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- Critique de LE MONDE APRÈS NOUS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LE MONDE APRÈS NOUS . LE MONDE APRÈS NOUS ❤️❤️💛 Voici le nouveau film NETFLIX de Sam Esmail, créateur de la fabuleuse série Mr ROBOT. Et vu comment j’ai adoré le show TV, j’étais curieux de voir s’il allait transformer l’essai. D’autant plus qu’il nous offre un casting quatre étoiles et il faut avouer que de ce côté-là le film tient toutes ses promesses, car ça joue vraiment très bien, jusqu’à la gamine. Mais là où le film m’a le plus bluffé, c’est par sa mise en scène. C’est ultra léché et le film offre quelques plans magnifiques. Alors oui, il en fait peut être un peu des caisses et c’est parfois gratuit, dans le genre « Tu as vu comment je maitrise bien mes plans ? », mais vu le plaisir visuel que m’a procuré le film, je lui pardonne largement. Par contre, pour ce qui est du contenu, j’ai un peu déchanté… Pourtant dans un premier temps, j’ai été fasciné par l’ambiance installée et j’ai adoré me faire mener un bateau, d’autant plus que l’ambiance installée fonctionne plutôt bien avec pas mal de références au cinéma de Hitchcock et surtout Shyamalan. Et même si j’ai adoré SIXIÈME SENS et INCASSABLE, je suis loiiiiiiiin d’être un adepte de ce dernier, mais je dois reconnaitre qu’il va toujours au bout de ses concepts, même s’il me perd souvent en cours de route. Et c’est bien le souci que j’ai avec LE MONDE APRÈS NOUS, on ne voit pas vraiment où ça veut aller. Le film multiplie les genres et les sujets abordés sans jamais vraiment les approfondir. Sans parler que même si le final est plutôt bien senti, des choses semble sorties de nulle part, comme les séquences avec les animaux… Et même si ça joue vraiment bien, il y a un réel problème avec l’écriture des personnages, qui en plus de tenter de tout expliquer aux spectateurs, on a du mal à comprendre leurs agissements, d’autant plus qu’en multipliant les points de vues, le film à tendance à casser le mystère qui règne autour de ses personnages. Bref, ça partait sur de bonne bases, mais le film a finit par me perdre… Sans compter qu’il dure 2h20, et il aurait clairement gagné à être raccourci d’une demi-heure… Partager
- Critique de TOP FILMS 2023 – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film TOP FILMS 2023 . TOP FILMS 2023 C’est l’heure du bilan, et forcément après une année 2022 complètement folle (aidée par tous les films reportés pendant le COVID), 2023 aura été un peu moins dingue, mais aura tout de même proposé pas mal de belles surprises. Donc, voici mon traditionnel top de l’année. Et comme d’habitude plus qu’un top des meilleurs films (qui serait très grandement subjectif), voici les dix films qui m’auront le plus marqué cette année, ceux qui auront indéniablement laissé une trace ou venu chercher une émotion en moi… et avec plus de 80 films vus cette année, ça aura été un casse-tête de n’en retenir que dix… Et avant d’annoncer mes dix coups de cœurs, je vais tout de même parler de trois outsiders qui auraient pu en faire partie et dont je n’avais pas donné mon avis cette année (par manque de temps ou bien pour les avoir vus longtemps après leurs sorties cinéma) SUZUME Avec son nouvel animé, Makato Shinkai, à qui l’on doit le chef d’œuvre YOUR NAME, tape une nouvel fois très fort. La beauté des images n’a d’égal que l’originalité du scénario. C’est un véritable régal, aussi bien pour les yeux que pour les oreilles, avec une musique grandiose. C’est spectaculaire, familial, hyper rythmé, drôle, touchant… Bref du grand art !!! L’AMOUR ET LES FORETS Efira, encore et toujours… Elle enchaine les prestations éblouissantes avec une facilité déconcertante. Un film coup de poing sur les relations toxiques, prenant des airs de thriller oppressant. Un film aussi glaçant que nécessaire, sur un fléau de notre société, car on connait tous de près ou de loin une femme qui vie sous l’emprise de son conjoint… LE RETOUR DES HIRONDELLES Un film âpre et sans fioritures qui dénonce la misère des campagnes en Chine. Très peu de dialogues, et pourtant les deux personnages sont vraiment attachants et il se dégage énormément d'émotions et une vraie poésie, juste par leurs gestes et leurs regards. C'est admirablement filmé et tu ressens à chaque plan la dureté de leur vie et la fatalité de leur destin. C'est jamais larmoyant et pourtant, ça vient te broyer le cœur... 10 – LE RÈGNE ANIMAL Très belle surprise du cinéma français qui prouve que quand il s’en donne les moyens, il est capable d’aller titiller Hollywood sur son terrain de chasse. Du cinéma de genre ambitieux et intelligent, qui impressionne, autant par sa gestion des effets spéciaux que par la profondeur de ses personnages et leurs interprétations. 9 – JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES Le film lève le voile sur un métier méconnu : la justice restaurative. Et ça le fait avec beaucoup d’humanité et surtout énormément de justesse, grâce à des dialogues millimétrés et surtout une direction d’acteur admirable. 8 – OPPENHEIMER Frôler le milliard avec un biopic de 3h, pour moitié un noir et blanc… ça semble être une bonne blague, sauf que Nolan montre une nouvelle fois à quel point il est devenu un des plus grands cinéastes au monde. Il nous livre même peut-être son film le plus maitrisé, avec un souci du détail hallucinant et toujours sa même obsession, qui survole sa filmographie : le temps. Et puis, il offre à Downey Jr. un laisser-passer pour les oscars en le délivrant enfin de son armure d’Iron-Man… Après même, si j’ai été bluffé, ce n’est pas mon Nolan préféré et je dois tout de même avouer que les 3h, je les ai tout de même senti passer, mais ça n’en reste pas moins un très grand film. 7 - SPIDER-MAN : ACROSS THE SPIDER-VERSE Là où les films de super héros enchainent dernièrement les purges (bon, ok, les GARDIENS 3 sortaient du lot et offrait une superbe porte de sortie à sa bande de bras cassés), cet animé réexplique les bases du blockbuster : en mettre plein les yeux sans se moquer des spectateurs. Et même si le premier tiers traine un peu la patte, c’est visuellement dingue et propose une débauche d’énergie et d’idées tout en expliquant aux grands studios comment on traite un multivers… 6 – ANATOMIE D’UNE CHUTE Plus les mois passent, plus je remarque à quel point ce film m’a marqué. Par son histoire qui joue continuellement avec la zone grise, par la qualité de ses acteurs (même le chien est bluffant), par sa façon de ne pas simplement filmer un procès, mais d’en faire du cinéma avec de très bonnes idées de mise en scène, par ces scènes chocs, comme celle de l’engueulade… 5 – MARS EXPRESS La surprise de l’année que je n’avais pas vu venir. De l’animation de science-fiction française, ça peut faire peur, et pourtant quel bonheur ce film !!! Les idées s’enchainent, avec un univers extrêmement généreux mais surtout une histoire passionnante. Ça référence pas mal de classiques du genre, mais sans fan service débile et au contraire une véritable profondeur dans ce que ça raconte. Le film a pour rare défaut d’être un peu court, tellement on en voudrait plus. 4 – SIMPLE COMME SYLVAIN Immense coup de cœur venu tout droit du Québec. Ça ressemble à une comédie romantique, mais c’est bien plus que ça. Le film joue avec les codes et les clichés du genre et les envoie valser pour disséquer l’amour et le désir de l’autre. Que ce soit par l’écriture de ses personnages, ses dialogues ou la maitrise de ses plans, le film a réussi à venir me toucher, jusqu’à m’offrir une des scènes finales les plus marquantes de l’année. 3 – THE FABELMANS Un véritable cadeau pour tout passionné de cinéma ou de cet immense metteur en scène. C’est une véritable déclaration d’amour à l’artisanat du cinéma, mais surtout à ses parents et la façon dont ils ont forgé son art qu’il maitrise à merveille. Et rien que par son plan final, il résume tout : Spielberg est un génie. 2 – LIMBO Une expérience sensorielle qui rappelle que certains films doivent absolument être vus en salle pour prendre toute leur ampleur. Et ce film fait clairement partie de cette catégorie. L’ambiance installée est saisissante. Ce polar Hongkongais pousse les curseurs à fond. C’est poisseux, ça dégouline et fait souvent penser à SEVEN. Et pourtant, malgré le côté glauque du film, c’est tellement beau, avec un travail sur le noir et blanc hallucinant. Le film m’a fait vivre une séance inoubliable qui me fait lui pardonner certains raccourcis scénaristiques. 1 – BABYLON Il y a des films que tu vois une fois et qui semblent s’être gravés au plus profond de toi, et BABYLON ça aura été le cas pour moi. J’ai l’impression que je pourrais vous citer chaque scène tellement elles m’ont marqué. C’est une orgie cinématographique. C’est déjanté, drôle (avec notamment une scène de tournage de film hilarante), provocateur, surprenant, profond et surtout quel hommage au cinéma !!! Ça va à 200 à l’heure, c’est d’une maitrise de mise en scène et surtout de montage complètement dingue. Et puis comme souvent avec Chazelle, la place de la musique est primordiale, avec ici une BO extrêmement marquante. BABYLON ça aura été un show complètement démesuré et une baffe monumentale devant le plaisir que j’ai ressenti pendant ces trois heures… Partager
- Un miracle porté par l’amour maternel.
Découvrez notre critique détaillée du film MA MÈRE, DIEU ET SYLVIE VARTAN . MA MÈRE, DIEU ET SYLVIE VARTAN ❤️❤️❤️💛 Un miracle porté par l’amour maternel. Certes, le titre n’est pas forcément des plus vendeurs, mais finalement il colle parfaitement au récit. En 1963, Roland naît avec un pied-bot. Sa mère refuse d’écouter les médecins et se promet que son fils ira à l’école à pied comme tous les autres enfants. Animée par une foi inébranlable en Dieu, un amour maternel sans limites et l’obsession de son fils pour Sylvie Vartan, elle va accomplir ce qui s’apparente à un véritable miracle. Si ce synopsis peut sembler rocambolesque, il s’agit pourtant d’une histoire vraie, tirée d’un roman autobiographique. Le film retrace ainsi cinquante ans de combats, de sacrifices et d’espoirs au sein de cette famille, portée par une mère déterminée à ce que son fils ne subisse jamais son handicap. La force du film réside dans sa manière de se concentrer avant tout sur ses personnages, plutôt que sur un simple enjeu dramatique. Leïla Bekhti est absolument formidable dans le rôle de cette mère courage. Elle porte littéralement le film durant sa première moitié, incarnant une femme à la fois dans le déni, obstinée, débordante d’énergie, drôle et terriblement attachante… mais aussi envahissante et parfois insupportable. Loin de tomber dans la caricature de la mère juive possessive, le film lui offre un portrait nuancé et profondément humain, grâce à l’écriture subtile de Roland Perez, qui livre ici une véritable déclaration d’amour à sa mère. L’émotion comme l’humour sont parfaitement dosés, sans jamais forcer le trait. Et puis, il y a Jonathan Cohen, surprenant dans un rôle à contre-emploi. Après MAKING OFF l’an dernier, il prouve une nouvelle fois qu’il sait briller ailleurs que dans des rôles comiques et déjantés. Au niveau de la mise en scène, Ken Scott, un réalisateur Québécois à qui l’on doit l’excellent STARBUCK, choisi un montage dynamique, qui nous fait traverser les époques avec fluidité, tout en exploitant intelligemment la répétition des situations. Le film reste fidèle à l’aspect autobiographique du roman en intégrant une voix off, qui renforce la narration tout en évitant les longueurs. La photographie, elle, évolue subtilement au fil des années, apportant une vraie texture au récit. Par contre, on pourra regretter l’utilisation du rajeunissement numérique qui est assez laborieux, notamment lors d’une scène que je vais éviter de développer ici… Au final, j’ai été agréablement surpris. Je craignais que le film joue trop avec les clichés, notamment sur la possessivité des mères juives, mais il parvient à les éviter en proposant un regard sincère, drôle et touchant. Une œuvre sensible qui, bien que classique dans sa forme, touche en plein cœur. Partager
- Un casting ouf pour un film qui est loin de l’être…
Découvrez notre critique détaillée du film L'AMOUR OUF . L'AMOUR OUF ❤️️💛 Un casting ouf pour un film qui est loin de l’être… Voici sûrement le film que j’attendais le plus cette année. J’aime beaucoup Gilles Lellouche, et j’avais été très agréablement surpris par sa première réalisation, UN GRAND BAIN. J’étais donc très excité par ce nouveau projet, qui s’annonçait extrêmement ambitieux : un film de près de trois heures, promettant une épopée romanesque plongée dans la violence des gangs, le tout porté par un casting de rêve. Sauf que le costume était bien trop grand pour le réalisateur, qui n’est ni Paul Thomas Anderson, ni Martin Scorsese. Ma séance s’est vite transformée en long supplice face au naufrage auquel j’ai assisté… Pourtant, le film commençait très bien, avec une scène d’ouverture coup de poing à la mise en scène bluffante. J’ai même failli être emporté par les premières minutes qui jouent admirablement avec la nostalgie des années 80. Mais le château de cartes s’est malheureusement très vite effondré, car rien ne va… Il y a deux semaines, je me plaignais de Joker : Folie à deux, qui justement manquait de folie, et ici, malheureusement, c’est l’histoire d’amour qui ne m’a jamais accroché. Bon, il faut dire que la gentille jeune fille qui tombe sous le charme du bad boy du quartier, niveau originalité, on repassera. D’autant plus que c’est servi avec des gros sabots, à base de baisers langoureux sur fond de coucher de soleil, éclipses solaires, au milieu champs fleuris et autres plages… Sans parler des dialogues souvent assez niais, dignes d’un téléfilm du dimanche après-midi… Bref, mon empathie pour le couple était proche du néant, et sans implication, impossible de ressentir la moindre émotion… Et le tout n’est pas aidé par le côté "film de gangsters", qui plonge lui aussi tête la première dans tous les clichés du genre et tombe dans une simplicité consternante. Je vais éviter de trop m’étendre sur les facilités scénaristiques qui frôlent parfois le ridicule, comme le moment où le film boucle la boucle avec sa scène d’ouverture, qui s’avère être simplement un joli foutage de gueule… Après, on peut reconnaître à Gilles Lellouche une image soignée et quelques belles idées de mise en scène. Mais le tout est noyé dans une multitude d’effets pompeux et sans intérêt, qui donnent parfois l’impression de regarder un clip. Le film finit par ressembler à un joli fourre-tout qui se perd à trop vouloir en faire, trouvant même le moyen d’inclure une scène de comédie musicale sortie de nulle part, et loin d’apporter le lyrisme souhaité… Mais surtout, la plus grande prouesse du film, c’est de s’offrir un casting XXL et de leur donner des personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres. Ils ne sont pas aidés par la direction d’acteurs, qui les pousse à en faire des caisses, ce qui n’a réussi qu’à intensifier le malaise que je ressentais devant l’écran… Heureusement, Alain Chabat est mieux servi, voire attachant dans son rôle de père aimant et maladroit. Allez, je vais être sympa, je vais sauver un truc : la partie comique du film. On retrouve souvent le sens de la répartie que j’affectionne chez Lellouche, et je dois avouer que ça m’a souvent fait rire. Mais là encore, c’est parfois totalement hors de propos, et certaines scènes (comme celle du coffre) sont très drôles hors contexte, mais desservent totalement la dramaturgie du film… 2h40 pour raconter si peu de choses… C’est lourd, on voit tout venir à l’avance, c’est terriblement long, et ma déception n’en a été que plus grande… Partager
- Critique de HER – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film HER . HER ❤️❤️❤️❤️❤️ Aujourd’hui, on va rester dans la Science-fiction, mais d’un tout autre genre, même si les deux films ont un point en commun : deux IMMENSES chefs d’œuvre. HER est un ovni cinématographique, un film qui repose sur un concept, mais l’exploite à la perfection. Spike Jonze nous propose une histoire d’amour comme on en n’a jamais vu, mais surtout une fable philosophique d’une grande profondeur sur le deuil amoureux, les rapports humains, la solitude… C’est un film d’anticipation, mais contrairement à ce que l’on voit souvent avec des futurs sombres, ici tout semble parfait dans un univers édulcoré aux couleurs pastelles. La direction artistique est d’ailleurs exemplaire. Il y a pourtant une mélancolie qui plane avec cette population qui semble ne plus arriver à exprimer ses sentiments au point de faire appel à une entreprise pour imaginer les courriers à écrire à leurs proches. C’est donc le métier de notre héros, Théodore, obsédé par les regrets et l’amour qu’il porte à son ex-femme. Il fait l’acquisition d’un système d’exploitation doté d’une intelligence artificielle avec laquelle va naitre une mémorable relation. On notera la prouesse des deux acteurs. Joaquin Phoenix qui n’a pas attendu JOKER pour montrer son immense talent, mais aussi Scarlett Johansson qui juste par sa voix off est magnétique et donnera corps à son personnage. La grande majorité du film est consacré à leurs échanges, pourtant, pendant les deux heures que dure le film, on ne voit pas le temps passer et on est absorbé par leurs conversations, dont l’écriture est d’une finesse rare. Mais si le film est aussi marquant, c’est aussi grâce à la mise en scène de Spike Jonze qui arrive à capter chaque moment avec énormément de sensibilité. Certains plans transpirent de poésie, aidés par une photographie et une musique somptueuse. Même lorsqu’ils sont muets, comme les réminiscences amoureuses de Théodore, ça raconte tellement de choses. HER c'est le genre de film qui, quand le générique de fin arrive, te laisse submergé d'émotions et dont certains dialogues, certains plans, restent encrés en toi pendant longtemps... Partager
- Frankenstein : la folie à deux
Découvrez notre critique détaillée du film THE BRIDE ! . THE BRIDE ! ❤️❤️💛 Frankenstein : la folie à deux Avec The Bride! , Maggie Gyllenhaal dynamite le mythe de La Fiancée de Frankenstein pour en faire une fable gothique, punk et résolument excessive. La Fiancée n’est plus une créature façonnée pour aimer : elle hurle, se rebelle et refuse d’être un fantasme. Le film dialogue ouvertement avec Joker: Folie à Deux : même figure de héros solitaire, marginal, tombant amoureux d’une femme déjantée avec laquelle il part en cavale. Cette parenté est renforcée par le fait que les deux films partagent le même directeur de la photographie et la même compositrice. On retrouve aussi l’esprit de Bonnie and Clyde , entre romance criminelle et fuite en avant. La dimension polar noir se mêle par instants au film de mafia ou à la comédie musicale, avec une Créature fascinée par ce genre cinématographique. Le choix de situer l’histoire en 1930 n’est pas anodin. Il fait un clin d’œil historique au premier Frankenstein de 1931, et à l’âge d’or de la comédie musicale. Mais surtout, le récit s’ancre dans une société patriarcale et rigide, où chaque geste de la Fiancée devient un acte de révolte, donnant au film une dimension ouvertement féministe. Les personnages féminins apparaissent d’abord éclipsés par leurs compagnons : la Fiancée comme l’enquêtrice semblent définies par les hommes et reléguées à des rôles secondaires. Mais le film suit leur émancipation progressive : elles reprennent le contrôle, affirment leur volonté et imposent leur voix dans le récit. Jessie Buckley incarne cette énergie avec un jeu physique, explosif et volcanique, et prouve que l’Oscar qu’elle pourrait décrocher pour Hamnet ne serait pas un hasard. Face à elle, Christian Bale apporte un contrepoint plus mélancolique et intérieur. Leur duo fonctionne particulièrement grâce à un contraste très marqué, nourrissant une tension constante entre attraction et rejet. Visuellement, le film frappe par l’univers baroque et mythologique qu’il déploie. La reconstitution stylisée de l’Amérique des années 1930 impressionne, notamment avec un Times Square éclatant. Les costumes mêlent authenticité d’époque et exagération, accentuant la révolte et l’identité des personnages, tandis que le maquillage et les transformations participent au caractère opéra-gothique de l’ensemble. Pour autant, le scénario montre ses limites. L’enquête manque de tension et de progression crédible, tandis que l’intrigue liée à la mafia reste anecdotique. L’accumulation d’intrigues et de thèmes finit par alourdir un récit qui aurait gagné à être resserré. Le discours féministe et social qui manque parfois de subtilité. Le côté décousu et surchargé du film s’explique sans doute par les reshoots qu’il a connu. L’ensemble déborde d’idées et d’inventions visuelles, mais le film est à l'image de sa créature : un immense patchwork où tout semble parfois rentrer au chausse-pied. Malgré ces réserves, The Bride! reste du vrai cinéma généreux. Ses ruptures de ton peuvent déstabiliser, mais elles participent aussi à son énergie débordante. C’est un film clivant, foutraque mais vivant, qui rappelle combien le cinéma peut être flamboyant lorsqu’il ose tout. Partager
- Critique de YANNICK – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film YANNICK . YANNICK ❤️❤️💛 Déjà en manque du festival OFF, je ne pouvais forcément pas passer à côté de ce nouveau film de Quentin Dupieux. Bon, je dois aussi avouer que je ne suis pas un grand fan de son cinéma, mis à part son INCROYABLE MAIS VRAI que j’avais trouvé très maitrisé, mais je me suis laissé tenter par le pitch improbable. Lors d’une très mauvaise représentation d’une pièce de boulevard, Yannick se lève pour exprimer son mécontentement aux comédiens… Comme souvent chez ce réalisateur, le film part sur un très bon concept. On a tous assisté à un spectacle affligeant qu’on aurait voulu interrompre, et bien heureusement, par respect pour les artistes, on ronge notre frein. Le film nous offre donc un départ assez jubilatoire, avec certains dialogues qui font mouche, d’autant plus qu’il aborde un discours plutôt intéressant sur le rapport entre le spectateur et la création artistique. Et surtout le film brille par l’interprétation admirable de Raphaël Quenard, qui ne cesse de me surprendre par les nuances de son jeu. Mais comme souvent avec le réalisateur, le problème vient du fait que malgré la durée très courte du film, à peine 1 heure, ça s’essouffle assez vite… Même dans son discours, ça fini par tourner un peu en rond. Et pire c’est peut-être son film le plus sérieux, alors que pour le coup j’aurais vraiment voulu qu’il se lâche vraiment. Partager
- Critique de LA SALLE DES PROFS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LA SALLE DES PROFS . LA SALLE DES PROFS ❤️❤️❤️❤️ Clara Nowak, une jeune prof décide de mener son enquête, à la suite d’un vol au sein de l’établissement et des soupçons qui semblent accuser un élève. Cet incident pouvant sembler anodin va l’entrainer dans une spirale infernale ou un effet boule de neige entrainera de terribles conséquences… Le film démarre comme un drame sociétal assez classique, mais va se muer en un thriller paranoïaque diablement efficace. Il utilise énormément les codes du genre pour offrir une expérience d’une efficacité redoutable. Le format 4/3 étouffe les personnages avec des plans serrés, intensifiant le côté oppressant de l’œuvre, comme la photographie froide ou une partition musicale des plus anxiogène. Et comme souvent, la réussite d’un film repose sur son casting et Leonie Benesch impressionne par son jeu à fleur de peau. Elle livre une prestation tout en nuances et le spectateur se décompose avec elle au fil de l’intrigue… L’idéalisme et les valeurs du personnage vont voler en éclats face à un système vérolé de l’intérieur, dont les élèvent deviendront les dommages collatéraux… Et même si le côté thriller est la grande force du film, ce qui ce passe dans ce collège offre un parallèle avec notre société, en abordant des thèmes comme les préjugés, les dérives autoritaires, le racisme, les dynamiques de groupes, ou même l’influence des médias… Comme le dis notre protagoniste « Ce qui se passe dans la salle des profs, reste dans la salle des profs », mais je vous conseille justement d’aller y jeter un œil… Partager
- Critique de PUPILLE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film PUPILLE . PUPILLE ❤️❤️❤️❤️💛 Peut-être parce que le sujet me parle Peut-être parce que j’ai fait le deuil de ma paternité Peut-être parce que j’ai longtemps pensé à adopter Peut-être parce que tous ces personnages autour du destin de cet enfant Peut-être parce que ce métier que je ne connaissait pas Peut-être parce qu’on a le droit à un casting 5 étoiles Peut-être parce que Sandrine Kimberlain est parfaite comme souvent Peut-être parce que Gilles Lelouche m’a surpris dans ce genre de rôle où je ne l’attendais pas Peut-être parce que Elodie Bouchez m’a transmis des émotions me faisant dresser les poils des bras Peut-être parce que le film sonne tellement vrai Peut-être parce que malgré son aspect parfois documentaire, le film va beaucoup plus loin Peut-être parce que c’est profondément humain et juste Peut-être parce que c’est émouvant sans jamais tomber dans le patho Peut-être parce que ce film est plein d’espoir en la vie Peut-être parce que c’est une vague d’émotion qu’on se prend en pleine face Ou tout simplement parce que ce film m’a touché comme c’est rarement le cas Décidément en cette fin d’année, après « Les chatouilles » il y a quelques semaines, le cinéma (de surcroît français) a décidé de nous offrir ce qu’il fait de mieux Bref, si vous ne savez pas quoi faire ce week-end 😉 Partager
- Dubosc s’invite chez les frères Coen.
Découvrez notre critique détaillée du film UN OURS DANS LE JURA . UN OURS DANS LE JURA ❤️❤️❤️💛 Dubosc s’invite chez les frères Coen. Après l’excellent Vingt Dieux, le Jura continue d’inspirer le cinéma français. Avec son troisième long-métrage, Franck Dubosc s’éloigne de ses habituels terrains de jeu pour nous offrir une comédie noire aux accents de polar, teintée de drame familial et de romance. Et il faut avouer, l’acteur-réalisateur s’en sort avec brio dans cet exercice d’équilibriste. Impossible de ne pas penser au cinéma des frères Coen, et en particulier à FARGO. UN OURS DANS LE JURA nous plonge dans une enquête policière enneigée, qui va cumuler les personnages excentriques. Des évènements imprévisibles vont s’enchaîner pour donner lieu à des moments tour à tour absurdes et brutaux. L’humour du film va assez loin dans la noirceur, flirtant avec le macabre et le subversif sans jamais sombrer dans la lourdeur. Cet humour jouissif est clairement un des points forts du film. Car même si le rythme est inégal, les dialogues sont souvent savoureux et il y a des moments de comique de situation mémorables qui provoquent de véritables éclats de rire. Le film est aidé par une belle galerie de personnages hauts en couleur qui vient enrichir le récit. Cette bande de pieds nickelés, multipliant les bourdes, est servie par un scénario qui leur laisse le temps d’exister. Sous des airs parfois caricaturaux, chacun se révèle étonnamment nuancé. Le couple Laure Calamy – Franck Dubosc fonctionne très bien, mêlant pathétique et tendresse. Benoît Poelvoorde est irrésistible dans son rôle de gendarme aussi maladroit dans son métier que dans son rôle de père. Certes, le film n’est pas exempt de défauts : quelques facilités scénaristiques et un dernier acte un peu moins abouti laissent un léger goût d’inachevé. Mais cela n’entame en rien le plaisir que procure cette comédie caustique, jubilatoire et délicieusement amorale. Pour ce début d’année, Franck Dubosc relève haut la main le défi et signe un film aussi audacieux que jubilatoire. Partager
- Une expérience cinématographique unique et radicale
Découvrez notre critique détaillée du film THE SUBSTANCE . THE SUBSTANCE ❤️❤️❤️❤️ Une expérience cinématographique unique et radicale Ex-star du cinéma, une actrice de 50 ans, mise sur la touche, décide de prendre une mystérieuse substance permettant de créer une meilleure version d’elle-même : plus jeune, plus belle, plus parfaite. Évidemment, cela implique de respecter des règles strictes, et quand celles-ci ne sont pas suivies, les conséquences peuvent être désastreuses. Souvent, je parle « d’expérience cinématographique », ces films conçus pour être vus en salle, où ils gagnent une puissance inégalable sur petit écran. Clairement, THE SUBSTANCE en est l’exemple parfait, et il serait regrettable de ne pas le découvrir au cinéma. Coralie Fargeat livre ici un film aussi audacieux que viscéral. Elle a apporté un soin particulier à chaque scène pour qu’elle explose littéralement dans l'obscurité de la salle. Chaque détail compte, que ce soit la maîtrise du cadre, les couleurs, le montage, et surtout le travail sur le son, qui transforme l’ensemble en un rouleau compresseur émotionnel. Visuellement, le rendu est époustouflant. Le spectacle offert est saisissant, et j’ai rarement cligné des yeux aussi peu lors d’une séance cinéma. Mais attention, le film est ultra radical et n’est pas à mettre entre toutes les mains. On est ici face à un film d’horreur, plus précisément du body horror. Ce n’est pas une succession de meurtres sanglants ; on se rapproche plutôt de LA MOUCHE. Le film multiplie d'ailleurs les références : Cronenberg, mais aussi Carpenter, Kubrick, et même LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY. Cela n’empêche cependant pas la réalisatrice de créer son propre univers. Les effets spéciaux sont remarquables, avec une grande utilisation d'effets pratiques. Et si, comme moi, vous avez la phobie des aiguilles et autres piqûres, le film peut se révéler particulièrement éprouvant. Dès la scène d’ouverture, où l’on voit le temps passer sur une étoile du Walk of Fame d’Hollywood, j’ai été happé et rarement relâché. Le thème de l’érosion de la beauté et du passage du temps est évidemment central. Même s’il s’agit d’un film d’horreur, il y a une véritable profondeur, en abordant la pression subie par les actrices pour rester éternellement belles, ainsi que l’obsession de notre société pour l’image et l’apparence, exacerbée par les réseaux sociaux et les tendances de la mode. Pour traiter ce sujet, la réalisatrice a choisi l’humour, car, étonnamment, le film est très drôle, devenant souvent une comédie satirique. Même si ce n’est pas toujours subtil et que la caricature (totalement assumée) est poussée à l’extrême, l’humour noir fonctionne à merveille. On pourrait reprocher à Coralie Fargeat une certaine tendance à l’excès, autant dans la forme que dans le fond. Que ce soit dans sa façon d’aller à fond dans le male gaze lorsqu’elle filme le corps de Margaret Qualley sur le plateau, ou dans le portrait divinement odieux de Dennis Quaid, mais cela ne va jamais à l’encontre du propos du film. Même dans le dernier acte, où elle pousse les curseurs à fond, risquant de perdre une partie du public, le film bascule alors dans un burlesque complètement fou et jubilatoire, culminant avec un dernier plan aussi audacieux que marquant. Et comment ne pas parler de Demi Moore, qui se livre corps et âme dans ce rôle, offrant probablement la meilleure prestation de sa carrière. Elle se met littéralement à nu devant la caméra, dans un rôle qui semble taillé sur mesure pour elle. Le film exploite son histoire personnelle et son image publique, ajoutant une couche supplémentaire de complexité et d'émotion. Bien qu'elle ait peu de dialogues, elle parvient à toucher le public, notamment lors d’une scène de maquillage bluffante : une séquence silencieuse mais incroyablement puissante, capturant toute la fragilité et la force de son personnage sans un mot. C’est d’ailleurs l’un des grands atouts du film : il n’oublie jamais de faire du cinéma. Souvent, sans dialogue, mais uniquement à travers l’image et le son, la réalisatrice parvient à transmettre des émotions et à délivrer son message. Vous l’aurez compris, j’ai adoré THE SUBSTANCE, et je vous invite vivement à le découvrir en salle, car il y gagne considérablement en puissance. Alors, est-ce le meilleur film de l’année ? Je ne pense pas. Est-ce le meilleur film d’horreur des dernières années ? Très certainement, et bien plus encore. Est-ce l’expérience cinématographique la plus marquante que j’ai vécue cette année ? Absolument, et de loin ! Partager
- Satire à balle réelle sur le cinéma français
Découvrez notre critique détaillée du film LE DEUXIÈME ACTE . LE DEUXIÈME ACTE ❤️❤️❤️❤️ Satire à balle réelle sur le cinéma français Quentin Dupieux est un réalisateur dont les œuvres divisent à chaque fois le public, et ce sera certainement une nouvelle fois ici. Il faut dire que son cinéma est extrêmement radical, et même s’il me laisse souvent sur le côté, son univers absurde me fascine. Et parfois il me choppe, comme ce fut récemment le cas avec INCROYABLE MAIS VRAI… ou ici, LE DEUXIÈME ACTE… Comme toujours, il est difficile de parler d’un de ses films sans trop en dévoiler, car il repose énormément sur leurs côtés high concept, donc je vais me limiter au synopsis officiel. Florence veut présenter David, l’homme dont elle est follement amoureuse, à son père Guillaume. Mais David n’est pas attiré par Florence et souhaite s’en débarrasser en la jetant dans les bras de son ami Willy. Les quatre personnages se retrouvent dans un restaurant au milieu de nulle part. Il nous propose ici son film le plus accessible, et peut être même le plus drôle, on rit même énormément… Avec un côté méta délirant et un cynisme assez jouissif, il va jouer avec le spectateur et critiquer le cinéma français, ainsi que ces acteurs. C’est son troisième film en un an et ce n’est peut-être pas anodin, car on a presque l’impression qu’avec celui-ci, il nous offre un triptyque sur l’art. Après le théâtre dans YANNICK et la peinture dans DAAAAAALI !, c’est donc au tour du cinéma de passer à la moulinette du réalisateur… Alors, ce n’est pas forcément toujours subtil, mais le film est souvent bien plus profond qu’il n’y parait… Tout y passera, de la cancel culture, au mouvement #metoo, en passant par l’IA ou l’ego et l’entre-soi des stars. Et c’est d’ailleurs quand les acteurs se moquent d’eux-mêmes avec une autodérision savoureuse que le film est le plus efficace. Garrel, Lindon, Quenard et Seydoux sont admirablement dirigés et prennent un véritable plaisir à jouer, dans tous les sens du terme... C’est un délice de les voir délivrer les tonnes de dialogues, car oui, le film est extrêmement bavard. Ça enchaine les joutes verbales et les dialogues ciselés… Mais, la cerise sur le gâteau, c’est la découverte de Manuel Guillot. Inconnu jusqu’alors, il n’a pas à rougir du quatuor de stars, et vient même voler la vedette en proposant sûrement les scènes les plus hilarantes du film. Et même si j’ai trouvé la fin moins aboutie, il n’en reste pas moins un grand moment de divertissement et à mon sens le meilleur film du réalisateur… Partager













