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- La transition d’un projet casse gueule vers une pépite d’une originalité folle.
Découvrez notre critique du film EMILIA PEREZ . La transition d’un projet casse gueule vers une pépite d’une originalité folle. EMILIA PEREZ ❤️❤️❤️❤️ La transition d’un projet casse gueule vers une pépite d’une originalité folle. Manitas, un chef de cartel mexicain, contacte Rita, une avocate travaillant pour un cabinet dont la philosophie est de blanchir des criminels. Il décide de l’engager pour l’aider à changer de vie : devenir la femme qu’il a toujours rêvé d’être et disparaître de la circulation (parce que oui, dans le milieu des cartels, ça passe encore moins bien que dans le reste de la société…). Ah oui, j’ai aussi oublié un détail : c’est une comédie musicale… Donc là, en quelques lignes, j’ai perdu la moitié des lecteurs, qui passeront donc certainement à côté d’un très grand film, car EMILIA PEREZ est un ovni, mais surtout une petite pépite. Alors oui, c’est une comédie musicale et ça chante vraiment beaucoup, mais on est plus proche d’un ANNETTE ou d’un DANCER IN THE DARK que d’un WEST SIDE STORY (qui est soit dit en passant ma comédie musicale préférée). Quand je dis ça, c’est pour expliquer qu’ici, les moments chantés sont loin des standards de Broadway et ne cherchent pas à en mettre plein les yeux avec des chorégraphies ultra-léchées et des morceaux qui restent en tête. Non, dans Emilia Perez, les chansons servent vraiment le scénario et sont plus souvent des introspections dans les pensées des protagonistes. Chaque chanson fait évoluer les personnages d’une manière ou d’une autre. Pour autant, le film est très esthétique et Jacques Audiard prouve une nouvelle fois qu’il a un sens du cadrage exemplaire. Même si on n’est pas dans le grand spectacle, c’est visuellement somptueux. On notera aussi que l’ensemble est soutenu par une superbe bande originale, mêlant les genres musicaux. Même si le film traite de la transidentité, c’est loin d’être le seul thème abordé. Il y est beaucoup plus largement question de recherche de soi en général : pour le personnage du chef de cartel par rapport à son genre, pour celui de l’avocate par rapport à son travail, et pour celui de la femme par rapport à son épanouissement sexuel. Le thème de la famille est aussi central, tout comme les victimes collatérales des crimes perpétrés par les cartels. Le film navigue ainsi entre le thriller, le film noir, le drame et la quête de rédemption. On pourrait penser que le film s’éparpille, et pourtant, grâce à son écriture exemplaire, l’ensemble forme un tout d’une grande profondeur. Mais surtout, le film est porté par trois actrices bluffantes et dirigées de manière remarquable. Karla Sofia Garcon en tête, qui impressionne par son charisme et l’émotion qu’elle arrive à dégager. Et même si le chant et la danse ne sont pas son fort, elle réussit à nous livrer de grands moments d’émotions dans ces scènes. Zoe Saldana se libère des grosses productions hollywoodiennes et livre une prestation éblouissante (aussi bien dans l’intensité de son jeu que dans le chant ou la danse). Selena Gomez, même si son rôle est moins important, n’est pas en reste et parvient à donner de l’épaisseur à son personnage. Toutes les trois font en sorte que la dramaturgie prenne, et que le film réussisse à toucher profondément le spectateur. Une nouvelle fois, Audiard prend des risques en sortant de sa zone de confort. Il nous livre ici un projet fou qui aurait pu être casse-gueule, mais au contraire, il est à la hauteur de ses ambitions et mélange les genres à merveille pour nous proposer un film aussi original qu’abouti. Partager
- CHANGER L’EAU DES FLEURS critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle CHANGER L’EAU DES FLEURS CHANGER L’EAU DES FLEURS ❤️❤️💛 Comme à priori beaucoup de spectateurs présents dans la salle, je suis allé voir cette pièce après avoir dévoré le roman qui fait partie de mes coups de cœurs de ces dernières années. Et donc, oui, j’avais conscience qu’il serait impossible de développer toute la complexité d’un livre de 700 pages abordant autant de thèmes, mais je restais curieux de voir ce qu’allait nous proposé la pièce. Mais, je dois avouer que même si l’histoire est extrêmement simplifiée, elle en garde la cohérence et surtout ce qui fait l’âme du roman : son personnage de Violette. Cette femme brisée et bienveillante qui passe son temps à essayer de réparer les autres. Personnage incarné admirablement par une Caroline Rochofort lumineuse qui nous fait entrée immédiatement en empathie avec notre gardienne de cimetière. Elle nous offre une Violette peine d’humanité, aussi sensible que drôle. Sa rencontre avec un policier fera ressurgir les démons du passé et nous fera découvrir sa tragique histoire, tout en réussissant à garder un indéniable côté feel-good. La mise en scène épurée et l’utilisation astucieuse du décor parvienne à offrir quelques moments d’une grande intensité, comme ce final particulièrement maitrisé. Donc même si le défi de cette adaptation était considérable, elle s’en sort avec les honneurs et m’ont donné l’envie de replonger dans le roman et l’univers de Violette. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Rire, pleurer, comprendre : un équilibre rare entre gravité, tendresse et émotion
Découvrez notre critique détaillée du spectacle J’AI BESOIN D’AIR, C’EST POUR ÇA QUE JE FUME Rire, pleurer, comprendre : un équilibre rare entre gravité, tendresse et émotion J’AI BESOIN D’AIR, C’EST POUR ÇA QUE JE FUME ❤️❤️❤️❤️ Rire, pleurer, comprendre : un équilibre rare entre gravité, tendresse et émotion Aborder l’inceste au théâtre est un acte courageux, le faire en racontant sa propre histoire l’est plus encore. Avec J’ai besoin d’air, c’est pour ça que je fume , Clémence de Vimal relève ce défi vertigineux en proposant un seule-en-scène d’une rare intensité, où la gravité du propos cohabite avec une étonnante légèreté. Un équilibre particulièrement précieux, qui permet d’aborder l’indicible sans jamais enfermer le récit dans la douleur. Clémence de Vimal choisit une approche profondément intime : elle ne raconte pas simplement une histoire, elle ouvre la sienne. La pièce prend la forme d’un journal intime dans lequel elle nous invite à entrer , nous dévoilant ses blessures, ses doutes et ses fragilités. Une parole sincère qui donne au spectacle une force émotionnelle immédiate. La pièce semble parfois emprunter au conte , notamment dans l’évocation de l’enfance, où le réel est comme sublimé, adouci, transformé pour rendre le monde plus supportable. Cette douceur passe aussi par une scénographie inventive et malicieusement décalée — je pense notamment à ces objets démesurés qui suscitent des sourires inattendus, presque salvateurs. La mise en scène regorge d'autres idées fortes , comme cette robe “en kit” que la comédienne dépouille progressivement, symbolisant cette parole se libère. Un geste simple, mais d’une puissance symbolique évidente, qui accompagne tout le parcours du spectacle. Sur scène, Clémence de Vimal impressionne. Seule, elle incarne une multitude de personnages sans jamais perdre le spectateur . Chacun existe pleinement, avec précision, parfois même avec un décalage presque jubilatoire qui vient enrichir encore la palette émotionnelle. Mais c’est surtout la puissance du texte qui marque : sa capacité à mettre des mots sur ses maux , à dire l’indicible sans jamais céder au sensationnalisme. Malgré l’humour qui traverse la pièce, jamais la détresse d’Élisabeth — son alter ego — ne disparaît. On reste constamment immergé dans son combat , dans ce parcours du combattant pour faire reconnaître les viols qu’elle a subis. Cette tension permanente entre gravité et légèreté ne dilue jamais le propos ; elle le rend au contraire plus accessible, plus humain, plus universel. Car c’est bien là que réside la grande réussite du spectacle : dans cet équilibre subtil entre douleur et douceur . Entre effondrement et reconstruction. Entre rire et larmes. Une oscillation permanente qui crée une empathie profonde et durable. Derrière le récit, il y a aussi un message. Un message d’espoir et de courage adressé à toutes celles et ceux qui subissent encore ce fléau, malheureusement bien plus répandu qu’on ne voudrait le croire. Et malgré le tabou, malgré la violence du sujet, c’est une immense pudeur qui se dégage du spectacle — ainsi que l’amour bouleversant que la comédienne porte à sa mère. À la fin, le silence n’est plus tout à fait le même. La pièce continue de résonner longtemps après , comme une invitation à parler, à briser ce qui doit l’être. Et c’est sans doute là sa plus grande force : transformer une histoire intime en un élan profondément universel . Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- COSCOLETTO critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle COSCOLETTO COSCOLETTO ❤️❤️❤️💛 La troupe ZOLIBRIUS nous invite à découvrir leur libre adaptation de L'OPÉRA BOUFFE d'Offenbach. Et dès le lever de rideau, avec son décor aux couleurs crillardes, on comprend que l'humour sera au rendez-vous. Les six comédiens, accompagnés de deux musiciennes, vont nous entraîner dans ce Vaudeville musical complètement barré. Une opérette loufoque où les rebondissements et les quiproquos vont s’enchainer pour le plus grand plaisir du public. Mais surtout, si le spectacle fonctionne, c'est avant tout grâce au numéros musicaux entraînants et forts réussis et avec leurs chorégraphies bourrées d'humour. Bref, un très bon choix, si on veut simplement passer un bon moment de comédie. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Fabuleuse prestation de Saoirse Ronan.
Découvrez notre critique du film THE OUTRUN . Fabuleuse prestation de Saoirse Ronan. THE OUTRUN ❤️❤️❤️💛 Fabuleuse prestation de Saoirse Ronan. Rona, une jeune Londonienne qui a détruit son couple en sombrant dans l’alcool, décide de trouver refuge dans les Orcades, ces îles perdues au nord de l’Écosse où elle a grandi. C’est ici, dans cette nature sauvage, qu’elle cherchera à lutter contre ses démons intérieurs pour trouver un nouveau sens à sa vie. Il y a quatre ans, Nora Fingscheidt m’avait bouleversé avec son très prometteur Benni, que je vous invite vivement à découvrir. J’étais donc assez curieux de découvrir son nouveau film, d’autant plus qu’en tête d’affiche, on y retrouve la grandiose Saoirse Ronan. THE OUTRUN est donc un drame intime sur une femme qui cherche à se reconstruire en luttant contre le fléau qui la ronge : l’alcoolisme. Dès la scène d’ouverture, on est bluffé par ce qui sera l’un des atouts du film : la beauté des images. On y voit un plan qui raccorde un baiser dans une boîte de nuit à une séquence sous-marine, symbolisant l’alcool qui détruit la vie de Rona. Le film est constamment enveloppé d’un souffle onirique du plus bel effet, créant une ambiance presque hypnotique, entre rêve et réalité. Un vent qui s’abat sur cette région d’Écosse tout comme sur ces plans caméra à l’épaule, donnant régulièrement ce sentiment d’ébriété qui hante notre personnage… La beauté des images est aussi sublimée par les majestueux paysages des îles du nord de l’Écosse, qui en mettent plein les yeux et intensifient ce sentiment de solitude. Le film adopte d’ailleurs un rythme très lent et contemplatif, qui pourra en rebuter certains, mais il est totalement justifié par le combat que mène Rona et son besoin d’isolement pour réussir à se retrouver. On notera aussi la qualité de l’écriture, qui nous fait constamment voyager entre le passé et le présent, sans jamais nous perdre. Au contraire, ces deux temporalités se répondent et développent de manière très habile la psychologie du personnage. Mais surtout, le grand atout du film est clairement son actrice, Saoirse Ronan, qui prouve une fois de plus que ses quatre nominations aux Oscars sont totalement justifiées. Elle livre probablement ici sa plus belle prestation. Elle est présente dans chaque scène et porte littéralement le film sur ses épaules. Son jeu est d’un naturel saisissant, en osmose avec son personnage. Sans jamais forcer, et souvent sans prononcer le moindre mot, elle parvient à transmettre des émotions puissantes aux spectateurs. Cela dit, même si j’ai passé un bon moment, j’ai tout de même un bémol à émettre : l’utilisation de la voix-off. Même si elle apporte une certaine poésie, j’ai toujours du mal quand le cinéma privilégie le texte à l’image pour transmettre un message ou susciter une émotion. Cela vient sûrement du fait qu’il s’agit de l’adaptation d’un roman introspectif (j’ai d’ailleurs rencontré le même problème après avoir lu le fabuleux roman THE WILD et en découvrant son adaptation cinématographique, qui abuse de la voix-off). Sans ces scènes, le film aurait probablement gagné en efficacité, notamment en étant plus court. Il n’en reste pas moins un film à la fois mélancolique et lumineux, mais surtout une très belle leçon de vie. Partager
- L’histoire folle du Cézanne de la fausse monnaie
Découvrez notre critique du film L’AFFAIRE BOJARSKI . L’histoire folle du Cézanne de la fausse monnaie L’AFFAIRE BOJARSKI ❤️❤️❤️ L’histoire folle du Cézanne de la fausse monnaie Le film raconte le destin hors norme d’un ingénieur polonais devenu faussaire, faute de pouvoir vivre de ses inventions, et constamment confronté au racisme de l’après-guerre. Une trajectoire au fort potentiel romanesque, dans laquelle Jean-Paul Salomé choisit de s’intéresser davantage à l’artiste qu’au hors-la-loi. Et même si le film n’est pas un biopic au sens strict, et s’autorise certaines libertés d’écriture, notamment autour des prétendues inventions du personnage, son histoire demeure fascinante à suivre. Le film brille avant tout par son impressionnant travail de reconstitution. Bien sûr, les décors participent à l’immersion dans cette France d’après-guerre, mais c’est surtout tout ce qui touche à la machinerie et à la fabrication des faux billets qui force l’admiration. Le récit insiste sur le génie de son personnage, pour qui chaque nouveau billet devient un défi technique toujours plus audacieux. À l’instar de Walter White dans BREAKING BAD, Bojarski est condamné au secret et s’engage dans une quête de reconnaissance permanente. Une obsession qui le mènera jusqu’à signer ses créations, afin de les rendre plus parfaites encore que les billets qu’il imite. Le spectateur va être entrainé dans l’enquête et le jeu du chat et de la souris qui s’installe entre Bojarski et l’inspecteur lancé à ses trousses pendant quinze ans. Reda Kateb et Bastien Bouillon incarnent avec justesse la dualité qui s’installe entre ces deux hommes, tous deux dévorés par leurs obsessions respectives, au détriment de leur vie familiale. Le film s’attarde également sur sa relation avec son épouse, qui l’aime d’un amour aveugle, interprétée par une Sara Giraudeau qui compose un personnage dans la retenue qui devient le contrepoint émotionnel d’un récit. L’AFFAIRE BOJARSKI navigue ainsi entre polar à l’ancienne, histoire d’amour et drame social, celui d’un immigré incapable de trouver sa place dans la société française. Mais le film est peut-être trop sage. Il peine à affirmer une réelle identité et manque parfois de tension dramatique. D’autant qu’il souffre inévitablement de la comparaison avec ARRÊTE-MOI SI TU PEUX, allant jusqu’à s’inspirer un peu trop ouvertement du classique de Spielberg. On pourra également regretter une mise en scène parfois trop académique, où rien ne déborde vraiment. Si l’ensemble est soigné et maîtrisé, il manque de véritables coups d’éclat, notamment lors des rares scènes de fusillade, qui peinent à trouver une véritable ampleur. Il n’en reste pas moins le portrait captivant et méconnu d’un artiste hors-la-loi, dont les faux billets sont aujourd’hui considérés et vendus comme de véritables œuvres d’art. Partager
- ALLONS ENFANTS critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle ALLONS ENFANTS ALLONS ENFANTS ❤️❤️❤️ La troupe des Epis noirs, composée de sept artistes se proposent de nous raconter la grande histoire de la France à travers une comédie musicale. Au cours du spectacle, ils seront à la fois acteurs, chanteurs, danseurs, mais joueront aussi la musique qui accompagnera l'ensemble. Ils y interpretrons une multitudes de personnages historiques. Plusieurs tableaux sont réellement inventifs, comme celui sur Jeanne d'Arc ou ce final intense. L'ensemble des chansons collectives (et créées pour le spectacle) sont vraiment entraînantes et font leur petit effet. Mais certains morceaux ont tout de même des chorégraphies qui m'ont semblé moins inspirées... De même, la pièce joue énormément sur l'humour, avec un côté déjanté qui parfois fait mouche, notamment certains jeux de mots qui fonctionnent très bien, mais là aussi, j'ai trouvé l'ensemble inégal avec parfois certaines lourdeurs. Mais ces artistes se donnent à fond, et ce, jusqu'après la tombée du rideau... Il prennent du plaisir et ça se voit, et malgré les quelques défauts du spectacle ils en font tellement qu'on passe un bon moment avec eux, ce qui est finalement le principal. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- AVATAR : LA VOIE DE L’EAU : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film AVATAR : LA VOIE DE L’EAU . AVATAR : LA VOIE DE L’EAU ❤️❤️❤️❤️💛 Je vais commencer par ce qui va mettre tout le monde d’accord : visuellement le film est une dinguerie. Oubliez tout ce que vous avez pu voir. Oubliez même tout ce que vous avez pu imaginer. Ici, chaque plan est un enchantement pour les yeux. Que ce soit les décors, les Na’vis, ou bien les créatures, tout semble sorti d’un rêve. C’est hallucinant le souci du détail sur les textures, les peaux et les expressions des visages. Tout semble vrai, palpable, au point que ce sont presque les êtres humains qui semblent irréels. Et le tout est magnifié par une 3D folle. Et pourtant, je ne suis vraiment pas amateur de ce procédé qui a tendance à faire perde en netteté. Mais ici, ce n’est pas le cas, il y a même une fluidité troublante, due à la 4K et au HFR (certaines scènes ont été tournées en 48 images par secondes au lieu des 24 habituelles). La mise en scène de Cameron fait tout pour nous en mettre plein les yeux, avec une caméra continuellement en mouvement. Il prouve une nouvelle fois qu’il est un maître absolu pour ce qui est des films d’action, en proposant des scènes grandioses qui mettent à l’amende tous les grands blockbusters du moment. Bref, c’est du TRES grand spectacle et rien que pour ça, je vous conseille fortement de le découvrir sur grand écran et dans les meilleures conditions possibles (ça vaut largement les 20 balles que j’ai déboursé pour ma séance IMAX). Mais, même si visuellement c’est une démonstration technique, le film risque de diviser sur plusieurs points. Déjà, le film dure 3h12 et ceux qui s’attendent à une débauche d’action vont clairement être déçus, car c’est finalement assez contemplatif et mélancolique. Même si le film commence assez fort, avec notamment une scène hallucinante tout droit sortie d’un western, et même si son climax fou est surement ce que j’ai vu de plus impressionnant au cinéma, entre les deux, c’est assez avare en terme d’action. C’est même assez contemplatif, avec une bonne heure et demie où Cameron va nous présenter ce monde aquatique donnant au film des airs de documentaire. Ça peut en laisser en dehors, mais moi c’est surement ma partie préférée. C’est tellement fou de découvrir toute cette faune, cette flore, d’autant plus que les scènes aquatiques sont à tomber. On est en immersion totale devant la beauté sidérante de ce monde sous-marin (je fais de la plongée de temps en temps, et on retrouve certaines sensations, tant tout semble réel…). On assiste à des moments d’un onirisme magique, tellement les Na’vis semblent vivre en fusion avec le monde qui les entoure, et ça offre un impact émotionnel intense. Et même si Pandora est la vraie star du film, on est aussi impressionné par tout l’équipement des humains au design très inspiré. Clairement, tout est travaillé dans les moindres détails et le plaisir visuel est total. Et ce long moment de transition va aussi permettre de travailler les relations entre tous les nouveaux personnages. Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet, pour ne rien gâcher, mais sachez, que même si certains restent un peu caricaturaux, ça reste beaucoup moins manichéen que le premier épisode. Je retiendrai surtout celui de Kiri qui est certainement le plus intéressant de la licence, ou bien le méchant qui, même si j’étais dubitatif devant l’explication de son existence, apporte finalement beaucoup à l’histoire. On retrouve des thèmes universels qui sont chers à Cameron : La nature et la famille. Son film, comme le précédent, est un véritable plaidoyer pour la nature et le fait qu’on devrait la prendre un peu plus en considération plutôt que de la détruire à petit feu. Alors, oui, certains diront que c’est un peu naïf, mais il nous délivre ça avec tellement de sincérité, que sur moi ça fonctionne à merveille. Il va même jusqu’à s’autoréférencer. On y retrouve du Abyss, du Terminator, du Aliens et même du Titanic. Alors, c’est peut-être de l’égo surdimensionné, mais c’est tellement bien fait qu’au final, je ne peux pas lui reprocher. Après, il y a pour moi le gros point noir du film (comme le premier en fait) : son écriture. Comme souvent avec James Cameron, il prouve qu’il est un conteur d’exception, mais ce sont rarement ses scénarios que l’on retient. Une nouvelle fois, on a le droit à pas mal de facilités scénaristiques, comme ces personnages qui disparaissent instantanément en plein climax… (Quand, ça arrive, tu te dis « Il est sérieux là ??? Avec plus de trois heures de film, il n’y avait pas moyen de trouver un moment pour expliquer ça ??? »). Au niveau des émotions, même si c’est souvent très efficace, on ne peut pas dire qu’il fasse dans la finesse et il fait passer ça un peu aux forceps… Et puis, il y a la musique, toujours aussi sublime, mais qui finalement recycle beaucoup la BO magistrale du regretté James Horner. Mais même si le film n’est pas parfait, je peux lui pardonner ces écarts, et il surpasse pour moi le premier épisode. Il nous offre ce qui est peut-être le plus grand spectacle que j’ai pu voir sur grand écran. Et comme à chacun de ses films, c’est une démonstration technique qui va donner le LA pour toutes les productions à venir… Une nouvelle référence qui risque de n’être dépassée que par un certain… James Cameron… Partager
- Briser la glace pour que les silences deviennent enfin des mots.
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LES GLACES Briser la glace pour que les silences deviennent enfin des mots. LES GLACES ❤️❤️❤️❤️ Briser la glace pour que les silences deviennent enfin des mots. Lorsque son fils est accusé de viol, Noémie voit resurgir un passé qu’elle croyait enfoui. Ce choc agit comme un déclencheur : celui de la mémoire, mais surtout celui de la parole. Vingt-cinq ans après les faits, elle décide de rompre le silence et d’affronter ceux qui l’ont agressée, deux amis d’enfance. Une décision vertigineuse, qui ouvre la voie à une série de confrontations aussi nécessaires que bouleversantes . Les Glaces est une pièce coup de poing sur les violences sexuelles. Elle aborde frontalement la question du consentement dans toute sa complexité, loin de toute simplification. Ici, rien n’est tranché à gros traits. Elle refuse le manichéisme en donnant la parole à toutes les parties : victimes, agresseurs, proches . Chacun vient déposer son histoire, ses blessures, mais aussi ses contradictions, sa culpabilité et la peur du regard des autres. Ces échanges, d’une intensité rare, s’enchaînent jusqu’à une confrontation finale absolument glaçante. Le choix d’un ton froid, presque clinique, renforce encore la puissance du propos. Jamais la mise en scène ne cède au sensationnalisme . Tout repose sur la force du texte et la justesse des comédiens qui évitent la surenchère dramatique pour mieux laisser apparaitre la complexité des personnages. L'émotion naît moins des éclats que des silences, des hésitations et des regards. La pièce réussit à être bouleversante sans jamais être démonstrative ou sombrer dans le pathos. Et surtout, elle nous met face à un miroir. Au-delà du drame intime, la pièce pose une question essentielle : celle de l’éducation au consentement . Comme dire "Merci" lorsque l’on reçoit quelque chose, s’arrêter face à un refus devrait être une évidence. Et si l’ère #MeToo a permis de libérer la parole, elle rappelle aussi combien il est encore nécessaire de marteler ces principes pour qu’ils s’ancrent durablement dans notre société. Car c’est bien là que réside la force du spectacle : dans sa capacité à nous pousser, nous aussi, à rompre le silence. À ouvrir le dialogue sur un sujet trop longtemps resté tabou. Et à rappeler que la fin de ce fléau passera autant par la fin de l’impunité que par une véritable éducation des consciences. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Une mise en scène froide, presque clinique, au service du texte
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LES JUSTES Une mise en scène froide, presque clinique, au service du texte LES JUSTES ❤️❤️❤️ Une mise en scène froide, presque clinique, au service du texte Ce qui frappe avant tout dans Les Justes , c’est la puissance du texte d’Albert Camus, qui résonne encore aujourd’hui avec une incroyable actualité. À travers le destin de ces révolutionnaires prêts à sacrifier leur vie pour une cause qu’ils estiment juste, la pièce pose une question universelle et toujours brûlante : jusqu’où peut-on aller au nom d’un idéal ? Elle explore ce dilemme entre une lutte considérée comme légitime et la limite morale que représente le recours à la violence. La grande force du spectacle repose également sur l’interprétation des quatre comédiens , qui parviennent à incarner avec une grande justesse les tensions intérieures de leurs personnages. Entre idéalisme, doutes, convictions et sacrifices, chacun donne corps à des êtres profondément humains, déchirés entre leur engagement et leurs propres questionnements. Comme dans Naïs , la compagnie Les fautes de frappe fait ici le choix d’une mise en scène épurée, recentrée sur l’essentiel, afin de mieux mettre en valeur le texte et le jeu des comédiens. Cette sobriété, volontairement minimaliste, installe une ambiance extrêmement froid e, presque dépouillée, qui laisse toute la place à la force des mots et à l’intensité dramatique des échanges. Un choix qui renforce la dimension philosophique de la pièce et met en lumière les dilemmes moraux qui traversent les personnages. Mais cette austérité assumée, associée à un spectacle très largement porté par les dialogues, pourra aussi laisser certains spectateurs à distance. La densité du texte et le caractère très bavard de la pièce en font une proposition exigeante, qui demande une véritable disponibilité pour pleinement entrer dans l’univers de Camus . Car Les Justes est avant tout un spectacle d’une grande profondeur, qui pousse le spectateur à réfléchir sur l’idéologie, l’engagement et la responsabilité individuelle. Derrière la froideur apparente d’un sujet politique et historique, la pièce révèle finalement une grande chaleur humaine : celle de personnages fragiles, traversés par leurs contradictions, qui cherchent avant tout à donner un sens à leur combat. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Park Chan-wook aurait peut-être dû limiter… ses choix.
Découvrez notre critique du film AUCUN AUTRE CHOIX . Park Chan-wook aurait peut-être dû limiter… ses choix. AUCUN AUTRE CHOIX ❤️❤️❤️ Park Chan-wook aurait peut-être dû limiter… ses choix. You Man-su est un cadre heureux travaillant dans une usine de papier. Sa vie bascule lorsqu’il est licencié. Pour ne pas perdre son statut social, il prend alors une décision radicale : éliminer un à un ses concurrents sur le marché du travail. Le film est l’adaptation du roman The Ax de Donald E. Westlake, déjà porté à l’écran par Costa-Gavras en 2005 avec Le Couperet , où José Garcia tenait le rôle principal. Même s’il en conserve la structure, Park Chan-wook se réapproprie clairement le matériau d’origine. Comme souvent dans le cinéma coréen contemporain, il mélange les genres : le thriller bascule vers la satire sociale, puis glisse vers la comédie noire. Mais même en étant un immense admirateur du réalisateur, et malgré les nombreuses qualités du film, certains choix m’ont laissé à distance. Aucun autre choix propose un récit relativement linéaire, là où le cinéaste affectionne habituellement les structures éclatées et les jeux de points de vue à la manière de « Rashomon » . Cela en fait sans doute son film le plus accessible pour un public découvrant son cinéma. Comme toujours chez lui, la mise en scène impressionne. La maîtrise du montage, la précision des cadres, les transitions millimétrées, les mouvements de caméra permanents : tout est d’une virtuosité remarquable. C’est un vrai plaisir visuel. À tel point qu’à force d’admirer la technique, j’ai parfois eu du mal à rester concentré sur les sous-titres et l’intrigue. Park Chan-wook fait également le choix d’injecter beaucoup d’humour dans son film. Son anti-héros, maladroit et dépassé, enchaîne les erreurs. L’humour noir est souvent jubilatoire, flirtant parfois avec le burlesque et offrant certaines scènes hilarantes. Mais ce ton comique a un revers : on est rarement inquiet pour le personnage principal et la tension s’en trouve amoindrie. L’humour finit par atténuer en partie la portée sociale du propos et le coté dérangeant de cette satire, même si la scène finale, glaçante, reste d’une puissance redoutable. Le film accorde aussi une vraie attention aux seconds rôles, notamment aux victimes, auxquelles il donne suffisamment de profondeur pour créer un attachement. Mais à force de multiplier les arcs narratifs, le rythme en pâtit, d’autant que l’intrigue met du temps à réellement démarrer. Au final, Aucun autre choix propose une satire sociale inventive et visuellement impressionnante, dénonçant avec intelligence les dérives du capitalisme contemporain. Mais à trop vouloir s’éparpiller, le film finit par diluer une partie de son impact. Partager
- I KNOW THIS MUCH IS TRUE: critique et avis | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique de la série I KNOW THIS MUCH IS TRUE I KNOW THIS MUCH IS TRUE ❤️❤️❤️❤️ Si vous cherchez une série légère qui va vous changer les idées et vous faire rire, passez votre chemin. I KNOW THIS IS TRUE est clairement une œuvre sombre et glauque et vous ne sortirez pas indemne. Mais si vous êtes prêt à tenter l’expérience, vous allez avoir affaire à une TRES grande série qui vous marquera comme seule HBO sait le faire. Et Derek Cianfrance (à qui l’on doit les très bon, et déjà pas joyeux, « Blue Valentine » et « The place beyond the pines ») annonce d’entrée la couleur avec une scène d’ouverture fracassante. La série va nous faire suivre la vie de deux frères jumeaux Dominick et Thomas. Le premier, vouant sa vie à prendre soin de son frangin schizophrène. Elle nous replongera régulièrement dans leur passé, nous faisant entrer dans un drame familial terrible, qui aidera à comprendre les enjeux, les évènements et surtout leurs conséquences. Leur vie va n’être qu’une succession de drames et de tragédies qui vont s’enchainer au fil des épisodes. Il sera beaucoup question de ces blessures du passé, comment elles vont guider la vie de nos héros et surtout comment réussir à vivre avec… Car si la place de la maladie de Thomas aura une place prépondérante dans le récit, il sera au final énormément question de la rédemption de son frère Dominick. Le show est clairement oppressant et parfois même insoutenable, et il n’est pas simple de rester devant son écran… C’est là que rentre en jeu le plus gros atout de la série : Mark Ruffalo. Il est juste exceptionnel dans son interprétation des jumeaux. Au point qu’en tant que spectateur, on finit par oublier qu’on a affaire à un unique acteur, tellement les deux personnages sont différents. Que se soit dans le jeu diamétralement opposé des deux personnages, mais aussi physiquement (à noter la transformation physique de Ruffalo, qui a interrompu le tournage pour prendre du poids afin d’interpréter le personnage de Thomas). C’est d’autant plus flagrant dans les scènes entre les deux frangins d’une extrême justesse et jouant sur le lien ambigu qu’il y a entre eux. Au final, il porte à lui seul la série et pousse le spectateur à s’accrocher et à en savoir plus. La série ne va jamais dans le larmoyant, et elle n’en a pas besoin tellement chaque sujet tragique sera abordé avec une intelligence rare. Sans avoir vécu une vie aussi terrible, enfin je l’espère pour vous, on finira surement par se retrouver dans un ou plusieurs drames, rendant leurs traitement encore plus cohérant, et aidant à comprendre les réactions des personnages. La mise en scène aide à apporter une ambiance pesante à l’œuvre, avec sa photographie froide, son rythme lent, ses gros plans sur les visages de ses protagonistes. Elle offre un côté naturaliste à l’ensemble rendant les propos encore plus percutant. Par contre le rythme lent, même si il apporte beaucoup à l’ambiance générale, amène quelques longueurs au récit (d’autant plus que les épisodes sont long, certains durant une heure ou plus). Mais malgré ce détail, et même si certains spectateurs lâcheront l’affaire à cause de la noirceur de l’ensemble, on a affaire à une grande œuvre marquante qui méritent vraiment qu’on s’y attarde. Partager













