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  • LE MOBY DICK critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE MOBY DICK LE MOBY DICK ❤️❤️❤️💛 C'est toujours compliqué d'adapter un roman au théâtre, car il faut réussir raccourcir l'œuvre sans pour autant la dénaturer. Mais la bonne idée de cette pièce est de totalement revisiter ce classique en transposant son intrigue en 2002. On retrouvera bien le jeune héros Ishmael et le capitaine Achab, mais ici les marins seront remplacés par des dockers et la fameuse baleine blanche par un immense porte-conteneur, métaphore représentant le monstre qui risque d'anéantir leur travail. On a donc finalement affaire à une comédie sociale sur ces dockers qui vont lutter pour la survie de leurs emplois. La pièce est portée par dix comédiens, ce qui est assez rare pour un spectacle présenté au OFF. Ils déploient une vraie énergie, aidés par un astucieux travail de mise en scène avec un décor modulable. Il se dégage un esprit "bande de potes" qui vient renforcer le propos du spectacle et fait que malgré la lutte sociale qui est centrale, l'humour n'est jamais loin. Par contre le cumul de personnages, même s'il y est pour beaucoup dans l’efficacité du spectacle, fait que certains arcs narratifs manquent de développement. Alors, la représentation d’hier était une sortie de résidence, et évidement il y aura des réajustements avant le début du Festival, mais de ce que j’ai pu découvrir hier, il y a un véritable potentiel. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Un hymne à l’amour, à la liberté… et au théâtre vivant.

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE CHANT DES LIONS Un hymne à l’amour, à la liberté… et au théâtre vivant. LE CHANT DES LIONS ❤️❤️❤️❤️💛 Un hymne à l’amour, à la liberté… et au théâtre vivant. Il y a des spectacles qui touchent l’intellect, d’autres qui parlent au cœur. Le chant des lions fait les deux. Portée par la troupe du Grenier de Babouchka et mise en scène par Charlotte Matzneff, cette pièce est un bijou théâtral, musical, et émotionnel. Un de ces rares moments de grâce qui vous accompagne bien après les saluts. Dès l’ouverture, nous voilà transportés dans l’ambiance feutrée des cabarets des années 30. Une immersion directe, qui doit beaucoup à la scénographie élégante, aux lumières et aux costumes soignés . Et surtout, à Vanessa Cailhol, qui impressionne par sa voix lumineuse dès la première chanson. Mais Le chant des lions , c’est surtout une histoire d’amour vibrante entre la chanteuse Germaine Sablon et l’écrivain Joseph Kessel, sur fond de montée du fascisme et de 2e guerre mondiale. Leur relation intime se mêle à la grande Histoire, jusqu’à donner naissance au Chant des Partisans, hymne emblématique de la Résistance française. Un récit romanesque, historique et musical : autant dire que ce trio romance–Histoire–musique, qui me parle tant, est ici sublimé avec un rare talent. Charlotte Matzneff signe une mise en scène d’une grande intelligence. Ce qui frappe surtout, c’est l’ambiance sonore du spectacle, assurée en direct par Mehdi Bourayou . Il joue la musique, mais aussi tous les bruitages : des pas dans la neige aux ondes radio en passant par trains et autres sons de guerre. Ce travail sonore donne au spectacle une dimension cinématographique étonnante, tout en restant profondément théâtral. Une prouesse technique saisissante. Outre Cailhol et Bourayou, la distribution entière est remarquable : Élodie Colin, Thierry Pietra, Thibault Pinson, Éric Chantelauze… Tous incarnent leurs rôles avec justesse, émotion et un bel esprit de troupe, comme souvent chez Le Grenier de Babouchka. Personne ne surjoue, et chacun trouve sa place dans cette fresque humaine. Bien sûr, comme souvent dans les pièces historiques, quelques libertés sont prises avec la grande Histoire. Mais ce que je retiendrai, c’est la puissance émotionnelle que véhicule le spectacle . Et surtout ce final m’a fait dresser les poils, littéralement, et donné l’envie de me lever, de chanter, de résister… Le chant des lions , c’est un voyage dans le temps, une histoire d’amour et de liberté, un chant de mémoire, mais surtout aussi un coup de cœur personnel, comme on en vit peu souvent dans une saison . Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Un délire spatial aussi déjanté que bordélique.

    Découvrez notre critique du film MICKEY 17 . Un délire spatial aussi déjanté que bordélique. MICKEY 17 ❤️❤️❤️ Un délire spatial aussi déjanté que bordélique. Six ans après son chef-d'œuvre PARASITE , Bong Joon Ho revient avec son nouveau film MICKEY 17. Étant un grand fan du réalisateur, c'était même devenu le film que j'attendais le plus cette année. J'ai donc évité toute image et tout texte en rapport avec le film, et j'ai bien fait, car la bande-annonce dévoile beaucoup trop de choses sur les nœuds du récit. Pour faire simple, Mickey décide de partir vivre dans une colonie spatiale pour fuir ses dettes. Il se tuera littéralement à la tâche dans une entreprise qui le sacrifiera continuellement à travers des expériences et autres travaux à haut risque. À chaque mort, une nouvelle version de lui-même sera réimprimée, tout en conservant intacte sa mémoire. L’idée de base est fascinante et, comme à son habitude, Bong Joon Ho mélange les genres pour nous livrer ici une comédie satirique de science-fiction. C'est même un film somme, où le réalisateur met tout ce qui lui est cher dans son cinéma. On retrouve un héros un peu simplet, la lutte des classes, la critique du capitalisme, mais aussi l'écologie… Comme souvent, il nous tend un miroir de notre société. Mais le réalisateur ne fait pas dans la dentelle et pousse les curseurs à fond, au point d'en faire une comédie déjantée et parfois déroutante, dont l'humour burlesque risque de laisser une partie des spectateurs sur le bas-côté. Le film est ainsi à l'image de son antagoniste, un politicien égocentrique qui est un mélange caricatural entre Donald Trump et Elon Musk. Dans ce rôle, Mark Ruffalo est en roue libre, avec un surjeu totalement jouissif, tout comme Toni Collette, qui en fait des caisses en incarnant son épouse manipulatrice. Le film colle ainsi parfaitement à l’actualité, et la réalité semble même avoir dépassé la fiction… Comme à son habitude, Robert Pattinson livre une très bonne prestation en incarnant les diverses versions du fameux Mickey. On n'est pas vraiment habitué à le voir interpréter un personnage aussi léger, mais il s'en sort très bien dans la comédie. Par contre, à trop vouloir mélanger les genres et les thèmes, le film s'éparpille au point de devenir un joyeux bordel. Il multiplie les arcs narratifs sans vraiment les exploiter, les rendant parfois anecdotiques. C'est le cas, par exemple, du personnage d'Anamaria Vartolomei, qui apportait une certaine profondeur au récit avant de disparaître totalement de l'intrigue. D’autant plus que le film est assez long, avec parfois un rythme inégal, notamment dans ce dernier acte interminable. Le film s'éloigne donc malheureusement de son sujet principal, que j’aurais aimé voir plus développé : la crise existentielle de Mickey et sa peur de mourir, mais aussi le dilemme moral que pose son sacrifice, lui qui est considéré comme un simple objet que l'on peut jeter et interchanger pour le bien de l'humanité. Au niveau de la réalisation, le film est visuellement très propre, avec des effets spéciaux bien intégrés, mais on regrettera tout de même une mise en scène qui manque d'inventivité par rapport aux autres films du réalisateur. De même, la photographie est de qualité, mais si son côté terne colle avec le propos dystopique du film, il aurait peut-être été plus judicieux qu'elle soit plus flashy, tant le côté satirique et grandiloquent est mis en avant tout au long du film. Bref, c’est pour moi un Bong Joon Ho mineur. Alors, ça n’en fait pas un mauvais film, et j’ai même pris un certain plaisir devant, mais j’ai tout de même un sentiment de gâchis… Partager

  • TITANIC critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle TITANIC TITANIC ❤️❤️❤️💛 Dès son entrée dans la salle, le public est immergé dans le spectacle, en étant invité à traverser la scène où l’attend l’ensemble de la troupe pour l’embarquement sur le fameux Titanic. Et quelle troupe !!! Pas moins de douze comédiens qui vont jouer pendant près de deux heures (fait assez exceptionnel au OFF). Puis le spectacle surprend par ses dialogues, intégralement écrits en vers et pourtant résolument moderne. Le ton du spectacle est clairement la comédie, enchainant les situations loufoques et burlesques. Les personnages sont volontairement caricaturaux, renforçant leur impact comique. Et les amateurs de comédies musicales seront aux anges, grâce à la présence de trois musiciens sur le plateau, quelques chansons, et surtout de magnifiques chorégraphies sur les passages dansés ou bien ce final bluffant… Alors, même si il y a quelques longueurs et que j’ai trouvé l’humour inégal, je dois reconnaitre que c’est souvent d’une efficacité redoutable, notamment quand elle a ce côté Vaudeville sur un rythme endiablé. Idem, le film culte sera souvent brillamment parodié, en reprenant ses scènes cultes. Le public rit souvent et aux éclats prouvant que toute l’énergie déployée par la troupe aura atteint son but : offrir un très bon divertissement. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • DES PLANS SUR LA COMÈTE critique de théâtre | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle DES PLANS SUR LA COMÈTE DES PLANS SUR LA COMÈTE ❤️❤️❤️💛 Une comédie rythmée Les quiproquos et les mensonges s'enchaînent au rythme des rires du public. Il faut dire que le trio féminin y met vraiment du sien, notamment une Noémie De Lattre en TRES grande forme Et la pièce sait trouver des moments touchants et justes Bref efficace 🙂 Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Une emprise ordinaire, portée par une comédienne extraordinaire…

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle ROSE ROYAL Une emprise ordinaire, portée par une comédienne extraordinaire… ROSE ROYAL ❤️❤️❤️❤️ Une emprise ordinaire, portée par une comédienne extraordinaire… Sur un plateau à ciel ouvert, une voix off nous présente Rose, une femme de cinquante ans, rayonnante. D’abord, elle se confie : son apparence, ses enfants, son mariage raté, ses aventures sans lendemain. Elle évoque aussi les humiliations subies, son penchant pour l’alcool, et ses soirées au bar Royal où elle retrouve sa fidèle confidente, Marie-Jeanne. Malgré la noirceur du fond, la première partie est teintée de légèreté. On rit avec Rose, on s’attache à elle. Il faut dire qu’Anne Charrier illumine la scène. Elle capte l’attention avec une simplicité désarmante, et l’on se suspend à chacune de ses paroles. Son interprétation est d’une rare finesse. Puis surgit Luc, un inconnu qui fait irruption dans le bar. Le ton bascule vers la comédie romantique : les lumières se teintent de rose, avec ce décor couvert de linge blanc comme pour promettre l’idylle. Rose veut croquer la vie à pleines dents. Pour elle, la cinquantaine est une renaissance. Mais très vite, le texte fait tomber les illusions : le sujet réel de ROSE ROYAL est bien plus sombre. Les masques tombent. Rose découvre qu’elle est loin d’avoir trouvé son prince charmant. La pièce glisse alors vers un thriller psychologique glaçant, centré sur la violence et l’emprise qu’elle subit. On entre dans les pensées de cette femme qui, peu à peu, prend conscience de la toxicité de sa relation. Elle tente alors de s’en libérer. Son histoire s’assombrit au rythme du soleil couchant, dans ce théâtre à ciel ouvert. Ce qui fait la force de ce spectacle, c’est sa justesse. L’histoire semble banale, et c’est précisément ce qui la rend bouleversante. Inutile d’en faire trop pour que le propos frappe en plein cœur. Car chacun connaît, de près ou de loin, quelqu’un qui a vécu cela. ROSE ROYAL met le doigt sur un sujet encore trop souvent tabou, que l’on préfère ignorer, spectateurs comme protagonistes… Et surtout, ROSE ROYAL, c’est la révélation d’une grande comédienne. Anne Charrier livre une performance puissante et pudique, sans jamais en faire trop. Les émotions passent, sincères, brutes. Et l’on se rend compte qu’on n’a pas vu le temps passer jusqu’à ce final qui nous claque en plein visage. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • LIMBO : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film LIMBO . LIMBO ❤️❤️❤️❤️💛 Ce polar Hongkongais, datant de 2021, a bien failli ne pas sortir chez nous, mais le bouche à oreille et surtout le doublé Grand prix et Prix de la critique au festival du Polar de Reims 2023, lui ont permis d'avoir une sortie en salle. Et heureusement, car quelle expérience de cinéma !!! Soi Cheang nous livre un film d'ambiance qui perdrait énormément sur une TV. On a affaire à un thriller extrêmement sombre et violent, filmé dans un splendide noir et blanc. On navigue ici à la frontière entre SEVEN, J'AI RENCONTRÉ LE DIABLE ou LE SILENCE DES AGNEAUX... Ici, tout transpire le glauque, le poisseux, le malaisant. On se retrouve plongé dans une enquête sordide dans Hongkong et ses bas fonds qui prennent des allures de décharge à ciel ouvert. L'ambiance suintante est renforcée par la présence constante de la pluie et un soucis du détail en ce qui concerne le son. On est aussi impressionné par les décors, qui sont constamment surchargés de détritus donnant l'impression d'être éveillé en plein cauchemar. On a presque l'impression de sentir l'odeur des ordures, les eaux sales nous imprégner... Et pourtant, cette course poursuite cauchemaresque sera visuellement somptueuse. Le réalisateur nous offre un des noirs et blancs les plus beaux que j'ai pu voir au cinéma. Il y a un soucis du détail impressionnant dans les cadres, les éclairages et les ombres. D'autant plus qu'il y a un travail assez dingue sur la profondeur de champs et on se rend souvent compte que tout semble curieusement net à l'écran. Il y a constamment un contraste saisissant entre la beauté des images et l'horreur qu'elles nous renvoient. Un polar radical, sans espoir, d'une noirceur édifiante. Une expérience sensorielle qui plonge le spectateur dans les limbes de l'âme humaine... Partager

  • Un huis clos qui vous fera voyager.

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle INTRA MUROS Un huis clos qui vous fera voyager. INTRA MUROS ❤️❤️❤️❤️💛 Un huis clos qui vous fera voyager. Raconter une histoire est un art, et dans ce domaine Michalik prouve encore une fois qu'il est un maître . Cette pièce démarre comme un huit clos où l'on assiste à un cours de théâtre dans un milieu carcéral. Sauf que Michalik, c'est plus fort que lui et comme il en a l'habitude il trouve le moyen de faire voyager ses spectateurs . Ce cours de théâtre devient un prétexte à nous faire voyager dans le passé des cinq personnages en se concentrant sur l'humain et leurs cicatrices. Le public devient même un punching-ball qui reçoit toutes leurs émotions . Et vu le niveau de jeu des acteurs, certains coup font mal, très mal. A l'image de cette scène ou un jeune de banlieue nous raconte son passé et la montée en puissance de sa colère... bluffant... Mais il y a un sixième artiste dans Intra Muros, et pas des moindres. Un musicien en bord de scène, qui accompagne les acteurs d'une musique (un mélange de guitare, piano, percussions et musique electo). Son travail intensifie clairement les scènes, sans devenir envahissant et offre au spectacle un côté très cinématographique. Et puis, il y a la mise en scène de Michalik. Certains vont sûrement s'empresser de dire qu'il s'appuie sur des bases devenues habituelles chez lui. Avec ses changements de lieu, de décors et de costumes face au public (avec ici, des transitions passé-présent particulièrement réussies). Alors oui, c'est le cas, mais pour moi ça fait parti de son univers. Un peu comme si on reprochait à Tarantino ou Nolan leurs style cinématographique reconnaissable sur chaque film. Mais moi, tant qu'il réussira à m'emporter à chaque spectacle, je signe . Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Une comédie où le destin se joue à pile ou face.

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle A PILE OU FACE Une comédie où le destin se joue à pile ou face. A PILE OU FACE ❤️❤️❤️ Une comédie où le destin se joue à pile ou face. Ce qui frappe immédiatement dans À pile ou face , c’est son dispositif scénique aussi simple qu’ingénieux : placer le hasard au cœur même du récit . Dès les premières minutes, une pièce est confiée à un spectateur, devenu complice du spectacle. À chaque moment charnière, le couple au centre de l’histoire décide de remettre son destin entre les mains d’un lancer : Pile ou face, et c’est toute une nouvelle branche narrative qui s’ouvre. Ce principe donne naissance à une mécanique aussi ludique que fascinante, où chaque représentation devient unique, imprévisible, presque vivante. Cette structure à embranchements est renforcée par un usage habile de la vidéo, qui permet de multiplier les personnages et les situations. Un véritable souffle cinématographique traverse le spectacle qui séduit aussi par son atmosphère. Impossible de ne pas penser à l’univers du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain : que ce soit par la musique, la douceur teintée de fantaisie, le goût pour les petits riens qui font basculer une vie, il y a une poésie délicate qui donne à l’ensemble une dimension tendre et légèrement mélancolique. Au centre de ce jeu des possibles, il y a ce duo de personnages tendres et attachants . Derrière leur relation, faite de choix, de doutes et de bifurcations se cache une question universelle : et si nos vies avaient basculé autrement ? Qui ne s’est jamais demandé ce qu’il serait advenu si un choix avait été différent ? Même si l’on tombe facilement sous le charme du procédé et de cette idée de faire du hasard le moteur du récit, le dispositif trouve aussi certaines limites. À force de multiplier les embranchements et les possibilités, on peut parfois avoir le sentiment d’assister davantage à une succession de saynètes indépendantes qu’à une véritable histoire qui avance de manière continue. Le concept reste séduisant, mais il peut parfois prendre le pas sur l’émotion et sur la profondeur du récit. De la même manière, l’utilisation de la vidéo, aussi inventive soit-elle, finit parfois par prendre un peu trop de place. Si elle permet d’enrichir l’univers, de multiplier les personnages et d’apporter cette dimension presque cinématographique au spectacle, elle attire parfois tellement le regard qu’elle tend à éclipser le jeu des comédiens présents sur scène. Malgré ces quelques limites, À pile ou face reste une expérience théâtrale singulière , où le hasard devient un véritable partenaire de jeu et où chaque représentation offre la promesse d’un voyage différent. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Être ou ne pas être... touché par ce film…

    Découvrez notre critique du film HAMNET . Être ou ne pas être... touché par ce film… HAMNET ❤️❤️💛 Être ou ne pas être... touché par ce film… En 1580, William Shakespeare, alors simple professeur de latin fauché, rencontre Agnès, une femme en communion avec la nature. Leur histoire d’amour fougueuse donnera naissance à trois enfants, jusqu’au jour où un drame viendra bouleverser leur vie. Une épreuve dont naîtra l’inspiration du chef-d’œuvre HAMLET. Formellement, le film est une réussite. Chloé Zhao prouve une nouvelle fois son talent pour filmer la nature autant que les drames intimistes. Certains plans sont somptueux, comme la découverte du personnage d’Agnès dans la forêt ou la scène de l’accouchement. Une véritable poésie se dégage de l’ensemble, renforcée par un léger souffle fantastique qui survole le récit. L’autre grand point fort de HAMNET réside dans son casting. Bien sûr, Paul Mescal est impeccable dans le rôle du dramaturge. Mais là où l’on pourrait s’attendre à suivre son ascension, le film choisit finalement de le reléguer au second plan. Le nom de William Shakespeare n’est d’ailleurs prononcé qu’une seule fois. Le récit se concentre avant tout sur le personnage de sa femme, Agnès, incarnée par une Jessie Buckley sidérante, qui mérite amplement d’aller chercher son Oscar en mars. Elle livre une performance aussi puissante que dévastatrice et constitue, à mes yeux, la véritable révélation du film. Cependant, malgré ses nombreuses qualités, j’ai eu énormément de mal à entrer dans l’histoire, principalement à cause de son écriture. Le drame central n’intervient qu’à mi-parcours, et la première partie, plombée par un rythme trop lent et des dialogues parfois trop écrits, n’a jamais réussi à capter mon attention. Le véritable sujet du film n’émerge donc que dans sa seconde moitié, à travers les répercussions du drame sur le couple. Si cette partie est plus aboutie et aborde un thème qui me touche profondément, je n’ai malheureusement pas réussi à me défaire de l’ennui qui s’était progressivement installé. Enfin, HAMNET assume pleinement son orientation mélodramatique. Mais même si je suis plutôt amateur du genre, je regrette une utilisation trop appuyée de la musique. Je pense notamment à la scène finale, d’une efficacité redoutable, où Max Richter tombe dans la facilité en recyclant son désormais mythique On the Nature of Daylight : un morceau capable, à lui seul, d’arracher une larme à n’importe quel spectateur… même devant une vidéo de chatons jouant à la balle… Partager

  • Entre finesse d’écriture et flou moral, c’est le malaise qui domine…

    Découvrez notre critique du film L’OBJET DU DÉLIT . Entre finesse d’écriture et flou moral, c’est le malaise qui domine… L’OBJET DU DÉLIT ❤️❤️❤️ Entre finesse d’écriture et flou moral, c’est le malaise qui domine… L’Objet du délit m’a laissé une impression assez troublante, presque inconfortable. La première partie m’a même un peu inquiété : j’ai eu peur d’avoir affaire à une comédie un peu lourdingue sur le mouvement MeToo, avec des effets appuyés et des caricatures faciles. Et puis, petit à petit, le film déjoue cette première impression. Il y a dans l’écriture d’Agnès Jaoui une finesse qui s’installe progressivement, quelque chose de plus subtil qu’il n’y paraît au départ, notamment dans la manière dont les dialogues laissent exister les contradictions des personnages. Une des réussites de ce film choral est sa façon de faire vivre sa troupe, avec cette énergie collective, ces échanges parfois chaotiques, parfois très drôles, qui donnent le sentiment d’assister à une création en train de se faire. Les egos s’entrechoquent, les générations se confrontent, les points de vue circulent. Agnès Jaoui donne ainsi la parole aussi bien aux femmes qu’aux hommes, aux plus jeunes comme à cette génération boomer. Mais c’est aussi là que quelque chose m’a dérangé. En voulant faire entendre toutes les voix, le film finit par tout mettre sur le même plan. J’ai bien senti cette volonté de traiter à la fois des violences sexuelles et des dérives ou débordements que certains attribuent au féminisme ou à MeToo. Sur le principe, cette nuance pourrait être intéressante. Dans les faits, elle crée surtout une forme d’ambiguïté qui m’a mis mal à l’aise. Parce que malgré son apparente neutralité, j’ai souvent eu le sentiment que le film déséquilibrait son regard. Sous couvert de satire qui tape sur tout le monde, il m’a semblé qu’il chargeait davantage certaines figures féministes, parfois caricaturées, tout en accordant une forme de compréhension, voire de compassion, à des comportements masculins problématiques. Et c’est là que le malaise s’est installé pour moi : cette impression que le film cherche à tout comprendre, mais qu’il finit par adoucir la figure des bourreaux. Du coup, je suis resté dans un entre-deux assez inconfortable. Je reconnais la qualité des comédiens, la précision de certains dialogues, la justesse de certaines observations. Mais je n’ai jamais vraiment réussi à adhérer totalement, parce que le film semble constamment hésiter entre dénoncer et relativiser. À force de vouloir être nuancé, il devient presque flou dans ses intentions, et m’a laissé avec ce sentiment persistant d’un regard qui ne tranche jamais vraiment, au point de me laisser, comme lui, le cul entre deux chaises. Et la longueur du film n’arrange rien. Avec ses 2h13, il étire inutilement certains effets, jusqu’à répéter des gags qui finissent par perdre de leur efficacité. Celui autour des phallus servant de décor en est l’exemple le plus frappant : amusant au départ, il devient redondant, presque lourd, tout en résumant malgré lui le propos du film. Cette insistance renforce encore cette impression d’un film qui peine à trouver son équilibre, et qui, à force de vouloir en dire trop, finit par se diluer. Partager

  • NIGHT CALL : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique du film NIGHT CALL . NIGHT CALL ❤️❤️❤️❤️💛 NIGHT CALL est un thriller aussi efficace que surprenant. Ici aucun serial killer, ni même de meurtrier, mais pourtant bel et bien un psychopathe d’un tout autre genre. Lou, petit larcin de Los Angeles, va se mettre à parcourir la ville à la recherche d’images choc pour les journaux télévisés. C’est un film d’un cynisme absolu, teinté d’humour noir, qui met en lumière les chaines d’infos continues et leurs courses à l’audimat, résumée en une phrase par le personnage de Rene Russo « Ce qui intéresse les gens, c’est de voir que la violence explose partout et qu’elle vient menacer les quartiers privilégiés… » Jake Gyllenhaal incarne parfaitement ce personnage pervers, manipulateur et diabolique que rien n’arrête pour être sur le devant de la scène. Il est aussi inquiétant que fascinant. Que ce soit par son jeu, son regard ou son sourire il est assez terrifiant et livre ici une de ses plus belles performances. Il entrainera dans sa descente aux enfers, le jeune Rick, interprété par Riz Ahamed qui est certainement le seul personnage auquel le spectateur pourra réussir à s’identifier dans cet univers de requins. La mise en scène rythmée offre quelques courses poursuites d’une grande intensité. Tout au long du film la tension monte crescendo jusqu’à atteindre son paroxysme dans un final tétanisant qui laisse le spectateur sans voix… Partager

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