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- Un film fascinant sur le fond, mais qui m’a laissé à distance dans sa forme.
Découvrez notre critique du film NOTRE SALUT . Un film fascinant sur le fond, mais qui m’a laissé à distance dans sa forme. NOTRE SALUT ❤️❤️💛 Un film fascinant sur le fond, mais qui m’a laissé à distance dans sa forme. Notre salut est d’abord un récit réellement passionnant . Le film suit un homme ordinaire, presque insignifiant au départ, confronté peu à peu à des dilemmes moraux. Il avance par petites concessions, accepte l’inacceptable, se raconte des histoires pour se justifier. Ce glissement progressif, presque imperceptible, est au cœur du film : à partir de quand devient-on complice ? Et surtout, comment glisse-t-on sans même s’en rendre compte ? Il y a aussi une résonance très contemporaine. Certains discours hérités de Vichy trouvent des échos troublants dans des débats actuels . Le film exploite cette proximité pour donner à son récit une vraie portée politique, parfois inconfortable. C’est là que le film trouve sa plus grande force. Et au centre de tout cela, il y a la performance de Swann Arlaud . Il compose un personnage ambigu, difficile à cerner, à la fois médiocre, intelligent, opportuniste et parfois presque vulnérable. Il n’est jamais totalement condamnable, ni totalement excusable, ce qui rend son parcours dérangeant. Il est d’un naturel confondant, ce qui rend son personnage d’autant plus troublant ? Mais malgré cette richesse de fond, la forme m’a, elle, laissé de marbre. Le film très est long, très bavard , et donne souvent l’impression de scènes qui s’étirent sans réelle nécessité dramatique. Un problème intensifié par des dialogues qui semblent souvent improvisés, privilégiant le naturel au détriment de la construction . Le rythme en pâtit clairement, accentué par de nombreux passages de lettres lues en voix off. La mise en scène d’Emmanuel Marre crée un décalage qui m’a progressivement sorti du film. La caméra portée, très mobile, avec des cadres serrés, installe un naturalisme quasi documentaire , rappelant l’émission Strip-tease. Mais sur la durée, cela rend les enjeux moins lisibles et finit par épuiser. D’autant plus que ce choix contraste avec des moments plus stylisés , notamment ces scènes nocturnes où les visages sont brutalement éclairés par des projecteurs très directs. L’ensemble crée une instabilité visuelle assez déroutante. S’ajoutent enfin quelques anachronismes et un vocabulaire très contemporain qui donnent parfois l’impression d’un dispositif trop appuyé , là où les situations et les dialogues suffisaient à eux seuls à faire résonner le présent. Au final, ces éléments formels m’ont empêché d’entrer pleinement dans le film, et l’ennui a fini par s’installer . Malgré la force de son sujet et de son interprétation, je suis resté à distance, et le temps m’a semblé particulièrement long. Partager
- Cette grande scientifique dépouillée de sa gloire…
Découvrez notre critique détaillée du spectacle L’AFFAIRE ROSALIND FRANKLIN Cette grande scientifique dépouillée de sa gloire… L’AFFAIRE ROSALIND FRANKLIN ❤️❤️❤️ Cette grande scientifique dépouillée de sa gloire… La pièce est un hommage à cette scientifique qui a littéralement donné sa vie pour découvrir la structure de l’ADN, avant de se faire voler son travail… Ce spectacle se distingue par son approche accessible en évitant de submerger le spectateur avec des détails scientifiques complexes. Il se concentre plutôt sur le portrait de Franklin et sur l'injustice qu'elle a subie, mettant en lumière son travail acharné dans un milieu dominé par les hommes. Les spectateurs découvrent comment ceux-ci ont tenté de s'approprier la gloire de ses découvertes. La pièce nous immerge dès le début dans les années 50, avec cette ouverture jazzy. Puis elle prend le ton du polar noir , enchaînant les scènes courtes et soutenues par une mise en scène ingénieuse. Au centre, un carré blanc représente le laboratoire de la scientifique. Tout autour du plateau, une estrade avec des chaises sur lesquelles seront assis les autres comédiens, face à la comédienne, traduit la surveillance constante de ses actions. En fond de scène, un écran est savamment utilisé à des moments précis de la narration. Cette pièce s'inscrit dans un triptyque intitulé "LES FABULEUSES", consacré à des femmes extraordinaires mais méconnues, dont les contributions ont pourtant profondément marqué le monde . Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- BLUE VALENTINE : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film BLUE VALENTINE . BLUE VALENTINE ❤️❤️❤️❤️💛 Donc, fin 2016, je voyais mon plus grand film de l'année "Manchester by the sea". Un drame poignant avec, entre autre, une Michelle Williams magnifique dans son second rôle Puis début 2017, je voyais "La La Land" (je pense que je n'ai pas besoin de revenir sur le sujet), avec Ryan Gosling, qui à l'inverse est un des plus grands hymnes à l'amour du cinéma Et en fouinant un peu je tombe sur "Blue Valentine" qui réunit ces deux acteurs, alors je me dis pourquoi pas. Bon c'était sorti en 2011, et comment dire, c'est un peu l'année où j'ai raté le plus de films au ciné (je me demande bien pourquoi...) Bref j'étais passé totalement à côté de celui là, et c'est con parce que c'est une putain de baffe cinématographique (d'ailleurs je n'ai pas fini de ramasser mes dents qui trainent un peu partout dans l'appart) Et le clin d'oeil, c'est qu'il y a un peu de "Manchester by the sea" et un peu de "La La Land" dans ce film : le meilleur et le pire d'une histoire d'amour (c'est la vie, quoi...) avec un montage et deux acteurs somptueux "Comment peux on se fier à ses sentiments, quand ils peuvent disparaitre aussi vite qu'ils sont nés ?" Je vous laisse découvrir la réponse magique de la mamie, ainsi que du reste du film qui est à la hauteur de cet échange Bref si, vous êtes vous aussi passé à côté, courrez Partager
- Une promesse vieille de vingt ans qui, le temps d’une nuit, laissera une empreinte éternelle
Découvrez notre critique détaillée du spectacle DIABOLO MENTHE Une promesse vieille de vingt ans qui, le temps d’une nuit, laissera une empreinte éternelle DIABOLO MENTHE ❤️❤️❤️❤️💛 Une promesse vieille de vingt ans qui, le temps d’une nuit, laissera une empreinte éternelle C’est d’abord son pitch qui a attiré mon attention. En 2003, Céleste et Benjamin tombent amoureux au lycée et se lancent ce pari fou : se retrouver vingt ans plus tard, le temps d’une nuit, pour cocher une liste de promesses. En 2023, Benjamin est au rendez-vous. Mais au lieu de Céleste, c’est Esmée qui apparaît. Un point de départ intrigant… mais je ne m’attendais clairement pas à recevoir une décharge émotionnelle aussi intense . Si le récit ne tarde pas à révéler la raison de la présence d’Esmée, je n’aborderai pas cet aspect ici. La pièce se découvre justement comme un puzzle , construit à travers de constants allers-retours entre 2003 et 2023. Peu à peu, elle nous raconte la naissance de l’histoire entre ces deux adolescents, mais aussi cette rencontre inattendue entre Benjamin et Esmée, qui vont apprendre à se découvrir le temps d’une nuit. Le travail sur les transitions est particulièrement remarquable . Portées à la fois par la lumière et par le texte, elles offrent une fluidité déconcertante : certaines phrases commencent dans une époque pour se terminer dans l’autre, créant un lien organique entre passé et présent. Il y sera évidemment question d’amour, de ceux qui laissent des traces indélébiles. Mais aussi des actes manqués… et de ces moments que l’on aimerait, un jour, pouvoir réparer. Un véritable élan de tendresse et de poésie imprègne la pièce , notamment à travers cette liste de promesses imaginée par Céleste et Benjamin, véritable capsule temporelle de leurs espoirs, de leurs rêves et de leurs illusions d’adolescents. Cette double temporalité crée une véritable richesse dramaturgique, un jeu d’échos constant entre les époques, qui vient toucher quelque chose de profondément intime. Même si l’on peut parfois sentir venir certains éléments, le spectacle brille par sa construction narrative et surtout par l’émotion saisissante qui le traverse . L’écriture, particulièrement juste et sensible, vient faire vibrer les souvenirs des spectateurs avec une précision désarmante. Car oui, Diabolo menthe assume pleinement son côté mélo, mais il le fait avec une telle sincérité et une telle justesse que les sentiments ne paraîssent jamais forcés. Au contraire, cette dimension presque romanesque devient une force, tant elle permet à chacun de se retrouver dans ces regrets, ces espoirs et ces souvenirs enfouis. La pièce doit aussi beaucoup à son trio de comédiens, dont le lien transpire de justesse. Je retiendrai particulièrement Albane You, bouleversante dans un jeu tout en retenue , à fleur de peau, laissant affleurer une colère intérieure prête à surgir à tout instant. Le décor, minimaliste — une table et deux chaises d’un côté, un banc et son lampadaire de l’autre — participe pleinement à cette réussite. Il fluidifie les transitions, insuffle du rythme et accompagne avec efficacité ce voyage dans les souvenirs de Benjamin. Et puis il y a ce qu’il reste, une fois la lumière retombée. Il y a ce contraste troublant — les yeux humides et pourtant le sourire aux lèvres — Diabolo menthe réussit ce rare équilibre entre mélancolie et douceur. Il y a des spectacles qui nous accompagnent le temps d’une soirée, et d’autres qui continuent de résonner bien après. Diabolo menthe fera indéniablement partie de ces pièces qui marqueront mon OFF et dont l’émotion continuera longtemps à m’habiter . Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Un vertige émotionnel que je n’ai pas vu venir
Découvrez notre critique détaillée du spectacle FAKE Un vertige émotionnel que je n’ai pas vu venir FAKE ❤️❤️❤️❤️💛 Un vertige émotionnel que je n’ai pas vu venir Quand tu programmes plus de cinquante spectacles dans un off, il y en a forcément que tu choisis pour le sujet, sans en attendre grand-chose. Des spectacles “de remplissage”, en quelque sorte. Je dois bien l’avouer, c’était mon cas pour celui-ci. Et pourtant… c’est une claque que je n’ai absolument pas vu venir… La pièce plonge au cœur des troubles de l’adolescence avec une justesse désarmante . Elle parle de quête d’identité, du regard des autres, de solitude, de la place envahissante des réseaux sociaux… Mais surtout, elle raconte cette amitié fusionnelle entre deux adolescentes, un lien presque vital, qui vacille le jour où l’une d’elles tombe amoureuse. Dans un premier temps, une forme d’euphorie et de légèreté s’installe, portée par de nombreux moments d’humour qui nous plongent pleinement dans l’univers de ces deux adolescentes. Et puis, il y a ce moment. Ce point de bascule que je n’aborderai pas ici. La pièce tremble, se fissure, et tout s’accélère dans un élan dramaturgique vertigineux qui fait basculer le spectacle dans une autre dimension . À partir de là, le récit gagne une profondeur inattendue dont il devient impossible de décrocher. Le travail sur le son et la lumière est d’une grande précision. Les ambiances se sculptent, évoluent, épousent les émotions des personnages pour mieux nous y plonger. Le décor, lui, est minimaliste : quelques néons suffisent. Un choix malin qui permet au spectacle de se jouer partout, notamment dans les lycées, et de déployer une force de frappe d’autant plus directe. Le personnage d’Érik, dont l’une des adolescentes tombe amoureuse, n’existe que par la voix off. Une présence fantomatique, presque irréelle, qui renforce encore le trouble. Et puis il y a ces moments musicaux, loin d’être accessoires . Ils participent à cette montée en énergie, prolongent les émotions et font ressortir ce qui ne peut pas toujours se dire, avec une sincérité brute. Quant aux comédiennes, Clémence Coullon et Agathe Mazouin, leur jeu est d’une intensité remarquable . Dans la première partie, l’amour qu’elles partagent transpire, elles débordent d’énergie et d’une joie presque contagieuse, comme pour mieux installer le vertige à venir. Puis, peu à peu, les voiles se déchirent et laissent apparaître une fragilité à fleur de peau. La compagnie Le Feu au Lac porte ce spectacle avec une sincérité brûlante. Et sans prévenir, elle a réussi à mettre le feu à mon cœur. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Un chant révolutionnaire pour la liberté
Découvrez notre critique détaillée du spectacle FILLES, MÈRES, REBELLES - SUFFRAGETTES Un chant révolutionnaire pour la liberté FILLES, MÈRES, REBELLES - SUFFRAGETTES ❤️❤️❤️💛 Un chant révolutionnaire pour la liberté C’est le combat de Sylvia, Emily et Norah. Nous sommes à Londres en 1913, et ce spectacle nous invite à suivre ces trois amies, déterminées à obtenir le droit de vote pour les femmes. La compagnie Le Road Movie Cabaret fait le pari audacieux de ne confier cette grande histoire qu’à deux comédiens. Un choix judicieux qui brise la distance entre scène et salle : les comédiens s’adressent souvent directement au public, renforçant la dimension militante et l’urgence de leur propos. Car si le droit de vote des femmes est au cœur de la pièce, c’est bien plus largement une ode à la liberté qu’on nous offre ici. À deux seulement, avec une énergie débordante, ils nous plongent dans l’effervescence des rues de Londres, au rythme du théâtre, de la musique et du chant. Ils incarnent tour à tour une galerie de personnages, changeant de rôle parfois au cœur même d’un dialogue, avec une aisance bluffante. C’est une évidence, Manon Chivet interprète les trois femmes révolutionnaires avec justesse, fougue et une rage brûlante. Sur scène, elle EST leur combat. Elle restitue avec puissance le courage de ces figures historiques, leur rendant un hommage vibrant et incarné. Face à elle, Jimmy Daumas endosse tous les autres rôles, dans un surjeu savoureux. Voir ces hommes, dont la considération pour les femmes frôlait le néant, tournés en dérision, a quelque chose de délicieusement jouissif. Les rôles s’inversent, et l’effet est jubilatoire. Mais même dans ses excès comiques, Jimmy Daumas ne trahit jamais le propos de la pièce. L’humour, bien dosé, sert de respiration sans jamais atténuer la force du message. La pièce n’en est que plus percutante, offrant aussi des moments d’émotion brute, qui prennent aux tripes. Avec SUFFRAGETTES, après SWING HEIL, la compagnie Le Road Movie Cabaret confirme son talent pour faire vibrer la grande Histoire sur scène. Elle signe un spectacle engagé, féministe, vibrant : un hommage puissant aux femmes qui ont lutté avant nous, et une déclaration d’amour à la liberté. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Vous ne le connaissez pas encore. Mais vous lui direz merci !
Découvrez notre critique du film LIFE OF CHUCK . Vous ne le connaissez pas encore. Mais vous lui direz merci ! LIFE OF CHUCK ❤️❤️❤️❤️💛 Vous ne le connaissez pas encore. Mais vous lui direz merci ! Comme beaucoup, j’ai découvert Mike Flanagan avec sa mini-série THE HAUNTING OF HILL HOUSE : un chef-d’œuvre mêlant film de fantômes et drame familial bouleversant. Il semblait donc logique qu’il se tourne un jour vers Stephen King, maître incontesté du mélange entre fantastique et émotion brute. Après les inégaux JESSIE et DOCTOR SLEEP, Flanagan frôle cette fois la perfection avec LIFE OF CHUCK. Le film s’ouvre dans un futur proche : internet a disparu, un effondrement écologique est en cours, et partout fleurit une étrange campagne publicitaire affichant : « 39 grandes années ! Merci Chuck ! » Impossible d’en dire plus car LIFE OF CHUCK est une expérience rare qu’il faut découvrir par soi-même. Ce film est un véritable puzzle narratif inversé. Le récit est construit à rebours et se déploie en trois chapitres. Le premier, étourdissant, commence… par la fin. Flanagan réussit à y déployer une vague émotionnelle d’une intensité folle en un temps record. Tout comme le reste du film, ça vient chercher des choses au plus profond de nous, tant le sujet est universel. On se surprend à se questionner sur le sens de notre vie, nos regrets et nos priorités avec une mélancolie qui traverse l’écran. Ne serait-ce que cette réflexion sur le calendrier cosmique qui laisse sans voix. Chaque acte enrichit le précédent. Le puzzle prend forme, et lorsqu’arrive le générique final, on n’a qu’une envie : recommencer le voyage. Ce film ne se regarde pas, il se ressent, il s’installe en nous. Flanagan joue avec les genres avec une aisance déconcertante. D’un drame intime à une séquence de danse digne de LA LA LAND , en passant par des touches de fantastique à la Stephen King. Tout est fluide, cohérent, et on se laisse emporter. Le film prend aussi des airs de film choral, tant les visages et les ambiances évoluent d’un acte à l’autre. On retrouve les habitués du réalisateur (Kate Siegel, Annalise Basso, Samantha Sloyan…) auxquels s’ajoutent des nouveaux visages, Tom Hiddleston en tête, qui livre peut-être ici le plus beau rôle de sa carrière. Et comment ne pas citer un Mark Hamill méconnaissable et bouleversant dans le rôle du grand-père protecteur et alcoolique. Même si son thème central peut sembler sombre, LIFE OF CHUCK n’est jamais pesant. Il est imprégné d’une légèreté lumineuse (certains parleront surement de naïveté) qui lui permet de développer une force introspective sur le spectateur. Flanagan touche le merveilleux du doigt, livrant une œuvre profondément humaine, presque métaphysique, et pourtant accessible. C’est une véritable ode à la vie, un film qui reste en nous, va murir avec le temps et pourrait bien devenir culte au fil des années. Partager
- Le mythe des amants maudits sublimé par un ballet de passion et de poésie
Découvrez notre critique détaillée du spectacle JULIETTE ET ROMÉO Le mythe des amants maudits sublimé par un ballet de passion et de poésie JULIETTE ET ROMÉO ❤️❤️❤️❤️💛 Le mythe des amants maudits sublimé par un ballet de passion et de poésie Avec Juliette et Roméo , cette relecture moderne et resserrée du classique fait de la danse le cœur battant du spectacle . Sur scène, ils ne sont que trois : une danseuse et un danseur incarnent les deux amants maudits avec une intensité bouleversante, tandis que Sœur Laurence, ici réinventée en conteuse, accompagne leur histoire. Dès les premiers instants, la puissance des corps s’impose. La danse devient un véritable langage , capable d’exprimer la passion, la colère ou le désespoir des deux amants maudits. Les chorégraphies offrent des tableaux d’une beauté saisissante, où chaque mouvement semble prolonger une émotion. La rencontre de Roméo et Juliette se construit dans la délicatesse des regards et des frôlements. Le mariage devient un moment suspendu où les corps semblent ne faire qu’un, tandis que la tragédie finale atteint une intensité rare lorsque chacun danse avec le corps inerte de l’autre, traduisant la force de leur amour jusque dans la mort. La musique, somptueuse, accompagne chaque souffle et chaque mouvement, donnant une ampleur supplémentaire aux émotions. Elle enveloppe les corps, sublime les tableaux et participe à créer une atmosphère à la fois poétique et profondément sensorielle . Cette poésie visuelle est également renforcée par les costumes, qui semblent parfois prolonger les mouvements des danseurs. Ils accompagnent parfois les gestes jusqu’à donner l’impression que les corps et les étoffes ne font plus qu’un, créant des images d’une grande délicatesse. De cette union entre musique et danse naît une sensualité permanente , qui se glisse dans un effleurement, une étreinte, un regard, mais aussi dans ces moments où les deux corps semblent fusionner totalement, rendant palpable la passion qui unit les deux amants. La beauté du spectacle repose aussi sur la présence de Sœur Laurence, dont les chants et les textes slamés subliment l’ensemble. Sa voix devient le fil conducteur du récit, faisant revivre l’histoire de Roméo et Juliette avec poésie et intensité. Plus qu’une simple narratrice, elle semble parfois devenir la marionnettiste des corps , guidant leurs mouvements comme si leurs gestes naissaient directement de ses mots. Entre danse, musique et slam, Juliette et Roméo transforme ainsi le mythe en une expérience profondément émotionnelle , où les corps racontent autant que les paroles et où la tragédie des deux amants prend une nouvelle résonance. À la fin du spectacle, j’avais les yeux humides… mais pas uniquement à cause de la puissance de cette tragédie intemporelle. Ils l’étaient aussi, et surtout, parce que je n’avais presque pas cligné des yeux pendant une heure, de peur de perdre une miette de ce qui se déroulait devant moi. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Une course sans fin… mais qui tourne en rond…
Découvrez notre critique du film MARCHE OU CRÈVE . Une course sans fin… mais qui tourne en rond… MARCHE OU CRÈVE ❤️❤️💛 Une course sans fin… mais qui tourne en rond… Pour moi, Stephen King a toujours été bien plus qu’un auteur d’horreur : c’est un observateur impitoyable de l’âme humaine. Dans les années 90, j’ai littéralement dévoré ses romans, dont j’avais particulièrement apprécié MARCHE OU CRÈVE. Le pitch est aussi simple qu’efficace : cinquante jeunes s’engagent dans une longue marche. S’ils passent sous les 5 km/h, ils reçoivent un avertissement ; au troisième, une balle dans la tête. J’attendais donc cette adaptation avec une curiosité mêlée d’appréhension. Dès les premières images, j’ai retrouvé l’atmosphère suffocante du livre. Cette Amérique dévastée, rongée par la violence et la fascination du spectacle, trouve aujourd’hui un écho encore plus glaçant. Quarante-cinq ans après la publication du roman, le film en devient presque une critique de l’Amérique contemporaine. Mais cette fidélité a aussi ses revers. Enchaîner les travellings et les dialogues introspectifs finit par créer une certaine monotonie. À force d’écouter ces personnages se raconter en marchant, le film perd parfois sa tension dramatique. Quelques ruptures de rythme (flashbacks, ellipses ou silences) auraient pu donner davantage de relief à ces destins. D’autant que la structure rend le récit prévisible : on sent presque l’ordre dans lequel les marcheurs vont tomber, comme si leur sort était écrit dès le départ. Cette fatalité, puissante sur le papier, devient à l’écran un peu mécanique, et le film finit un peu par tourner en rond. Heureusement, le casting permet de maintenir l’attention. Les comédiens réussissent à faire exister leurs personnages malgré leur peu de présence à l’écran, et à rendre palpable l’esprit de camaraderie qui s’installe entre eux. Aucun ne surjoue et ils trouvent la justesse nécessaire pour donner un visage à cette jeunesse sacrifiée. Francis Lawrence choisit également une brutalité frontale lors des exécutions, ce qui frappe et ne laisse personne indifférent. MARCHE OU CRÈVE est une adaptation fidèle et réussie sur le plan de l’atmosphère et du casting, mais elle souffre d’une certaine rigidité narrative dont mise en scène répétitive a fini par me lasser… Partager
- LES VIVANTS critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LES VIVANTS LES VIVANTS ❤️❤️❤️💛 Dès l'ouverture de la pièce, on comprend qu'on va voir quelque chose de fort. En quelques minutes, et autant d'ellipses temporaires, on va découvrir un couple. Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils s'aiment et partage cet amour avec le public. Entre rires, moments de tendresse et disputes, le talent de Julie Cavanna et Benjamin Brenière y est pour beaucoup et fait que le public y croit et s'attache énormément à leurs personnages. Ce qui fait que lorsque le moment fatidique arrive, le 13 novembre, la baffe n'en sera que plus forte. Alors, forcément s'attaquer à un des plus grands traumas français de ces dernières années aurait pu être vite inutilement plombant et maladroit si il n'y avait pas eu l'intelligence du texte autobiographique de Fanny Chasseloup. Certes, certaines scènes auront l'effet d'un uppercut, comme ces monologues face au public, mais un troisième personnage apportera un décalage, mais surtout une poésie et un humour salvateur. Il est d'ailleurs incarné par un Alexandre Bonstein survolté et méconnaissable. Au final, on est face à une histoire d'amour poignante, un personnage qui cherche, de son mieux, à se reconstruire, mais avant tout une vague d’émotions et un hymne à la vie plein d'espoirs. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- ZOUROU, AU-DELÀ DES MOTS critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle ZOUROU, AU-DELÀ DES MOTS ZOUROU, AU-DELÀ DES MOTS ❤️❤️❤️❤️💛 Voici, l'histoire de Lola, une jeune fille atteinte d'un trouble du langage sévère, dont la vie va être bousculée lorsqu'un nouvel orthophoniste et la compagne de son père vont entrer dans sa vie. Alors, sur le papier, voir une adulte jouer une gamine affublée d'un handicap mental, ça pouvait vite tourner au ridicule... Sauf qu'en moins de cinq minutes, Lola aura réussi à m'embarquer dans son univers si particulier, sans jamais me lâcher. Un univers où la tendresse côtoie continuellement l'humour et la poésie. Un univers où elle exprimera ses émotions par des chorégraphies d'un onirisme fou. Un univers où son orthophoniste installera une sublime relation avec elle. Un univers où son père voudrait la voir évoluer plus vite. Un univers où la compagne de celui-ci cherchera à faire sa place. Et surtout, impossible de ne pas dire un mot sur Morgan L'Hostis. Son interprétation est sidérante, en ne tombant jamais dans la caricature et d'une justesse déroutante, sans parler des moments de grâce qu'elle nous offre par la danse. Voici donc un spectacle qui aborde le thème du handicap avec tellement de délicatesse. Alors oui, j'en vois déjà qui vont lui reprocher un trop plein de bons sentiments, mais pourtant ça fait un bien fou, c'est fait avec énormément de sincérité et cet instant magique est passé à une vitesse folle. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- La révélation d'une grande actrice ; Ella Rumpf
Découvrez notre critique du film LE THÉORÈME DE MARGUERITE . La révélation d'une grande actrice ; Ella Rumpf LE THÉORÈME DE MARGUERITE ❤️❤️❤️💛 La révélation d'une grande actrice ; Ella Rumpf Problème du jour : qui sera la révélation féminine aux prochains Césars ? Durée de l'épreuve : 1h52 Méthode utilisée : voir le film Solution : Ella Rumpf Car oui, le grand atout du film est sa comédienne qui crève littéralement l'écran. Elle incarne Marguerite, une jeune mathématicienne qui cherche à résoudre un des plus vieux problèmes de math, réputé insolvable : la conjecture de Goldbach. Sa rencontre avec un étudiant remettra tout ses principes en cause. Si vous êtes allergique à Pythagore et Thalès, ne fuyez pas le film car les mathématiques ne sont ici qu'un prétexte dramatique pour dresser un portrait de femme passionnant. Mais aussi une romance mathématique, qui flirte parfois avec le thriller, tant la folie n'est jamais loin. Le duo fonctionne à merveille, les rendant attachants et nous faisant croire à leur relation atypique. Ella Rumpf offre une interprétation sidérante de cette femme, androgine, mutique, froide, analysant tout ce qui l'entoure, avec un côté très premier degré qui la met en marge de la société. Des êtres humains qui d'ailleurs ne l'intéresse pas. Seule son obsession pour les maths n'a de sens à ces yeux. Le décalage de son personnage apportera d’ailleurs certains moments de comédie. Elle porte à merveille le film sur ses épaules et donne vie à un personnage des plus complexes. Niveau second rôle, on notera aussi un Jean-Pierre Darroussin, toujours aussi bon, et dans un rôle ambigu le sortant de sa zone de confort. Les mathématiques seront aussi au centre de mise en scène, parfois inspirée de moments oniriques, et aidée par une BO des plus marquantes. Mais aussi une leçon de vie, sur comment rebondir après un échec. Et même si on se doute du dénouement de l'histoire, rien que pour la découverte de cette actrice, le film vaut le détour. Partager













