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- Est-ce que ça ne serait pas la véritable Palme d’Or 2024 ?
Découvrez notre critique détaillée du film LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE . LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE ❤️❤️❤️❤️💛 Est-ce que ça ne serait pas la véritable Palme d’Or 2024 ? Voici le nouveau film iranien de Mohammad Rasoulof, dont j'avais adoré la précédente réalisation Le diable n’existe pas, un film composé de quatre épisodes indépendants, qui dénonçait la peine de mort appliquée aveuglément dans son pays. LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE s'inscrit dans la continuité de ce dernier. On y suit Iman, un père de famille, qui vient d’être promu au prestigieux poste de juge d’instruction au tribunal révolutionnaire, contraint de signer en série des condamnations à mort injustes. Mais si son poste assure une sécurité financière à sa famille, il la met aussi en péril. Le réalisateur a l’intelligence de situer son intrigue lors de l’émergence du mouvement révolutionnaire « Femme, Vie, Liberté », déclenché après la mort de Mahsa Amini, une jeune femme décédée à la suite de violences policières après avoir été arrêtée pour « port de vêtements inappropriés ». Mohammad Rasoulof plante ainsi la graine de son titre, avec une métaphore entre la révolution qui gronde à l’extérieur et celle qui prend racine dans le cercle familial. On assiste à un huis clos familial où les deux filles du juge, cloîtrées dans l’appartement, découvrent, grâce aux réseaux sociaux, l'horreur qui se déroule dans les rues. Ce monde extérieur est représenté par des vidéos d'archives glaçantes des manifestations et des violences policières. Tout au long du film, l’intrigue se renouvelle et glisse doucement du drame familial vers un thriller implacable. Même si Mohammad Rasoulof vise avant tout à dénoncer la dictature de son pays, il n’oublie jamais de faire du cinéma. Sa mise en scène est exemplaire, avec des cadres millimétrés instaurant une véritable tension, comme lors d’un plan-séquence magistral ou d’une séquence d’interrogatoire glaçante. On retiendra aussi cette scène à la fois insoutenable et poétique, symbole d’une jeunesse violentée, qui restera probablement l’un des plus beaux plans de l’année. La puissance qui se dégage du film est saisissante, avec une tension dramatique qui capte l’attention du spectateur pendant trois heures sans jamais faiblir. Mohammad Rasoulof nous livre un film magistral, d’une grande densité, et surtout un vibrant hommage à cette jeunesse qui s'est soulevée contre un régime théocratique et machiste. Il est d'ailleurs surprenant qu'il ne soit reparti du Festival de Cannes qu'avec un prix « spécial » du jury, mais Les graines du figuier sauvage restera pour moi l'un des plus grands films de 2024. Partager
- Un thriller abyssal à perte de souffle.
Découvrez notre critique détaillée du film LOS TIGRES . LOS TIGRES ❤️❤️❤️ Un thriller abyssal à perte de souffle. Dans ce thriller espagnol, Alberto Rodríguez nous plonge dans l’univers méconnu et périlleux des scaphandriers industriels. Le film suit Antonio et Estrella, frère et sœur, confrontés à des choix moraux après la découverte d’une cargaison de cocaïne dissimulée dans un cargo. Visuellement saisissant, LOS TIGRES parvient à capturer avec justesse la tension et le danger inhérents à ce métier extrême. Ayant moi-même pratiqué la plongée pendant plusieurs années, j’étais particulièrement curieux de découvrir un film abordant un sujet aussi rarement traité au cinéma. Les scènes sous-marines sont particulièrement maitrisées et d’un réalisme impressionnant. Elles installent une tension constante et offrent une véritable expérience sensorielle immersive, au point de nous faire retenir notre souffle. Antonio de la Torre et Bárbara Lennie incarnent leurs personnages avec une grande justesse, les rendant à la fois attachants et profondément crédibles. Ensemble, ils dressent le portrait de deux êtres marqués par l’ombre de leur père et les traumatismes de l’enfance. Le film aborde également la précarité et la solidarité familiale, lui conférant une dimension sociale qui dépasse le simple cadre du thriller. Si LOS TIGRES séduit par son atmosphère immersive et son souci du réalisme, son rythme peut toutefois sembler inégal. Le premier tiers du film prend son temps pour installer les enjeux, parfois au détriment de la dynamique narrative. De même, le climax, même s’il reste efficace et extrêmement tendu, paraît quelque peu expédié : j’aurai justement aimé voir la tension autour du trafic de drogue davantage développée. LOS TIGRES reste tout de même un thriller visuellement impressionnant, doublé d’un drame intimiste, qui privilégie l’ambiance et le réalisme aux coups de théâtre spectaculaires. Partager
- Quand la ferveur religieuse devient une expérience de cinéma.
Découvrez notre critique détaillée du film LE TESTAMENT D’ANN LEE . LE TESTAMENT D’ANN LEE ❤️❤️❤️❤️ Quand la ferveur religieuse devient une expérience de cinéma. La réalisatrice Mona Fastvold a co-écrit Le Testament d’Ann Lee avec son mari Brady Corbet, à qui l’on doit notamment The Brutalist (qu’ils avaient déjà co-écrits ensemble). Par certains aspects, les films semblent presque dialoguer. Chacun suit le destin d’un personnage entièrement dévoré par une obsession (la foi pour Ann Lee, l’architecture pour le film de Corbet) qui part vers les États-Unis porté par une forme de rêve américain. Le parallèle est d’autant plus frappant que ces deux œuvres sont de vastes fresques historiques alors qu’elles ont été réalisées avec des budgets relativement modestes. Pourtant, à l’écran, les images impressionnent : la précision de la mise en scène, la direction artistique et la photographie donnent au film une ampleur et une densité visuelle remarquables. Dans Le Testament d’Ann Lee , Amanda Seyfried est clairement le plus grand atout du film. Elle livre une interprétation d’une intensité rare, au point qu’il est surprenant de ne pas l’avoir vue apparaître dans la course aux Oscars. Elle incarne la fondatrice du mouvement sectaire des Shakers avec une présence presque physique. Son jeu repose moins sur les dialogues que sur le corps et le regard : les gestes rigides, les moments de transe, la tension permanente qui traverse le personnage donnent l’impression d’une femme habitée par une foi brûlante. L’actrice maintient constamment une ambiguïté troublante : Ann Lee apparaît tour à tour comme une visionnaire inspirée ou comme une femme brisée par les épreuves. Car le film baigne dans une ambiance âpre et rugueuse. La reconstitution historique ne cherche jamais l’effet spectaculaire : tout est austère. Décors dépouillés, intérieurs sombres, communautés religieuses soumises à une discipline sévère. On ressent la dureté de l’époque et la pression morale qui pèse sur les individus. Le film insiste également sur la succession d’épreuves qui marquent la vie d’Ann Lee.. Sa foi apparaît alors comme une réponse à la souffrance, une manière de donner un sens à une existence marquée par la perte et la brutalité. C’est cette accumulation d’événements qui fait naître l’ambiguïté centrale du film : illumination mystique ou basculement progressif dans la folie. La mise en scène de Mona Fastvold traduit cette tension intérieure par une photographie qui évoque souvent les tableaux du Caravage. Les visages émergent de l’ombre, sculptés par la lumière des bougies, et certains plans semblent parfois figées comme des tableaux religieux. Ce clair-obscur confère au film une dimension spirituelle mais aussi tragique. Les séquences musicales prennent alors une dimension essentielle. Même si la partition musicale est particulièrement réussie, ces scènes ne sont pas là uniquement pour embellir le film. Dans la tradition des Shakers, le chant et la danse sont une manière de communier avec Dieu. La réalisatrice filme ces moments comme des expériences collectives : les corps tournent, les voix s’élèvent et la communauté entre dans une forme de transe. Ces scènes deviennent l’expression la plus directe de la ferveur religieuse. Enfin, le film adopte entièrement le point de vue de son héroïne et refuse de la juger, ce qui peut rebuter certains spectateurs. Les visions mystiques ne sont jamais expliquées ni contredites. Le spectateur est plongé dans la perception d’Ann Lee, partagé entre la possibilité d’une révélation divine et celle d’un esprit peu à peu englouti par la folie. Au final, Le Testament d’Ann Lee est un film exigeant qui s’éloigne résolument des standards narratifs habituels. Par son rythme contemplatif, son esthétique inspirée de la peinture religieuse et la performance habitée de Amanda Seyfried, il propose une œuvre singulière. Un cinéma radical dans sa forme, original dans son approche et fascinant dans l’expérience qu’il offre au spectateur. Partager
- Critique de BROTHERS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film BROTHERS . BROTHERS ❤️❤️❤️❤️ Alors que son frère sort de prison, Sam doit laisser sa femme et ses deux filles pour partir combattre en Afghanistan. Laissé pour mort au combat, son frère va prendre soin de sa famille. Lorsque Sam revient du front, tout aura changé, terriblement… BROTHERS est une tragédie, mais même si l’affiche laisse penser à un nouveau mélo, c’est bien plus un terrible constat sur les conséquences de la guerre au sein d’une famille. Mais le film préférera se concentrer sur l’intime plutôt que le spectaculaire, ne montrant par exemple aucune scène de guerre. L’intérêt du film n’est pas vraiment le scénario, on devine où ça va aller et ça y va… Mais même si le spectateur comprend d’emblée que Sam finira par revenir du front, l’essentiel n’est pas là, mais plutôt dans l’évolution des personnages. Avec une question qui sera centrale pour chacun des trois protagonistes : « Un retour en arrière est-il possible passé une certaine limite ? ». Et le film prend toute son ampleur grâce à un trio d’acteurs exemplaire. Concernant Natalie Portman et Jake Gyllenhall, c’est presque devenu une habitude, mais celui qui impressionne le plus, c’est Tobbey Maguire qui se montre même parfois terrifiant. Le film offre plusieurs moments d’une extrême tension, comme les scènes de repas. Grâce à la sobriété de sa mise en scène et à la justesse des acteurs (jusqu’au gamines qui sont bluffantes), le film évite les écueils qu’on retrouve généralement dans les mélodrames Hollywoodiens et la baffe est d’autant plus forte. Partager
- Formellement impressionnant, narrativement inégal
Découvrez notre critique détaillée du film 28 ANS PLUS TARD . 28 ANS PLUS TARD ❤️❤️❤️ Formellement impressionnant, narrativement inégal Plus de vingt ans après la sortie du premier opus, Danny Boyle et Alex Garland se retrouvent pour prolonger une saga devenue culte dans le paysage du film de zombies. Si l’annonce avait de quoi exciter, le résultat m’a laissé un sentiment mitigé. Je suis plutôt fan des deux premiers opus, qui avaient redistribué les cartes en créant les nouveaux codes des films de zombies. J’avais été séduit par leur manière de remettre l’humain au cœur du récit, en s’éloignant des clichés gore pour explorer des thématiques plus existentielles et sociales. Cette suite reste dans cette lignée… mais pas sans concessions. J’ai d’ailleurs été assez étonné de voir qu’ils font le choix de balayer d’un revers de main le final du deuxième film. Le récit recentre l’intrigue sur une communauté anglaise qui s’est réfugiée sur une petite île alors que le reste du pays vit dans le chaos. On suit en particulier à un gamin qui partira avec son père découvrir le continent et ses dangers : un cadre qui évoque immanquablement LAST OF US ou encore L’ATTAQUE DES TITANS, notamment dans l’évolution des infectés. Si cette quête initiatique contient de belles idées, elle souffre d’un air de déjà-vu et de quelques raccourcis scénaristiques gênants : une mère qui n’existe souvent que pour justifier des rebondissements artificiels, des militaires balayés par une poignée de zombies alors que les protagonistes s’en sortent sans encombre… Ces facilités affaiblissent le récit et m'ont parfois sorti du film. Mais heureusement le film est sauvé par son ambiance et sa mise en scène. Car de ce côté-là c’est même su très haut niveau. Danny Boyle installe une ambiance poisseuse et malaisante et multiplie les plans marquants. Le montage est nerveux et immersif apportant un côté guérilla et le réalisateur combine son savoir faire visuel et sonore pour plonger le spectateur dans un atmosphère oppressante. Ça multiplie les idées et même si certains gimicks, comme le mutli-angles, sont peut-être utilisés à outrance, énormément de scènes resteront en mémoire. Le travail sur le son renforce encore cette immersion dans un monde étouffant et déshumanisé. Le film est aussi aidé par son casting. Le jeune acteur principal est bluffant de justesse, et Ralph Fiennes, qui malgré son second rôle, livre certainement le personnage le plus intéressant et troublant de la saga. Ce 28 ANS PLUS TARD m’a impressionné sur la forme, sans réussir à pleinement m’emporter sur le fond. Un film inégal, sauvé par sa réalisation et son ambiance. Et si l’on ajoute à cela un final déjanté et la promesse d’une suite sans Danny Boyle pour sauver les meubles… je ne suis pas certain d’avoir envie de replonger. Partager
- Critique de BEAU IS AFRAID – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film BEAU IS AFRAID . BEAU IS AFRAID ❤️❤️❤️ Bon, j’ai vu le film hier, mais il m’aura fallu la nuit pour digérer ce que je venais de voir, car c’est certainement le film le plus fou que nous proposera le cinéma cette année. C’est un peu le cinéma de David Lynch qui percute ceux d’Aronofsky, Giliam, Cronenberg et autre Kaufman… BEAU IS AFRAID est donc le troisième film d’Ari Aster et il confirme ce que je pense de lui : même si je ne suis pas un grand fan du genre horrifique, son cinéma me fascine mais il a tendance à me perdre. Et si vous aviez détesté HEREDITE ou MIDSOMMAR, autant vous prévenir, il ne va pas vous réconcilier avec son cinéma et ça risque d’être très compliqué pour vous. Car ça va tellement plus loin… Et clairement, je n’étais peut-être pas prêt… C’est un peu compliqué de résumer le film sans trop en dévoiler, et je vous conseille d’ailleurs de tenter l’expérience en n'en connaissant un minimum (car oui, c’est ça BEAU IS AFRAID : une expérience cinématographique). Et rien que pour ça, on ne peut que saluer la prise de risque qui met le spectateur hors de sa position de confort, que ce soit par sa proposition ou sa narration. En gros, on y suit Beau, un anxieux et névrosé maladif, en prenant le choix de placer le spectateur dans la tête de son héros en nous montrant le monde tel qu’il le voit. Et on comprend dès l’ouverture du film que le film va être malaisant et viscéral. Le premier acte du film est même un petit bijou à lui tout seul où Aster montre toute la maestria de sa mise en scène. Car s'il y a bien une chose qu’on ne peut enlever à ce cinéaste, c’est que ses films sont techniquement extrêmement maitrisés et qu’il a un don pour installer une ambiance et nous marquer par des scènes iconiques. Ses plans fourmillent de détails, en jouant notamment avec les arrières plans, les transitions et les bruitages pour parfaire son ambiance. On va donc être entrainé dans un cauchemar de trois heures, en mélangeant l’horreur, le surréalisme, le drame et la comédie burlesque (parce que bizarrement c’est souvent très drôle). Trois heures… et pour moi c’est bien le souci, car c’est long… trèèèèèès long... Et même si le film m’a souvent passionné, ce trip a tendance à devenir épuisant, jusqu’à me perdre totalement dans un dernier acte. Le film finit par noyer le spectateur dans ses métaphores, et même s'il doit énormément gagner avec un second visionnage, sa longueur fait que je ne suis pas sûr de vouloir y retourner… Bref, en trois films Ari Aster continue à m’intriguer et je n’arrive toujours pas à savoir si j’aime ou je déteste son cinéma. Une chose est sûr, c’est qu’il me fascine… Partager
- Critique de LES CHOSES HUMAINES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES CHOSES HUMAINES . LES CHOSES HUMAINES ❤️❤️❤️❤️ Alexandre est étudiant dans une grande université américaine. Lors d’un week-end à Paris, il rencontre Mila, la fille du nouveau compagnon de sa mère, qui l’accompagne à une soirée d’anciens étudiants. Le lendemain, la police débarque chez lui : Mila a déposé une plainte pour viol… Le film sera divisé en trois parties Lui, elle et le procès. Les deux premières vont prendre le temps de nous présenter les deux personnages avec un certain recul, mais en les traitants toujours sur un pied d’égalité. Même si dans un premier temps, on prend instinctivement parti pour Mila, au fur et à mesure des doutes nous assaillent et on est assez perturbé quand arrive le procès qui sera le plus grand segment de ce film et certainement la plus aboutie. Et c’est là que la mise en scène d’Yvan Attal prend toute son importance. Chaque intervenant sera filmé en plan séquence, se focalisant sur ce qu’il a à dire, sans nous monter les réactions des autres personnes. Ce qui donne au spectateur une immersion totale en le mettant à la place du juré pour se forger sa propre opinion sur ce terrible drame. Le procès est clairement un des plus passionnants que j’ai vu ces dernières années et on est suspendu à chaque mot. Au fur et à mesure, nos convictions s’envolent en éclats et on vient se demander qu’elle est la vérité, comment on aurait réagi à la place de la victime, bien sûr, mais aussi de l’accusé et de leur entourage. Il sera bien difficile pour le spectateur de se faire son propre jugement. La grande force du film, et certainement ce qui divisera une partie du public, est qu’il n’est jamais manichéen. Clairement dans l’air post #metoo, le film abordera les sujets du viol, du consentement et de cette fameuse zone grise, mais le fait avec intelligence. Alors certes, c’est perturbant, le spectateur ressent un malaise et il aurait préféré que les choses soit plus simple, mais au final c’est diablement efficace. Et à une époque où les gens ont tendance à tout de suite faire un lynchage public sur les réseaux sociaux l’impact du film est encore plus fort. Au niveau du casting, comme on pouvait s’y attendre avec les têtes d’affiches présentes, il y a du level. Mais c’est clairement les deux jeunes acteurs qui sortent du lot et surtout la jeune Suzanne Jouannet qui livre une prestation bouleversante. Et le fait d’avoir choisi une actrice jusqu’à maintenant inconnue et non identifiée pour ce rôle renforce l’impact qu’elle a sur nous en tant que « juré » de ce procès. Bref une très bonne surprise. Un film intelligent et nuancé dans ses propos, certes malaisant mais qui interrogera le spectateur et ne laissera pas indifférent. Partager
- Critique de UNE ANNÉE DIFFICILE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film UNE ANNÉE DIFFICILE . UNE ANNÉE DIFFICILE ❤️❤️❤️ En règle générale, je ne suis pas amateur des comédies françaises, trop souvent sont répétitives, cumulant les scènes d’humour potache, à l’écriture fainéante et sans aucune proposition de cinéma. Mais bien heureusement, de temps en temps certains films sortent du lot en proposant un vrai travail d’écriture, avec une profondeur dans les dialogues et les sujets abordés. Et s’il y en a bien deux qui ont réussi à se faire un nom dans ce domaine, ce sont bien Eric Toledano et Olivier Nakache. Ils sont devenus au fil des années de véritables auteurs qui font bouger les spectateurs en salles rien que par leurs noms sur une affiche. Leurs comédies feelgood réussissent à faire rire mais aussi à proposer une photographie de notre société, en s’attaquant à des sujets forts. Mais surtout ils s’avèrent être des directeurs d’acteurs admirables. Avec UNE ANNÉE DIFFICILE, ils décident donc d’aborder les thèmes de l’écologie et de la consommation de masse. On va donc suivre deux antihéros surendettés qui vont intégrer des militants écolos, en y voyant une opportunité de pouvoir y gagner quelque chose. Et pour ce qui est de la comédie, l’objectif est amplement rempli et ils nous proposent certainement leur film le plus drôle. La scène d’ouverture donne tout de suite le ton à l’aide d’un montage d’archive à mourir de rire. Certains dialogues et comiques de situation sont hilarants et le public rit énormément. D’autant plus que le duo Pio Marmai-Jonathan Cohen fonctionne à merveille. Ils ont un sens du timing comique admirable, dans un registre qu’ils maitrisent parfaitement. Le rythme est maitrisé et on ne s’ennuie jamais. Par contre en ce qui concerne le côté film de société, le film pêche un peu. Pourtant ça commence plutôt bien, en mettant un peu le spectateur face à un miroir, mais au fur à mesure que le film avance, il perd en profondeur. Il a l’avantage de nous faire réfléchir sur notre mode de vie, sans jamais être moralisateur, en abordant divers thèmes, mais ne prend jamais vraiment le temps de les approfondir, et l’ensemble manque d’émotion. Il faut dire qu’il n’est pas aidé par les enchainements de blagues, qui même si elles fonctionnent, finissent par l’éloigner de son sujet. De même la romance du film peine aussi à convaincre et prend trop de place, au détriment des thèmes principaux. Après, on ne peut pas lui enlever son magnifique final donnant des airs de fable et apportant une proposition métaphorique plutôt bien vu. Bref, même si, au vu du sujet, j’en attendais peut-être trop, pour ce qui est de la comédie, c’est largement au-dessus de ce que nous propose le cinéma français. Et par les temps qui courent, la promesse de rire devrait largement suffire au public pour aller découvrir ce film en salle. Partager
- Critique de MEMORIES OF MURDER – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film MEMORIES OF MURDER . MEMORIES OF MURDER ❤️❤️❤️❤️❤️ Bong Joon Ho a connu la consécration auprès du grand public grâce à PARASITE, pourtant il n’avait pas attendu ce film pour pondre des chefs d’œuvre. La qualité de sa filmographie est d’ailleurs impressionnante. MEMORIES OF MURDER est celui qui m’avait permis de découvrir ce réalisateur qui est devenu un de mes préférés. On y suit la traque de ce qui est considéré en Corée du Sud comme le premier serial killer du pays. C’est un immense polar, mais on est très loin des standards hollywoodiens et le réalisateur se concentre énormément sur l’évolution de ses personnages et dresse un constat sidérant de l’amateurisme de leurs méthodes qui ont fait de cette chasse à l’homme un véritable fiasco. Comme toujours chez lui, l’écriture est exemplaire et il créer des ruptures de tons impressionnantes. On bascule régulièrement du thriller sombre, à la comédie burlesque et cynique, tout en réussissant à parfois être déchirant, mais aussi une critique saisissante de son pays dans les années 80. Le mélange des genres est extrêmement précis et fonctionne à merveille. Sa mise en scène est exemplaire, Bong Joon Ho a un réel sens du cadre avec notamment une très bonne gestion des arrières plans. La photographie a beau être poisseuse, certains plans sont vraiment magnifiques et ça fourmille de détails, jusqu’à une dernière scène pleine de sens, qui interroge le spectateur et reste gravé en mémoire… Partager
- Critique de DISTRICT 9 – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film DISTRICT 9 . DISTRICT 9 ❤️❤️❤️❤️💛 Voici un petit bijou de science-fiction qui ne ressemble à aucun autre. Pourtant, si je vous dis « dans un futur proche, un vaisseau extra-terrestre vient s’immobiliser au-dessus d’une grande ville », ça semble être du déjà vu mille fois. Sauf que déjà il y a un petit détail qui change tout, l’action ne se situe pas chez les habituels « sauveurs du monde », mais à Johanesburg. De plus, contrairement à ce qu’on est habitués à voir dans ce genre de film, les extra-terrestres ne sont pas hostiles et le gouvernement a décidé de les parquer dans un bidon ville : le DISTRICT 9. Le choix de choisir l’Afrique du Sud comme lieu est loin d’être anodin et tout au long du film il y aura un parallèle évident avec l’Apartheid, faisant des humains les véritables monstres du film. Le film revêt donc une dimension sociale. Mais une des grandes forces du film est certainement sa mise en scène, faisant cohabiter deux styles complètement différents. Ça commence comme un faux documentaire misant tout sur le réalisme, puis basculera petit à petit vers quelque chose de plus cinématographique, tout en gardant une vraie homogénéité. Même si le film est spectaculaire, tout est fait pour garder authenticité et réalisme. Ce n’est jamais tape à l’œil et il ne cherche jamais à rendre les créatures extraordinaires dans sa façon de les filmer. Il n’y a aucun artifice, ce qui est l’opposé des codes du genre, mais renforce le réalisme. Et elles sont intégrées à l’image de façon extrêmement convaincante. Le film a bientôt 14 ans et c’est bluffant à quel point il n’a pas pris une ride. Malgré le design monstrueux des créatures, elles se montrent surprenamment attachantes et expressives. Le fait de choisir un inconnu comme héros, Sharlto Copley, renforce aussi la crédibilité. Durant tout le film, ses talents d’improvisation sont mis à contribution et le naturel de son jeu en est décuplé, comme le côté documentaire du film. Son parcours émotionnel le poussera à revoir son point de vue et renforce le côté social. Bref, un chef d’œuvre original, puissant, intelligent et spectaculaire… Partager
- Critique de LA PLANÈTE DES SINGES : LE NOUVEAU ROYAUME – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LA PLANÈTE DES SINGES : LE NOUVEAU ROYAUME . LA PLANÈTE DES SINGES : LE NOUVEAU ROYAUME ❤️❤️💛 À l’annonce du projet, j’étais assez dubitatif sur l’utilité de faire une suite, car la trilogie précédente est une des rares licences des années 2000 que je trouve maitrisée de bout en bout, avec notamment un dernier épisode frôlant la perfection… Mais le film à la bonne idée de ne pas être une suite directe, et de placer son action plusieurs génération plus tard, et son titre nous proposait d’ailleurs un nouveau départ… Le film a pour lui d’être visuellement sidérant. Les singes n’ont jamais été aussi criants de vérité avec des expressions faciales bluffantes. De même, le travail sur les décors est impressionnant et propose des plans post apocalyptiques du plus bel effet. A quelques détails près, les effets numériques sont parfaitement intégrés et on est loin de la bouillie visuelle que propose la majorité des blockbusters actuels. Bref, il y a un grand soin apporté au visuel, et on en prend plein les yeux. Même si César ne sera plus présent, son aura sera continuellement présente, en devenant un symbole christique, qui sera le thème central du film. Ce nouvel opus offre aussi de nombreuses références au film de 1968, que ce soit sur certains plans, objets ou même la musique. Et il prendra même parfois un malin plaisir à en jouer. Mais, même si la claque visuelle est bien présente et qu’il respecte aussi bien les films passés, son écriture plombe sérieusement l’expérience cinématographique… En premier lieu, les personnages, dont l’écriture est assez simpliste et manichéenne. On passera sur le choix du prénom de notre héros, Noa, au cas où certains spectateurs passeraient à côté de la métaphore religieuse… Un héros qui, bien sûr, est un gentil chimpanzé, accompagné du sage orang outan, et se battant contre le très méchant gorille… Le personnage de Mae sort tout de même du lot et est certainement le plus intéressant. Et même si on devine son parcours lors des prochains épisodes, elle reste plus ambiguë et nuancée. Pour le reste, on a vraiment la sensation qu’on nous ressert le même casting, ce qui a pour conséquence qu’on a du mal à s’attacher aux personnages, qui d’ailleurs ont un développement au moins aussi prévisible que le scénario. L’histoire est très convenu, avec cette quête initiatique du héros qui cherche à sauver sa famille. J’avais continuellement une longueur d’avance sur l’histoire, ce qui fait que j’ai rarement été surpris, et le manque d’émotion flagrant du film n’arrangeant rien, et j’ai fini par trouvé le temps long… Alors, oui, visuellement c’est assez dingue, et le grand spectacle est bien là. Mais pour le coup l’écriture à finit par me sortir du film qui aurait clairement gagné à être raccourci pour se concentrer sur le spectacle, ou alors réellement développer ses personnages… Partager
- Critique de DONNIE DARKO – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film DONNIE DARKO . DONNIE DARKO ❤️❤️❤️❤️❤️ Si je devais faire un classement de mes 20 films préférés, ça serait un vrai casse-tête, mais Donnie Darko en ferait clairement parti. Mais force est de constater que le film est finalement peu connu, même si après une sortie ciné très discrète il s’est au fil des années forgé une réputation de film culte. Et comme souvent avec les films cultes, soit on va adorer soit on va détester (Blade runner, Mulholland drive, Fight Club…). Car ce qui est sûr, c’est que le réalisateur ne prend pas son public par la main ou n’offre pas un monologue explicatif débile au spectateur qui aurait oublié son cerveau. On a affaire ici à un film puzzle complexe. Plus l’histoire avance, plus le spectateur va se retrouver face à des faits étranges qui vont s’enchainer, sans savoir où le film va l’emmener, jusqu’à un final bluffant. Et une des grandes forces du film est que, même si plein de scènes aident à recoller les morceaux, au final le spectateur est laissé à son propre jugement pour créer SA propre théorie, ce qui a surement aidé Donnie Darko à gagner son rang de film culte. Car le film peut perdre un spectateur trop rationnel qui chercherait à tout comprendre. En fait, c’est un peu un test de Rorschach ce film, chacun peut y voir ce qu’il souhaite. D’ailleurs, je vous déconseille de regarder la version director’s cut, qui essaie d’apporter un peu plus d’explications, ce qui, à mon goût, gâche un peu le plaisir. C’est un peu comme quand on nous explique un tour de magie, il perd son intérêt. Parce que, c’est ça, Donnie Darko est un vrai tour de magie cinématographique. Tout cela aidé par un des thèmes majeur du film, La folie, apportant un côté décalé à cette oeuvre. Ce film m’a d’ailleurs permis découvrir Jake Gyllenhaal qui depuis est devenu un de mes acteurs préférés. Ce mec est un génie, il est capable de tout jouer avec à chaque fois la même justesse. Un dernier détail, je ne suis pas un grand défenseur de la VOST (je ne vais pas me lancer dans ce débat, car ça serait un peu long…), mais là, la VF est affligeante. On est pas loin de la pub Kinder et ça peut très vite vous faire passer à côté du film. Bref, si vous n’avez jamais vu, je vous conseille de tenter cette expérience et au pire découvrez la BO avec sa version de « Mad World » de Gary Jules, qui est à l’image du film : GRANDIOSE Partager













