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  • La truite de Schubert sous toutes ses formes.

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LA TRUITE La truite de Schubert sous toutes ses formes. LA TRUITE ❤️❤️❤️💛 La truite de Schubert sous toutes ses formes. On a affaire ici à un spectacle musical d’une grande originalité. Cinq musiciens vont revisiter la célèbre mélodie de Schubert en nous faisant voyager à travers le monde. Ces virtuoses, aux allures de clowns, vont réinterpréter le morceau mythique dans des styles extrêmement variés. On passera du jazz au rock, en passant par la country le tango ou des variations encore plus improbables comme le rap ou les chants berbères. Ils passent d’un registre à l’autre avec une fluidité qui laisse admiratif. Mais ils nous offrent aussi un spectacle à l’humour omniprésent , que ce soit avec des situations souvent grotesques ou bien les interludes en alexandrins bourrées de jeux de mots, souvent savoureux. Ils enchainent les tableaux avec une énergie folle et un travail admirable sur les lumières. C’est un concentré d’inventivité, sans aucun temps morts et avec ce côté loufoque et décalé qui fait un bien fou. Bref, une épopée qui ravira tout amateur de musique. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Vous risquez de mourir de rire

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle L’HOMME ET LE PÊCHEUR Vous risquez de mourir de rire L’HOMME ET LE PÊCHEUR ❤️❤️❤️❤️ Vous risquez de mourir de rire Au centre de la scène, comme simple élément de décor : un ponton. Dessus, nous découvrons un mystérieux pêcheur … dont la canne ne possède pas de fil. Un homme arrive, une corde au cou au bout de laquelle se trouve une pierre : il est résolu à se donner la mort. J’avais découvert la compagnie Teatro Picaro il y a quelques années L a fuite , qui avait été une belle surprise. J’étais donc curieux de découvrir ce nouveau spectacle. Et même si L’Homme et le Pêcheur est radicalement différent, il partage avec L a fuite un point commun essentiel : la qualité de l’écriture. Nous sommes ici face à une pièce surréaliste, une fable mêlant tragédie, comédie et poésie. L’humour noir y est subtil, précis et chaque réplique fait mouche. Les dialogues, pleins de jeux de mots savoureux, prennent encore plus de relief grâce au jeu des comédiens. Le suicidaire, tendre et maladroit, évoque un clown Auguste bouleversant d’humanité. En face de lui, le pêcheur incarne un clown blanc cynique, pince-sans-rire et profondément énigmatique. La pièce se permet deux interludes dont l’absurdité rivalise avec un humour dévastateur. On savoure également la façon malicieuse dont les comédiens taquinent le quatrième mur, sans jamais le briser vraiment. Mais au-delà du rire (et croyez-moi, le pari est largement gagné), l’écriture nous interroge avec finesse sur notre rapport à la mort, au désir, à la frustration. Bref, un voyage onirique où se mêlent poésie et comédie, pour le plus grand plaisir du public. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Odyssée dans le labyrinthe des souvenirs

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle FILLES D’ARIANE Odyssée dans le labyrinthe des souvenirs FILLES D’ARIANE ❤️❤️❤️💛 Odyssée dans le labyrinthe des souvenirs Ariane est une adolescente qui n’a jamais connu sa mère. Un jour, elle frappe à la porte d’un homme qui semble l’avoir connue. Ensemble, ils vont se replonger dans le passé pour déterrer les secrets entourant sa naissance . Le personnage en quête de vérité sur son passé est un grand classique du théâtre. Il faut donc réussir à surprendre le public. Et s’il y a bien une qualité à reconnaître à ce spectacle, c’est l’ingéniosité de sa mise en scène , qui transforme cette quête en une véritable enquête, empruntant les codes du polar. Valentine Daruty et Thomas de Fouchécour nous entraînent ainsi dans le passé, en incarnant tour à tour les différents personnages. La scénographie repose sur un panneau lumineux où sont inscrits les prénoms : lorsque l’un des comédiens endosse un rôle, le prénom correspondant s’allume. Une idée brillante qui permet une identification immédiate et rend les changements de personnages fluides et dynamiques. Ce dispositif donne au récit un rythme soutenu, et permet de jouer habilement avec les allers-retours temporels. Le spectacle fourmille d’idées au service de ce rythme , comme le costume d’Ariane qui, en un geste, devient celui de sa fille. On notera également la place centrale qu’occupe la danse. Métier de la mère disparue, la danse devient ici un véritable fil d’Ariane : elle relie les époques, rythme les transitions, et révèle l’intériorité du personnage. Mais la pièce n’est pas qu’une prouesse scénographique. Le récit, conçu comme un puzzle, entremêle passé et présent pour mieux dévoiler son intrigue . L’écriture à tiroirs instaure un suspense captivant et nous entraîne au gré de ses rebondissements, tout en interrogeant le spectateur sur leurs choix. La découverte de ce spectacle a été, pour moi, une véritable surprise. Une pièce marquante, inventive, portée par des idées fortes et une poésie touchante . Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • L’amour dans tous ses éclats

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle RING L’amour dans tous ses éclats RING ❤️❤️❤️❤️ L’amour dans tous ses éclats Sur scène, le ring est délimité par un carré de plantes au milieu duquel trône un canapé. Un décor sobre dans lequel les saynètes disséquant le couple vont s'affronter au court de seize rounds. Humour, drame, tendresse, poésie, toute une pléiade d'émotions qui seront encaissés par le spectateur. Ici on ne va pas parler de l’histoire d’un couple en particulier mais de l’amour avec un grand A. Il sera question donc de l’amour sous toutes ses facettes. De la flamme des débuts à l’angoisse de devenir parents, de cette routine qui s'installe aux moments de doute, des non-dits, de l'angoisse d'être parents, de la jalousie, de séparation, des regrets... Forcément à un moment ou un autre le public ne peut que s’identifier à ce qui se passe sous ses yeux. Ainsi la pièce apportera des moments de rire, elle est souvent très drôle, mais aussi des moments beaucoup plus touchant, comme cette chorégraphie sur les "cris silencieux" qui m’a littéralement arraché les poils... Les comédiens sont au diapason. Jina Djemba illumine la scène et nous fait tomber instantanément sous son charme, et Amaury de Crayencour lui donne admirablement la réplique et ne cesse de m'impressionner à chaque fois que je le retrouve dans une nouvelle pièce. On croit à chaque version du couple qu'ils nous proposent et l'émotion en est décuplée. On notera aussi la beauté de la mise en scène avec notamment des transitions travaillées qui apportent une grande fluidité. On assiste aussi à quelques moments suspendus d'un onirisme rare. Léonore Cofino nous offre une ode à l'amour, avec ce qu'il a de plus beau, mais aussi ses travers, rappellant que l'amour n'est pas un conte de fée et la nécessité d'entretenir cette petite flamme si fragile, mais cruciale. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Critique ROSE ET MASSIMO – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle ROSE ET MASSIMO ROSE ET MASSIMO ❤️❤️ Pour : Clairement, Felix Radu maîtrise les mots et son texte offre des passages magnifiques d'une poésie rare. Il incarne un Massimo, plein de vie, naïf, touchant et apporte beaucoup de nuances à son jeu. Les scènes avec la princesse son clairement les plus réussies, alternant les moments de comédie et de poésie. Contre : Même si on ne peut que louer la beauté du texte, l'histoire reste assez classique et perd de son intérêt quand elle s'écarte de nos deux héros. La mise en scène : à mon sens, c'est le gros soucis du spectacle. Elle plombe le rythme, avec notamment de loooooongs changements de décors. De même l'utilisation d'anachronismes qui n'apporte pas grand chose. Ou encore, ce qui peut sembler un détail, mais pourquoi utiliser un pistolet à pétard ??? Même si on voit le potentiel derrière le texte, j'en suis ressorti clairement déçu... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Critique BILAN FESTIVAL OFF 2023 – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle BILAN FESTIVAL OFF 2023 BILAN FESTIVAL OFF 2023 Voilà, le festival vient de baisser le rideau et c'est toujours avec énormément de mélancolie que je lui dis au revoir. Et encore une fois, quelle année !!! Il faut dire que j'en ai profité comme jamais avec 48 spectacles vus cette saison et tellement d'autres que j'aurais voulu découvrir. Mais surtout, cette année, quel bonheur de voir le public revenir en masse après deux années post-covid compliquées. Les rues, mais surtout les salles étaient remplies et le public semblait ravi. C'est toujours un énorme plaisir d'avoir pu partager ma passion, en écrivant ces quelques mots sur cette page, en partageant des moments avec d'autres spectateurs et des artistes, mais surtout de faire découvrir chaque année ce festival à de nouveaux spectateurs qui m'accompagnent aux représentations. Et quel bonheur de voir leurs retours, que ce soit un commentaire d'abonné, un message d'un artiste ou la joie d'un spectateur qui m'accompagne. Mais tout ceci n'est possible que grâce à une chose : le talent et l'investissement de tous ceux qui nous offrent ces Grands moments de spectacles vivant. Évidement sur scène où ils nous livrent un festival d’émotions. Mais aussi dans les coulisses, à courir pour le montage ou le démontage des décors, à peine après avoir interrompu les applaudissements, car au OFF, il faut faire vite… Ou encore dans les rues à vendre leur spectacle, noyé au milieu des 1500 autres. Car oui, quand tu es artiste au OFF, c’est un peu trois semaines de marathon. Et puis surtout, encore une fois, quelle qualité dans le choix proposé ! Vous étiez étonné de voir comment le OFF a fait une razia sur les Molières cette année ? Attendez de voir l'année prochaine. Car, même si il y a forcément eu quelques déceptions, le festival m’a surtout offert des pépites impressionnantes, redoublant d'ingéniosité due à l'enchaînement des spectacles, limitant souvent les décors mais offrant des mises en scènes inventives. Compliqué de parler de tous mes coups de cœur, sans écrire un roman, mais il y a certaines choses qui resteront clairement gravés au fil des années : IPHIGENIE A SPLOTT , bien sûr. Premier spectacle que j’ai vu le jour de l’ouverture du OFF, qui a d’entrée plié le game, tellement c’est au-dessus de tout ce que j’ai pu voir ces dernières années. Un spectacle d’une puissance rare qui m’a marqué au point qu’à chaque fois que j’en parle à quelqu’un, mes poils se dressent. Et surtout la découverte d’une comédienne hors norme, Gwendoline Gauthier. L’interprétation hallucinante de celle-ci n’aura eu d’égal que puissance du jeu de Benjamin Voisin dans GUERRE . Histoire de rester dans les comédiens, je dois forcément parler de Guillaume Rouchède, Sandrine Seubille, Tigran Makhitarian, Valérie Moinet, Stéphane Giletta et Pauline Cassan que j’ai découverts cette année et qui m’ont impressionné par leur jeu au naturel sidérant. La poésie et la tendresse d’un ZOUROU, AU DELA DES MOTS et Morgan L’hostis qui m’a fait chavirer par sa prestation d’une justesse inouïe. Poésie que l’on retrouve dans le magnifique VOLE EDDIE VOLE ! ou dans la scénographie envoutante d’un JONASZ AU GRENIER . L'écriture aussi précise que profonde de JE M'APPELLE EST ASHER LEV , spectacle maitrisé de A à Z. Les barres de rires offertes par COUPURES qui brille aussi par son discours pertinent et sa mise en scène endiablée, ou bien par VIRGINIE & PAUL qui propose une comédie musicale déjantée. En parlant de mise en scène, je pourrai aussi citer LA VOIX D’OR ou DOLORES qui m’ont fait voyager en musique, mais surtout comment ne pas parler de SMILE et de sa proposition visuelle complètement folle. Il y aura aussi eu ces spectacles qui ne ressemblent à aucun autre. Comme PUNK.E.S , qui m’a offert un moment mémorable grâce à l’énergie de ses comédiennes qui proposent un véritable show musical. Idem pour CANOPEE , qui est simplement inclassable, et dont je préfère dévoiler le moins de chose, mais que je vous invite vivement à découvrir. Ou bien sûr, DENALI et sa proposition aussi folle qu'inventive. Et puis, il y a ces spectacles qui abordent des sujets forts et m’auront mis de belles baffes : DEUX FRERES , BELIEVERS et autres VIRIL.E.S Encore, une fois, le OFF s’achève, et je n’attends qu’une chose qu’il revienne m’offrir ce déluge d’émotions… Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Le soleil de Marseille brille sur les planches.

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle MARIUS Le soleil de Marseille brille sur les planches. MARIUS ❤️❤️❤️❤️❤️ Le soleil de Marseille brille sur les planches. Dès l’ouverture en chanson, on est immédiatement happés par l’atmosphère méditerranéenne du Vieux-Port. Les ruelles pavées, le marché, la mythique Canebière, et bien sûr le Bar de la Marine composent ce superbe décor qui ravive avec tendresse l’univers de Pagnol. Pour son nouveau spectacle, la troupe du Grenier de Babouchka s’attaque à un véritable monument du théâtre français , sans doute la pièce la plus populaire de l’auteur. Jean-Philippe Daguerre réussit le pari de rendre ce classique à la fois respectueux et résolument moderne. Sa mise en scène fluide, sans temps mort, trouve un bel équilibre entre comédie, tension et poésie. Le panache des comédiens fait le reste : ils transforment cette réinterprétation en moment inoubliable. La troupe livre une performance remarquable. Chaque acteur incarne son personnage avec une sincérité touchante et un sens aiguisé du rythme comique. Ils insufflent une énergie nouvelle à la pièce tout en restant fidèles à son esprit. La galerie de personnages hauts en couleur prend vie avec une vigueur qui secoue les planches. Romain Lagarde nous ferait presque oublier Raimu dans le rôle de César. Par la puissance de son jeu, il parvient à nous faire rire autant qu’à nous émouvoir. Geoffrey Palisse apporte fougue et intensité à Marius, formant un duo très convaincant avec Juliette Béhar, qui incarne Fanny avec une fragilité lumineuse. Elle confirme amplement qu’elle n’a pas volé son récent Molière. Et comment ne pas saluer Teddy Melis, dans le rôle de Panisse. Il campe sans doute le personnage le plus attachant de la pièce : drôle, maladroit, roublard et chaleureux, il apporte à son rôle une palette de nuances savoureuses. Et pourtant, même après avoir vu le film culte une bonne dizaine de fois, j’ai eu cette sensation étrange mais savoureuse de découvrir MARIUS pour la première fois. Je connais chaque réplique par cœur, et malgré cela, ils ont réussi à me faire rire, énormément, mais aussi à me tirer des larmes, par la justesse et la sensibilité de leur jeu. Ce MARIUS, c’est : – Un tout petit tiers d’accent du sud, – Un tiers d’émotion, – Un bon tiers de rire, – Et un grand tiers de talent. Oui, ça fait beaucoup de tiers… mais vu le chef-d’œuvre théâtral, on en redemanderait encore. Un IMMENSE coup de cœur. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Quand le mentalisme devient une aventure théâtrale

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle CONSPIRATIONS Quand le mentalisme devient une aventure théâtrale CONSPIRATIONS ❤️❤️❤️ Quand le mentalisme devient une aventure théâtrale Je n’avais jamais assisté à un spectacle de mentalisme , mais Conspirations va bien au-delà. Dès notre arrivée, un bureau nous plonge immédiatement à l’époque de Louis XIV, et la salle du théâtre du Roi René, avec son décor naturel, contribue parfaitement à cette immersion. Conspirations n’est pas un simple spectacle de mentalisme. C’est avant tout du théâtre et Benoît Facerias va nous plonger dans une enquête pleine de mystère . Nous suivons donc Nicolas de La Reynie, retraité et ancien criminologue du roi. Il est là pour nous enseigner le rudiment de son métier qui vont faire ressortir un sombre passé. Il y a une ambiance mystérieuse qui s’installe tout au long du spectacle , ajoutant une dimension narrative qui sort du cadre habituel du mentalisme. Le public est constamment sollicité, avec la sensation d’être véritablement acteur de l’expérience. C’est là que le talent de Benoît Facerias brille : même si l’histoire paraît écrite et que la fin se devine, la façon dont il nous y mène est bluffante . À plusieurs reprises, j’ai cru que les spectateurs allaient le déjouer, mais à chaque fois, il surprend par son art. Chaque numéro donne l’impression qu’il pénètre directement dans notre esprit. Certes, la narration rend le spectacle un peu long, mais ce que je retiens avant tout, c’est cette expérience immersive et son ambiance mystérieuse , qui confèrent une grande originalité à la représentation. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Critique LES FOURBERIES DE SCAPIN – Avis & analyse par Critiques d'un passionné

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LES FOURBERIES DE SCAPIN LES FOURBERIES DE SCAPIN ❤️❤️❤️💛 Je dois vous avouer que je ne suis pas un grand amateur du théâtre classique dont le « parlé » me laisse parfois en dehors. Mais la compagnie « Le Grenier de Babouchka », sous la mise en scène de Jean-Philippe Daguerre, réussit pourtant à chaque fois à m’emporter. Bien sûr, le texte de cette comédie de Molière y est pour beaucoup, mais l’énergie déployée par la troupe et son amour pour le genre est tellement communicative que le public passe forcément un bon moment comme les rires dans la salle le prouvent. Le surjeu des acteurs, totalement assumé, est un véritable délice, comme l’énergie débordante qu’ils déploient sur scène, à l’image d’un Geoffrey Palisse survolté (que j’avais découvert dans le très bel hommage à l’auteur dans LE VOYAGE DE MOLIÈRE). Sa présence scénique est impressionnante et il nous offre un très grand Scapin. Mais la mise en scène de Jean-Philippe Daguerre, comme souvent avec lui, y est aussi pour beaucoup dans le succès de la pièce. Il apporte une modernité à l’œuvre, où viennent se mêler chants, danse et musique, sans jamais la dénaturer. Il nous offre aussi un côté burlesque savoureux et qui fonctionne parfaitement avec la pièce. Le décor est très sobre, un simple drap rappelant une voilure de bateau et le village portuaire où se déroule l’action. Dans le même ordre, il y n’y a pas de couleur. Juste le noir et le blanc, chacun représentant une famille. Mais peu importe, le spectateur, est focalisé sur les acteurs, les situations comiques et ce texte qui fonctionne toujours aussi bien. Si je devais émettre un bémol, ça serait pour la scène de « vengeance » de Scapin, qui a tendance à s’étirer et devenir redondante. Mais c’est un détail, car la troupe nous propose un spectacle populaire de qualité, parfait pour faire découvrir le théâtre classique aux plus jeunes. Et comme je le disais plus haut, je ne suis pas forcément amateur du genre mais le grenier de Babouchka a réussi une nouvelle fois à me faire passer un très bon moment. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • Une claque silencieuse qui résonne longtemps.

    Découvrez notre critique détaillée de la série QUERER Une claque silencieuse qui résonne longtemps. QUERER ❤️❤️❤️❤️❤️ Une claque silencieuse qui résonne longtemps. Avec Querer , on est face à une œuvre d’une puissance rare, qui s’attaque à un sujet extrêmement sensible : l’emprise et le viol conjugal. Sans jamais chercher le choc frontal, Alauda Ruiz de Azúa installe un malaise diffus, profondément réaliste. La mise en scène est d’une sobriété impressionnante, sans jamais atténuer le côté coup de poing de la série. Ici, la violence n’est jamais montrée : elle est ressentie, suggérée, intériorisée, et n’existe frontalement que dans les témoignages. C’est précisément ce qui la rend si troublante et lui donne une épaisseur remarquable. On suit une femme qui parvient, après des années, à surmonter la peur pour fuir. Ce basculement est traité avec une grande finesse : il n’y a rien de spectaculaire, seulement un lent processus intérieur, fait de peur, de doute, puis de courage. Et la série ne s’arrête pas là : elle montre avec une grande lucidité l’épreuve que représente la procédure judiciaire, froide, éprouvante, où la parole de la victime est constamment mise à l’épreuve. Mais Querer va plus loin en refusant toute lecture simpliste. Elle évolue en permanence dans une zone grise dérangeante, donnant à entendre la parole de la victime, mais aussi celle du mari, qui affirme ne pas comprendre ce qu’on lui reproche. Ce choix narratif évite tout manichéisme : on ne regarde pas un “monstre” face à une “victime parfaite”, mais un couple enfermé dans une perception radicalement différente de la réalité. Cela met en lumière un point essentiel : dans ces situations, la violence peut être invisible, banalisée, parfois même niée par celui qui l’exerce. Même les choix de noms et de titres participent à cette lecture. Le prénom de l’héroïne, Miren (“regarde” en espagnol), agit comme une injonction adressée au spectateur : ouvrir les yeux sur une réalité encore largement incomprise ou minimisée. Quant au titre Querer , il porte un double sens fort : “aimer” et “vouloir”. Deux verbes qui résument à eux seuls l’ambiguïté du couple, entre affection revendiquée et désir imposé, comme si la série interrogeait en permanence la frontière entre les deux. La série s’attarde aussi, avec la même justesse, sur la façon dont ce drame fait voler en éclats la cellule familiale. Les enfants ne sont pas de simples témoins : ils sont pris dans un conflit de loyauté, tiraillés entre leurs parents. Là encore, rien n’est simplifié. La série montre comment certains schémas peuvent se reproduire, suggérant une forme d’hérédité dans les comportements masculins, sans jamais enfermer ses personnages dans des rôles figés. Cette absence de jugement rappelle d’ailleurs le travail déjà amorcé par la réalisatrice dans son impressionnant premier film, Les dimanches , où les relations familiales étaient observées avec la même nuance. Au cœur du dispositif, Nagore Aranburu livre une performance saisissante, tout en retenue. Elle porte la série avec une économie de mots impressionnante : une grande partie des émotions passe par le regard, les silences, les hésitations. Sa relation avec ses enfants est particulièrement touchante, faite de protection, de fragilité et d’une douleur contenue. On peut aussi rapprocher Querer de la série Adolescence dans sa manière de questionner la construction des rapports hommes-femmes et la transmission de certains comportements. Dans les deux cas, il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de comprendre comment ces mécanismes s’installent, et d’ouvrir les yeux des spectateurs. Parce qu’on connaît tous, de près ou de loin, quelqu’un qui est concerné, Querer est une série essentielle qui poursuit un double objectif. D’un côté, elle cherche à donner du courage à celles qui subissent, en montrant que franchir le pas est possible, même si le chemin est difficile. De l’autre, elle tend un miroir à certains hommes, qui peuvent se reconnaître, ou être déstabilisés, en réalisant que des comportements qu’ils ne perçoivent pas comme violents peuvent l’être. C’est sans doute là que réside la force de la série : ne jamais asséner de vérité simple, mais obliger chacun à regarder, à douter, et peut-être à comprendre. Disponible sur ArteTV jusqu’au 19 juin, c’est un bijou télévisuel à découvrir absolument. Partager

  • La jeune troupe Brosters rêve de Broadway

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle ENCRÉES - LE SPECTACLE MUSICAL La jeune troupe Brosters rêve de Broadway ENCRÉES - LE SPECTACLE MUSICAL ❤️❤️💛 La jeune troupe Brosters rêve de Broadway J’ai été attiré par ce spectacle, bien évidement par mon amour pour les spectacles musicaux, mais aussi par la façon dont le projet a vu le jour. La jeune troupe « Les Brosters » a décidé d’utiliser les talents et compétences de leurs membres pour créer une comédie musicale d’envergure. Et pour ça ils vont utiliser la chanson, la danse et le théâtre pour mettre en lumière le destin de plusieurs femmes et leurs combats face à l’oppression. Il y a une réelle ambition, avec de nombreux artistes sur scène et certaines chorégraphies travaillées. Quelques chansons de groupe fonctionnent bien, comme celles sur la révolte des femmes ou le final vraiment réussi. Je garderai aussi en mémoire cette scène sur le procès de Klaus Barbie. Cependant, je suis bien embêté, car j’aurais vraiment aimé être emporté par le projet, mais malgré ces points forts, mon ressenti reste mitigé. Malheureusement, certaines performances en solo et certaines parties théâtrales manquent parfois de justesse, ce qui m'a empêché de m'immerger totalement dans le spectacle. Mais même s'il gagnerait à être approfondi, pour un premier spectacle, il y a un réel potentiel et une ambition qui mérite d'être soulignée... Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

  • La rencontre du théâtre classique et des rythmes urbains

    Découvrez notre critique détaillée du spectacle LE MALADE IMAGINAIRE La rencontre du théâtre classique et des rythmes urbains LE MALADE IMAGINAIRE ❤️❤️❤️💛 La rencontre du théâtre classique et des rythmes urbains Après LA MALADIE DE LA FAMILLE M , qui m’avait profondément bouleversé, puis DOM JUAN , déjà une relecture audacieuse de Molière, j’attendais cette nouvelle mise en scène de Tigran Mekhitarian avec une impatience mêlée de curiosité. Fidèle au texte original, il conserve la langue du XVIIe siècle, limpide et intacte, mais la propulse avec brio dans notre époque. Ce n’est pas un simple dépoussiérage, mais une véritable démonstration que le théâtre classique peut parler à notre temps sans jamais renier son essence. Les anachronismes, les éclats de langage urbain, les accents rap et slam ne sont jamais gratuits : ils servent la dramaturgie avec finesse. Les séquences musicales, notamment rappées, ne sont ni artificielles ni décoratives. Elles incarnent les émotions profondes des personnages, dévoilant leurs failles, leurs colères, leurs tendresses. La scène entre Angélique et Cléante devient une joute musicale tendre et complice. Argan, quant à lui, ne se contente plus de râler contre ses médecins : il rappe sa solitude, son besoin d’amour, son angoisse de vieillir. Cette version offre une lecture profondément humaine du personnage d’Argan, bien loin du simple hypocondriaque moqué : on y découvre un homme en détresse réelle, en quête d’attention et de réconfort. Le spectacle est résolument multigénérationnel, à l’image de son casting, et démontre avec éclat combien Molière reste d’actualité. Au fil des années, Tigran Mekhitarian s’impose comme l’une des voix majeures du théâtre contemporain, capable de faire dialoguer les siècles et de toucher toutes les générations. Partager Découvrez d'autres spectacles Mon guide du OFF

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