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  • Critique de LITTLE MISS SUNSHINE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film LITTLE MISS SUNSHINE . LITTLE MISS SUNSHINE ❤️❤️❤️❤️💛 Voici la fabuleuse histoire des Hoover, une famille dysfonctionnelle et pas comme les autres. Le père est un écrivain, un peu looser sur les bords, cherche à vendre sa méthode pour réussir sa vie. L’oncle est un dépressif qui sort de l’hôpital suite à une tentative de suicide. Le grand père vulgaire et drogué. Le fils qui a fait vœu de silence dans ce monde où il ne se reconnait pas. La mère un poil névrosée essaie de faire que tout se passe pour le mieux. Et puis, il y a la petite Olive, un peu grassouillette, qui ne rêve que d’une chose : participer à l’élection de Little Miss Sunshine. Mais ne vous y trompez pas, malgré les apparences, on a bien affaire ici à un Feelgood movie d’une force inouïe. On va suivre cette famille dans un road movie avec pour objectif ce fameux concours. Et une chose est claire, on rigole énormément, mais ça arrive aussi parfois à se montrer très touchant. Que ce soit les personnages, les dialogues ou bien les situations comiques, ça fonctionne à merveille. Mais, ce qui fait la grande force de ce film, c’est qu’en plus d’être une irrésistible comédie, c’est loin d’être bête et ça fait énormément réfléchir. Ca aborde divers thèmes universels, comme le regard des autres, ce qu’il faut pour être heureux, doit-on forcément rentrer dans le moule pour réussir… C’est extrêmement malin dans son écriture et le fameux rêve américain en prend pour son grade. On craque littéralement pour cette gamine qui arrivera à unir autour d’elle toute sa famille et à panser leurs plaies. Et la BO majestueuse sublime cette sensation de bonheur véhiculée par ce film qui nous crie à longueur de temps « SOYEZ VOUS-MEME !!!» Partager

  • Broadway s’invite au cinéma et la magie opère

    Découvrez notre critique détaillée du film WICKED . WICKED ❤️❤️❤️❤️ Broadway s’invite au cinéma et la magie opère WICKED est le préquel du Magicien d’Oz, mais surtout l’adaptation d’un des plus gros succès de Broadway de ces vingt dernières années. Mon amour pour les comédies musicales avait d’abord attisé mon excitation, avant qu’elle ne soit refroidie par les premiers visuels ou bien la présence d’Ariana Grande dans le rôle-titre… Et les premières minutes du film ont confirmé mes doutes, tant cela puait la guimauve et dégueulait de niaiserie, avec une Ariana au sommet de la caricature des princesses Disney. Et pourtant, à ma grande surprise, j’ai adoré le film et, plus fort, Ariana Grande est de loin le plus gros atout de ce long-métrage. Quand elle chante, elle met la misère à tout le monde, livrant une prestation hallucinante avec une voix digne d’une grande soprano. Mais ma plus grande surprise aura été la qualité de son jeu. Elle a une vraie présence à l’écran et surtout un sens du comique démesuré. Que ce soit par un dialogue, une gestuelle ou une mimique, sa moindre apparition entraîne le rire des spectateurs. Elle réussit à nous offrir une Galinda délicieusement détestable, tout en insufflant une certaine profondeur à son personnage. Mais elle n’est pas la seule à sortir son épingle du jeu : Cynthia Erivo livre une Elphaba en parfaite opposition à Galinda. Le duo fonctionne à merveille, apportant une vraie alchimie et une évolution maîtrisée à leurs personnages (je pense notamment à une scène de danse d’où se dégage une émotion rare). Leurs voix s’accordent à l’unisson lors des chansons pour le plus grand bonheur de nos oreilles. Le jeu de Cynthia Erivo passe aussi énormément par ses regards, qui expriment ses sentiments de rejet et d’injustice face à la discrimination qui l’entoure. Le racisme et l’exclusion sont d’ailleurs les thèmes centraux du film. Et n’en déplaise aux décérébrés que je vois déjà crier au wokisme, le spectacle a plus de vingt ans, preuve que la seule chose qui a changé depuis, c’est qu’on leur a offert les réseaux sociaux pour déverser leur haine… Mais, même si je mets l’accent sur les deux comédiennes, le film est avant tout une comédie musicale, et là aussi, on n’est pas loin du sans faute. Bien sûr, on y retrouve beaucoup de chansons, dont certaines resteront en tête à la sortie de la séance. Ces chansons sont sublimées par une mise en scène qui met tout en œuvre pour offrir un grand spectacle. Il y a un énorme travail sur les costumes et les décors, comme lors de cette chanson dans une bibliothèque au design des plus inspirés. Il y a un côté artificiel et très coloré à l’ensemble qui colle parfaitement à la féérie du pays d’Oz. Mais surtout, les chorégraphies impressionnent par leur dynamisme et le nombre d’artistes qui se donnent à fond à l’écran. La caméra cherche toujours à mettre en avant leurs performances, rendant le spectacle d’autant plus impressionnant. Cependant, même si le spectacle est au rendez-vous et que le rythme est bien géré, je dois tout de même avouer qu’on sent passer les 2h40. D’autant plus que ce premier film ne couvre que le premier acte de la comédie musicale. Cela fait que les vrais enjeux n’arrivent que lors du climax. Et même si cela promet une deuxième partie avec une intensité dramatique qui va s’envoler, ce premier film peine un peu à démarrer et aurait certainement gagné à être raccourci. J’ai aussi quelques réserves visuelles. Comme je l’ai dit plus haut, tout ce qui touche aux décors, aux costumes ou aux chorégraphies frôle la perfection, mais malheureusement ce n’est pas toujours le cas des effets visuels (FX). Même si certains sont bluffants, comme ce bouc incarnant le professeur de biologie, c’est parfois beaucoup plus compliqué. Il y a parfois des écrans verts douteux qui gâchent un peu le tableau, ainsi qu’une gestion de la lumière qui cumule les surexpositions ou apporte parfois un côté terne à l’image. Mais ces quelques réserves n’enlèvent rien au plaisir ressenti devant l’écran, et le film devrait facilement s’installer dans la mémoire collective au fil des années. Partager

  • Critique EUPHORIA – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée de la série EUPHORIA EUPHORIA ❤️❤️❤️❤️💛 Alors là, ce n’était pas gagné, parce que les séries teen, c’est devenu un genre surexploité (et que je n’affectionne pas vraiment) ou tout semble avoir été dit. Et sur le papier, c’est un peu ça : tu as le droit au quaterback populaire, à la cheerleader, au fils de riche, au bal de promo, au dealer, au gay… Mais c’est sans compter sur HBO qui pour sa première tentative dans le genre signe un coup de maitre en envoyant valser les codes et le politiquement correct (la série peut même se montrer très crue). Dès les premières images, nous montrant un accouchement vu de l’intérieur, on comprend vite qu’on va assister à quelque chose de différent, avec ce personnage principal, Rue, qui va nous raconter l’histoire à travers ses yeux de camée sortant de désintox (nous laissant ainsi douter sur les faits qu’elle nous raconte). Ses monologues sont d’ailleurs souvent poignant et extèmement bien écris. Au final, même si les personnages semblent stéréotypés au premier abord, la série va prendre le temps de gratter la surface, pour au final leur apporter pas mal de profondeur. Chaque épisode se focalisant sur un personnage en particulier, nous relatant, via le regard de Rue, son enfance afin de nous faire comprendre les causes de ses troubles actuels, en arrivant à rendre attachant les plus détestables d’entre eux. Car oui, Euphoria dresse un portrait très sombre de la jeunesse avec leurs addictions, que ce soit la drogue, le sexe, les réseaux sociaux, la violence, la pornographie… le tout porter par un casting de jeunes artistes plein de promesses. On notera d’ailleurs une chose assez rare : HBO offre un des premiers rôles à une actrice transsexuelle. Et quel rôle, et quelle actrice !!! Hunter Schafer est envoutante dans son personnage aussi extravagant qu’attachant. Mais celle qui perce l’écran, c’est Zendaya, qui arrive à casser son image Disney et verra certainement sa carrière décoller avec ce rôle (je vois mal l’Emmy Award lui échapper). Et pour avoir vu la série deux fois en une semaine (VF puis VO), je note au passage la grande performance de doublage de Victoria Grosbois, car une grande partie de l’intensité de la série repose sur les monologues OFF nous relatant l’histoire, et Waouh !!! Quelle classe !!! Mais ce qui bluffe le plus, c’est la mise en scène souvent ingénieuse et on a le droit à des plans magnifiques sublimés par des lumières très saturées et une BO d’enfer. Ca nous offre parfois des scènes surréalistes (voir même jubilatoire). Jusqu’à une scène finale HA-LU-CI-NANTE à te décoller la mâchoire !!! Bref, même si la série chorale est TRES sombre et parfois choquante, on tombe sous le charme de ses personnages, de son ambiance et de son côté humain et des émotions qu’elle nous fait vivre. Un vrai coup de cœur de cet été qui sort incontestablement du lot. Partager

  • Cette romcom qui montre la lumière au bout du tunnel

    Découvrez notre critique détaillée du film L’ÂME IDÉALE . L’ÂME IDÉALE ❤️❤️❤️❤️ Cette romcom qui montre la lumière au bout du tunnel Elsa, médecin d’une quarantaine d’années, possède un don : elle voit et parle aux morts. Sa vie bascule lorsqu’elle rencontre Oscar à la suite d’un accident. C’est le coup de foudre immédiat, mais elle se rend vite compte que celui-ci est en réalité mort… sans le savoir. Leur relation va alors profondément chambouler ses certitudes. Nous sommes ici face à un film de genre au high concept audacieux, à la fois fou et admirablement maîtrisé. Dès la scène d’ouverture, le film surprend et prend le spectateur aux tripes. Il trouve un équilibre remarquable entre fantastique, romance, comédie et drame, sans jamais perdre sa cohérence. Bien sûr, on pense à des classiques comme GHOST ou SIXIÈME SENS, dont le film s’inspire, mais il parvient à trouver sa propre identité. Pour son premier long métrage, Alice Vial signe une rom-com tendre et sensible, portée par une véritable réflexion sur l’amour. Le film alterne avec justesse les moments de tendresse et de comédie, sans jamais forcer les effets, ce qui lui permet de toucher sincèrement le spectateur. Même si l’histoire d’amour est au centre du récit, le film en profite pour aborder des thèmes universels. Bien sûr, l’acceptation de la mort, mais aussi la célébration de la vie et de l’amour. La réalisatrice questionne également l’importance de l’écoute, la peur de s’attacher et le deuil. On se laisse emporter dans cette romance au rythme de la musique électro et on s’attache profondément à ce couple improbable. La réussite du film repose en grande partie sur son casting et son duo central. Jonathan Cohen, utilisé à contre-emploi, conserve son timing comique redoutable, mais surprend surtout par la mélancolie et l’émotion qu’il insuffle à son personnage. Face à lui, la sublime Magalie Lépine Blondeau, que j’avais découverte dans les fabuleux SIMPLE COMME SYLVAIN et LA NUIT OÙ LAURIER GAUDREAULT S’EST RÉVEILLÉ . Elle confirme une nouvelle fois sa capacité à bouleverser par la justesse et la finesse de son jeu. Avec L’ÂME IDÉALE, Alice Vial livre un premier film lumineux, et peut-être bien la surprise de cette fin d’année. Elle nous offre une comédie romantique idéale pour les fêtes, à la fois originale, drôle et extrêmement touchante. Son seul véritable défaut reste peut-être de sortir le même jour qu’AVATAR , en espérant que ce dernier ne lui fasse pas trop d’ombre. Partager

  • Bouger une pièce au risque de faire s’écrouler une vie

    Découvrez notre critique détaillée du film MIKADO . MIKADO ❤️❤️❤️ Bouger une pièce au risque de faire s’écrouler une vie Mikado et Laetitia ont choisi de vivre en marge de la société, sur les routes, afin de préserver leurs deux enfants d’un monde qu’ils jugent trop brutal. Quand leur voiture tombe en panne, ils trouvent refuge chez Vincent, un professeur solitaire vivant avec sa fille. J’étais curieux de découvrir ce nouveau film de Baya Kasmi, dont YOUSSEF SALEM A DU SUCCÈS avait été une belle surprise. Elle retrouve ici Ramzy Bedia, qu’elle pousse hors de sa zone de confort avec un rôle plus introspectif, clairement inscrit dans le registre du mélodrame. Mais MIKADO reste imprégné de douceur, d’humour discret et d’une vraie tendresse. La lumière et la photographie participent d’ailleurs beaucoup à cette sensation de chaleur, offrant au film une certaine luminosité malgré la gravité des thèmes abordés. Ce qui frappe avant tout, c’est la direction d’acteurs, toujours dans la retenue, qui rend les personnages profondément humains et attachants. Tous portent les traces d’un passé douloureux, à commencer par Mikado, hanté par une enfance maltraitée dont il cherche à protéger ses enfants. Et pourtant, c’est sa fille, Nuage, qui devient peu à peu le cœur du récit. Son arc narratif est sans doute le plus abouti. À tel point qu’on se dit que le film aurait pu porter son nom. Le film bascule donc entre les points de vue du père qui cherche à protéger ses enfants du monde extérieur, et l’adolescente avide de découvrir cette société qu’elle qu’on lui a toujours cachée. Mais le film est bancal sur certains points. Parfois il appuie par des dialogues des choses, là où l’image aurait suffi. Et d’un autre côté il laisse certains éléments importants en suspens. C’est le cas du personnage de la mère, qui même si on devine son enfance brisée, j’aurai justement aimé que son personnage soit plus creusé. Il y a aussi ce dernier acte, qui cristallise pourtant tous les enjeux du film et que j’ai trouvé un poil expédié. Mais MIKADO, ça reste pas mal, un film un peu brouillon mais solaire et qui questionne en douceur notre rapport à la norme, à la famille, à l’extérieur. Partager

  • Critique de BLUE VALENTINE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film BLUE VALENTINE . BLUE VALENTINE ❤️❤️❤️❤️💛 Donc, fin 2016, je voyais mon plus grand film de l'année "Manchester by the sea". Un drame poignant avec, entre autre, une Michelle Williams magnifique dans son second rôle Puis début 2017, je voyais "La La Land" (je pense que je n'ai pas besoin de revenir sur le sujet), avec Ryan Gosling, qui à l'inverse est un des plus grands hymnes à l'amour du cinéma Et en fouinant un peu je tombe sur "Blue Valentine" qui réunit ces deux acteurs, alors je me dis pourquoi pas. Bon c'était sorti en 2011, et comment dire, c'est un peu l'année où j'ai raté le plus de films au ciné (je me demande bien pourquoi...) Bref j'étais passé totalement à côté de celui là, et c'est con parce que c'est une putain de baffe cinématographique (d'ailleurs je n'ai pas fini de ramasser mes dents qui trainent un peu partout dans l'appart) Et le clin d'oeil, c'est qu'il y a un peu de "Manchester by the sea" et un peu de "La La Land" dans ce film : le meilleur et le pire d'une histoire d'amour (c'est la vie, quoi...) avec un montage et deux acteurs somptueux "Comment peux on se fier à ses sentiments, quand ils peuvent disparaitre aussi vite qu'ils sont nés ?" Je vous laisse découvrir la réponse magique de la mamie, ainsi que du reste du film qui est à la hauteur de cet échange Bref si, vous êtes vous aussi passé à côté, courrez Partager

  • La série qui va dissocier votre cerveau.

    Découvrez notre critique détaillée de la série SEVERANCE SEVERANCE ❤️❤️❤️❤️💛 La série qui va dissocier votre cerveau. Quelle claque !!! Je vous aurai prévenu, vous n’êtes pas prêts… Le pitch ? Impossible d’en parler tellement c’est dingue !!! Sachez juste que c’est une série à qui propose un high concept fou, mais surtout l’exploite à merveille. Et surtout, n’allez pas lire de quoi ça parle et lancez-vous dedans vierge de toute information pour pouvoir savourer au maximum ce petit bijou audiovisuel. Car clairement, à l’image de son générique, ça pue le chef d’œuvre !!! (D’ailleurs, ce générique est tellement bien foutu que je ne l’ai simplement jamais zappé…). Donc, concernant l’histoire, je peux juste vous dire qu’on a affaire à un thriller d’anticipation dystopique à l’écriture admirable. Si vous avez aimé des films comme ETERNAL SUNSHINE OF SPOTLESS, BIENVENUE A GATACA, HER et autre EX-MACHINA, vous allez adorer. C’est inventif, intriguant et d’une profondeur qui laisse sans voix. Au fil des épisodes, ça va vous retourner le cerveau, tout en offrant une critique acerbe sur notre société qui fait froid dans le dos. On est un peu perdu lors des premiers épisodes, on se demande où ça va, mais on se laisse emporter par cette histoire qui va s’avérer de plus en plus fascinante, en nous offrant au fur et à mesure des indices sur son univers, jusqu’à un épisode final HA-LU-CI-NANT faisant l’effet d’un électrochoc !!! La mise en scène froide est extrêmement maitrisée, avec des plans millimétrés et cette obnubilation pour la symétrie qui rendrait jaloux Wes Anderson. Et cette histoire de dingue nous est délivrée par un casting de haut vol, avec entre autre John Turturro, Christopher Walken et autre Patricia Arquette. Ils nous offrent une panoplie de personnages tous aussi attachant que décalés et ayant un réel impact sur le scénario. Car pour enfoncer le clou de cet ovni sorti de nul part, on retrouve Ben Stiller à la production et à la réalisation de certains épisodes et clairement il y apporte son côté déjanté et satirique. Bref, un ENORME coup de cœur !!! Partager

  • La musique adoucit les cœurs

    Découvrez notre critique détaillée du film EN FANFARE . EN FANFARE ❤️❤️❤️💛 La musique adoucit les cœurs Thibault, un chef d'orchestre mondialement connu, apprend qu’il est atteint d'une leucémie. Il découvre que la seule personne qui pourrait le sauver est un frère dont il ignorait l'existence, joueur de trombone dans une ville ouvrière du Nord de la France. Sur le papier, ça fait un peu peur et ça sent fortement la comédie dramatique classique sur la fracture sociale et la rencontre de deux mondes que tout oppose. On pouvait donc craindre tous les clichés qui vont avec. Mais c'était sans compter la finesse d'écriture du film. Car même si, en termes de cinéma et de mise en scène, ça ne réinvente pas la roue, on ne peut que louer la qualité du scénario. Emmanuel Courcol joue justement avec les clichés pour les détourner et constamment faire rebondir le récit. Le film change ainsi souvent de direction pour agréablement surprendre le spectateur. L'ouverture du film a un sens du rite admirable, posant son intrigue en quelques minutes à l'aide de scènes courtes et de dialogues millimétrés. Le film réussit un vrai numéro d'équilibriste. Constamment sur le fil, il évite admirablement les faux pas et reste constamment juste dans son propos. En termes de comédie, le film est souvent drôle sans tomber dans l’humour lourd. La dramaturgie ne sombre jamais dans le pathos, mais parvient tout de même à toucher le spectateur grâce à l’attachement qu’il ressent pour les personnages. Il évite aussi le piège de la caricature, comme celui du « méchant » bourgeois découvrant le monde des « gentils » ouvriers. Et même quand il prend la direction du drame social, il réussit à ne pas en faire trop et à rebondir sans nuire au message qu'il véhicule. Évidemment, la musique devient un moteur narratif et un langage universel liant les personnages, sans jamais écraser le reste de l’intrigue. Mais c'est surtout la relation entre ces deux frères qui se découvrent qui retiendra l'attention du public. Et là, la qualité de l'écriture se met au service d'un casting admirablement dirigé. Évidemment, lorsque l'on a Benjamin Lavernhe en tête d'affiche, cela aide. L'acteur prouve une nouvelle fois qu'il est l'un des plus talentueux du moment, dont la palette de jeu n'a d'égal que le naturel déconcertant qu'il dégage à l'écran. Mais la surprise vient surtout de Pierre Lottin. L'acteur, souvent cantonné aux mêmes types de rôles, trouve ici une occasion de briller grâce à Emmanuel Courcol qui en tire le meilleur. Il a une véritable présence à l'écran, se montrant à la fois sombre, tendre et touchant, mais aussi doté d’un timing comique des plus efficaces. Ils sont accompagnés par une vraie fanfare locale, apportant une authentique fraîcheur au film. Au final, le réalisateur nous livre une comédie dramatique qui parvient à se démarquer des standards et devrait réussir à toucher un large public. On a affaire à un feel-good movie efficace, sur la fraternité, l’ambition, l’entraide et l’estime de soi. Un film à la fois drôle et touchant, jusqu'à son final intense qui met le sourire aux lèvres, juste avant que le spectateur se dise : « Ce petit truc humide sur ma joue, ça ne serait pas une larme ? » Partager

  • Un anti Pretty Woman irrévérencieux et explosif

    Découvrez notre critique détaillée du film ANORA . ANORA ❤️❤️❤️❤️ Un anti Pretty Woman irrévérencieux et explosif Anora, jeune strip-teaseuse de New York, rencontre le fils immature d’un oligarque russe. Ce qui s’ensuit est une improbable histoire d’amour : une sorte de PRETTY WOMAN version trash, enchaînant fêtes, scènes de sexe et débauche. La première partie, bien que nécessaire pour la suite, devient par moments un peu épuisante en raison de la complaisance avec laquelle Sean Baker filme les scènes érotiques et le corps des femmes. Puis le film prend un virage surprenant, se transformant en un buddy movie jouissif, et est probablement le film qui m’a le plus fait rire cette année. Que ce soit grâce au comique de situation, aux dialogues ciselés ou aux punchlines percutantes, ANORA est souvent très drôle, rappelant l’esprit caustique et décalé des films des frères Coen. Mention spéciale pour cette longue scène d’anthologie dans une maison : un véritable chef-d'œuvre de comédie visuelle et narrative. Le film oscille alors entre thriller, drame et comédie, flirtant même parfois avec le burlesque. Sean Baker a un vrai sens du rythme, et, grâce à un montage maîtrisé, les scènes s’enchaînent pour le plus grand plaisir des spectateurs. Il joue aussi admirablement avec les ruptures de ton, transformant un récit excessif et sensuel en un film plus profond, teinté de mélancolie et de réflexions sombres. Visuellement, l’ensemble est somptueux, avec une superbe photographie : d’abord flamboyante et colorée dans sa première moitié, elle devient plus glaciale et intense à mesure que l’histoire avance. L’humour fonctionne aussi grâce à un casting au diapason, notamment un trio d’hommes de main jubilatoires et charismatiques, qui suscitent l’empathie malgré leurs rôles de personnages secondaires. Mais surtout, ANORA, c’est la révélation de Mikey Madison. Elle déploie une énergie folle et une palette de jeu magistrale, que ce soit en comédie, en action ou en drame. Elle imprègne chaque scène, nous faisant rire et nous émouvoir avec une aisance remarquable. Ce rôle pourrait bien la propulser au sommet et lui valoir une nomination aux Oscars. Et même si ma palme d’or personnelle reste LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE (voire EMILIA PEREZ ), ANORA est une très belle surprise aussi surprenante que drôle et touchante, que je vous invite vivement à découvrir… Partager

  • Critique de DISTRICT 9 – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film DISTRICT 9 . DISTRICT 9 ❤️❤️❤️❤️💛 Voici un petit bijou de science-fiction qui ne ressemble à aucun autre. Pourtant, si je vous dis « dans un futur proche, un vaisseau extra-terrestre vient s’immobiliser au-dessus d’une grande ville », ça semble être du déjà vu mille fois. Sauf que déjà il y a un petit détail qui change tout, l’action ne se situe pas chez les habituels « sauveurs du monde », mais à Johanesburg. De plus, contrairement à ce qu’on est habitués à voir dans ce genre de film, les extra-terrestres ne sont pas hostiles et le gouvernement a décidé de les parquer dans un bidon ville : le DISTRICT 9. Le choix de choisir l’Afrique du Sud comme lieu est loin d’être anodin et tout au long du film il y aura un parallèle évident avec l’Apartheid, faisant des humains les véritables monstres du film. Le film revêt donc une dimension sociale. Mais une des grandes forces du film est certainement sa mise en scène, faisant cohabiter deux styles complètement différents. Ça commence comme un faux documentaire misant tout sur le réalisme, puis basculera petit à petit vers quelque chose de plus cinématographique, tout en gardant une vraie homogénéité. Même si le film est spectaculaire, tout est fait pour garder authenticité et réalisme. Ce n’est jamais tape à l’œil et il ne cherche jamais à rendre les créatures extraordinaires dans sa façon de les filmer. Il n’y a aucun artifice, ce qui est l’opposé des codes du genre, mais renforce le réalisme. Et elles sont intégrées à l’image de façon extrêmement convaincante. Le film a bientôt 14 ans et c’est bluffant à quel point il n’a pas pris une ride. Malgré le design monstrueux des créatures, elles se montrent surprenamment attachantes et expressives. Le fait de choisir un inconnu comme héros, Sharlto Copley, renforce aussi la crédibilité. Durant tout le film, ses talents d’improvisation sont mis à contribution et le naturel de son jeu en est décuplé, comme le côté documentaire du film. Son parcours émotionnel le poussera à revoir son point de vue et renforce le côté social. Bref, un chef d’œuvre original, puissant, intelligent et spectaculaire… Partager

  • Critique de LE SIXIÈME ENFANT – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film LE SIXIÈME ENFANT . LE SIXIÈME ENFANT ❤️❤️❤️💛 Un couple d’avocat n’arrivant pas à avoir d’enfant va faire la rencontre d’un couple de gitans qui attendent leur sixième, mais ne pouvant pas l’assumer. Va s’en suivre un improbable arrangement… Forcément, on se dit «ça sent le bon drame bien pathos pour faire pleurer dans les chaumières et bien manichéen avec ce couple de méchants riches qui pense pouvoir profiter de ces gentils pauvres… » Sauf que si le film brille par un aspect, c’est bien par son écriture. Et au contraire il est d’une grande profondeur et fera constamment réfléchir son spectateur en le mettant dans une situation de malaise en rendant ses personnages parfois attachants, d’autres fois détestables, tout en réussissant à ne jamais les juger. On est constamment questionnés par les choix des protagonistes dont le réalisateur prend soin d’expliquer tour à tour leurs ressentis contradictoires. Et si ça fonctionne aussi parfaitement, c’est clairement grâce à son quatuor d’exception qui propose des échanges d’une justesse incroyable, jusqu’au moindre regard ou silence. Le film débutera avec le point de vu des maris qui introduisent l’histoire pour progressivement s’effacer derrière la relation qui s’installe entre les deux épouses. Même si le film est clairement un drame, il empreinte énormément aux codes du thriller dans sa façon de construire les scènes, en cumulant les scènes oppressantes et les affrontements entre les personnages. Mais ce n’est pas parce qu’il évite toutes les facilités du mélodrame, que le film n’est pas poignant. Car la justesse des scènes les rendent d’autant plus touchantes et j’en suis ressorti le ventre noué. Et le fait que ce soit un premier film force le respect par son efficacité et la qualité de son écriture. Partager

  • Ils pulvérisent le 4e mur pour offrir un bel hommage à la Fox

    Découvrez notre critique détaillée du film DEADPOOL & WOLVERINE . DEADPOOL & WOLVERINE ❤️❤️❤️ Ils pulvérisent le 4e mur pour offrir un bel hommage à la Fox Sans être fan de la licence, je dois tout de même avouer que j’ai plutôt passé un bon moment devant les deux premiers épisodes de la franchise. Mais quand j’ai appris que, pour le troisième opus, ils avaient décidé de faire revenir Wolverine, j’ai tout de suite été très inquiet. En effet, le personnage avait eu une porte de sortie exemplaire dans le fabuleux LOGAN, et j’y voyais surtout une façon pour Marvel de réactiver la machine à cash. Sauf que le film est bien plus malin que ça… Déjà, il respecte le film qui avait vu la fin de ce héros emblématique, avec une scène d’ouverture assez jubilatoire. Et je dois bien avouer que ce duo réunissant deux des héros les plus énervés de l’univers Marvel fonctionne à merveille. Les punchlines s’enchaînent et le film est souvent très drôle, même si parfois Deadpool est un peu lourd avec son humour très axé en dessous de la ceinture. De même, le film offre quelques scènes d’action à la violence jouissive, d’autant plus que le côté « numérique » du sang apporte un côté cartoon des plus efficaces. Le film brille aussi par son côté méta, et il vaut mieux être bien calé sur le sujet pour bien l’apprécier. Tout y passe : les films précédents, les séries, les comics, le côté puritain de Disney, la vie des acteurs… Et je dois bien avouer que j’ai parfois été largué par les multiples références. C’est souvent un régal de voir notre héros briser le quatrième mur pour nous rappeler les déboires du studio, suite à l’ère Thanos, et de la façon dont il s’est enlisé dans son multivers. Mais surtout, le film offre un bel hommage à la Fox et à ses anciens films, offrant même quelques moments très inspirés. Alors forcément, on a notre lot de caméos, mais ils sont bien plus utiles que dans cette purge de SPIDER-MAN – NO WAY HOME, et même s’ils ont une place assez limitée à l’écran, leurs présences racontent réellement quelque chose, et le film y gagne même une seconde lecture aussi intelligente que surprenante. Par contre, comme pour l’humour de Deadpool qui est parfois lassant, j’ai un peu eu l’impression que chaque caméo était ponctué d’un ralenti ou de ne pas le filmer de face histoire de faire languir le spectateur… Et le procédé devient vite fatiguant. Visuellement, ça alterne le bon et le moins bon, même si c’est plutôt dans la tranche haute de ce que nous propose le studio ces dernières années. Et même si les décors sont souvent désespérément vides, ça offre quelques beaux moments, à l’image du pouvoir de l’antagoniste qui est aussi impressionnant visuellement que son personnage est oubliable. Parce qu’encore une fois, ce n’est pas la méchante de l’histoire que l’on retiendra… Donc, même si j’ai l’impression de ne pas avoir eu toutes les références nécessaires et que le numéro de clown irrévérencieux finit par être épuisant, le film reste extrêmement fun et remplit son office de divertissement estival. Partager

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