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- LE GARÇON ET LE HÉRON : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film LE GARÇON ET LE HÉRON . LE GARÇON ET LE HÉRON ❤️❤️❤️❤️💛 Forcément là, je risque de perdre un peu de mon objectivité, vu à quel point je suis fan du travail de Miyazaki. Après dix ans d’absence, il a donc décidé de sortir de sa retraite pour nous proposer un nouveau bijou d’animation. Suite à la mort de sa mère, Mahito part vivre avec son père à la campagne, où il rencontra un Héron qui l’emmènera dans un fabuleux voyage initiatique. Je ne rentrerai pas plus dans les détails, car un des points forts du film est certainement la découverte de son univers. Dès sa scène d’ouverture, on est ébloui. Quelle claque visuelle !!! Le travail d’animation traditionnelle est encore une fois hallucinant. Un véritable travail d’orfèvre, où chaque arrière-plan ressemble à une peinture et est un régal pour les yeux, ça fourmille de détails, l’animation est d’une fluidité bluffante et le film propose un enchaînement d’idées visuelles déconcertant. L’univers est un véritable enchantement pour les yeux, mais aussi les oreilles, avec une musique époustouflante. On y retrouve tous les thèmes de prédilection du réalisateur, la guerre, la famille, la nature, l’enfance, le deuil, les divinités… Et son œuvre prend même ici des airs de film testamentaire, tant le thème de l’héritage est central. Il nous emmène dans un voyage onirique dans un univers extrêmement généreux et fourmillant d’idées, à la limite entre rêve et cauchemar, avec un bestiaire foisonnant. Une magnifique épopée qui surfera entre les genres dans une orgie visuelle et créative. Comme souvent chez Miyazaki, les personnages sont complexes et extrêmement attachants, jusqu’aux antagonistes. Car avec lui il y a énormément de nuances dans l’écriture de ses personnages, avec des héros qui ne sont pas parfaits, ou bien des méchants qui ne le sont pas vraiment. Il nous livre une nouvelle fois une œuvre poétique et mature, qui si comme moi, vous vous laissez emporter, vous fera ressortir de la salle des étoiles plein les yeux… Et même si dans mon cœur, il n’égalera pas LA PRINCESSE MONONOKE, LE CHÂTEAU AMBULANT ou MON VOISIN TOTORO, il n’en reste pas moins un des films les plus aboutis de cet immense réalisateur. Partager
- Une plongée glaçante dans l’emprise conjugale.
Découvrez notre critique du film SI TU PENSES BIEN . Une plongée glaçante dans l’emprise conjugale. SI TU PENSES BIEN ❤️❤️❤️💛 Une plongée glaçante dans l’emprise conjugale. Dans Si tu penses bien , Géraldine Nakache aborde frontalement la question de l’emprise conjugale , en choisissant de s’éloigner de toute violence physique pour mieux se concentrer sur une violence autrement plus insidieuse : la violence psychologique. Une domination invisible, mais tout aussi dévastatrice , qui s’installe progressivement jusqu’à étouffer totalement la victime. Le film montre avec précision la manière dont le bourreau se positionne constamment en victime. Il inverse les rôles, déplace la culpabilité, rend l’autre responsable de ses propres excès, jusqu’à faire douter la victime elle-même de ce qu’elle vit. Un mécanisme glaçant, rendu avec une justesse qui fait froid dans le dos. Géraldine Nakache aborde également la question de la religion, non pas comme un sujet en soi, mais comme un outil supplémentaire au service de l’emprise. Le mari s’en sert pour justifier ses comportements, imposer des règles et asseoir son autorité. Derrière un discours de foi, il construit un cadre de domination qui enferme encore davantage sa compagne, sans jamais forcer le trait. Pour traduire cette mécanique, le film enchaîne les allers-retours temporels afin de reconstituer progressivement le puzzle de la relation . Chaque scène éclaire la précédente, et l’on comprend peu à peu comment cette violence, diffuse au départ, resserre lentement son étau. Une tension continue s’installe alors, presque oppressante, mettant volontairement le spectateur mal à l’aise. Le tout est porté par un ton sobre et réaliste, sans jamais chercher la surdramatisation . C’est précisément ce refus d’en faire trop qui rend le film aussi crédible et percutant, avec cette mécanique froide d’une relation toxique qui se met en place. Ce malaise est renforcé par un choix de mise en scène très fort : des plans rapprochés au plus près du visage de Monia Chokri . On lit tout sur son visage, ses doutes, ses fissures, son enfermement progressif. Une proximité qui rend l’expérience encore plus étouffante. Et évidemment, le film tient en grande partie sur son duo d’acteurs. Monia Chokri, qui m’avait déjà marqué l’année dernière dans Des preuves d’amour et Les enfants vont bien , est ici bouleversante. D’une grande justesse, tout en retenue, elle impressionne aussi par l’expressivité de son regard , capable de traduire à lui seul toute la complexité de son personnage. Face à elle, Niels Schneider impose une présence à la fois charismatique et profondément inquiétante . Il évite soigneusement la caricature, ce qui rend son personnage d’autant plus dérangeant. Mais le film peut aussi laisser une sensation d’oppression un peu trop appuyée. À force d’enchaîner les scènes d’emprise, il laisse peu de respiration au spectateur . Une intensité constante qui, si elle est cohérente avec le sujet, donne parfois le sentiment d’insister un peu trop sur son message. À l’image de la formidable série Querer , Si tu penses bien s’impose comme un véritable thriller psychologique qui prend aux tripes. Un film aussi immersif que glaçant, dont le dernier plan risque de rester longtemps gravé en mémoire. Partager
- Satire à balle réelle sur le cinéma français
Découvrez notre critique du film LE DEUXIÈME ACTE . Satire à balle réelle sur le cinéma français LE DEUXIÈME ACTE ❤️❤️❤️❤️ Satire à balle réelle sur le cinéma français Quentin Dupieux est un réalisateur dont les œuvres divisent à chaque fois le public, et ce sera certainement une nouvelle fois ici. Il faut dire que son cinéma est extrêmement radical, et même s’il me laisse souvent sur le côté, son univers absurde me fascine. Et parfois il me choppe, comme ce fut récemment le cas avec INCROYABLE MAIS VRAI… ou ici, LE DEUXIÈME ACTE… Comme toujours, il est difficile de parler d’un de ses films sans trop en dévoiler, car il repose énormément sur leurs côtés high concept, donc je vais me limiter au synopsis officiel. Florence veut présenter David, l’homme dont elle est follement amoureuse, à son père Guillaume. Mais David n’est pas attiré par Florence et souhaite s’en débarrasser en la jetant dans les bras de son ami Willy. Les quatre personnages se retrouvent dans un restaurant au milieu de nulle part. Il nous propose ici son film le plus accessible, et peut être même le plus drôle, on rit même énormément… Avec un côté méta délirant et un cynisme assez jouissif, il va jouer avec le spectateur et critiquer le cinéma français, ainsi que ces acteurs. C’est son troisième film en un an et ce n’est peut-être pas anodin, car on a presque l’impression qu’avec celui-ci, il nous offre un triptyque sur l’art. Après le théâtre dans YANNICK et la peinture dans DAAAAAALI !, c’est donc au tour du cinéma de passer à la moulinette du réalisateur… Alors, ce n’est pas forcément toujours subtil, mais le film est souvent bien plus profond qu’il n’y parait… Tout y passera, de la cancel culture, au mouvement #metoo, en passant par l’IA ou l’ego et l’entre-soi des stars. Et c’est d’ailleurs quand les acteurs se moquent d’eux-mêmes avec une autodérision savoureuse que le film est le plus efficace. Garrel, Lindon, Quenard et Seydoux sont admirablement dirigés et prennent un véritable plaisir à jouer, dans tous les sens du terme... C’est un délice de les voir délivrer les tonnes de dialogues, car oui, le film est extrêmement bavard. Ça enchaine les joutes verbales et les dialogues ciselés… Mais, la cerise sur le gâteau, c’est la découverte de Manuel Guillot. Inconnu jusqu’alors, il n’a pas à rougir du quatuor de stars, et vient même voler la vedette en proposant sûrement les scènes les plus hilarantes du film. Et même si j’ai trouvé la fin moins aboutie, il n’en reste pas moins un grand moment de divertissement et à mon sens le meilleur film du réalisateur… Partager
- Un thriller politique anti-spectaculaire, mais fascinant
Découvrez notre critique du film L'AGENT SECRET . Un thriller politique anti-spectaculaire, mais fascinant L'AGENT SECRET ❤️❤️❤️ Un thriller politique anti-spectaculaire, mais fascinant Ce thriller politique, situé dans le Brésil des années 70, nous fait suivre Marcelo, un homme traqué par le régime militaire, qui tente de se reconstruire tout en recréant un lien avec son fils. À travers son parcours, le film dénonce la dictature qui gangrenait alors le pays. Difficile de ne pas penser au très bon JE SUIS TOUJOURS LÀ, sorti en début d’année, tant les deux œuvres dialoguent dans leur manière d’aborder la mémoire et la répression politique. Dès la scène d’ouverture, le spectateur est saisi par la maîtrise de la mise en scène. En quelques minutes, le film installe une ambiance poisseuse et oppressante, plongeant immédiatement dans la peur et la paranoïa propres à cette époque. À elle seule, cette ouverture fonctionne comme un véritable court-métrage d’une efficacité redoutable. Kleber Mendonça Filho démontre à plusieurs reprises l’étendue de son savoir-faire, en proposant des plans soigneusement composés et une direction précise, où chaque cadre renforce la tension politique et émotionnelle du récit. Le film n’a clairement pas volé sa Palme de la mise en scène à Cannes. L’AGENT SECRET adopte un ton à la fois original et surprenant dans sa manière d’aborder des thèmes lourds comme la dictature et l’oppression. Il joue constamment avec les genres, alternant moments de gravité, touches d’humour noir et élans presque poétiques. Il se permet même quelques fulgurances mémorables, comme cette scène totalement folle autour d’une jambe coupée, à la fois dérangeante et très maligne pour ce qu’elle raconte. Le film reste toutefois exigeant. Pour l’apprécier pleinement, il faut accepter son rythme lent, contemplatif et résolument anti-spectaculaire. On est très loin d’un film d’espionnage classique, malgré ce que pourrait laisser entendre son titre. D’autant plus que sa durée conséquente (2h40) fait que le film souffre de quelques longueurs. Et la multiplication des intrigues et des personnages complexifie le récit, au risque de parfois perdre le spectateur. Le réalisateur multiplie également les références au cinéma des années 70, de Spielberg à Richard Donner, ancrant davantage le film dans son époque tout en rendant un bel hommage au septième art. Ces références ne sont jamais gratuites : elles permettent aussi d’évoquer la manière dont le cinéma de cette décennie façonnait l’imaginaire collectif. Enfin, l’une des grandes forces du film réside dans son casting remarquable. Wagner Moura, en tête, confirme tout le bien que l’on pense de lui depuis NARCOS, où il incarnait Pablo Escobar. Mais les seconds rôles sont tout aussi marquants, offrant de véritables gueules de cinéma. Mention spéciale à Tânia Maria, inoubliable dans le rôle de la tenancière du refuge. Même si j’ai trouvé que le film s’éparpillait par moment et m’a laissé parfois à distance, il n'en reste pas moins une œuvre à la fois originale et fascinante. Partager
- UNE HISTOIRE D’AMOUR critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle UNE HISTOIRE D’AMOUR UNE HISTOIRE D’AMOUR ❤️❤️❤️❤️ Avec l’annulation du OFF 2020 j’étais passé à côté de ce spectacle que j’ai ENFIN pu découvrir hier au théâtre de Salon de Provence… et quel moment de théâtre !!! Alexis Michalik confirme une nouvelle fois qu’il est un de mes metteurs en scène préférés et surtout un conteur hors pair. Comme toujours chez lui, quelques acteurs vont interpréter une multitude de personnages, les changements décors et de costume se font face au public. Les scènes s’enchainent très vite, ça fourmille d’idées et apporte un dynamisme fou à ses pièces et leurs donnent un côté très cinématographique. UNE HISTOIRE D’AMOUR, est immanquablement le spectacle le plus personnel de l’auteur. Ici, comme le nom l’indique, on parlera d’amour. Celui entre ces deux femmes qui se rencontrent, mais aussi entre une mère et sa fille, entre un mari et sa femme, un frère et sa sœur ou bien une nièce et son oncle. Je n’en dirais pas plus pour vous laisser découvrir ce petit bijou. Mais forcément, vu le sujet, chaque spectateur se reconnaitra à un moment ou un autre dans cette tragédie. Parce que oui, on a affaire ici à une terrible tragédie qui prend le spectateur aux tripes et dont il ressortira bouleversé. Mais pourtant Michalik y apporte énormément d’humour, nous faisant passer continuellement du rire aux larmes. Les répliques fusent, le rythme est endiablé, les rebondissements s’enchainent et on ne voit pas le temps passer. Mais si l’ensemble fonctionne aussi bien c’est aussi grâce un casting sans faute. Ils nous font aimer, autant que détester leurs personnages. Marie-Camille Soyer et Juliette Delacroix impressionnent par leur justesse. Clément Aubert par l’humanité qu’il apporte au rôle de William. Pauline Bression dont la grâce offre une légèreté et une poésie salvatrice. Et bien sûr cette gamine bouleversante à laquelle on s’attache instantanément. Une nouvelle fois la magie Michalik et son sens du rythme opèrent pour le plus grand bonheur du public. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- LA LOI DE TÉHÉRAN : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film LA LOI DE TÉHÉRAN . LA LOI DE TÉHÉRAN ❤️❤️❤️❤️💛 Je ne vais pas y aller par quatre chemins, on a affaire ici à un film Iranien magistral, qui va aborder un des fléaux du pays : le crack. En Iran, un pays où 6,5 millions citoyens en consomment (6,5 étant d’ailleurs le nom original du film). Un pays où quelle que soit la dose qu’on retrouve sur toi (30g ou 50kg), la sentence est la même : la peine de mort. On y suit un flic aux méthodes radicales prêt à tout pour mettre la main sur un des barons de la drogue. Le film impressionne par son écriture et sa mise en scène. Son scénario va le faire passer du film d’action, au polar classique, au film carcéral, au drame, au film social… et ce de manière admirable. C’est un constat sans appel de la société Iranienne, son système judiciaire et carcéral, avec ce cercle vicieux entre la pauvreté, le trafic, la corruption… L’écriture des personnages est exemplaire. Ici rien n’est blanc ou noir. Le film basculera du point de vu de ses deux personnages, le flic et le narcotrafiquant, dont la confrontation les métamorphosera. Le traitement des personnages est d’une équité sans failles, explorant leurs part d'ombre et de lumière. D’un côté ce flic obsédé par sa lutte contre de la drogue qui devient trop personnelle, lui faisant parfois franchir la ligne. De l’autre ce trafiquant, avec lequel le réalisateur va nous faire rentrer en empathie, comprendre son parcours, sans pourtant l’excuser. La mise en scène est elle aussi bluffante. Même si le film a souvent ce côté docu-fiction, il enchaine les scènes marquantes et visuellement très inspirées, comme cette scène d’ouverture folle qui donne tout de suite le ton. Il y a un gros travail sur les scènes de foule, rendant souvent le film anxiogène mais montrant aussi l’ampleur du problème du crack dans le pays. Ces scènes prennent toutes leurs ampleurs au cinéma et laissent le spectateur sans voix. Parce que oui, on a affaire ici à un GRAND film de cinéma maitrisé de A à Z (mais quel plan final !!!). Un des meilleurs polars de ces dernières années. Bref, une énorme claque, un film choc, documenté, sans concession, haletant, suffocant et dont on ressort abasourdi… Partager
- Le retour de Hunger Games… sans le frisson.
Découvrez notre critique du film HUNGER GAMES : LA BALLADE DU SERPENT ET DE L'OISEAU CHANTEUR . Le retour de Hunger Games… sans le frisson. HUNGER GAMES : LA BALLADE DU SERPENT ET DE L'OISEAU CHANTEUR ❤️💛 Le retour de Hunger Games… sans le frisson. La saga Hunger Games, c'est un peu mon plaisir coupable. Pour la petite histoire, j'ai lu les livres et vu les films au fur et à mesure de leurs sorties avec ma nièce, d'où mon attachement à la saga... Et pour ce qui est des premiers films, même si ce n'est pas du grand cinéma, ça reste dans le haut du panier des productions pour ados qui envahissaient les salles à l'époque. La saga proposait un univers assez mature, avec un vrai travail de direction artistique et elle s'appuyait sur un bon casting qui aura notamment révélé Jennifer Lawrence. Et même si ça s'épuisait au fil des films, j'avais globalement apprécié la proposition. Bref, quand on a apprit qu'un nouveau film sortait, même si nous étions passé à côté du dernier roman, il fallait continuer cette tradition et le voir... Pourtant, les premières minutes étaient plutôt intéressantes, avec ce changement de point de vue, en s'intéressant au Capitol et au passé de Snow. Et ce qui est sûr c'est que les producteurs ont bien vu le talent de chanteuse de Rachel Zegler dans le fabuleux WEST SIDE STORY de Spielberg. Elle impressionne toujours autant par sa voix. Et puis, c'est à peu près tout pour les points poditifs... Parce que pour le reste, l'expérience a été plutôt douloureuse et surtout, c'est à l'image du titre : beaucoup trop long... A un moment, il va falloir arrêter cette mode avec les films qui s'étire sur 2h30-3h sans forcément avoir quelque chose à raconter... Autant, la relation entre Snow et Lucy aurait pu être intéressante, encore il aurait fallu vraiment la travailler. Au lieu de ça on a le droit à un nouveau jeu qui vient plomber le film pendant plus d'une heure, et le pire c'est que, vue que l'histoire se passe 60 ans avant, c'est sûrement les Hungers Games les moins impressionnants, ressemblant à un cache cache cache indipide et sans aucune idée de mise en scène... Clairement la plus mauvaise partie du film... Et malheureusement, j'avais déjà décroché, et même si la dernière partie est meilleure elle ne fonctionne pas, car justement ils n'ont pas pris le temps de développer leurs personnages principaux, pourtant très bien interprétés... contrairement à cette galerie de personnages secondaires qui n'apportent rien à l'histoire... sans parler des personnages caricaturaux et surjoués par Viola Davis et Peter Dinklage. Bref, une belle grosse déception... Partager
- EUPHORIA: critique et avis | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique de la série EUPHORIA EUPHORIA ❤️❤️❤️❤️💛 Alors là, ce n’était pas gagné, parce que les séries teen, c’est devenu un genre surexploité (et que je n’affectionne pas vraiment) ou tout semble avoir été dit. Et sur le papier, c’est un peu ça : tu as le droit au quaterback populaire, à la cheerleader, au fils de riche, au bal de promo, au dealer, au gay… Mais c’est sans compter sur HBO qui pour sa première tentative dans le genre signe un coup de maitre en envoyant valser les codes et le politiquement correct (la série peut même se montrer très crue). Dès les premières images, nous montrant un accouchement vu de l’intérieur, on comprend vite qu’on va assister à quelque chose de différent, avec ce personnage principal, Rue, qui va nous raconter l’histoire à travers ses yeux de camée sortant de désintox (nous laissant ainsi douter sur les faits qu’elle nous raconte). Ses monologues sont d’ailleurs souvent poignant et extèmement bien écris. Au final, même si les personnages semblent stéréotypés au premier abord, la série va prendre le temps de gratter la surface, pour au final leur apporter pas mal de profondeur. Chaque épisode se focalisant sur un personnage en particulier, nous relatant, via le regard de Rue, son enfance afin de nous faire comprendre les causes de ses troubles actuels, en arrivant à rendre attachant les plus détestables d’entre eux. Car oui, Euphoria dresse un portrait très sombre de la jeunesse avec leurs addictions, que ce soit la drogue, le sexe, les réseaux sociaux, la violence, la pornographie… le tout porter par un casting de jeunes artistes plein de promesses. On notera d’ailleurs une chose assez rare : HBO offre un des premiers rôles à une actrice transsexuelle. Et quel rôle, et quelle actrice !!! Hunter Schafer est envoutante dans son personnage aussi extravagant qu’attachant. Mais celle qui perce l’écran, c’est Zendaya, qui arrive à casser son image Disney et verra certainement sa carrière décoller avec ce rôle (je vois mal l’Emmy Award lui échapper). Et pour avoir vu la série deux fois en une semaine (VF puis VO), je note au passage la grande performance de doublage de Victoria Grosbois, car une grande partie de l’intensité de la série repose sur les monologues OFF nous relatant l’histoire, et Waouh !!! Quelle classe !!! Mais ce qui bluffe le plus, c’est la mise en scène souvent ingénieuse et on a le droit à des plans magnifiques sublimés par des lumières très saturées et une BO d’enfer. Ca nous offre parfois des scènes surréalistes (voir même jubilatoire). Jusqu’à une scène finale HA-LU-CI-NANTE à te décoller la mâchoire !!! Bref, même si la série chorale est TRES sombre et parfois choquante, on tombe sous le charme de ses personnages, de son ambiance et de son côté humain et des émotions qu’elle nous fait vivre. Un vrai coup de cœur de cet été qui sort incontestablement du lot. Partager
- Quand le doute devient une question de vie ou de mort.
Découvrez notre critique détaillée du spectacle 12 HOMMES EN COLÈRE Quand le doute devient une question de vie ou de mort. 12 HOMMES EN COLÈRE ❤️❤️❤️💛 Quand le doute devient une question de vie ou de mort. Dès le lever de rideau, l’arrivée des douze jurés peut désorienter : on a d’abord le sentiment de se perdre parmi ces nombreux personnages. Pourtant, cette impression s’efface rapidement grâce à une caractérisation précise et nuancée. Chacun finit par s’imposer pour offrir une riche diversité de points de vue et en révélant toute la complexité des dynamiques de groupe. Pour sa mise en scène, Charles Tordjman propose une lecture à la fois fidèle et reposant sur une grande sobriété. Si l’on pouvait attendre davantage de modernité ou de prises de risque, ce choix permet de laisser toute sa place au texte et au jeu des comédiens, qui deviennent les véritables moteurs de la tension dramatique. Le décor, imposant et fermé, participe pleinement à cette expérience de huis clos, en créant une sensation d’enfermement et d’oppression. Cette tension constante est toutefois ponctuée de touches d’humour bienvenues, qui offrent des respirations et humanisent les personnages. Si l’on connaît l’issue de l’histoire dès le départ, ce n’est pas tant la finalité qui importe que le chemin pour y parvenir. Tout l’intérêt réside dans la progression du juré numéro huit, et de son argumentation pour convaincre, un à un, les autres jurés. La pièce dépasse largement la simple question de la culpabilité de l’accusé pour interroger la place du doute dans la justice. Elle met en lumière la responsabilité individuelle face à une décision irréversible. Par les thèmes qu’elle aborde ( justice, préjugés, pression du groupe), l’œuvre conserve une portée universelle et profondément actuelle. Cependant, la comparaison avec le film de Sidney Lumet s’impose inévitablement, et c’est ici que la mise en scène théâtrale peut montrer ses limites. Bien que l’œuvre soit à l’origine une pièce, le huis clos semble trouver une efficacité encore plus marquée au cinéma. À l’écran, la caméra permet de varier les points de vue, de capter les regards, d’isoler les visages, là où le théâtre impose une frontalité et une présence simultanée des douze comédiens qui peut parfois atténuer l’intensité individuelle. Ainsi, malgré une mise en scène volontairement classique et parfois moins percutante que son équivalent cinématographique, le spectacle séduit tout de même par la qualité de son interprétation et la force intemporelle de son propos. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Un film coup de poing sur l’inhumanité aux frontières de l’Europe.
Découvrez notre critique du film GREEN BORDER . Un film coup de poing sur l’inhumanité aux frontières de l’Europe. GREEN BORDER ❤️❤️❤️❤️ Un film coup de poing sur l’inhumanité aux frontières de l’Europe. Agnieszka Holland signe un film coup de poing, avec une fiction très documentée sur les Migrants cherchant à venir en Europe. L'intrigue se place en 2021, avant la construction du mur séparant la Pologne et la Biélorussie. On y suit une famille Syrienne qui cherche à se rendre en Suède et qui va être confrontée à la tyrannie des gardes-frontières des deux pays qui ne vont cesser de les renvoyer dans le pays voisin, en les jetant comme un simple ballon de part et d’autre des barbelés… La première partie du film est d'ailleurs assez immersive et surtout très éprouvante, en montrant l'être humain dans ce qu'il a de pire, privant les réfugiés de toute dignité et leurs faisant subir les pires sévices, aussi bien physique que moral. D'autant plus qu'il est filmé dans un noir et blanc donnant un côté funéraire et surtout intemporel à l'œuvre. Mais, le film ne tombe pas pour autant dans le misérabilisme et on a affaire à un film chorale qui va multiplier les points de vue, permettant au spectateur de garder une certaine distance. On suivra ainsi cette famille, mais aussi un garde-frontière, un groupe d'activiste, ainsi qu'une citoyenne polonaise qui se retrouvera embarquée dans cette tragédie. Avec son film Holland dénonce un système extrémiste qui a fait de ces migrants des "balles vivantes" et la propagande militaire qui fait qu'ils sont déshumanisés et pointés comme le mal absolu. Elle nous livre un film d'une profonde justesse, même si on peut regretter que le seul garde-frontière traité avec certaine nuance soit le protagoniste sur lequel elle s'attarde. On est continuellement révolté par ce qui se passe sous nos yeux et elle nous rappelle à quel point, la principale raison pour laquelle nous sommes libre, c’est que nous avons eu la chance d'être nés du bon côté de la mappemonde, mais que cette liberté ne doit pas nous faire pour autant oublier les valeurs humaines… Partager
- Un thriller abyssal à perte de souffle.
Découvrez notre critique du film LOS TIGRES . Un thriller abyssal à perte de souffle. LOS TIGRES ❤️❤️❤️ Un thriller abyssal à perte de souffle. Dans ce thriller espagnol, Alberto Rodríguez nous plonge dans l’univers méconnu et périlleux des scaphandriers industriels. Le film suit Antonio et Estrella, frère et sœur, confrontés à des choix moraux après la découverte d’une cargaison de cocaïne dissimulée dans un cargo. Visuellement saisissant, LOS TIGRES parvient à capturer avec justesse la tension et le danger inhérents à ce métier extrême. Ayant moi-même pratiqué la plongée pendant plusieurs années, j’étais particulièrement curieux de découvrir un film abordant un sujet aussi rarement traité au cinéma. Les scènes sous-marines sont particulièrement maitrisées et d’un réalisme impressionnant. Elles installent une tension constante et offrent une véritable expérience sensorielle immersive, au point de nous faire retenir notre souffle. Antonio de la Torre et Bárbara Lennie incarnent leurs personnages avec une grande justesse, les rendant à la fois attachants et profondément crédibles. Ensemble, ils dressent le portrait de deux êtres marqués par l’ombre de leur père et les traumatismes de l’enfance. Le film aborde également la précarité et la solidarité familiale, lui conférant une dimension sociale qui dépasse le simple cadre du thriller. Si LOS TIGRES séduit par son atmosphère immersive et son souci du réalisme, son rythme peut toutefois sembler inégal. Le premier tiers du film prend son temps pour installer les enjeux, parfois au détriment de la dynamique narrative. De même, le climax, même s’il reste efficace et extrêmement tendu, paraît quelque peu expédié : j’aurai justement aimé voir la tension autour du trafic de drogue davantage développée. LOS TIGRES reste tout de même un thriller visuellement impressionnant, doublé d’un drame intimiste, qui privilégie l’ambiance et le réalisme aux coups de théâtre spectaculaires. Partager
- Un buddy movie de plus… jusqu’à ce que la mise en scène fasse la différence.
Découvrez notre critique du film MAYDAY . Un buddy movie de plus… jusqu’à ce que la mise en scène fasse la différence. MAYDAY ❤️❤️❤️ Un buddy movie de plus… jusqu’à ce que la mise en scène fasse la différence. À première vue, Mayday a tout du buddy movie de plateforme formaté , comme il en sort à la chaîne, au point de faire craindre un nouveau film aussitôt vu qu’oublié. Et le fait que Ryan Raynolds soit au casting ne me rassurait pas. Je dois aussi avouer que je ne suis loin d’être un grand fan de l’acteur, surtout quand il fait du “Ryan Reynolds”. Et ici, c’est malheureusement exactement le cas : son registre habituel, fait de petites vannes et de sarcasmes, revient en boucle , avec des blagues parfois un peu lourdes qui font sa réputation. Le film ne brille pas davantage par son écriture. L’intrigue empile les clichés, les facilités et les incohérences, sans jamais chercher à surprendre ni à approfondir ses enjeux . Certes, Mayday revendique un héritage assumé des années 80-90, que ce soit dans son ton ou sa construction, mais l’ensemble paraît souvent balisé, voire paresseux. Et pourtant, contre toute attente, le film parvient à fonctionner comme un divertissement honnête. Même en étant peu sensible à l’humour de Reynolds, difficile de nier l’efficacité du duo qu’il forme avec Kenneth Branagh. Ce dernier, à contre-emploi, apporte une énergie décalée qui dynamise l’ensemble et lui permet même, à plusieurs reprises, de voler la vedette. Mais le véritable atout de Mayday , c’est clairement sa mise en scène. Jonathan Goldstein et John Francis Daley confirment le talent déjà aperçu avec le très sympathique Donjons & Dragons . Les scènes d’action sont extrêmement maîtrisées, lisibles et particulièrement bien chorégraphiées , ce qui devient presque rare dans ce type de production. Elles sont souvent inventives et franchement jouissives, avec en point d’orgue une scène de baston dans un bar particulièrement bluffante. Le film doit aussi beaucoup au timing comique du duo de réalisateurs, souvent très efficace, qui parvient à donner du rythme et une vraie dynamique aux situations , y compris lorsque l’écriture faiblit. Malgré des répliques parfois lourdes, plusieurs passages font mouche, notamment une scène de placard particulièrement réussie. Le film repose également sur un duo de personnages assez classique mais efficace , véritable colonne vertébrale du récit. En revanche, les personnages secondaires peinent à exister. Souvent cantonnés à des fonctions narratives, ils manquent d’épaisseur, à l’image du personnage de la fille, davantage utilisé comme ressort scénaristique que véritablement développé. Au final, Mayday ne marquera sans doute pas durablement les esprits, mais il remplit son contrat : celui d’un divertissement efficace, rythmé et globalement plaisant , qui compense ses faiblesses par une mise en scène solide et un sens du spectacle indéniable. Partager













