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- Anatomie d’une violence systémique
Découvrez notre critique détaillée du film DOSSIER 137 . DOSSIER 137 ❤️❤️❤️💛 Anatomie d’une violence systémique Avec DOSSIER 137, Dominik Moll s’aventure sur le terrain glissant des violences policières. Mais loin d’en faire un film à charge, il adopte un point de vue subtil en suivant une enquêtrice de l’IGPN. Un choix judicieux, qui installe le récit dans une véritable zone grise. Comme dans LA NUIT DU 12 , ce qui intéresse le réalisateur n’est pas tant le résultat de l’enquête que son déroulement et les failles d’un système. La « police des polices », mal aimée à la fois des policiers qu’elle contrôle et des citoyens qui lui reprochent l’absence de sanctions, devient ainsi le prisme idéal pour interroger un mécanisme opaque. En situant l’histoire dans le contexte des manifestations des Gilets jaunes, Moll éclaire un aspect rarement traité : des unités envoyées au casse-pipe, parfois non formées au maintien de l’ordre, sous-équipées, et soumises à une pression politique immense pour « sauver la République ». Sans excuser les violences policières, le film rappelle que ceux qui en sont auteurs sont aussi des humains, soumis à des conditions extrêmes. Même s’il dénonce ces violences, DOSSIER 137 ne tombe jamais dans le manichéisme. Il donne la parole aux victimes, aux policiers mis en cause, mais aussi à ceux qui ont été broyés par un système défaillant. Il interroge l’impact d’une minorité de policiers violents sur le ressenti des citoyens à l’égard des forces de l’ordre. Le film adopte une rigueur quasi documentaire, avec une mise en scène dépouillée et méthodique. Les interrogatoires, souvent filmés sous plusieurs angles, maintiennent une tension constante, tout comme la manière dont les images (smartphones, vidéosurveillance, médias) sont analysées, recoupées, interprétées. C’est un film où l’on ressent le doute, l’incertitude, la difficulté de faire émerger la vérité dans un contexte saturé d’émotions et de procédures. Une approche certes un peu didactique, mais qui fait la force du film : il expose sans surdramatiser, montre plus qu’il ne démontre, et laisse le spectateur se frayer un chemin dans la complexité du sujet. Enfin, comment ne pas évoquer Léa Drucker, qui porte le film. Quelques mois après DANS L'INTÉRÊT D'ADAM , elle impressionne une nouvelle fois par sa force tranquille. Elle incarne une enquêtrice dont la froideur professionnelle masque un tumulte intérieur perceptible dans ses regards. Une composition d’une grande justesse, qui donne au film autant son humanité que sa tension. Dominik Moll signe un polar social tendu, réaliste et profondément engagé, qui radiographie les institutions policières sans jamais tomber dans la caricature. Partager
- Critique de LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES . LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES ❤️❤️❤️❤️💛 Les Mitchell contre les machines est une nouvelle victime de la crise sanitaire. A l’origine promis à une sortie cinéma, il a fini par être racheté par Netflix. On ne peut que regretter ce choix, car le film avait un énorme potentiel et que surtout une de ses grandes qualités est qu’il est visuellement somptueux. On a affaire à un nouveau dessin animé du studio à l’origine des déjà très bons «Spider-man : New generation» et «La grande aventure Lego». Le père d’une famille dysfonctionnelle décide de faire un road trip à travers les Etats-Unis afin de renouer les liens avec sa fille. Ils vont se retrouver à devoir sauver l’humanité contre des robots, créés par la méchante multinationale, qui ont décidé d’éradiquer la race humaine. Oui, au niveau de l’intrigue, comme de son titre, ça ne vend pas du rêve. C’est du grand classique et on voit dès le début les grandes lignes de l’histoire. Sauf que ce qui est important, ce n’est pas la destination, mais le chemin que l’on emprunte, et pour le coup le film nous propose de nombreuses surprises. Le film déborde d’inventivité pour nous en mettre plein les yeux. Visuellement c’est complètement fou. L’animation 3D est magnifique avec ses couleurs éclatantes, son rendu cel-shading maitrisé et ses textures ayant un petit côté peinture. Ajoutez à cela l’utilisation d’une multitude d’effets, d’éléments de culture pop, de l’incrustation de dessins 2D et autres audaces graphiques que je vous laisserai découvrir, cela offre au film une réelle identité visuelle très inspirée. Le plus fort est que tous ces effets ne sont pas là que pour impressionner mais collent très bien au récit, car le personnage principal est une ado cinéaste en herbe. Ce qui apporte d’ailleurs plusieurs mises en abîme judicieuses. Bref, visuellement c’est un sans-faute bluffant. La qualité visuelle du film est loin d’être son seul atout. Il propose un rythme effréné, tout en étant original, innovant, fun et déjanté… VRAIMENT déjanté… à l’image de ses personnages plus loufoques les uns que les autres. Ca fourmille tellement d’idées, que certains plans méritent des arrêts sur image pour en apprécier tous les détails. Le film va à une allure folle, que ce soit dans ses scènes d’action (on notera un climax impressionnant) ou ses dialogues. Et puis c’est vraiment drôle. Même si inégal dans son humour, ça fait très souvent mouche et certaines scènes sont hilarantes. Et vu le déferlement de blagues, on lui pardonnera que quelques-unes ne feront rires que les plus jeunes. Et rien que pour sa mascotte, le chien de la famille, offrant un des meilleurs running gag, ça vaut le détour. Niveau émotion, le film n’est pas en reste. Sans atteindre la profondeur et la subtilité d’un Pixar, il va aborder divers sujet, comme notre dépendance à la technologie, la famille, le regard des autres ou l’accomplissement des rêves. Même si les messages sont parfois un peu forcés, d’autres fonctionnent très bien, notamment quand le film utilise la dérision. Et il faut avouer que quand il vient chercher le spectateur, il le touche en plein cœur. On se surprendra au milieu de cette débauche d’action et d’humour à réaliser que nos yeux sont devenus humides. Bref, sur le fond, rien de bien original, mais sur la forme c’est la régalade, original, jouissif et ça réussit amplement son objectif principal : être un GRAND divertissement familial. Partager
- Dans la salle obscure, tout le monde vous entendra crier
Découvrez notre critique détaillée du film ALIEN : ROMULUS . ALIEN : ROMULUS ❤️❤️❤️💛 Dans la salle obscure, tout le monde vous entendra crier J'ai une réelle affection pour la saga Alien qui a clairement marqué mon adolescence, et j'ai particulièrement aimé les quatre premiers opus, chacun se différenciant par la patte de son réalisateur. Malheureusement, dans les années 2000, ça a été beaucoup plus compliqué. On a eu droit, dans un premier temps, aux ALIEN vs PREDATOR, au mieux fun, mais surtout profondément débiles, puis Ridley Scott a voulu reprendre les choses en main avec son pseudo-prequel qui a heureusement été avorté. Bref, je n’en attendais plus grand-chose, mais retrouver Fede Alvarez aux commandes me donnait un peu d’espoir (son EVIL DEAD et son DON’T BREATHE étaient plutôt efficaces). Et même si ROMULUS n'atteint pas la maestria des deux premiers opus, il reste parmi les meilleures propositions. Déjà, le film respecte ce qui a été fait dans le passé, que ce soit la quadrilogie originelle ou bien les préquels. Mais surtout, sa grande force réside dans son côté visuel. En effet, le film est particulièrement beau, avec un superbe travail sur les éclairages et les décors, sublimé par la mise en scène d'Alvarez et un travail sur le son des plus efficaces. Rarement l’horreur n’aura été aussi belle, et le film est un régal pour les yeux. C'est un film qui revient aux sources, en limitant l'usage des FX, préférant utiliser au maximum les effets pratiques pour montrer les créatures. On notera aussi le choix judicieux de faire baigner le film dans un univers rétro-futuriste collant au premier opus, là où Prometheus semblait avoir des générations d'avance technologiquement alors que le film est censé être un prequel. Et même si le film n'est peut-être pas le plus horrifique de la saga, il faut tout de même noter une réelle maîtrise de la tension avec certaines scènes qui sortent clairement du lot. Les Facehuggers sont particulièrement bien exploités, au point de proposer certainement les scènes les plus stressantes du film et de faire de l’ombre au xénomorphe… Les métaphores du sexe et du viol sont une nouvelle fois présentes, poussant même les curseurs un peu plus loin et proposant certaines scènes vraiment dérangeantes. Au niveau du casting, même si ce genre de film ne laisse pas vraiment le temps de développer ses personnages qu'il dézingue à tour de bras, on notera tout de même la relation entre les deux interprètes principaux qui fonctionne à merveille. Après CIVIL WAR, Cailee Spaeny prouve une nouvelle fois qu’il va falloir compter sur elle dans l’avenir, mais c’est surtout David Jonsson qui tire son épingle du jeu avec sûrement le personnage le mieux exploité du film. Mais même si j’ai vraiment beaucoup aimé la proposition, il y a quand même quelques détails qui m’ont gêné. Déjà, alors que le film utilise au maximum les animatroniques et autres effets pratiques, pour un résultat bluffant, il y a un moment clé (que je ne spoilerai pas) qui utilise des FX pour un résultat assez dégueulasse visuellement. Et le souci, c’est que c’est loin d’être un détail, et ça dénote totalement avec le reste, au point de me faire sortir du film par moments… Et même si le cahier des charges est parfaitement respecté, certaines références aux anciens films sont parfois un peu trop appuyées. Mais surtout, il manque un petit truc en plus qui apporterait une réelle identité au film, comme savaient le faire ceux de la quadrilogie. Il n’en reste pas moins un bon film de SF horrifique devant lequel j’ai passé un très bon moment et qui me réconcilie avec la saga… Partager
- Critique de SOUL – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film SOUL . SOUL ❤️❤️❤️❤️❤️ Quelle tristesse de devoir voir ce film sur petit écran, qui n’a d’égal que l’amour que je lui porte. Car OUI, pixar signe une nouvelle fois un film merveilleux qui aurait tellement mérité d’être vu sur grand écran et surtout d’offrir à tout le monde une chance de le voir… Pete Docter, non content d’avoir signé ce qui fait partie des plus beaux chefs d’œuvre de l’animation (Monstre et compagnie, Là-haut et Vice Versa), enfonce encore le clou en réussissant une nouvelle fois à représenter « l’invisible » avec cette aventure métaphysique. A ce titre, il va encore plus loin que Vise Versa. Il nous en présente en quelque sorte une version plus adulte, au risque de perdre une partie des plus jeunes. Parce que oui, même si le côté poétique et l’humour réussiront à capter un minimum leur attention, c’est clairement l’œuvre la plus mature du studio. Le scénario semble assez classique sur le papier, avec ce voyage initiatique, mais c’était sans compter sur le talent de Pixar qui nous propose un conte philosophique original bourré d’idées et avec une réelle profondeur. Et surtout, ils ont eu la bonne idée de garder secret un twist qui est certainement la meilleure idée du film. Le film arrivera à nous questionner sur qui nous sommes et nous faire réfléchir sur le sens de la vie. Comme toujours avec Pixar, c’est une claque visuelle. Il y a un réel contraste entre les deux univers, mais dans les deux cas on reste émerveillé par tant de beauté. Que ce soit New York avec ses images multicolores au réalisme bluffant et son agitation. Mais aussi ce « Grand avant » avec son côté abstrait et stylisé, son univers oniriques, ses couleurs pastelles et sa zen attitude ambiante. Le tout est sublimé par un travail sur les lumières qui laisse admiratif. Chaque scène est un émerveillement qui aurait offert une expérience folle au cinéma… L’opposition entre ses deux univers est aussi appuyée par une musique magnifique. Bien sûr le Jazz, la passion de notre héros, pour les parties New-Yorkaises mais surtout la partition électro magistrale de « l’autre monde » qui est un appel au rêve et à l’évasion. Bref, c’est compliqué de parler de Soul sans trop en dévoiler, mais ce film fait un bien fou. Pixar arrive une nouvelle fois à nous proposer un univers à la créativité débordante, mêlant humour, tendresse et enchantement. Un film, parfois drôle, souvent touchant. Un feelgood movie qui fait tellement de bien par les temps qui courent et qui nous fait ressortir de cette expérience avec une seule idée en tête « Profiter de l’instant présent » Magnifique jusque dans sa dernière réplique, à l’image du film : Parfaite. Partager
- Un monument cinématographique… que j’aurais préféré visiter plus vite.
Découvrez notre critique détaillée du film THE BRUTALIST . THE BRUTALIST ❤️❤️❤️ Un monument cinématographique… que j’aurais préféré visiter plus vite. Devant ce film, j’ai eu la sensation d’être au musée, face à une œuvre d’art que tout le monde admire. Tu la trouves magnifique, mais tandis que tu aimerais changer de salle, les autres restent figés à la contempler… Évidemment, le film a de nombreuses qualités. Le premier tour de force du film est de nous faire croire à la véracité de l’histoire qui se déroule sous nos yeux. Il est construit comme le biopic de cet architecte hongrois fuyant l’Europe d’après-guerre. Mais surtout, c’est assez hallucinant de voir une telle maîtrise visuelle avec un budget de seulement dix millions de dollars. Visuellement, c’est un sans-faute, avec des plans millimétrés et ce rendu si particulier du Vistavision, offrant des images sublimes et un grain ancrant le film dans son époque. De ce côté-là, c’est une déclaration d’amour aux films d’antan. Le film enchaîne aussi les plans marquants, comme celui repris sur l’affiche avec la statue de la Liberté inversée, symbolisant ce rêve américain illusoire… Il nous offre également quelques plans-séquences saisissants, avec notamment cette scène d’ouverture oppressante. La photographie et le soin apporté au rapport d’échelle enfoncent le clou : c’est un vrai régal pour les yeux. Autre énorme atout du film : son casting. Bien sûr, Adrien Brody en tête, qui livre ici probablement son interprétation la plus saisissante, incarnant un personnage torturé, résilient et combatif. Et même si la polémique sur l’usage de l’IA pour améliorer son accent fait débat, il mérite certainement l’Oscar cette année. (En suivant ce raisonnement, faudrait-il remettre en cause l’interprétation de John Hurt dans ELEPHAN MAN sous prétexte qu’il était maquillé ?). Guy Pearce et Felicity Jones ne sont pas en reste et impressionnent par la justesse de leur jeu. Le film aborde de nombreux thèmes. Bien sûr, l’architecture, mais ce n’est finalement qu’une façade. Il s’intéresse davantage au rêve américain et au mépris de classe, en passant par l’antisémitisme, l’ambition, le sacrifice ou encore les relations de pouvoir… Bref, le film est extrêmement dense. Et pourtant… Malgré toutes ses qualités formelles, THE BRUTALIST ne m’a jamais réellement embarqué, et je suis resté en retrait face à sa proposition. Le problème principal est qu’il ne m’a jamais touché émotionnellement. Malgré la richesse des sujets abordés, son ton froid et distant a rendu mon attachement aux personnages difficile. Et vu sa durée, c’est un vrai problème… Car le film est très long, et j’ai clairement ressenti les 3h35 passer, même avec un entracte de 15 minutes au milieu. Si sa première partie a su capter mon attention, la deuxième, malgré l’introduction d’un personnage féminin apportant un peu de sang neuf, m’a donné l’impression que le récit ne faisait que marteler les mêmes idées. Pire encore, comme un aveu d’échec, il a besoin d’un épilogue pour expliquer ce qu’il n’a pas réussi à mettre en images, malgré sa durée. Et même si ce coup de théâtre fait son effet, il aurait été bien plus intéressant de voir ce thème réellement exploité dans la deuxième partie, plutôt que de ressasser ceux du premier acte. Alors certes, sur la forme, c’est du grand cinéma, un film qui marquera probablement l’histoire du septième art. Il vaut vraiment le coup d’œil, mais je ne peux m’empêcher d’avoir un arrière-goût d’inachevé. J’attendais une fresque avec un impact émotionnel bien plus fort… Partager
- Critique de TOP FILMS 2024 – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film TOP FILMS 2024 . TOP FILMS 2024 Comme chaque année, voici venu l’heure du bilan de cette année cinématographique. Une année en demi-teinte : après un démarrage assez poussif, elle aura vu un automne exceptionnel. Même si ces derniers mois m’ont offert mes plus grosses déceptions de l’année (JOKER 2 , L’AMOUR OUF et cette purge qu’a été GLADIATOR 2), ils ont surtout été l’occasion de découvrir parmi les plus belles surprises de 2024. Voici donc mon top 10 de l’année. Comme d’habitude, cette liste n’a pas vocation à présenter les dix meilleurs films, mais ceux qui m’ont le plus marqué. Avec près de 100 films vus cette année, cela n’a pas été simple d’en retenir seulement dix, mais il a fallu faire des choix. 10 – ANORA Cannes 2024 aura été un excellent cru, et même si cette Palme d’or n’est pas mon film préféré de l’édition, elle reste un très bon film. Une fable moderne sur une travailleuse du sexe, à la fois maline, touchante, profonde et surtout TRÈS drôle. Sans oublier la révélation de l’année : Mikey Madison, qui explose littéralement à l’écran. 9 – LE ROBOT SAUVAGE En quelques années DreamWorks met la misère à Disney et Pixar. Ce film est d’une beauté sans nom, aussi bien pour ses images à couper le souffle que pour la vague d’émotions qui submerge le spectateur. Un film d’animation original qui touche autant les petits que les grands, laissant le public ressortir avec un sourire ému et des larmes au bord des yeux. 8 – IL RESTE ENCORE DEMAIN Une comédie populaire italienne dans le plus beau sens du terme. Le film choisi de s’attaquer aux violences conjugales sous le signe de la comédie, sans jamais dénaturer son propos. La mise en scène est inventive, avec un noir et blanc des plus maitrisé. Et surtout l’écriture est admirable. Elle accumule les scènes marquantes et surprend constamment le spectateur, jusqu’à ne dévoiler son réel sujet que dans les cinq dernières minutes… 7 – NOSFERATU Un conte gothique et horrifique qui colle parfaitement à l’univers de Robert Eggers. Il en tire parmi les plans les plus éblouissants de l’année, mêlant beauté, poésie et horreur. Une relecture du film de 1923, faisant de Nosferatu un prédateur sexuel. L’horreur imprègne chaque scène du film, avec notamment la prestation magistrale de Lili-Rose Depp, qui livre des scènes de possession ahurissantes… 6 – LE COMPTE DE MONTE-CRISTO Le cinéma français prouve qu’il peut rivaliser avec les grosses productions américaines pour offrir du très grand spectacle. Un blockbuster français qui se donne les moyens de ses ambitions pour le plus grand plaisir des spectateurs. Il film apporte au roman de Dumas une relecture super-héroïque qui n’est pas sans rappeler BATMAN… et ça fonctionne à merveille. C’est épique, romanesque et porté par un casting investi et parfaitement dirigé. 5 - THE SUBSTANCE De loin ma plus grosse expérience cinématographique de l’année. Le genre de film qu’il faut absolument voir en salle où il prend une dimension folle. Alors oui, il a la subtilité d’un bulldozer dans un champs de pâquerettes, mais tout y est totalement maitrisé. Chaque plan est d’une beauté rare, et le film repousse constamment les limites. Que ce soit dans l’imagerie et le propos malaisant, ou bien dans la comédie satirique jusqu’à un final burlesque complètement dingue. Et ne serait-ce que pour Demi Moore, qui livre de loin sa plus belle prestation qui pourrait même lui valoir un Oscar (qui serait tout un symbole, vu le propos du film…) 4 – FLOW En tant qu’expérience cinématographique, FLOW se pose là. Un ovni d’animation unique qui fait le choix audacieux d’être muet. Il va en tiré toute sa force, sublimant son côté onirique. D’autant plus que le film est sublimé par une direction artistique avec un côté aquarelle apporté aux dessins, intensifiant la poésie de chaque scène. Une absence de dialogue qui va être compensé par une inventivité de chaque instant, entraînant le spectateur dans une expérience visuelle et auditive semblant tout droit sortie d’un rêve… 3 – EMILA PEREZ Un chef de cartel mexicain embauche une avocate afin de l’aider à faire sa transition de genre. Et le tout, sous forme de… comédie musicale... Sans doute le projet le plus casse gueule de l’année, mais c’était sans compter sur l’immense talent de Jacques Audiard, qui ne cesse de se renouveler à chaque film. Chacun de ses plan transpire de cinéma, avec une mise en scène sublimant constamment l’image. Il en tire une œuvre profondément humaine où la somptueuse musique viendra souligner chaque émotion de son trio de femme, qui chacune à sa façon cherchera un sens à sa vie. Le film navigue entre les genres, sans jamais se perdre, porté par un casting en or qui parvient à toucher le spectateur en plein cœur… 2 – LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE Clairement ma palme d’or de l’année. Le film dénonce la situation déplorable des femmes en Iran. Un thriller impressionnant construit sous forme d’un huit clos qui installera une métaphore saisissante entre la révolution qui gronde à l’extérieur et celle qui germe dans le cercle familial. La mise en scène impressionne par grands moments, comme une scène d’interrogatoire glaçante, mais surtout ce qui aura été pour moi la scène la plus marquante de l’année : un plan à la fois insoutenable et d’une tendresse infinie, symbolisant de la plus belle des manière cette jeunesse violentée. Un film coup de poing qui restera longtemps gravé dans ma mémoire. 1 – DUNE 2 Denis Villeneuve prouve une fois de plus à quel point il est l’un des réalisateurs les plus talentueux de notre époque. Il livre un film grandiose à l’esthétique hallucinante. Chaque plan est un véritable régal pour les yeux, avec des FX parfaitement intégrés à l’image. Il a un sens du détail à chaque instant, que ce soit les décors, les costumes, la photographie ou ce rapport d’échelle saisissant. Tout est mis en œuvre pour propulser le spectateur dans cet univers fantastique. Mais son film ne se limite pas au grand spectacle et se pare d’une vraie profondeur, porté par des personnages complexes et un casting dirigé de main de maître. Un des rare défaut du film est pour moi d’être une adaptation, là où je rêverai de voir Villeneuve mettre en scène une œuvre originale. Clairement un chef d’œuvre de la science-fiction qui deviendra culte pour toute une génération. Partager
- Un road trip lumineux et bouleversant.
Découvrez notre critique détaillée du film ON IRA . ON IRA ❤️❤️❤️❤️ Un road trip lumineux et bouleversant. Marie, 80 ans, embarque son fils, sa petite-fille et son aide-soignant dans un road trip vers la Suisse, sous prétexte d’un mystérieux héritage. En réalité, elle prévoit d’y mettre fin à ses jours, sans jamais avoir parlé de son choix à sa famille. Pour son premier film, Enya Baroux ose aborder le délicat sujet du suicide assisté sous le prisme de l’humour. Un pari risqué, mais brillamment relevé : le film trouve un équilibre parfait entre drame et comédie. Évidemment, on pense à LITTLE MISS SUNSHINE . On se retrouve dans road trip solaire de cette famille dysfonctionnelle qui part vers la Suisse, où le van est troqué pour un camping-car. Si ON IRA fonctionne aussi bien, c’est avant tout grâce à ses personnages : un quatuor de pieds nickelés terriblement attachants. Hélène Vincent est lumineuse et irradie les comédiens qui l’accompagnent. David Ayala campe un père à la fois immature et touchant, tandis que Juliette Gasquet crève l’écran en ado rebelle. Le trio est complété par Pierre Lottin, qui confirme, après EN FANFARE qu’il est l’un des acteurs du moment : il donne une vraie sensibilité à cet aide-soignant qui devient malgré lui le médiateur de cette famille incapable de communiquer. L’autre point fort du film réside dans ses dialogues d’une justesse remarquable, alternant rires et émotion sans jamais forcer. ON IRA est une comédie douce-amère parfaitement dosée : on rit énormément des situations et des quiproquos, avant de se rendre compte qu’une larme coule le long de notre joue. Et pourtant, malgré la gravité du sujet, le film bouleverse sans jamais tomber dans la facilité du pathos gratuit. Empreint d’une tendresse infinie, le film se concentre sur ses personnages et la sincérité des émotions qu’ils véhiculent. Certes, on pourrait reprocher à ON IRA une mise en scène assez classique, mais on en ressort conquis. Enya Baroux réussit le miracle de nous faire rire de la mort avec un film qui parle avant tout de la vie. Partager
- Coups de coeurs - OFF 2025 | Critiques d'un passionné
Critiques des pièces présentes au festival OFF et que nous avons chroniquées Top 10 - Festival OFF 2025 Découvrez nos spectacles préférés du Festival OFF Nous voici à la moitié du Festival, et comme tous les ans, j'en profite pour vous donner mes dix coups de coeur. C'est une liste exaustive et totalement subjective. N'hésitez pas à aller consulter les autres chroniques si vous cherchez un spectacle à découvrir. J'ai pris la décision de ne pas y inclure UNE VIE SUR MESURE qui est un incontournable depuis 15 ans, ni DU CHARBON DANS LES VEINES et THE LOOP qui suite à leurs Molières étaient complets dès le début du festival 10 - ÉCLATS DE VIE Un spectacle de danse où chaque tableau raconte une histoire. 9 - HAPPY APOCALYPSE Une claque visuelle et sensorielle qui ne ressemble à rien de ce que vous avez déjà vu. 8 - LE JEU DE L'AMOUR ET DU HASARD Une relecture moderne et festive du classique de Marivaux. 7 - UN SOUPÇON D’AMITIÉ Un thriller psychologique qui dansera le tango avec vos émotions. 6 - ROBERTO ZUCCO Une claque vicérale et immersive d'une rare intensité. 5 - CLÉOPÂTRE – LA REINE LOUVE Une fresque historique à la chorégraphie milimértée. 4 - TOUT CONTRE LA TERRE Ma grande décharge émotionnelle de ce OFF. 3 - MARIUS Une adaptation magistrale du monument théâtral de Pagnol. 2 - ARIANNE, UN PAS AVANT LA CHUTE Un mélange fou entre concert, théâtre, talk-shox et cinéma. 1 - MADE IN FRANCE Du théâtre à la fois drôle et engagé dont l'écriture n'a d'égal que sa fabuleuse maitrise de la mise en scène
- Critique de PUPILLE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film PUPILLE . PUPILLE ❤️❤️❤️❤️💛 Peut-être parce que le sujet me parle Peut-être parce que j’ai fait le deuil de ma paternité Peut-être parce que j’ai longtemps pensé à adopter Peut-être parce que tous ces personnages autour du destin de cet enfant Peut-être parce que ce métier que je ne connaissait pas Peut-être parce qu’on a le droit à un casting 5 étoiles Peut-être parce que Sandrine Kimberlain est parfaite comme souvent Peut-être parce que Gilles Lelouche m’a surpris dans ce genre de rôle où je ne l’attendais pas Peut-être parce que Elodie Bouchez m’a transmis des émotions me faisant dresser les poils des bras Peut-être parce que le film sonne tellement vrai Peut-être parce que malgré son aspect parfois documentaire, le film va beaucoup plus loin Peut-être parce que c’est profondément humain et juste Peut-être parce que c’est émouvant sans jamais tomber dans le patho Peut-être parce que ce film est plein d’espoir en la vie Peut-être parce que c’est une vague d’émotion qu’on se prend en pleine face Ou tout simplement parce que ce film m’a touché comme c’est rarement le cas Décidément en cette fin d’année, après « Les chatouilles » il y a quelques semaines, le cinéma (de surcroît français) a décidé de nous offrir ce qu’il fait de mieux Bref, si vous ne savez pas quoi faire ce week-end 😉 Partager
- Critique de LES TROIS MOUSQUETAIRES : MILADY – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LES TROIS MOUSQUETAIRES : MILADY . LES TROIS MOUSQUETAIRES : MILADY ❤️❤️💛 Voici donc la suite du premier volet que j’avais particulièrement apprécié au printemps dernier, et vu que j’ai toujours préféré la deuxième partie de l’œuvre de Dumas, qui joue avec la zone grise de ses personnages et ses enjeux dramatiques, j’étais assez impatient de découvrir ce deuxième film. Alors, sur plusieurs aspects, il garde certaines qualités du premier film. On retrouve l’ambition visuelle, avec ses décors et ses costumes impressionnants, cette recherche de grand spectacle, ce thème musical épique, ou certains acteurs qui semblent investis au projet. Bien sûr, on retrouve une Eva Green dont le magnétisme colle parfaitement à cette Milady énigmatique, et c’est avec le même bonheur qu’on savoure chaque apparition de Louis Garrel qui m’a fait sourire à chaque réplique. Ça se donne les moyens de ses ambitions et propose un spectacle populaire et plutôt efficace où je ne me suis pas vraiment ennuyé. Sauf, que le film me pose aussi de sérieux soucis… Au niveau du spectacle, autant dans le premier film les combats en plans séquences avaient vraiment de la gueule, mais ici c’est beaucoup moins maitrisé, moins chorégraphié et surtout ça rend l’action brouillonne… mais pas autant que l’histoire… Parce que tout ici semble rushé, ça va trop vite et tous les évènements s’enchainent sans que le scénario ne puisse les digérer, et malheureusement, c’est détriment de la dramaturgie. Bon, vu le cumul des rebondissements, ça pourrait se comprendre, mais pourquoi inclure des sous-intrigues sorties de nulle part et sans intérêts ? (Oui, je parle de toi Michalik…). Idem pour le développement des personnages qui est expédié, voire inexistant. En premier lieu, celui de Milady, dont l’ambiguïté passe totalement à la trappe. Son personnage aurait mérité tellement mieux, d’autant plus que ce volet porte son nom… Sans parler de Portos et Aramis qui sont relégués au second plan et ressemblent plus à des faire-valoir comiques qu’à autre chose… Ça donne un côté très sériel à l’ensemble. D’ailleurs on en parle des cinq premières minutes consacrées à un résumé du premier film (Sérieusement, au cinéma ???), on en parle de la scène post-générique du même premier film qui apparait au bout de plus d’une heure dans le deuxième ? Mais surtout, c’est quoi cette fin débile qui ouvre la porte à une potentielle suite ??? Alors, je veux bien qu’on prenne des libertés avec un roman, et la partie en Angleterre est même intéressante de ce point de vue-là, mais c’est quoi cette dernière scène qui frôle le ridicule ??? Après, ça reste un divertissement familial honorable et plutôt efficace, mais après un premier film très prometteur, j’en ressors très frustré et surtout avec un sentiment de gâchis… Partager
- Critique de LIMBO – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film LIMBO . LIMBO ❤️❤️❤️❤️💛 Ce polar Hongkongais, datant de 2021, a bien failli ne pas sortir chez nous, mais le bouche à oreille et surtout le doublé Grand prix et Prix de la critique au festival du Polar de Reims 2023, lui ont permis d'avoir une sortie en salle. Et heureusement, car quelle expérience de cinéma !!! Soi Cheang nous livre un film d'ambiance qui perdrait énormément sur une TV. On a affaire à un thriller extrêmement sombre et violent, filmé dans un splendide noir et blanc. On navigue ici à la frontière entre SEVEN, J'AI RENCONTRÉ LE DIABLE ou LE SILENCE DES AGNEAUX... Ici, tout transpire le glauque, le poisseux, le malaisant. On se retrouve plongé dans une enquête sordide dans Hongkong et ses bas fonds qui prennent des allures de décharge à ciel ouvert. L'ambiance suintante est renforcée par la présence constante de la pluie et un soucis du détail en ce qui concerne le son. On est aussi impressionné par les décors, qui sont constamment surchargés de détritus donnant l'impression d'être éveillé en plein cauchemar. On a presque l'impression de sentir l'odeur des ordures, les eaux sales nous imprégner... Et pourtant, cette course poursuite cauchemaresque sera visuellement somptueuse. Le réalisateur nous offre un des noirs et blancs les plus beaux que j'ai pu voir au cinéma. Il y a un soucis du détail impressionnant dans les cadres, les éclairages et les ombres. D'autant plus qu'il y a un travail assez dingue sur la profondeur de champs et on se rend souvent compte que tout semble curieusement net à l'écran. Il y a constamment un contraste saisissant entre la beauté des images et l'horreur qu'elles nous renvoient. Un polar radical, sans espoir, d'une noirceur édifiante. Une expérience sensorielle qui plonge le spectateur dans les limbes de l'âme humaine... Partager
- Critique de THE SON – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film THE SON . THE SON ❤️❤️❤️ Après son THE FATHER, dont je ne me suis jamais réellement remis, Florian Zeller nous livre donc un deuxième volet qui n'est pas pour autant une suite. Le rapport entre les deux films : les liens familiaux qui se verront bouleverser par une terrible maladie. Si le premier film parlait d'Alzeimer, ici, il sera question de la dépression d'un adolescent, de l'impact qu'elle a sur le malade, mais aussi sur son entourage, impuissant face aux événements. Si sur la forme, le film est beaucoup plus académique et impressionne moins que THE FATHER par sa mise en scène ou son originalité, sur le fond, il est aussi puissant, en réussissant à être profondément juste sur un sujet souvent tabou. Laura Dern, comme à son habitude, est parfaite, mais c'est surtout Hugh Jackman qui livre une prestation mémorable. Ici, à contre emploi, il incarne avec une sensibilité qu'on ne lui connaissait pas ce père tiraillé entre sa détresse, sa colère et sa culpabilité. Zeller livre un drame psychologique, certes assez classique (peut-être trop), mais qui se montre bouleversant sans jamais tomber dans le patho. Un film dont les images ne marqueront pas, mais d'une puissance et d'une sobriété qui laisse sans voix au moment du générique de fin... Partager














