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- Une pièce vacille et tout s’effondre
Découvrez notre critique détaillée du film WOMAN AND CHILD . Une pièce vacille et tout s’effondre WOMAN AND CHILD ❤️❤️❤️💛 Une pièce vacille et tout s’effondre Depuis son grandiose premier film La Loi de Téhéran , Saeed Roustaee est un réalisateur dont le travail me fascine. Il dissèque une nouvelle fois la société iranienne et offre un film profondément féministe, avec ces femmes en quête de liberté dans une société où le mari est considéré comme le socle de la famille. Comme dernièrement avec le fabuleux Left-Handed Girl , les personnages centraux sont les femmes d’une même famille sur plusieurs générations. Il brosse ainsi le portrait de ces femmes prises dans un patriarcat qui les réduit à une place de mère ou d’épouse : des femmes confrontées aux contraintes sociales, à la pression familiale et aux limites juridiques imposées par le pays. On pense énormément au cinéma de Asghar Farhadi et à son Une séparation , en cristallisant les problèmes sociaux au sein d’une famille et en reposant son intrigue sur une zone grise morale. Les personnages prennent des décisions parfois discutables mais compréhensibles, faisant que le spectateur bascule continuellement entre empathie et jugement à leur égard. Il y a un côté naturaliste dans la mise en scène de Roustaee, doublé d’un véritable sens du cadre, où la caméra prend parfois de la hauteur pour offrir des plans saisissants. Il joue régulièrement avec les cadres dans le cadre ou les lumières pour enfermer les personnages. Il construit son film comme un thriller social et réussit à installer une tension dramatique intense avec un événement initial déclenchant une cascade de répercussions. Et même si l’on est bien face à un mélo qui vient chercher les larmes, dont le cumul des péripéties peut parfois épuiser, on ne tombe pas pour autant dans le sensationnalisme. Si le film est aussi efficace, c’est avant tout grâce au jeu très réaliste des acteurs, jusque dans ces moments de silence et ces échanges de regards intenses. Mais je retiendrai surtout Parinaz Izadyar, qui porte le film avec une performance habitée et viscérale. Elle incarne la souffrance et la rage qui l’animent, avec un jeu explosif sans jamais être théâtral. Woman and Child est un film saisissant qui résonne d’autant plus au regard des événements actuels. Et même si son trop-plein d’émotions peut agacer, Roustaee livre une œuvre à la fois profondément politique et humaine. Partager
- Critique de SIMONE, LE VOYAGE DU SIÈCLE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film SIMONE, LE VOYAGE DU SIÈCLE . SIMONE, LE VOYAGE DU SIÈCLE ❤️❤️💛 POUR - Le film rend clairement hommage à cette grande dame qui se sera battue toute sa vie pour le droit et la liberté. Et ça reste tellement d'actualité que ça résonne souvent fortement avec notre époque... - Le film rempli parfaitement son rôle didactique. - Le côté non linéaire du film peut déstabiliser mais finalement apporte une certaine cohérence aux propos - Rebecca Marder est impériale, tout comme Elodie Bouchez, qui interprète la mère et leur relation fonctionne à merveille. - C'est propre et très académique... CONTRE - ... trop académique. - Dahan n'épargne aucun cliché au spectateur. - Le film démarre sur une Simone qui écrit ses mémoires... face à la mer... et sa voix off ne quittera plus le film, jusqu'à en devenir assez lourde par moment. - Il sort littéralement les violons avec une musique omniprésente qui rend l'ensemble extrêmement patho... - Tu as l'impression que Dahan vient de découvrir le traveling tant il en use et abuse enchaînant les plans stylisés... à défaut d'être utiles... - Tu sens que Elsa Zylberstein est totalement investie par le film, mais malgré sa prestation, son grimage est un peu gênant Partager
- Critique de MISANTHROPE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film MISANTHROPE . MISANTHROPE ❤️❤️❤️❤️ Le film rentre directement dans le vif du sujet en s’ouvrant sur une tuerie de masse glaçante. On a affaire à un polar noir, un thriller psychologique sombre dans la droite lignée d’un SILENCE DES AGNEAUX. Après m’avoir ravi avec son excellent LES NOUVEAUX SAUVAGES, Damian Szifron confirme son talent de metteur en scène et au soin qu’il apporte à l’écriture de ses personnages pour nous offrir un miroir sur notre société. Il arrive à proposer des moments de tension d’une efficacité redoutable tout en installant une atmosphère pesante. Mais bien plus qu’une chasse à l’homme, c’est bien tout le sous texte du film, qui met le doigt sur les dérives du monde occidental, qui est au centre du film. Le film est aidé par un duo impérial interprété par Shailene Woodley et Ben Mendelsohn. Leur relation élève-mentor est remarquablement écrite en mettant en avant leurs failles plutôt que d’en faire des supers flics. Malheureusement, même si j’ai trouvé le film remarquablement écrit et subtil dans son propos, ce n’est pas le cas de son dernier acte qui, même si on peut y voir une métaphore, a eu tendance à sérieusement faire retomber le soufflé en ce qui me concerne... Il n’en reste pas moins un polar qui sort largement du lot et qui mérite d’être vu, ne serait-ce que pour l’intelligence de son écriture et son duo d’acteur. Partager
- Un blockbuster qui a du cœur… et des crocs.
Découvrez notre critique détaillée du film LA FIN D’OAK STREET . Un blockbuster qui a du cœur… et des crocs. LA FIN D’OAK STREET ❤️❤️❤️ Un blockbuster qui a du cœur… et des crocs. On pouvait légitimement craindre un énième film de dinosaures surfant sur Jurassic World , tant la saga semblait avoir déjà largement essoré le sujet. Et pourtant, La Fin d’Oak Street est une agréable surprise, qui assume pleinement son statut de divertissement estival tout en apportant suffisamment de personnalité pour tirer son épingle du jeu. Il n’est d’ailleurs pas anodin que David Robert Mitchell situe son intrigue dans les années 80. Le réalisateur puise clairement dans l’héritage des productions Amblin de Spielberg , avec ce mélange de fantastique, d’aventure et de drame familial qui caractérisait une partie du cinéma populaire de cette époque. Car derrière les dinosaures et le spectacle, le film s’intéresse avant tout à la parentalité et à l’unité familiale, en faisant de cette famille confrontée à une situation extraordinaire le véritable cœur du récit. Anne Hathaway, Ewan McGregor et les deux adolescents parviennent ainsi à rendre leurs personnages suffisamment attachants pour que l’on se préoccupe réellement de leur sort. Le film repose également sur un concept particulièrement high concept, qu’il vaut mieux accepter que chercher à comprendre dans les moindres détails. La mythologie peut parfois sembler floues et certaines explications sont loin d’être totalement satisfaisantes, mais ce n’est finalement pas ce qui importe le plus. Le plaisir vient avant tout de la manière dont le réalisateur exploite son idée et entraîne cette famille ordinaire dans une succession de situations de plus en plus périlleuses. Et sur le plan du spectacle, la promesse est largement tenue. Les dinosaures sont nombreux, variés et les séquences souvent spectaculaires et inventives . Le film sait constamment renouveler les situations de danger et ne souffre quasiment d’aucun temps mort. Même s’il livre son film le plus mainstream, David Robert Mitchell parvient toutefois à imposer sa patte. Celui qui s’était fait connaître avec le très bon It Follows conserve notamment une véritable maîtrise de la tension. Son sens du cadre, son travail sur les arrière-plans et l’utilisation de compositions en double focale permettent régulièrement de faire exister une menace dans l’image avant même que les personnages ne la perçoivent. Mitchell s’amuse également avec les codes du blockbuster contemporain, notamment cette tendance à désamorcer systématiquement une scène dramatique par une blague. Il réussit même à retourner ce principe dans une scène particulièrement saisissante, où l’humour attendu devient finalement un élément de malaise et de tension. Car malgré son aspect très grand public, La Fin d’Oak Street se révèle étonnamment sombre . Certaines images sont particulièrement puissantes et plusieurs scènes empruntent clairement au cinéma horrifique. Tout n’est évidemment pas parfait . La structure reste assez classique, le concept aurait parfois mérité d’être davantage développé et certains comportements de personnages peuvent agacer. On peut également être surpris par un final particulièrement expédié, alors que tout semblait réuni pour faire basculer le film dans un climax véritablement fou et spectaculaire. Mais le film a surtout le mérite de tenter des choses et de ne jamais donner l’impression de simplement reproduire une formule déjà vue. Sans être révolutionnaire, La Fin d’Oak Street est donc une très bonne surprise, offrant un blockbuster généreux, spectaculaire et efficace. Partager
- Critique de LA LA LAND – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LA LA LAND . LA LA LAND ❤️❤️❤️❤️❤️ LA LA LAND 1ère Ce moment où tu te dis qu'on a beau être en janvier, tu viens sûrement de voir le plus beau film de 2017 Pourtant, tu connaissais le potentiel de Damien Chazelle depuis que son "Whiplash" t'avait mis sur le cul il y a un an Mais là... D'entrée, la scène d'ouverture, avec un des plus beaux plans séquences du cinéma, t'annonce la couleur : tu vas vivres une expérience hors norme Le mec réussi à nous offrir un hommage vibrant aux comédies musicales d'antan tout en nous offrant quelque chose de moderne et bourré d'inventivité Mieux, moi qui déteste le jazz, il réussi pour la deuxième fois consécutive à me faire tomber sous le charme d'un film où cette musique est au coeur de l'histoire Alors, certes, tout n'est pas parfait, avec notamment quelques longueurs Mais le film rempli de scènes d'une poésie rare, et d'une mise en scène maîtrisée de main de maitre. Sans parler de ce final dont les poils de mes bras ne vont jamais s'en remettre Et les acteurs ne sont pas en reste Ryan Gosling et Emma Stone réussissent à nous emporter dans leur histoire d'amour sans jamais tomber dans le mièvre (je vous rassure pas au point de me refaire croire en la chose : ça reste du cinéma ) Cette dernière m'a d'ailleurs bluffé et devrait bientôt pouvoir poser une petite statuette avec son nom gravé dessus Voilà GROS coup de coeur de ce début d'année Compliqué d'en parler sans trop en dévoiler Une chose est sûre, ce soir je risque de danser dans mes rêves... LA LA LAND 2e Tu avais raison Edwige, c'est encore mieux la deuxième fois Ca a même été une expérience assez bizarre Plusieurs fois dans le film, mes poils se sont hérissés au début des ces scènes qui m'avaient déjà subjugué à la première visu Un putain de feu d'artifice ce film!!! De la scène d'ouverture qui te met un uppercut en t'annonçant que tu vas voir un truc hors normes En passant par toutes ces explosions visuelles, musicales et d'émotions Et pour finir par un bouquet final HALLUCINANT de poésie : surement la plus belle scène finale qui le cinéma m'ait offert à ce jour Et cette musique qui rentre en toi pour s'y imprimer. Ce soir j'avais l'impression de connaitre chaque passage musical depuis une éternité. Pas étonnant que La La Land, fier de ses 14 nominations aux oscars, soit nommé à deux reprises dans la catégorie "Meilleure chanson originale" (je ne savais même pas que c'était possible...) Alors oui, à ma première critique, j'avais quand même émis quelques réserves sur certaines longueurs, qui étaient vite effacées par la magie qui s'offre à nous Mais, ce soir non, car Damien Chazelle maitrise son sujet de A à Z et ne laisse rien au hasard Chaque scène, chaque détail a au final son importance qui permet que la sauce prenne Comme dit Emma Stone dans une scène "Le public viendra, parce que tu es passionné. Et les gens aime ceux qui sont passionnés par ce qu'ils font". Et c'est exactement ça : Damien Chazelle est passionné par le cinéma, par la musique et ça se ressent dans chaque scène du film Emma Stone... Mais EMMA STONE putain!!! Alors je suis désolé pour les quatre autres actrices qui sont nommées aux oscars (Et pourtant tu sais à quel point je t'admire Nathalie Portman), mais ça ne sert à rien de vous déplacer à la cérémonie le 26 février. Elle transperce l'écran d'une force!!! Rien que ses yeux, j'ai envie de plonger dedans tellement ils sont grands, mais surtout ce sourire et cette palette d'émotions qu'elle t'envoie à la gueule. Bon OK, merci à Ryan Gosling, qui très classe (comme dans son rôle d'ailleurs), à l'image de son partenaire de danse dans le film, la soulève pour l'envoyer tutoyer les sommets du 7e art Bon, OK, je ne suis peut être pas objectif, car je suis peut être un poil tomber amoureux moi (dans la mesure où je suis encore équipé pour...) Pour résumé le film, ce soir, il y a une phrase qui m'est revenue. Cette magnifique phrase qui ouvre la pièce de théâtre qui me tient le plus à coeur : Des accordés " LE REVE COMME MOTEUR" Parce que déjà, c'est le thème principal du film Et puis, c'est ça La La Land, Ca te vend du rêve avant que tu n'ailles le voir Ca t'offre du rêve pendant ces deux heures de magie Ca vient envahir tes rêves quand tu vas te coucher après la séance Alors, j'ai une mission pour vous Je sais que je ne suis pas forcément doué avec les mots, mais je pense que j'ai à peu près réussi à vous faire comprendre à quel point ce film m'a fait vibrer Et j'aimerai que vous puissiez ressentir ne serait-ce que le dixième de ce que j'ai ressenti Donc, vous allez tous me faire le plaisir d'aller voir ce film au cinéma Parce que non, ce genre de spectacle ça se vit dans une salle obscure, au moins pour profiter de cette bande son magistrale Et vu que je suis euphorique, je m'engage à vous rembourser votre place si vous n'êtes pas transporter ( Lilian, envoie moi direct ton RIB que je te fasse l'avance, même si je suis impatient que tu me fasses partager tes arguments 😉 ) La La Land, c'est en voyant des films comme ça que je me souviens ce qui fait que le cinéma me passionne Il pourra tranquillement aller rejoindre sur mon chevet, les "Eternal Sunshine", "Alabama Monroe" et autre "Fight Club" (petite dédicace à Fabien qui m'a appris hier que je n'étais pas le seul à mettre ce chef d'oeuvre de Fincher sur un pied d'estale) Partager
- Techniquement impressionnant, narrativement prévisible.
Découvrez notre critique détaillée du film LA PLANÈTE DES SINGES : LE NOUVEAU ROYAUME . Techniquement impressionnant, narrativement prévisible. LA PLANÈTE DES SINGES : LE NOUVEAU ROYAUME ❤️❤️💛 Techniquement impressionnant, narrativement prévisible. À l’annonce du projet, j’étais assez dubitatif sur l’utilité de faire une suite, car la trilogie précédente est une des rares licences des années 2000 que je trouve maitrisée de bout en bout, avec notamment un dernier épisode frôlant la perfection… Mais le film à la bonne idée de ne pas être une suite directe, et de placer son action plusieurs génération plus tard, et son titre nous proposait d’ailleurs un nouveau départ… Le film a pour lui d’être visuellement sidérant. Les singes n’ont jamais été aussi criants de vérité avec des expressions faciales bluffantes. De même, le travail sur les décors est impressionnant et propose des plans post apocalyptiques du plus bel effet. A quelques détails près, les effets numériques sont parfaitement intégrés et on est loin de la bouillie visuelle que propose la majorité des blockbusters actuels. Bref, il y a un grand soin apporté au visuel, et on en prend plein les yeux. Même si César ne sera plus présent, son aura sera continuellement présente, en devenant un symbole christique, qui sera le thème central du film. Ce nouvel opus offre aussi de nombreuses références au film de 1968, que ce soit sur certains plans, objets ou même la musique. Et il prendra même parfois un malin plaisir à en jouer. Mais, même si la claque visuelle est bien présente et qu’il respecte aussi bien les films passés, son écriture plombe sérieusement l’expérience cinématographique… En premier lieu, les personnages, dont l’écriture est assez simpliste et manichéenne. On passera sur le choix du prénom de notre héros, Noa, au cas où certains spectateurs passeraient à côté de la métaphore religieuse… Un héros qui, bien sûr, est un gentil chimpanzé, accompagné du sage orang outan, et se battant contre le très méchant gorille… Le personnage de Mae sort tout de même du lot et est certainement le plus intéressant. Et même si on devine son parcours lors des prochains épisodes, elle reste plus ambiguë et nuancée. Pour le reste, on a vraiment la sensation qu’on nous ressert le même casting, ce qui a pour conséquence qu’on a du mal à s’attacher aux personnages, qui d’ailleurs ont un développement au moins aussi prévisible que le scénario. L’histoire est très convenu, avec cette quête initiatique du héros qui cherche à sauver sa famille. J’avais continuellement une longueur d’avance sur l’histoire, ce qui fait que j’ai rarement été surpris, et le manque d’émotion flagrant du film n’arrangeant rien, et j’ai fini par trouvé le temps long… Alors, oui, visuellement c’est assez dingue, et le grand spectacle est bien là. Mais pour le coup l’écriture à finit par me sortir du film qui aurait clairement gagné à être raccourci pour se concentrer sur le spectacle, ou alors réellement développer ses personnages… Partager
- Critique de EN CORPS – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film EN CORPS . EN CORPS ❤️❤️❤️❤️ Décidément Klapisch n'a pas son pareil pour ce qui est de filmer les relations humaines. Après une ouverture somptueuse, qui nous plonge au coeur des coulisses d'un ballet, il va faire passer son film du drame à un véritable feelgood movie. Toute sa troupe d'acteurs est dirigée à la perfection et on y croit. On a l'impression d'être une petite souris qui partage ces moments avec des personnages dont l'osmose semble tellement naturel. Tu sens que tout le monde prend plaisir et joue avec sincérité et ils transmettent ça au spectateur qui ressort de la salle le sourire au lèvres. Car oui, cette histoire de résilience et de persévérance est traversée par une vague de positivisme. Et c'est souvent drôle, certaines scènes sont même hilarantes (de ce côté là Marmaï et Civil nous régalent). Klapisch nous livre un sublime hymne à la danse, qui est au centre de son film, et prouve qu'il en a encore sous le capot. Partager
- Un spectacle immense, mais une émotion qui reste prisonnière du voyage…
Découvrez notre critique détaillée du film L'ODYSSÉE . Un spectacle immense, mais une émotion qui reste prisonnière du voyage… L'ODYSSÉE ❤️❤️❤️💛 Un spectacle immense, mais une émotion qui reste prisonnière du voyage… La volonté de Christopher Nolan de s’attaquer à L’Odyssée relève d’une ambition démesurée, presque vertigineuse . Le cinéaste livre ici une fresque monumentale, une œuvre d’une ampleur rare , dont la puissance visuelle mettra sans doute tout le monde d’accord. Fidèle à son approche, Nolan limite l’usage des effets numériques et privilégie les décors naturels, renforçant considérablement le souffle épique du film. Mais son ambition n’est pas simplement de multiplier les effets spectaculaires : il cherche avant tout à créer des moments visuellement marquants , qu’il s’agisse d’une rencontre inquiétante, d’une créature imposante, d’une atmosphère étrange ou d’une tension qui monte progressivement. Chaque scène semble pensée pour laisser une empreinte, portée par une imagerie spectaculaire, une musique épique et un travail sonore saisissant qui participent à une expérience immersive indéniable. Le film enchaîne ainsi les séquences mémorables, frappant autant par leur ampleur que par leur maîtrise technique. On retrouve également ce qui fait la signature de Nolan : cette obsession pour le temps et la structure narrative . Le récit joue avec les temporalités et les points de vue, adoptant une construction complexe qui peut parfois désarçonner dans un premier temps, avant de progressivement trouver du sens. À cela s’ajoute un casting impressionnant, globalement très juste , au service de cette vision ambitieuse. Nolan fait également le choix intéressant de ne pas présenter Ulysse uniquement comme un héros invincible , figure mythologique presque inaccessible. Il s’intéresse davantage à ses fêlures, à ses doutes et aux traces laissées par les épreuves qu’il traverse. Matt Damon apporte une vraie fragilité au personnage et parvient à faire ressentir l’usure provoquée par les événements, la fatigue physique et morale d’un homme marqué par son long périple. Une interprétation qui éloigne Ulysse de l’image traditionnelle du héros triomphant pour en faire un personnage plus humain et plus vulnérable. On reproche souvent au cinéma de Nolan d’être très masculin, laissant peu de place à des figures féminines pleinement développées. Ici, j’ai trouvé que le film déjouait en partie cette critique : Pénélope, incarnée par Anne Hathaway, s’impose comme l’un des personnages les plus forts et les plus importants du récit . C’est d’ailleurs à travers elle que j’ai ressenti certains des rares moments d’émotion qui m’ont réellement touché. Car très vite, j’ai eu le sentiment que le projet était peut-être trop vaste pour être pleinement maîtrisé. En cherchant à embrasser tous les grands épisodes de L’Odyssée , le film m’a souvent donné une impression de précipitation . Les scènes s’enchaînent à un rythme soutenu, parfois expédiées en quelques minutes, multipliant les ellipses sans me laisser le temps de digérer ce qui venait d’être montré. Peu à peu, une distance s’est installée : je suis resté en dehors du récit, sans parvenir à m’attacher réellement aux personnages, ce qui a considérablement limité mon implication émotionnelle. Certaines séquences m’ont pourtant marqué durablement, notamment celles de Circé ou du cyclope , où Nolan prend enfin le temps de poser son récit. Teintés d’un aspect horrifique saisissant, ces passages font partie, à mes yeux, des moments les plus impressionnants du film , tant ils frappent par leur intensité et leur mise en scène. Mais à l’inverse, beaucoup d’autres scènes m’ont semblé survolées, renforçant cette impression d’un récit trop souvent rushé, limitant l’impact émotionnel. C’est là que le film m’a laissé le plus partagé. Il y a d’un côté un véritable plaisir visuel, presque constant, face à la beauté et à la puissance des images. Et de l’autre, cette sensation de vitesse, de scènes qui s’enchaînent sans respiration… jusqu’à faire naître en moi une forme de lassitude, voire d’ennui. Ce contraste a fini par me sortir progressivement du film, alors même que j’admirais ce qui se déroulait à l’écran. Le manque d’attachement aux personnages n’a fait qu’accentuer ce ressenti . Certains, comme Calypso ou l’antagoniste incarné par Robert Pattinson, m’ont semblé trop peu développés pour exister pleinement. À l’inverse, d’autres, pourtant très peu présents à l’écran, m’ont davantage marqué. C’est notamment le cas de Sinon, d’Athéna, ou encore d’Hélène de Troie, dont les apparitions apportent une vraie densité au récit. À ce sujet, la polémique autour du choix d’une actrice noire pour incarner Hélène de Troie me laisse assez perplexe. On parle ici d’un univers peuplé de cyclopes, de géants, de sirènes et de créatures mythologiques en tout genre. Dès lors, s’étonner d’un tel choix de casting me semble assez vain, surtout quand on accepte sans difficulté la présence d’un acteur comme Tom Holland, qui correspond tout aussi peu à l’image traditionnelle que l’on se fait d’un héros grec. Au final, L’Odyssée m’a autant impressionné qu’il m’a tenu à distance. Une œuvre visuellement monumentale, portée par une ambition rare, mais qui, malgré ses fulgurances, ne m’a pas permis de m’y investir émotionnellement comme je l’aurais espéré. Partager
- L’amitié plus forte que le deuil
Découvrez notre critique détaillée du film A BICYCLETTE . L’amitié plus forte que le deuil A BICYCLETTE ❤️❤️❤️❤️💛 L’amitié plus forte que le deuil Un an après le suicide de son fils, Mathias Mlekuz décide de refaire le voyage à vélo qui avait amené ce dernier à Istanbul. Lorsqu’il propose à son meilleur ami, Philippe Rebbot, de partir l’accompagner dans ce road trip, celui-ci accepte mais lui propose de faire de ce périple un film. Sans scénario et avec une équipe technique réduite, ils se lancent dans ce projet improbable, laissant une large place à l’improvisation. Ce choix donne au film des airs de documentaire, renforçant ainsi sa spontanéité et l’authenticité des émotions qui traversent l’écran. Car évidement, vu le sujet, cette quête intime touche inévitablement en plein cœur. Pourtant, si ce road movie va vous faire verser quelques larmes, c’est aussi qu’il est drôle à pleurer. Le film va offrir quelques passages hilarants, comme ce séjour en AirB&B à mourir de rire. A BICYCLETTE est un véritable ovni cinématographique, en roue libre, où les ruptures de ton sont maîtrisées à la perfection. Mais surtout, ce film est une magnifique leçon d’amitié, profondément humaine. Le lien qui unit les deux protagonistes explose à l’écran, porté par des échanges savoureux : confidences, rires, discussions philosophiques ou disputes, tout sonne juste. Il est presque impossible de distinguer ce qui a été écrit de ce qui a été capté sur le vif. La sincérité et la spontanéité emportent tout, transformant une douleur personnelle en une émotion universelle. Sans jamais sombrer dans le moralisme, A BICYCLETTE montre comment une tragédie peut donner naissance à un vibrant hymne à la vie. Ce duo nous offre un film aussi improbable que bouleversant, d’une intensité rare. Un coup de cœur absolu en ce début d’année. Partager
- Critique de LA CITE DE DIEU – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LA CITE DE DIEU . LA CITE DE DIEU ❤️❤️❤️❤️💛 C’est une plongée terrifiante dans le cercle vicieux de la violence qui a gangrené jusqu’aux plus jeunes de cette cité de Rio de Janeiro qui tombera sous la coupe de trafiquants de drogue. Un habile travail de flash-backs permet de développer une histoire sur trois décennies, présentant une multitude de personnages, mais sans jamais perdre le spectateur. Le film joue avec les styles et la photographie en fonction des époques. Il impose un rythme frénétique, sans aucun temps mort. La mise en scène multiplie les effets de style, avec une caméra continuellement en mouvement, qui peut en perturber certains mais apporte énormément de dynamisme. Il y a un traitement proche du documentaire qui apporte un réalisme glaçant, amplifié par le choix judicieux d’avoir pris des acteurs, pour la plupart amateurs, vivant dans la cité, mais surtout méconnus du grand public. Le narrateur de l’histoire est le seul personnage un peu en dehors de cette escalade de violence, ce qui en fait, au même titre que le spectateur, le témoin impuissant des événements. Ça démarre avec un ton assez comique pour sombrer dans la tragédie au fur et à mesure que la criminalité investira la favela. Le ton est parfois cynique et ce ballet de violence n’est pas sans rappeler les films de gangsters d’un certain Scorsese. Un véritable film coup de poing qui impressionne par son style et son réalisme. Partager
- Une course sans fin… mais qui tourne en rond…
Découvrez notre critique détaillée du film MARCHE OU CRÈVE . Une course sans fin… mais qui tourne en rond… MARCHE OU CRÈVE ❤️❤️💛 Une course sans fin… mais qui tourne en rond… Pour moi, Stephen King a toujours été bien plus qu’un auteur d’horreur : c’est un observateur impitoyable de l’âme humaine. Dans les années 90, j’ai littéralement dévoré ses romans, dont j’avais particulièrement apprécié MARCHE OU CRÈVE. Le pitch est aussi simple qu’efficace : cinquante jeunes s’engagent dans une longue marche. S’ils passent sous les 5 km/h, ils reçoivent un avertissement ; au troisième, une balle dans la tête. J’attendais donc cette adaptation avec une curiosité mêlée d’appréhension. Dès les premières images, j’ai retrouvé l’atmosphère suffocante du livre. Cette Amérique dévastée, rongée par la violence et la fascination du spectacle, trouve aujourd’hui un écho encore plus glaçant. Quarante-cinq ans après la publication du roman, le film en devient presque une critique de l’Amérique contemporaine. Mais cette fidélité a aussi ses revers. Enchaîner les travellings et les dialogues introspectifs finit par créer une certaine monotonie. À force d’écouter ces personnages se raconter en marchant, le film perd parfois sa tension dramatique. Quelques ruptures de rythme (flashbacks, ellipses ou silences) auraient pu donner davantage de relief à ces destins. D’autant que la structure rend le récit prévisible : on sent presque l’ordre dans lequel les marcheurs vont tomber, comme si leur sort était écrit dès le départ. Cette fatalité, puissante sur le papier, devient à l’écran un peu mécanique, et le film finit un peu par tourner en rond. Heureusement, le casting permet de maintenir l’attention. Les comédiens réussissent à faire exister leurs personnages malgré leur peu de présence à l’écran, et à rendre palpable l’esprit de camaraderie qui s’installe entre eux. Aucun ne surjoue et ils trouvent la justesse nécessaire pour donner un visage à cette jeunesse sacrifiée. Francis Lawrence choisit également une brutalité frontale lors des exécutions, ce qui frappe et ne laisse personne indifférent. MARCHE OU CRÈVE est une adaptation fidèle et réussie sur le plan de l’atmosphère et du casting, mais elle souffre d’une certaine rigidité narrative dont mise en scène répétitive a fini par me lasser… Partager
- PTA : Un grand film après l’autre
Découvrez notre critique détaillée du film UNE BATAILLE APRÈS L’AUTRE . PTA : Un grand film après l’autre UNE BATAILLE APRÈS L’AUTRE ❤️❤️❤️❤️💛 PTA : Un grand film après l’autre Je ne savais rien de ce nouveau film de Paul Thomas Anderson, mis à part quelques affiches, dont celle d’une femme enceinte, fusil d’assaut en main, qui avait piqué ma curiosité. Et, en effet, le réalisateur sort ici de sa zone de confort pour livrer un film fascinant, où se croisent thriller, comédie noire, drame familial, western et satire politique. Ce mélange des genres fonctionne à merveille et donne naissance à son œuvre la plus « grand public », sans jamais céder à la facilité. La première partie, d’une intensité quasi révolutionnaire, dresse le portrait d’une Amérique contemporaine violente et fracturée, opposant militants radicaux et suprémacistes blancs. Puis le film bascule ensuite dans une course-poursuite haletante, atteignant parfois des sommets de virtuosité. Pendant 2h40, aucun temps mort : Anderson alterne tension extrême et respirations ironiques ou absurdes. La mise en scène millimétrée et le montage chirurgical sont magnifiés par une bande-son jazzy omniprésente. Fidèle à lui-même, le réalisateur réinvente sans cesse son cinéma, offrant des plans d’une puissance rare. Je pense notamment à cette poursuite automobile hallucinante condensant tout ce que PTA sait faire de mieux : tension, chaos, beauté plastique. Le recours au VistaVision confère au film une ampleur visuelle spectaculaire, magnifiant les paysages et renforçant l’aspect “post-western” du récit. Chaque plan est travaillé comme une photographie, et la texture de l’image donne une profondeur rare, qui rend le visionnage en salle presque indispensable. Côté casting, Anderson est une fois de plus un directeur hors pair. Comme souvent, Leonardo DiCaprio est formidable, oscillant entre maladresse, rage et névrose. Il déploie avec une palette émotionnelle impressionnante, combinant intensité dramatique et complexité psychologique. Sean Penn n’est pas en reste et incarne un des antagonistes les plus marquants de ces dernières années. Transformé physiquement pour le rôle, et impose sa présence à chaque apparition. À la fois fascinant et répugnant, son personnage représente le côté sombre et violent de l’Amérique contemporaine. L’acteur apporte une fragilité inquiétante qui rappelle par moments le tueur implacable de NO COUNTRY FOR OLD MEN. Mais la révélation film, c’est Teyana Taylor. Magnétique, énergique et vulnérable, elle porte littéralement le premier acte du film. Son personnage de militante radicale, à la fois déterminée et moralement ambiguë, est interprété avec une intensité rare, alliant puissance brute et fragilité émotionnelle. Taylor confère au récit une dimension humaine et tragique, qui fait écho aux dilemmes contemporains et personnels que le film explore. UNE BATAILLE APRÈS L’AUTRE est un mélange audacieux de genres, porté par une mise en scène exceptionnelle, un sens du rythme impeccable, et des performances d’acteurs d’une intensité rare. C’est à la fois un spectacle visuel, un thriller haletant et une réflexion sur l’Amérique contemporaine, confirmant Paul Thomas Anderson comme l’un des cinéastes les plus inventifs et ambitieux de sa génération. Partager













