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  • Frankenstein : la folie à deux

    Découvrez notre critique détaillée du film THE BRIDE ! . Frankenstein : la folie à deux THE BRIDE ! ❤️❤️💛 Frankenstein : la folie à deux Avec The Bride! , Maggie Gyllenhaal dynamite le mythe de La Fiancée de Frankenstein pour en faire une fable gothique, punk et résolument excessive. La Fiancée n’est plus une créature façonnée pour aimer : elle hurle, se rebelle et refuse d’être un fantasme. Le film dialogue ouvertement avec Joker: Folie à Deux : même figure de héros solitaire, marginal, tombant amoureux d’une femme déjantée avec laquelle il part en cavale. Cette parenté est renforcée par le fait que les deux films partagent le même directeur de la photographie et la même compositrice. On retrouve aussi l’esprit de Bonnie and Clyde , entre romance criminelle et fuite en avant. La dimension polar noir se mêle par instants au film de mafia ou à la comédie musicale, avec une Créature fascinée par ce genre cinématographique. Le choix de situer l’histoire en 1930 n’est pas anodin. Il fait un clin d’œil historique au premier Frankenstein de 1931, et à l’âge d’or de la comédie musicale. Mais surtout, le récit s’ancre dans une société patriarcale et rigide, où chaque geste de la Fiancée devient un acte de révolte, donnant au film une dimension ouvertement féministe. Les personnages féminins apparaissent d’abord éclipsés par leurs compagnons : la Fiancée comme l’enquêtrice semblent définies par les hommes et reléguées à des rôles secondaires. Mais le film suit leur émancipation progressive : elles reprennent le contrôle, affirment leur volonté et imposent leur voix dans le récit. Jessie Buckley incarne cette énergie avec un jeu physique, explosif et volcanique, et prouve que l’Oscar qu’elle pourrait décrocher pour Hamnet ne serait pas un hasard. Face à elle, Christian Bale apporte un contrepoint plus mélancolique et intérieur. Leur duo fonctionne particulièrement grâce à un contraste très marqué, nourrissant une tension constante entre attraction et rejet. Visuellement, le film frappe par l’univers baroque et mythologique qu’il déploie. La reconstitution stylisée de l’Amérique des années 1930 impressionne, notamment avec un Times Square éclatant. Les costumes mêlent authenticité d’époque et exagération, accentuant la révolte et l’identité des personnages, tandis que le maquillage et les transformations participent au caractère opéra-gothique de l’ensemble. Pour autant, le scénario montre ses limites. L’enquête manque de tension et de progression crédible, tandis que l’intrigue liée à la mafia reste anecdotique. L’accumulation d’intrigues et de thèmes finit par alourdir un récit qui aurait gagné à être resserré. Le discours féministe et social qui manque parfois de subtilité. Le côté décousu et surchargé du film s’explique sans doute par les reshoots qu’il a connu. L’ensemble déborde d’idées et d’inventions visuelles, mais le film est à l'image de sa créature : un immense patchwork où tout semble parfois rentrer au chausse-pied. Malgré ces réserves, The Bride! reste du vrai cinéma généreux. Ses ruptures de ton peuvent déstabiliser, mais elles participent aussi à son énergie débordante. C’est un film clivant, foutraque mais vivant, qui rappelle combien le cinéma peut être flamboyant lorsqu’il ose tout. Partager

  • Critique de LES NOUVEAUX SAUVAGES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film LES NOUVEAUX SAUVAGES . LES NOUVEAUX SAUVAGES ❤️❤️❤️❤️ Ce film est la définition même du mot jubilatoire. Il est composé de six sketches qui ont un dénominateur commun : la vengeance. Et le fait qu'ils soient tous réalisés par la même personne apporte une homogénéité à l'ensemble. Chaque scénette part d'un événement assez commun que chacun de nous peut rencontrer, ce qui rend les pétages de plombs des héros encore plus délectables. C’est sujets universels en font une satire sociale en poussant l’absurde et la folie jusqu'à l’extrême Et même si les segments sont forcément de qualité inégale, le niveau général est très bon et propose même quelques perles, comme le dernier acte qui est un bijou digne de Tarantino. Car oui, on rigole beaucoup, mais c'est un humour noir et bourré de cynisme qui a un effet miroir sur notre société. Chaque sketch arrive à se différencier par ce qu'il propose, sa mise en scène et évite ainsi qu'une lassitude s'installe. C'est anti-académique, décalé, irrévérencieux mais extrêmement jouissif. Partager

  • Critique de INDIANA JONES ET LE CADRAN DE LA DESTINÉE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film INDIANA JONES ET LE CADRAN DE LA DESTINÉE . INDIANA JONES ET LE CADRAN DE LA DESTINÉE ❤️❤️❤️ Ce cinquième film était censé offrir une conclusion à l’un des héros les plus emblématiques du cinéma et surtout faire oublier cette horrible purge du crâne de cristal… Et si on doit bien reconnaitre une chose au film, c’est qu’il respecte la trilogie originale et ses codes. On retrouvera donc la quête d’une relique magique, des temples, des énigmes, des nazis, de l’humour et autres scènes d’actions… On retrouvera aussi les invraisemblances scénaristiques et autres scènes WTF, qui même si elles passent moins bien aujourd’hui, ont toujours fait partie de la licence (On en parle du temple maudit et d’Indy qui saute d’un avion dans un bateau pneumatique ?) Le film s’ouvre sur une scène assez impressionnante rappelant les heures de gloire des premiers films. D’ailleurs, même si le film use du fan service, il n’est jamais putassié et finalement amené à petites doses, comme par exemple dans une scène finale des plus touchantes. Le film a la bonne idée de placer son intrigue en 1969, au moment où l’homme vient de poser le pied sur la lune et la population a le regard vers le futur. A l’opposé de notre héros qui a consacré sa vie à comprendre le passé et prend sa retraite. Ça apporte pas mal de nostalgie et quelques moments d’émotions, avec cet Indy usé, plein de doutes et autres regrets sur sa vie et ses choix. On aurait pu avoir un doute sur la capacité d’Harrison à reprendre le rôle à 80 ans, mais il s’en sort très bien. Il est aidé par un montage judicieux dont les cuts permettent d’estomper le fait qu’il n’a plus la même forme. Dans le même esprit, le film cumulera les courses poursuites où notre héros enchainera à peu près tous les modes de transports imaginables (Ces scènes sont d’ailleurs les meilleurs moments du film). Il est accompagné d’une Phoebe Waller-Bridge qui est surement la meilleure chose du film et leur relation est une grande réussite. Par contre, pour ce qui est de Mikkelsen, sa classe et son jeu ne sont pas aidé par l’écriture caricaturale de son personnage, qui comme les autres méchants du film sont anecdotiques… Le film est un donc plutôt une bonne surprise et un bon divertissement, mais il n’arrive jamais à atteindre le niveau des trois premiers. Il manque d’ampleur dans ses scènes d’action ou bien de plans iconiques. Mais surtout le film est long et j’ai senti passer les 2h34. Et surtout il s’essouffle au fils des scènes. L’ouverture est magistrale, comme le passage au Maroc, puis bizarrement, petit à petit j’ai eu l’impression que le film nous a tout offert dans sa première heure. Sans parler de ce passage aquatique aussi illisible que visuellement déguelasse… Quant au climax, il faut réussir à l’accepter, mais je dois avouer que ça va un peu loin pour moi. Bref, un divertissement honorable qui réussit à faire oublier l’opus précédent, mais qui ne marquera pas l’histoire comme la trilogie initiale… Partager

  • Une suite aussi divertissante que fainéante…

    Découvrez notre critique détaillée du film ZOOTOPIE 2 . Une suite aussi divertissante que fainéante… ZOOTOPIE 2 ❤️❤️❤️ Une suite aussi divertissante que fainéante… Il y a neuf ans sortait ZOOTOPIE, véritable surprise du côté de Disney : une claque visuelle, un univers bourré d’inventivité et un propos politique digne du meilleur Pixar. Alors, quand une suite a été annoncée, j’ai eu un peu peur. Disney a longtemps réservé ses suites à des direct-to-DVD, avant d’accoucher d’un LA REINE DES NEIGES 2 assez moyen, ou de bricoler ce qui aurait dû être une série pour en faire un VAIANA 2 mal ficelé mais forcément rentable… (Et oui, je mets de côté Pixar, qui reste malgré son rachat un studio à part entière.) Mais ce qui est certain avec ZOOTOPIE 2, c’est qu’on ne s’ennuie pas. Enfin… ils ne nous laissent pas le temps de nous ennuyer. Visuellement, c’est une dinguerie. On en prend plein les yeux, le travail sur les fourrures est bluffant, et surtout le film possède un sens du rythme impressionnant. Ça n’arrête pas une seconde : tout s’enchaîne avec une énergie folle, les séquences débordent de détails et d’easter eggs – allant des animés à… Kubrick ! Sur cet aspect, c’est une réussite totale. On passe son temps à scruter l’écran pour attraper les références au vol. Le film est également toujours aussi drôle, jouant avec les clichés de ses animaux pour en tirer des gags bien sentis. Mais si je disais plus haut que Disney ne nous laissait pas respirer, c’est aussi pour masquer le fait que ça sent clairement le réchauffé. La première évidence est le scénario : une enquête sur fond de discrimination et de racisme, exactement comme dans le premier film, avec un twist qu’on voit venir à des kilomètres. Remplacer les prédateurs par les reptiles ? Pourquoi pas. Mais encore aurait-il fallu les exploiter un minimum. Mis à part une scène très sympa dans un bar, ils restent aussi anecdotiques que le personnage de Gary. Ce qui est d’ailleurs le cas de la plupart des personnages secondaires, car là aussi le film souffre de la comparaison au premier film. Et c’est d’autant plus flagrant quand les anciens personnages font une apparition (souvent pour recycler d’anciens gags…). Quant au duo principal, même si c’est un plaisir de les retrouver, ils en sont toujours au même point : apprendre à accepter leurs différences pour mieux travailler ensemble… et s’aimer. Même si cela nous offre au passage une scène mémorable chez le psy, sans doute l’un des meilleurs moments du film. Alors, oui, j’ai vraiment pris du plaisir devant cette nouvelle aventure : c’est rythmé, drôle, visuellement somptueux, et sa morale sur le « vivre ensemble » fait toujours du bien. Mais je ne peux m’empêcher de penser que Disney a choisi la carte de la facilité pour nous offrir un film agréable mais que ne restera pas dans les annales. Le troisième opus est clairement annoncé dans la scène post-générique, avec l’introduction d’une nouvelle catégorie d’animaux. Reste à espérer que Disney ne se reposera pas encore une fois sur ses lauriers… Partager

  • Sous sa coquille : un univers mêlant noirceur, humour et poésie.

    Découvrez notre critique détaillée du film MÉMOIRES D'UN ESCARGOT . Sous sa coquille : un univers mêlant noirceur, humour et poésie. MÉMOIRES D'UN ESCARGOT ❤️❤️❤️❤️💛 Sous sa coquille : un univers mêlant noirceur, humour et poésie. Cela faisait seize ans que nous n’avions pas revu Adam Elliot depuis qu’il nous avait offert son fabuleux MARY ET MAX. Certes, l’attente aura été longue, mais elle est largement récompensée par ce nouveau film qui mêle une nouvelle fois gravité et légèreté… Grace Pudel, une jeune femme passionnée par les escargots, est déchirée par la mort de son amie Petit-doit. Assise sur un banc, elle rend sa liberté à Sylvia, l’un de ses escargots, et se met à lui raconter sa vie : un enchaînement de traumatismes qui l’ont plongée dans la solitude et la dépression. Soyons clairs, même si nous avons affaire à un film d’animation en stop-motion, ce n’est clairement pas un film destiné aux plus jeunes. Le film est sombre et aborde de nombreux sujets matures de la sexualité, en passant par le fanatisme religieux, la maladie, le fétichisme et l’alcoolisme… Mais, comme MARY ET MAX, malgré la noirceur du récit, il accorde une grande place à l’humour et à la poésie. Un humour noir et subtil qui lui évite de sombrer dans le misérabilisme et qui apporte surtout un côté doux-amer, avec un parfait équilibre entre drame et comédie. Le film explore les relations humaines, les traumatismes et cette capacité à trouver la lumière dans les moments les plus sombres de l’existence. L’animation témoigne d’un travail artisanal extrêmement précis, avec un style propre au réalisateur. On retrouve ces personnages aux traits exagérés et imparfaits, ces décors fourmillant de détails, ou bien cette palette de couleurs restreintes et délavées renforçant l’atmosphère mélancolique et nostalgique du récit. On entre instantanément en empathie avec Grace, qui nous livre sa version de son histoire. Le film n’a d’ailleurs que très peu de dialogues, et c’est la voix off de la jeune fille qui accompagne continuellement le spectateur, le transformant ainsi en confident de la jeune femme. Mais le film offre aussi une galerie de personnages, tous plus marquants les uns que les autres. Je pense au frère protecteur, au père aussi marginal que maladroit, ou à cette famille d’excentriques religieux. Mais surtout, il y a Petit-doigt, cette octogénaire pleine de vie dont chaque apparition apporte de grands moments d’humour, souvent burlesques, mais surtout cet espoir salvateur dont le film avait besoin. Adam Elliot nous livre une nouvelle fois une œuvre profondément humaine, à la fois bouleversante et d’une grande poésie A l’image du film BIRD, sorti il y a quelques semaines, ce film est une ode à la liberté qui rappelle à quel point les pires cages sont celles que l’on se fabrique… Partager

  • Critique de CAPTAIN FANTASTIC – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film CAPTAIN FANTASTIC . CAPTAIN FANTASTIC ❤️❤️❤️❤️💛 Contrairement à ce que le titre pourrait évoquer, on n’a pas affaire ici à un énième film de super héros, même si CAPTAIN FANTASTIC, c’est un peu « mon père ce héros ». C’est un road-movie, où l’on suivra les aventures d’une famille, qui suite à un drame, cherchera à rejoindre leur mère. Et quelle famille !!! Car si une chose est sûre, c’est que vous ne resterez pas indifférent à cette petite troupe vivant en marge de la société mais en osmose comme le montre admirablement la scène du feu de camp. Les valeurs que cherche à leur inculquer leur père pour en faire des adultes exemplaires amènera à un choc des cultures et fera réfléchir le spectateur sur le sens de la vie et ce qu’il faut pour être heureux. Sans pour autant être manichéen, car le film montrera aussi les limites de cette éducation et l’impact qu’elle aura sur les enfants. C’est un véritable tourbillon d’émotions, tant le spectateur passera du rire aux larmes. Mais, même si les sujets traités sont souvent lourds, ça ne tombe jamais dans le tire larme. Au contraire, il y a un côté feel-good qui survole l’œuvre jusqu’à un final éblouissant de beauté et de poésie qui m’emporte à chaque visionnage. Les dialogues sont savoureux, profond et souvent très drôles et surtout superbement interprétés, notamment par des gamins impressionnants de justesse. Bref, pour commencer ce calendrier, je vous invite à découvrir un film qui fait un bien fou, un hymne à la vie qui donne envie de la croquer à pleine dents. Partager

  • Critique de HER – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film HER . HER ❤️❤️❤️❤️❤️ Aujourd’hui, on va rester dans la Science-fiction, mais d’un tout autre genre, même si les deux films ont un point en commun : deux IMMENSES chefs d’œuvre. HER est un ovni cinématographique, un film qui repose sur un concept, mais l’exploite à la perfection. Spike Jonze nous propose une histoire d’amour comme on en n’a jamais vu, mais surtout une fable philosophique d’une grande profondeur sur le deuil amoureux, les rapports humains, la solitude… C’est un film d’anticipation, mais contrairement à ce que l’on voit souvent avec des futurs sombres, ici tout semble parfait dans un univers édulcoré aux couleurs pastelles. La direction artistique est d’ailleurs exemplaire. Il y a pourtant une mélancolie qui plane avec cette population qui semble ne plus arriver à exprimer ses sentiments au point de faire appel à une entreprise pour imaginer les courriers à écrire à leurs proches. C’est donc le métier de notre héros, Théodore, obsédé par les regrets et l’amour qu’il porte à son ex-femme. Il fait l’acquisition d’un système d’exploitation doté d’une intelligence artificielle avec laquelle va naitre une mémorable relation. On notera la prouesse des deux acteurs. Joaquin Phoenix qui n’a pas attendu JOKER pour montrer son immense talent, mais aussi Scarlett Johansson qui juste par sa voix off est magnétique et donnera corps à son personnage. La grande majorité du film est consacré à leurs échanges, pourtant, pendant les deux heures que dure le film, on ne voit pas le temps passer et on est absorbé par leurs conversations, dont l’écriture est d’une finesse rare. Mais si le film est aussi marquant, c’est aussi grâce à la mise en scène de Spike Jonze qui arrive à capter chaque moment avec énormément de sensibilité. Certains plans transpirent de poésie, aidés par une photographie et une musique somptueuse. Même lorsqu’ils sont muets, comme les réminiscences amoureuses de Théodore, ça raconte tellement de choses. HER c'est le genre de film qui, quand le générique de fin arrive, te laisse submergé d'émotions et dont certains dialogues, certains plans, restent encrés en toi pendant longtemps... Partager

  • Bouger une pièce au risque de faire s’écrouler une vie

    Découvrez notre critique détaillée du film MIKADO . Bouger une pièce au risque de faire s’écrouler une vie MIKADO ❤️❤️❤️ Bouger une pièce au risque de faire s’écrouler une vie Mikado et Laetitia ont choisi de vivre en marge de la société, sur les routes, afin de préserver leurs deux enfants d’un monde qu’ils jugent trop brutal. Quand leur voiture tombe en panne, ils trouvent refuge chez Vincent, un professeur solitaire vivant avec sa fille. J’étais curieux de découvrir ce nouveau film de Baya Kasmi, dont YOUSSEF SALEM A DU SUCCÈS avait été une belle surprise. Elle retrouve ici Ramzy Bedia, qu’elle pousse hors de sa zone de confort avec un rôle plus introspectif, clairement inscrit dans le registre du mélodrame. Mais MIKADO reste imprégné de douceur, d’humour discret et d’une vraie tendresse. La lumière et la photographie participent d’ailleurs beaucoup à cette sensation de chaleur, offrant au film une certaine luminosité malgré la gravité des thèmes abordés. Ce qui frappe avant tout, c’est la direction d’acteurs, toujours dans la retenue, qui rend les personnages profondément humains et attachants. Tous portent les traces d’un passé douloureux, à commencer par Mikado, hanté par une enfance maltraitée dont il cherche à protéger ses enfants. Et pourtant, c’est sa fille, Nuage, qui devient peu à peu le cœur du récit. Son arc narratif est sans doute le plus abouti. À tel point qu’on se dit que le film aurait pu porter son nom. Le film bascule donc entre les points de vue du père qui cherche à protéger ses enfants du monde extérieur, et l’adolescente avide de découvrir cette société qu’elle qu’on lui a toujours cachée. Mais le film est bancal sur certains points. Parfois il appuie par des dialogues des choses, là où l’image aurait suffi. Et d’un autre côté il laisse certains éléments importants en suspens. C’est le cas du personnage de la mère, qui même si on devine son enfance brisée, j’aurai justement aimé que son personnage soit plus creusé. Il y a aussi ce dernier acte, qui cristallise pourtant tous les enjeux du film et que j’ai trouvé un poil expédié. Mais MIKADO, ça reste pas mal, un film un peu brouillon mais solaire et qui questionne en douceur notre rapport à la norme, à la famille, à l’extérieur. Partager

  • Critique de LA LOI DE TÉHÉRAN – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film LA LOI DE TÉHÉRAN . LA LOI DE TÉHÉRAN ❤️❤️❤️❤️💛 Je ne vais pas y aller par quatre chemins, on a affaire ici à un film Iranien magistral, qui va aborder un des fléaux du pays : le crack. En Iran, un pays où 6,5 millions citoyens en consomment (6,5 étant d’ailleurs le nom original du film). Un pays où quelle que soit la dose qu’on retrouve sur toi (30g ou 50kg), la sentence est la même : la peine de mort. On y suit un flic aux méthodes radicales prêt à tout pour mettre la main sur un des barons de la drogue. Le film impressionne par son écriture et sa mise en scène. Son scénario va le faire passer du film d’action, au polar classique, au film carcéral, au drame, au film social… et ce de manière admirable. C’est un constat sans appel de la société Iranienne, son système judiciaire et carcéral, avec ce cercle vicieux entre la pauvreté, le trafic, la corruption… L’écriture des personnages est exemplaire. Ici rien n’est blanc ou noir. Le film basculera du point de vu de ses deux personnages, le flic et le narcotrafiquant, dont la confrontation les métamorphosera. Le traitement des personnages est d’une équité sans failles, explorant leurs part d'ombre et de lumière. D’un côté ce flic obsédé par sa lutte contre de la drogue qui devient trop personnelle, lui faisant parfois franchir la ligne. De l’autre ce trafiquant, avec lequel le réalisateur va nous faire rentrer en empathie, comprendre son parcours, sans pourtant l’excuser. La mise en scène est elle aussi bluffante. Même si le film a souvent ce côté docu-fiction, il enchaine les scènes marquantes et visuellement très inspirées, comme cette scène d’ouverture folle qui donne tout de suite le ton. Il y a un gros travail sur les scènes de foule, rendant souvent le film anxiogène mais montrant aussi l’ampleur du problème du crack dans le pays. Ces scènes prennent toutes leurs ampleurs au cinéma et laissent le spectateur sans voix. Parce que oui, on a affaire ici à un GRAND film de cinéma maitrisé de A à Z (mais quel plan final !!!). Un des meilleurs polars de ces dernières années. Bref, une énorme claque, un film choc, documenté, sans concession, haletant, suffocant et dont on ressort abasourdi… Partager

  • Un récit anxiogène qui refuse de choisir un camp.

    Découvrez notre critique détaillée du film CIVIL WAR . Un récit anxiogène qui refuse de choisir un camp. CIVIL WAR ❤️❤️❤️💛 Un récit anxiogène qui refuse de choisir un camp. Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’affiche, on est loin d’un film à grand spectacle, même si le film propose un climax extrêmement impressionnant. On a affaire ici à un road movie dystopique, aussi froid que réaliste, nous faisant vivre le conflit à travers les yeux d’un petit groupe de reporters de guerre, dont les clichés seront au centre du montage d’Alex Garland. Il y a d’emblée un dilemme moral qui s’installe entre le spectateur et les protagonistes, qui n’est pas sans rappeler l’excellent NIGHT CALL. Leur obsession de cette chasse à la vérité, les poussant à risquer leur vie pour obtenir une photo, tout en faisant abstraction de ce qui ce passe devant leur yeux, préférant prendre un cliché d’une personne mourante plutôt que de lui venir en aide… Ce qui fait qu’un manque d’attachement s’installe envers les personnages et a tendance à nous laisser à distance. Pour autant, le film enchaine les scènes aussi marquantes que déstabilisantes, d’autant plus qu’il fait le choix de ne pas développer le côté politique du film. On est dépourvu de repère et l’horreur semble pouvoir surgir de chacune de leurs rencontres, quelque soit leur camp. Il s’en suit de terribles scènes anxiogènes, comme lors de la terrifiante rencontre avec le personnage de l’excellent James Plemons. Et même si le reste du casting n’est pas en reste, on retiendra surtout la jeune Cailee Spaeny qui vole la vedette, en proposant le personnage le plus intéressant… Alors, oui, j’ai eu du mal à m’impliquer dans l’histoire et ses personnages mais j’étais pourtant constamment fasciné par ce qui se déroulait devant mes yeux. Et puis, il y a ce final époustouflant où le film prend une tout autre envergure, aussi bien dans son propos que dans l’intensité et l’émotion… Partager

  • Critique de WEREWOLF BY NIGHT – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film WEREWOLF BY NIGHT . WEREWOLF BY NIGHT ❤️❤️❤️💛 En fait, Marvel c'est comme les monstres dans les films, tu les crois morts, mais ils trouvent le moyen de se relever pour mieux te surprendre... Et ça tombe bien, car WEREWOLF BY NIGHT est un véritable hommage à la Hammer et ses films d'horreur d'antan... Comme WandaVision et les sitcoms, ça respecte tous les codes du genre. Que ce soit la musique, ce superbe noir et blanc, le grain argentique, le côté kitch, les effets spéciaux à l'ancienne, le surjeu théâtralisé... Ça pousse même le truc jusqu'aux fameuses "brûlures de cigarette" (cette petite marque sur la pellicule qui indiquait l'approche de la fin de la bobine). Alors, oui, ça ne réinvente pas la poudre, et en 50 minutes, il n'y a pas vraiment le temps de développer un réel scénario, mais quel plaisir de voir un projet Marvel qui sort à ce point du lot. D'autant plus que le moyen métrage propose tout de même quelques belles idées de mise en scène, comme cette transformation hors-champ aussi belle qu'inspirée. Bref, sans être une révolution, c'est fait avec énormément de respect, et de générosité et ça mérite amplement d'y jeter un oeil. Après, même si c'est apparemment tiré d'un personnage des comics, le lien avec le MCU n'est pas évident (bon, en même temps, on a un peu l'impression qu'ils ne savent plus trop où ils vont en ce moment...) Partager

  • Quand le stand-up devient une thérapie conjugale à ciel ouvert.

    Découvrez notre critique détaillée du film IS THIS THING ON ? . Quand le stand-up devient une thérapie conjugale à ciel ouvert. IS THIS THING ON ? ❤️❤️💛 Quand le stand-up devient une thérapie conjugale à ciel ouvert. Alex, un quinquagénaire sur le point de divorcer, se lance par hasard dans le stand-up et tente d’y trouver un nouveau sens à sa vie. Le film dissèque un couple dont les années et la routine ont peu à peu éteint la flamme. Au bord de la dépression, Au bord de la dépression, Alex découvre que la scène pourrait être une forme de thérapie : chaque représentation devient une confession publique, où le public tient lieu de psy et où il tente de raviver l’étincelle, en lui comme dans son couple. Il est d’ailleurs rafraîchissant de voir le cinéma s’intéresser à un couple mature, loin des standards habituels de la comédie romantique. Will Arnett livre une prestation sensible, tout en retenue, tandis que Laura Dern lui offre une réplique tout aussi subtile. La mise en scène de Bradley Cooper est intimiste : caméra au plus près des corps, plans-séquences qui gravitent autour des personnages, impression constante d’être enfermé avec eux dans leur crise conjugale. Certains moments sont particulièrement inspirés, notamment l’entrée en scène lors du dernier numéro de stand-up. Mais malgré ces qualités indéniables, je suis malheureusement resté à distance. Si le film a le mérite de s’intéresser au stand-up, un univers rarement exploré au cinéma, les scènes censées déclencher le rire m’ont laissé de marbre. Et surtout, j’ai ressenti le même blocage que devant Marriage Story — et plus largement certaines comédies romantiques new-yorkaises : une difficulté à m’attacher à des personnages qui me paraissent déconnectés du réel. La seconde partie, davantage centrée sur la remise en question du couple, gagne en profondeur… mais l’ennui s’était déjà installé. Partager

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