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- Si seulement j’avais réussi à y trouver le sommeil…
Découvrez notre critique détaillée du film LA CHAMBRE D’À CÔTÉ . LA CHAMBRE D’À CÔTÉ ❤️❤️ Si seulement j’avais réussi à y trouver le sommeil… J’aime beaucoup le cinéma d’Almodóvar, j’étais donc impatient de découvrir son nouveau film, qui avait tout pour exciter ma curiosité : premier film du cinéaste en anglais, avec deux grandes actrices au casting et ce Lion d’or 2024 reçu à Venise. Sur la forme, on retrouve beaucoup de ce que j’apprécie chez le réalisateur. Le récit est ancré dans les thèmes qui lui sont chers, comme la mort ou la relation mère-fille. Il démontre toujours un sens aigu du cadre et propose des plans magnifiques, avec un travail remarquable sur les couleurs. Et surtout, il fait preuve d’une direction d’acteurs irréprochable, avec un amour pour les femmes qui transperce l’écran. Mais voilà, même si le film a de nombreux atouts, cela ne suffit pas et, à mon grand regret, je suis passé totalement à côté de la proposition du cinéaste. Je ne suis jamais entré dans l’histoire, et pire, je n’ai ressenti aucune émotion. Pourtant, le film aborde un sujet fort, celui d’une femme malade qui décide de mettre fin à ses jours pour mourir dans la dignité. Mais j’ai trouvé qu’il ne faisait qu’effleurer le sujet et qu’il se perdait parfois dans des thèmes comme l’écologie, la montée de l’extrême droite ou le stress post-traumatique dû à la guerre. Ces sujets, survolés, arrivent comme un cheveu sur la soupe et alourdissent le film. Mais surtout, le souffle romanesque ne prend pas, et le film ne m’a jamais atteint. Certains dialogues ont bien réussi à capter mon attention, mais cela retombait très vite, et j’ai rarement trouvé le temps aussi long devant un film d’Almodóvar. Il faut dire qu’il n’est pas aidé par son rythme lent. Il y a bien un côté hitchcockien, mais le suspense qu’il tente d’installer ne fonctionne pas, car l’on devine aisément où tout cela va mener. Ce n’est sûrement pas un mauvais film, et d’ailleurs beaucoup de gens l’encensent, mais je suis passé totalement à côté de la proposition, au point que c’est probablement le film d’Almodóvar qui m’a le moins touché… Partager
- Critique de ELEMENTAIRE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film ELEMENTAIRE . ELEMENTAIRE ❤️❤️❤️ Depuis que Disney a racheté Pixar, ça devient compliqué pour le studio. Mis à part le fabuleux SOUL, on navigue souvent entre le moyen et l’oubliable… Et même s'il est loin d’être mauvais, ELEMENTAIRE ne va clairement pas arranger les choses. Le film a même des qualités indéniables. Comme souvent avec Pixar, l’univers repose sur un concept : ici, un monde où cohabitent les différents éléments. Et de ce côté-là, ça fonctionne très bien, avec pas mal d’imagination et d’humour. Que ce soit dans les interactions entre les éléments ou en mettant en parallèle cet univers avec notre société. De ce côté-là, c’est même une franche réussite… Sauf, que la découverte de ce monde passe vite en retrait pour se concentrer sur nos deux héros, et donc le feu et l’eau, en mettant les autres éléments au second plan. Après, visuellement, c’est assez somptueux avec des animations permanentes des personnages soulignant leur côté élémentaire, ou une représentation de l’eau bluffante de réalisme. La métaphore du film, même si elle n’est pas forcément subtile, est plutôt efficace, en mettant à hauteur d’enfant le racisme, l’immigration et le communautarisme. Le film réussit même à titiller nos larmes par moment. Par contre, pour ce qui est de l’histoire d’amour, qui est au centre du film, ça reste beaucoup classique et on voit où le film va nous mener. Elle propose tout de même quelques moments de poésie et on peut reconnaitre la réussite du personnage de Flack qui est immédiatement attachant. Le film souffre aussi d’un problème de rythme. Le fait qu’il n’y ait pas d’antagoniste y est peut-être pour quelque chose (mais ça n’a pas empêché VICE VERSA, SOUL ou WALL-E d'être des chefs d’œuvre…) Le soucis vient surtout du fait qu’une des intrigues principales du film se résume à trouver un moyen de réparer une fuite d’eau… pas très passionnant… Mais surtout, pour moi, le film souffre d’un gros défaut. A un moment, il va peut-être falloir arrêter de prendre des acteurs pour faire les doublages, alors que la France possède surement les artistes les plus doués dans ce domaine et dont c’est le métier. Alors, certains vont dire, « Oui, mais une tête d’affiche, ça attire le public »… Euh… On en parle de MARIO BROS et de ses 1.2 milliards de recette ? Parce que là, je n’ai rien contre Exarchopoulos et Lacoste en tant qu’acteurs (bien au contraire), mais pour ce qui est d’incarner un personnage d’un animé, c’est autre chose. Et clairement, ça ne joue pas en faveur du film et des émotions que dégagent ces deux personnages… Mais encore une fois, ce n’est pas un mauvais animé, mais Pixar nous a habitué à tellement mieux que j’en sors forcément un peu déçu. D’autant plus que le bide annoncé va surement conforter Disney+ à jeter en pâture les productions du studio sur sa plateforme de streaming… Partager
- Critique de IL ÉTAIT TEMPS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film IL ÉTAIT TEMPS . IL ÉTAIT TEMPS ❤️❤️❤️❤️ IL ÉTAIT TEMPS est une comédie romantique d’un des grands maestros dans ce domaine : Richard Curtis. Et même si je ne suis pas un grand amateur du genre, il aura finalement réussi à me chopper par son écriture et ce qu’il se dégage de son film. Même s'il respecte les codes de la comédie romantique, le film s’en détachera finalement assez souvent et parviendra régulièrement à surprendre le spectateur. Déjà il y apporte une touche de fantastique avec notre héros qui découvre que les hommes de sa famille ont la capacité de voyager dans le temps. Et forcément, il en jouera pour conquérir sa dulcinée. Ça amènera à de nombreuses situations cocasses et drôles, avec ce côté British savoureux. Mais ça sera surtout le moyen de faire réfléchir le spectateur sur le moment qui passe et l’intérêt de vivre l’instant présent. Il y sera aussi énormément question d’amour père-fils. La relation entre les deux personnages irradie le film jusqu’à parfois prendre le dessus sur l’histoire d’amour. J’avais dit qu’il n’y aurait pas de bonbon dans mon calendrier, et pourtant, IL ÉTAIT TEMPS, c’est bien ça, une petite friandise. C’est léger, plein de bons sentiments, mais on s’en fout, ça fait du bien et donne envie de faire des câlins à tous ceux qu’on aime. Partager
- Hommage à l’âge d’or cinéma d’action Hongkongais des années 80
Découvrez notre critique détaillée du film CITY OF DARKNESS . CITY OF DARKNESS ❤️❤️❤️💛 Hommage à l’âge d’or cinéma d’action Hongkongais des années 80 Soi Cheang m'avait bluffé l'année dernière avec son film LIMBO, et j'étais donc curieux de découvrir ce CITY OF DARKNESS. Même si les deux films sont radicalement différents, ils ont un point commun : la virtuosité du réalisateur, qui propose une nouvelle fois un film visuellement grandiose. Le film démarre comme un thriller, avec ce migrant clandestin qui fuit un puissant chef de gang et trouve refuge dans « La Citadelle », une zone de non-droit où la loi britannique des années 80 ne s'appliquait pas. Puis, le film bascule dans le drame familial, mais c’est avant tout un éblouissant film d'arts martiaux, comme le cinéma en propose rarement aujourd'hui. Même si le scénario semble déjà vu, le film réussit à captiver notre attention grâce à sa pléiade de personnages charismatiques. Et même s'il est souvent prévisible, il réserve quelques surprises. Surtout, il est visuellement extrêmement généreux et les combats offrent une jouissance ultime. On remarquera le travail étourdissant sur les décors, qui rappelle celui de LIMBO . Les décors sont constamment surchargés de détails, apportant une atmosphère poisseuse et sombre, transformant ce ghetto en un véritable labyrinthe. Le réalisateur intègre ces décors à merveille dans sa mise en scène. Les combats, chorégraphiés à la perfection, sont tous plus impressionnants les uns que les autres, exploitant ingénieusement toute la verticalité du décor et proposant des scènes à couper le souffle. Le montage, aussi nerveux que les combats, reste toujours clair et lisible. Le tout est sublimé par une photographie splendide et colorée, qui parvient à extraire une certaine poésie de ce bidonville. Placer l'action du film dans les années 80 n'est pas anodin, tant cela semble être un hommage au cinéma qui a fait la gloire de Hong Kong à cette époque. Alors, même si l'écriture reste assez classique, sur la forme, CITY OF DARKNESS n'en demeure pas moins une claque des plus impressionnantes. Partager
- Critique de LES NOUVEAUX SAUVAGES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES NOUVEAUX SAUVAGES . LES NOUVEAUX SAUVAGES ❤️❤️❤️❤️ Ce film est la définition même du mot jubilatoire. Il est composé de six sketches qui ont un dénominateur commun : la vengeance. Et le fait qu'ils soient tous réalisés par la même personne apporte une homogénéité à l'ensemble. Chaque scénette part d'un événement assez commun que chacun de nous peut rencontrer, ce qui rend les pétages de plombs des héros encore plus délectables. C’est sujets universels en font une satire sociale en poussant l’absurde et la folie jusqu'à l’extrême Et même si les segments sont forcément de qualité inégale, le niveau général est très bon et propose même quelques perles, comme le dernier acte qui est un bijou digne de Tarantino. Car oui, on rigole beaucoup, mais c'est un humour noir et bourré de cynisme qui a un effet miroir sur notre société. Chaque sketch arrive à se différencier par ce qu'il propose, sa mise en scène et évite ainsi qu'une lassitude s'installe. C'est anti-académique, décalé, irrévérencieux mais extrêmement jouissif. Partager
- Un film horrifique à la beauté envoutante.
Découvrez notre critique détaillée du film NOSFERATU . NOSFERATU ❤️❤️❤️❤️ Un film horrifique à la beauté envoutante. Robert Eggers propose une réinterprétation saisissante du mythe de Dracula avec sa version de Nosferatu. Fidèle à son style singulier et imprégné de l’essence du cinéma expressionniste allemand, Eggers rend hommage au chef-d’œuvre de Murnau de 1922 tout en imposant sa propre vision. Si vous n’êtes pas fan du côté froid et lancinant du cinéma de Robert Eggers, ce n’est clairement pas ce film qui va vous réconcilier avec le réalisateur. Mais si, comme moi, son univers vous fascine, son Nosferatu risque d’être pour vous une expérience cinématographique mémorable. Dès les premières scènes, la beauté visuelle du film frappe. La mise en scène de Robert Eggers regorge de plans dignes de tableaux, soutenus par un travail exceptionnel sur la photographie et les lumières. Le clair-obscur et les ombres sont utilisés avec maestria, rappelant l’esthétique du film original, mais amplifiant également son aspect onirique et fable gothique. Les scènes nocturnes offrent un quasi noir et blanc que le cinéaste maitrise parfaitement et qui décuple l’atmosphère qui semble surgir d’un rêve hanté. L’ambiance gothique et horrifique colle parfaitement à l’univers du réalisateur et il en tire le meilleur. Une photographie soignée, une musique marquante et un design sonore minutieux contribuent à une immersion totale. Le film privilégie les effets pratiques et les décors reconstitués, réduisant au minimum les artifices numériques, ce qui renforce son authenticité. Les longs plans-séquences, où la caméra flotte entre les personnages, plongent le spectateur dans une expérience immersive unique, où l'horreur et la beauté cohabitent constamment. Il en ressort un conte horrifique à l’atmosphère pesante et à l’esthétique envoutante. Et même si la claque visuelle du film est sa grande force, il a d’autres atout dans sa poche. Car même si l’histoire est connue du plus grand nombre, il réussit à captiver le spectateur en instaurant une ambiance glauque et oppressante. Le film propose également une lecture plus intime et allégorique, en explorant la dynamique de couple et les liens complexes entre les protagonistes et le vampire. Le scénario accorde une attention particulière au personnage féminin, dont les émotions, désirs et tourments deviennent le cœur du récit. Le vampire, à l’image du requin de Spielberg ou de l’Alien de Scott, n’apparaitra que progressivement aux yeux du spectateur, amplifiant son aura énigmatique et menaçante. Et le tout est servi par un casting dirigé de main de maître. Bien sûr notre fameux vampire, alliant le côté grotesque du film de Murnau et une terreur saisissante. Willem Dafoe, fidèle collaborateur du réalisateur, est comme à son habitude génial et apporte un décalage et un humour bienvenu à l’ensemble. Mais surtout, c’est Lili-Rose Depp qui ressort du film. Robert Eggers donne énormément de place à son personnage et lui offre un rôle complexe et profond. Avec ce rôle, elle va clouer le bec à ses détracteurs et prouve ici l’étendue de ses talents, avec un personnage à la fois possédé et tourmenté. Elle explose à l’écran avec un rôle fort et une palette d’émotions impressionnante. Elle réussit en quelques seconde à être attachante, mélancolique, mais aussi particulièrement dérangeante et effrayante, notamment lors de scènes de possession glaçantes. Nosferatu divisera sans doute par son approche radicale et son esthétique très travaillée, mais Robert Eggers livre ici une relecture maitrisée, où l'horreur et la poésie se mêlent dans une expérience visuelle et émotionnelle mémorable. Somptueux, troublant et fascinant, son film pourrait bien s’inscrire durablement dans la mémoire collective. Partager
- Critique de DUNE : DEUXIÈME PARTIE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film DUNE : DEUXIÈME PARTIE . DUNE : DEUXIÈME PARTIE ❤️❤️❤️❤️❤️ Rares sont les films qui marquent à tel point le cinéma que leur impact changera littéralement la façon de concevoir des films, et je pense que le diptyque de Villeneuve rentrera clairement dans cette catégorie (ou tout du moins, je l’espère…). Car là, où depuis plusieurs années les blockbusters ont tendance à s’uniformiser en proposant toujours le même concept sans âme servie avec une bouillie numérique, DUNE sort clairement du lot. Ne serait-ce pour ce qui mettra tout le monde d’accord : le côté esthétique du film. C’est tout simplement éblouissant et le film enchaine les plans iconiques comme par magie. Tout d’abord, grâce à une utilisation des FX parfaitement intégrés à l’image. Même si c’est une œuvre de SF, tout semble palpable, crédible… C’est d’un réalisme bluffant et l’on croit à tout ce qui se passe sous nos yeux. Une qualité qu’on pourrait aussi attribuer au travail dingue sur le son. Là où le cinéma SF nous a habitué depuis des décennies à des sons électroniques pour intensifier le côté futuriste, ici le sound design est basé sur des sons réels et familier et ça change tout dans la perception du spectateur… Le tout est sublimé par une photographie grandiose, avec notamment certains contrejours de toutes beauté. D’autant plus que Villeneuve a un sens du rapport d’échelle hallucinant !!! Que ce soient les vaisseaux, les vers géants, ou tout simplement le désert, le film ne cesse de nous rappeler à quel point ses protagonistes ne sont que de simples grains de sable et il propose des plans ahurissants… Et que dire des costumes, des décors, le design des vaisseaux ou bien de la façon de filmer le désert au point d’en faire un personnage à part entière. Il y a un véritable sens du détail et visuellement... visuellement.. Le résultat est un sans-faute, et clairement une des œuvres qui m’aura le plus scotché au cinéma… Alors, on est toujours face à une œuvre assez contemplative qui risque d’en laisser certains sur le bas-côté… Mais le rythme est extrêmement bien dosé et propose même quelques moments épiques extrêmement intenses appuyés par une bande originale magistrale du maître Hans Zimmer. Mais DUNE, c’est bien plus que ça. C’est un blockbuster qui ne prend pas le spectateur pour un débile et lui propose une œuvre dense, qui lui demandera, certes, un certain investissement, mais si on rentre dans la proposition, quel bonheur !!! Alors, je n’ai pas lu le roman, et je ne comparerai pas, mais le résultat est assez dingue dans ce qu’il propose. Ce deuxième opus, nous plonge littéralement dans la vie et la culture des Fremens au point qu’on a parfois l’impression de se retrouver devant un documentaire, tant tout ce qui ce passe sous nos yeux semble crédible. Il faut dire que c’est aidé par un casting XXL, qui même si beaucoup n’ont que très peu de présence à l’écran, ils arrivent pour la plupart à exister, ne serait-ce que par leur prestance et le charisme des personnages qu’ils incarnent (je pense par exemple à un impressionnant Austin Butler). Un de mes rares bémols sur le premier opus, était d’ailleurs le manque d’impact émotionnel, qui est ici effacé, avec la trajectoire de certains personnages, et surtout une Zendaya au sommet qui, par un simple regard, arrive à te toucher en plein cœur. Et puis, il y a Timothée Chalamet… Il faut bien avouer que, même s'il a longtemps eu l’image du beau gosse qui fait craquer les adolescentes, il se construit petit à petit une filmographie impressionnante, et livre ici une prestation de haut vol, avec un personnage extrêmement ambiguë… Et puis, il y a le fond et cette façon totalement déstabilisante de faire vivre au spectateur une montée de fanatisme religieux de l’intérieur, avec des personnages auxquels il s’était attaché précédemment… Le film arrive à installer parfaitement une mythologie et des intrigues politiques cohérentes, qui font qu’on en demanderait presque plus… Car oui, je vais être honnête, il y a quelques petits détails qui m’ont gênés… Comme je le disais précédemment, l’histoire est dense, peut être trop, et on sent qu’il a fallu faire des choix, ou bien on a parfois certaines éclipses temporelles pour faire avancer l’histoire. Dans le même ordre d’idée, le personnage de Dave Bautista est anecdotique au point d’en devenir caricatural… Ou bien je pourrais parler de la planète, qui nous avait été présenté comme un véritable enfer, avec une chaleur insupportable… Alors, c’est peut-être le fait d’être immergé chez les Fremens, mais justement ce danger semble assez inexistant dans cet opus… Mais ce sont des détails, qui n’effacent en rien toutes les qualités de l’œuvre, et je pense clairement qu’on a affaire ici à un IMMENSE chef d’œuvre de science-fiction qui deviendra culte pour toute une génération… Partager
- Critique de UNE SÉPARATION – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film UNE SÉPARATION . UNE SÉPARATION ❤️❤️❤️❤️💛 Voici le film qui m’a fait découvrir le cinéma Iranien, qui me surprend de plus en plus, mais surtout un immense réalisateur Asghar Farhadi. Il fait partie de ces artistes, dont le simple nom sur une affiche suffit à me faire déplacer dans une salle obscure. Comme souvent dans ses films on retrouve des thèmes qui lui sont chers, la famille, les non-dits, le respect des anciens, les classes sociales, le mensonge, le poids de la religion, mais aussi un état des lieux de la société Iranienne. Ce que j’apprécie chez lui, c’est qu’il apporte toujours un soin particulier à l’écriture de ses personnages et l’écriture des dialogues. Lorsque son couple est sur le point de se séparer, Nager engage une aide-soignante pour s’occuper de son père malade. Un incident se produit et va entrainer les deux couples dans une spirale infernale. Le spectateur va voir ces deux couples s’affronter, se déchirer, et essayera de démêler le vrai du faux. L’écriture est magistrale et rebattra régulièrement les cartes. Car une des forces du film est de réussir constamment à nous faire douter et notre avis changera continuellement sur les protagonistes… Farhadi a clairement un don pour ce qui est de traiter de la psychologie de ses personnages. Il n’est jamais manichéen et ne les juge jamais, en essayant au contraire de nous faire comprendre leurs actes. Ce qui fait que même si on est parfois choqués par leurs décisions, on a finalement énormément d’attachement et de compassion pour ces quatre protagonistes. D’autant plus que c’est un directeur d’acteur hors normes. Chacun est au diapason, jusqu’au moindre second rôle : que ce soit les deux gamines ou même le grand père qui sans un mot de tout le film réussit à nous arracher des émotions. Sans aucun pathos, ni surjeu, les acteurs arrivent à nous nouer le bide tellement ils se retrouvent dans des situations qui semblent inextricables. Le film est très bavard, mais chaque dialogue, chaque scène a sa place et approfondit un peu plus le propos, jusqu’au moindre silence ou regard qui en disent tellement long. Difficile de rester de marbre devant ce drame intense, où on se sent aussi impuissant que les gamines, jusqu’à un plan final grandiose, aussi puissant qu’ingénieux, qui laisse le spectateur abasourdi. Partager
- Tom Cruise est dingue… dans un film qui, lui, l’est beaucoup moins.
Découvrez notre critique détaillée du film MISSION IMPOSSIBLE – THE FINAL RECKONING . MISSION IMPOSSIBLE – THE FINAL RECKONING ❤️❤️ Tom Cruise est dingue… dans un film qui, lui, l’est beaucoup moins. Après 35 ans de courses-poursuites, de masques en latex et de cascades défiant la mort, Ethan Hunt revient pour ce qui est présenté comme le dernier chapitre d’une saga devenue culte. Et s’il y a bien une chose à reconnaître à Tom Cruise, c’est qu’il continue de repousser les limites physiques du cinéma d’action, avec un engagement qui force l’admiration. Et sur ce point, MI8 tient toutes ses promesses : ne cherchez pas, vous ne verrez rien de plus impressionnant sur grand écran cette année. Même s’il n’y a finalement que deux grandes scènes d’action, elles sont hallucinantes, notamment ce climax aérien, annoncé par l’affiche, qui enterre tout ce que l’acteur a pu faire jusqu’ici. Et je ne vais pas vous mentir : c’est un immense plaisir de constater qu’on peut encore, aujourd’hui, réaliser de grandes scènes à l’ancienne, sans effets numériques. Rien que de voir le visage de Cruise se déformer sous nos yeux… On est cloué au fauteuil. Clairement, c’est une expérience qui mérite d’être vécue en salle. Mais voilà : deux scènes, aussi folles soient-elles, ne suffisent pas à faire un grand film. Et malheureusement, en dehors de ces fulgurances, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Le film est terriblement long et extrêmement bavard, pour, au final, ne pas raconter grand-chose. Oubliez le côté espionnage de la saga, ici noyé dans de longs dialogues explicatifs où tout est sur-expliqué. Et ce ne sont pas les enjeux, vus et revus, qui vont réussir à captiver l’attention du spectateur. C’est d’autant plus regrettable que le choix d’une IA comme antagoniste aurait pu créer une vraie tension… mais elle n’est qu’un prétexte pour relier les fameuses scènes d’action. On voit donc clairement passer le temps, d’autant plus que l’humour et le fun de la franchise ont quasiment disparu. Le ton est étonnamment sombre. Il y a une multitude de personnages, mais aucun n’est développé. Tout tourne autour de Tom Cruise, et le travail d’équipe, pourtant au cœur de la série, passe ici au second plan. Le film joue aussi la carte de la nostalgie, multipliant les flash-backs avec des extraits des anciens épisodes. Mais là, il se tire une balle dans le pied : revoir la scène culte du braquage à la CIA souligne à quel point McQuarrie n’a pas le talent de De Palma. Il y a finalement plus de tension dans ce simple extrait que dans tout ce dernier opus… La nostalgie ne fait donc qu’accentuer la déception face au vide qu’on nous propose. Au final, on a parfois l’impression qu’on nous sert un menu “maxi best-of” un peu indigeste. Alors oui, j’ai vraiment pris mon pied devant ces deux scènes où Cruise nous en met plein les yeux. Mais ce sont 30 minutes perdues dans 2h50 de profond ennui, durant lesquelles je n’ai cessé de regarder ma montre… Partager
- Critique de CIVIL WAR – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film CIVIL WAR . CIVIL WAR ❤️❤️❤️💛 Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’affiche, on est loin d’un film à grand spectacle, même si le film propose un climax extrêmement impressionnant. On a affaire ici à un road movie dystopique, aussi froid que réaliste, nous faisant vivre le conflit à travers les yeux d’un petit groupe de reporters de guerre, dont les clichés seront au centre du montage d’Alex Garland. Il y a d’emblée un dilemme moral qui s’installe entre le spectateur et les protagonistes, qui n’est pas sans rappeler l’excellent NIGHT CALL. Leur obsession de cette chasse à la vérité, les poussant à risquer leur vie pour obtenir une photo, tout en faisant abstraction de ce qui ce passe devant leur yeux, préférant prendre un cliché d’une personne mourante plutôt que de lui venir en aide… Ce qui fait qu’un manque d’attachement s’installe envers les personnages et a tendance à nous laisser à distance. Pour autant, le film enchaine les scènes aussi marquantes que déstabilisantes, d’autant plus qu’il fait le choix de ne pas développer le côté politique du film. On est dépourvu de repère et l’horreur semble pouvoir surgir de chacune de leurs rencontres, quelque soit leur camp. Il s’en suit de terribles scènes anxiogènes, comme lors de la terrifiante rencontre avec le personnage de l’excellent James Plemons. Et même si le reste du casting n’est pas en reste, on retiendra surtout la jeune Cailee Spaeny qui vole la vedette, en proposant le personnage le plus intéressant… Alors, oui, j’ai eu du mal à m’impliquer dans l’histoire et ses personnages mais j’étais pourtant constamment fasciné par ce qui se déroulait devant mes yeux. Et puis, il y a ce final époustouflant où le film prend une tout autre envergure, aussi bien dans son propos que dans l’intensité et l’émotion… Partager
- Critique de LES NUITS DE MASHHAD – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES NUITS DE MASHHAD . LES NUITS DE MASHHAD ❤️❤️❤️❤️ C’est un thriller, basé sur une histoire vraie, retraçant l’histoire d’un serial killer ayant décidé de «purifier» Mashhad des prostitués au nom de dieu. Il est réalisé par Ali Abbasi, un réalisateur Danois d’origine Iranienne. On comprend très vite pourquoi le film n’a pas été tourné en Iran, tant le film critiquera la misogynie extrême du peuple, la corruption de sa société et la façon dont elle a accouché d’un tel monstre. De même ce n’est pas anodin qu’un des premiers rôles soit campé par Zar Amir Ebrahimi, une Iranienne qui a été condamnée et a dû fuir son pays, suite à la divulgation d’une sextape. Elle y incarne même une journaliste dont le personnage fictif qui a été créé pour le film et qui en deviendra même la représentation de la misogynie subit par les femmes. Mais même si elle a un rôle central concernant la traque du tueur, le film surprendra en prenant le parti pris de faire du personnage du psychopathe son protagoniste, incarné par un Mehdi Bajestani glaçant. La première partie est un thriller très cru et naturaliste. Il mettra constamment le spectateur dans une situation de malaise, jusqu’à filmer les meurtres de façon très crue et frontale, mais sans jamais être dans la complaisance, en montrant justement ce que la société ne voulait pas voir à l’époque. Mais le film prendra réellement son envol dans sa deuxième partie après un virage assez surprenant (j’aurais d’ailleurs même aimé que le film s’attarde plus sur cette partie). Il deviendra même passionnant par le regard qu’il porte sur la société Iranienne et pouvoir de masse qu’une religion peut avoir sur le peuple. En ce sens, il rappelle la très bonne série SUR ORDRE DE DIEU, où il est aussi question de féminicide et de la place de la femme dans une communauté mormons. Bref un triller extrêmement efficace et perturbant. Un film qui fera se questionner le spectateur et clairement ne le laissera pas indemne, à l’image de sa scène finale aussi terrifiante que lourde de sens… Partager
- Critique de LE RÈGNE ANIMAL – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LE RÈGNE ANIMAL . LE RÈGNE ANIMAL ❤️❤️❤️❤️ Dans un futur proche où une partie de la population se transforme en animaux, un père et son fils s’embarquent dans une quête qui bouleversera à jamais leurs existences. Voici donc un film de genre français, ce qui risque de faire peur à pas mal de spectateurs, mais vous auriez tort de passer à côté, car on a film fantastique qui n’a pas à rougir des productions hollywoodiennes tout en ayant sa propre personnalité. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant qu’il ait fait partie de la shortlist des cinq films présélectionnés pour représenter la France aux Oscars. Techniquement, le film est extrêmement maitrisé et vraiment généreux en termes de créatures, d’autant plus qu’il rentre directement dans le sujet. Le film s’est donné les moyens de ses ambitions (15 millions de budget est plutôt conséquent pour une production de genre Française) et si il est loin des budgets astronomiques des grosses productions américaines, il exploite le moindre euro pour rendre les « bestioles » bluffantes de réalisme. Il y a un énorme travail sur les maquillages et les prothèses rendant chaque apparition de créature saisissante, ou flirtant parfois avec le body horror. Un peu comme THE CREATOR, la semaine dernière, le rendu réaliste du film met à l’amende pas mal de grosses productions qui bâclent leurs effets spéciaux à base de FX douteux… D’autant plus que le film est aidé par une photographie et une mise en scène souvent très inspirées, donnant des plans qui marque la rétine. La scène d’ouverture est de ce point de vue exemplaire, flirtant avec les codes du film catastrophe, mais je pense aussi à cette scène dans un champ visuellement éblouissante. Mais le film ne brille pas uniquement par la forme, mais aussi par le fond. La relation entre le père et son fils, mais surtout l’évolution de leurs personnages, sont exemplaires. Romain Duris, comme toujours, impressionne par son talent d’acteur et apporte énormément d’émotion au film. Mais la vraie découverte, c’est Paul Kircher. Même, si j’étais dubitatif sur les premières minutes, plus le film avançait, plus il a réussi à m’emporter pour être finalement LE grand atout du film. Sans jamais en faire des caisses, le duo arrive à profondément toucher le spectateur. Après, le film n’est pas exempt de défauts, mais je les lui pardonne, tant la proposition du film est généreuse. On pourra regretter que l’excellente Adèle Exarchopoulos n’ait ici qu’un rôle anecdotique, un peu comme tous les seconds rôles, mais c’est surement ce qui permet de se concentrer sur la relation père-fils qui est au cœur du film. De même il y a quelques facilités scénaristiques, ou bien un côté un peu manichéen, avec « ces gentilles créatures confrontées à de méchants humains »… Je pense que le film aurait surement gagné à nuancer son propos, avec par exemple un drame impliquant les créatures qui expliquerait la haine de certains humains, car au final l’allégorie sur le racisme est un peu basique… Mais LE RÈGNE ANIMAL est incontestablement un des meilleurs films français de l’année. Souvent je dis qu’on a le cinéma que l’on mérite, donc je vous invite vivement à découvrir au cinéma pour que plus de productions de ce type puissent voir le jour. Partager













