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  • Une montagne russe impressionnante mais qui peut donner la nausée

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle ROUILLE ET PAILLETTES Une montagne russe impressionnante mais qui peut donner la nausée ROUILLE ET PAILLETTES ❤️❤️❤️ Une montagne russe impressionnante mais qui peut donner la nausée 24 heures après avoir vu le spectacle, je ne sais toujours pas quoi en penser, mais ce qui est sûr, c’est que c’est un ovni qui divisera le public. Donc, voici une famille pas comme les autres : les Clapier. Une famille déjantée, au bord de la crise de nerfs, qui passe son temps à se hurler dessus pour exprimer ses sentiments. Ça jongle constamment avec les styles, les modes de narration et les ruptures de rythme. Régulièrement, ça part loin dans le grotesque, dans la distorsion de la réalité, et j’avoue qu’ils m’ont régulièrement perdu dans le délire. Mais régulièrement, ils m’ont récupéré, par leur humour grinçant, ou certains moments étonnamment plus profonds et poétiques. Car oui, le spectacle est un énorme bordel, totalement assumé, mélangeant le réel et les fantasmes de ses personnages. Et d’ailleurs, il faut bien lui reconnaître son sens du rythme effréné. D’autant plus que la scénographie apporte quelques moments sublimes. Souvent très dynamique avec un décor et des corps constamment en mouvement, elle offre aussi des moments suspendus qui amènent un côté fantaisiste. Les comédiens en font des caisses, en hurlant parfois jusqu’à l’overdose. Mais là aussi, ça colle avec cette famille et son univers, et les comédiens incarnent parfaitement leurs personnages. Martin Durrmann se montre même assez bluffant par moments, comme lorsqu’il se lance dans un numéro de danse assez saisissant. Alors, oui, clairement, je ne suis pas rentré totalement dans le délire, mais ce qui est sûr, c’est qu’avec les années il me restera inévitablement des moments de cet ovni théâtral. Et rien que pour ça, est-ce qu’ils n’auraient pas réussi leur pari ? Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • LA GUERRE DE TROIE (EN MOINS DE DEUX!) critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA GUERRE DE TROIE (EN MOINS DE DEUX!) LA GUERRE DE TROIE (EN MOINS DE DEUX!) ❤️❤️❤️ Sept comédiens, accompagnés en live par un pianiste, nous racontent en 1h20 l’histoire de la guerre en Troie. La narration est divisée en 24 épisodes sur un rythme trépidant. Les acteurs mettent toute leur énergie dans un spectacle plein d’humour, souvent burlesque, entrecoupé de quelques chants. Le décor est sobre, une table et quelques chaises, mais la mise en scène est ingénieuse et propose quelques bonnes surprises, comme cette scène du cheval de Troie. Autre point positif le travail sur les costumes. Mais malheureusement, ça fini par s’essouffler sur la longueur, même si dans l’ensemble c’est un spectacle familial efficace et souvent jubilatoire. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • EN CORPS : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film EN CORPS . EN CORPS ❤️❤️❤️❤️ Décidément Klapisch n'a pas son pareil pour ce qui est de filmer les relations humaines. Après une ouverture somptueuse, qui nous plonge au coeur des coulisses d'un ballet, il va faire passer son film du drame à un véritable feelgood movie. Toute sa troupe d'acteurs est dirigée à la perfection et on y croit. On a l'impression d'être une petite souris qui partage ces moments avec des personnages dont l'osmose semble tellement naturel. Tu sens que tout le monde prend plaisir et joue avec sincérité et ils transmettent ça au spectateur qui ressort de la salle le sourire au lèvres. Car oui, cette histoire de résilience et de persévérance est traversée par une vague de positivisme. Et c'est souvent drôle, certaines scènes sont même hilarantes (de ce côté là Marmaï et Civil nous régalent). Klapisch nous livre un sublime hymne à la danse, qui est au centre de son film, et prouve qu'il en a encore sous le capot. Partager

  • Comment vivre après l’impensable ?

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle APRÈS LE CHAOS Comment vivre après l’impensable ? APRÈS LE CHAOS ❤️❤️❤️💛 Comment vivre après l’impensable ? Comment vivre après la mort d'un enfant ? Comment vivre quand celui-ci s’est fait tuer dans une tuerie de masse ? Comment vivre quand on apprends que c'est lui l'assassin ? Je ne suis pas amateur des monologues, mais le spectacle m'a attiré par son sujet. Naturellement, on aurait tendance de s'intéresser à la mère des victimes plutôt qu'à celle de l'assassin. Mais ça serait oublier qu'elle est aussi une victime collatérale d'une telle tragédie. L'auteure a donc choisit de s'intéresser à cette femme qui apprend l'impensable. Le choc de l'annonce, son déni, cette vie qui s'arrête instantanément, les doutes, le besoin de comprendre, les insultes et cette sensation d'être responsable dans la création d'un monstre. Même si le texte est puissant, la pièce repose avant tout sur son interprète, Véronique Augereau. Et malgré ma réticence pour ce genre de spectacle, elle a réussi a capter mon attention, sans jamais la relâcher. Elle vise terriblement juste et la voir se décomposer est déchirant. Elle est habité par son texte qu’elle délivre avec une puissance rare, au point d’avoir à peine la force de remercier le public après de longs applaudissements plus que mérités… Clairement, on ne ressort pas indemne de cette pièce profondément humaine et surtout terriblement bouleversante. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • THE CHEF : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film THE CHEF . THE CHEF ❤️❤️❤️❤️ Premier coup de cœur de l’année avec ce film Britannique aussi surprenant que mémorable. Après les grosses déceptions qu’ont été les adaptations de EN ATTENDANT BOJENGLES et ADIEU MONSIEUR HAFFMANN et deux bons films de grands réalisateurs, mais un poil en dessous de ce à quoi ils m’avaient habitué : LICORICE PIZZA et NIGHTMARE ALLEY (que je vous invite tout de même vivement à découvrir), voici ma première baffe de l’année. THE CHEF brille bien sûr par sa forme : un plan séquence admirablement maitrisé. Mais attention, je ne parle pas d’un plan séquence où les cuts sont camouflés comme dans 1917 (ce qui ne retire en rien que ce dernier soit un chef d’œuvre, et vu l’ampleur du projet, il ne pouvait en être autrement). On a affaire ici à un VRAI plan séquence, comme dans le thriller allemand VICTORIA (Vous n’avez pas vu VICTORIA ? Foncez découvrir cette petite pépite !!!). Le film a été fait d’une traite : deux jours de tournages avec et seulement quatre captations pour nous offrir quelque chose d’aussi rare que délicieux. Une vraie prouesse technique, qui a du demandé une préparation dantesque et où tout doit être millimétré et rien ne dois être laissé au hasard. D’autant plus que le plan séquence, n’est là pas juste pour dire « Tu as vu comment je suis doué ? », mais apporte vraiment quelque chose au film. On y suit une soirée dans un restaurant huppé, et en faisant virevolter sa caméra entre les différents protagonistes de l’histoire met le spectateur en immersion totale dans les coulisses d’un restaurant. Et surtout, ça apporte une tension folle, lui donnant souvent des airs de thriller. Car oui, la soirée que notre chef et son équipe vont vivre est assez cauchemardesque. Alors oui, peut-être trop même pour être totalement crédible, mais comme le fait que les plats présentés n’ont pas forcément l’air sortis d’un établissement de ce standing, en tant que spectateur, on s’en fiche car le spectacle proposé est lui un vrai régal. Mais, le succès du film ne serait pas total sans la prestation globale du casting assez folle. Car oui, quand tu t’engages dans un plan séquence de cette dimension, la moindre erreur peu plomber l’œuvre. Mais les acteurs sont vraiment au diapason et d’une justesse remarquable, tout en livrant une débauche d’énergie et quelques moments d’une grande intensité dramatique. Et même si notre Chef est interprété par un Stephen Graham impressionnant, celle qui à mon sens crève l’écran est son adjointe, jouée par une Vinette Robinson qui nous livre surement les passages les plus marquants de cette expérience. Car oui, THE CHEF, c’est vraiment une expérience cinématographique rare, qui perdra énormément de sa saveur sur une TV, comme tout film immersif. On en ressort vidé, comme si nous même avions participé à cette soirée un peu folle. Et quand tu penses que le Britannique Philip Barantini nous livre ici son premier film, ça laisse assez admiratif et curieux de voir ses prochaines réalisations. Partager

  • Reformer les Beatles… le temps d’y croire encore

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LENNON ET MC CARTNEY Reformer les Beatles… le temps d’y croire encore LENNON ET MC CARTNEY ❤️❤️❤️💛 Reformer les Beatles… le temps d’y croire encore La pièce imagine un après-midi suspendu, presque hors du temps, où Paul McCartney rend visite à John Lennon avec une idée en tête : reformer le groupe, le temps d’un ultime album. À partir de cette rencontre fictive, le spectacle déroule les grandes étapes de l’histoire des Beatles, tout en s’attachant surtout à ce qui fait le cœur du récit : leur amitié indéfectible, leur complicité créative, mais aussi la rivalité artistique qui les pousse sans cesse à se dépasser . Car c’est bien cette tension entre affection et émulation qui nourrit la pièce. Entre admiration mutuelle et besoin de se distinguer, les deux artistes avancent ensemble tout en se confrontant, dans un équilibre fragile qui a façonné certaines des plus grandes chansons de l’histoire de la musique. L’une des grandes forces du spectacle réside dans ses deux interprètes, à la fois comédiens, chanteurs et musiciens. Leur entente sur scène saute aux yeux et donne une véritable crédibilité à cette rencontre rêvée . Ils embarquent le public dans un voyage musical où les morceaux mythiques s’enchaînent avec fluidité, rappelant à quel point le répertoire des Beatles est d’une richesse exceptionnelle. La musique y occupe une place centrale et crée une véritable communion avec la salle . La mise en scène, volontairement sobre, choisit de privilégier l’essentiel : l’échange entre les deux hommes et la puissance des chansons. Ici, pas d’effets superflus, mais une attention portée aux mots, aux silences et à la musique, qui suffit à faire naître l’émotion. Évidemment, la pièce se présente comme un hommage appuyé au groupe mythique, mais elle dépasse largement le simple plaisir nostalgique . Par l’intemporalité de leur musique et la finesse du propos, elle parvient à toucher un public bien plus large, en proposant une réflexion sensible sur la création artistique, sur l’amitié et sur les liens complexes qui unissent deux génies condamnés à avancer ensemble… autant qu’à s’opposer. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Une claque silencieuse qui résonne longtemps.

    Découvrez notre critique de la série QUERER Une claque silencieuse qui résonne longtemps. QUERER ❤️❤️❤️❤️❤️ Une claque silencieuse qui résonne longtemps. Avec Querer , on est face à une œuvre d’une puissance rare, qui s’attaque à un sujet extrêmement sensible : l’emprise et le viol conjugal. Sans jamais chercher le choc frontal, Alauda Ruiz de Azúa installe un malaise diffus, profondément réaliste. La mise en scène est d’une sobriété impressionnante, sans jamais atténuer le côté coup de poing de la série. Ici, la violence n’est jamais montrée : elle est ressentie, suggérée, intériorisée, et n’existe frontalement que dans les témoignages. C’est précisément ce qui la rend si troublante et lui donne une épaisseur remarquable. On suit une femme qui parvient, après des années, à surmonter la peur pour fuir. Ce basculement est traité avec une grande finesse : il n’y a rien de spectaculaire, seulement un lent processus intérieur, fait de peur, de doute, puis de courage. Et la série ne s’arrête pas là : elle montre avec une grande lucidité l’épreuve que représente la procédure judiciaire, froide, éprouvante, où la parole de la victime est constamment mise à l’épreuve. Mais Querer va plus loin en refusant toute lecture simpliste. Elle évolue en permanence dans une zone grise dérangeante, donnant à entendre la parole de la victime, mais aussi celle du mari, qui affirme ne pas comprendre ce qu’on lui reproche. Ce choix narratif évite tout manichéisme : on ne regarde pas un “monstre” face à une “victime parfaite”, mais un couple enfermé dans une perception radicalement différente de la réalité. Cela met en lumière un point essentiel : dans ces situations, la violence peut être invisible, banalisée, parfois même niée par celui qui l’exerce. Même les choix de noms et de titres participent à cette lecture. Le prénom de l’héroïne, Miren (“regarde” en espagnol), agit comme une injonction adressée au spectateur : ouvrir les yeux sur une réalité encore largement incomprise ou minimisée. Quant au titre Querer , il porte un double sens fort : “aimer” et “vouloir”. Deux verbes qui résument à eux seuls l’ambiguïté du couple, entre affection revendiquée et désir imposé, comme si la série interrogeait en permanence la frontière entre les deux. La série s’attarde aussi, avec la même justesse, sur la façon dont ce drame fait voler en éclats la cellule familiale. Les enfants ne sont pas de simples témoins : ils sont pris dans un conflit de loyauté, tiraillés entre leurs parents. Là encore, rien n’est simplifié. La série montre comment certains schémas peuvent se reproduire, suggérant une forme d’hérédité dans les comportements masculins, sans jamais enfermer ses personnages dans des rôles figés. Cette absence de jugement rappelle d’ailleurs le travail déjà amorcé par la réalisatrice dans son impressionnant premier film, Les dimanches , où les relations familiales étaient observées avec la même nuance. Au cœur du dispositif, Nagore Aranburu livre une performance saisissante, tout en retenue. Elle porte la série avec une économie de mots impressionnante : une grande partie des émotions passe par le regard, les silences, les hésitations. Sa relation avec ses enfants est particulièrement touchante, faite de protection, de fragilité et d’une douleur contenue. On peut aussi rapprocher Querer de la série Adolescence dans sa manière de questionner la construction des rapports hommes-femmes et la transmission de certains comportements. Dans les deux cas, il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de comprendre comment ces mécanismes s’installent, et d’ouvrir les yeux des spectateurs. Parce qu’on connaît tous, de près ou de loin, quelqu’un qui est concerné, Querer est une série essentielle qui poursuit un double objectif. D’un côté, elle cherche à donner du courage à celles qui subissent, en montrant que franchir le pas est possible, même si le chemin est difficile. De l’autre, elle tend un miroir à certains hommes, qui peuvent se reconnaître, ou être déstabilisés, en réalisant que des comportements qu’ils ne perçoivent pas comme violents peuvent l’être. C’est sans doute là que réside la force de la série : ne jamais asséner de vérité simple, mais obliger chacun à regarder, à douter, et peut-être à comprendre. Disponible sur ArteTV jusqu’au 19 juin, c’est un bijou télévisuel à découvrir absolument. Partager

  • Le mordant de Cujo, mais l’intelligence de Rantanplan…

    Découvrez notre critique du film CHIEN 51 . Le mordant de Cujo, mais l’intelligence de Rantanplan… CHIEN 51 ❤️❤️💛 Le mordant de Cujo, mais l’intelligence de Rantanplan… Avec CHIEN 51, Cédric Jimenez quitte le polar réaliste pour s’aventurer sur le terrain de la dystopie futuriste. Le réalisateur nous invite dans un Paris fragmenté en zones, rongé par la violence et régi par l’intelligence artificielle. L’ambition est évidente, et visuellement, l’entreprise force le respect. Dès les premières minutes, le film impose une atmosphère dense et crédible. Jimenez démontre une nouvelle fois son sens du rythme et du cadrage : les scènes d’action sont nerveuses, parfaitement chorégraphiées et d’une efficacité redoutable. L’univers visuel, entre violence urbaine et hyper-technologie, séduit par sa cohérence et sa richesse esthétique. Sur la forme, CHIEN 51 est une vraie réussite. Mais une fois passée la fascination initiale, le récit dévoile vite ses failles. L’adaptation du roman de Laurent Gaudé se réduit à une enquête policière convenue, engluée dans les clichés du genre. Les rebondissements sont téléphonés, et la portée politique ou philosophique du propos reste en surface. Pire, son twist final déconcertant va même à l’encontre du propos du film… Jimenez, qui n’avait pas hésité à prendre des libertés d’écriture avec BAC NORD ou NOVEMBRE , aurait peut-être gagné à s’émanciper davantage du matériau d’origine. Le casting XXL promettait beaucoup, mais le résultat déçoit. Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos peinent à donner chair à des personnages sous-écrits. Leur duo, censé incarner la tension émotionnelle du film, ne fonctionne pas. L’alchimie paraît forcée, leur relation sonne étrangement faux et laisse même place à un certain malaise par moments. Autour d’eux, Romain Duris, Louis Garrel, Valeria Bruni Tedeschi et Artus font de la figuration de luxe, dans des rôles à peine esquissés. Au final, CHIEN 51 s’impose comme un spectacle visuel percutant mais narrativement bancal. Jimenez sait filmer la tension, le chaos, la vitesse, mais le tout manque cruellement de profondeur. Comme MISSION IMPOSSIBLE 8 et F1, sortis cet été, le film impressionne visuellement mais le temps semble long entre deux scènes d’action. Heureusement, contrairement aux deux autres, sa courte durée empêche l’ennui total. On en ressort avec quelques images marquantes, l’impression d’avoir vu un bel objet de cinéma… mais aussi le goût amer d’un film qui aurait pu être grand, et se contente d’être spectaculaire. Partager

  • Un chef d’œuvre d’animation made in France

    Découvrez notre critique de la série ARCANE Un chef d’œuvre d’animation made in France ARCANE ❤️❤️❤️❤️❤️ Un chef d’œuvre d’animation made in France ARCANE vient de se terminer sur Netflix et il serait vraiment regrettable de passer à côté de ce petit bijou qui pourrait bien être la meilleure chose que la plateforme nous ait offerte. Le studio français Fortiche nous livre un chef-d’œuvre de l’animation, à la fois visuel et narratif, et prouve une nouvelle fois à quel point la France excelle dans ce domaine. Alors, je vous le concède, la série est l’adaptation d’un jeu vidéo, et ça peut faire très peur. Mais League of Legends, dont est tirée l’histoire, n’est pas un jeu scénarisé, ce qui a permis aux créateurs de la série d’avoir une immense liberté qu’ils ont admirablement exploitée. On va commencer par l’évidence même : visuellement, c’est grandiose et va même enterrer la plupart des productions cinématographiques actuelles. Le studio apporte à son animé une patte graphique unique, avec un rendu peinture 2D créant des tableaux animés où chaque plan est un chef-d'œuvre. L’animation, par moments, multiplie les styles graphiques et brille constamment par ses idées de mise en scène. Rien que les génériques des saisons 1 et 2 sont des petits bijoux au point d’être parmi les plus marquants de ces dernières années, avec ceux de GoT ou SERVERANCE. La direction artistique est époustouflante : les personnages, les décors rétrofuturistes et le déluge de couleurs plongent le spectateur dans un univers fascinant, et lui permettent d'en prendre constamment plein les yeux. D’autant plus que la fluidité de l’animation, son dynamisme et son sens du cadre sont exemplaires et viennent enfoncer le clou. Il y a énormément de scène d’action et à chaque fois c’est le même constat : on est bluffé par ces séquences, par leur mise en scène et leur dynamisme, gardant une lisibilité constante de l’action. C’est du grand art et ça ridiculise la plupart des blockbusters que l’on peut voir au cinéma. La musique est extrêmement présente et offre quelques séquences dignes de véritables clips musicaux. Le récit étant condensé en 18 épisodes, ces clips, en plus d’être inventifs et extrêmement bien réalisés, ont souvent l’avantage d’illustrer de la plus belle des façons les ellipses temporelles ou d’accentuer l’émotion. Je pense notamment à ce combat entremêlant passé et présent : une séquence où musique et animation s’unissent pour un résultat saisissant. Certes, ce n’est pas un procédé des plus subtils, mais à l’image de la série, il est d’une efficacité redoutable. Mais ARCANE est loin de se limiter à une claque visuelle et son plus grand atout est clairement son écriture. La série aborde de nombreux thèmes, comme les inégalités sociales, la dualité entre progrès et destruction, la famille, la vengeance, le pouvoir, et la quête d’identité… Et quand la magie vient mettre son grain de sel, la série part assez loin mais ne perd jamais son spectateur, retombant constamment sur ses pattes tout en apportant une profondeur insoupçonnée à son récit. Mais surtout son écriture n’est jamais manichéenne. La frontière entre le bien et le mal a même rarement été aussi faible. Et si elle fonctionne aussi bien, c’est qu’elle est constamment centrée sur ses personnages. Et là, on touche au détail qui fait qu’ARCANE approche de la perfection : ses personnages. La série excelle dans l’écriture de ces derniers, grâce à une approche subtile et empathique, qui évite les stéréotypes tout en explorant des thèmes profonds et intemporels. Leurs designs leur confèrent un charisme instantané, mais ce sont surtout leurs liens, leur profondeur psychologique et leur évolution qui marquent les spectateurs. Chaque protagoniste possède des motivations, des failles et des dilemmes qui les rendent denses, crédibles et attachants. L'engagement émotionnel des spectateurs est le résultat direct de cette qualité d'écriture. Les interactions entre les personnages deviennent le moteur narratif de l’histoire, enrichissant l'intrigue tout en explorant des relations intenses et parfois déchirantes. Et même si les deux sœurs sont au cœur du récit, l’écriture n’oublie pas de développer les personnages secondaires, leur offrant des arcs narratifs cruciaux pour l’intrigue. Chaque personnage aura son moment de gloire et contribuera activement à l’histoire, jusqu’à cet épisode final tout simplement dantesque. Il faut également souligner la qualité des doublages et celle de la dramaturgie. Malgré le nombre de personnages et la durée limitée de la série, Arcane parvient à enchaîner des scènes d’une puissance émotionnelle rare. Mais forcément, si on ne devait retenir qu’un seul personnage, ce serait évidement Jynx. Elle devient instantanément culte grâce à son charisme, sa complexité et son rôle central. Elle est bien souvent à l’origine des moments les plus mémorables de la série. Après, en chipotant un peu, j’aurais tout de même de petites réserves. La saison 2, bien que passionnante, complexifie parfois l'intrigue avec des arcs narratifs supplémentaires qui alourdissent légèrement le récit déjà dense. Même si cela semble préparer le terrain pour de probables spin-off, l’histoire aurait peut-être gagné en impact en condensant son intrigue. De plus, un virage prometteur pris pour le développement d'un personnage au début de la saison 2 n’est finalement pas exploité. C’est dommage, car cet arc aurait pu être fascinant, tant sur le plan politique que dramaturgique. Vous l’aurez compris, ARCANE est pour moi un chef-d’œuvre comme la télévision en propose rarement. Cette série témoigne du savoir-faire exceptionnel du studio Fortiche et place l’animation française au sommet. Que vous soyez fan de jeux vidéo ou non, Arcane est une expérience à ne pas manquer. Partager

  • VARIATIONS ÉNIGMATIQUES critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle VARIATIONS ÉNIGMATIQUES VARIATIONS ÉNIGMATIQUES ❤️❤️❤️💛 Abel, prix Nobel de littérature, vit reclu sur une île de Norvège, jusqu'au jour où Erik débarque chez lui pour l'interviewer sur sa derrière œuvre. Va s'en suivre une joute verbale entre l'écrivain misanthrope et détestable et le journaliste plus introverti. Cette confrontation va enchaîner les rebondissements, certes parfois téléphonés, mais ce n'est pas grave. Car si la pièce brille par une chose, ce sont bien ses dialogues savoureux d'un cynisme irrésistible à l'humour d'une efficacité redoutable. D'autant plus qu'ils sont interprétés par deux comédiens qui campent parfaitement leurs personnages qui révéleront progressivement leurs vraies natures et feront passer au spectateur un bon moment de théâtre. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • NAÏS critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle NAÏS NAÏS ❤️❤️❤️❤️💛 On retrouve dans Naïs tout l'univers de Pagnol, et ça semble une évidence que le cinéaste ait adapté cette nouvelle de Zola au cinéma. Toine, bossu, est amoureux de la belle Naïs, elle même amoureuse de Frédéric, un jeune bourgeois.... Comme souvent avec Pagnol, cette tragédie sous forme de triangle amoureux est pleine d'humanité. La scène est dépourvue de décors, laissant le public se focaliser sur les émotions. La pièce transpire la Provence. Notamment grâce à cette troupe de comédiens, toujours juste, dont l'accent du sud est un délice et ne tombe jamais dans la caricature. Je retiendrai surtout Arthur Cacha, extrêmement attachant dans son rôle de bossu au coeur d'une histoire d'amour impossible. On vit avec eux ce drame qui se déroule sous aux yeux, dans un tourbillon d'émotions, altrernant des moments de comédie à des scènes poignantes qui rappellent à quel point Pagnol est intemporel. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Un délire complotiste à la fois absurde et fascinant.

    Découvrez notre critique du film BUGONIA . Un délire complotiste à la fois absurde et fascinant. BUGONIA ❤️❤️❤️ Un délire complotiste à la fois absurde et fascinant. Deux cousins conspirationnistes kidnappent une grande cheffe d’entreprise pharmaceutique. Ils vont la séquestrer et l'interroger , convaincus qu’elle est en réalité une extraterrestre envoyée sur Terre afin de détruire l’humanité. Voilà le point de départ délirant de BUGONIA. Pour leur quatrième collaboration, Yorgos Lanthimos et Emma Stone se réapproprient SAVE THE GREEN PLANET de Jang Joon-hwan (2003) et nous embarquent dans ce qui sera probablement l’un des films les plus fous de l’année. BUGONIA s’impose comme une farce satirique qui n’est pas sans rappeler EDDINGTON d’Ari Aster — ce qui n’a rien d’étonnant puisque ce dernier en est l’un des producteurs. Mais même si BUGONIA possède de nombreuses qualités, je pense que je n’étais clairement pas prêt pour une proposition aussi radicale. Le principal atout du film réside sans doute dans son duo d’acteurs. Le film repose énormément sur la qualité de leur jeu, sans laquelle le récit aurait pu sombrer dans le ridicule. Emma Stone incarne une femme d’affaires cynique et manipulatrice, qu’elle rend délicieusement détestable. Face à elle, Jesse Plemons campe un marginal pathétique, enfermé dans ses obsessions complotistes. Ensemble, ils forment un duo qui nous entraîne dans des scènes à la fois absurdes et provocantes, au risque de décontenancer le spectateur. Comme toujours chez Lanthimos, la mise en scène est d’une grande maîtrise. Même si le dispositif du huis clos la contraint, il parvient à en tirer une atmosphère anxiogène redoutable. L’utilisation du VistaVision offre des plans d’une ampleur somptueuse, magnifiés par un travail remarquable sur la lumière et la colorimétrie. Ce raffinement visuel contraste avec la violence et l’humour noir de cette satire sociale. Le tout est accompagné par une musique orchestrale qui colle parfaitement au côté théâtral de l’œuvre. Le film pose d’ailleurs un regard sombre sur l’état de notre société, soulignant les dérives idéologiques, la manipulation de masse et l’absurdité du monde contemporain. Il critique à travers un humour très sombre aussi bien le capitalisme que les théories du complot, tout en abordant l’écologie et l’avenir de l’humanité. Mais BUGONIA est empreint d’une noirceur, d’une violence et d’une froideur qui risquent de laisser certains spectateurs à distance. D’autant plus que nous assistons à un combat entre deux monstres, auprès desquels nous avons bien du mal à nous identifier. Le récit peine également à démarrer et souffre de quelques longueurs, même s’il s’emballe de manière spectaculaire dans son dernier acte. Mais là encore, même si son final est aussi malin que surprenant, il reste difficile de saisir clairement le message que Lanthimos veut réellement transmettre. Certains pourront aussi lui reprocher quelques facilités scénaristiques, pourtant totalement assumées par l’absurdité des situations. Avec BUGONIA, le réalisateur bouscule une nouvelle fois les codes, au risque de diviser le public, mais livre sans doute son film le plus abordable pour le grand public. Et même si je ne suis pas entré totalement dans le délire, sa proposition aura tout de même réussi à me fasciner. Partager

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