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- Critique de LE PROCÈS GOLDMAN – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LE PROCÈS GOLDMAN . LE PROCÈS GOLDMAN ❤️❤️❤️💛 Ce film raconte une histoire qui défraya la chronique dans les années 70 : le deuxième procès de Pierre Goldman, condamné en première instance à perpétuité pour plusieurs braquages à main armée ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes, meurtres dont il clamera son innocence. Même si c'est le frère du célèbre chanteur, je n'avais jamais entendu parler de cette affaire, aussi fascinante et troublante que son protagoniste. Cédric Kahn fait le choix radical de nous raconter cette histoire sans fioritures, en proposant un quasi huit clos dans la salle d'audience. Le procès n'ayant jamais été filmé, il choisit le format 1.33 qui était le standard de l'époque, ce qui à l'avantage de focaliser les images sur les témoignages des personnages. Ça et le fait de l'absence totale de musique, donne au film des airs de documentaires. Une des forces du film est de ne pas être manichéen, en ne prenant jamais parti et se limitant à exposer les faits, sans chercher à développer les personnages, mettant le spectateur dans la peau d'un juré, avec cet inconfort du doute, d'autant plus que la procédure judiciaire multiplie les erreurs qui mettront continuellement le doute sur la culpabilité de ce suspect pourtant exécrable. Il dresse ainsi un portait troublant de l'homme, mais aussi de la justice et de la société de l'époque. Même si il est totalement antipathique, le personnage de l'accusé est fascinant de charisme et faisant de sa figure médiatique une force, en transcendant les foules avec son côté provocateur, allant jusqu'à injurier le système, les témoins et les avocats... Il est d'ailleurs incarné par un impressionnant Arieh Worthalter, dont l'éloquence prête même souvent à rire, réussissant à le rendre bizarrement sympathique et expliquant pourquoi autant de monde s'est ligué derrière le personnage... Mais, son choix de mise en scène, en étant aussi radical, est aussi la limite que j'ai avec le film. Même si les faits sont passionnants, cinématographiquement, ça manque de créativité à mon goût, comparé par exemple à ANATOMIE D'UNE CHUTE ou LES CHOSES HUMAINES qui redoublent d'ingéniosité de mise en scène. Le fait de filmé ça de façon très documentaire est certes immersif, mais pose un problème de rythme à mon sens, et même si on ne s’ennuie pas, j'ai trouvé que ça manquait malheureusement de "cinéma"... Partager
- Dans la salle obscure, tout le monde vous entendra crier
Découvrez notre critique détaillée du film ALIEN : ROMULUS . Dans la salle obscure, tout le monde vous entendra crier ALIEN : ROMULUS ❤️❤️❤️💛 Dans la salle obscure, tout le monde vous entendra crier J'ai une réelle affection pour la saga Alien qui a clairement marqué mon adolescence, et j'ai particulièrement aimé les quatre premiers opus, chacun se différenciant par la patte de son réalisateur. Malheureusement, dans les années 2000, ça a été beaucoup plus compliqué. On a eu droit, dans un premier temps, aux ALIEN vs PREDATOR, au mieux fun, mais surtout profondément débiles, puis Ridley Scott a voulu reprendre les choses en main avec son pseudo-prequel qui a heureusement été avorté. Bref, je n’en attendais plus grand-chose, mais retrouver Fede Alvarez aux commandes me donnait un peu d’espoir (son EVIL DEAD et son DON’T BREATHE étaient plutôt efficaces). Et même si ROMULUS n'atteint pas la maestria des deux premiers opus, il reste parmi les meilleures propositions. Déjà, le film respecte ce qui a été fait dans le passé, que ce soit la quadrilogie originelle ou bien les préquels. Mais surtout, sa grande force réside dans son côté visuel. En effet, le film est particulièrement beau, avec un superbe travail sur les éclairages et les décors, sublimé par la mise en scène d'Alvarez et un travail sur le son des plus efficaces. Rarement l’horreur n’aura été aussi belle, et le film est un régal pour les yeux. C'est un film qui revient aux sources, en limitant l'usage des FX, préférant utiliser au maximum les effets pratiques pour montrer les créatures. On notera aussi le choix judicieux de faire baigner le film dans un univers rétro-futuriste collant au premier opus, là où Prometheus semblait avoir des générations d'avance technologiquement alors que le film est censé être un prequel. Et même si le film n'est peut-être pas le plus horrifique de la saga, il faut tout de même noter une réelle maîtrise de la tension avec certaines scènes qui sortent clairement du lot. Les Facehuggers sont particulièrement bien exploités, au point de proposer certainement les scènes les plus stressantes du film et de faire de l’ombre au xénomorphe… Les métaphores du sexe et du viol sont une nouvelle fois présentes, poussant même les curseurs un peu plus loin et proposant certaines scènes vraiment dérangeantes. Au niveau du casting, même si ce genre de film ne laisse pas vraiment le temps de développer ses personnages qu'il dézingue à tour de bras, on notera tout de même la relation entre les deux interprètes principaux qui fonctionne à merveille. Après CIVIL WAR, Cailee Spaeny prouve une nouvelle fois qu’il va falloir compter sur elle dans l’avenir, mais c’est surtout David Jonsson qui tire son épingle du jeu avec sûrement le personnage le mieux exploité du film. Mais même si j’ai vraiment beaucoup aimé la proposition, il y a quand même quelques détails qui m’ont gêné. Déjà, alors que le film utilise au maximum les animatroniques et autres effets pratiques, pour un résultat bluffant, il y a un moment clé (que je ne spoilerai pas) qui utilise des FX pour un résultat assez dégueulasse visuellement. Et le souci, c’est que c’est loin d’être un détail, et ça dénote totalement avec le reste, au point de me faire sortir du film par moments… Et même si le cahier des charges est parfaitement respecté, certaines références aux anciens films sont parfois un peu trop appuyées. Mais surtout, il manque un petit truc en plus qui apporterait une réelle identité au film, comme savaient le faire ceux de la quadrilogie. Il n’en reste pas moins un bon film de SF horrifique devant lequel j’ai passé un très bon moment et qui me réconcilie avec la saga… Partager
- Une success story feel-good portée par un duo irrésistible
Découvrez notre critique détaillée du film LE RÊVE AMÉRICAIN . Une success story feel-good portée par un duo irrésistible LE RÊVE AMÉRICAIN ❤️❤️❤️💛 Une success story feel-good portée par un duo irrésistible Jérémy et Bouna sont deux jeunes Français passionnés de basket qui nourrissent un rêve fou : devenir de grands agents au sein de la NBA, sans contacts et sans même parler anglais. Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. Le Rêve américain est une success story inspirée d’une histoire vraie. Mais s’il parle de basket, le film ne s’adresse pas uniquement aux amateurs de sport. Comme Marty Supreme , sorti le même jour, il utilise le sport comme toile de fond pour explorer l’ambition dévorante de ses héros. Mais là où le premier adopte une approche plus âpre, Le Rêve américain privilégie l’élan, l’optimisme et la chaleur humaine. La construction reste classique, avec parfois une impression de déjà-vu. Pourtant, le film se distingue grâce à son duo central. Anthony Marciano détourne les codes du buddy movie : ici, pas d’opposition caricaturale destinée à provoquer des étincelles, mais une amitié sincère, déjà solide. Cette proximité immédiate crée une forte empathie et un véritable attachement aux personnages. Le tandem formé par Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi constitue le véritable moteur du récit. Leur complicité crève l’écran. Mais surtout, les deux acteurs surprennent par leur jeu. Là où ils peuvent parfois m’agacer par leurs excès et une certaine tendance à s’enfermer dans un registre, ils révèlent ici une sincérité et une retenue inattendues. S’ils confirment leur talent comique, ils démontrent surtout une réelle capacité à émouvoir. À l’image de son précédent film Play , Anthony Marciano insuffle beaucoup d’humour et de tendresse à son récit et en fait une véritable bulle feel-good. On rit souvent, sans jamais tomber dans le potache, et les moments d’émotion sonnent juste. Le film dégage constamment une énergie positive, portée par un rythme soutenu et une musique galvanisante. Sans sombrer dans la caricature, il offre une belle leçon de vie à travers cette succession d’échecs dont les héros tirent, à chaque fois, de quoi avancer un peu plus vers leur objectif. Certes, Le Rêve américain ne réinvente pas la roue, mais c’est assurément l’une des jolies surprises de ce début d’année. Un film populaire, généreux et très fun, qui devrait séduire un large public… et surtout un film qui fait bien fou… Partager
- La révélation d'une grande actrice ; Ella Rumpf
Découvrez notre critique détaillée du film LE THÉORÈME DE MARGUERITE . La révélation d'une grande actrice ; Ella Rumpf LE THÉORÈME DE MARGUERITE ❤️❤️❤️💛 La révélation d'une grande actrice ; Ella Rumpf Problème du jour : qui sera la révélation féminine aux prochains Césars ? Durée de l'épreuve : 1h52 Méthode utilisée : voir le film Solution : Ella Rumpf Car oui, le grand atout du film est sa comédienne qui crève littéralement l'écran. Elle incarne Marguerite, une jeune mathématicienne qui cherche à résoudre un des plus vieux problèmes de math, réputé insolvable : la conjecture de Goldbach. Sa rencontre avec un étudiant remettra tout ses principes en cause. Si vous êtes allergique à Pythagore et Thalès, ne fuyez pas le film car les mathématiques ne sont ici qu'un prétexte dramatique pour dresser un portrait de femme passionnant. Mais aussi une romance mathématique, qui flirte parfois avec le thriller, tant la folie n'est jamais loin. Le duo fonctionne à merveille, les rendant attachants et nous faisant croire à leur relation atypique. Ella Rumpf offre une interprétation sidérante de cette femme, androgine, mutique, froide, analysant tout ce qui l'entoure, avec un côté très premier degré qui la met en marge de la société. Des êtres humains qui d'ailleurs ne l'intéresse pas. Seule son obsession pour les maths n'a de sens à ces yeux. Le décalage de son personnage apportera d’ailleurs certains moments de comédie. Elle porte à merveille le film sur ses épaules et donne vie à un personnage des plus complexes. Niveau second rôle, on notera aussi un Jean-Pierre Darroussin, toujours aussi bon, et dans un rôle ambigu le sortant de sa zone de confort. Les mathématiques seront aussi au centre de mise en scène, parfois inspirée de moments oniriques, et aidée par une BO des plus marquantes. Mais aussi une leçon de vie, sur comment rebondir après un échec. Et même si on se doute du dénouement de l'histoire, rien que pour la découverte de cette actrice, le film vaut le détour. Partager
- Une comédie romantique qui défie la fin du monde.
Découvrez notre critique détaillée du film AMOUR APOCALYPSE . Une comédie romantique qui défie la fin du monde. AMOUR APOCALYPSE ❤️❤️❤️💛 Une comédie romantique qui défie la fin du monde. Régulièrement, le cinéma québécois parvient à me surprendre, et cette année la surprise s’appelle AMOUR APOCALYPSE. On y suit Adam, un quadragénaire dépressif, rongé par une éco-anxiété obsessionnelle, convaincu que le monde court à sa perte. Lorsqu’il contacte une hotline à la suite de l’achat d’une lampe de luminothérapie, il fait la connaissance de Tina. De cet échange anodin va naître une relation improbable avec cette femme qui va bouleverser son équilibre déjà précaire. Évidemment, on pense beaucoup au fabuleux HER , les deux films abordant avec finesse la solitude et la dépression. Mais AMOUR APOCALYPSE trouve sa propre personnalité en bousculant les codes de la comédie romantique. Le film se réinvente sans cesse, refuse la trajectoire attendue et surprend constamment le spectateur. Anne Émond joue d’ailleurs parfaitement avec les ruptures de ton et les émotions. On passe du rire à la peine, de la colère à la douceur, sans jamais avoir le sentiment d’un déséquilibre artificiel. Le film s’autorise des respirations philosophiques, mais aussi des moments d’une sensualité et d’une tendresse infinie, où les corps et les silences parlent souvent plus que les mots. Patrick Hivon, que j’avais découvert dans le fabuleux LA NUIT OÙ LAURIER GAUDREAULT S’EST RÉVEILLÉ , fait preuve d’une sensibilité et d’une justesse remarquables. Il insuffle à son personnage une vulnérabilité et une maladresse qui le rendent terriblement attachant. Son duo avec Piper Perabo fonctionne à merveille, donnant vie à une histoire pleine de douceur, de poésie, mais aussi de zones d’ombre. Malgré son atmosphère anxiogène de fin du monde, AMOUR APOCALYPSE est porté par un humour subtil. Le film trouve un équilibre remarquable entre légèreté et gravité. En abordant des thèmes sombres et profond, il conserve pourtant un véritable pouvoir feel good : l’idée qu’il est encore possible de se relever, de recréer du lien, même lorsque l’on a le sentiment d’avoir touché le fond. Partager
- Biopic musical audacieux mais imparfait.
Découvrez notre critique détaillée du film BETTER MAN . Biopic musical audacieux mais imparfait. BETTER MAN ❤️❤️❤️ Biopic musical audacieux mais imparfait. Énième biopic musical, BETTER MAN est centré sur le chanteur Robbie Williams. Michael Gracey, à qui l’on doit le douteux THE GREATEST SHAOMAN, a fait le curieux choix de représenter l’artiste sous les traits d’un singe. Je ne suis pas un grand amateur des films de ce genre, qui ont tendance à tous se ressembler : un personnage au passé familial douloureux, une quête de notoriété difficile et une relation amoureuse agitée. Et clairement, ce film ne déroge pas à la règle, bien que cela ne l’empêche pas de surprendre à plusieurs reprises. Les biopics ont souvent la fâcheuse tendance d’édulcorer la vie des célébrités. Le fait que Robbie Williams soit à la fois producteur du film et doubleur du fameux singe pouvait laisser présager le pire. Et pourtant, à l’image de l’excellent ROCKETMAN, il explore les facettes les plus sombres du chanteur. Le film met en lumière son opportunisme ainsi que ses parts d’ombre, notamment ses addictions à la drogue, à l’alcool et au sexe. Il brosse ainsi le portrait d’un personnage étonnamment peu aimable. De ce point de vue, le film se démarque clairement et trouve sa force principale, même si cela ne l’empêche pas de sombrer dans un dernier acte rédempteur et larmoyant. Après, on ne va pas se mentir, Robbie Williams, ce n’est ni Elton John, Freddie Mercury. Une fois les quelques morceaux emblématiques passés, le film peine à trouver de quoi illustrer ses séquences musicales. Cela dit, bien que rares, ces dernières sont mises en scène avec une générosité visuelle réjouissante. On est loin du simple jukebox de BOHEMIAN RAPSODY : BETTER MAN flirte avec la comédie musicale et propose quelques moments savoureux, empreints de fantaisie. C’est d’ailleurs là que le choix du singe comme avatar de Williams prend tout son sens. On aurait pu y voir un délire mégalomane permettant à l’artiste de se montrer comme une "bête de scène". Mais cette représentation ouvre surtout la porte à des délires visuels audacieux, offrant au réalisateur une liberté créative pour explorer des territoires oniriques et inattendus. Malheureusement, bien que ces tableaux soient souvent impressionnants, le spectacle est parfois gâché par des effets numériques trop visibles. Alors que l’animation du singe est souvent saisissante, certains fonds verts mal intégrés et un montage trop frénétique viennent ternir l’ensemble. En dépit de ses défauts, BETTER MAN parvient à se distinguer par son audace et sa générosité. Sans réinventer le biopic musical, il propose une vision originale et parfois touchante de la vie de Robbie Williams. Le film aurait gagné à mieux équilibrer ses ambitions visuelles et sa narration, mais il reste une œuvre intrigante, qui sort du lot. Partager
- Critique de FALCON LAKE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film FALCON LAKE . FALCON LAKE ❤️❤️❤️❤️ De miss météo sur Canal+ à grande réalisatrice, il y a un gouffre, et Charlotte Le Bon semble l’avoir franchi avec une facilité déconcertante. Bastien, 13 ans, va rencontrer Chloé, une adolescente de 16 ans un peu excentrique et qui croit aux fantômes. Un jeu de séduction ambigu va s’installer entre eux... Charlotte Le Bon arrive à dépeindre avec énormément de justesse cette relation. Sa mise en scène est à la fois sombre et lumineuse, offrant des scènes poétiques tout en apportant une tension et un côté anxiogène au film. Avec ce teen movie, qui évite les clichés du genre, elle nous livre une chronique envoutante et profonde sur l’éveil sexuel. Même quand ils sont présent à l’écran, les adultes semblent effacés tant elle concentre son film sur les deux ados et leurs émotions. Le duo est remarquable dans la composition qu’ils nous livrent. Elle réussit à capter leurs gestes et leurs regards avec une pudeur folle tout en évitant de tomber dans le putassier. Visuellement, elle a un véritable sens du cadre et apporte un réel onirisme à ses plans. Il y a peu de dialogue et ce sont souvent les images qui livreront les émotions des protagonistes. Elle réussit à installer une ambiance fantasmagorique, sublimée par une musique enivrante, jusqu’à un final d’une puissance folle. Pour son premier film, elle livre une œuvre extrêmement maitrisée et délicate qui me laisse admiratif et surtout curieux de découvrir la suite de sa carrière. Partager
- Critique de RODRIGO SOROGOYEN – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film RODRIGO SOROGOYEN . RODRIGO SOROGOYEN Il y a quelques semaines, je suis allé voir le dernier film de Sorogoyen, AS BESTAS. Vu qu’il fera certainement parti de mon top 10, j’aurais certainement pu vous en parler ici, mais entre ma motivation souvent aléatoire pour écrire et le Festival d’Avignon, je ne l’ai pas fait. Mais vu que mon cinéma a décidé de faire une rétrospective sur ce cinéaste, pourquoi pas faire comme eux et vous inciter à découvrir toute sa filmographie. D’autant plus que je l’ai découvert grâce à la gérante de mon cinéma qui m’avait conseillé MADRE, qui aura été une véritable baffe et au point de devenir un de mes films préférés. QUE DIOS NOS PERDONE est un polar noir, EL REINO un film sur la corruption politique, MADRE un drame poignant et AS BESTAS un thriller malaisant. On pourrait aussi parler de sa série ANTISISTURBIOS suivant un groupe de CRS… (il me reste à rattraper STOCKHOLM) Mais même si les sujets de ses films sont extrêmement variés, ils se rejoignent en disséquant les travers de la société, tout en réinventant les genres grâce au talent fou de cet immense réalisateur. Sa mise en scène laisse admiratif et propose des plans millimétrés à la photographie léchée qui font qu’énormément d’images impriment la rétine. Des plans souvent magnifiés par l'utilisation récurrente du grand angle, offrant des plans extérieurs de toute beauté ou intensifiant souvent le sentiment d'isolement des ses protagonistes torturés. Car une force de son cinéma est certainement l'écriture de ses personnages qui est extrêmement travaillée. On aura souvent affaire à des anti-héros dont les choix mettront parfois un décalage entre eux et le spectateur mais dont la profondeur d'écriture fera souvent qu'ils arriveront à rester attachants. D'autant plus que Sorogoyen s'avère être un directeur d'acteurs d'exception. Alors oui, il sait s’entourer (Antonio de la Torre, Marina Fois, Denis Ménochet…), mais il en tire souvent le maximum. Et si ça fonctionne aussi bien, c’est aussi parce que ses personnages sont souvent proches du spectateur, l’aidant fortement à s’identifier à eux. Mais surtout, Sorogoyen s’impose comme un maître absolu du suspense. Il trouvera toujours le moyen de surprendre le spectateur (le changement de trajectoire de AS BESTAS est à ce titre exemplaire). Car même s'il explore des genres radicalement différents dans ses films, ils se rejoindront par la tension qu'il y apporte. Il la poussera même parfois à son paroxysme, jusqu’à être irrespirable. La scène d’ouverture de MADRE est un chef d’œuvre à elle seule, mais je pourrai aussi citer la partie de Trivial Poursuit d’ANTISISTURBIOS, ou la scène du bar dans AS BESTAS. Une autre de ses signatures est l'utilisation des plans séquences. Ils ne seront jamais accessoires, et tous plus bluffant les uns que les autres. Ne cherchant jamais à en mettre plein les yeux, on met parfois même du temps à réaliser qu'on est face à l'un d'eux. Mais leur choix sera toujours justifié, en intensifiant souvent la tension d'une scène, mais aussi en permettant à ses acteurs de délivrer tout leur potentiel. En quelques films Sorogoyen est devenu un de ces réalisateurs dont le simple nom suffit à me faire déplacer au cinéma, sans même connaître le synopsis. Et j'attends d'ailleurs avec impatience, dans un mois, sa nouvelle série Apagon. Bref, je vous invite fortement à découvrir son œuvre, et si possible au cinéma, tant ce sont des films d'ambiance qui prennent toute leur ampleur en salle obscure. Partager
- Critique de INCENDIES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film INCENDIES . INCENDIES ❤️❤️❤️❤️💛 Dans ce calendrier de l’avent, il fallait bien à un moment que je parle de Denis Villeneuve, qui est pour moi un des meilleurs réalisateurs du moment. Voici donc un de ses premiers films qui prouvait déjà le talent du bonhomme. Voici un film choc qui est un véritable rouleau compresseur. Et même si la scène d’ouverture muette annonce tout de suite la couleur, et malgré tout ce que je vais pouvoir dire, sachez une chose : vous n’êtes pas prêt pour la baffe que vous allez prendre. A la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon, des jumeaux, se voient remettre deux enveloppes : l’une destinée à leur père qu’ils croyaient mort et l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Va s’en suivre une longue quête pour nos deux héros qui leurs révèlera le passé secret de leur mère. Comme la pièce de théâtre, dont il est inspiré, le film se déroulera dans un pays du Maghreb imaginaire, qui fera immanquablement penser au Liban. Il est pourtant éminemment politique, et sans en être le réel sujet, le conflit entre musulmans et chrétiens est au cœur du film. Le film a des allures de polar avec cette quête identitaire qui feront ressortir les fantômes du passé. Villeneuve joue judicieusement avec les époques et le montage parallèle est exemplaire. On alternera continuellement entre les recherches des enfants et la vie de leur mère. C’est d’un réalisme cru et ne tombe jamais dans le mélo. Le spectateur est tenu en haleine tout du long, avec ce récit brutal, parfois choquant, mais surtout bouleversant. Il sera question de l’horreur de la guerre et de ses répercutions, mais aussi, d’amour, de pardon… Au final on assiste à une terrible tragédie Shakespearienne sur fond de conflit politique. C’est d’une puissance dramatique rare, le final risque de vous hanter longtemps et clairement on n’en ressort pas indemne… Partager
- Critique de GREEN BOOK – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film GREEN BOOK . GREEN BOOK ❤️❤️❤️❤️ Après une année 2018 en demi-teinte, 2019 n'aura pas attendu longtemps pour nous proposer un premier TRES grand film Green Book : un road movie aussi drôle que touchant sur fond de racisme dans une de ses formes la plus gerbante : la ségrégation... Ce film est une ode à la tolérance superbement interprété par le duo d'acteur (mention spéciale à Viggo Mortensen qui est juste fabuleux) C'est superbement écrit, les dialogues sont savoureux, profondément humain Mais là où le film m'a prit par surprise, c'est par son humour fin qui fait souvent mouche Putain, mais qu'est ce que j'ai rit!!! Partager
- Critique de MATRIX RESURRECTIONS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film MATRIX RESURRECTIONS . MATRIX RESURRECTIONS ❤️💛 Clairement le film va diviser, et ce n'est pas la dizaine de personnes qui a quitté la salle hier qui dira le contraire... Moi même je suis très mitigé. Je n'ai toujours pas vu la BA, donc je ne vais rien dire sur l'histoire pour être sûr de ne pas spoiler. A l'inverse d'un Ghostbuster ou d'un Spider man, le film ne brosse pas son public dans le sens du poil. Même si il y a quand même énormément de fan service. Une bonne partie des spectateurs va déjà rejeter la première heure. C'est bête, car à mon sens est la grande réussite du film. J'ai vraiment beaucoup aimé, c'est surprenant, intelligent et complètement méta. C'est fun, plutôt bien foutu et même assez drôle. Malheureusement, ça retourne dans les travers des épisodes 2 et 3, en essayant inutilement de tout expliquer et rendant le tout complexe et chiant pour pas grand chose. Passé la 1ère heure, je me suis doucement ennuyé. Et pire, là où tu attends d'un Matrix des scènes d'action qui en mettre plein la gueule, c'est vraiment pauvre. Au mieux, c'est du déjà vu (et dans la matrice, c'est pas bon signe ^^), mais surtout c'est sans inventivité et "sur-cuté" (comme cette scène dans un train illisible). C'est encore plus flagrant, quand le film utilise de flashbacks des premiers (qui cumulent des plans devenus cultes, alors que là... pas sûr de garder une image en tête d'ici quelques mois...) Tu as même parfois l'impression que c'est voulu tant le film semble être un pied de nez à toutes les grosses productions actuelles. Après, je suis un peu méchant, car le climax est pas trop mal foutu, mais ne sauve pas l'ensemble. Alors si il y a un truc qui n'a pas changé : dans la trilogie, l'histoire Néo-Trinity je m'en battait le steack... c'est toujours le cas... Bref, même si ça démarrait bien, comme pour Spidey, sans être fondamentalement mauvais, je suis ressorti clairement déçu. Pour moi c'était vraiment dispensable et pas sûr de le revoir un jour. Partager
- Critique de AFTERSUN – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film AFTERSUN . AFTERSUN ❤️❤️ Alors oui, la relation père-fille fonctionne, ça joue même très bien (la gamine est fabuleuse), c'est plutôt bien filmé, avec sensibilité et il y a une vraie mélancolie qui se dégage de l'ensemble... Mais, faut bien admettre qu'il ne se passe pas grand chose, et que Charlotte Wells, même si elle a un vrai sens du cadre, se regarde parfois le nombril, en filmant de loooooooooong plans plus prétentieux qu'utiles... Même si le film a réussi à me chopper à de rares moments, je n'ai jamais réussi à réellement rentrer dedans et c'est souvent l'ennui qui aura pris le dessus... Partager













