515 résultats trouvés avec une recherche vide
- Le soleil de Marseille brille sur les planches.
Découvrez notre critique détaillée du spectacle MARIUS MARIUS ❤️❤️❤️❤️❤️ Le soleil de Marseille brille sur les planches. Théâtre Le chien qui fume - 12h00 Dès l’ouverture en chanson, on est immédiatement happés par l’atmosphère méditerranéenne du Vieux-Port. Les ruelles pavées, le marché, la mythique Canebière, et bien sûr le Bar de la Marine composent ce superbe décor qui ravive avec tendresse l’univers de Pagnol. Pour son nouveau spectacle, la troupe du Grenier de Babouchka s’attaque à un véritable monument du théâtre français, sans doute la pièce la plus populaire de l’auteur. Jean-Philippe Daguerre réussit le pari de rendre ce classique à la fois respectueux et résolument moderne. Sa mise en scène fluide, sans temps mort, trouve un bel équilibre entre comédie, tension et poésie. Le panache des comédiens fait le reste : ils transforment cette réinterprétation en moment inoubliable. La troupe livre une performance remarquable. Chaque acteur incarne son personnage avec une sincérité touchante et un sens aiguisé du rythme comique. Ils insufflent une énergie nouvelle à la pièce tout en restant fidèles à son esprit. La galerie de personnages hauts en couleur prend vie avec une vigueur qui secoue les planches. Romain Lagarde nous ferait presque oublier Raimu dans le rôle de César. Par la puissance de son jeu, il parvient à nous faire rire autant qu’à nous émouvoir. Geoffrey Palisse apporte fougue et intensité à Marius, formant un duo très convaincant avec Juliette Béhar, qui incarne Fanny avec une fragilité lumineuse. Elle confirme amplement qu’elle n’a pas volé son récent Molière. Et comment ne pas saluer Teddy Melis, dans le rôle de Panisse. Il campe sans doute le personnage le plus attachant de la pièce : drôle, maladroit, roublard et chaleureux, il apporte à son rôle une palette de nuances savoureuses. Et pourtant, même après avoir vu le film culte une bonne dizaine de fois, j’ai eu cette sensation étrange mais savoureuse de découvrir MARIUS pour la première fois. Je connais chaque réplique par cœur, et malgré cela, ils ont réussi à me faire rire, énormément, mais aussi à me tirer des larmes, par la justesse et la sensibilité de leur jeu. Ce MARIUS, c’est : – Un tout petit tiers d’accent du sud, – Un tiers d’émotion, – Un bon tiers de rire, – Et un grand tiers de talent. Oui, ça fait beaucoup de tiers… mais vu le chef-d’œuvre théâtral, on en redemanderait encore. Un IMMENSE coup de cœur. Partager
- Critique LE QUATRIÈME MUR – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE QUATRIÈME MUR LE QUATRIÈME MUR ❤️❤️❤️ 1982 : Georges s'envole pour un Liban en guerre, où il décide de monter la pièce Antigone en rassemblant des comédiens issus de chaque camp, et créer ainsi une trêve. Dans cette adaptation du roman de Sorj Chalandon, la Compagnie des Asphodèles, nous livre une pièce qui est un hymne à la tolérance et au vivre ensemble, mais aussi un flagrant constat de l'absurdité des hommes et de leur violence... Chacun prendra tour à tour la narration proposant par moment une mise en abîme de la tragédie d'Antigone. La pièce brille par sa mise en scène très moderne. Les comédiens joueront la musique en live, façon beatbox, apportant un côté organique à l'œuvre. De même les changements continus du décor, composés d'éléments métalliques, se fait avec fluidité et sans apporter le moindre temps mort. Tout est parfaitement chorégraphié, donnant parfois des airs de ballet, comme lors d'interludes où la gestuelle apporte une certaine poésie. Je regretterai toutefois une mise en place un peu longue, car la pièce prend tellement d'ampleur quand les comédiens sont réunis, que j'aurais aimé qu'elle se focalise plus sur cette partie. Il n'en reste pas moins un spectacle original et engagé qui mérite de s'y attarder. Partager
- Comment vivre après l’impensable ?
Découvrez notre critique détaillée du spectacle APRÈS LE CHAOS APRÈS LE CHAOS ❤️❤️❤️💛 Comment vivre après l’impensable ? Comment vivre après la mort d'un enfant ? Comment vivre quand celui-ci s’est fait tuer dans une tuerie de masse ? Comment vivre quand on apprends que c'est lui l'assassin ? Je ne suis pas amateur des monologues, mais le spectacle m'a attiré par son sujet. Naturellement, on aurait tendance de s'intéresser à la mère des victimes plutôt qu'à celle de l'assassin. Mais ça serait oublier qu'elle est aussi une victime collatérale d'une telle tragédie. L'auteure a donc choisit de s'intéresser à cette femme qui apprend l'impensable. Le choc de l'annonce, son déni, cette vie qui s'arrête instantanément, les doutes, le besoin de comprendre, les insultes et cette sensation d'être responsable dans la création d'un monstre. Même si le texte est puissant, la pièce repose avant tout sur son interprète, Véronique Augereau. Et malgré ma réticence pour ce genre de spectacle, elle a réussi a capter mon attention, sans jamais la relâcher. Elle vise terriblement juste et la voir se décomposer est déchirant. Elle est habité par son texte qu’elle délivre avec une puissance rare, au point d’avoir à peine la force de remercier le public après de longs applaudissements plus que mérités… Clairement, on ne ressort pas indemne de cette pièce profondément humaine et surtout terriblement bouleversante. Partager
- Critique de BARBIE – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du film BARBIE . BARBIE ❤️❤️❤️💛 A l'annonce du projet, je n'attendais vraiment rien d'un film sur la poupée Mattel. Sauf, qu'entre les mains de Greta Gerwing, ça ne pouvait pas être aussi débile que les animés issus de la licence. Je me suis donc lancé, sans rien avoir vu ou lu sur le film, le trio Gerwing-Robbie-Gosling suffisant largement à attiser ma curiosité. Et le résultat est plutôt pas mal du tout. Alors, visuellement, il y a un vrai travail. L'univers rose bonbon, très naïf, où tout le monde est gentil est vraiment bien retranscrit. Et c'est bourré de références, au jouet, bien sûr, mais surtout cinématographique, comme avec cette scène d'ouverture assez géniale. Le film est gavé d'humour, et là j'ai une première limite, c'est que même si certains passages sont vraiment très drôle, c'est souvent un peu lourd et certaines blagues m'ont laissé de marbre. Mais bizarrement, le film ne s'adresse pas aux gamins. En effet, même s'ils seront sûrement ravis par l'univers coloré, les chansons et les blagues un peu débiles, ils risquent de passer à côté de pas mal de choses et de trouver le temps long. Parce que BARBIE va bien plus loin que la grosse blague, en abordant des thèmes comme le féminisme, le patriarcat, la place de l'homme et la femme dans la société ou encore le capitalisme. Et même si c'est un peu facile par moment, c'est assez bien écrit pour que le discours passe et ça arrive même parfois à être surprenant. Puis, il y a un côté meta assez bien foutu, sans compter que Margot Robbie et Ryan Gosling en font des caisses et sont irrésistibles. Au final, même si c'est loin d'être un chef d'œuvre, j'ai passé un bon moment. Même si passé la surprise, j'ai tout de même trouvé que le film s'essouffle dans la dernière partie, sauvé par un final assez touchant. Partager
- Comme suspendu dans un rêve
Découvrez notre critique détaillée du spectacle SUR UN FIL SUR UN FIL ❤️❤️❤️💛 Comme suspendu dans un rêve Théâtre de l'Oulle - 18h45 Antho, un homme seul sur un banc, nous interpelle pour savoir à quel point nos souvenirs deviennent nos bagages et ont un impacte sur notre vie. Il va nous raconter l'histoire de sa rencontre avec Claire, de leur histoire d'amour, mais aussi de leurs rêves et de la façon dont notre passé a un impact sur nos choix pour les atteindre... Les deux artistes ont mis énormément d'eux dans cette histoire et ça se ressent, tant la proposition semble sincère et juste. Claire et Antho nous invite, avec ce spectacle, dans un moment aussi original que poétique. Poétique : c'est clairement le mot qui résume le plus ce spectacle. Tout ici transpire la poésie. Aussi bien le texte que les chorégraphies semblant sorties tout droit d'un songe. Ils créent leurs univers sous nos yeux, ils jouent avec presque rien, et pourtant ça fait tout. La scène est épurée mais avec une utilisation astucieuse des ombres et de la vidéo. Tout prendra vie sous les yeux émerveillés des spectateurs. Les ombres seront d'ailleurs cruciales. Qu'elles se transforment en décors ou devenant un élément autour duquel évolues les chorégraphies. Et c'est évidemment ces scènes de danse qu'on retiendra en premier lieu. Elles impressionnent par leur inventivité et l'onirisme qu'elle dégage. Chaplin n'est jamais bien loin, dont on retrouve parfois la tendresse et l'humour. Dans certains moments, les deux artistes sont en symbiose au point que souvent l'un semble danser sous l'impulsion de l'autre, un peu comme leurs personnages dans le réel. Mais, la pièce aurait pu se permettre de n'être qu'un simple spectacle de danse, sauf qu'ils ont décidé de l'insérer dans une vraie histoire : la leur... Et c'est un choix gagnant, car ces moments théâtraux, dont les textes inspirent aussi souvent la poésie, apporte jutement un lien. Chaque partie aurait pu vivre seule, mais ensemble elles fonds un tout, un peu comme ces deux artistes... Partager
- Critique UNE HISTOIRE D’AMOUR – Avis & analyse par Critiques d'un passionné
Découvrez notre critique détaillée du spectacle UNE HISTOIRE D’AMOUR UNE HISTOIRE D’AMOUR ❤️❤️❤️❤️ Avec l’annulation du OFF 2020 j’étais passé à côté de ce spectacle que j’ai ENFIN pu découvrir hier au théâtre de Salon de Provence… et quel moment de théâtre !!! Alexis Michalik confirme une nouvelle fois qu’il est un de mes metteurs en scène préférés et surtout un conteur hors pair. Comme toujours chez lui, quelques acteurs vont interpréter une multitude de personnages, les changements décors et de costume se font face au public. Les scènes s’enchainent très vite, ça fourmille d’idées et apporte un dynamisme fou à ses pièces et leurs donnent un côté très cinématographique. UNE HISTOIRE D’AMOUR, est immanquablement le spectacle le plus personnel de l’auteur. Ici, comme le nom l’indique, on parlera d’amour. Celui entre ces deux femmes qui se rencontrent, mais aussi entre une mère et sa fille, entre un mari et sa femme, un frère et sa sœur ou bien une nièce et son oncle. Je n’en dirais pas plus pour vous laisser découvrir ce petit bijou. Mais forcément, vu le sujet, chaque spectateur se reconnaitra à un moment ou un autre dans cette tragédie. Parce que oui, on a affaire ici à une terrible tragédie qui prend le spectateur aux tripes et dont il ressortira bouleversé. Mais pourtant Michalik y apporte énormément d’humour, nous faisant passer continuellement du rire aux larmes. Les répliques fusent, le rythme est endiablé, les rebondissements s’enchainent et on ne voit pas le temps passer. Mais si l’ensemble fonctionne aussi bien c’est aussi grâce un casting sans faute. Ils nous font aimer, autant que détester leurs personnages. Marie-Camille Soyer et Juliette Delacroix impressionnent par leur justesse. Clément Aubert par l’humanité qu’il apporte au rôle de William. Pauline Bression dont la grâce offre une légèreté et une poésie salvatrice. Et bien sûr cette gamine bouleversante à laquelle on s’attache instantanément. Une nouvelle fois la magie Michalik et son sens du rythme opèrent pour le plus grand bonheur du public. Partager
- Le OFF 2025 baisse le rideau
Voici venu le temps du bilan de cette saison de Festival OFF BILAN OFF 2025 Le OFF 2025 baisse le rideau Voilà, c’est déjà la fin de ce fabuleux Festival et donc le moment du bilan. Je voulais commencer par remercier tous ceux qui me suivent. Cette année a vraiment eu l’effet d’un tremplin, avec plus de 20 000 critiques lues sur le site. J’écris pour partager ma passion et aider les festivaliers à choisir des spectacles, et voir que de plus en plus de gens viennent consulter mes avis, avoir leurs retours, ainsi que ceux des artistes, ça motive énormément à continuer. Cette édition aura été assez folle : 52 spectacles vus sur plus de 1700 proposés, dont seulement 4 réelles déceptions (dont j’ai choisi de ne pas parler sur le site). J’ai vraiment eu la sensation que les spectateurs étaient présents en masse, avec de nombreuses salles combles. Il faudra attendre les chiffres officiels, mais j’ai le sentiment que c’était une très grosse année pour le OFF. Ça fait chaud au cœur de voir un public si nombreux, surtout quand on compare avec le monde du cinéma, où la situation est bien plus morose… comme en témoigne la fermeture, la semaine dernière, de trois salles dans ma ville… Mais ce que je retiendrai avant tout, ce sont mes deux immenses coups de cœur : MADE IN FRANCE , pour son écriture à la fois engagée et d’une drôlerie mordante, et sa mise en scène de haut vol. MARIUS , qui a réussi à me faire éclater de rire et verser des larmes, alors que je connais le film de Pagnol par cœur. Ça aura aussi été le plaisir de faire découvrir mon coup de cœur 2024 à des amis : ARIANNE, UN PAS AVANT LA CHUTE , un spectacle hybride qui aura fait salle comble pendant tout le festival : succès mille fois mérité. De l’émotion et des larmes, j’en ai eu en pagaille cette saison : TOUT CONTRE LA TERRE , pour son histoire d’amour et son hommage vibrant aux agriculteurs. EMMA PICARD , avec une Marie Moriette magistrale, qui m’a touché en plein cœur. LE DESTIN SE MOQUE DES CHOIX , et son dernier acte ravageur. UN SOUPÇON D’AMITIÉ , pour son histoire poignante et une Ariane Brousse bouleversante. LE CHANT DES LIONS , une fresque historique qui m’a littéralement donné la chair de poule. Et puis il y a eu ces spectacles hors normes, qui m’ont laissé des images gravées à jamais : FACE AUX MURS , sans doute le spectacle de cirque le plus impressionnant que j’aie vu, où les prouesses des acrobates n’ont d’égal que le travail magistral sur les lumières. HAPPY APOCALYPSE , une proposition qui divisera peut-être, mais dont la scénographie sidérante pulvérise les frontières entre le IN et le OFF. Comme on dit souvent : « Quand on n’a pas les moyens, on a les idées » , et le OFF l’a une nouvelle fois prouvé avec une ingéniosité débordante : MADE IN FRANCE , que je citais déjà plus haut, avec sa batterie au cœur d’une mise en scène dynamique et ce décor en constante évolution. CLÉOPÂTRE , mis en scène par Éric Bouvron , qui nous embarque sans décor dans une chorégraphie tourbillonnante et inventive. DEMAIN TOUT LE MONDE AURA OUBLIÉ , qui enchaîne les idées à un rythme effréné. LE CHANT DES LIONS , et son immense travail sur le son avec ces bruitages créés en live par Mehdi Bourayou. KÉVIN , et sa conférence théâtralisée participative. Ce OFF 2025, c’est aussi la découverte d’une troupe fabuleuse, le Collectif l’Émeute , qui a réussi la prouesse de me faire aimer follement deux classiques : LE JEU DE L’AMOUR ET DU HASARD et L’ILLUSION COMIQUE . Avec un immense respect du texte, ils arrivent à moderniser ces œuvres grâce à leur mise en scène inventive et à l’énergie incroyable des comédiens. Et puis, bien sûr, il y a eu tous ces immenses comédiens, sans qui le OFF ne serait rien. Je ne pourrai pas tous les citer, mais comment oublier : Julie Cavana et sa palette de jeu folle dans TRÉSOR NATIONAL . Marie Moriette , qui m’a transpercé le cœur dans son seule-en-scène EMMA PICARD . Ariane Brousse et l’intensité impressionnante de son jeu et de son regard dans UN SOUPÇON D’AMITIÉ . Pamela Ravassard , aussi magnétique que la poésie de sa mise en scène de ZOOM . Juliette Béhar qui incarne une Fanny avec une fragilité lumineuse dans MARIUS . Maud Forget , bouleversante d’intériorité contenue dans la peau de la jeune accusée dans LE PROCÈS D’UNE VIE . Côté comédiens : Romain Lagarde , qui réussit presque à faire oublier Raimu dans MARIUS . Teddy Melis pour la subtilité et la nuance qu’il apporte à Panisse dans la même pièce. Michaël Hirsch et ce lien si fort qu’il tisse avec son public dans Y'A DE LA JOIE ! Grégory Nardella avec son jeu intense mêlant grotesque et tension dans une scène hilarante de NOTRE JEUNESSE . Mais celui que je retiendrai plus que tout, c’est Axel Granberger , pour son interprétation hallucinante de ROBERTO ZUCCO , dans une pièce aussi viscérale que dérangeante. Bref, clairement l’une de mes plus belles saisons de ce fabuleux Festival, qui aura été une nouvelle fois un tourbillon d’émotions.
- Et pourtant le film a un rythme effréné...
Découvrez notre critique détaillée du film LA NUIT SE TRAÎNE . LA NUIT SE TRAÎNE ❤️❤️❤️💛 Et pourtant le film a un rythme effréné... Mady, un jeune serrurier, ouvre la porte qu'il ne fallait pas et se retrouve entraîné dans une spirale infernale, où il n'a qu'une seule nuit pour sauver sa vie... Pour son premier film, Michiel Blanchart nous livre un thriller à l'efficacité redoutable. Cette coproduction franco-belge n'a rien à envier aux productions hollywoodiennes. Il maîtrise parfaitement les codes du genre, et le spectateur reste scotché à son fauteuil pendant 1h30, sans que la tension ne retombe. Si le spectacle est si réussi, c’est en grande partie grâce à la mise en scène de ce réalisateur belge. Visuellement, le film est magnifique, de la présentation du titre jusqu’à la scène finale, avec des plans qui marquent la rétine. On notera également l’énorme travail sur la photographie, qui propose des lumières et des éclairages sublimant constamment cette nuit où se déroule l'action. Le montage nerveux enchaîne les courses-poursuites avec une réelle maîtrise du cadre. La gestion parfaite des différents espaces permet au spectateur de ne jamais être perdu dans l'action. On a même droit à quelques moments bluffants, comme ce plan-séquence fou avec un vélo… Et même si Michiel Blanchart s'inspire clairement de Scorsese, Fincher et Cuaron, il le fait à merveille, car le résultat est bel et bien là. Le film est calibré, mais le plaisir reste intact. Le film se déroule dans le contexte des manifestations "Black Lives Matter", qui ne constitue finalement qu'une toile de fond. Certes, le film aurait pu aborder un propos politique plus poussé, mais il préfère privilégier l'efficacité en proposant une pure série B. Et ce choix est judicieux, car même s'il n'échappe pas aux facilités scénaristiques inévitables dans ce type de production, cela n'enlève rien à l'efficacité de l'œuvre, qui repose avant tout sur l'adrénaline et propose un divertissement haletant. Cerise sur le gâteau, Romain Duris, toujours aussi charismatique, incarne un antagoniste glaçant, même dans un rôle secondaire. Bref, LA NUIT SE TRAÎNE est clairement une belle surprise de cette rentrée, et surtout la découverte d’un réalisateur qu’il faudra garder à l’œil… Partager
- Un pas avant un Molière ?
Découvrez notre critique détaillée du spectacle ARIANNE, UN PAS AVANT LA CHUTE ARIANNE, UN PAS AVANT LA CHUTE ❤️❤️❤️❤️❤️ Un pas avant un Molière ? Théâtre de l'Oulle - 20h25 J’aime quand le théâtre arrive encore à me surprendre, et ARIANNE, UN PAS AVANT LA CHUTE est sûrement le spectacle le plus mémorable que le festival m’aura offert cette année. La pièce mêle théâtre, concert, émission de télé et cinéma, créant un spectacle hybride unique. Cette fusion des genres intrigue et surprend le public, offrant une expérience théâtrale hors du commun. Le public est d’abord transporté dans le dernier concert de la tournée de cette immense star du rock au succès fulgurant. Puis on bascule régulièrement de ces scènes de concert à un talk-show où l’artiste se livre sur les événements de cette soirée qu’elle semble avoir oubliés. Au fil de l’interview, la fameuse soirée du dernier concert se rejoue sous nos yeux, plongeant le spectateur dans une enquête musicale. Les souvenirs de la chanteuse sont flous, on est un peu perdu dans un premier temps, mais le puzzle s’assemble assez vite et l’ensemble est surtout fascinant. La mise en scène impressionne, alternant les genres sans aucune coupure et avec une utilisation de la vidéo exemplaire. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais je ne serais pas étonné que la pièce ait le même destin que DENALI , qui avait aussi créé la surprise l’année dernière… Mais surtout, le spectacle brille par la qualité des morceaux musicaux. La bande originale est magistrale, les mélodies restent en tête et le public est en feu lors de ces scènes de concert, ce qui donne encore plus d’impact à l’ensemble. Tout s’enchaîne avec une osmose déconcertante au fur et à mesure que la tension s’installe et l’attention du spectateur ne retombe jamais. Mathilde-Edith Mennetrier livre une prestation magistrale. On est bluffé par l’intensité de son jeu, mais surtout par sa voix et la fougue qu’elle déploie sur scène. Elle brûle les planches avec un tourbillon d’énergie qui n’est pas sans rappeler Izia. Je connaissais Thomas Gendronneau pour son talent de comédien, qui lui a d’ailleurs valu un Molière en 2023, mais je découvre qu’il est aussi un compositeur et un metteur en scène de génie. Et même si j’ai deviné la fin assez rapidement, sur la forme ARIANNE est un chef-d’œuvre. Une pièce hors norme et surtout un IMMENSE coup de cœur qui marquera à jamais mon expérience de spectateur. Partager
- Formellement impressionnant, narrativement inégal
Découvrez notre critique détaillée du film 28 ANS PLUS TARD . 28 ANS PLUS TARD ❤️❤️❤️ Formellement impressionnant, narrativement inégal Plus de vingt ans après la sortie du premier opus, Danny Boyle et Alex Garland se retrouvent pour prolonger une saga devenue culte dans le paysage du film de zombies. Si l’annonce avait de quoi exciter, le résultat m’a laissé un sentiment mitigé. Je suis plutôt fan des deux premiers opus, qui avaient redistribué les cartes en créant les nouveaux codes des films de zombies. J’avais été séduit par leur manière de remettre l’humain au cœur du récit, en s’éloignant des clichés gore pour explorer des thématiques plus existentielles et sociales. Cette suite reste dans cette lignée… mais pas sans concessions. J’ai d’ailleurs été assez étonné de voir qu’ils font le choix de balayer d’un revers de main le final du deuxième film. Le récit recentre l’intrigue sur une communauté anglaise qui s’est réfugiée sur une petite île alors que le reste du pays vit dans le chaos. On suit en particulier à un gamin qui partira avec son père découvrir le continent et ses dangers : un cadre qui évoque immanquablement LAST OF US ou encore L’ATTAQUE DES TITANS, notamment dans l’évolution des infectés. Si cette quête initiatique contient de belles idées, elle souffre d’un air de déjà-vu et de quelques raccourcis scénaristiques gênants : une mère qui n’existe souvent que pour justifier des rebondissements artificiels, des militaires balayés par une poignée de zombies alors que les protagonistes s’en sortent sans encombre… Ces facilités affaiblissent le récit et m'ont parfois sorti du film. Mais heureusement le film est sauvé par son ambiance et sa mise en scène. Car de ce côté-là c’est même su très haut niveau. Danny Boyle installe une ambiance poisseuse et malaisante et multiplie les plans marquants. Le montage est nerveux et immersif apportant un côté guérilla et le réalisateur combine son savoir faire visuel et sonore pour plonger le spectateur dans un atmosphère oppressante. Ça multiplie les idées et même si certains gimicks, comme le mutli-angles, sont peut-être utilisés à outrance, énormément de scènes resteront en mémoire. Le travail sur le son renforce encore cette immersion dans un monde étouffant et déshumanisé. Le film est aussi aidé par son casting. Le jeune acteur principal est bluffant de justesse, et Ralph Fiennes, qui malgré son second rôle, livre certainement le personnage le plus intéressant et troublant de la saga. Ce 28 ANS PLUS TARD m’a impressionné sur la forme, sans réussir à pleinement m’emporter sur le fond. Un film inégal, sauvé par sa réalisation et son ambiance. Et si l’on ajoute à cela un final déjanté et la promesse d’une suite sans Danny Boyle pour sauver les meubles… je ne suis pas certain d’avoir envie de replonger. Partager
- Vous prendrez bien une tranche de rire avec ça ?
Découvrez notre critique détaillée du spectacle UNE BONNE BIÈRE UNE BONNE BIÈRE ❤️❤️❤️❤️ Vous prendrez bien une tranche de rire avec ça ? Théâtre du Roi René - 16h00 En général, la comédie est un genre qui me fait un peu peur au Festival d’Avignon. Il faut dire que, comme au cinéma, je ne suis pas amateur de l’humour potache, alors que ce type de spectacle remplit les salles. Et UNE BONNE BIÈRE, avec son affiche et son nom en lettres capitales jaunes sur fond bleu, semblait tout droit sorti de cette catégorie. Mais on me l’a conseillé et il y a des noms sur l’affiche que je connais, donc j’ai fini par pousser la porte. Et quelle bonne idée !!! J’ai vraiment passé un très bon moment. La pièce m’a offert de bonnes barres de rire. Son secret : choisir un thème fort et universel et surtout des dialogues ciselés et une belle galerie de personnages. On est ici dans une pièce humoristique qui rappelle le style du Splendid. Les jeux de mots et les blagues fusent avec un sens du rythme comique parfaitement maîtrisé. Ces trois frères et cette sœur vont déterrer les secrets de famille pour notre plus grand bonheur, et surtout l’écriture prend le temps de développer ses personnages. Le talent des comédiens fait le reste. Le quatuor fonctionne à merveille. Marie Le Cam, dont la froideur et la justesse sont savoureuses. Xavier Martel, à mourir de rire dans son rôle de catholique coincé. Jérémy Malaveau, dans ce rôle de comédien raté qui enchaîne les punchlines. Et évidemment, Gilles Dyrek, irrésistible, pour qui le public aura forcément une tendresse particulière. Ensemble, ils nous proposent une pièce à l’humour caustique ravageur mais aussi quelques moments plus tendres. Partager
- Se réinventer pour ne pas disparaître.
Découvrez notre critique détaillée du spectacle CELLE QUE VOUS CROYEZ CELLE QUE VOUS CROYEZ ❤️❤️❤️ Se réinventer pour ne pas disparaître. Théâtre Artephile - 13h20 Claire, une femme de 48 ans, crée un faux profil Facebook d’une jeune femme de 24 ans dans le but d’espionner son amant sur les réseaux sociaux. Mais à travers cette identité fictive, elle rencontre Chris, le meilleur ami de son amant, et une relation virtuelle naît… fondée sur le mensonge. Adaptée du roman de Camille Laurens, CELLE QUE VOUS CROYEZ puise sa force dans la richesse du texte originel. La pièce interroge le pouvoir des réseaux sociaux : outils d’exposition de soi, mais aussi de réinvention, où fantasme et illusion peuvent brouiller les frontières du réel. Nous découvrons Claire en entretien avec son psy. Très vite, le spectateur comprend qu’un drame est survenu trois ans auparavant. Claire livre alors sa version des faits, dans un récit où le fantasme se mêle au réel, et où la vérité semble toujours glisser entre les lignes. Mais au-delà de l’intrigue, le véritable sujet du spectacle est sans doute la place de la femme dans une société patriarcale, où les standards de séduction sont dictés par les hommes et tendent à invisibiliser les femmes passé un certain âge. Claire nous parle ainsi de son désir féminin, de son obsession pour la jeunesse, mais aussi de cette solitude dans laquelle elle s’enferme. La mise en scène, très sobre, repose sur une simple méridienne, qui nous transporte du cabinet du psy au domicile de Claire. En fond de scène, un écran projette ses pensées, ses images mentales, comme un miroir de son état d’esprit. Un second écran en tulle tombe régulièrement en avant-scène pour afficher les échanges Facebook : un choix esthétique intéressant, bien que l’effet de transparence nuise parfois à la lisibilité. Malgré ce léger bémol, CELLE QUE VOUS CROYEZ propose une réflexion forte sur le vieillissement féminin, le désir, l’illusion amoureuse et les faux-semblants à l’ère numérique. Dans son dernier acte, la pièce parvient même à surprendre, en offrant un retournement qui éclaire le récit sous un nouveau jour. Partager














