mon excitation, avant qu’elle ne soit refroidie par les premiers visuels ou bien la présence d’Ariana Grande dans le rôle-titre… Et les premières minutes du film ont confirmé mes doutes, tant cela puait la guimauve et dégueulait de niaiserie, avec une Ariana au sommet de la caricature des princesses Disney. Et pourtant, à ma grande surprise, j’ai adoré le film et, plus fort, Ariana Grande est de loin le plus gros atout de ce long-métrage. Quand elle chante, elle met la misère à tout le monde, livrant une prestation hallucinante avec une voix digne d’une grande soprano. Mais ma plus grande surprise aura été la qualité de son jeu. Elle a une vraie présence à l’écran et surtout un sens du comique démesuré. Que ce soit par un dialogue, une gestuelle ou une mimique, sa moindre apparition entraîne le rire des spectateurs. Elle réussit à nous offrir une Galinda délicieusement détestable, tout en insufflant une certaine profondeur à son personnage. Mais elle n’est pas la seule à sortir son épingle du jeu : Cynthia Erivo livre une Elphaba en parfaite opposition à Galinda. Le duo fonctionne à merveille, apportant une vraie alchimie et une évolution maîtrisée à leurs personnages (je pense notamment à une scène de danse d’où se dégage une émotion rare). Leurs voix s’accordent à l’unisson lors des chansons pour le plus grand bonheur de nos oreilles. Le jeu de Cynthia Erivo passe aussi énormément par ses regards, qui expriment ses sentiments de rejet et d’injustice face à la discrimination qui l’entoure. Le racisme et l’exclusion sont d’ailleurs les thèmes centraux du film. Et n’en déplaise aux décérébrés que je vois déjà crier au wokisme, le spectacle a plus de vingt ans, preuve que la seule chose qui a changé depuis, c’est qu’on leur a offert les réseaux sociaux pour déverser leur haine… Mais, même si je mets l’accent sur les deux comédiennes, le film est avant tout une comédie musicale, et là aussi, on n’est pas loin du sans faute. Bien sûr, on y retrouve beaucoup de chansons, dont certaines resteront en tête à la sortie de la séance. Ces chansons sont sublimées par une mise en scène qui met tout en œuvre pour offrir un grand spectacle. Il y a un énorme travail sur les costumes et les décors, comme lors de cette chanson dans une bibliothèque au design des plus inspirés. Il y a un côté artificiel et très coloré à l’ensemble qui colle parfaitement à la féérie du pays d’Oz. Mais surtout, les chorégraphies impressionnent par leur dynamisme et le nombre d’artistes qui se donnent à fond à l’écran. La caméra cherche toujours à mettre en avant leurs performances, rendant le spectacle d’autant plus impressionnant. Cependant, même si le spectacle est au rendez-vous et que le rythme est bien géré, je dois tout de même avouer qu’on sent passer les 2h40. D’autant plus que ce premier film ne couvre que le premier acte de la comédie musicale. Cela fait que les vrais enjeux n’arrivent que lors du climax. Et même si cela promet une deuxième partie avec une intensité dramatique qui va s’envoler, ce premier film peine un peu à démarrer et aurait certainement gagné à être raccourci. J’ai aussi quelques réserves visuelles. Comme je l’ai dit plus haut, tout ce qui touche aux décors, aux costumes ou aux chorégraphies frôle la perfection, mais malheureusement ce n’est pas toujours le cas des effets visuels (FX). Même si certains sont bluffants, comme ce bouc incarnant le professeur de biologie, c’est parfois beaucoup plus compliqué. Il y a parfois des écrans verts douteux qui gâchent un peu le tableau, ainsi qu’une gestion de la lumière qui cumule les surexpositions ou apporte parfois un côté terne à l’image. Mais ces quelques réserves n’enlèvent rien au plaisir ressenti devant l’écran, et le film devrait facilement s’installer dans la mémoire collective au fil des années. Partager

  • Une saison qui va alterner le chaud et le froid…

    Découvrez notre critique détaillée du film QUAND VIENT L’AUTOMNE . Une saison qui va alterner le chaud et le froid… QUAND VIENT L’AUTOMNE ❤️❤️💛 Une saison qui va alterner le chaud et le froid… Michelle, une grand-mère sans histoire, vit paisiblement sa retraite dans un village bourguignon avec son amie Marie-Claude, dont le fils est en prison. Elle attend avec impatience son petit-fils qui doit venir pour les vacances de la Toussaint, mais rien ne va se passer comme prévu… Je ne peux pas en dire plus sur l’histoire, car le film est long à démarrer… voire très long... Alors oui, la lenteur de cette première partie est justifiée par le sentiment de solitude de notre héroïne, dont le réalisateur filme admirablement la routine, mais cela ne m’a pas empêché de m’ennuyer un peu. Le film alterne les genres, passant d’un drame empreint d’humour noir au thriller. La partie dramatique du film est d’ailleurs la plus intéressante, avec un flou moral et une zone grise qu’on aurait aimé voir davantage approfondie. Le réalisateur nous propose le portrait d’une femme mélancolique, à la fois touchant et ambigu, offrant ainsi un rôle en or à Hélène Vincent. Elle est accompagnée d’une très bonne Josiane Balasko, mais il manque tout de même quelque chose pour que leur duo emporte totalement le spectateur. Malheureusement, le personnage de Vincent, voyou au grand cœur, est assez caricatural. Ozon joue avec le spectateur en usant habilement des non-dits, des sous-entendus et des ellipses temporelles judicieuses. Le spectateur cherche donc à combler ces vides et à se faire sa propre opinion. Mais là aussi, même si un réel suspense s’installe quant aux motivations des personnages, plusieurs facilités et incohérences viennent quelque peu gâcher le tableau. Au final, à trop vouloir s’éparpiller dans les genres, comme dans les thèmes abordés, rien ne prend réellement. Et même s’il n’est pas dénué de qualités, on a finalement affaire à un film mineur dans la filmographie du réalisateur… Partager

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