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- LES CHATOUILLES : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film LES CHATOUILLES . LES CHATOUILLES ❤️❤️❤️❤️ Alors, forcément, vu le sujet lourd et tabou, je m’attendais à me prendre une bonne baffe. Et, oui, « uppercut dans ma face » il y a bien eu, et le premier quart d’heure du film, ta situation de spectateur impuissant te donne un peu l’envie de te lever et traverser l’écran pour tout casser. Mais, là où j’arrête tout de suite les plus sceptiques qui diraient des choses du genre « Non, mais t’as vu le sujet du film, il y a bien assez de misère dans le monde pour aller voir ça au cinéma »… Parce que là, Andréa et son compagnon réussissent un tour de force, c’est avec leurs mise en scène «déconstruite » pleine d’énergie, nous faisant voyager entre réalité, récit et rêve, en réussissant à y apporter à mon grand étonnement beaucoup de poésie par moment et encore plus fou à nous faire rire. Cet aspect comique, et parfois décalé, permet au spectateur de reprendre un peu son souffle et de prendre un peu de distance, sans jamais rendre la situation plus acceptable (un peu comme cette héroïne qui cherche à se réconcilier avec son passé). A l’image de ce que j’ai pu entendre du spectacle, la danse est extrêmement présente dans le film et offre des tableaux qui sont un concentré d’émotion brute Et au niveau des acteurs, évidement Andréa perce l’écran, mais que dire de la prestation sidérante de Karin Viard dans son rôle de mère exécrable. Ce film est une leçon de vie et de résilience, poignant sans jamais être dans le tire larmes et rien que pour ça il mérite d’être vu. Mon seul regret, être allé le voir seul, car forcément, tu en ressors chamboulé, mais aussi plein d’espoir avec une folle envie d’en discuter. Alors merci Andréa Bescond pour ce GRAND moment de cinéma. Partager
- Rien ne peut vous préparer à ce que vous allez voir…
Découvrez notre critique du film DIGGER . Rien ne peut vous préparer à ce que vous allez voir… DIGGER ❤️❤️❤️❤️❤️ Rien ne peut vous préparer à ce que vous allez voir… Je dois bien l’avouer : je ne savais absolument rien de Digger en entrant dans la salle . Le simple fait d’avoir affaire à un film d’Iñárritu me suffisait. Et puis il y avait aussi cette curiosité : voir Tom Cruise revenir vers un cinéma d’auteur, après des années à enchaîner les blockbusters, avait forcément quelque chose d’intriguant. Mais clairement, je m’attendais à tout… sauf à ça . Pendant une bonne demi-heure, je me suis même demandé ce que j’étais en train de regarder… et, soyons honnête, ce que je faisais là. Le film semble d’abord partir dans une direction assez grotesque, presque caricaturale, comme une satire poussée à l’extrême. Et puis, sans prévenir, il bifurque. Radicalement. Vers quelque chose que je n’aborderai évidemment pas ici . Parce que oui, c’est là toute la difficulté : parler de Digger sans évoquer ce fameux basculement relève presque de l’exercice d’équilibriste. Et pourtant, le dévoiler serait un véritable sacrilège tant le film repose en grande partie sur cet élément. Disons simplement que ce qui ressemblait à une farce déjantée finit par révéler une profondeur insoupçonnée , multipliant les niveaux de lecture. Iñárritu livre ici une œuvre profondément clivante . Le genre de film qui divisera inévitablement le public. On retrouve ce ton satirique qui évoque autant Docteur Folamour que Don’t Look Up , avec une critique évidente du pouvoir, du capitalisme et de l’ego, le tout traversé par un discours écologique appuyé. Mais le film ne s’arrête pas là. Il aborde aussi des thèmes plus inattendus, allant jusqu’à nous tendre un miroir dont le reflet devient parfois franchement inconfortable. Et difficile de ne pas voir, en filigrane, des parallèles avec l’actualité . Certains personnages évoquent assez clairement des personnalités comme Trump ou Musk, et ce n’est évidemment pas anodin. Le film joue avec ces références sans jamais les nommer frontalement, renforçant encore son ancrage dans notre époque. Et comme souvent avec Iñárritu, tout est dans la démesure. Si son style peut déjà rebuter certains, Digger ne fera qu’accentuer le phénomène. Il signe ici une œuvre hors norme, où absolument tout est poussé à l’extrême : mise en scène, jeu, rythme, intentions. Visuellement, c’est un tour de force permanent. Chaque plan semble pensé comme une idée à part entière. Les focales déformantes altèrent sans cesse la perception, le travail sur le son et la musique installe un vertige continu, les décors impressionnent… On est littéralement submergé. Mais cette hystérie visuelle et sonore, totalement assumée, pourra aussi épuiser . Iñárritu continue également d’exprimer son goût des plans-séquences, avec notamment une scène d’assemblée absolument hallucinante , qui restera sans doute comme l’un des grands moments de cinéma de l’année, autant pour sa mise en scène que pour la performance de Tom Cruise. Car oui, il faut en parler. À force de le voir courir sur des toits ou s’accrocher à des avions, on en aurait presque oublié que Tom Cruise est avant tout un immense acteur . Digger vient le rappeler avec une évidence presque insolente. Il trouve ici un rôle à contre-emploi total, et livre une performance qui pourrait bien rester comme l’une des plus marquantes de sa carrière, quelque part entre l’intensité de Magnolia et une folie totalement nouvelle. Et quand on sait qu’Iñárritu avait offert son premier Oscar à Leonardo DiCaprio, difficile de ne pas se dire qu’il pourrait bien récidiver. Mais Tom Cruise n’est pas seul. John Goodman impressionne tout autant et apporte une véritable respiration au film : il est tout simplement hilarant, souvent irrésistible, et désamorce certaines tensions par un sens du timing comique absolument parfait, sans jamais casser l’équilibre de l’ensemble. Riz Ahmed, lui, occupe une place essentielle dans le dispositif . Sa retenue et sa tension intérieure contrastent avec le chaos environnant. Là où beaucoup de personnages sont happés par la démesure du film, il devient l’un des rares personnages auxquels le spectateur peut réellement s’identifier. Au final, Digger n’est pas un film confortable. C’est une expérience . Une œuvre ambitieuse, excessive, parfois déroutante, souvent brillante, qui pourra autant fasciner qu’agacer. Il pourrait bien suivre le destin de ces films d’abord incompris, parfois rejetés à leur sortie, avant d’être réévalués avec le temps. Ceux qui divisent, qui dérangent, qui déstabilisent… mais qui finissent par s’imposer. Le genre d’œuvre que l’on redécouvre, que l’on défend, jusqu’à ce qu’elle devienne culte . Et peut-être, tout simplement, reconnue pour ce qu’elle est réellement : un véritable chef-d’œuvre. Partager
- L’histoire d’une femme qui aime jusqu’à la folie
Découvrez notre critique détaillée du spectacle MA FOUDRE L’histoire d’une femme qui aime jusqu’à la folie MA FOUDRE ❤️❤️❤️💛 L’histoire d’une femme qui aime jusqu’à la folie Olive est une jeune femme atteinte de psychose érotomane : persuadée que son ostéopathe, Simon, est amoureux d’elle, elle bâtit un univers obsessionnel dans lequel chaque geste, mot ou silence devient une preuve de cet amour fantasmé. J’avais découvert le travail de Laura Mariani avec LE JOUR OÙ J’AI COMPRIS QUE LE CIEL ÉTAIT BLEU qui avait marqué mon OFF. Elle poursuit ici son travail les trouble psychiques et la différence. La pièce s’ouvre sur une scène de fête où le jeu des comédiens, d’un naturel saisissant, nous permet de nous identifier très vite aux personnages. Puis, lentement, le réel se fissure. L’histoire glisse dans un entre-deux troublant, le monde réel et celui qui habite Olive. La scénographie ingénieuse offre deux espace scéniques distincts. L’avant-scène représentant les scènes réalistes du quotidien, où l’entourage d’Olive sera confronté à sa folie. L’arrière-scène surélevée, représente son espace mental, ses fantasmes et hallucinations. Des panneaux translucides seront le symbole de cette réalité brouillée dans l’esprit du personnage. La mise en scène joue brillamment sur les glissements entre réel et imaginaire : scènes dialoguées hyperréalistes alternent avec des séquences hallucinées, parfois musicales, parfois poétiques, donnant corps à la psychose d’Olive. La musique jouée en direct, incarnation spectrale de la figure paternelle, intensifie la tension émotionnelle et devient peu à peu un personnage à part entière. Les sept comédiens portent le texte avec une justesse remarquable. Mais je retiendrai surtout Odile Lavie, dans le rôle d’Olive, dont l’interprétation fragile et intense donne au personnage une complexité bouleversante. MA FOUDRE fascine autant qu’elle dérange. Elle parle de la folie sans juger, mêle le malaise à la poésie, et nous emporte dans un vertige où l’amour devient orage. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- VIRIL(E.S) critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle VIRIL(E.S) VIRIL(E.S) ❤️❤️❤️❤️ C’est le portrait de cinq femmes qui ne cochent pas les cases des standards de la féminité que nous imposent la société. Du début à la fin, elles vont envoyer valser ces codes, sans le moindre jugement, ce qui rend le propos encore plus fort. Elles vont nous raconter leurs vécus, leurs intimités, leurs doutes, leurs colères ou bien le regard que porte sur elle notre société… Continuellement, elles brisent le quatrième mur, nous interrogeant d’autant plus en nous impliquant dans leurs conversations. Elles aborderont sans tabous des thèmes comme leur rapport à la drague, la pilosité ou leur soif de liberté. Elles livreront leur discours avec un débordement d’énergie, entrecoupé de quelques chansons renforçant leurs propos. Le choix de choisir un homme pour interpréter Garance, le personnage le plus « féminin », n’est pas anodin, car même s'il est à l’origine de pas mal de rire, ça renforce le propos de la pièce, en envoyant un peu plus valser les codes. Car même s'il est souvent provocateur, ce spectacle hors norme n’est jamais manichéen. A la limite du documentaire, la véracité du jeu des comédiennes réussi parfaitement à transmettre son message de tolérance et de liberté. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- Un petit miracle d’écriture
Découvrez notre critique du film LES DIMANCHES . Un petit miracle d’écriture LES DIMANCHES ❤️❤️❤️💛 Un petit miracle d’écriture Ainara, 17 ans, provoque un véritable cataclysme au sein de sa famille lorsqu’elle décide soudainement d’entrer dans les ordres et d’intégrer un couvent. Les Dimanches est un drame sensible qui offre une réflexion profonde sur la religion et la quête d’identité. Il brille avant tout par son écriture et par la qualité impressionnante de ses dialogues. Le film aborde un sujet complexe sans jamais juger ses personnages, respectant chaque point de vue avec une rare intelligence. Si la religion est au centre du récit, le film s’intéresse surtout à ses répercussions sur la cellule familiale. C’est avant tout une chronique intime qui utilise la foi comme révélateur des fractures enfouies. D’un côté, un père inquiet, démuni face à un choix qu’il ne comprend pas mais qui souhaite malgré tout le bonheur de sa fille. De l’autre, une tante athée, prête à tout pour éviter à sa nièce de sacrifier sa jeunesse sur l’autel de la foi. Le film acquiert alors une dimension universelle : la peur de voir un proche emprunter un chemin qui nous échappe. Les Dimanches ne force jamais les émotions ni les conflits hystériques, et parvient pourtant à installer une tension presque silencieuse. La mise en scène reste d’une grande sobriété, préférant se concentrer sur les ressentis. Photographie aux tons doux, musique discrète : tout est pensé pour accompagner les émotions sans jamais les surligner lourdement. Si le film fonctionne avec autant de force, c’est avant tout grâce à la justesse remarquable de ses comédiennes. La jeune Blanca Soroa impressionne par sa retenue et par le mystère qu’elle entretient autour des motivations de son personnage. Mais je retiendrai surtout Patricia López Arnaiz, bouleversante dans le rôle de la tante, dont le jeu nuancé oscille entre inquiétude, incompréhension et amour inconditionnel. Leur relation, finement écrite, devient le véritable cœur émotionnel du film. Les Dimanches est un film fascinant, d’une justesse et d’une qualité d’écriture exemplaires. Sans jamais forcer le trait, il réussit à toucher profondément, jusqu’à un montage alterné final, bluffant de maîtrise. Partager
- Critiques théâtre et OFF Avignon | Critiques d'un passionné
Découvrez mes critiques de pièces de théâtre, mes coups de cœur du Festival OFF d'Avignon et mes avis sur les spectacles. Mes recommandations pour vos prochaines sorties théâtre. Critiques théâtre Découvrez nos critiques des spectacles découverts au festival d'Avignon et ailleurs Rechercher un spectacle La femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob Une scénographie dingue pour faire revivre un destin hors du commun. Bilan OFF 2026 Le OFF 2026 baisse le rideau… C'est le moment du traditionnel bilan Ne t'arrête pas de courir Il y a des trajectoires qui dépassent la fiction. Celle de Toumany Coulibaly en fait clairement partie. Dessiner encore Un hommage vibrant qui fait du dessin une arme de mémoire et de liberté. Walt, la folie Disney Derrière la magie Disney, la folie d’un homme prêt à tout pour rêver plus grand. A pile ou face Une comédie où le destin se joue à pile ou face. J'ai besoin d'air, c'est pour ça que je fume Rire, pleurer, comprendre : un équilibre rare entre gravité, tendresse et émotion Juliette et Roméo Le mythe des amants maudits sublimé par un ballet de passion et de poésie Fêlures Moderne, malin, hilarant : Fêlures bouscule et régale Lennon et McCartney Reformer les Beatles… le temps d’y croire encore Yongoyely Au-delà de la prouesse physique, un hymne à la force et à la résilience des femmes Diabolo menthe Une promesse vieille de vingt ans qui, le temps d’une nuit, laissera une empreinte éternelle La vague Toute ressemblance avec l’actualité serait purement fortuite… ou pas... La danse des cavaliers L’amour fraternel porté par l’échiquier du temps Cold cuts Une immersion frontale qui ne laisse aucune échappatoire Les glaces Briser la glace pour que les silences deviennent enfin des mots L'autre Rire de ce qui nous divise pour mieux nous rassembler Fabuleux Tout est dans le titre Le goût de la framboise Une mécanique bien huilée au service d’une sororité Hamlet #La fin d'une enfance Une chambre, quelques figurines… et tout Hamlet prend vie. L'école des femmes Une simple idée de mise en scène, et Molière n’a jamais été aussi glaçant. Olympes Une révolution théâtrale qui fait exploser les codes et embrase la scène. La nuit du 14 chez Léonie Un huit-clos où la sororité devient une arme de résistance. Louison et Mr Molière Une troupe soudée qui fait naître une tornade lumineuse : Marjorie Dubus L'avare Le spectacle qui va réconcilier les allergiques aux classiques avec Molière
- LES TÉMÉRAIRES critique de théâtre | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LES TÉMÉRAIRES LES TÉMÉRAIRES ❤️❤️❤️💛 En 1894, alors que l'affaire Dreyfus secoue la France, Zola et Méliès s'engage pour dénoncer un scandal d'état. Le premier finira par écrire un article de presse historique, le second réalisera le premier censuré au monde. La pièce met en avant le courage de ces deux hommes, mais aussi des femmes qui les entourent. Les sept comédiens vont interpreter une trentaine de personnages. Le fait de choisir de raconter cette vaste histoire de deux points de vue, les scènes vont s’enchainer sur un rythme endiablé. En décidant de se concentrer sur les faits, le dynamisme de la pièce empêche peut-être de s'attarder sur les personnages, mais apporte un côté sériel et didactique des plus efficaces. La pièce impressionne aussi par sa scénographie, bourrée d'idées, avec au centre un immense bureau qui se transformera astucieusement au fil des saynètes, de façon très ludique. D'autant plus que la partie du tournage de Méliès apporte un côté burlesque à cette terrible histoire. Une nouvelle fois, le Grenier de Babouchka nous offre un spectacle vivant et de qualité qui devrait facilement trouver son public. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF
- BURNING DAYS : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film BURNING DAYS . BURNING DAYS ❤️❤️❤️💛 Une belle petite surprise venant de Turquie. Un polar paranoïaque qui dresse un portrait sidérant du pays. On pourrait d'ailleurs lui reprocher d'aborder trop de sujets : la corruption qui est le point central du film, mais aussi l'écologie, le clivage des classes, le viol ou bien l'homophobie, qui fait qu'on a parfois l'impression que le film s'éparpille... Mais on lui pardonnera facilement ce petit défaut, car sur la forme, c'est extrêmement maitrisé. Ça fait penser au cinéma de Sorogoyen, par son ambiance sufocanque, l'écriture de ses personnages, sa mise en scène ou l'utilisation de la musique. Un polar anxiogène qui flirte avec le western et qui, malgré son rythme lent, réussit à faire monter crescendo la tension, jusqu'à un final, qui divisera peut-être, mais dont la métaphore est pleine de sens. Partager
- Une expérience cinématographique unique et radicale
Découvrez notre critique du film THE SUBSTANCE . Une expérience cinématographique unique et radicale THE SUBSTANCE ❤️❤️❤️❤️ Une expérience cinématographique unique et radicale Ex-star du cinéma, une actrice de 50 ans, mise sur la touche, décide de prendre une mystérieuse substance permettant de créer une meilleure version d’elle-même : plus jeune, plus belle, plus parfaite. Évidemment, cela implique de respecter des règles strictes, et quand celles-ci ne sont pas suivies, les conséquences peuvent être désastreuses. Souvent, je parle « d’expérience cinématographique », ces films conçus pour être vus en salle, où ils gagnent une puissance inégalable sur petit écran. Clairement, THE SUBSTANCE en est l’exemple parfait, et il serait regrettable de ne pas le découvrir au cinéma. Coralie Fargeat livre ici un film aussi audacieux que viscéral. Elle a apporté un soin particulier à chaque scène pour qu’elle explose littéralement dans l'obscurité de la salle. Chaque détail compte, que ce soit la maîtrise du cadre, les couleurs, le montage, et surtout le travail sur le son, qui transforme l’ensemble en un rouleau compresseur émotionnel. Visuellement, le rendu est époustouflant. Le spectacle offert est saisissant, et j’ai rarement cligné des yeux aussi peu lors d’une séance cinéma. Mais attention, le film est ultra radical et n’est pas à mettre entre toutes les mains. On est ici face à un film d’horreur, plus précisément du body horror. Ce n’est pas une succession de meurtres sanglants ; on se rapproche plutôt de LA MOUCHE. Le film multiplie d'ailleurs les références : Cronenberg, mais aussi Carpenter, Kubrick, et même LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY. Cela n’empêche cependant pas la réalisatrice de créer son propre univers. Les effets spéciaux sont remarquables, avec une grande utilisation d'effets pratiques. Et si, comme moi, vous avez la phobie des aiguilles et autres piqûres, le film peut se révéler particulièrement éprouvant. Dès la scène d’ouverture, où l’on voit le temps passer sur une étoile du Walk of Fame d’Hollywood, j’ai été happé et rarement relâché. Le thème de l’érosion de la beauté et du passage du temps est évidemment central. Même s’il s’agit d’un film d’horreur, il y a une véritable profondeur, en abordant la pression subie par les actrices pour rester éternellement belles, ainsi que l’obsession de notre société pour l’image et l’apparence, exacerbée par les réseaux sociaux et les tendances de la mode. Pour traiter ce sujet, la réalisatrice a choisi l’humour, car, étonnamment, le film est très drôle, devenant souvent une comédie satirique. Même si ce n’est pas toujours subtil et que la caricature (totalement assumée) est poussée à l’extrême, l’humour noir fonctionne à merveille. On pourrait reprocher à Coralie Fargeat une certaine tendance à l’excès, autant dans la forme que dans le fond. Que ce soit dans sa façon d’aller à fond dans le male gaze lorsqu’elle filme le corps de Margaret Qualley sur le plateau, ou dans le portrait divinement odieux de Dennis Quaid, mais cela ne va jamais à l’encontre du propos du film. Même dans le dernier acte, où elle pousse les curseurs à fond, risquant de perdre une partie du public, le film bascule alors dans un burlesque complètement fou et jubilatoire, culminant avec un dernier plan aussi audacieux que marquant. Et comment ne pas parler de Demi Moore, qui se livre corps et âme dans ce rôle, offrant probablement la meilleure prestation de sa carrière. Elle se met littéralement à nu devant la caméra, dans un rôle qui semble taillé sur mesure pour elle. Le film exploite son histoire personnelle et son image publique, ajoutant une couche supplémentaire de complexité et d'émotion. Bien qu'elle ait peu de dialogues, elle parvient à toucher le public, notamment lors d’une scène de maquillage bluffante : une séquence silencieuse mais incroyablement puissante, capturant toute la fragilité et la force de son personnage sans un mot. C’est d’ailleurs l’un des grands atouts du film : il n’oublie jamais de faire du cinéma. Souvent, sans dialogue, mais uniquement à travers l’image et le son, la réalisatrice parvient à transmettre des émotions et à délivrer son message. Vous l’aurez compris, j’ai adoré THE SUBSTANCE, et je vous invite vivement à le découvrir en salle, car il y gagne considérablement en puissance. Alors, est-ce le meilleur film de l’année ? Je ne pense pas. Est-ce le meilleur film d’horreur des dernières années ? Très certainement, et bien plus encore. Est-ce l’expérience cinématographique la plus marquante que j’ai vécue cette année ? Absolument, et de loin ! Partager
- LES FEUILLES MORTES : critique et avis cinéma | Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique du film LES FEUILLES MORTES . LES FEUILLES MORTES ❤️❤️❤️ Voici donc le nouveau film de Aki Kaurismäki, un cinéaste finlandais qui s’est fait une petite réputation à l’international au fil des années. C’est aussi le premier film du réalisateur que je découvre, ce qui n’aide surement pas à apprécier le film tel qu’il le mérite, tant son cinéma est atypique. C’est l’histoire de deux quadragénaires solitaires qui vont se rencontrer par hasard. Lui noyé dans l’alcool, elle dans les dettes, le tout avec en fond la radio qui diffuse inlassablement des nouvelles sur la guerre en Ukraine. Bon, sur le papier, ça ne sent pas la partie de plaisir, pourtant, bizarrement il se dégage réellement quelque chose de l’œuvre … Malgré le sentiment de dépression qui survole son film, avec ses deux protagonistes à la situation précaire et dont la vie semble s’acharner à leur mettre des bâtons dans les roues, il y a une certaine légèreté et un optimisme qui ressort de l’ensemble. Kaurismäki a un vrai sens du cadre et propose des plans statiques et millimétrés, tout en jouant avec le hors champs. Le film est peu bavard, mais les rares dialogues sont souvent savoureux. On est face à un film contemplatif, qui apporte une mélancolie, mais aussi un humour assez efficace et frôlant parfois l’absurde. Il y a un côté intemporel à l’histoire, et un amour du cinéma qui transparait, renforcé par de multiples références au cinéma de Godar, Bresson, Chaplin, et surement d’autres qui m’ont échappées… Et malgré son côté lent, le film a finalement réussi à retenir mon intérêt, aidé par sa courte durée (1h20), et donné envie de découvrir le reste de sa filmographie. Partager
- Un huis clos prometteur… qui finit par tourner en rond.
Découvrez notre critique du film ET PLUS SI AFFINITÉS . Un huis clos prometteur… qui finit par tourner en rond. ET PLUS SI AFFINITÉS ❤️❤️💛 Un huis clos prometteur… qui finit par tourner en rond. Voici l’adaptation du film Italien, basé lui-même sur une pièce de théâtre. Nous avons donc un huis-clos se déroulant sur une nuit, et un repas entre voisin des plus surprenant. On notera un vrai travail sur la photographie et un le jeu des acteurs convainquant. Le film offre aussi quelques punchlines qui fonctionnent bien, avec notamment un Bernard Campan irrésistible, qui n’est pas sans rappeler le regretté Bacri. Mais… Le souci, c’est que ce qui fonctionne au théâtre ne se transpose pas forcément au cinéma. Les personnages sont assez caricaturaux, et malgré le talent des acteurs, on a du mal a s’identifier à eux, sans parler que tout semble assez prévisible. Mais pire, malgré sa courte durée, et même si certains passages sont très drôle, avec un humour caustique qui fait parfois mouche, le film souffre d’un manque de rythme et ça tourne finalement vite en rond. Alors, c’est loin d’être mauvais, et ça fait même son boulot en terme de divertissement, mais je m’attendais clairement à quelque chose de plus percutant… Partager
- Et cette fois ci, je m’incline pour récolter cette proposition
Découvrez notre critique détaillée du spectacle POURQUOI LES GENS QUI SÈMENT Et cette fois ci, je m’incline pour récolter cette proposition POURQUOI LES GENS QUI SÈMENT ❤️❤️❤️💛 Et cette fois ci, je m’incline pour récolter cette proposition Il y a deux ans, j'avais découvert cette troupe avec Heureux les orphelins . À l’époque, je dois l’avouer, j’étais resté un peu en marge du spectacle, sans doute à cause de son mélange contemporain et mythologie, et sa relecture du mythe d’Électre. Mais j'avais été fasciné par le jeu des jeunes comédiens et l'énergie incroyable qu'ils dégageaient sur scène. Cette nouvelle création est résolument contemporaine : une militante écologiste confrontée à son compagnon, devenu préfet, sur fond de désobéissance civile. Et pourtant la mythologie, décidément chère à cette troupe, affleure en permanence. On pense à Antigone , bien sûr, tant par la nature du conflit que par les questions qu’il soulève : jusqu’où obéir à la loi lorsque celle-ci heurte notre conscience ? On croise aussi en chemin un clin d’œil au texte de Bérénice , dans une scène poignante, et admirablement intégrée au récit. Mais la pièce ne se limite pas à une relecture du mythe . Elle y fait référence avec finesse, tout en s’en détachant pour construire un récit proprement ancré dans les enjeux d’aujourd’hui : climat, engagement, fracture démocratique, responsabilité citoyenne. Ce qui impressionne le plus, c’est sans doute la forme scénique . Le spectateur est placé au centre du spectacle, immergé dans un enchaînement de dispositifs : réunion publique, émission télévisée, conférence de presse, cours de théâtre, audience de tribunal… Une mise en scène inventive et percutante, qui brouille les frontières entre la scène et la salle , et transforme chaque spectateur en citoyen actif, invité à interroger ses propres convictions. Autre force majeure du spectacle : l’absence de manichéisme. Le personnage du préfet, loin d’être réduit à une figure autoritaire, est traité avec nuance. Le débat d’idées gagne ainsi en crédibilité, et en intensité. Leur relation amoureuse, complexe et touchante, ajoute une dimension tragique au conflit entre devoir et sentiment. Enfin, comment ne pas saluer les deux comédiens "multifonctions", qui incarnent à eux seuls toute une galerie de personnages secondaires ? Ils offrent des respirations humoristiques, sans jamais faire retomber la tension dramatique. Bref, même si je n’avais pas été conquis il y a deux ans, ce coup-là, la mission est clairement réussie. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF












