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- Ce qu’il me restera : cette émotion aussi foudroyante que sincère…
Découvrez notre critique détaillée du spectacle CEUX QUI RESTENT Ce qu’il me restera : cette émotion aussi foudroyante que sincère… CEUX QUI RESTENT ❤️❤️❤️❤️ Ce qu’il me restera : cette émotion aussi foudroyante que sincère… Etienne, un trentenaire accompagne sa mère malade en Suisse, où celle-ci a décidé de mettre fin à ses jours par suicide assisté... Alors oui, le sujet est lourd, et aurait très facilement pu tomber dans le pathos, mais c'était sans compter sur la finesse d'écriture et surtout sur une incroyable Anne De Peufeilhoux. La comédienne est d'une justesse inouïe qui vient transpercer le cœur du public à chaque réplique. Elle m'a submergé d’émotions par sa façon de nous évoquer ses souvenirs et de nous dire à quel point elle a aimé la vie. Car si le spectacle traite bien du suicide assisté, il le fait avec une grande sensibilité, et au contraire, il célèbre la vie dans tout ce qu’elle a de plus beau… Pour ne pas tomber dans le sentimentalisme gratuit, le spectacle fait le choix judicieux de mettre en parallèle cette histoire avec la rencontre entre Etienne et sa Juliette. Il y sera donc beaucoup question d'amour, avec d'un côté les premiers "je t'aime" et de l'autre ceux qui sonnent comme un adieu. Plusieurs fois, la pièce frôle la ligne du mélodrame sans jamais la franchir et évite bien souvent les discours larmoyants. La pièce transpire de tendresse et de nostalgie, mais aussi d'humour et elle le fait avec un équilibre délicat et parfaitement maitrisé. Car bizarrement, on rit beaucoup, sans que cela aille à l'encontre du propos de la pièce. Ce spectacle a réussi à jouer à la perfection avec mes émotions , essuyant souvent d'un rire les larmes que je ne pouvais retenir. Et si on m'avait dit que j'allais fondre en écoutant du Sardou ! Mais surtout, cette pièce m'a donné une envie furieuse de courir dire à ma mère à quel point je l'aime... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- C-O-N-T-A-C-T critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle C-O-N-T-A-C-T C-O-N-T-A-C-T ❤️❤️❤️💛 On a pas réellement ici affaire à du théâtre, c'est un peu plus que ça et propose aux spectateurs de vivre une expérience d'une grande originalité. Un spectacle créé après le premier confinement afin de continuer à faire vivre le théâtre, alors que les salles restaient fermées. Le public, une quinzaine de personnes, est invité à suivre une comédienne qui déambule. A l'aide d'une application mobile, les spectateurs entendront les pensées de cette femme, ses doutes, ses angoisses, ses espoirs... Elle sera vite rejointe par un deuxième acteur avec lequel elle communiquera par la pensée. Les acteurs n'auront que le regard, leurs mimiques pour véhiculer les emotions, et force est de constater que ça fonctionne à merveille. On est en immersion totale avec ces personnages, tournant autour d'eux, vivant au plus près leurs échanges. On a l'impression d'être dans une bulle, en oubliant même notre casque audio et le monde environnant. L'effet est saisissant et d'une grande efficacité. Les promeneurs deviennent inconsciemment des figurants, sans imaginer ce qui se déroule sous nos yeux, juste surpris de voir notre petit troupeau se balader au milieu du magnifique jardins des Doms qui sert de scène à ce spectacle. Un moment magique, surréaliste et plein de tendresse qui fait un bien fou et donne l'envie de pouvoir prendre quelqu'un dans ses bras... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Un miracle porté par l’amour maternel.
Découvrez notre critique du film MA MÈRE, DIEU ET SYLVIE VARTAN . Un miracle porté par l’amour maternel. MA MÈRE, DIEU ET SYLVIE VARTAN ❤️❤️❤️💛 Un miracle porté par l’amour maternel. Certes, le titre n’est pas forcément des plus vendeurs, mais finalement il colle parfaitement au récit. En 1963, Roland naît avec un pied-bot. Sa mère refuse d’écouter les médecins et se promet que son fils ira à l’école à pied comme tous les autres enfants. Animée par une foi inébranlable en Dieu, un amour maternel sans limites et l’obsession de son fils pour Sylvie Vartan, elle va accomplir ce qui s’apparente à un véritable miracle. Si ce synopsis peut sembler rocambolesque, il s’agit pourtant d’une histoire vraie, tirée d’un roman autobiographique. Le film retrace ainsi cinquante ans de combats, de sacrifices et d’espoirs au sein de cette famille, portée par une mère déterminée à ce que son fils ne subisse jamais son handicap. La force du film réside dans sa manière de se concentrer avant tout sur ses personnages, plutôt que sur un simple enjeu dramatique. Leïla Bekhti est absolument formidable dans le rôle de cette mère courage. Elle porte littéralement le film durant sa première moitié, incarnant une femme à la fois dans le déni, obstinée, débordante d’énergie, drôle et terriblement attachante… mais aussi envahissante et parfois insupportable. Loin de tomber dans la caricature de la mère juive possessive, le film lui offre un portrait nuancé et profondément humain, grâce à l’écriture subtile de Roland Perez, qui livre ici une véritable déclaration d’amour à sa mère. L’émotion comme l’humour sont parfaitement dosés, sans jamais forcer le trait. Et puis, il y a Jonathan Cohen, surprenant dans un rôle à contre-emploi. Après MAKING OFF l’an dernier, il prouve une nouvelle fois qu’il sait briller ailleurs que dans des rôles comiques et déjantés. Au niveau de la mise en scène, Ken Scott, un réalisateur Québécois à qui l’on doit l’excellent STARBUCK, choisi un montage dynamique, qui nous fait traverser les époques avec fluidité, tout en exploitant intelligemment la répétition des situations. Le film reste fidèle à l’aspect autobiographique du roman en intégrant une voix off, qui renforce la narration tout en évitant les longueurs. La photographie, elle, évolue subtilement au fil des années, apportant une vraie texture au récit. Par contre, on pourra regretter l’utilisation du rajeunissement numérique qui est assez laborieux, notamment lors d’une scène que je vais éviter de développer ici… Au final, j’ai été agréablement surpris. Je craignais que le film joue trop avec les clichés, notamment sur la possessivité des mères juives, mais il parvient à les éviter en proposant un regard sincère, drôle et touchant. Une œuvre sensible qui, bien que classique dans sa forme, touche en plein cœur. Partager
- Vous ne verrez plus votre livreur Uber Eats de la même façon…
Découvrez notre critique du film L’HISTOIRE DE SOULEYMANE . Vous ne verrez plus votre livreur Uber Eats de la même façon… L’HISTOIRE DE SOULEYMANE ❤️❤️❤️❤️ Vous ne verrez plus votre livreur Uber Eats de la même façon… Souleymane livre des repas en attendant son entretien de demande d’asile, qui a lieu dans deux jours. 48 heures pendant lesquelles nous le suivons courir dans la capitale, alors qu’il essaie de se préparer pour ce rendez-vous fatidique… On a affaire à un film immersif, avec une caméra à l’épaule collant constamment à notre personnage. Ici, il n’y a pas d’histoire secondaire : pendant 1h30, on est avec Souleymane, on vit avec lui ses angoisses, ses doutes, et la terrible pression qui pèse sur ses épaules. Le film oscille continuellement entre le documentaire social et le thriller. Le spectateur est en apnée, emporté dans cette course contre la montre qui n’est pas sans rappeler l’excellent À PLEIN TEMPS, sorti il y a trois ans. Et même si on devine où le film veut aller, il y a un réel sens du rythme et de la tension. La caméra se pose rarement, et on est tenu en haleine jusqu’à un dernier acte bouleversant qui vient nous prendre aux tripes. Le film évite les clichés du genre et tout misérabilisme, en se concentrant sur les faits, sans fioritures ni musique, ce qui rend le propos encore plus réaliste et percutant. Plus que de dénoncer un système, Boris Lojkine nous livre le portrait poignant d’un homme confronté à une réalité implacable, qui cherche à se créer une place dans la société. Le spectateur se prend d’empathie pour Souleymane, incarné par Abou Sangare, qui, comme le reste du casting, est toujours juste malgré son statut d’acteur non-professionnel. Le film nous rappelle que, même si nous avons tendance à souvent nous plaindre en France, nous jouissons de privilèges simplement parce que nous avons eu la chance inouïe de naître au bon endroit, au bon moment. C’est le genre de film qui, lorsque la lumière se rallume, reste gravé en nous et auquel on pense longtemps… Partager
- Son super pouvoir : un dynamisme et un optimisme à toute épreuve
Découvrez notre critique détaillée du spectacle HÉPATIK GIRL Son super pouvoir : un dynamisme et un optimisme à toute épreuve HÉPATIK GIRL ❤️❤️❤️ Son super pouvoir : un dynamisme et un optimisme à toute épreuve Forcément, quand tu choisis d’aller voir un spectacle alors qu’en dehors de la salle ce sont les résultats des élections qui arrivent, tu n’es pas forcément concentré. Et je dois bien avouer que j’ai mis un certain temps à rentrer dedans. Mais c’était sans compter sur le talent de Marie-Claire Neveu qui a réussi à me prendre la main et m’emporter… Dans ce spectacle, elle nous raconte sa maladie et son parcours du combattant. Atteinte de trois maladies chroniques qui n’ont cessé de lui mettre des obstacles sur son chemin. Sauf que pour la comédienne, la vie est une fête dont il faut profiter chaque instant. Elle va donc nous raconter sa vie, sans aucun patho, préférant privilégier l’humour, l’autodérision et surtout, l’optimisme. Jamais elle ne cherchera à venir nous tirer une larme, préférant continuellement retirer le positif de son expérience. Et pour cela, elle va déployer pour ça une énergie communicative . En enchaînant les différents personnages avec un vrai sens du rythme, elle va nous entrainer dans son épopée auto-immune. Elle nous racontera ainsi son parcours médical, le regard des autres ou son combat avec les assurances, mais abordera aussi des sujets de société, comme les aberrations du système ou l’écologie, sans pour autant être moralisateur. Le dernier tier de ce seule en scène est même une franche réussite , que ce soit lors d’une chanson ou par sa tournure plus engagée. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- JEU critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle JEU JEU ❤️❤️❤️ Jeu est un spectacle de marionnettes d'une grande originalité. Les visages des personnages sont représentés par de simples masques qui seront complétés par divers accessoires pour figurer les corps. Les marionnettistes se faisant vite oublier, c'est l'imaginaire du spectateur qui fera le reste. Et ça tombe bien, car l'imaginaire sera au centre du spectacle. Basile est en enfant à l'imagination débordante pour qui tout n'est que prétexte au jeu. Pour sa première journée d'école, son père puis son professeur auront du mal à concentrer son attention, et il emmenera le spectateur dans ses rêveries éveillées. La mise en scène est ingénieuse avec tous ces cubes aux faces peintes qui en s'assemblants formeront les différents décors. Un spectacle d'une tendresse infinie et dont la poésie a réveillé l'enfant qui someille en moi. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- GUERRE critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle GUERRE GUERRE ❤️❤️❤️❤️ C'est dans une ambiance crépusculaire que s'ouvre ce seul en scène, avec un superbe travail sur les lumières et les clairs-obscurs. La scène est épurée, mais Benjamin Voisin l'empli par une présence scénique démesurée. Je n'avais pas attendu le OFF pour me rendre compte qu'il est un des acteurs les plus prometteur du cinéma français. Mais il prouve avec GUERRE qu'il est tout autant un comédien hors norme. Que ce soit en interprétant ce soldat traumatisé par la guerre, son voisin de chambre, l'infirmière ou cette prostituée, il livre une palette de jeu qui laisse admiratif. Il est habité par ses personnages par lesquels il délivre le texte cru de Céline. J'en suis ressorti abasourdi et debout devant un tel talent. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Une œuvre folle, radicale et visuellement renversante.
Découvrez notre critique du film PAUVRES CRÉATURES . Une œuvre folle, radicale et visuellement renversante. PAUVRES CRÉATURES ❤️❤️❤️❤️ Une œuvre folle, radicale et visuellement renversante. J’ai vu ce film il y a deux jours et ce n’est pas plus mal d’avoir pu prendre le temps pour le digérer avant d’en parler. Car à la sortie de la salle, je n’étais pas sûr de savoir à quel point j’avais aimé ce film, mais ce qui est certain c’est que depuis son visionnage, je ne cesse d’y penser. A l’instar de film comme MOTHER !, ANNETTE ou autre BEAU IS AFFRAID, la proposition est tellement radicale qu’elle marquera indéniablement le spectateur… Je vais essayer d’en dévoiler un minimum, car la découverte de l’univers est un des grands atouts du film. Donc pour faire simple, on a affaire à une relecture du mythe de Frankenstein au féminin (enfin, ça va BEAUCOUP plus loin que ça…) C’est le genre de film qui ne ressemble à aucun autre et qui s’écarte de tous les standards au point de risquer de laisser sur le bas-côté une partie du public. Et je dois bien avouer que j’ai eu du mal à rentrer dedans. Le film commence par un huit clos en noir et blanc au rythme assez lent mais nécessaire pour la suite. On y découvrira Bella, cette femme ramenée à la vie avec une âme d’enfant et retenue enfermée par son créateur pour la préserver du monde extérieur. Et justement le film va prendre toute son ampleur, pour devenir une quête initiatique, quand elle partira dans une odyssée folle à la découverte de ce monde dont elle ignore tout. Sur la forme le film est assez exceptionnel et c’est une des raisons pour lesquelles il est aussi marquant. La direction artistique, extrêmement maitrisée, nous offre une aventure baroque et visuellement déconcertante, avec des décors hallucinants aux couleurs chatoyantes. Visuellement c’est éblouissant, et chaque titre découpant le chapitrage du film est à lui seul une œuvre d’art. D’autant plus que Lanthimos a un vrai don pour composer ses plans, et même si souvent l’image peut paraitre surchargée, on en prend plein les yeux. L’histoire a beau se passer dans notre monde, tout semble ici surréaliste, comme s’il nous montrait cet univers tel que le perçoit notre héroïne. Cela donne au film des airs de rêves ou de cauchemars, tant tout semble être là pour mettre le spectateur dans un certain inconfort. Que ce soit par ses visuels, ses personnages, ses situations, ou même par la musique souvent dissonante, il y a constamment un côté baroque et une sensation de malaise qui survole l’ensemble. D’autant plus que la mise en scène du réalisateur fait tout pour renforcer l’étrangeté de l’œuvre. Il pousse constamment les curseurs à fond, risquant même parfois l’overdose… Il utilise notamment une multitude de focales, allant du grand angle au fish-eye, donnant parfois la sensation d’espionner ce qui se passe à travers un judas. Mais, même si ça apporte un côté visuel intéressant, parfois ça m’a laissé dubitatif et m’a donné l’impression qu’il use et abuse de ce procédé un peu artificiellement… Le pitch du film ressemble donc bizarrement à celui d’un certain BARBIE, avec cette femme candide découvrant le monde extérieur, mais avec un message féministe beaucoup plus fort. On a ici un parcours initiatique, avec cette émancipation d’une femme sans filtre, exprimant la moindre de ses pensées, à l’image d’un enfant et ignorant les codes de notre société. Ce qui lui permettra de se libérer du patriarcat ou de la misogynie des hommes, alors que tous ceux qu’elle rencontre cherchent d’une manière ou une autre à avoir une emprise sur elle. Ainsi, les pauvres créatures du titre représentent bien plus ces hommes qui voudraient la contrôler que notre Bella… Mais surtout, le film va parler d’une femme qui, sans préjugé, va s’approprier et disposer de son corps, sans s’inquiéter du regard des autres. D’ailleurs, si vous avez un souci avec le sexe au cinéma, le film risque de vous poser un sérieux problème, car il a une place centrale ici. Le film va notamment multiplier les scènes de nudité, mais jamais de façon gratuite ou voyeuriste et apportant au contraire quelque chose au message du film. Après, je dois aussi avouer que même si le propos du film est pertinent et plutôt bien exploité, et bien ça traine parfois en longueur et qu’il a tendance à trop insister sur les situations, car oui les 2h20, même si le film a d’indéniables qualités, je les ai senti passer. Mais il y a Emma Stone… Mais il y a EMMA STONE !!! Mais quelle prestation !!! À elle seule, elle fait prendre au film une ampleur phénoménale. Même si le reste du casting est vraiment bon, avec notamment un Mark Ruffalo irrésistible et un Willem Dafoe touchant, elle met la barre tellement haut et efface tous les défauts du film. Elle se donne corps et âme pour ce rôle et montre une nouvelle fois l’étendue de son talent d’une façon déconcertante. Son jeu évolue subtilement au fil des scènes, aussi bien dans son expression corporelle que par sa façon de s’exprimer. Et puis il y a son regard, ses yeux dans lesquels tu plonges littéralement et qui a eux seuls arrivent à te faire ressentir les émotions qu’elle véhicule. Clairement, elle se voit offrir ici le rôle d’une vie et sa prestation marquera l’histoire du cinéma. Bref, même si j’ai trouvé que Lanthimos a tendance à en faire parfois un peu trop, aussi bien sur le fond que sur la forme, passant à deux doigts du chef d’œuvre, il nous livre un film éblouissant porté au sommet par une immense actrice. Partager
- ADIEU MONSIEUR HAFFMANN critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle ADIEU MONSIEUR HAFFMANN ADIEU MONSIEUR HAFFMANN ❤️❤️❤️❤️❤️ Pour commencer cette journée, j'ai emmené du monde découvrir un de mes plus grands coups de cœur au fil de ces années de OFF. Parce que oui, Adieu monsieur Haffman, est une œuvre majeure qui mérite amplement son succès depuis 2016 et ses quatre Molières. Comme souvent avec Jean-philippe Daguerre, le sujet est lourd mais il le traite avec énormément d'humanité, de poésie et d'humour qui ont un effet salvateur. Même si la pièce risque de vous faire verser quelques larmes, on rit énormément et on en ressort reboosté, le sourire aux lèvres et la conviction d'avoir passé un grand moment de théâtre. Le scénario est intelligemment écrit et réussit à nous captiver. Il offre pas mal de surprises, notamment cette deuxième partie avec un changement radical de ton. La pièce va alterner les moments de drame intense, mais aussi de comédie et de tension en passant d'un registre à l'autre avec énormément d'aisance. Sans pathos et avec une grande justesse, elle va approfondir les tensions psychologiques entre les personnages suite à leur étrange pari. La scénographie est simple mais maligne, avec ce décor et ces costumes tout nuances de gris, intensifiant le côté tragique et oppressant de l'histoire, mais qui offre aussi de très jolis moments de poésie. Le tout mis en valeur par une magnifique musique qui immanquablement restera gravée en vous. Mais la clef de la réussite du spectacle est certainement son casting du haut vol (notamment le trio que j'avais pu retrouvé dans la très bonne pièce "Les Vivants", il y a deux semaines). On rentre en empathie totale avec les personnages, ce qui décuple les émotions. Une œuvre à la fois passionnante, bouleversante, drôle et oppressante, bref un vrai festival d'émotions à voir absolument (ou comme moi aujourd'hui, à revoir avec autant de plaisir...). Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Enfin, j’appelle surtout ça un bijou de comédie
Découvrez notre critique détaillée du spectacle JE M’APPELLE GEORGES Enfin, j’appelle surtout ça un bijou de comédie JE M’APPELLE GEORGES ❤️❤️❤️❤️ Enfin, j’appelle surtout ça un bijou de comédie Je vous le concède, l’affiche m’a fait un peu peur, mais le trio composé de la production du Théâtre Actuel, de la mise en scène d’Éric Bu, et de Grégori Baquet au casting, ont suffi à me rassurer, et le résultat était même au-dessus de mes espérances… Cette comédie romantique brille par son originalité, aussi bien pour son texte que pour sa scénographie. Le texte de Gilles Dyrek est savoureux et bourré d’un humour assez jouissif. L’histoire d’amour apporte une sensibilité et une certaine poésie à l’ensemble, avec notamment un Grégori Baquet qui insuffle beaucoup de tendresse à son personnage. Mais surtout, quelle galerie de personnages secondaires ! Finalement, ce sont eux les vraies stars de cette comédie. Marine Dusehu, Etienne Launay et Stéphane Roux sont à mourir de rire. Chaque personnage se présente au public, provoquant bien souvent l’hilarité générale. Ils sont tous plus barrés les uns que les autres, au point que le spectateur a hâte de découvrir le suivant. Il y avait déjà de quoi passer un très bon moment, et c’est là que la mise en scène d’Éric Bu emporte le spectacle encore plus haut. Elle est d’une originalité folle, avec une utilisation exemplaire du décor et de la vidéo. C’est bourré d’idées géniales et de petits détails (comme cette plante qui grandit au fil du spectacle). On est constamment surpris et chaque idée apporte sa pierre à l’édifice. Cela amène un côté cartoon qui colle parfaitement avec le côté absurde de cette comédie. C’est une fable moderne à la fois drôle, feel-good et pétillante, et surtout, ça fait un bien fou ! Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Un cri de colère pour ces femmes qu’on voudrait invisibiliser.
Découvrez notre critique détaillée du spectacle BADJENS Un cri de colère pour ces femmes qu’on voudrait invisibiliser. BADJENS ❤️❤️❤️❤️ Un cri de colère pour ces femmes qu’on voudrait invisibiliser. Badjens te prend dès la première image et ne te lâche plus : une adolescente iranienne sur une barricade, en plein mouvement « Femme, Vie, Liberté », prête à brûler son voile. Un geste de révolte brut, mais surtout l’aboutissement d’une vie entière d’oppression. Et très vite, la pièce fait ce que le théâtre fait rarement aussi frontalement : elle remonte le fil du temps pour expliquer la colère . Pour Zahra, naître signifiait presque déjà mourir. Dans ce monde profondément patriarcal, sa “faute” originelle est simple : être née fille. Point. Non désirée, déjà assignée à une place inférieure, elle grandit sous le poids des injonctions et des humiliations ordinaires. Et puis il y a ce surnom : “Badjens”, donné par sa mère — “effrontée”, “mauvais genre” — qui agit comme la prophétie de son destin. La pièce déroule alors les étapes de cette existence marquée par les injonctions, les humiliations diffuses et les micro-violences quotidiennes, autant de fragments qui construisent progressivement une colère irréversible. Au cœur du récit, Alice Rahimi impressionne par une incarnation habitée, presque à vif . En moins d’une minute, elle installe une montée émotionnelle fulgurante qui se traduit déjà par les premières larmes sur son visage. Sans effet, sans surjeu, elle laisse simplement affleurer une colère qui brûle de l’intérieur et saisit immédiatement le spectateur. La mise en scène accompagne cette tension avec une grande précision. Le clair-obscur sculpte les visages et donne une épaisseur aux silences. Dans cette pénombre travaillée, la chevelure de la comédienne devient un symbole puissant : libre, mouvante, indomptable. Par moments, la pièce offre de véritables tableaux d’une puissance visuelle saisissante. La musique joue un rôle essentiel dans cette montée en intensité. Portée par un duo présent sur scène, elle mêle chants arabes et musique électro. Dans un pays où il est interdit aux femmes de chanter en public, ces chants prennent une dimension politique évidente, et deviennent le relais lorsque les mots ne suffisent plus. En fond de scène, des vidéos ponctuent le récit sans l’alourdir, ouvrant des brèches vers le réel et la mémoire collective. Cette sobriété permet l’émergence d’images fortes, où corps, parole et projection se répondent avec intensité. Peu à peu, le récit individuel bascule en cri collectif. Badjens devient un hommage à toutes ces femmes à qui l’on refuse le droit d’exister pleinement, de disposer de leur corps, de vivre libres. Un spectacle tendu, frontal, sans échappatoire. Un cri puissant qui laisse une trace indélébile. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- LA FUITE critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA FUITE LA FUITE ❤️❤️❤️💛 Pour finir notre journée de OFF, nous avons décidé d’aller dans un restaurant Italien, ou plus précisément dans sa cuisine. Et clairement le décor impressionne et il est plus vrai que nature, dans les moindres détails. C’est vraiment rare de voir un décor aussi réaliste au festival, surtout quand on connait les contraintes de changement de décors. Mais heureusement, la qualité de cette pièce ne se limite pas à ça. On découvre Nicola, un gérant Italien au bord de la faillite qui espère que le mariage ayant lieu dans deux jours va sauver son entreprise, mais rien n'est prêt. Le voir se débattre avec une énergie folle pour régler les problèmes, rater tout ce qu’il entreprend, tout en comptant le moindre euro enchainera les scènes comiques pour le plus grand plaisir du public. D’autant plus que Ciro Cesarano se donne à 200% dans son rôle, chacune de ses apparitions est un pur régal. Mais même si l’on rit énormément, on a bien affaire à une comédie dramatique. La tragédie n’est jamais loin, notamment avec ses employées et leurs maris respectifs. La pièce nous amènera à réfléchir, sur l’acceptation de nos erreurs, la responsabilité de nos actes et l’inconscient… Une comédie à l’italienne extrêmement rythmée. Une pièce qui impressionne par la justesse de son décor mais aussi par le jeu de ses acteurs. Un spectacle qui trouve un équilibre parfait entre humour et philosophie. Une très bonne façon de finir sa journée. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF













