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  • Ella Rumpf ne porte pas le bébé… mais elle porte le film.

    Découvrez notre critique détaillée du film DES PREUVES D’AMOUR . Ella Rumpf ne porte pas le bébé… mais elle porte le film. DES PREUVES D’AMOUR ❤️❤️❤️💛 Ella Rumpf ne porte pas le bébé… mais elle porte le film. Dans quelques mois, Céline va devenir mère pour la première fois, même si elle n’est pas enceinte : c’est sa femme, Nadia, qui porte leur enfant. Au fil des derniers mois de grossesse, Céline cherche sa place et sa légitimité, tout en tentant de prouver à l’État qu’elle peut devenir la mère de son propre enfant. Pour son premier film, largement autobiographique, Alice Douard situe le récit en 2014, juste après l’adoption de la loi Taubira. Elle fait de ses deux héroïnes des pionnières dans un parcours d’adoption qui s’apparente à une véritable épreuve. Le couple va ainsi devoir monter un dossier fait de photos et de témoignages prouvant que Céline est une bonne mère et ainsi l’autoriser à adopter son enfant. Cette dernière, n’ayant pour famille qu’une mère absente, est donc contrainte de renouer avec elle pour avancer. La relation mère-fille est montrée avec finesse : tensions, non-dits, gestes maladroits… autant d’éléments qui enrichissent le parcours de Céline et donnent une profondeur supplémentaire à son chemin vers la maternité. La réalisatrice filme leur couple dans toute sa normalité, refusant les clichés, et construit avant tout une histoire d’amour universelle. Car même si le combat de Céline est au cœur du récit, c’est surtout la parentalité partagée qui anime le film. Le couple avance avec ses espoirs, ses doutes, ses maladresses, et les bouleversements liés à l’arrivée d’un enfant. DES PREUVES D’AMOUR est sociologiquement très juste dans sa manière d’aborder le mariage pour tous, le regard des autres, et les formes parfois insidieuses d’homophobie. Mais si le film est subtil dans son propos, il s’avère aussi souvent drôle, très drôle, offrant de véritables moments de comédie, sans jamais trahir la gravité du sujet. Il y a deux ans, je prédisais le César du meilleur espoir pour Ella Rumpf pour LE THÉORÈME DE MARGUERITE, et elle confirme ici tout son talent : elle porte la force émotionnelle du film, parfois par un simple regard. Son duo avec Monia Chokri fonctionne parfaitement, donnant naissance à des scènes de complicité, de rire, mais aussi de tension palpable. Pour un premier long-métrage, Alice Douard parvient à mêler douceur, humour et émotion, offrant un film à la fois solaire et engagé. Un film essentiel qui montre que, même si la loi autorise un couple de même sexe à adopter, le processus reste complexe et semé d’obstacles. Partager

  • Critique de TITANIC – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film TITANIC . TITANIC ❤️❤️❤️❤️❤️ Ce week-end, j’ai eu la chance de pouvoir faire découvrir ce grand classique du cinéma à ma nièce, qui, malgré ses 24 ans, avait trouvé le moyen de passer à côté. Et à en voir les étoiles dans ses yeux à la sortie de la salle, elle a bien fait d’attendre les meilleures conditions pour découvrir ce chef d’œuvre. Il y a certains films qui prennent toute leur ampleur dans une salle obscure, et c’est bien le cas de TITANIC. D’autant plus que le travail de restauration de James Cameron est assez impressionnant. L’image en 4K sublime l’œuvre et certains passages en 3D sont saisissants, alors qu’à l’époque le film n’avait pas été prévu pour ce format. Cameron, prouve une fois de plus qu’il est TELLEMENT en avance sur son époque car son film reste, 25 ans plus tard, visuellement époustouflant (mis à part les rares plans larges avec un bateau « numérique » naviguant sur les flots.). Il avait privilégié les effets « pratiques » aux effets « numériques » et c’est un pari gagnant car tout semble palpable et surtout ça permet au film de très bien vieillir et de ne rien avoir à envier en terme de spectacle aux blockbusters du moment. Il y a un énorme souci du détail, que ce soit au niveau des décors ou des costumes et on en prend plein les yeux, d’autant plus que Cameron a un sens du spectacle inouï et comme à son habitude, enchaine les scènes qui sont devenues cultes avec le temps. Que ce soit, la scène du naufrage en elle-même, les scènes de panique ou bien les scènes aquatiques, c’est d’une efficacité rare qui encore aujourd’hui cloue le spectateur au fauteuil… On notera aussi un soin particulier aux transitions entre les époques. Clairement, son film est, comme à son habitude, techniquement irréprochable. Alors, oui, l’écriture a rarement été son fort, et même si c’est encore le cas ici, ça reste beaucoup plus abouti dans ce domaine que le reste de sa filmographie… Et puis, son but reste de nous offrir des films familiaux à grand spectacle qui nous envoie des émotions en pleine face, et de ce côté-là, c’est une véritable réussite. Certains, lui reproche son côté réécriture de Roméo et Juliette, mais pourtant c’est pour moi la plus grande idée du film. Le fait d’intégrer la « petite » histoire à la « grande », lui permet de nous faire voyager sur ce navire de la première à la troisième classe en nous faisant passer par les salles des machines. Et puis, il faut dire qu’il a aussi été aidé par son casting impressionnant. Avec bien sur Leonaro Dicaprio et Kate Winslet, qui prouvaient déjà à l’époque leur immense talent qui en aura fait deux des comédiens les plus talentueux de leur époque. Car clairement, l’alchimie entre les deux fonctionne à merveille, et ce n’est pas étonnant que Sam Mendes ait aussi fait appel à eux pour son bijou LES NOCES REBELLES. Ils enchainent les scènes, souvent touchantes, mais aussi parfois extrêmement poétiques et plus surprenant, très drôles. Je ne vais pas m’étendre plus longtemps sur un film que la plupart a surement déjà vu, sauf que si vous n’avez pas vu ce film en salle, alors vous n’avez jamais réellement vu ce chef d’œuvre du cinéma… Et dans ce cas : FONCEZ !!! Partager

  • Critique de JOKER – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film JOKER . JOKER ❤️❤️❤️❤️❤️ Donc voici le film qui fera certainement beaucoup de bruit aux prochains oscars. Car Joker est clairement un film qui marquera l’histoire du cinéma et dont on parlera encore dans de nombreuses années. Pourtant, à la base j’étais vraiment septique et je ne voyais pas l’intérêt du projet. Car passer après Nicholson et surtout Ledger me semblait TRES compliqué et surtout le personnage devait se remettre de la purge récente qu’a été « Suicide Squad » avec la prestation « douteuse » de Leto. D’autant plus qu’en général, faire une origine story d’un personnage aussi emblématique a souvent tendance à le démystifier. Mais Joker réussi à éviter tous ces pièges et à en faire une œuvre majeur en surprenant son public et en ne le brossant pas dans le sens du poil. Déjà, NON ce n’est pas un énième film de superhéros. Ici, il n’est jamais question de superpouvoir et de combats dantesques et même si il se base sur un comic book populaire, le film se veut ultra réaliste. Même si l’ombre de Batman flotte sur le film, il n’est pas utile d’être un familier de cet univers pour l’apprécier. On a finalement affaire à un grand drame psychologique nous montrant comment un personnage affublé d’un handicap mental va basculer dans la folie à force de discrimination, du rejet des autres et de la société. Et même si le film se passe dans les années 80, il fait souvent écho à notre actualité. Le film emprunte d’ailleurs beaucoup plus à des films comme « Taxi Driver » et « La valse des pantins » qu’aux films de super héros. La présence de Robert De Niro, héros des deux films cités, n’est d’ailleurs pas anodine tant le film s’en inspire. Pour en revenir à la prestation de Joaquin Phoenix, elle est complètement folle (oui, je sais, c’est facile…) et lui tracera surement un chemin vers les oscars (où il devra certainement batailler avec Bard Pitt pour son « Ad Astra »). Rien que sa transformation physique pour le rôle force le respect. Jamais il ne cherche à singer les anciennes apparitions cinématographiques du personnage. Il apporte une humanité troublante au Joker le rendant à la fois particulièrement glaçant et attachant. Un attachement qui sera souvent dérangeant car il n’excuse en rien les agissements du Joker et ses pétages de plombs, même si il aide à comprendre son basculement. Car le film aurait facilement pu tomber dans le piège d’en faire un anti-héros, mais on a bien affaire ici à un psychopathe en devenir. Pour parfaire le tout, le film nous offre des plans somptueux qui s’impriment dans la rétine, grâce à une photographie magnifique alternant des colorimétries froides qui deviennent de plus en plus criardes au fur et à mesure que le Joker prend le dessus. Et puis cette BO magnifique aussi anxiogène que poétique qui enfonce le clou. Bref ma grande baffe de la rentrée, à l’image de la réaction d’un spectateur derrière moi à l’arrivée du générique « WHAOU !!! » Partager

  • Critique de THE WHALE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film THE WHALE . THE WHALE ❤️❤️❤️ Après six ans d’absence, Darren Aronofsky signe son retour et surtout celui de celui de Brendan Fraser en lui offrant un immense rôle, où il incarne un homme souffrant d’une obésité morbide, qui cherche à renouer le contact avec sa fille. Le film est l’adaptation d’une pièce de théâtre, et ça se ressent un peu avec ces longs dialogues et dont les personnages rentrent et sortent du cadre. De même, le fait qu’il ne soit pas écrit par le réalisateur, on perd un peu la patte du cinéaste (mis à part peut-être dans le dernier tiers). Alors même si c’est loin d’être mauvais (c’est même un mélo plutôt efficace), j’aurais aimé retrouver un peu plus ce qui me fait vibrer dans son cinéma. La mise est scène de ce huit clos est assez classique, mais il arrive tout de même à y installer une sensation d’oppression et de malaise, en jouant avec les décors, les sons et les cadres. La quasi-totalité du film se déroulant dans le salon, le format 4/3 amplifie le sentiment d’enfermement ressenti par le héros. Mais si le film est moins impressionnant que ce à quoi nous a habitué Aronofsky, ça lui permet de se concentrer sur la grande qualité du film : son jeu d’acteur. La prestation de Brendan est bouleversante, mais il est aidé par le reste du casting d’une justesse impressionnante. La relation père-fille qui s’installe entre les deux est très forte et aborde des thèmes assez durs. Mais là encore, globalement ça fonctionne très bien, il faut tout de même avouer que certains moments d’émotions manquent de finesse, à l’image du « BOULEVERSANT » sur l’affiche qui est écrit plus gros que le nom du film… Partager

  • Quand le stand-up devient une thérapie conjugale à ciel ouvert.

    Découvrez notre critique détaillée du film IS THIS THING ON ? . Quand le stand-up devient une thérapie conjugale à ciel ouvert. IS THIS THING ON ? ❤️❤️💛 Quand le stand-up devient une thérapie conjugale à ciel ouvert. Alex, un quinquagénaire sur le point de divorcer, se lance par hasard dans le stand-up et tente d’y trouver un nouveau sens à sa vie. Le film dissèque un couple dont les années et la routine ont peu à peu éteint la flamme. Au bord de la dépression, Au bord de la dépression, Alex découvre que la scène pourrait être une forme de thérapie : chaque représentation devient une confession publique, où le public tient lieu de psy et où il tente de raviver l’étincelle, en lui comme dans son couple. Il est d’ailleurs rafraîchissant de voir le cinéma s’intéresser à un couple mature, loin des standards habituels de la comédie romantique. Will Arnett livre une prestation sensible, tout en retenue, tandis que Laura Dern lui offre une réplique tout aussi subtile. La mise en scène de Bradley Cooper est intimiste : caméra au plus près des corps, plans-séquences qui gravitent autour des personnages, impression constante d’être enfermé avec eux dans leur crise conjugale. Certains moments sont particulièrement inspirés, notamment l’entrée en scène lors du dernier numéro de stand-up. Mais malgré ces qualités indéniables, je suis malheureusement resté à distance. Si le film a le mérite de s’intéresser au stand-up, un univers rarement exploré au cinéma, les scènes censées déclencher le rire m’ont laissé de marbre. Et surtout, j’ai ressenti le même blocage que devant Marriage Story — et plus largement certaines comédies romantiques new-yorkaises : une difficulté à m’attacher à des personnages qui me paraissent déconnectés du réel. La seconde partie, davantage centrée sur la remise en question du couple, gagne en profondeur… mais l’ennui s’était déjà installé. Partager

  • Critique de LA LA LAND – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film LA LA LAND . LA LA LAND ❤️❤️❤️❤️❤️ LA LA LAND 1ère Ce moment où tu te dis qu'on a beau être en janvier, tu viens sûrement de voir le plus beau film de 2017 Pourtant, tu connaissais le potentiel de Damien Chazelle depuis que son "Whiplash" t'avait mis sur le cul il y a un an Mais là... D'entrée, la scène d'ouverture, avec un des plus beaux plans séquences du cinéma, t'annonce la couleur : tu vas vivres une expérience hors norme Le mec réussi à nous offrir un hommage vibrant aux comédies musicales d'antan tout en nous offrant quelque chose de moderne et bourré d'inventivité Mieux, moi qui déteste le jazz, il réussi pour la deuxième fois consécutive à me faire tomber sous le charme d'un film où cette musique est au coeur de l'histoire Alors, certes, tout n'est pas parfait, avec notamment quelques longueurs Mais le film rempli de scènes d'une poésie rare, et d'une mise en scène maîtrisée de main de maitre. Sans parler de ce final dont les poils de mes bras ne vont jamais s'en remettre Et les acteurs ne sont pas en reste Ryan Gosling et Emma Stone réussissent à nous emporter dans leur histoire d'amour sans jamais tomber dans le mièvre (je vous rassure pas au point de me refaire croire en la chose : ça reste du cinéma ) Cette dernière m'a d'ailleurs bluffé et devrait bientôt pouvoir poser une petite statuette avec son nom gravé dessus Voilà GROS coup de coeur de ce début d'année Compliqué d'en parler sans trop en dévoiler Une chose est sûre, ce soir je risque de danser dans mes rêves... LA LA LAND 2e Tu avais raison Edwige, c'est encore mieux la deuxième fois Ca a même été une expérience assez bizarre Plusieurs fois dans le film, mes poils se sont hérissés au début des ces scènes qui m'avaient déjà subjugué à la première visu Un putain de feu d'artifice ce film!!! De la scène d'ouverture qui te met un uppercut en t'annonçant que tu vas voir un truc hors normes En passant par toutes ces explosions visuelles, musicales et d'émotions Et pour finir par un bouquet final HALLUCINANT de poésie : surement la plus belle scène finale qui le cinéma m'ait offert à ce jour Et cette musique qui rentre en toi pour s'y imprimer. Ce soir j'avais l'impression de connaitre chaque passage musical depuis une éternité. Pas étonnant que La La Land, fier de ses 14 nominations aux oscars, soit nommé à deux reprises dans la catégorie "Meilleure chanson originale" (je ne savais même pas que c'était possible...) Alors oui, à ma première critique, j'avais quand même émis quelques réserves sur certaines longueurs, qui étaient vite effacées par la magie qui s'offre à nous Mais, ce soir non, car Damien Chazelle maitrise son sujet de A à Z et ne laisse rien au hasard Chaque scène, chaque détail a au final son importance qui permet que la sauce prenne Comme dit Emma Stone dans une scène "Le public viendra, parce que tu es passionné. Et les gens aime ceux qui sont passionnés par ce qu'ils font". Et c'est exactement ça : Damien Chazelle est passionné par le cinéma, par la musique et ça se ressent dans chaque scène du film Emma Stone... Mais EMMA STONE putain!!! Alors je suis désolé pour les quatre autres actrices qui sont nommées aux oscars (Et pourtant tu sais à quel point je t'admire Nathalie Portman), mais ça ne sert à rien de vous déplacer à la cérémonie le 26 février. Elle transperce l'écran d'une force!!! Rien que ses yeux, j'ai envie de plonger dedans tellement ils sont grands, mais surtout ce sourire et cette palette d'émotions qu'elle t'envoie à la gueule. Bon OK, merci à Ryan Gosling, qui très classe (comme dans son rôle d'ailleurs), à l'image de son partenaire de danse dans le film, la soulève pour l'envoyer tutoyer les sommets du 7e art Bon, OK, je ne suis peut être pas objectif, car je suis peut être un poil tomber amoureux moi (dans la mesure où je suis encore équipé pour...) Pour résumé le film, ce soir, il y a une phrase qui m'est revenue. Cette magnifique phrase qui ouvre la pièce de théâtre qui me tient le plus à coeur : Des accordés " LE REVE COMME MOTEUR" Parce que déjà, c'est le thème principal du film Et puis, c'est ça La La Land, Ca te vend du rêve avant que tu n'ailles le voir Ca t'offre du rêve pendant ces deux heures de magie Ca vient envahir tes rêves quand tu vas te coucher après la séance Alors, j'ai une mission pour vous Je sais que je ne suis pas forcément doué avec les mots, mais je pense que j'ai à peu près réussi à vous faire comprendre à quel point ce film m'a fait vibrer Et j'aimerai que vous puissiez ressentir ne serait-ce que le dixième de ce que j'ai ressenti Donc, vous allez tous me faire le plaisir d'aller voir ce film au cinéma Parce que non, ce genre de spectacle ça se vit dans une salle obscure, au moins pour profiter de cette bande son magistrale Et vu que je suis euphorique, je m'engage à vous rembourser votre place si vous n'êtes pas transporter ( Lilian, envoie moi direct ton RIB que je te fasse l'avance, même si je suis impatient que tu me fasses partager tes arguments 😉 ) La La Land, c'est en voyant des films comme ça que je me souviens ce qui fait que le cinéma me passionne Il pourra tranquillement aller rejoindre sur mon chevet, les "Eternal Sunshine", "Alabama Monroe" et autre "Fight Club" (petite dédicace à Fabien qui m'a appris hier que je n'étais pas le seul à mettre ce chef d'oeuvre de Fincher sur un pied d'estale) Partager

  • La transition d’un projet casse gueule vers une pépite d’une originalité folle.

    Découvrez notre critique détaillée du film EMILIA PEREZ . La transition d’un projet casse gueule vers une pépite d’une originalité folle. EMILIA PEREZ ❤️❤️❤️❤️ La transition d’un projet casse gueule vers une pépite d’une originalité folle. Manitas, un chef de cartel mexicain, contacte Rita, une avocate travaillant pour un cabinet dont la philosophie est de blanchir des criminels. Il décide de l’engager pour l’aider à changer de vie : devenir la femme qu’il a toujours rêvé d’être et disparaître de la circulation (parce que oui, dans le milieu des cartels, ça passe encore moins bien que dans le reste de la société…). Ah oui, j’ai aussi oublié un détail : c’est une comédie musicale… Donc là, en quelques lignes, j’ai perdu la moitié des lecteurs, qui passeront donc certainement à côté d’un très grand film, car EMILIA PEREZ est un ovni, mais surtout une petite pépite. Alors oui, c’est une comédie musicale et ça chante vraiment beaucoup, mais on est plus proche d’un ANNETTE ou d’un DANCER IN THE DARK que d’un WEST SIDE STORY (qui est soit dit en passant ma comédie musicale préférée). Quand je dis ça, c’est pour expliquer qu’ici, les moments chantés sont loin des standards de Broadway et ne cherchent pas à en mettre plein les yeux avec des chorégraphies ultra-léchées et des morceaux qui restent en tête. Non, dans Emilia Perez, les chansons servent vraiment le scénario et sont plus souvent des introspections dans les pensées des protagonistes. Chaque chanson fait évoluer les personnages d’une manière ou d’une autre. Pour autant, le film est très esthétique et Jacques Audiard prouve une nouvelle fois qu’il a un sens du cadrage exemplaire. Même si on n’est pas dans le grand spectacle, c’est visuellement somptueux. On notera aussi que l’ensemble est soutenu par une superbe bande originale, mêlant les genres musicaux. Même si le film traite de la transidentité, c’est loin d’être le seul thème abordé. Il y est beaucoup plus largement question de recherche de soi en général : pour le personnage du chef de cartel par rapport à son genre, pour celui de l’avocate par rapport à son travail, et pour celui de la femme par rapport à son épanouissement sexuel. Le thème de la famille est aussi central, tout comme les victimes collatérales des crimes perpétrés par les cartels. Le film navigue ainsi entre le thriller, le film noir, le drame et la quête de rédemption. On pourrait penser que le film s’éparpille, et pourtant, grâce à son écriture exemplaire, l’ensemble forme un tout d’une grande profondeur. Mais surtout, le film est porté par trois actrices bluffantes et dirigées de manière remarquable. Karla Sofia Garcon en tête, qui impressionne par son charisme et l’émotion qu’elle arrive à dégager. Et même si le chant et la danse ne sont pas son fort, elle réussit à nous livrer de grands moments d’émotions dans ces scènes. Zoe Saldana se libère des grosses productions hollywoodiennes et livre une prestation éblouissante (aussi bien dans l’intensité de son jeu que dans le chant ou la danse). Selena Gomez, même si son rôle est moins important, n’est pas en reste et parvient à donner de l’épaisseur à son personnage. Toutes les trois font en sorte que la dramaturgie prenne, et que le film réussisse à toucher profondément le spectateur. Une nouvelle fois, Audiard prend des risques en sortant de sa zone de confort. Il nous livre ici un projet fou qui aurait pu être casse-gueule, mais au contraire, il est à la hauteur de ses ambitions et mélange les genres à merveille pour nous proposer un film aussi original qu’abouti. Partager

  • Le film qui enterre L’AMOUR OUF

    Découvrez notre critique détaillée du film LEURS ENFANTS APRÈS EUX . Le film qui enterre L’AMOUR OUF LEURS ENFANTS APRÈS EUX ❤️❤️❤️💛 Le film qui enterre L’AMOUR OUF Il est difficile de ne pas comparer LEURS ENFANTS APRÈS EUX à L’AMOUR OUF , sorti il y a quelques semaines. Tous deux adaptent des romans racontant l’histoire d’amour entre deux adolescents, sur fond de violence et de vengeance. L’AMOUR OUF déroulait son intrigue dans les années 80, ici, ce sont les années 90 qui servent de toile de fond, chacune illustrant une époque différente tout en explorant la fracture sociale qui sépare les classes. Dans les deux cas, la musique joue un rôle primordial. Et comble de l’ironie, alors que Gilles Lellouche réalisait le premier, il campe ici un rôle secondaire. Mais le constat est sans appel : tout ce que Lellouche a raté dans son film, les frères Boukherma le réussissent brillamment dans LEURS ENFANTS APRÈS EUX. Ils évitent la démonstration maladroite et les excès d’effets qui plombent L’AMOUR OUF (je ne me suis toujours pas remis de ces baisers sur fond de couchers de soleil ou bien ce chewing-gum transformé en cœur battant la chamade…). Leur mise en scène reste épurée, mais n’oublie jamais de faire du vrai cinéma. Le film flirte parfois avec les codes du western. Il offre aussi de très beaux moments, comme ce plan magnifique lors d’un bal qui raconte énormément de choses par l’image. La démesure et le côté hollywoodien vont ici laisser place à plus de pudeur et de retenue. Et ça fonctionne, car même si on a plutôt affaire ici à « l’amour flou », on s’attache aux personnages et on y croit. Et on en arrive à un deuxième point qui fait toute la différence : quand tu n’écris pas tes personnages à la truelle, réussissant la prouesse de ridiculiser un casting quatre étoiles, ça fait toute la différence. Le film repose principalement sur un trio de jeunes acteurs. Et même si j’ai toujours du mal avec le jeu « effacé » de Paul Kircher, sa relation avec Angelina Woreth s’avère d’une justesse désarmante, apportant une authenticité rare à leur histoire. Ce duo est complété par un brillant Sayyid El Alami qui forme avec Paul Kircher deux faces d’une même pièce, avec la violence et l’humiliation qui vont dicter leur vie. Il livre un personnage complexe qu’il aurait d’ailleurs été intéressant de voir plus développé. On notera aussi la toile de fond du contexte social de l’est de la France dont la désindustrialisation fait des ravages. On suit ces adolescents en quête de repères, d’avenir et cherchant à échapper à leur destin. Mais forcément, le spectateur retiendra surtout un Gilles Lellouche bluffant dans un rôle sombre et ambigu. Il réussit par moments à être terrifiant pour finalement s’avérer très touchant. Après, le film aurait peut-être mérité de passer sous la barre des deux heures pour réussir à maintenir sa tension tout du long. On pourra aussi lui reprocher son côté film jukebox et c’est vrai qu’il abuse un peu des standards musicaux des années 90. Mais il le fait plutôt bien et apporte un côté nostalgique à tous ceux qui ont traversé cette époque. Puis moi, tu me mets « Where Is My Mind » dans un film, forcément je perds un peu mon objectivité… Partager

  • Critique de PINOCCHIO – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du film PINOCCHIO . PINOCCHIO ❤️❤️❤️❤️ Voici une nouvelle adaptation du conte PINOCCHIO, la troisième en deux ans... Donc on peut clairement avoir peur d'y jeter un œil, surtout que le dernier remake de Disney était une purge... Sauf que c'est Guillemo Del Toro qui est au commande et une nouvelle fois il démontre son talent. Il s'affranchit totalement de l'imagerie de Disney et son PINOCCHIO est une TRÈS grande réussite. Déjà il revisite entièrement ce classique pour se le réapproprier. Il en change le contexte, et l'histoire se passe pendant la deuxième guerre mondiale, ce qui fait que le film résonne énormément avec L'ÉCHINE DU DIABLE et LE LABYRINTHE DE PAN qui traitaient déjà de la guerre vue par le regard d'un enfant. Ça s’adapte parfaitement au conte initial tout en amenant une toute autre interprétation. Même si le fil rouge est conservé, beaucoup de choses changent dans cette adaptation, lui apportant un côté plus mature, tout en gardant la magie du conte. Ça apporte beaucoup plus de profondeur à l'ensemble, avec des thèmes comme la mort, la dépression, le lien paternel, le deuil, la guerre, la propagande... Mais comme toujours chez Del Toro, malgré le côté sombre de ses œuvres, il y a toujours une poésie qui survole l'ensemble. Mais surtout, le film brille par sa forme, et de ce côté là, c'est un sans faute. C'est un film d'animation en motion capture et visuellement c'est à tomber par terre (et encore une fois ça aurait été un plaisir de découvrir ça sur grand écran...). Ça fourmille de détails, les animations et les décors sont impressionnants. On en oublie que c'est filmé en image par image. Il y a vraiment un travail sur l'ambiance qui colle parfaitement avec l'univers particulier du réalisateur. On y retrouve son obsession pour les monstres et la différence, et ça s'intègre idéalement au propos du film. Ça semble une évidence qu'il ait décidé de s'attaquer à ce remake. Le film est aussi porté par la musique avec plusieurs chansons et là aussi ça fonctionne, en apportant pas mal de légerté. Même si pour le coup, je vous conseille la VO car même si le film est bien doublé, au niveau des chansons ce n'est pas ça (pour moi, un des rares défauts du film). Bref, après son très bon NIGHTMARE ALLEY en début d'année, Del Toro nous offre une sublime fable initiatique qui, même si on semble tout connaître de ce classique, arrive à nous émerveiller autant qu'à nous émouvoir. Une très bonne surprise. Partager

  • Le blockbuster qui tombe à pic !!!

    Découvrez notre critique détaillée du film THE FALL GUY . Le blockbuster qui tombe à pic !!! THE FALL GUY ❤️❤️❤️💛 Le blockbuster qui tombe à pic !!! Un des rares souvenirs que j’ai de la série L’HOMME QUI TOMBE À PIC est la chanson de son générique. Et je ne suis pas un grand fan de la filmographie de David Leitch. Même si j’avais trouvé son BULLET TRAIN vraiment divertissant, le reste de ses films ont été aussi vite vus qu’oubliés… Bref, je n’étais pas vraiment "hypé" par le projet, mais le matraquage publicitaire a tout de même réussi à me faire aller y jeter un œil en salle. Et pour le coup, je ne m’attendais pas à prendre autant de plaisir devant son dernier film. Une des plus grandes qualités de FALL GUY est d’être un véritable hommage aux cascadeurs, ce métier de l’ombre injustement boudé aux Oscars par une industrie Hollywoodienne qui lui doit pourtant tant. Rien que le générique de fin est en ce sens une petite pépite. Car plus que d’en faire le héros de son histoire, les cascadeurs sont continuellement mis en avant, que ce soit par les dialogues, le tournage du film dans le film, ou le côté méta très présent. Un côté méta qui offre surement les moments les plus drôles de cette comédie d’action tout droit sortie des années 80-90 (appuyée par une BO qui emporte tout sur son passage). L’action et les cascades sont donc évidement au centre de ce grand divertissement, et il est même très généreux en la matière, mais l’humour et le second degré apporte aussi énormément de fun. Alors oui, le scénario cumule les facilités et les incohérences, certains personnages sont caricaturaux à l’extrême, mais le film l’assume totalement, en joue même énormément et quand il le fait, il devient même vraiment jouissif. Le film doit aussi beaucoup à Ryan Gosling, qui prouve une fois de plus à quel point il excelle dans la comédie (il était un des points forts de BARBIE, mais surtout du génialissime NICE GUY). Et son duo avec Emily Blunt fait merveille apportant une vraie touche de comédie romantique, qui fait même qu’on regrette finalement le peu de scènes qu’ils ont en commun. Bref, même si certains gags sont parfois un peu lourds ou que le film en fait parfois des caisses, cette comédie d’action pop-corn décalée et décomplexée a été pour moi un vrai plaisir coupable devant lequel j’ai pris énormément de plaisir. Partager

  • Une fresque historique qui résonne avec notre actualité

    Découvrez notre critique détaillée du film LES RAYONS ET LES OMBRES . Une fresque historique qui résonne avec notre actualité LES RAYONS ET LES OMBRES ❤️❤️❤️❤️ Une fresque historique qui résonne avec notre actualité Les Rayons et les Ombres , réalisé par Xavier Giannoli, s’impose comme une œuvre dense et profondément troublante. Au-delà de la simple reconstitution historique, le film explore la zone grise des consciences durant la Collaboration. Il ne sombre jamais dans la caricature : il nous fait comprendre les choix des collaborateurs, leurs peurs et compromis, sans jamais chercher à les excuser. Au centre du récit, le journaliste Jean Luchaire, interprété par Jean Dujardin, se révèle dans toute sa complexité. Humaniste convaincu de pouvoir agir de l’intérieur, il s’engage progressivement dans un engrenage moral qu’il ne maîtrise plus. Cette chute lente et inexorable constitue l’une des grandes réussites du film, qui refuse le spectaculaire pour privilégier une dérive crédible et profondément dérangeante. En miroir, le personnage de sa fille, Corinne Luchaire, s’impose comme le véritable cœur émotionnel du film. Elle incarne une jeune actrice aveuglée par ses ambitions et l’amour pour son père. Il s’en dégage une forme de sincérité et de fragilité qui donne au spectateur un regard extérieur sur le monde qui l’entoure. Dans ce rôle, Nastya Golubeva Carax impressionne, notamment lors d’une scène de casting qui est d’autant plus forte qu’elle fonctionne aussi à un second niveau : pour nous, spectateurs, c’est une révélation. Le film donne une grande place aux modalités citadines de la Collaboration : les fêtes somptueuses, les grands repas et les soirées élégantes composent un univers clos, presque irréel, où le luxe et la convivialité dominent. Un focus loin d’être anodin et qui contraste violemment avec le sort du reste du pays : la famine, la guerre, les déportations restent invisibilisées à l’écran. Cette mise en scène crée un effet de malaise chez le spectateur, pleinement conscient de la grande histoire que les personnages semblent choisir d’ignorer, soulignant leur aveuglement volontaire et leur détachement moral. Le motif de la tuberculose renforce cette lecture. Bien plus qu’un simple élément narratif, la maladie devient métaphore de la contamination morale : invisible au départ, elle progresse lentement, gangrène corps et consciences, et rend toute guérison impossible. Dans la continuité de Illusions perdues , Giannoli poursuit sa réflexion sur l’influence des médias. Presse et cinéma deviennent des instruments capables non seulement de convaincre, mais surtout de modeler les esprits et de normaliser l’inacceptable. Le film montre comment une idéologie peut s’installer insidieusement, par la répétition, la manipulation et l’adhésion progressive. Cette mécanique confère au film une résonance contemporaine troublante. En exposant les rouages de la banalisation et de la montée des extrémismes, Les Rayons et les Ombres agit comme un miroir de notre époque. Mais là où ses personnages pouvaient se réfugier derrière l’excuse « nous ne savions pas », le spectateur moderne est confronté à sa propre responsabilité : l’information est là, les signaux sont visibles, et l’histoire nous a déjà montré ce qui peut arriver. Exigeant et parfois austère, Les Rayons et les Ombres n’est pas un film qui cherche à séduire facilement. Mais c’est précisément dans cette radicalité qu’il puise sa force. Plus qu’un récit historique, il propose une réflexion glaçante sur la fragilité morale, sur la manière dont certains choisissent d’ignorer la réalité du monde, et sur la facilité avec laquelle l’histoire peut se répéter... Partager

  • Un monument cinématographique… que j’aurais préféré visiter plus vite.

    Découvrez notre critique détaillée du film THE BRUTALIST . Un monument cinématographique… que j’aurais préféré visiter plus vite. THE BRUTALIST ❤️❤️❤️ Un monument cinématographique… que j’aurais préféré visiter plus vite. Devant ce film, j’ai eu la sensation d’être au musée, face à une œuvre d’art que tout le monde admire. Tu la trouves magnifique, mais tandis que tu aimerais changer de salle, les autres restent figés à la contempler… Évidemment, le film a de nombreuses qualités. Le premier tour de force du film est de nous faire croire à la véracité de l’histoire qui se déroule sous nos yeux. Il est construit comme le biopic de cet architecte hongrois fuyant l’Europe d’après-guerre. Mais surtout, c’est assez hallucinant de voir une telle maîtrise visuelle avec un budget de seulement dix millions de dollars. Visuellement, c’est un sans-faute, avec des plans millimétrés et ce rendu si particulier du Vistavision, offrant des images sublimes et un grain ancrant le film dans son époque. De ce côté-là, c’est une déclaration d’amour aux films d’antan. Le film enchaîne aussi les plans marquants, comme celui repris sur l’affiche avec la statue de la Liberté inversée, symbolisant ce rêve américain illusoire… Il nous offre également quelques plans-séquences saisissants, avec notamment cette scène d’ouverture oppressante. La photographie et le soin apporté au rapport d’échelle enfoncent le clou : c’est un vrai régal pour les yeux. Autre énorme atout du film : son casting. Bien sûr, Adrien Brody en tête, qui livre ici probablement son interprétation la plus saisissante, incarnant un personnage torturé, résilient et combatif. Et même si la polémique sur l’usage de l’IA pour améliorer son accent fait débat, il mérite certainement l’Oscar cette année. (En suivant ce raisonnement, faudrait-il remettre en cause l’interprétation de John Hurt dans ELEPHAN MAN sous prétexte qu’il était maquillé ?). Guy Pearce et Felicity Jones ne sont pas en reste et impressionnent par la justesse de leur jeu. Le film aborde de nombreux thèmes. Bien sûr, l’architecture, mais ce n’est finalement qu’une façade. Il s’intéresse davantage au rêve américain et au mépris de classe, en passant par l’antisémitisme, l’ambition, le sacrifice ou encore les relations de pouvoir… Bref, le film est extrêmement dense. Et pourtant… Malgré toutes ses qualités formelles, THE BRUTALIST ne m’a jamais réellement embarqué, et je suis resté en retrait face à sa proposition. Le problème principal est qu’il ne m’a jamais touché émotionnellement. Malgré la richesse des sujets abordés, son ton froid et distant a rendu mon attachement aux personnages difficile. Et vu sa durée, c’est un vrai problème… Car le film est très long, et j’ai clairement ressenti les 3h35 passer, même avec un entracte de 15 minutes au milieu. Si sa première partie a su capter mon attention, la deuxième, malgré l’introduction d’un personnage féminin apportant un peu de sang neuf, m’a donné l’impression que le récit ne faisait que marteler les mêmes idées. Pire encore, comme un aveu d’échec, il a besoin d’un épilogue pour expliquer ce qu’il n’a pas réussi à mettre en images, malgré sa durée. Et même si ce coup de théâtre fait son effet, il aurait été bien plus intéressant de voir ce thème réellement exploité dans la deuxième partie, plutôt que de ressasser ceux du premier acte. Alors certes, sur la forme, c’est du grand cinéma, un film qui marquera probablement l’histoire du septième art. Il vaut vraiment le coup d’œil, mais je ne peux m’empêcher d’avoir un arrière-goût d’inachevé. J’attendais une fresque avec un impact émotionnel bien plus fort… Partager

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